Sophie Binet : "On voit bien qu'on fonce dans un mur à grande vitesse"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:34OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour cette rentrée, plus largement pour cette année syndicale ?
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Bruno Le Maire n'avait pas le même son de cloche que vous. Vous ne partagez aucun point d'optimisme du ministre de l'économie ?
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Vous ne partagez aucun point d'optimisme du ministre de l'économie ?
- 2:20OuverteRéponse directe
Et de dire qu'on a baissé le chômage de 9% à 7% et qu'on vise les 5%, on peut y arriver.
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Vous y voyez aussi un optimisme à côté de la plaque ou vous y voyez aussi un mépris de classe ?
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Parce que vous employez le terme d'essayer de trouver du travail aux gens.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il suffit d'écouter vos informations pour voir que les sujets de préoccupation, malheureusement, ne manquent pas. »
- 0:54Invité politiqueFait
« Avec une réforme des retraites qui s'applique à marche forcée dans des conditions inacceptables, avec des salaires qui décrochent de l'inflation, des services publics qui vont mal entre l'hôpital et l'école. »
- 1:09Invité politiqueFait
« Et on voit bien qu'on fonce dans le mur à grande vitesse. »
- 1:39Invité politiqueFait
« Quand il y a quasiment la moitié des Françaises et des Français qui ne partent pas en vacances, c'est de la provocation de leur dire qu'il faudrait qu'ils soient plus optimistes. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Et puis ensuite, sur la situation économique du pays, non, l'industrie, malgré les cocorico du gouvernement, ne va pas bien. »
- 1:53Invité politiqueFait
« Les usines continuent à fermer. »
- 2:42Invité politiqueChiffre
« Il ne faut pas oublier qu'il y a toujours 5 millions de personnes qui sont privées d'emplois. »
- 2:52Invité politiqueChiffre
« Sous deux ans, c'est 50 000 emplois qui sont menacés. »
- 3:22Invité politiqueChiffre
« C'est chaque année 200 milliards d'euros qui sont donnés aux entreprises sans contrepartie ni condition. »
- 3:27Invité politiqueChiffre
« C'est un tiers du budget de l'État. »
- 6:21Invité politiqueFait
« notamment la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse, à qui on a dit de ne pas informer les salariés de leurs droits et notamment de ne pas les informer de la clause de sauvegarde. »
- 6:36Invité politiqueFait
« La clause de sauvegarde, c'est un dispositif qui concerne les salariés qui ont eu 60 ans avant le 1er septembre et qui leur permet de ne pas être pénalisés par la réforme des retraites et de partir dès 60 ans. »
- 10:15Invité politiqueChiffre
« sur un an, c'est près de 20% d'augmentation des prix alimentaires en supermarché. »
- 10:28Invité politiqueFait
« où on se retrouve quand même dans une situation complètement ubuesque où on demande à l'opérateur historique EDF de vendre son énergie à des prix bradés pour que les concurrents puissent spéculer sur le marché de l'énergie et augmenter leurs prix. »
Temps de parole
- Invité politique59 %
- Présentateur19 %
- Présentateur 213 %
- Auditeur5 %
- Auditeur 24 %
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Il est 8h25, France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-10, la secrétaire générale de la CGT. Intervenez, amis auditeurs, amis auditrices, au standard 01-45-24-7000 ou sur l'application de France Inter. Sophie Binet, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Je rappelle que vous avez pris la succession de Philippe Martinez en avril dernier. C'est donc votre première rentrée comme secrétaire générale de la CGT. Alors, comme on l'a demandé hier à Bruno Le Maire, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour cette rentrée, plus largement pour cette année syndicale ?
Des victoires pour les salariés. Je crois qu'on en a besoin parce que la colère, elle est toujours très forte. Il suffit d'écouter vos informations pour voir que les sujets de préoccupation, malheureusement, ne manquent pas. Avec une réforme des retraites qui s'applique à marche forcée dans des conditions inacceptables, avec des salaires qui décrochent de l'inflation, des services publics qui vont mal entre l'hôpital et l'école. Et puis, surtout, un été qui a été marqué par encore des canicules. Et le gouvernement qui ne nous a toujours pas dit comment il va faire face à cette transition environnementale indispensable. Et on voit bien qu'on fonce dans le mur à grande vitesse.
