Fraude sociale : le ministre du Travail est notre invité - C à Vous l’Intégrale - 25/02/2026
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Très heureuse de passer ces 2 heures avec vous et avec Emilie, Patrick, Lorrain et Louis. Bonsoir. Pierre sera de retour demain.
A la une: la réalité du travail dissimulé. ... - A.-E.Lemoine: Le travail dissimulé représente plus de la moitié de la fraude sociale à laquelle veux s'attaquer le gouvernement. - P.Cohen: Environ 7 milliards d'euros, c'est l'estimation.
Mais la somme recouvrée ne sera pas celle-là. C'est plus modeste. Entre ce qu'on détecte et ce qu'on parvient à recouvrer, il y a une marge. - A.-E.Lemoine: Quel moyen va mettre le gouvernement pour le faire?
C'est le dossier du ministre du Travail et des Solidarités. Bonsoir, J.-P.Farandou.
Avant d'être ministre du gouvernement Lecornu, vous étiez à la tête de la SNCF. Ca tombe bien, Emilie a une question pour vous. - E.Tran Nguyen: Est-ce qu'il fallait vraiment exclure les enfants de moins de 12 ans de certains wagons pour composer l'offre Optimum, disponible depuis le début de l'année, qui a fait polémique? - P.Cohen: On ne dit pas "wagon", on dit "voiture"! - A.-E.Lemoine: Patrick est un cheminot! - P.Cohen: Les wagons, c'est pour les marchandises! - J.-P.Farandou: Exactement. - A.-E.Lemoine: On y reviendra...
A la une également: des températures totalement dingues. - Je trouve que c'est un peu bizarre, mais c'est bien. - Pourquoi? - Parce qu'on est en février et que c'est pas encore l'été. - L.Sénéchal: Cette petite fille à Biarritz a raison.
Près de 29 degrés dans les Pyrénées-Atlantiques aujourd'hui. 130 records de douceur et de chaleur ont été battus. Du jamais-vu pour février. - A.-E.Lemoine: On en parlera avec le chasseur d'orages S.Zaka qui sera là avec son chapeau de cow-boy sur notre plateau.
Dans la Story de L.Amar ce soir, le très long discours de D.Trump... ...
Rires. - L.Amar: J.Fallon et S.Colbert moqueurs après le très long discours de D.Trump sur l'état de l'Union. 1 heure 47.
Un discours interrompu par plusieurs séquences étonnantes, voire brutales. - A.-E.Lemoine: Nos invités après 20h seront U.Tozzi, M.Seigner et A.Cojean, grand reporter et la toute dernière journaliste à avoir interrogé Diana.
Une rencontre qu'elle raconte dans une bande dessinée. En cuisine, Chloé, alias Cloclopinkk, notre cheffe de cette semaine, aux côtés de B.Chameroy avec un menu végétarien encore. - B.Chameroy: Pour faire honneur à U.Tozzi, un menu italiano! - Cloclopinkk: On a des cannelloni avec de la mascarpone, gratinés.
Ce sera très bon. - B.Chameroy: Et voilà! - A.-E.Lemoine: A tout à l'heure.
Tout de suite, l'Edito de Patrick. Le Parlement s'attaque entre autres au travail au noir. - P.Cohen: Cela vise l'ensemble des fraudes sociales et fiscales, mais l'ensemble du travail dissimulé est un important manque à gagner dans les caisses de l'Etat.
Une fraude évaluée à 7 milliards d'euros, Le travail au noir se développe et son essor n'est pas lié au petit artisan ou à la femme de ménage non déclarés, mais aux géants chinois du e-commerce qui, via des filières basées en France, font appel à des milliers de sous-traitants locaux, notamment dans le secteur de la logistique ou de la livraison, où les salariés ne sont pas toujours déclarés. Plusieurs contrôles récents se sont révélés accablants. - A.-E.Lemoine: Que prévoit le projet? - P.Cohen: La possibilité de sanctionner non plus les sous-traitants, mais les entreprises qui orchestrent la fraude et qui pourraient être fermées à l'avenir selon une procédure accélérée en 48 heures au lieu de 15 jours - A.-E.Lemoine: Le gouvernement veut aussi faire la chasse aux faux chômeurs. - P.Cohen: France Travail pourrait suspendre les allocations chômage des demandeurs d'emploi dès la suspicion d'une fraude, sans attendre la fin de l'enquête, si des indices sérieux sont collectés.
Même chose pour les autres prestations sociales, même si la mesure a été pour l'instant supprimée en commission. Le gouvernement dit qu'il s'agit de mettre un terme à la fraude le plus vite possible pour éviter que le fraudeur, une fois repéré, organise sa disparition et que l'argent indu ne puisse pas être récupéré. La gauche et les syndicats pensent que ça va trop loin, qu'on bafoue la présomption d'innocence et rappellent que la fraude des particuliers pèse beaucoup moins lourd que celle des entreprises.
C'est vrai. - A.-E.Lemoine: Il sera aussi question des arrêts-maladies. - P.Cohen: Sujet sensible pour les médecins, qui n'est pas du ressort de notre invité, mais on va quand même en parler.
C'est l'idée de mettre sous surveillance les praticiens qui surprescrivent. Attention à une idée reçue. Ce n'est pas la multiplication des petits arrêts de quelques jours qui coûtent cher à la Sécurité sociale mais les affections de long terme.
N'oublions pas la fraude à la formation. Là, ça vous concerne, J.-P.Farandou.
C'est un secteur dans lequel l'Etat engloutit beaucoup d'argent, faisant naître une myriade d'officines et de boîtes plus ou moins sérieuses. La fraude liée à l'apprentissage est estimée à 10 milliards d'euros. Avec ces mesures, le gouvernement espère ramener 2 milliards d'euros dans les caisses de l'Etat.
