Élections européennes : "Ma candidature, c'est aussi une candidature d'espérance" estime Jordan Bardella
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L'invité politique de France Info, jusqu'à 9h, mènera la liste du Rassemblement National aux élections européennes du 26 mai prochain. Et c'est Renaud Delis qui vous pose la première question. Bonjour Jordan Dabella. Alors ça y est, cette fois-ci c'est officiel. Carlos Ghosn n'est plus PDG de Renaud. Bruno Le Maire l'a annoncé ce matin. Votre réaction ?
Je crois que c'est la conséquence de l'attitude qui a été la sienne. Maintenant il y a une enquête qui est en cours au Japon. Laissons la justice faire son travail. Il est toujours à vos yeux couvert par ce qu'on appelle la présomption d'innocence ? A partir du moment où vous n'êtes pas condamné, moi je crois dans cette présomption d'innocence. Maintenant encore une fois, l'enquête dira si oui ou non il y a eu enrichissement. Maintenant laissons la justice faire son travail.
Vous auriez préféré qu'il reste en poste en attendant qu'on en sache plus ?
Non parce que je crois que les soupçons sont relativement forts. Je pense que la justice japonaise a un certain nombre d'éléments qui ont permis en l'occurrence d'écarter M. Ghosn. Voilà, si vous voulez, je pense que c'est difficilement compréhensible aujourd'hui qu'on ait une tolérance, notamment dans nos pays, à l'égard de ceux qui ne payent pas l'impôt et qu'on puisse avoir ce genre de personnage qui bénéficie d'un laxisme et d'une impunité. Donc encore une fois, il y a une présomption d'innocence. Vous l'avez rappelé, il y a une présomption d'innocence.
Une mise en examen pour vous, ça vaut départ ?
Non, encore une fois, il y a une présomption d'innocence. Je vous dis, laissons la justice faire son travail et nous verrons ce qu'il en ressort s'agissant de la justice japonaise.
Carlos Ghosn pourrait toucher, c'est le conseil d'administration de Renault qui va en décider ce matin, une retraite chapeau de 800 000 euros par an. C'est un droit qu'il a acquis à la tête de l'entreprise pendant 14 ans. Est-ce que vous souhaitez que l'État, qui est actionnaire de Renault, s'y oppose lors du vote ce matin ?
Je pense que ça peut faire partie des sujets, oui, parce que Renault est quand même l'un des fleurons industriels de notre pays, même si sous la gouvernance de M. Ghosn, un certain nombre d'emplois ont continué de se délocaliser et qu'effectivement le nombre de véhicules produits en France a quand même nettement chuté ces dernières années. Donc je pense que ça peut faire partie des sujets qui peuvent être mis sur la table.
Alors les Gilets jaunes ont annoncé le lancement, le dépôt d'une liste pour les élections européennes, une liste qui va être conduite par l'une des figures médiatiques du mouvement qui s'appelle Ingrid Levavasseur. Est-ce que Jordan Bardella, c'est une bonne nouvelle, cette liste des Gilets jaunes aux européennes ?
Ça fait partie de la démocratie, voilà. Je veux dire que des personnes souhaitent se présenter aux élections, souhaitent engager un combat démocratique, je trouve que c'est très bien. Vous les encouragez à le faire ? Maintenant, ce n'est pas que je les encourage, ils sont dans leur liberté. Maintenant, ce que je note, c'est qu'il y a plusieurs personnes déjà issues des Gilets jaunes qui ont annoncé qu'ils feraient leur propre liste lors des élections européennes. Donc il n'est pas impossible qu'on se retrouve avec plusieurs listes effectivement Gilets jaunes lors des élections européennes.
Je crois quand même que l'essence de ce mouvement était un mouvement de colère qui s'est exprimé dans les rues de manière globalement pacifique, même s'il y a pu avoir des dérives à la marge. Mais je pense que globalement, les revendications qui étaient portées par les Gilets jaunes étaient de justes revendications. Et je crois que beaucoup de... Moi, j'ai quand même eu le sentiment que beaucoup des Gilets jaunes qui se sont déplacés dans les rues étaient attachés à l'essence apolitique de ce mouvement. Encore une fois, ça fait partie de la démocratie que certains souhaitent présenter leur propre liste. Je vous dis, ce n'est pas la première fois.
