Véronique Riotton, députée "Ensemble pour la République" de Haute-Savoie | La politique et moi
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteRéponse directe
Bonjour Véronique Riotton.
- 1:05OuverteRéponse directe
Les deux.
- 1:17OuverteRéponse directe
Et je crois que vous n'aviez jamais joué au rugby avant de devenir députée, c'est ça ?
- 1:48OuverteRéponse directe
Et alors, cette coupe du monde de rugby entre parlementaires, c'est pas anodin, elle a été marquée par une polémique extrasportive, on peut dire une polémique politique.
- 2:04OuverteRéponse directe
Ça vous a choqué à l'époque ?
- 2:39OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça a produit ces effets depuis ou pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:07Invité politiqueFait
« Élue sous les couleurs d'En Marche en 2017, mon invité préside la délégation aux droits des femmes à l'Assemblée. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Les équipes d'Afrique du Sud et d'Angleterre, qui étaient 100% masculines, ont refusé de jouer contre les équipes qui avaient des femmes. »
- 3:31Locuteur non identifiéChiffre
« On a voté en mars 2022 une loi pour tenter d'avoir une meilleure gouvernance. »
- 5:51Invité politiqueFait
« Quand vous êtes devenue députée, vous avez été élue vice-présidente du groupe En Marche et on vous a confié la valorisation des talents. »
- 6:29InvitéFait
« Cette personne m'a insulté pendant que je parlais. »
- 7:14Locuteur non identifiéFait
« Alexis Corbière est en train de dire vraiment des énormités, notamment que la police tue. »
- 7:23Locuteur non identifiéFait
« Je dis, mais qu'est-ce qu'il dit comme connerie ? »
- 9:14Invité politiqueFait
« Votre nom est désormais associé à cette loi qui redéfinit pénalement le viol pour y ajouter la notion de consentement. »
- 9:26Invité politiqueFait
« Cette loi, elle n'a pas fait l'unanimité au début. Emmanuel Macron, notamment, n'était pas favorable. »
- 9:41Locuteur non identifiéFait
« La genèse de ce combat, ça démarre à l'Europe. Et à l'Europe, les parlementaires votent pour et au Conseil de l'Europe, la France vote contre. »
- 10:01Locuteur non identifiéFait
« Moi, je préside la délégation des femmes. Je suis dans un parti progressiste. Et je dis, ça n'est pas possible que la France s'oppose. »
- 10:20Locuteur non identifiéFait
« On a démarré notre travail en nous posant la question, faut-il ou non changer la définition pénale du viol ? »
- 10:32Locuteur non identifiéChiffre
« Une mission d'information qui a duré deux ans. »
- 10:39Locuteur non identifiéFait
« La culture du viol, c'est tout ce qui est autour de ces agressions sexuelles et de ces viols qui visent à mettre la victime au centre des préoccupations et qui, dans un inconscient collectif, va dire « Mais qu'est-ce qu'elle a fait pour qu'il se produise ceci ? » »
- 11:09Locuteur non identifiéFait
« Et que cette culture du consentement, elle doit commencer de l'éducation des jeunes. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié65 %
- Véronique Riotton28 %
- Présentateur3 %
- Invité3 %
≈ 15,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Elle est passée des figures imposées du patinage artistique à celle de la politique, avec une carrière dans le privé entre les deux. Élue sous les couleurs d'En Marche en 2017, mon invité préside la délégation aux droits des femmes à l'Assemblée. Bonjour Véronique Riotton. Bonjour. Le sport a toujours tenu une place importante dans votre vie, et on va voir que ça n'a pas changé quand vous êtes devenu député.
Ils sont députés, sénateurs ou collaborateurs, tous unis au sein de l'équipe du 15 des parlementaires. Huit équipes au total se sont affrontées pour cette Coupe du Monde créée en 1995, où la moitié des formations sont mixtes. Trois femmes font partie de l'équipe de France. Parmi elles, Véronique Riotton, députée Renaissance de la Haute-Savoie, qui joue à l'aile, reste à savoir à droite ou à gauche.
Alors, élire droite ou gauche ?
C'est sympa votre introduction. Les deux. Je cours, donc du coup je suis capable de faire les deux.
C'est votre vitesse de pointe qui vous a placé à ce poste-là ?