Alors, hier à ce micro, Bruno Le Maire n'avait évidemment pas le même son de cloche et le même ton que vous. Au contraire, il a dit « je veux lutter contre le pessimisme ». Je ne sais pas si vous visez. « Je suis résolument optimiste ». Il a vanté les bons résultats économiques de la France à ses yeux. Une croissance qui est supérieure à celle de ses voisins, un chômage en baisse, des usines qui ouvrent. Vous ne partagez aucun point d'optimisme du ministre de l'économie ?
On ne vit pas dans le même monde, en fait. Je pense qu'il y a une part de mépris de classe. Quand il y a quasiment la moitié des Françaises et des Français qui ne partent pas en vacances, c'est de la provocation de leur dire qu'il faudrait qu'ils soient plus optimistes. Et puis ensuite, sur la situation économique du pays, non, l'industrie, malgré les cocorico du gouvernement, ne va pas bien. Les usines continuent à fermer. J'étais la semaine dernière à Clestra, à Strasbourg. Clestra, c'est une usine qui fabrique des cloisons de bureaux.
Je suis sûre que d'ailleurs, ils ont fabriqué celle de la maison de la radio, qui a été rachetée par un actionnaire qui s'appelle la famille Jaco l'année dernière, qui s'est engagée à maintenir l'emploi en échange de 5 millions d'euros d'aides publiques et qui est en train de démenter de l'entreprise. Il y a des usines qui ferment, vous avez raison, il y en a qui ouvrent. Oui, mais pas en nombre suffisant pour reconstituer notre tissu industriel qui reste extrêmement faible.
Et de dire qu'on a baissé le chômage de 9% à 7% et qu'on vise les 5%, on peut y arriver. Vous y voyez aussi un optimisme à côté de la plaque ou vous y voyez aussi un mépris de classe ? Parce que vous employez le terme d'essayer de trouver du travail aux gens.
Le chômage, il baisse partout en Europe et il baisse en France moins vite qu'ailleurs en Europe puisque la France est toujours au-dessus de la moyenne européenne en termes de niveau de chômage. Il ne faut pas oublier qu'il y a toujours 5 millions de personnes qui sont privées d'emplois. Sur les questions industrielles, toujours. Rien que la filière automobile, sous deux ans, c'est 50 000 emplois qui sont menacés. Le gouvernement donne plusieurs milliards d'euros annuels d'aides publiques à la filière automobile et ne fait rien pour garantir l'emploi en France et la transition avec l'électrique pour que l'électrique soit produite en France.
Le chômage est passé de 9% à 7%. Emmanuel Macron vise 5%. Soit le plein emploi, c'est atteignable à votre avis ?
C'est atteignable si on s'en donne les moyens. Et pour ça, il faut avoir une politique publique volontariste. A commencer par agir sur les aides publiques aux entreprises. C'est chaque année 200 milliards d'euros qui sont donnés aux entreprises sans contrepartie ni condition. C'est un tiers du budget de l'État. Si on utilisait ces aides publiques, on aurait un levier majeur pour transformer l'économie et répondre aux défis environnementaux.
En tout cas, vous serez reçu ce soir par le Président de la République, par Emmanuel Macron. Comme vos homologues de la CFDT et du MEDEF, mais pas avec eux. Vous serez un tête-à-tête avec le Président de la République. C'est la première fois que vous le rencontrez ?
Oui. Et qu'est-ce que vous allez lui dire ? D'abord, je vais lui dire qu'il faut qu'il descende de sa tour d'ivoire. Je vais lui dire que j'entends avec intérêt parler de référendum et que le premier sujet sur lequel il faut organiser un référendum, c'est la réforme des retraites parce que cette réforme ne passe toujours pas. Et puis, je vais lui dire que la répression syndicale, ça va trop loin. On a là franchi un cap en cette rentrée avec un dirigeant national de la CGT qui est convoqué pour la première fois devant le commissariat pour avoir organisé la mobilisation pendant la réforme des retraites. C'est un signal qui est donné au plus haut sommet de l'État qui est extrêmement mauvais.