Ça fait déjà plusieurs semaines qu'on entend des Gilets jaunes indiquer qu'ils souhaitent se présenter aux élections européennes. Encore une fois, ça fait partie de la démocratie, de la liberté de chacun.
Est-ce qu'elle vous semble téléguidée, cette liste de Gilets jaunes, par l'exécutif notamment ?
Je ne sais pas si elle est téléguidée. On a vu effectivement beaucoup de... Du moins, sur les premiers noms qui ont été annoncés hier sur cette liste, en l'occurrence, qui est une liste de certains Gilets jaunes. On a vu effectivement des gens qui étaient candidats à La République en marche, d'anciens responsables du Parti socialiste, notamment des jeunes socialistes. En tout cas, cette liste, elle va vous concurrencer.
Elle risque de vous piquer des voix.
Mais je ne suis pas dans la concurrence. Je veux dire, ça fait partie de la démocratie. Si, pour l'instant, nous sommes crédités entre 20 et 25 % d'intention de vote aux élections européennes, je vous dis, voilà, moi, je suis assez prudent de toute manière avec les sondages. Les élections, on lui en met. Je pense que les Français s'exprimant, encore une fois, aux élections européennes, sur un projet européen très clair.
Si des Gilets jaunes présentent une liste aux élections européennes, c'est bien qu'ils ne se reconnaissent pas dans vos propositions, dans les propositions du Rassemblement national.
Mais, encore une fois, ce n'est pas des Gilets jaunes. Ce sont certains Gilets jaunes qui ont décidé de porter des revendications politiques sur la scène européenne. Maintenant, voilà, je veux dire, nous, on défend notre projet politique. Je pense que beaucoup des revendications qui sont celles des Gilets jaunes font partie du projet politique que nous défendons depuis un certain nombre de temps. Depuis le début du mouvement, Marine Le Pen a dit. Sur la politique de bon sens, sur la paix fiscale, sur plus de démocratie, avec le référendum d'initiative citoyenne, par exemple, que nous, on défend depuis un certain nombre d'années. Les Gilets jaunes, c'est le Rassemblement national, pour vous ?
Non, je ne dis pas ça, parce que moi, si vous voulez, je ne cherche pas à m'approprier ce mouvement. Et je pense qu'on a eu à leur égard l'attitude la plus franche et la plus sincère depuis le départ, qui a été de dire, aujourd'hui, il y a un mouvement de colère légitime dans le pays, qui a été soutenu par une écrasante majorité de Français, qui porte de justes revendications. Et donc, nous, nous avons décidé, effectivement, de soutenir ce mouvement, parce que nous considérons que la politique qui a été mise en place par M.
Macron crée toujours plus d'injustice dans notre pays, que les décisions qui sont prises sont prises toujours plus loin des citoyens, et qu'aujourd'hui, on a besoin de cette démocratie de proximité. Je vous dis, ça fait des années qu'on défend la proportionnelle, la baisse du nombre de parlementaires, le référendum d'initiative citoyenne, qu'on défend la baisse des impôts, qu'on défend la justice fiscale. Donc, c'est bien ce que je dis, vous récupérez quand même leurs revendications. Je ne récupère aucune revendication. Il y a entre 40 et 45% de gilets jaunes, selon vos confrères, qui ont voté pour Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle.
Donc, moi, je ne me sens pas mal à l'aise parmi les gilets jaunes.
En fait, vous étiez gilets jaunes avant les gilets jaunes.
Parce que nous sommes tous gilets jaunes, voilà. Voilà, nous considérons tous aujourd'hui que dans notre pays, il y a des choix fiscaux qui sont faits, qui avantagent les plus riches. Voilà, nous considérons aujourd'hui que le pouvoir n'est plus entre les mains des Français, mais que le pouvoir a été remis à Berlin ou à Bruxelles. Donc, encore une fois, il y a un certain nombre de revendications qu'on soutient depuis le départ. Maintenant, on n'a pas cherché, si vous voulez, à s'approprier ce mouvement, qui est un mouvement de colère légitime, qui est un mouvement apolitique, qui réunit des gens de sensibilité différente.
Encore une fois, que certains d'entre eux souhaitent se constituer en candidature aux élections européennes, ce n'est pas exclusif. Il y a déjà plusieurs personnes qui ont indiqué qu'ils feraient leur propre liste aux gilets jaunes aux européennes. Encore une fois, nous verrons. Voilà, c'est la démocratie. Moi, je suis profondément démocrate. Donc, laissons les choses se faire. Encore une fois, l'élection a lieu le 26 mai, c'est un petit peu long.
