L'invité de Bourdin Direct : Gérald Darmanin - 02/11
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Jean-Jacques Bourdin. Bonjour. Merci d'être avec nous, ministre de l'Intérieur. Première question. Est-ce que les Français respectent le confinement ?
Les Français sont rentrés de vacances pour une partie d'entre eux. Les premiers jours de vrai confinement, si j'ose dire, c'est à partir d'aujourd'hui, puisque, vous le saviez, il y avait mensuité de la part des forces de l'ordre. Il y a quand même eu plus de 100 000 contrôles. 100 000 contrôles. Voilà, et puis 5 000 à peu près verbalisations pour les personnes. Mais une fois que... Donc 5 000 amendes, 135 euros. Exactement. Une fois que ce week-end de vacances est passé, pour retourner dans ces foyers, les forces de l'ordre ont des consignes, à partir d'aujourd'hui, de contrôles plus renforcés. De nombreuses fêtes privées interrompues.
C'est arrivé ce week-end, dans un arrière-cours d'un restaurant dans les 7e arrondissements, par exemple. Il y a eu une centaine de personnes qui faisaient la fête. Elles ont toutes été verbalisées. Le cas aussi dans un bar à Évry-Courcouronne. Voilà. Donc, effectivement, il y a des interventions de police et des verbalisations systématiques.
Même à l'école de police de Nîmes, c'était mercredi dernier. Une fête sur un parking. Oui, j'ai vu des images dans les réseaux sociaux.
J'ai demandé au directeur général de la police nationale ce qu'il en était. J'ai pris une position qui consiste à montrer que ça s'applique à tout le monde, la règle, y compris aux policiers. Y compris aux élèves policiers. Et j'attends le rapport du directeur général de la police nationale cet après-midi pour me dire quels sont les élèves concernés. Et ces élèves seront exclus. Parce qu'on ne peut pas... Ils ne seront pas policiers. Ben, on ne peut pas être policier et se moquer des règles qu'on impose aux autres. Pour être respecté, il faut être respectable. Et donc, sur la base, évidemment, de preuves, j'exclurai ces élèves de l'uniforme de la police nationale.
Les maires qui ont pris des arrêtés pour permettre aux commerces dits non-essentiels de rester ouvert sont des irresponsables, dit Bruno Le Maire. Ils seront sanctionnés ? Ils risquent d'ex... Peut-être pas les maires, mais les commerçants qui restent ouverts seront sanctionnés ?
D'abord, Bruno Le Maire a raison de dire l'irresponsabilité de ses élus. Moi, j'ai été maire. Jamais je ne me serais permis, même lorsque j'étais dans l'opposition au président de François Hollande, de prendre des dispositions qui étaient d'abord contraires aux lois et aux décrets de la République, parce que je suis avant tout un républicain. On peut s'opposer à quelque chose sans prendre des actes qui sont contraires à la loi et aux décrets que prend un gouvernement légitime.
Même si l'arrêté ne prime pas sur le décret, que les choses soient claires.
C'est encore pire, alors. C'est la démagogie totale. C'est la réalité. Si on sait qu'en plus son acte est contraire, n'a pas de vérité juridique, on met non seulement la démagogie en avant, mais en plus on pousse les commerçants à prendre de mauvaises décisions. Et ces commerçants ne seront pas protégés par la décision de leur mère. Bien au contraire, les forces de l'ordre pourront évidemment les verbaliser. Ils seront sanctionnés, ces commerçants. Écoutez, pour l'instant, il y a une discussion. J'espère qu'elle se portera la plus rapide possible pour que chacun reprenne ses esprits. Il y a une cinquantaine d'arrêtés qui ont été transférés au tribunal administratif pour contrôle.
Des policiers et des gendarmes sont allés voir les commerçants ce week-end pour leur dire qu'ils ne pouvaient pas ouvrir. Chacun comprend qu'on doit tous lutter contre le virus. Et la démagogie, vous savez, ce n'est pas un vaccin contre le virus. On pourra le prouver dans quelques mois, sans aucun problème. Mais je peux déjà vous dire les résultats scientifiques. La démagogie n'est pas une réponse face au virus. Vous savez, moi, j'ai fait mon marché samedi matin, comme beaucoup de Français, puisque les marchés sont ouverts. Les gens respectaient chez moi à Tourcoing les distanciations sociales. Et ils avaient aussi peur.
Vous savez, l'hôpital de Tourcoing, moi, je n'oublie pas, j'y ai des amis. Ils sont face, ces soignants, à une vague très importante de personnes de tout âge qui sont en réanimation. Et il y avait une petite dame sur le marché. Elle s'appelle Floris et me disait, vous voyez, s'il fallait prendre pendant plusieurs semaines encore un changement de vie pour éviter d'attraper cette saloperie, c'est son mot. Eh bien oui, vous avez raison, il faut être courageux. Et vous avez raison d'imposer un mode de vie qui permet d'être compatible avec la vie de demain.