Après la longue mobilisation contre la réforme des retraites, c'était l'hiver dernier. L'intersyndicale appelle à une nouvelle journée d'action le 13 octobre prochain. Est-ce qu'il y a une volonté de prendre votre revanche sur le gouvernement, sur ce sujet des retraites, de jouer en quelque sorte, je mets des guillemets, un match retour ?
Non, pas du tout. C'est jamais l'état d'esprit des salariés et des syndicats. Nous, ce que nous voulons, c'est obtenir des avancées concrètes parce que la situation, elle est mauvaise. Et donc, nous ne nous résignons pas à être les spectateurs d'un désastre annoncé puisqu'on voit bien qu'on fonce dans un mur à grande vitesse. Nous voulons gagner par notre mobilisation des augmentations de salaires. Nous voulons gagner l'égalité entre les femmes et les hommes. Nous voulons gagner une amélioration de nos services publics, notamment de la situation des écoles et des hôpitaux. Et nous voulons avoir...
Ça, c'est la journée de mobilisation parce que sur les retraites, vous aviez déclaré mi-juin, on va utiliser tous les leviers pour empêcher le gouvernement d'appliquer cette réforme. De fait, elle va être appliquée à partir du 1er septembre. Vous pouvez encore faire quelque chose pour empêcher la réforme des retraites ou vous dites, bon, on n'y est pas arrivé, on a perdu sur ce sujet-là ?
Ah, bien sûr qu'on continue à agir sur la question. D'abord, je demande au président de la République d'organiser un référendum sur le sujet qui nous permettrait de sortir de l'impasse. Ensuite, nous avons actuellement des négociations extrêmement importantes, dont une sur l'Agir Carcos et les retraites complémentaires des salariés du privé. Ça représente entre 20 et 60% du montant de la pension. Donc, c'est quand même pas rien. Ces négociations, elles vont s'ouvrir le 5 septembre prochain. Nous allons y aller de façon très offensive pour limiter l'impact de la réforme du régime général.
Nous avons aussi des négociations sur la question de la pénibilité que nous battons pour obtenir dans toutes les branches pour gagner des départs anticipés. Et puis enfin, moi, je veux alerter ici à ce micro sur les conditions scandaleuses d'application de la réforme des retraites, puisqu'il y a des choses très graves qui se passent.
C'est-à-dire ?
Avec des consignes qui sont données aux agents de la CNAV, notamment la Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse, à qui on a dit de ne pas informer les salariés de leurs droits et notamment de ne pas les informer de la clause de sauvegarde. La clause de sauvegarde, c'est un dispositif qui concerne les salariés qui ont eu 60 ans avant le 1er septembre et qui leur permet de ne pas être pénalisés par la réforme des retraites et de partir dès 60 ans. Et on a demandé aux agents de ne pas informer et seulement de répondre si les salariés...
Vous avez la preuve de ça ? Tout à fait, j'ai la preuve. Une preuve écrite qu'on leur a demandé, surtout de ne pas informer les salariés de leurs droits ?
On leur a dit qu'ils pouvaient en parler quand on leur posait la question. Mais on leur a dit qu'il ne fallait pas informer systématiquement les salariés concernés par ce dispositif de la situation. Alors qu'au vu des conditions extrêmement rapides d'application de la réforme des retraites, évidemment que tout le monde n'est pas au courant de cette disposition. Donc informez-vous sur la clause de sauvegarde.
Sophie Binet, avez-vous le sentiment que les Français ont à nouveau envie de descendre dans la rue cet automne ?
Oui, il y a une colère qui est extrêmement forte. La preuve, il y a aussi des luttes sectorielles. Donc moi j'étais jeudi, encore une fois, à Clestra à Strasbourg avec des ouvriers qui font grève depuis deux mois pour exiger des réponses sur l'avenir de leur emploi. Je serai ce vendredi à Val-d'une dans le Nord sur l'avenir de la seule entreprise de production de roues de train d'essieu qui est menacée alors qu'en France, entre la SNCF et la RATP, Alstom, on est en situation de garantir un avenir aux Made in France en matière d'essieu de train. Bref, donc il y a de très nombreuses mobilisations, de très nombreux motifs de colère.