Un objectif qui paraît modeste compte tenu de l'ampleur du manque à gagner. Mais on ne recouvre pas tout ce qu'on détecte, et on ne détecte pas tout ce qui existe! - A.-E.Lemoine: Il n'empêche que vous promettez avec ce projet de loi, la tolérance zéro sur cette fraude sociale.
A entendre les chiffres, c'est devenu un sport national? - J.-P.Farandou: Il faut voir les montants.
Ils ont été rappelés par P.Cohen. C'est 14 millions, la fraude sociale.
Il faut agir fort et ne pas laisser filer. On demande des moyens supplémentaires pour changer de braquet. C'est l'argent des Français, de la Sécurité sociale.
Le travail dissimulé, c'est un problème d'égalité de concurrence entre la grande majorité des entreprises qui respectent les règles et quelques-unes qui ne les respectent pas et qui ont des coûts plus bas. C'est la défense de nos filières. Il y a des entreprises internationales qui mettent la pression sur les logisticiens français qui finissent par frauder.
Il faut réagir avec vigueur. - A.-E.Lemoine: Car le contexte budgétaire est particulièrement inquiétant. - J.-P.Farandou: Oui.
Dans le planning, on souhaite que ce droit contre la fraude qui nous donne des atouts pour être plus efficaces arrive dans la foulée du projet de loi de finances de la Sécurité sociale et du budget. C'est une cohérence. On ne peut pas demander des efforts aux Français et aux entreprises si on ne prend pas nos responsabilités au gouvernement. - A.-E.Lemoine: "Beaucoup plus efficaces", ça veut dire qu'on ne l'a pas été jusque là, qu'on a été laxistes?
On ne s'est pas donné les moyens de pourchasser les fraudeurs? - J.-P.Farandou: Il y a plusieurs sujets.
Le travail dissimulé est une histoire ancienne. Il y a des bandes organisées qui se mettent en place. Il faut des outils nouveaux.
Il faut récupérer l'argent. 7 milliards aujourd'hui, c'est l'évaluation. On ne récupère que 150 millions, sur ce qu'on dépiste.
La première mesure clé qui a été évoquée, c'est la flagrance. Quand on a des éléments en main qui montrent que l'entreprise fraude, on bloque ses comptes pour que l'argent soit bloqué. A la fin de la procédure, quand les faits sont établis, on peut récupérer l'argent.
C'est solidariser par rapport aux donneurs d'ordres pour fermer un donneur d'ordres qui inciterait ses sous-traitants à être défaillants. C'est 2 mesure fortes qui pourraient nous permettre de récupérer l'argent et de réduire la fraude. Si la dissuasion est assez faible, l'objectif est que la fraude baisse. - A.-E.Lemoine: Il y a un exemple assez dingue.
Il y a quelques jours, une entreprise de surveillance du Val-d'Oise a été fermée administrativement. Elle déclarait seulement 30 sur ses 500 salariés. Comment une fraude pareille est-elle possible? - J.-P.Farandou: On peut se poser la question.
Dans le projet de loi, on nous donne les moyens de croiser des bases de données et de faire appel à l'IA. Si on croise le nombre de salariés et le chiffre d'affaires de l'autre côté, on voit les incohérences. Avec des algorithmes, on peut dépister ces cas suspects.
Ensuite, les contrôleurs regardent et se font un avis, et ils tapent dans le mille à chaque fois. L'efficacité des contrôles va être renforcée. Et il y a la formation.
La semaine dernière, le préfet de la région Ile-de-France a fermé un centre de formation pour apprentis qui était frauduleux. C'est de l'argent public, mais c'est aussi des jeunes gens qui sont escroqués par des margoulins de la formation avec une formation de mauvaise qualité, sans diplôme et sans travail à la sortie. On va tout récupérer.
On a mis en place une cellule de crise. 800 jeunes ne vont plus avoir de formation dans les semaines ou mois qui viennent. On va tous leur trouver une place à chacun dans des centres de formation sérieux. - A.-E.Lemoine: Vous avez parlé d'algorithmes.
Vous allez faire appel à l'IA pour mieux détecter les fraudes? - J.-P.Farandou: Il faut qu'on puisse croiser les bases.
Aujourd'hui, la loi ne nous le permet pas. C'est les bases des impôts croisées avec les bases sociales, par exemple. En mettant de l'IA par-dessus, l'IA va faire le boulot et repérer les situations anormales.
Elle va nous aider à cibler. Des "douaniers de la Sécurité sociale" vont valider ce que propose l'IA et contrôler physiquement dans les entreprises. - A.-E.Lemoine: On en vient aux particuliers qui fraudent.
Vous êtes favorable aux suspensions des prestations sociales en cas de suspicion sérieuse de fraude. C'est-à-dire? A partir de quand il y a une suspicion?
Des rendez-vous manqués à France Travail? - J.-P.Farandou: Le mot "suspicion" n'est pas dans le projet de loi.
C'est plusieurs indications probantes et concordantes. C'est des éléments de preuve. Le temps de l'instruction peut durer un peu.
Que fait-on? On continue l'hémorragie? On propose d'arrêter.
On a entendu des partis de gauche. - A.-E.Lemoine: Ce serait contraire à l'Etat de droit, sans infraction matérialisée. - J.-P.Farandou: Il y a des preuves en main.
Il faut appeler un chat un chat. Ca sera encadré. On notifiera immédiatement la personne du fait qu'on a arrêté.
Deuxièmement, on aura 15 jours de discussions. S'il y a des oublis...
Le droit à l'erreur sera toujours là. La négligence administrative peut être acceptée. Au fond, si on nous amène les éléments de documentation manquants, on corrige.