Jordan Bardella, pendant ce temps, il y a un autre gilet jaune, Éric Drouet, en l'occurrence, qui lui lance un appel à la grève générale et à un blocage de tout le pays à partir du 5 février, dans quelques jours. Donc, est-ce que vous le soutenez ?
Mais, on n'est pas à l'origine de ce mouvement. Donc, moi, je n'ai pas de consigne de manifestation à donner ou à ne pas donner. Est-ce que vous avez une opinion ? J'ai une opinion, c'est que j'ai vu beaucoup, moi, s'agissant de cette manifestation, beaucoup de syndicats indiquer qu'ils participeraient. Donc, si vous voulez, on voit aujourd'hui que la gauche et l'extrême gauche essaient de récupérer ce mouvement. Je pense que c'est profondément malhonnête. Et je crois, encore une fois, que devant un mouvement de colère qui se poursuit et qui a lieu chaque samedi dans notre pays, la réponse doit aujourd'hui être politique.
Mais bloquer le pays, ce n'est pas la solution pour sortir de cette crise ?
Je ne suis pas favorable au blocage. Je crois que depuis le départ, les manifestations qui ont lieu ont lieu de manière plutôt pacifique, notamment hors des grandes villes, notamment sur les ronds-points. Il est vrai que cette situation de tension pénalise aujourd'hui notamment beaucoup de commerçants. C'est vrai à Paris, c'est vrai dans un certain nombre de grandes villes. Mais encore une fois, le fait que ce mouvement se poursuive aujourd'hui veut bien dire que les gilets jaunes qui manifestent et qui se font les échos de revendications qui sont, je crois, partagées par une majorité de Français n'ont pas trouvé d'échos aujourd'hui et de réponses politiques.
Donc aujourd'hui, s'il y a un climat de tension dans le pays, s'il y a des blocages, ça, c'est de la responsabilité d'Emmanuel Macron qui se refuse d'entendre la colère des Français et qui, pour reprendre désormais la célébration du gouvernement, maintient le cap. Voilà. Et pour être bien précis, vous n'appelez pas, vous, à bloquer le pays avec les gilets jaunes qui le font. Mais moi, je n'appelle à rien du tout. Il y a aujourd'hui, les initiatives qui se prennent depuis le 17 novembre sont des initiatives citoyennes, sont des initiatives démocratiques.
Il y a eu effectivement un certain nombre de violences et un climat de tension mais qui vient encore une fois du fait que le gouvernement aujourd'hui se refuse d'entendre la colère des Français.
Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement National aux élections européennes du 26 mai prochain est notre invité jusqu'à 9h. 8h41, l'info en une minute. David Dobar.
Carlos Ghosn prend les devants. Il a démissionné cette nuit de la présidence de Renault. Il faut dire qu'à 10h, aujourd'hui, un conseil d'administration doit nommer un tandem pour le remplacer. Tandem composé de Thierry Bolloré et de Jean-Dominique Sonner, actuellement patron de Michelin. Des ronds-points au Parlement européen, des membres des Gilets jaunes annoncent vouloir déposer une liste pour les prochaines élections. Tête de cette liste, Ingrid Levavasseur, une aide-soignante de 31 ans, figure de proue du mouvement. À ce propos, justement, seuls 32% des Français satisfaits du traitement médiatique qui est fait de ce mouvement.
C'est ce qui ressort du baromètre de confiance des Français dans les médias, baromètre publié tous les ans par l'Institut Cantar-Sofresse pour le journal La Croix. 67% reproche d'avoir dramatisé les événements et 52% de trop laisser s'exprimer les extrêmes. Le pape François au Panama depuis quelques heures pour les Journées Mondiales de la Jeunesse. Après Rio et Cracovie, c'est la troisième fois qu'il participe à cette grand-messe. 250 000 jeunes venus de 150 pays ont fait le déplacement. Et puis des heures, ces dernières heures, au Venezuela, entre les forces de l'ordre et l'opposition, Juan Guaido à la tête du Parlement s'est autoproclamé président par intérim.
Il annonce d'ailleurs la tenue d'élections libres prochainement. Parmi les réactions, celle de Jean-Luc Mélenchon qui dénonce une tentative de coup d'État.
