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interviewÉric Zemmour (sur YouTube)· 4 février 2022 9 minAutoproduit

Éric Zemmour : Fessenheim, la terrible faute de Macron

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Mes chers compatriotes, mes chers amis, j'ai décidé de vous adresser un message aujourd'hui, depuis la centrale de Fessenheim, sur un sujet crucial. Chaque matin, quand vous appuyez sur l'interrupteur, il y a derrière ce geste anodin l'immense travail d'hommes et de femmes qui œuvrent d'arrache-pied au maintien de notre industrie et de notre indépendance énergétique. Ils le font tous les jours avec talent, intelligence et détermination malgré tous les errements et les mauvais choix successifs de nos gouvernants. Car depuis des décennies, notre politique énergétique a été prise en tenaille entre deux idéologies.

La première, celle des Verts évidemment, qui préfère détruire nos paysages à grand renfort d'éoliennes, quitte à acheter à l'étranger des énergies fossiles quand elles défaillent. La seconde, celle de l'Union Européenne, déterminée à démonter nos champions français au nom de la libre concurrence. 30 ans de dérives qui ont affaibli notre industrie, abîmé notre souveraineté et alourdi les factures d'électricité pour tous les Français. En faisant le choix audacieux et génial de l'énergie nucléaire, la France des années 60, 70, 80 avait pourtant offert à la nation l'un de ses meilleurs atouts dans la mondialisation en assurant la production d'une énergie propre, sûre et peu chère.

Cette décision était guidée par une confiance sereine dans les avancées de la science et dans le génie de nos ingénieurs. Mais désormais, nos élites abandonnent la raison et le progrès scientifique. Depuis 10 ans, avec un cynisme politique insupportable, le nucléaire a été délaissé pour être mieux abandonné. Alors que le réchauffement climatique et ses terribles conséquences menacent le monde, alors que l'insécurité géopolitique complique nos approvisionnements en énergie fossile, le nucléaire, solution à tous ces problèmes, a été sacrifié.

Le premier clou sur le cercueil, ce fut François Hollande qui l'opposa en nouant un accord politique avec les écologistes, prévoyant la fermeture de la centrale de Fessenheim qui se trouve derrière moi pour une poignée de voix, quelques circonscriptions et un immense déshonneur. Son conseiller économique, puis ministre de l'économie, puis successeur à l'Elysée, Emmanuel Macron, prolongea exactement la même politique en pire. En 2014, il a organisé le rachat d'Alstom Énergie par Général Électrique, faisant passer sous pavillon américain notre souveraineté énergétique et nos intérêts industriels.

Et depuis 2017, il a démoli, pierre par pierre, la formidable filière atomique française, repoussant la construction de nouveaux réacteurs EPR. Finalement, Emmanuel Macron n'aura jamais eu le courage de revenir sur la décision de fermer Fessenheim, programmant d'ailleurs également la fermeture de 12 autres réacteurs nucléaires. Mais voilà qu'en 2022, à quelques mois de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron s'est soudainement réveillé en prétendu défenseur de l'énergie atomique.

L'homme qui a laissé les Chinois et les Américains prendre notre place de leader de ce secteur d'excellence, l'homme qui a laissé notre parc nucléaire dépérir, l'homme qui a repoussé tous les projets innovants, l'homme qui s'est soumis aux folies écologistes, serait finalement devenu amoureux de l'atome. Personne n'est dupe. D'ailleurs, chasser le naturel, il revient au galop sur le nucléaire comme sur le reste. Emmanuel Macron reste l'homme des technocrates de Bruxelles. Hier, ce sont eux qui avaient incité la France à abandonner sa magnifique filière atomique. Ce sont eux qui avaient imposé l'ouverture du marché de l'électricité et du gaz à la concurrence.

Et aujourd'hui, ce sont eux qui imposent l'ouverture de la concurrence pour nos barrages hydroélectriques. Et sagement, poliment, doctement, Emmanuel Macron obéira. Contre les intérêts de nos groupes français, contre les intérêts de leurs salariés, contre les intérêts du consommateur, contre l'intérêt de la France. Mais ça, c'était avant. Avec cette élection présidentielle, nous comptons tout remettre à plat dans la politique énergétique de la France. Fini les factures d'électricité et le prix à la pompe qui explose. Fini les éoliennes inutiles qui enlaidissent le paysage. Fini le démantèlement de nos filières industrielles d'excellence.