Après, le contradictoire sera là. Ca pourra durer plus de 3 mois. Dans le discours de tout à l'heure, je vais annoncer que j'accepte un amendement du PS et du PC pour garder un reste à charge minimal.
Etre fermes, oui, mais nous serons conformes à la justice. - A.-E.Lemoine: Il y aura l'équivalent du RSA? - J.-P.Farandou: C'est ça.
C'est un amendement proposé. Je suis prêt à l'accepter. Je vais le dire dès ce soir lors de ma présentation générale de la loi. - A.-E.Lemoine: Jusqu'où pourra aller France Travail dans son travail d'enquête?
Quand le texte a été examiné par le Sénat en novembre, il prévoyait la consultation des relevés téléphoniques des allocataires pour vérifier la concordance avec leur résidence. - P.Cohen: Et le contrôle aux aéroports. - A.-E.Lemoine: Ca, ça va trop loin? - J.-P.Farandou: Etre fermes, oui, mais ce sont des instruments utilisés dans la lutte antiterroriste.
On n'en est pas là! On n'a pas besoin de ça. La position du gouvernement est claire.
Elle demandera à retirer ces dispositions qui paraissent exagérées. Dans la proportionnalité entre l'accès à ces fichiers et la nature de l'infraction...
Ca va disparaître, ça. On veut une loi équilibrée, pragmatique. Ce n'est pas une loi idéologique.
Surtout pas. - A.-E.Lemoine: Comment on épluche, on détecte une fraude?
En épluchant quel genre de documents? - J.-P.Farandou: Impôts, déclarations diverses et variées...
On veut pouvoir croiser ces bases. En croisant ces bases, les situations anormales vont apparaître. Aujourd'hui, il faut le faire à la main, donc ça prend du temps.
On n'a pas toujours accès à ces fichiers. Demain, ça ira plus vite. Il y aura une sélection quasiment automatique des risques importants de fraude. - A.-E.Lemoine: Est-ce que les réseaux sociaux seront analysés, scrutés? - J.-P.Farandou: Non.
Ce ne sont pas les réseaux sociaux, mais on n'en est pas loin. Il y a un autre type de fraude. C'est les valeurs républicaines.
Il y a le CPF. Il y a des officines plus que douteuses, pas républicaines. On gratte un peu.
Ca forme au terrorisme, à des pensées qui ne sont pas républicaines. Ce n'est pas possible. C'est la capacité à arrêter...
Ce n'est pas normal d'utiliser l'argent public, qui a notamment vocation à permettre aux gens d'augmenter leurs capacités professionnelles, et l'utiliser de la sorte. Chacun fait ce qu'il veut, mais là... - A.-E.Lemoine: C'est marginal... - J.-P.Farandou: Mais il faut l'arrêter.
Le CPF...
La fraude démarre. Il faut l'arrêter tout de suite. C'est contraire à nos valeurs républicaines, à la Sécurité sociale et aux valeurs de solidarité minimales dans notre pays. - A.-E.Lemoine: Comment on améliore le recouvrement? - J.-P.Farandou: Pour les entreprises frauduleuses, et le gros, c'est le travail dissimulé, c'est bloquer l'argent.
Si on ne le fait pas, la procédure demande 15 jours et en 15 jours, ils ont disparu. Ils se mettent en insolvabilité comptable et on ne peut pas récupérer l'argent. Pour augmenter la capacité à récupérer, il faut bloquer les comptes très vite.
C'est la nouvelle loi qui le prévoit. C'est du flagrant délit financier. On bloque les comptes pour récupérer l'argent. - A.-E.Lemoine: Vous allez devoir recruter plus d'agents? - J.-P.Farandou: Pourquoi pas?
Ce qui compte, c'est un nombre de fonctionnaires constant et accroître leur efficacité, par exemple avec l'IA. On a une mesure intéressante en termes d'enquête. C'est l'anonymat.
La loi nous permettra de déclarer des faux noms. C'est du recouvrement renforcé et de la sanction. Frauder à la Sécurité sociale, c'est frauder l'argent des Français. - A.-E.Lemoine: C'est un hold-up? - J.-P.Farandou: Oui, c'est du vol.
Cet argent est payé par quelqu'un. C'est du manque à gagner pour la maladie, les retraites. Ce n'est pas normal.
Il faut le courage de s'y attaquer. Avec les instruments de cette loi, on aura toutes les armes pour être plus efficaces pour lutter contre la fraude fiscale. - P.Cohen: 2 milliards d'euros, c'est un objectif de 1re année?
Ca va augmenter? - J.-P.Farandou: Première année, peut-être pas.
On dit 2 milliards car on veut être sûrs. On va peut-être monter à 3. Si la lutte est suffisante...
L'objectif, c'est que la fraude baisse. - A.-E.Lemoine: Que ça soit dissuasif. - J.-P.Farandou: C'est l'objectif final et il est atteignable. - P.Cohen: Autres comptes à rétablir, ceux de l'assurance-chômage.
Il y a des discussions ce soir qui pourraient se prolonger tard entre patronat et syndicats pour trouver un accord. Il s'agit de dégager 400 millions d'économies par an. Objectif proposé par le patronat: réduire la durée d'indemnisation maximale par les chômeurs.
La durée de rupture conventionnelle pourrait passer de 18 à 15 mois. Proposition refusée notamment par la CGT. S.Binet ce matin... - S.Binet: Si les ruptures conventionnelles posent problème, il faut taxer les entreprises qui en abusent.
Le problème, c'est que l'Etat a décidé de ponctionner de 6 milliards d'euros les comptes de l'assurance-chômage, et donc de se servir dans l'argent de nos cotisations et de baisser d'autant les droits des privés d'emploi. - P.Cohen: Quelle est votre position? - J.-P.Farandou: Je suis très en faveur du dialogue social.