France Info Toujours avec Jordan Bardella qui mènera la liste du Rassemblement National aux élections européennes et toujours avec Renaud Delis. Alors Jordan Bardella, est-ce que vous savez pourquoi est-ce que Marine Le Pen vous a choisi personnellement pour conduire la liste du Rassemblement National ?
Il y a eu plusieurs possibilités. Le Rassemblement National, en l'occurrence Marine Le Pen, a toujours eu cette qualité qui était de faire confiance à la jeunesse. On a fait élire déjà dès 2012 la plus jeune députée. Marion Maréchal, dont je crois personne n'a été déçu puisqu'on en parle encore malgré qu'elle ne soit plus là. On a fait élire David Rachlin, plus jeune sénateur de la République, qui est toujours du maire de Fréjus. Beaucoup de jeunes élus. Donc votre qualité, c'est bien votre âge, 23 ans ?
C'est peut-être l'une des qualités, mais je crois qu'au-delà de ça, je crois que vu le contexte assez trouble, assez particulier qu'on vit aujourd'hui dans le pays, je crois que Marine Le Pen a voulu dire notamment aux générations qui arrivent que ce qu'on vit n'est pas une fatalité, que ce qu'on vit est la conséquence de choix politiques et qu'il y a d'autres choix politiques. Donc je crois que ma candidature, c'est aussi une candidature d'espérance. Et voilà, j'ai aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup travaillé. Je ne suis que l'un des 79 candidats de cette liste.
Derrière moi, beaucoup de gens de qualité, des gens qui nous rejoignent, comme Thierry Mariani, qui a été ministre, des députés européens sortants, beaucoup d'élus locaux talentueux aussi du Rassemblement National qui ont fait leur preuve sur le terrain. Parfois même, qui sont au soutien des Gilets jaunes sur le terrain depuis le départ. Et puis...
Là, je sais bien, Jordan Bardella, mais il y a pléthore de candidats jeunes, on le voit, la France Insoumise a choisi Manon Aubry, 28 ans.
Eh bien, vous devriez vous réjouir de voir aujourd'hui une nouvelle génération de...
Tout le monde cède à ce qu'on appelle le jeunisme, en fait, depuis l'élection de l'Union européenne.
Non, il n'y a pas de jeunisme, mais je crois qu'il y a un besoin de renouvellement aujourd'hui dans la vie politique, voilà. Et le constat que les gens qui se partagent le pouvoir depuis 30 ans ont totalement échoué. Moi, encore une fois, je fais partie d'une génération qui a grandi avec le chômage, qui a grandi avec les petits salaires, qui a grandi aussi avec l'insécurité et le terrorisme. Et moi, je ne me résous pas à ça, voilà. Et je me dis qu'il y a d'autres choix qui sont possibles. Et je me dis que demain, on peut changer tout cela pour que demain, les prochaines générations puissent mieux vivre dans notre pays.
Est-ce que le fait, Jordan Bardella, que vous ne soyez pas mis en examen, contrairement à pas mal de cadres du Rassemblement National, a joué dans ce choix ?
Non, absolument pas. Je le disais en début d'émission, mise en examen ne veut pas dire condamnation. Voilà, le Parlement européen a déclaré une guerre idéologique. Dans le cas de Carlos Ghosn, pour en revenir à lui,
vous nous dites qu'il va falloir quand même qu'on étudie ces indemnités. Et il est légitime qu'il ne soit plus patron de renom. Oui, d'accord.
J'espère que vous faites quand même une différence entre Carlos Ghosn et des élus du Rassemblement National. Parce que sinon, je trouve ça inquiétant quand même. Donc j'espère que vous faites quand même bien la différence. Il y a deux façons d'être mis en examen ? Non, il y a une présomption d'innocence. Dans les deux cas ? Pardon ? Dans les deux cas ?
Oui, dans les deux cas. Sauf que dans le cas de Carlos Ghosn, vous avez dit tout à l'heure, il est normal qu'il s'en aille aujourd'hui. Il est normal qu'il fasse ses indemnités.
Mais entre les soupçons qui pèsent sur le multimilliardaire Carlos Ghosn, si vous voulez, qui est soupçonné d'évasion fiscale et d'enregistrement personnel, il y a quand même une différence, si vous voulez, avec la guerre idéologique qui est menée par le Parlement européen à l'égard du premier parti d'opposition en France.