Car l'énergie est une chose trop sérieuse pour être prisonnière des contingences politiques et idéologiques. L'énergie, c'est la sève de notre société. C'est ce qui nous permet de nous déplacer, de nous nourrir, de nous chauffer, de nous informer, de nous soigner. En somme, c'est ce qui permet à la société française d'être en mouvement et de vivre. Mes chers compatriotes, il nous faut une ligne claire, à un horizon de plusieurs décennies. Il nous faut renouer avec l'esprit de la grande politique énergétique héritée du général de Gaulle et magnifiquement poursuivie par Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing et même par François Mitterrand. Cette politique reposait sur trois piliers.

Indépendance nationale, grand groupe français, préservation du pouvoir d'achat. Je veux renouer avec cette stratégie en nous appuyant sur les dernières avancées technologiques, industrielles, technologiques et scientifiques. Celles-ci sont enthousiasmantes car nous sommes probablement à l'aube d'une révolution dans l'univers de l'énergie et la France ne peut pas se permettre de passer à côté. Cette stratégie mettra l'atome au centre de nos préoccupations énergétiques et de nos investissements. Avec vous et avec les ingénieurs de notre pays, nous redressons cette grande et belle filière industrielle qui fait travailler plus de 220 000 Français et qui fait rayonner la France dans le monde.

Avec votre soutien, je défendrai ce joyau national qui protège aussi votre pouvoir d'achat. Avec votre appui, je défendrai cette énergie décarbonée qui contribue à ce que la France soit l'un des pays les plus vertueux au monde en matière de rejet de gaz à effet de serre. Ensemble, nous défendrons ce garant de notre indépendance stratégique. Très concrètement, nous supprimerons l'objectif irresponsable de réduire d'ici 2035 la part du nucléaire à 50%. C'est absurde, irréalisable et dangereux. Ensuite, nous demanderons la prolongation du parc existant à 60 ans minimum.

Nous lancerons surtout un programme de construction d'au moins 14 nouveaux réacteurs nucléaires EPR-2 à l'horizon 2050 afin d'assurer le renouvellement de notre parc et accompagner ainsi la hausse de la demande d'électricité. Nous bâtirons aussi le nucléaire du futur en relançant les programmes Astrid et EPR. En ce qui concerne EDF, nous mettrons aussi fin à cette politique inique imposée par Bruxelles qui consiste à forcer l'entreprise à se saborder elle-même en vendant à bas prix son électricité nucléaire et à des entreprises privées et le plus souvent étrangères qui se font ensuite une marge sur votre dos.

À la place, je proposerai un tarif régulier permettant à tous les consommateurs français, particuliers et entreprises, de bénéficier de cette électricité française peu chère qui réduit nos émissions de CO2 et notre dépendance aux énergies fossiles, que ce soit le gaz ou le pétrole. Nous mettrons fin à tous les projets d'éoliennes actuelles et futures, sur terre comme sur mer, qui saccagent le paysage, coûtent cher aux Français, ne servent à rien. Avec toutes ces mesures, je remettrai la rationalité et l'intérêt des Français au cœur de notre politique énergétique, enjeu de premier plan pour la reconquête industrielle.

C'est pourquoi la politique énergétique ne relèvera plus du ministère de l'écologie comme c'est le cas depuis plus de dix ans, mais d'un nouveau grand ministère de l'industrie, de l'énergie, des transports, du numérique et du commerce extérieur. Faire passer l'énergie du ministère de l'écologie au ministère de l'industrie, c'est un changement de philosophie. C'est ne plus considérer que l'énergie est un problème, mais qu'elle est une solution. Mes chers compatriotes, ici, depuis Fessenheim, je vous le dis, depuis trop longtemps, la France, à cause de gouvernants à la fois incompétents et opportunistes, s'est enfermée dans l'idéologie, celle des Verts et celle de Bruxelles.

Aucune d'entre elles ne se soucie du destin de notre nation et du bien-être des Français. Il est temps que cela cesse. Il est temps de refonder une politique énergétique qui serve notre industrie, nos emplois, notre pouvoir d'achat, notre indépendance et qui sera parfaitement respectueuse de notre environnement. Impossible n'est pas français, mes amis. Vive nos florons nationaux. Vive le génie industriel français. Vive notre souveraineté et notre indépendance. Vive la République et surtout, vive la France.