C'est important. J'ai plaidé auprès du Premier ministre pour laisser les partenaires sociaux, patrons et syndicats, le temps de négocier. C'est leur donner un mois de plus.
J'ai dit que j'avais confiance de prime abord dans le dialogue social. Je ne veux pas m'intégrer, m'insérer dans leur dialogue. Ils sont autonomes, syndicats et patronat de chaque côté.
On va leur donner jusqu'à vendredi. On n'est pas à 2 jours près. Je veux que cette négociation aboutisse. - P.Cohen: Le gouvernement n'a pas d'avis là-dessus? - J.-P.Farandou: Non, pour le moment. - P.Cohen: Sur la durée d'indemnisation maximale? - J.-P.Farandou: Le seul élément qu'on a demandé, c'est au minimum 400 millions d'euros.
Si c'est plus, tant mieux. Pour le coup, Ce n'est pas de la fraude, mais peut-être des économies supplémentaires. C'est important qu'ils démontrent que dans ce pays, le dialogue social fonctionne.
On n'a pas besoin de l'Etat, et tant mieux. - P.Cohen: Ca n'a pas marché pour les retraites. - A.-E.Lemoine: Que faites-vous si ça ne marche pas? - J.-P.Farandou: On a dit qu'on prend une responsabilité, mais à ce stade, j'ai confiance.
Je crois savoir que ça converge. On n'a pas besoin que ce soit un accord unanime. Il faut qu'il soit représentatif.
Du moment qu'il y a une majorité côté syndicats et patronat, il s'appliquera. On aurait pu le faire avant. C'est un peu ce que j'ai essayé de faire avec ma conférence travail, emploi, retraites.
C'est donner de la matière aux syndicat et aux partenaires sociaux pour qu'ils discutent entre eux. Ce sont des enjeux importants, les retraites, la santé...
Je pense qu'on peut leur donner ce gage de confiance. - E.Tran Nguyen: Vous n'êtes plus patron de la SNCF, mais je voulais votre avis sur cette proposition qui existe depuis le 8 janvier: la classe Optimum plus, qui a remplacé la Business première.
C'est une offre qui a fait grand bruit car elle exclut les enfants de moins de 12 ans de certaines voitures. Ca a été révélé sur un compte Instagram d'un podcast. Sans leur post, ce n'était pas évident de s'en apercevoir.
Il n'est pas fait mention sur le site de "adultes only". Quand on regarde les avantages de cette classe, c'est seulement suggéré par cette mention "espace calme et dédié". Quand on clique, la manière de présenter les choses par la SNCF a changé.
Avant la polémique, on pouvait lire ça. "Les enfants ne sont pas acceptés." Cette phrase a été supprimée.
Il y a des réactions de voyageurs, de politique. L'économiste M.Sbaihi, qui a écrit "Les Balançoires vides" pour déplorer la baisse de natalité, a écrit sur ce sujet. "Elle raréfie les enfants jusqu'à nous rendre intolérants à leur présence." La directrice de l'offre TGV InOui SNCF Voyageurs a réagi sur ses réseaux sociaux. - Cette classe Optimum ne représente que 8 % des espaces proposés dans nos trains du lundi au vendredi.
Ca veut dire que 92 % des autres places sont proposées à tous et 100 % les week-ends. Je peux même vous dire que cela fait des années que nous subissons une certaine pression pour interdire l'accès aux enfants à certains espaces de nos rames. - E.Tran Nguyen: Les pressions dont elle parle, les voici.
Pleurs de bébé. - E.Tran Nguyen: Oui, il y a des voyageurs qui se plaignent des enfants bruyants.
Un sociologue avait réalisé une tribune dans "Le Monde" pour dire que cet argument de la pression était irrecevable pour lui. ...
C'est un argument partagé par d'autres voyageurs qu'on a pu interroger aujourd'hui, mais pas tous... - C'est une très bonne initiative. - Ca me choque un peu. - Pour ceux qui travaillent ou qui veulent plus de tranquillité, pourquoi pas. - C'est dommage d'avoir des espaces publics où les enfants sont exclus. - Si on veut dormir, c'est mieux, mais payer plus pour avoir ça, ce n'est pas une super idée. - Pourquoi pas un wagon sans femmes, sans hommes?
On peut faire n'importe quoi! - Il y a des adultes qui font du bruit. Il y a des gens qui écoutent des vidéos sans écouteurs. - On est trop bienveillants avec les enfants.
On ne leur apprend pas la dureté du monde. - E.Tran Nguyen: C'est aussi clivant du côté de nos spectateurs. ...
Je voulais surtout vous montrer ces rames de train en Finlande qui sont pensées pour les familles et pour les enfants. Je veux vous soumettre cette question de S.El Haïry, qui dit, "en tant que service public, si on a pu penser à une offre Optimum, pourquoi on n'a pas pensé à une offre famille?" - J.-P.Farandou: Je suis ministre du Travail et des Solidarités! - E.Tran Nguyen: Mais j'imagine que vous avez été en amont de cette offre. - J.-P.Farandou: Je n'assume pas ce qui a été décidé.
D'abord, c'est clivant. Deuxièmement...
La SNCF est super médiatique. Ca, je peux en témoigner. Tout le monde regarde la SNC, la décortique... - E.Tran Nguyen: C'est un service public. - J.-P.Farandou: Une entreprise publique.
Heureusement que le TGV est là pour que les comptes de la SNCF soient équilibrés. Ce dont je peux témoigner, et j'y suis resté longtemps, à la SNCF...
On aime les familles et les enfants. Ils n'ont jamais été aussi nombreux dans les trains. Dans les Ouigo, pourquoi il y avait du bruit?