Pour être précis, Jordan Bardella, pour être ce que vous appelez la guerre idéologique, le préjudice évalué par le Parlement européen est de l'ordre de 5 à 7,5 millions d'euros qui auraient été, selon le Parlement européen, détournés par le Rassemblement National. Ce sont les fameuses affaires d'assistants fictifs, d'emplois fictifs, qui valent effectivement une quinzaine de mises en examen, dont celles de Marine Le Pen, de Louis Alliot, de Nicolas Beck, qui étaient d'autres têtes de liste potentielles pour l'Assemblée Nationale, qui sont mises en examen pour détournement de fonds.
Oui, mais ils mettront tout le monde en examen. Sauf que le Parlement européen nous a déclaré une guerre qui est une guerre idéologique et qui vise en réalité tous les partis qui contestent aujourd'hui l'idéologie européiste et l'idéologie qui est celle de l'Union européenne. Si c'est une guerre idéologique, pardon Jordan Bardella,
elle vise aussi d'autres personnalités comme François Bayrou, qui pour les mêmes raisons...
On en entend très peu parler. Si je peux terminer ma question.
Qui pour les mêmes raisons a quitté le gouvernement.
Oui, sauf que, si vous voulez, quand il y a ce type d'affaires qui est ouvert contre le Modem, on en entend très peu parler d'ailleurs. Moi, on entend rarement les journalistes poser la question aux responsables du Modem qui sont invités dans les médias. C'est-à-dire qu'ils ont quitté le gouvernement ? Ceci étant, je crois que les élections européennes, ça va être une véritable clarification. Voilà, aujourd'hui, il y a un vrai projet européen entre d'un côté les gens comme M.
Macron qui sont aujourd'hui totalement isolés sur la scène européenne, qui considèrent que la France doit continuer de négocier des traités de libre-échange avec la terre entière, traités de libre-échange qui menacent notre industrie, nos entreprises, qui considèrent que la France doit continuer d'ouvrir ses frontières à l'immigration massive et qui considèrent encore une fois qu'on doit continuer de transférer des leviers toujours plus importants de notre souveraineté et de notre pouvoir de décision à des technocrates non élus à Bruxelles à l'heure où les Français aimeraient récupérer le pouvoir dans leur pays.
Et puis, ce qui défend aujourd'hui une politique de bon sens dans notre pays, à savoir le Rassemblement national. Et c'est, je crois, un courant d'idées qui arrive au pouvoir partout.
Vous évoquez, Jordan Bardella, des traités. Précisément, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont signé mardi un nouveau traité de coopération entre la France et l'Allemagne, un traité qui s'appuie sur les fondations du traité de réconciliation franco-allemand, signé par De Gaulle et Adénauwe en 1963. Il y a 7 chapitres, 28 articles. Et voici ce que Marine Le Pen a cru il y a.
Je n'ai pas envie de partager le siège de la France au Conseil de sécurité. Nous faisons par ce traité un pas supplémentaire vers cela, c'est-à-dire le partage de notre siège au Conseil de sécurité qui fait de nous une très grande nation puissante et qui va nous reléguer, encore une fois, en deuxième division ou même en division d'honneur.
Alors, factuellement, concrètement, ce n'est pas écrit dans le texte. J'ai relu attentivement les 27 articles. Il n'y a pas écrit que la France va partager ce qui est le Conseil de sécurité de l'ONU. Je crois qu'on n'a pas dû lire le même texte
parce que moi j'ai noté que demain, avec ce traité, la France et l'Allemagne, on le dit, l'Union européenne d'une manière plus large, doivent se coordonner étroitement avant toute prise de décision au Conseil de sécurité de l'ONU. Sachant que c'est la France qui a son siège entre la France et l'Allemagne au Conseil de sécurité de l'ONU, moi ça me pose un problème de souloigneté. Et si vous voulez, au sein de ce texte... Il n'y a pas écrit qu'on laisse la place. Se coordonner étroitement, en l'occurrence, ça veut dire effectivement revoir notre position en fonction des demandes qui nous seront faites par l'Allemagne.
Moi, je n'ai pas besoin d'avoir l'avis de l'Allemagne
pour prendre une décision souveraine et qui vaille dans l'intérêt de la France.