Et oui, je suis sûre que la mobilisation du 13 octobre sera une réussite, ce d'autant qu'elle s'organise à l'échelle européenne.
Oui, vous avez choisi effectivement une journée où tous les syndicats européens appellent à une mobilisation. Donc vous espérez retrouver les plus de 1 million, presque 2 millions de personnes qui sont descendues dans la rue au mois de janvier-février contre la réforme des retraites. C'est ça que vous visez ?
C'est dans un mois et demi. Donc je ne vais pas donner de pronostics chiffrés. Ce qui est sûr, c'est que la journée, elle dépendra de ce que nous en ferons et que notre objectif, c'est de nous en servir pour gagner des droits concrets.
Oui, mais justement, quand on lit votre communiqué, il est assez flou que ce soit celui de l'intersyndical. On ne comprend pas bien. Quelles sont les revendications concrètes de cette journée ? C'est quoi ? Les revendications, je l'ai dit... Est-ce que vous êtes d'accord entre syndicats ?
Évidemment. Sinon, on n'appellerait pas ensemble à cette journée.
Mais sur les revendications ?
On a quand même un communiqué de presse qui est long avec de très nombreuses revendications. C'est peut-être pour ça que vous n'arrivez pas à les résumer. La question de l'augmentation des salaires a commencé par l'augmentation du SMIC. La question de l'égalité entre les femmes et les hommes. Et donc, nous avons des propositions très concrètes sur, par exemple, la révision de l'index égalité salariale qui est un enfumage complet sur les questions d'égalité salariale.
Mais sur les salaires, puisque vous êtes sur les salaires, vous vous demandez l'indexation des salaires sur l'inflation. La CFDT ne demande pas ça. Elle demande autre chose. L'indexation des salaires sur l'inflation, le gouvernement vous répond non parce que ça créerait une spirale inflationniste. Parce qu'en gros, ce qu'ils disent, en tout cas selon eux, augmenter les salaires, ça va forcément augmenter les prix. Et donc, c'est le serpent qui se mord la queue. Vous l'entendez cet argument ?
Non, c'est de la science-fiction. Aujourd'hui, ce qu'on voit, ce n'est pas la boucle prix-salaire, c'est la boucle prix-profit avec des entreprises qui augmentent leurs prix pour maintenir leurs marges et pour continuer à augmenter les dividendes pour leurs actionnaires. Il y a deux endroits dans lesquels les salaires sont indexés sur les prix. C'est la Belgique et le Luxembourg. Et dans ces deux pays, il y a une croissance supérieure à celle de la France, un taux de chômage plus bas et le pouvoir d'achat est maintenu.
Hier, à ce micro, Bruno Le Maire nous disait que mener le combat contre l'inflation, contre la vie chère, était le combat de la rentrée. Pour lui, il est réuni cette semaine à Bercy, industriel et patron de la grande distribution. Il compte leur demander de s'engager davantage, de prolonger les opérations de baisse des prix sur 1000 produits essentiels. Vous lui faites confiance sur ce point ?
En fait, c'est trop marginal. C'est de la communication tout ça et ça ne se traduit que trop peu dans le réel puisque sur un an, c'est près de 20% d'augmentation des prix alimentaires en supermarché. Les salaires sont loin d'avoir augmenté autant. Donc, il y a un décrochage massif du pouvoir d'achat. Là-dessus, le gouvernement a des leviers. D'abord, c'est la question salariale. Ensuite, il peut agir sur la question des prix de l'énergie où on se retrouve quand même dans une situation complètement ubuesque où on demande à l'opérateur historique EDF de vendre son énergie à des prix bradés pour que les concurrents puissent spéculer sur le marché de l'énergie et augmenter leurs prix.
Il faut mettre fin à ça. Il y a eu des aides sur les factures d'électricité et de gaz.