Parce qu'il y avait des enfants. Pourquoi? Parce que les prix sont bas pour les enfants dans les Ouigo.
Il y a un quiproquo. Mais faire le procès à la SNCF de ne pas aimer les familles et les enfants, c'est un mauvais procès. Quand j'étais à la SNCF, j'ai beaucoup travaillé sur les idées reçues.
Voilà une autre qui arrive! J'espère que non. - E.Tran Nguyen: Des voitures pour les enfants, dédiées, comme en Finlande, c'était dans les projets futurs? - J.-P.Farandou: Je ne pense pas.
On est un business model. C'est une entreprise. Tout ça, c'est des places que vous ne vendez pas.
Il faut que les TGV gagnent de l'argent. On a essayé de mettre un maximum de sièges pour gagner de l'argent. La SNCF a le droit de gagner des sous.
Mais c'est compliqué. Après, on veut des clients satisfaits. Mais la concurrence est là.
Il y a un peu d'excès dans le traitement médiatique. Ce dont je peux témoigner avec sincérité, c'est que les familles et les enfants sont les bienvenus dans les trains de la SNCF. - A.-E.Lemoine: On va poursuivre avec la Story de L.Amar. ...
Applaudissements. ... - L.Amar: C'est l'histoire d'un discours fleuve, 1 heure 47 de discours sur l'état de l'Union.
D.Trump a battu son propre record de l'année dernière. 1 heure 47 d'autosatisfaction. ... ... - L.Amar: Exceptionnellement, les late shows satiriques étaient en direct hier soir pour réagir aux propos de D.Trump. 45 minutes après la fin du discours, voilà ce qu'ils en ont retenu. ... - L.Amar: Le show de D.Trump a débuté par cette entrée en terrain conquis, standing ovation, selfies, serrage de mains avec ses supporters, certains avec une casquette Maga ou même avec une cravate à l'effigie du président américain.
Mais il a aussi des détracteurs devant le Capitole. Regardez les pins portés par plusieurs élus démocrates "Publiez les dossiers de l'affaire Epstein" ou encore "Fuck ICE". Ce sont les représentants du Minnesota qui ont croisé le fer avec D.Trump. ... - L.Amar: Autre moment marquant: cette pancarte brandie par un député: "Les Noirs ne sont pas des singes".
Une référence à la vidéo postée sur le réseau social de D.Trump. Il a ensuite été expulsé de l'Hémicycle.
Applaudissements. ... - L.Amar: Quelques minutes plus tard, alors que D.Trump poursuit son discours et s'épanche sur l'Amérique qui gagne, il se présente en maître de cérémonie pour accueillir des Américains qui ont gagné. ... - L.Amar: Pendant 1 heure 47, il a vanté les mérites de sa politique économique, migratoire, et de sa diplomatie. "J'ai mis fin à 8 guerres." Aucune annonce forte à retenir, mais beaucoup à vérifier.
Regardez la longueur de l'article publié cette nuit par CNN pour contredire les erreurs factuelles de Trump sur des sujets aussi variés que l'essence, la criminalité ou le budget de l'Otan. Ses soutiens ont adoré. ... - L.Amar: A l'exact opposé du spectre politique américain, certains démocrates avaient décidé de sécher le discours pour organiser une contre-soirée baptisée "état du marécage".
C'est R.De Niro himself qui a conduit l'événement. ...
Applaudissements. - L.Amar: Dans ce discours, D.Trump a aussi critiqué la Cour suprême, qui a retoqué ses droits de douane.
L'accord négocié l'été dernier avec l'UE est déjà caduc. Cela rajoute de l'incertitude, alors qu'on anticipe déjà un nombre record de faillites d'entreprises en 2026. Vous risquez d'être le ministre du retour du chômage? - J.-P.Farandou: La géopolitique conditionne l'économie.
C'est nouveau. Pendant les Trente Glorieuses, le commerce international se faisait facilement et la politique ne venait pas interférer. Là, c'est le contraire.
L'arrivée de D.Trump dans le paysage politique a changé la donne. Même chose côté russe et chinois.
Entre monsieur Trump qui ne veut pas qu'on exporte nos marchandises et les Chinois qui veulent absolument exporter leurs marchandises chez nous...
On a ce double flux difficile. On se bat là-dessus. Il faut protéger nos entreprises françaises et européennes.
On a plutôt réussi sur l'acier et il faut continuer. La chimie est là, l'automobile...
Il y a aussi le textile. Il faut se protéger et se moderniser. J'ai un grand plan IA Pour déployer l'IA dans nos entreprises et former nos salariés.
Il faut combiner la protection sans protectionnisme. Les entreprises françaises exportent aussi. On va pas se replier sur notre Hexagone.
Il faut être moins naïfs qu'on l'a été pendant quelques années, où au niveau européen, on a trop ouvert. Il faut retrouver une capacité à se défendre dans un monde dur. D.Trump est dur.
Je veux être le vassal ni de monsieur Trump ni de monsieur Xi Jinping. Je veux que la France soit forte dans une Europe puissante qui arrive à trouver son équilibre. Que l'Inde se positionne, peut-être le Brésil...
Les puissances moyennes, les grandes puissances doivent se grouper pour éviter de choisir entre l'un et l'autre. J'ai envie qu'on existe et qu'on pose des bases pour protéger notre économie. Tout part de l'emploi.
Il faut des entreprises qui se développent. Tout ce qui est économique et social...
C'est la même chose pour un pays qu'à la SNCF. Il faut que le président de la République s'y emploie. Il se bat au niveau européen.
Il y a des discussions compliquées avec son homologue allemand, Des images inédites... - L.Sénéchal: Prises depuis l'espace.
Elles datent du 26 décembre. C'est un des astronautes qui a été rapatrié pour raisons sanitaires qui les a prises. C'était aprés Noël.