La France et l'Allemagne coordonneront étroitement leur position dans le cadre d'un effort plus large de concertation entre tous les membres de l'État de l'Union européenne siégeant au Conseil de sécurité.
Et ça ne vous pose pas un problème de souveraineté. Voilà, de devoir consulter un État voisin pour prendre une décision qui va dans l'intérêt de votre propre pays. Non, coordonner étroitement. Mais cet article n'est pas le seul parce que moi, si vous voulez, j'ai été regardé dans le détail. On a l'article 5 qui nous explique que demain, la France et l'Allemagne échangeront des représentants de haut rang au sein du Conseil de sécurité de l'ONU. On a l'article 8 qui nous fait une déclaration de principe en nous disant que demain... Exactement, en nous disant que demain l'Allemagne doit obtenir un siège au Conseil de sécurité de l'ONU.
On nous dit que c'est une priorité de la diplomatie franco-allemande. Précisément sur ce point-là. Et moi, je me souviens de la déclaration fin novembre du vice-chancelier allemand qui nous expliquait que demain, la France devrait renoncer à son siège au Conseil de sécurité de l'ONU pour un siège unique qui serait le siège de l'Union européenne. Donc, est-ce qu'aujourd'hui, dans notre pays,
on a le droit de se poser des questions ? Alors, justement, précisément, Jean-Anne Bardella, si la France, et ça, c'est effectivement écrit dans l'article 8, va plaider la cause de l'Allemagne pour que l'Allemagne obtienne son propre siège au Conseil de sécurité de l'ONU, si l'Allemagne, demain, avait son propre siège au Conseil de sécurité de l'ONU, il n'y a pas de raison que des Allemands continuent de réclamer le partage du siège français. Mais, attendez... Il peut y avoir deux sièges, un pour l'Allemagne, un pour la France.
Mais il ne peut pas y avoir deux sièges puisque les sièges sont attribués aux vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Bon, l'Allemagne n'a pas gagné la Seconde Guerre mondiale, ça ne vous aura pas échappé. Le Brésil de Jair Bolsonaro
réclame un siège au Conseil de sécurité de l'ONU. Et surtout, le Brésil de Jair Bolsonaro réclame un siège. Il faut être très précis.
Les sièges au Conseil de sécurité de l'ONU sont attribués sur essentiellement deux critères. D'abord, aux pays qui disposent de l'arme nucléaire. Bon, est-ce le cas de l'Allemagne ? La réponse est non. Et sont attribués également aux pays qui disposent d'une puissance militaire. Bon, la France est une puissance militaire. L'Allemagne n'est pas une puissance militaire. Bon, donc, en l'occurrence, la France doit conserver ce siège au Conseil de sécurité de l'ONU. Mais il n'est pas question que l'Allemagne en ait un or. Aujourd'hui, quand je vois un certain nombre d'articles dans ce texte, je me dis qu'on est en droit de se poser des questions.
Mais si vous voulez, moi, ce que je trouve assez hallucinant,
c'est que... Aucun autre pays ne peut accéder demain. Aucun autre pays, à vos yeux, ne peut que les cinq membres actuels permanents. C'est pas la question.
La question, c'est est-ce que la France... Oui, mais c'est pas ma réponse. La question, c'est est-ce que la France, demain, va être souveraine dans ses choix et est-ce que demain, la France pourra prendre une décision sans consulter l'Allemagne ? Pour revenir... Moi, la question que je pose, c'est qu'est-ce qu'on gagne ? Si un autre pays que l'Allemagne
souhaitait entrer au Conseil de sécurité des Nations Unies, vous tiendriez le même discours ? Oui, c'est un principe. Il faut cinq pays... C'est une question subliminale ? Non, non, non, il n'y a pas de question piège. Est-ce que c'est parce que c'est l'Allemagne
ou est-ce que vous dites ce club des cinq, il ne faut pas y toucher ? Mais non, c'est parce que la France a une voie singulière. Et que moi, je crois dans l'indépendance et la souveraineté des nations. Donc, maintenant, j'aimerais bien qu'on me dise qu'est-ce qu'on gagne à ce traité ? Moi, si vous voulez, j'en ai un peu ras-le-bol qu'on aille négocier des traités supranationaux qui transfèrent nos pouvoirs de décision, soit à Berlin, soit à Bruxelles, et qui éloignent de manière systématique le pouvoir de décision du peuple français à l'heure où les Français aimeraient récupérer le pouvoir.
