Le sport amateur touché par la crise : "Une digue républicaine dans nos quartiers est en train d'exploser"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:31OuverteRéponse partielle
Vous et d'autres élus alertez depuis des mois sur le sport dans les quartiers. Le gouvernement s'en fiche ?
- 0:54FerméeRéponse directe
La ministre des Sports viendra-t-elle à votre Grenelle ?
- 1:23OuverteRéponse directe
Qu'apportent les clubs sportifs aux habitants ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Vous faites plus que du sport dans votre club : coach sportif et coach de vie ?
- 2:33OuverteRéponse directe
Comment intégrez-vous le suivi scolaire dans les cours ?
- 3:53OuverteRéponse directe
Depuis l'épidémie, votre club a perdu 40% de ses adhérents. Comment les récupérer ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:17PrésentateurFait
« 80 élus locaux vont se réunir pour faire des propositions en espérant attirer l'attention du gouvernement sur ce sujet. »
- 1:02Invité politiqueFait
« La ministre des Sports, Roxana Maracinianou, sera présente à midi. »
- 3:28Khalid ZahouchFait
« On a quatre jeunes filles qui sont championnes de France de boxe olympique. »
- 3:42Khalid ZahouchChiffre
« Sur 250 adhérents, on a plus de 70 jeunes filles. »
- 4:00Khalid ZahouchChiffre
« On a perdu pratiquement 40% de nos adhérents à cause de la Covid-19. »
- 5:47Invité politiquePromesse
« Les 10 propositions ont comme objectif commun d'accompagner 250 000 jeunes sur les 5 prochaines années. »
- 6:15Invité politiqueChiffre
« Dans les villes populaires, on a un tiers de moins d'équipements sportifs que dans les autres villes. »
- 6:47Khalid ZahouchFait
« Les Paris 2024, c'est quelque chose que nous attendons tous. »
Temps de parole
- Présentateur41 %
- Benoît Jimenez33 %
- Présentateur 226 %
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France Inter, Mathilde Munoz, 5-7. Il est 6h20, sauver le sport qui se meurt dans les quartiers populaires à cause de la crise. C'est l'objectif d'un Grenelle organisé aujourd'hui à Garges-Légonès dans le Val-d'Oise. 80 élus locaux vont se réunir pour faire des propositions en espérant attirer l'attention du gouvernement sur ce sujet. Bonjour Benoît Jiménez.
Bonjour Mathilde Munoz.
Vous êtes le maire de Garges-Légonès, c'est vous qui êtes à l'initiative de ce Grenelle de l'éducation et de l'inclusion par le sport. Depuis des mois que vous alertez sur le sujet, vous et tout plein d'autres élus, vous avez l'impression que le gouvernement s'en fiche ?
Très récemment, il y a trois jours, a eu lieu le conseil interministériel de la ville et un certain nombre de propositions ont été faites. Le sujet, c'est qu'elles sont à ce niveau-là, pas à la hauteur des espérances de ce que nous portons avec un certain nombre de maires sur le sujet, notamment de l'inclusion par le sport dans les quartiers populaires.
Est-ce que la ministre des Sports ou un représentant du gouvernement va venir à votre Grenelle ?
Oui, normalement, la ministre des Sports, Roxana Maracinianou, sera présente à midi, entendra les propositions concrètes que l'on fera, les dix propositions que l'on fera sur plusieurs piliers, celui des équipements sportifs, celui du soutien à la reprise de la licence sportive, celui aussi de l'emploi dans le sport et dans nos quartiers, et notamment pour structurer les clubs et les aider à vaincre la difficulté dans laquelle ils se trouvent actuellement.
Qu'est-ce qu'ils apportent à votre ville et aux habitants, tous ces clubs sportifs ?
Il faut savoir que les dirigeants, les bénévoles, les éducateurs apportent bien plus que le seul enseignement de la discipline sportive. Un éducateur, c'est celui qui vient regarder auprès des enfants si les devoirs sont faits. C'est celui qui va venir aider les jeunes à trouver le stage de troisième, à l'aider à trouver le job d'été. C'est celui qui fait finalement un gros travail d'insertion socio-professionnelle auprès de nos jeunes, bien plus que le seul enseignement de la discipline sportive.