Cette nuit-là, la Russie a envoyé près de 500 drones, 40 missiles sur l'Ukraine. On voit les explosions depuis l'espace à Kiev. Des missiles russes qui montent très haut dans l'atmosphère.
Après 4 ans de guerre, l'Ukraine continue de souffrir malgré le soutien des Occidentaux. L'Empire State Building a été brièvement aux couleurs de l'Ukraine. La tour Eiffel hier soir aussi illuminée en jaune et bleu.
La Hongrie continue de bloquer. V.Zelensky se sent un peu seul. ... - L.Sénéchal: Si l'Ukraine souffre, l'économie russe aussi.
La guerre coûte de plus en plus cher. Un coût de plus en plus exorbitant pour la population russe, comme l'explique ce correspondant à Moscou. - Le coût de la vie augmente dans les supermarchés.
Sur le terrain, depuis quelque temps, je vois que les questions économiques, du coût de la vie, sont des questions qui reviennent le plus souvent dans la bouche des Russes. Les Russes font le lien entre les questions économiques et la guerre en Ukraine. On dit qu'il faut une pause, qu'il faut que ça s'arrête, car ça commence à devenir long. - L.Sénéchal: La moitié du budget consacrée à la nourriture en Russie... - A.-E.Lemoine: Une députée RN se sépare d'un assistant parlementaire raciste. - L.Sénéchal: Lisette Pollet.
Elle a fait cette annonce surprise hier, avec ce message quasi énigmatique. ...
Elle écrit ce message une heure après avoir était contactée par Mediapart. Le site d'investigation a exhumé 2 comptes anonymes tenus par le fameux assistant parlementaire. Il s'appelle Vincent.
Depuis quelques jours, il s'est fait connaître comme l'un des meilleurs amis de Q.Deranque, le militant nationaliste tué par des militants d'extrême gauche à Lyon. Vincent Claudin est originaire de la ville.
Il a fait partie d'un groupe néonazi dissous en 2025. Voici une partie des 4400 tweets épluchés par Mediapart. Ca, c'est quand E.Borne soutenait l'inscription de l'IVG dans la Constitution.
Il appelle aussi les personnes arabes des "bougnoules", des personnes noires des "marrons"...
Il s'indigne qu'on puisse se métisser avec des races...
Des propos illégaux et violents qui lui valent d'être licencié. Ecoutez la défense de J.-P.Tanguy, - J.-P.Tanguy: Nous l'avons licencié hier. - Pourquoi?
Vous avez été attrapé par la brigade? - J.-P.Tanguy: On a découvert des comptes sous pseudonyme de ce monsieur, avec des contenus impardonnables.
Les groupes d'extrême droite ont les mêmes méthodes que les groupes d'extrême gauche, mais aussi que les islamistes. Ils prospèrent par la lâcheté. - P.Cohen: C'est le frère de Baptiste Claudin, qu'on avait diffusé lundi, qui intervenait sur le camion sono...
C'était au début de la marche. "C'est nous les gentils." Il disait ça.
Vincent s'était mis en retrait. Il n'avait pas pris la parole, alors qu'il se présentait dans les médias comme ami. Il était encore attaché parlementaire d'une députée RN.
Le seul moyen pour le RN d'expliquer une telle présence dans ses rangs, c'est de dire que c'est de la dissimulation. Tous les discours qui disent "nous n'avons aucun lien avec des groupes violents", s'effritent. Ce jeune homme a participé aux organes et aux groupes qui ont été dissous et qui sont accusés de violences.
On a cité Lyon Populaire et des groupes plus récents. C'est symptomatique, surtout que ça vient après d'autres révélations et d'autres découvertes dans les entourages parlementaires. - A.-E.Lemoine: Un mot sur ce sujet? - J.-P.Farandou: Je suis écoeuré, indigné par ces propos.
C'est nauséabond. C'est juridiquement incorrect et j'espère qu'il y aura des suites, maintenant qu'on a identifié ces propos insoutenables. Ca m'évoque du dégoût.
L'antisémitisme, le racisme...
Quand c'est qu'on arrête avec ça? C'est le citoyen qui parle, pas le ministre. C'est difficile à accepter.
Il faut le châtier, le poursuivre, l'éradiquer, avoir le courage de regarder tout ça en face. Le moment est peut-être venu, au niveau des partis et des institutions...
Plus jamais ça. Il faut le dire et le faire. J'ai un peu honte que, dans mon pays, on puisse dire ça.
Ca va pas. Ca va vraiment pas. Ca mange la société, ça la fait exploser.
On n'est pas sur des bonnes valeurs. On s'éloigne de la République. On est où?
On parlait de la fraude, mais là, c'est pareil. Il faut prendre à bras-le-corps ce truc. Ils sont nombreux dans ce pays à être encore républicains.
Il faut prendre ce truc-là et se dire "plus jamais ça". Ceux qui ne respectent pas ces valeurs républicaines seront éjectés du système. Il y a quand même une loi.
On doit être encore plus exemplaires, quand on demande à incarner la République en étant député ou assistant parlementaire, ministre...
On doit être exemplaires. Ce n'est pas supportable. Je suis très choqué par ceci. - A.-E.Lemoine: On parle des températures record en France. - L.Sénéchal: Regardez cette carte sans nuages.
C'est quasiment inédit en France depuis le début de l'année. Ca donne un beau soleil et quelques anomalies. Il a fait plus doux En Auvergne que sur la Côte d'Azur.
Les Auvergnats en profitent pour retrouver des habitudes un peu oubliées ces derniers temps. - J'en ai marre d'avoir mon linge qui sèche dedans. Je préfère qu'il sèche là. - Ca fait du bien. - Même s'il y a la pollution, on s'en fout! - L.Sénéchal: Grand soleil aussi sur la plage de Saint-Jean-de-Luz, dans les Pyrénées-Atlantiques.