On poursuit cette discussion. On est très en retard. Pardon, Jordan Bardella, c'est de ma faute. 8h51, David Doba, pour le rappel de l'actu.
3h30, pas plus, pas de radio, pas de télé. Pour la troisième réunion du Grand Débat National, Emmanuel Macron souhaite un peu plus d'intimité. Il rencontrera en tête à tête Laurent Wauquiez avant de retrouver une soixantaine d'élus de région Auvergne-Rhône-Alpes. Ingrid Levavasseur, tête de liste des Gilets jaunes aux élections européennes, liste actuellement en cours de constitution. Cette aide soignante de 31 ans est devenue une des figures de proue du mouvement. Une initiative qui divise puisque Benjamin Cauchy, porte-parole des Gilets jaunes libres, estime qu'elle va à l'encontre des intérêts et des citoyens. On en vient à cette journée de mobilisation dans l'éducation nationale.
Syndicat, enseignant du secondaire et organisation de jeunesse, proteste contre plusieurs réformes et notamment celle du baccalauréat. A trois semaines maintenant du choc de la Ligue, des champions contre Manchester United, Neymar s'est blessé au pied hier soir, coup dur donc pour le PSG. Mais les Parisiens se sont tout de même qualifiés pour les huitièmes de finale de la Coupe de France en battant Strasbourg de but à zéro. Et puis ces titres vous rappelleront probablement quelques souvenirs. Le Grand Prix 2019 du festival de la Bézé d'Angoulême a récompensé hier soir la japonaise Rumiko Takahashi.
C'est à elle que l'on doit notamment Juliette Jethème ou encore Ranma Indemis, adapté à la télé et diffusé dans les années 90.
France Info. Toujours avec Jordan Bardet la tête de liste du Rassemblement National aux élections européennes du mois de mai prochain. Renaud Delis. Pour en rester sur ce traité franco-allemand signé par Angela Merkel et Emmanuel Macron, Marine Le Pen a donc dénoncé une trahison dans l'attitude d'Emmanuel Macron qui porte aussi sur un autre élément qui attrait directement à l'Alsace et à la langue. On l'écoute.
Sous couvert de coopération transfrontalière, il est convenu de mettre en place des eurodistricts qui auront pour effet de placer l'Alsace car c'est l'Alsace qui est visée pour une part sous la tutelle de l'Allemagne. Il est prévu d'y favoriser le bilinguisme c'est-à-dire imposer l'allemand à l'école ou dans l'administration. Cette disposition relève de l'ingérence manifeste.
Alors la France va donc céder l'Alsace enfin placer l'Alsace sous tutelle de l'Allemagne. C'est ce qu'explique Marine Le Pen. Quand on lit le texte favoriser le bilinguisme ça veut dire favoriser l'apprentissage de l'allemand côté français et puis favoriser l'apprentissage du français côté allemand. Et favoriser le fait
que l'Allemagne soit une deuxième langue officielle. Parce que moi si vous voulez l'article 2 de la constitution nous dit que la langue de la république est le français. Et moi j'y suis très attaché.
Je vais relire l'article 10 par mon gendarme Lardin. Est-ce que je peux lire l'article ? Je vous en prie. On en prendra tout le temps qu'il faut. Article 10 Développement de l'apprentissage mutuel de la langue de l'autre accroître le nombre d'élèves étudiants la langue du partenaire. Comment dans la bouche de Marine Le Pen ça peut devenir imposer l'allemand à tous les écoliers et dans l'administration ?
Il y a une volonté avec ce traité d'approfondir aujourd'hui les compétences qui sont celles de l'eurodistrict. Et les convergences entre ces deux régions à l'heure où je crois la république française a besoin d'unité et à l'heure où si vous voulez quand dans nos écoles on maîtrise déjà très mal le français je me pose la question l'intérêt de vouloir aller à marche forcée vers ce bilinguisme. Donc encore une fois qu'on apprenne d'autres langues à l'école ça ne me pose aucun problème mais voilà priorité à l'allemand en Allemagne et priorité aux français en France.
Mais personne ne remet en cause la priorité aux français en France il ne s'agit pas d'apprendre l'allemand à la place du français il s'agit de favoriser en deuxième ou en troisième langue je crois comprendre je relis développement de l'apprentissage comment ça devient obligation de parler allemand ?