Oui, mais elles s'arrêtent et on met fin aux tarifs réglementés là, cet été, ce qui engendre une augmentation de plus de 10% des prix de l'électricité. C'est avec ça qu'il faut rompre.
Allez, donnons la parole aux auditeurs d'Inter. Gérard André nous appelle de Bourgogne. Soyez le bienvenu. Bonjour.
Oui, bonjour madame. Merci de prendre la question. Écoutez, pourquoi attendre le 13 octobre ? Si vous voulez, je suis membre de la CGT depuis plus de 50 ans. Donc, il n'y a pas de problème, pas de défiance. Je vois un discours qui est assez fort. Mais pourquoi attendre le 13 octobre pour relancer une contestation qui est très, très forte dans le pays, qui n'a pas bougé d'un iota et une inflation qui est galopante ? La retraite à 64 ans, écoutez, c'est absolument impensable. On ne veut pas de 60 à 80% dans ce pays. Un gouvernement qui met à genoux le pays et qui dispense de l'argent au plus aisé...
Pourquoi attendre, donc ? Pourquoi attendre alors qu'il y a des chantiers de cette nature ? Merci Gérard André. Marlène, sur l'application d'Inter, dit la même chose. La rentrée intersyndicale le 13 octobre avec une journée de grève nationale. Ne pensez-vous pas que c'est un peu tard avec la colère que vous décrivez ? Sophie Binet, donc, réponse.
Pour réussir le 13 octobre, il faut avoir le temps de le préparer. Là, on a un mois et demi pour préparer en grand cette réussite de cette journée du 13 octobre que nous voulons massive. Et puis, entre-temps, il ne va pas rien se passer. Il y a des mobilisations dans de très nombreuses entreprises pour des augmentations salariales, pour le maintien de l'emploi. Il y a aussi des journées nationales en lien avec des revendications.
Je pense notamment à la question du frais de ferroviaire, sur laquelle nous sommes extrêmement inquiets parce que le gouvernement est en train de démanteler le frais de ferroviaire sous les injonctions de Bruxelles et n'est pas capable de construire un rapport de force pour se faire respecter et pour défendre le service public. Donc, au mois de septembre, il y aura beaucoup d'action.
Donc, vous rassurez nos auditeurs qui ont envie de se mobiliser dès demain. Question de Dôme. Comment remettre les gens au travail ? Je suis actuellement au chômage, j'ai 58 ans et un dynamisme fort. Mais quel programme avez-vous pour les seniors, Sophie Binet ?
Très bonne question parce qu'on se pose la question maintenant après avoir allongé l'âge de départ en retraite alors qu'on sait que, passé 55 ans, les entreprises ne veulent plus des seniors. Donc, d'abord, il faut mettre fin au licenciement massif des seniors qui sont les premiers concernés par les ruptures conventionnelles, par les ruptures conventionnelles collectives, par les licenciements, en décourageant les employeurs d'y recouvrir. Ensuite, il faut rendre obligatoire la formation des seniors pour qu'ils soient maintenus en emploi. Et puis, nous voulons des dispositifs de pré-retraite pour permettre de partir
progressivement à la retraite. Un mot sur le MEDEF, préoccupé par la décision du gouvernement de reporter la suppression de la CVAE. Ça vous fait sourire, cet impôt de production que le gouvernement avait promis de supprimer définitivement en 2024. Finalement, ils vont... étalonner jusqu'à la fin de 2027. Ils sont en colère, les patrons, vous comprenez ?
Non. Enfin, si, je comprends, parce qu'ils ont eu de très mauvaises habitudes et parce que les aides publiques, donc, je rappelle, c'est quand même 200 milliards d'euros chaque année. Maintenant, pour les patrons, c'est devenu une drogue dure. Et donc, je les incite. Là, maintenant, il faut commencer à travailler pour décrocher.
Est-ce que vous êtes sensible ? Il y a eu ce chiffre paru hier sur de plus en plus de petits patrons qui se retrouvent au chômage et qui n'ont pas d'aide, notamment des gens qui perdent leur boutique, qui avaient une petite boutique, ou dans l'hôtellerie-restauration, c'est-à-dire les secteurs qui sont percutés par la crise de manière forte. Est-ce que ça, ça vous sensibilise ? Oui, tout à fait.