C'est là qu'un record a été battu hier, le premier d'une longue série. Il a fait 29 degrés à Orthez. Aujourd'hui, 130 records de douceur et de chaleur battus.
Du jamais-vu pour février. A Biarritz hier, on profitait de la plage et de l'océan avec un petit goût de bizarre. Tout ça, c'est pas normal. - Quand je me suis réveillé, 24 degrés en plein hiver...
Ca fait plaisir, mais c'est bizarre. - Je trouve que c'est un peu bizarre, mais c'est bien. - Pourquoi? - Parce qu'on est en février et que c'est pas encore l'été. - A.-E.Lemoine: J.-P.Farandou a un costume de ministre, et vous, vous avez un costume de chasseur d'orages! - S.Zaka: Grosse différence. - A.-E.Lemoine: Agroclimatologue, chasseur d'orages et de fake news sur le climat.
Cette douceur, vous dites que c'est la meilleure réponse à tous ceux qui annonçaient, sur la base de fondements inexistants, l'hiver le plus froid du siècle. - S.Zaka: Entre Noël et le 7 janvier, on a eu des grands titres, "le Noël le plus froid depuis 15 ans"...
On ne s'est pas posé la question de si ce n'était pas les 14 derniers Noël qui étaient trop doux. En fait, oui. Cette douceur confirme que le changement climatique continue.
Ce n'est pas parce qu'il neige plus dans les Alpes et qu'il y a quelques centimètres à Paris que le changement climatique s'arrête. Plus 3 degrés, 5 degrés au-dessus des normes en février. - A.-E.Lemoine: Un mois de février qui restera dans les annales. - S.Zaka: On a battu 139 records de douceur.
Jusqu'à 28 degrés dans les Pyrénées. Est-ce que vous vous rendez compte? J'ai des agriculteurs au Salon de l'agriculture qui m'ont dit qu'ils ont dû allumer leur système de ventilation pour refroidir les poulaillers dans le nord-ouest de la France en février! - A.-E.Lemoine: Cette douceur n'est pas arrivée brutalement?
Elle était masquée par les fortes pluies? - S.Zaka: La douceur accompagnée de soleil est généralement mieux ressentie par les humains.
Les végétaux ressentent la température. Ca fait 45 jours qu'on est au-dessus des normales de saison. C'est le record de l'hiver.
Je me demande si ça va pas être le record absolu. On a encore 10 jours au moins au-dessus des normales de saison. Il va faire entre 15 et 20 degrés dans le nord de la France pendant au moins 10 jours. - A.-E.Lemoine: C'est un marqueur du réchauffement climatique.
Il n'y a pas de discussion là-dessus. Ca perturbe la nature, qui vit un faux printemps. Ca a des vraies conséquences? - S.Zaka: Tout à l'heure, au Salon, on buvait des bières en terrasse.
On se disait que ça faisait du bien d'avoir du soleil. La plupart des arboriculteurs, des maraîchers, des viticulteurs disaient: "Je bois de la bière et j'ai un peu la gorge nouée". Ce qu'on vit, c'est un faux printemps.
Plus les végétaux se développent au mois de février et de mars, plus ils sont sensibles au gel. Ce n'est pas la température qui augmente, c'est aussi l'état de floraison qui avance, l'un des marqueurs du réchauffement climatique. Les moissons, les vendanges, la mise en herbe de certains animaux, on gagne des semaines.
C'est un des marqueurs du changement climatique. - L.Sénéchal: J'ai une autre carte à vous montrer.
C'est aussi une conséquence de ce faux printemps. Voici la carte des pollens. Ecoutez les Français qui souffrent. - La pluie est partie.
Le soleil est arrivé, les allergies aussi. - J'ai la gorge qui me gratte. - Des éternuements. - J'ai pris de quoi.
J'avais souvenir que, l'année dernière, c'était plutôt en mars. - A.-E.Lemoine: Il n'y a plus de saison pour les allergies. - S.Zaka: L'aulne a fleuri.
Il n'y a pas que le pollen qui influe sur l'homme. Il y a également notre consommation, les repas. Ils sont climatodépendants.
Quand il fait chaud, on va aller vers les saucisses, les tomates et les courgettes, qui sont hors saison à cette saison. On va oublier le poireau, le navet et le chou-fleur. - A.-E.Lemoine: Qui sont des légumes de saison. - S.Zaka: On a une surproduction qui va arriver.
Tous les Français ont intérêt à acheter les légumes de saison. - A.-E.Lemoine: Pourquoi il y a une surproduction? - S.Zaka: Parce qu'il fait trop chaud.
Il y a de la chaleur et de l'eau. Le chou-fleur, il va falloir en acheter et en manger. - A.-E.Lemoine: Une douceur après une succession de tempêtes. - L.Sénéchal: Dernièrement, c'était Pedro.
Avant ça, il y avait Nils qui a fait des dégâts dans l'Hérault. Des centaines d'hectares ont été dévastés, avec des milliers de mètres cubes de bois au sol. Il faut débarrasser au plus vite le sol de ces troncs d'arbres.
Ca peut faire du carburant pour des feux. - S.Zaka: Il va falloir absolument les débarrasser.
Mais il faut aussi en replanter, s'adapter au changement climatique. - L.Sénéchal: Changer d'essences? - S.Zaka: Des essences qui vont venir plutôt d'Espagne.
On a eu énormément de pertes parce qu'on avait de l'humidité dans les sols de façon très forte. Il a beaucoup plu dans les Pyrénées-Orientales. - L.Sénéchal: Il y avait une sécheresse depuis des années. - S.Zaka: Le sol argileux est plus malléable.