En tout cas, c'est le fait de continuer à courir, d'être en forme, qui m'a mis dans l'équipe.
Et je crois que vous n'aviez jamais joué au rugby avant de devenir députée, c'est ça ?
Alors, l'histoire, c'est que j'ai un passé sportif, vous l'avez dit. Oui, on va en parler. Et lorsque je suis arrivée à l'Assemblée, j'ai la culture rugbystique, et donc je suis rapidement venue aux 15 parlementaires, et puis plutôt avoir les matchs ou passer du temps, comme j'anime la foulée parlementaire à l'Assemblée, donc je cours, les engagés du rugby m'ont dit, écoute, t'as la culture du rugby, t'as la forme, viens faire un entraînement avec nous.
Et alors, cette coupe du monde de rugby entre parlementaires, c'est pas anodin, elle a été marquée par une polémique extrasportive, on peut dire une polémique politique. Les équipes d'Afrique du Sud et d'Angleterre, qui étaient 100% masculines, ont refusé de jouer contre les équipes qui avaient des femmes. Ça vous a choqué à l'époque ?
C'est-à-dire qu'il y a une spécificité dans le rugby, c'est que le rugby n'est pas une pratique mixte. Or, aux 15 parlementaires, on a cette pratique mixte, puisqu'on est sur une pratique tranquille, et donc on a un règlement particulier. Et oui, on a, lors de la finale, 10 notes des accords, on n'a pas pu jouer ce temps de finale. Mais ça m'a permis d'être impliquée ensuite à la Fédération française de rugby pour aller travailler la mixité dans le sport en compétition. Donc le tout est dans le tout.
Et même pour le 15 parlementaire, je crois que toutes les femmes ont signé une charte à l'époque, toutes les femmes qui étaient dans des équipes de 15 parlementaires, pour protester. Est-ce que ça a produit ces effets depuis ou pas ?
Écoutez, on verra pour la prochaine Coupe du monde. Il n'y en a pas eu depuis. Non, c'est ça.
Donc cet incident, il rejoint votre combat politique pour défendre notamment la place des femmes dans le sport. C'est un milieu où les préjugés sexistes ou les stéréotypes sont peut-être plus présents qu'ailleurs ?
En tout cas, c'est un milieu qui est très masculiniste. L'histoire a montré cela.
Masculiniste et pas masculin.
Il y a une culture du masculin. Et oui, la place des femmes dans le sport particulièrement. C'est un milieu qui est encore sexiste et où la lutte contre les violences sexistes et sexuelles est importante, où la place des femmes demeure. On a voté en mars 2022 une loi pour tenter d'avoir une meilleure gouvernance. Et on voit que je suis en train d'évaluer cette loi. Ça reste difficile.
Vous parlez dans les fédérations sportives.
Dans les fédérations sportives, la gouvernance des fédérations sportives et donc les rôles modèles, le rôle des médias, le rôle de la place des femmes, puisque je considère que le sport, c'est vraiment une place d'émancipation pour chacun, de prendre sa place dans la société. Donc, si on veut que notre société soit à l'image de ce qu'elle est dans la vie, c'est-à-dire 50% de femmes, et bien oui, encore du travail.
Alors, on va continuer de parler de sport parce que vous avez pratiqué le patinage artistique à haut niveau dès l'âge de 5 ans. Vous avez même été médaillée de bronze au championnat de France Espoir. À quoi ressemblait votre vie quand vous étiez en sport-études ? On vous voit là. Vous aviez quel âge ? Je ne sais pas.
7 ans ici.
7 ans.
Alors, c'est une vie qui est très organisée, une vie rythmée, 7 heures sur la piste. On avait une organisation du temps. C'est la patinoire. Oui. Entre 7 heures et 9 heures et demie, donc, sur la piste. Puis, des horaires aménagés entre 10 heures et 15 heures. Puis, retour à la patinoire pour le libre l'après-midi. Fin 5-6 heures. Ensuite, il faut rentrer, il faut manger, il faut faire les devoirs, il faut se coucher tôt parce que le lendemain matin, ça reprend. Et donc, le patinage, ça m'a donné à la fois de l'organisation, parce qu'ensuite, il faut faire les compétitions. Ça m'a donné aussi une vie collective. Et puis, de pouvoir sortir le meilleur de soi quand on est sur la piste.