Parce que si vous voulez on intègre l'allemand dans l'administration dans les écoles de nos enfants à l'heure où encore une fois je crois que la priorité doit être l'apprentissage du français. Vous pensez qu'on va mettre
des fonctionnaires français à la pratique obligatoire de l'allemand ? Je pense qu'on a le droit
de se poser toutes ces questions. Mais vous le sortez d'où cette inquiétude ?
Je crois qu'on a le droit de se poser toutes ces questions et si vous voulez moi je trouve ça hallucinant le climat qui a pesé autour de ce traité qui a été placé sous le tapis parce que je veux dire on nous reproche aujourd'hui à nous de poser des questions mais les français aussi aimeraient savoir les français aussi veulent se poser des questions sur ce traité qui a été négocié en catimini qui a été négocié dans le secret le plus total donc si vous voulez aujourd'hui Emmanuel Macron ne peut pas reprocher à l'opposition de se poser des questions quand lui a voulu négocier ce traité en catimini il y a aujourd'hui 170 000
travailleurs transfrontaliers dont 50 000 français qui vont travailler tous les jours en Allemagne est-ce qu'il ne faut pas favoriser les coopérations transfrontalières entre la frontière et l'Allemagne ?
Mais on peut favoriser si si mais ça ne me pose aucun problème demain dans le cas vous évoquiez les eurodistricts il y a aujourd'hui une demi-douzaine
il y a une demi-douzaine d'eurodistricts il existe déjà l'eurodistricts ils existent aussi
il existe déjà il s'agit d'aller vers plus de convergence on ne les remet pas en cause de convergence économique de convergence sociale des eurodistricts du Pays de Bâle en Catalogne on ne s'écoute un tout petit peu non non mais je ne remets pas en cause ces eurodistricts si vous voulez mais je ne veux pas d'approfondissement parce qu'il va falloir qu'on nous explique quel est l'intérêt aujourd'hui pour la France d'aller vers ces convergences est-ce qu'il faut converger davantage économiquement avec un pays comme l'Allemagne qui met en place les jobs à un euro de l'heure ben moi je me pose la question voilà et si vous voulez aujourd'hui le problème dans la vie politique française c'est que vous êtes traité de nazi dès que vous n'êtes pas d'accord avec les éléments de langage du gouvernement je fais écho aux accusations du président de la république donc qui hurle à la fake news avec les journalistes qui relègent généralement qui hurle à la fake news dès que vous n'êtes pas d'accord avec eux et bien moi je dis qu'aujourd'hui on a le droit de se poser des questions et on a le droit de s'interroger sur l'intérêt aujourd'hui de ce traité parce qu'encore une fois je pose la question depuis plusieurs jours à laquelle je n'ai pas de réponse à quoi nous sert aujourd'hui ce traité
par exemple il veut favoriser la coopération dans la lutte contre le terrorisme et contre le crime organisé c'est écrit précisément dans un des articles du traité ça vous y êtes favorable mais comment ? en tout cas c'est détaillé dans cet article
oui d'accord favoriser on est tous favorables à ce qu'on favorise l'emploi, la démocratie et la lutte contre le terrorisme
avec des échanges de renseignements notamment entre services de renseignements français et allemands
oui mais ça de toute manière nos services de renseignements le font déjà donc si vous voulez hormis les quelques articles flous moi je vous ai cité un certain nombre d'articles aujourd'hui qui posent problème et je ne considère pas que la signature de la France sur ce traité n'engage pas la France on nous a fait le même coup avec le pacte de Marrakech le pacte sur l'immigration en nous expliquant que finalement la signature de la France ne changerait rien et que ce sont juste des déclarations d'intention voilà encore une fois moi il y a des articles qui me posent problème pour la souveraineté de la France on n'est pas les seuls à le dire d'ailleurs il y a beaucoup de professeurs d'université notamment monsieur Gohan d'Assas qui spécialise des questions de constitution qui remet en cause ce traité comme menaçant la souveraineté nationale et je pense que ce sont des sujets qui doivent être mis sur la table et qui doivent être débattus arrêtons si vous voulez de crier à la fake news dès qu'on n'est pas d'accord avec les éléments de langage de La République En Marche
Merci à vous Jordan Bardet la tête de liste du Rassemblement National aux élections européennes Merci d'être venu ce matin sur France Info dans 2 minutes il sera 9h
Jordan Bardella