Ca fait tomber les arbres plus facilement. - A.-E.Lemoine: Une partie de l'Ouest a toujours les pieds dans l'eau. - L.Sénéchal: Regardez les images en Charente.
De l'eau, encore et toujours, malgré la décrue. Les maisons sont dévastées. - C'est une odeur qui commence à moisir.
L'eau est stagnante. C'est de l'eau issue en partie de l'assainissement. Ce meuble est pratiquement fichu. - L.Sénéchal: A Saintes, en Charente-Maritime, certaines rues sont toujours sous l'eau.
Quand l'eau se retire, dans les commerces, elle laisse des dégâts considérables. - Vous avez tout ce qui est denrées, des salades, des pizzas...
Ca a pris le chaud. - Il va falloir faire la suite avec les assurances. - L.Sénéchal: L'eau peut aussi être un danger quand elle charrie de gigantesques troncs d'arbres.
Certains peuvent terminer leur course sur des bâtiments, des maisons. - Ce sont de véritables béliers. C'est très dangereux.
Ce sont des armes, presque, à destination de tout ce qui est péniches, ponts... - L.Sénéchal: L'état de catastrophe naturelle sera reconnu dans 294 communes de Gironde, du Maine-et-Loire, du Lot-et-Garonne.
Dans ces départements, les habitants toujours inondés se sentent abandonnés. - J'ai vu une voiture de gendarme tourner. Je trouve qu'on est bien seuls. - On est seuls, fatigués, démoralisés. - A.-E.Lemoine: Ces sinistrés vont devoir encore patienter? - S.Zaka: Il va falloir quelques jours pour que l'eau redescende à des niveaux acceptables.
Par contre, il n'y a pas de pluies, pas de fortes précipitations prévues. C'est la bonne nouvelle. Vu qu'il fait plus chaud, ça va augmenter l'évaporation et la transpiration.
Ca va assécher nos sols plus rapidement. Il y a des dégâts dus à la crue, mais ces crues charrient des champignons, des maladies, qui vont se déposer au sol et qui vont se développer sur nos tomates, nos courgettes, les cultures sur place. - A.-E.Lemoine: Qu'est-ce qu'on peut faire? - S.Zaka: Des insecticides...
Vu la pression et la douceur qu'on a actuellement, les spores sont peut-être déjà même en train de se développer. - A.-E.Lemoine: Le danger aussi à la montagne? - L.Sénéchal: Une avalanche traverse une piste de ski à Chamonix. ... - L.Sénéchal: 3 skieurs ont été emportés dans cette avalanche.
Il a fallu la mobilisation de 77 secouristes. Ils sont indemnes. 2 autres skieuses ont eu moins de chance en Haute-Savoie.
Elles étaient parties faire du ski de randonnée. La France compte 30 victimes d'avalanche depuis le début de l'année. On n'est que le 25 février.
Une coulée de neige a même coupé un village du monde. La seule route d'accès de ce hameau s'est retrouvée ensevelie. Il a fallu organiser l'évacuation de 64 habitants dont une vingtaine d'enfants par hélicoptère.
Opération inédite. Il faudra des semaines pour dégager entièrement cette route et permettre aux habitants de rentrer chez eux. - A.-E.Lemoine: Le danger avalanche, ça va devenir la norme? - S.Zaka: Il pourrait évoluer à la hausse.
En basse altitude, il pourrait évoluer à la baisse. Ce qui s'est passé cette année, c'est un peu particulier. L'air était plus chaud.
Il comporte 7 % de plus de vapeur d'eau potentielle par degré gagné. C'est des pluies en plus, mais de la neige en altitude en plus aussi. On a eu aussi des épisodes de redoux.
Ca déstabilise le manteau neigeux, ce qui peut provoquer une hausse du risque. Le risque est présent. Il y a aussi la prévention, et le fait de sortir dans des zones dangereuses.
Il y a beaucoup de mortalités qui n'auraient pas dû se produire. - A.-E.Lemoine: Vous étiez au Salon de l'agriculture.
On en parle. - L.Sénéchal: Une baisse de la fréquentation d'un quart, surtout à cause de l'absence des vaches, d'après les organisateurs mais aussi de la concomitance des vacances et de la présence de visiteurs alcoolisés.
Une bagarre choquante, dimanche. Un visiteur a tout recraché sur les nougats du stand d'à côté. 15 personnes interpellées. 5 seront jugées en avril.
Au-delà de ce fait divers, il faut gérer les visiteurs saouls, surtout pour les stands qui vendent de l'alcool. - On sait comment gérer. On sert du rhum. - Il y en a qui viennent pour découvrir des produits, d'autres pour faire la fête.
Nous, on a plus le côté fête. On les accueille avec plaisir. - Quand on sent une personne qui a un peu trop bu, on a les instructions, avec mon équipe, de réduire énormément l'alcool. - L.Sénéchal: L'alcool au Salon, c'est loin d'être un problème nouveau. - Ils abîmaient, cassaient les stands.
On m'a volé plein de produits. - Un petit verre de pineau des Charentes pour commencer. En parfait pique-assiette, autant en profiter, mais avec modération. - Il y a toute une équipe. - Qu'est-ce que vous êtes venu voir cette semaine? - Qu'est-ce qu'on est venus boire! - A.-E.Lemoine: Vous étiez tous les 2 au Salon de l'agriculture.
Vous avez consommé avec modération? - J.-P.Farandou: Du café et de l'eau. - A.-E.Lemoine: A consommer avec modération.
Merci beaucoup, J.-P.Farandou, ministre du Travail et des Solidarités.
S.Zaka, "Orages sur le climat: L'Agroclimatologie ouvre un espoir
Jean-Pierre Farandou