Une détermination.
Et face aux juges, oui, il faut une forme de dépassement pour faire en sorte que l'entraînement qu'on a eu jusque-là, ça sorte ce jour-là.
Par la suite, vous avez travaillé en entreprise, d'abord comme commercial, puis dans les ressources humaines, jusqu'à devenir coach en entreprise. C'est quoi exactement, une coach en entreprise ?
En tout cas, je m'occupe des personnes dans l'entreprise et je m'intéresse à l'humain, donc la connaissance de soi, la connaissance de nos qualités, nos limites et de ce qui nous anime et de ce qui nous motive. Donc, je deviens une spécialiste des relations dans l'entreprise, la place de chacun, à la fois en termes d'appétence, en termes de compétences et des relations en comité de direction ou en management des ressources humaines.
Quand vous êtes devenue députée, vous avez été élue vice-présidente du groupe En Marche et on vous a confié la valorisation des talents. C'est-à-dire que vous étiez coach du groupe En Marche à l'Assemblée ?
En tout cas, c'est une véritable aventure humaine et la vie du groupe dans ce qu'elle a à s'organiser, la coopération, l'organisation des spécialisations. Oui, c'est une vie managériale qui n'est pas tout à fait comme dans l'entreprise, mais c'est une constitution de groupe.
Alors, en 2019, vous êtes retrouvée impliquée dans un incident de séance sur lequel j'aimerais qu'on revienne. C'était à l'occasion d'une prise de parole d'Alexis Corbière. Alors, à l'époque, Alexis Corbière, il était encore chez les Insoumis. On va voir cela.
Monsieur le Président, je tiens à dire que cette personne m'a insulté pendant que je parlais. Je veux bien entendre qu'il y ait des protestations, mais quand c'est des injures qui sont tenues à côté de moi, c'est assez simple. Ah, pardon, madame ?
Monsieur Corbière, s'il vous plaît, reprenez le fil de votre intervention, s'il vous plaît.
Allez, à votre place, madame, je vous en prie.
S'il vous plaît, monsieur Corbière, vous avez la parole.
Je propose que cette collègue aille s'asseoir, car elle parle et elle m'insule pendant que je parle. Monsieur Corbière, s'il vous plaît.
Bon, alors d'abord, qu'est-ce qui s'est passé exactement ? Qu'est-ce que vous avez dit pour qu'Alexis Corbière réagisse comme ça ?
Alors, quand on est dans l'Assemblée, il se passe des incidents, souvent, et on commente. Et donc là, Alexis Corbière est en train de dire vraiment des énormités, notamment que la police tue. Et donc, je commente comme quand je peux faire, sauf qu'habituellement, je suis de plus loin. Je dis, mais qu'est-ce qu'il dit comme connerie ? Et donc, évidemment, je suis à deux mètres et je commente. Et donc, comme Alexis Corbière est quand même un champion de la mise en scène, il prétend que j'insulte. Et puis, voilà, il fait cet incident. Et pour moi, c'est quand même la première fois. Le lendemain, je vois à peu près tous les médias qui se sont tournés vers vous.
Et donc, du coup, c'est vraiment pour moi l'idée de dire, entre la réalité de ce qu'on travaille au long cours, tranquillement, et puis finalement, ce qu'on donne à voir aux gens. Là, je prends conscience de la mise en scène qui est orchestrée par certains groupes politiques.
Vous dites donner à voir, mais c'est vrai que cette image, elle interpelle. On vous voit bras croisés, le regardant, refusant de regagner votre siège. Ça donne presque l'impression que vous le défiez, que vous voulez presque l'intimider physiquement.
Oui, alors...
Et ça a duré longtemps, ça a duré une minute trente.
En même temps, c'est 23 heures. Moi, je suis à l'écart. Enfin, je veux dire, c'est rien, ce temps-là. Je suis à l'entrée. Et en fait, avant de prendre la place, quand un collègue parle, il a la caméra qui est sur lui. Donc, c'est franchement pas grand-chose et il en fait beaucoup.
Mais la coach aurait validé cette attitude ?