En fait, le problème sur les 200 milliards d'aides publiques qui sont données chaque année aux entreprises, c'est qu'elles ne sont pas ciblées et qu'elles sont d'abord absorbées par les grands groupes qui ne sont même pas exposés à la concurrence. C'est pour ça que nous demandons d'abord une évaluation de ces aides, nous demandons à ce que les syndicats puissent avoir un droit suspensif pour ces aides dans le cas où elles n'obéissent à aucun objectif social, environnemental ou en matière de recherche et nous demandons à ce qu'elles soient plus ciblées sur les secteurs exposés à la concurrence, les petites entreprises ou la transformation environnementale par exemple.
Karim, au Standard Inter, Karim, vous nous appelez de Lyon, bienvenue !
Bonjour, ravi de vous retrouver à l'antenne. Bonjour. Bonjour Léa. Bonjour. Bonjour Mme Binem. Moi je suis délégué de personnel depuis l'âge de 22 ans actuellement sur la retraite et il va bien falloir réévaluer régulièrement le montant des retraites parce que là moi je m'en sors pas. J'ai repris un travail et je me lève à 84 pour payer l'école de mon fils à Montréal et là il va y avoir la taxe foncière qui va encore augmenter et c'est de plus en plus difficile.
Je me plains pas, moi je me lève le matin et je vois des choses assez hallucinantes quand je travaille par exemple chez Amazon à Lyon il y a des gens qui sont à la retraite il y a la maman qui a 75 ans 75 ans vous imaginez à manipuler des gros colis c'est inadmissible quoi.
Et vous
vous avez quel âge Karim ? J'ai 63 ans je suis ingénieur et je me plains pas et je me lève le matin comme je vous disais en intérim pour mettre des bouillet dans les rayons parce que moi je peux reprendre un travail qui me faisait un peu souci des fois quand on rentre à la maison et voilà j'en suis là quoi j'en suis là.
Merci Karim pour votre intervention et votre témoignage comment les recevez-vous Sophie Binet ?
C'est le sujet auquel il faut répondre c'est le fait que malgré une vie de labeur il y a de plus en plus de retraités qui vivent avec des pensions qui sont en dessous ou autour du seuil de pauvreté qui ne leur permettent pas de boucler leur fin de mois donc il faut revaloriser les pensions d'urgence c'est un objectif aussi qu'on va porter dans cette négociation Agir Carco sur les retraites complémentaires qui s'ouvrent en septembre et un objectif sur lequel on interpelle
le gouvernement Une question de Laura sur l'appli France Inter en exigeant une augmentation générale des salaires vous continuez d'écraser les TPE et les PME qui ne peuvent plus embaucher qui n'ont pas les moyens d'augmenter les salaires ces entrepreneurs n'ont pas d'actionnaires ni de dividendes à verser juste une marge à respecter pour vivre et payer leurs charges
Il faudrait un grand plan en France pour les entreprises de taille intermédiaire et les petites entreprises qui sont asphyxiées par les grands groupes il faudrait un plan pour par exemple mettre fin aux abus sur les délais de paiement parce que le premier motif de faillite des entreprises c'est les délais de paiement qui ne sont pas respectés par les grands groupes ou les entreprises il faudrait les grandes entreprises il faudrait un grand plan pour cibler les aides publiques sur ces petites entreprises et arrêter que toute politique économique ou industrielle elle soit calquée sur les intérêts
Si vous décidez d'indexer les salaires sur l'inflation de fait ils vont être impactés ces petits patrons parce qu'ils n'ont pas les moyens d'indexer les salaires sur l'inflation
Oui les petites entreprises elles sont les principales bénéficiaires de la consommation générée par l'augmentation des salaires donc elles ont aussi besoin que les françaises et les français puissent consommer et donc ce qu'il faut c'est des mesures ciblées pour les petites entreprises pour leur permettre d'avoir plus de marge de manœuvre et cesser que les aides publiques soient captées par les grands groupes
Rose sur l'appli d'Inter comment voyez-vous la rentrée scolaire dans quelques jours avec un nouveau ministre la CGT ne se bat pas vraiment pour l'augmentation du salaire des enseignants ce n'est pas prioritaire pour vous point d'interrogation ?