On va voir justement un exemple très concret. Bonjour Khalid Zahouch. Bonjour Mathilde. Également invité ce matin dans le 5-7, vous êtes le président du boxing club, le club de boxe de Garges-les-Gonesses. Vous faites donc plus que du sport, vous aussi dans votre club, vous êtes à la fois coach sportif et coach de vie ? Alors carrément, on est à la fois le grand frère, l'éducateur, le coach sportif. On fait tout un travail, nous, avec nos jeunes sur le parcours scolaire. On fait aussi tout un travail sur la découverte culturelle, sur de la médiation culturelle, avec un très beau lieu que nous avons sur la ville, un très beau théâtre, l'espace Linoventura.
Donc tout ça, on peut le mettre en place avec nos jeunes parce qu'ils nous font confiance. Donc on dépasse le cadre du sport, on dépasse le cadre de la pratique sportive. Mais comment vous le faites exactement ? Parce que vous avez les cours sportifs en tant que tels, ça se fait avant, après, pendant ? Vous distillez quand même des petites choses, même pendant les cours ? Ou c'est à part ? Quand vous demandez par exemple si vous avez eu des bonnes notes, c'est à quel moment ? Racontez-moi. Alors nous, on a instauré quelque chose au club qui est un petit peu la méritocratie. Puisqu'on incite nos jeunes à avoir des bonnes notes à l'école.
Donc chaque trimestre, on fait un petit point, position de salut. Ceux qui ont les félicitations font un pas. Et il y a toujours un petit cadeau de la part du club. Et ça marche bien ça ? Et ça fonctionne très très bien. On a des très beaux parcours. Je pense à Fouette Gébari qui est champion du monde de boxe pied-point. Et qui, parallèlement à ça, est ingénieur. Du coup, on s'appuie sur ce type de jeunes pour être des locomotives pour les autres. Vous avez des modèles en fait. On a des modèles. Des gens qui sont passés par votre club, qui ont brillé, parfois qui sont même champions de France. Vous en avez plusieurs. Qui est champion de France.
D'ailleurs, on a un pôle élite chez les féminines. On a quatre jeunes filles qui sont championnes de France de boxe olympique. Et elle aussi, c'est des modèles pour toutes les jeunes filles. Puisqu'on a réussi à refaire venir nos jeunes filles dans le club depuis plus de dix ans. Il y a un travail autour de la boxe. Vous avez combien au total ? Combien sur combien d'adhérents ? Alors sur 250 adhérents, on a plus de 70 jeunes filles. Donc ça, c'est une vraie réussite en termes de mixité. Pour casser un petit peu cette image des quartiers. Et depuis l'épidémie, donc ça fait maintenant quasiment un an, votre club est fermé justement pour tous les amateurs.
Ces 250 jeunes, vous les avez perdus de vue ? Alors on a perdu pratiquement 40% de nos adhérents à cause de la Covid-19. Donc ça, c'est compliqué. C'est des gens qui ne se sont pas réinscrits en septembre. Ils ne se sont pas réinscrits parce que déjà, premièrement, les parents n'ont pas forcément envie de réinscrire leurs enfants et de se dire on va peut-être payer une cotisation dans le vide. Ça, c'est un premier frein. Le second frein, c'est de se dire on n'avait pas de visibilité cette année sur la pratique. Puisque au mois de septembre, les jeunes se sont entraînés. Et à partir dès mi-octobre, le deuxième confinement et plus d'entraînement. Donc là, on a les élites qui s'entraînent.
On a les professionnels qui peuvent s'entraîner. Mais pour l'instant, c'est une catastrophe qui ne porte pas son nom par rapport à nos jeunes. Benoît Jiménez, vous avez l'impression que le sport professionnel est mieux traité que le sport amateur aujourd'hui ?