La coach, elle est au clair avec le fait qu'on a des temps où on est en pleine capacité et puis on est là pour parler et puis là, la coach, elle dit simplement « je suis en train de rentrer à ma place ». Et puis, la coach, elle s'insurge des propos qui sont inacceptables. Donc, à un moment donné, oui, je pense qu'il faut dénoncer quand la France insoumise instrumentalise ce qui se passe dans les mystiques et c'est ce qu'il faut retenir de cet épisode.
Votre nom est désormais associé à cette loi qui redéfinit pénalement le viol pour y ajouter la notion de consentement. C'est une loi que vous avez portée avec une autre députée, Marie-Charlotte Garin, du groupe écologiste. Cette loi, elle n'a pas fait l'unanimité au début. Emmanuel Macron, notamment, n'était pas favorable. Et puis, certaines associations féministes aussi. Comment est-ce que vous les avez convaincues ?
La genèse de ce combat, ça démarre à l'Europe. Et à l'Europe, les parlementaires votent pour et au Conseil de l'Europe, la France vote contre. Et donc, la négation d'Emmanuel Macron, elle est dédiée à l'Europe. Moi, je préside la délégation des femmes. Je suis dans un parti progressiste. Et je dis, ça n'est pas possible que la France s'oppose. Et donc, le président me dit, ça n'est pas du droit européen, c'est du droit français. Qu'à cela ne tienne, finalement, je suis renvoyée dans mes 22. Donc, à la présidence, Marie-Charlotte Garin m'avait déjà sollicité sur ces sujets-là. On a démarré.
Vous êtes allés à deux ?
On est allés à deux. J'ai envie de dire, avec beaucoup d'humilité, c'est-à-dire qu'on a démarré notre travail en nous posant la question, faut-il ou non changer la définition pénale du viol ?
Oui, il y a d'abord eu un rapport parlementaire, on va dire. Absolument.
Une mission d'information qui a duré deux ans.
Et vous dites qu'on est passé de la culture du viol à celle du consentement. Qu'est-ce que vous entendez par culture du viol ?
La culture du viol, c'est tout ce qui est autour de ces agressions sexuelles et de ces viols qui visent à mettre la victime au centre des préoccupations et qui, dans un inconscient collectif, va dire « Mais qu'est-ce qu'elle a fait pour qu'il se produise ceci ? » Et donc, ça, c'est la culture du viol. Et la culture du consentement, c'est vraiment de passer à une dimension de dire que chacun est responsable de son corps et qu'une personne qui dit non, elle doit être écoutée et que cette culture du consentement, elle doit commencer de l'éducation des jeunes.
On peut aussi parler de la dimension de l'inceste et de l'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle et de dire que mon corps m'appartient et tous ses enjeux, de dire que tout contact sexuel non consenti est un viol.
On va passer à notre quiz à présent pour finir sur une note un peu plus légère. Je vous propose de compléter les phrases suivantes. « J'avais promis de ne pas faire plus de demandes, mais... »
« Si c'est un combat contre le RN et que c'est moi la mieux placée, j'y retourne. »
Les commentaires de Philippe Candeloro sur les patineuses.
« Alors, j'apprécie beaucoup Philippe. On patinait ensemble, on a fait des stages à cette époque. Pas sûr qu'il contribue à cette image plutôt sexiste qu'on connaît déjà. »
Enfin, un petit trail de 40 kilomètres en haute montagne.
« C'est l'entraînement pour être en forme. »
« Et ça vous arrive souvent ? Je vous regardais sur les réseaux sociaux. »
« Ça m'arrive, oui. »
« Là, c'était... »
« À l'UTMB, c'est ma fille qui m'accompagne. » « C'était l'été dernier, enfin, il y a un an. » « C'est 40 kilomètres sur la petite course de l'UTMB. »
« Petite course, 40 kilomètres, 2000 mètres de dénivelé, j'ai regardé quand même. »
« Quand on fait 160 kilomètres, c'est les grosses courses. » « Moi, courir, c'est un temps de ressourcement. » « Dans ce mandat, on passe beaucoup de temps. » « Mon équipe sait qu'il me faut au moins une demi-journée pour aller respirer. »
« Et vous arrivez à courir ici, à Paris ? »
« Je cours, le matin, de 7h à 8h, sur les quais de Seine. »
« Merci beaucoup, Véronique Riotton, d'être venue dans La Politique et moi. »
« Merci à vous. »
Véronique Riotton