Oui, mais n'y a-t-il pas eu un peu de pagaille au sein du gouvernement sur l'ouverture de ces magasins essentiels, non essentiels ? Maintenant, les grandes surfaces qui sont obligées de fermer tous les rayons, non essentiels ? Franchement, il a fallu que le Premier ministre intervenne hier soir pour préciser les choses. Depuis jeudi, on a mis trois jours pour bien comprendre.
Mais d'abord, le confinement, ce n'est pas quelque chose de naturel. Et je peux comprendre la lassitude des Français. Ils ont vécu déjà confinés au printemps, ils vont vivre confinés en partie pendant l'automne. On a tous envie d'aller boire des verres dans des bars, à discuter sur la place du village, à se rendre à son culte, à son match de football, à son match de rugby, à faire la fête pour fêter l'anniversaire du petit dernier ou celui du grand-père. On a tous envie de revivre normalement, M. Bourdin. C'est normal que les Français se posent des questions. Mais il faut rappeler que ce que nous faisons, c'est protéger des vies. Il y a entre 200 et 500 morts par jour du coronavirus.
200 à 500 morts par jour. Tous ceux qui rentrent en réanimation. Vous savez, quand vous rentrez en réanimation, même lorsque vous survivez de cette réanimation, vous n'en sortez pas indemne. Vous avez des troubles cardiaques, respiratoires extrêmement importants. Il y a beaucoup de gens qui décèdent après passer quelques mois en réanimation. Ce n'est pas quelque chose de sympathique d'avoir le coronavirus. Et en plus d'aller dans un hôpital qui, aujourd'hui, est débordé. Donc il faut que chaque citoyen comprenne qu'il a... D'où le besoin de règles très claires. Il a, il a. Gérald Darmanin. Bien sûr, mais les règles elles sont claires. On ne peut sortir que pour aller travailler.
On ne peut sortir que pour faire ces quelques courses de première nécessité. Voilà la règle très claire.
Et les sanctions là seront appliquées. C'est clair aussi. 135 euros, 200 euros et 3750 euros pour trois. Trois contraventions en un mois.
Mais pour ceux qui multiplient effectivement les comportements irresponsables, malheureusement il n'y a que la sanction. Mais je crois que chaque citoyen sait qu'il fait partie d'un tout, d'une nation. Et que son comportement, son comportement M. Bourdin, il va permettre de protéger les autres. C'est ça être citoyen. Comprendre que son comportement a un impact sur les autres.
Les policiers nationaux, les policiers municipaux, les gendarmes sont entre deux guerres. La guerre sanitaire, dont a parlé le président de la République, et la guerre contre le terrorisme. Je pense aussi aux professeurs, aux enseignants, qui aujourd'hui vont accueillir des élèves dans tous les établissements scolaires. Il y a des menaces. Est-ce qu'il y a des menaces sur ces établissements scolaires ?
Il n'y a pas de menaces ciblées sur les établissements scolaires. Mais notre pays vit depuis plusieurs mois, et maintenant plusieurs semaines, et singulièrement plusieurs jours, sous le coup de menaces terroristes. On a eu trois attentats terroristes en un mois. C'était un enchaînement qu'on n'avait pas connu depuis 2015. Nous connaissons des revendications parfois confuses de groupements terroristes. Et nous voyons bien qu'à tout moment, sur le sol national, partout, personne n'est particulièrement protégé, il peut y avoir des attentats terroristes. Nous sommes en guerre. Nous sommes en guerre. Quelle protection sur les établissements scolaires ?
D'abord, je voudrais me permettre, si vous me permettez quelques mots, d'avoir un mot pour les policiers, pour les gendarmes, et pour l'ensemble des agents des services publics comme les professeurs. Hier s'est tenu le culte de la Toussaint. Les églises étaient particulièrement protégées, chacun a pu le constater. Aujourd'hui, c'est la rentrée scolaire. Sous mon autorité, et à la demande du ministre de l'éducation nationale et de moi-même, les policiers, les gendarmes, les policiers municipaux, je remercie les maires, les militaires de la formation Sentinelle, protègent des établissements scolaires. Comment ? Il y a 60 000 établissements scolaires en France. Oui, j'allais y venir.
Et ces préfets, ces sous-préfets... Combien d'hommes sont 60 000 établissements scolaires ? Vous savez, aujourd'hui, il y a beaucoup de réserves appelées à être plus présents. C'est le cas des gendarmes, c'est le cas des militaires. Combien d'hommes mobilisés aujourd'hui ? Il y a 100 000 policiers, gendarmes et militaires qui, aujourd'hui, protègent l'ensemble du territoire national et, singulièrement, la rentrée scolaire, puisque cette rentrée scolaire est marquée, évidemment, du saut très difficile de la mort ignoble de M. Paty. Et ce travail doit être fait, pas simplement aujourd'hui, M.