C'est sans commune mesure. En tous les cas, effectivement, le monde amateur est aujourd'hui... Les clubs sportifs dans nos quartiers sont en train de mourir. Et c'est vraiment la sonnette d'alarme qu'on est en train de tirer. Donc je ne fais pas de comparaison avec le monde professionnel qui est pour nous en réalité un autre monde. Même quand on parle d'élite ou de professionnel dans le club de boxe, on parle de personnes qui parallèlement travaillent. Oui, ce n'est pas des stars du foot. C'est absolument ça. Donc oui, c'est sans commune mesure. Et en tous les cas, le monde amateur, il faut qu'on arrive à le sauver tous ensemble.
Parce qu'une digue républicaine dans nos quartiers est en train d'exploser si on ne s'en occupe pas. Pour tout le travail qu'on a évoqué jusqu'à présent, tout le travail qui a été réalisé par les éducateurs et les bénévoles, il faut qu'on arrive à le sauver et à l'accompagner.
Et alors, comment sauver cette digue républicaine pour reprendre votre expression ? Vous proposez 10 mesures les plus importantes à vos yeux, les plus rapides à mettre en place ?
Eh bien, les plus rapides à mettre en place, je vais prendre par exemple celui de l'emploi, celui des 5000 coachs d'insertion. Là, il s'agit de monter un plan. Les 10 propositions ont comme objectif commun d'accompagner 250 000 jeunes sur les 5 prochaines années. Et ça passe par un certain nombre de mesures et notamment celui des 5000 coachs d'insertion. Les coachs d'insertion, ils veulent finalement valoriser le travail qui est réalisé par ces éducateurs aujourd'hui et finalement de les accompagner, de muscler leur formation pour accompagner au mieux nos jeunes dans les quartiers populaires. Mais il y a aussi celui du travail des équipements sportifs.
Aujourd'hui, dans les villes populaires, on a un tiers de moins d'équipements sportifs que dans les autres villes. Il y a aussi cette idée-là de rétablir une inégalité sociale dans nos quartiers. Je pourrais parler aussi de celui du plan d'urgence dès cet été pour la reprise du soutien à la licence sportive et d'autres mesures encore.
Dans trois ans, il va y avoir les Jeux Olympiques à Paris. Khalid Zahouche, vous pensez que ça, ça peut aussi être un moteur et inciter le gouvernement à mettre un peu plus d'argent dans le sport amateur en France ? Déjà, c'est évident, c'est un moteur. Les Paris 2024, c'est quelque chose que nous attendons tous. Après, pour le Val-d'Oise, c'est une position un peu compliquée parce que nous, on est les grands oubliés de Paris 2024. Il n'y a pas forcément de dispositif sur le Val-d'Oise. On attend beaucoup justement de ce Grenelle du sport et de l'insertion. Pourquoi ? Parce que ça va permettre à nos jeunes de se former, de trouver un nouvel emploi, d'avoir du réseau.
Donc, on attend beaucoup de 7000 en relation avec tous les élus qui seront là ce matin. Parce qu'aujourd'hui, vos jeunes, ils se sentent un peu à l'écart de ces JO ? Ils ne se sentent pas impliqués ? Pour l'instant, on est loin. Paris 2024, c'est encore très très loin. C'est encore très loin. D'autant plus que nous, on a des jeunes filles qui sont concernées justement par le dispositif Paris 2024 puisqu'elles sont en équipe de France. Elles sont pensionnaires de l'INSEP. Donc, ça se passe bien. Mais pour l'instant, Paris 2024, c'est loin. Et du coup, on attend énormément de ce Grenelle pour faire en sorte que ces jeunes-là ne soient pas les oubliés des JO.
Ce Grenelle de l'inclusion par le sport qui se déroule ce matin à Garges-les-Gonesse. Votre ville, Benoît Jiménez, merci d'être venu ce matin sur France Inter. Merci à vous également, Khalid Zahouch, le président du Boxing Club de Garges-les-Gonesse. Vous étiez les invités du 5-7.