Je ne suis pas d'accord je pense que c'est un problème majeur que les enseignants en France soient parmi les plus mal payés des pays de l'OCDE c'est ça qui explique en grande partie le manque d'attractivité du métier d'enseignant et le fait qu'il y ait plus de 3000 postes dans cette rentrée qui ne soit pas pourvu avec des milliers d'élèves qui se retrouveront sans enseignant devant leur classe donc nous sommes très inquiets sur les conditions de rentrée scolaire et nous demandons deux choses en urgence la première chose c'est de revaloriser les salaires des enseignants et ce n'est pas le pacte proposé par le gouvernement qui va y répondre et la deuxième chose c'est de rétablir des dispositifs de pré-recrutement pour satisfaire aux besoins d'avenir en matière d'enseignants et de personnel éducatif
Sophie Binet vous qui avez été conseillère principale d'éducation qui avez été CPE dans une autre vie en lycée professionnel vous vous pensez quoi la décision du ministre de l'éducation nationale de supprimer les abayas à l'école ?
Oui bah écoutez les signes religieux c'est clair ils n'ont pas leur place à l'école c'est nécessaire de rappeler la règle pour les quelques établissements dans lesquels il peut y avoir un problème par contre ça ne vaut pas une rentrée politique aux 20 heures le problème c'est que de faire sa rentrée politique sur cette question là en faisant cela le ministre de l'éducation nationale instrumentalise le sujet pour évacuer les questions centrales de la rentrée pour l'ensemble des enseignants et des élèves qui sont d'abord le manque d'enseignants et d'enseignantes et le fait qu'il y a des milliers d'élèves qui se retrouveront sans enseignants c'est de ça Il en a parlé aussi au 20 heures de TV Oui sauf que maintenant on ne parle que des abayas et plus on en parle Mais je note que vous soutenez la décision du gouvernement Bah en fait moi ce que je conteste c'est d'en faire une décision politique oui techniquement il faut avoir des règles claires pour les équipes éducatives mais par contre le problème c'est que plus on en parle plus on fait augmenter le phénomène et ça c'est très dangereux moi je l'ai vu comme conseillère principale d'éducation Vous avez vu quoi ?
Le fait que plus on stigmatise une religion plus on insiste sur tel ou tel signe religieux plus on assiste à l'augmentation du phénomène donc c'est pas une bonne façon Mais c'est contradictoire ce que vous dites vous dites il faut des règles claires et il faut interdire vous êtes pour interdire les abayas dans l'école Oui Non mais bien sûr qu'il faut des règles claires de toute manière qui s'inscrivent dans la loi de 2005 que la CGT a soutenue Et qui comprennent les abayas
puisque c'est le phénomène les plusieurs proviseurs
Dès lors que c'est considéré comme un signe religieux évidemment qu'il faut l'interdire comme les autres mais le problème de faire sa rentrée politique sur le sujet c'est que ça instrumentalise le phénomène que ça stigmatise une population et que de fait ça ne fait qu'inciter à ce que l'accessoire soit encore plus porté
Gérald Darmanin le ministre de l'Intérieur appelle la majorité à se préoccuper davantage des classes populaires il estime une victoire de Marine Le Pen à la prochaine présidentielle c'est probable si la majorité laisse filer une majorité des classes populaires et moyennes chez la leader du RN qu'en pensez-vous ?
Le bilan de Gérald Darmanin en direction des classes populaires c'est la répression massive notamment pendant la réforme des retraites les priorités des classes populaires c'est les salaires les services publics l'école l'hôpital et Darmanin et son gouvernement mènent une politique au service des grands groupes des intérêts financiers des plus riches donc il ne faut pas prendre les travailleuses et les travailleurs pour des abrutis Merci Sophie Binet Merci
Merci Merci