Bourdin, toute la semaine, parce qu'on voit bien que l'école a été attaquée, c'est-à-dire que c'est la République dans son cœur qui a été attaquée.
Dites-moi, si nous revenions sur ce qui s'est passé à Nice, notamment. Vous avez dit à Tourcouin hier, nous sommes en guerre contre le terrorisme. D'accord, nous sommes en guerre contre le terrorisme. Mais quel terrorisme, aujourd'hui ? Avant, il y avait des réseaux terroristes. Aujourd'hui, ce sont des individus qui passent à l'acte. Des individus qui, parfois, viennent d'un autre pays, du Maghreb, de Tunisie, comme l'assassin présumé Brahim Issaoui, l'assassin présumé de Nice, qui est venu pour tuer. Il est venu en France pour tuer, Gérald Darmanin ?
Il n'est manifestement pas venu pour faire des emplettes, ça c'est sûr. Non. Puisqu'à peine quelques heures sur le territoire national, quelques heures sur le territoire national, il a pris des couteaux, puisqu'on en a retrouvé plusieurs, et il a égorgé des chrétiens dans une église. Donc il a manifestement un projet macabre. Le procureur antiterroriste démontrera si ce projet était pensé depuis la Tunisie, puisqu'il est parti de Tunisie, voilà, à peu près un mois, ou si, en cheminant, il s'est radicalisé, ce que, personnellement, j'aurais du mal à croire.
Oui, il était accompagné d'un homme de 29 ans qui est toujours gardé à vue.
Oui, ça c'est l'enquête, et vous me comprendrez qu'y compris lorsqu'on ne va pas donner des informations au moment où les gens font des enquêtes.
Mais je me mets à la place des Français qui se disent, voilà, dans ces bateaux qui viennent à Lampedusa, il y a des terroristes en puissance, peut-être. C'est possible. Ils vont entrer sur le territoire français, ils vont tuer.
C'est magnifique. Ils ne font pas partie de réseaux organisés. D'abord, on ne le sait pas. On ne le sait pas. On verra bien. Mais ce que j'aurais dit aux Français, c'est que les terroristes, ils prennent plusieurs formes. Et n'écoutez pas les prophètes de malheur, qui vous expliquent que tous les étrangers sont forcément tous des terroristes, et en fermant notre pays à tout, alors on protégerait ce pays. Ce n'est pas vrai. Donc nous ne fermons pas nos frontières, c'est impossible. Nous allons davantage les contrôler. J'ai fait des propositions au Premier ministre et au Président de la République, lors du dernier Conseil de Défense. On va davantage les contrôler. Comment concrètement ?
Mais juste terminer sur un point, ne faisons pas croire qu'en montrant du doigt les étrangers, comme le fait une droite extrême, on protège le pays. Sur les 30 derniers terroristes qu'a connus notre pays, M. Bourdin, 22 sont Français. Et dans le profil des terroristes étrangers, ces profils sont extrêmement différents. Vous avez raison, il y a des gens qui arrivent depuis quelques heures sur le territoire national, quelques jours, et commettent des attentats. C'est le cas manifestement de ce terroriste tunisien à Nice. Il y a aussi des gens qui, depuis de très nombreuses années, sont sur le territoire national. C'est le cas de ce terroriste tchétchène qui a tué M. Paty.
Il y a aussi des Français qui sont Français, si j'ose dire, de père et de grand-père. Ce qu'on appelle les convertis. Ils commettent des crimes absolument atroces. Il n'y a rien à voir avec la nationalité ou la couleur de peau dans le terrorisme. Ce qu'il y a à voir, c'est l'idéologie islamiste. C'est elle que nous devons combattre. Et il y a des convertis, il y a des étrangers, il y a des gens qui sont à de fraîche date, il y a des gens qui ont des cartes de résident, il y a des gens qui ne se seraient même pas soupçonnés, vous et moi, dans une vie sociale normale.
Simplement, ils sont pris par cette idéologie islamiste absolument ignoble et insupportable que nous avons trop laissé prospérer dans le pays. Et il ne s'agit pas simplement de lutter contre ceux qui ont des couteaux ou des pistolets. Il s'agit de lutter contre ceux qui retournent la tête des gens. Ce qu'on appelle les officines islamistes. C'est pour ça que nous proposons des dissolutions d'associations. Nous allons y revenir. J'ai multiplié les contrôles et que j'ai souhaité que la loi séparatisme que j'ai proposée au président de la République et au Premier ministre puisse être ferme. Et elle sera ferme.
Bien, je vais revenir sur cette loi séparatisme, Gérald Darmanin, mais vous allez partir en Tunisie, donc, quand ? Je pars en fin de semaine. Je pars en Tunisie et en Algérie. En Tunisie et en Algérie. Pour chercher quoi ?
D'abord pour discuter avec mes homologues du ministère de l'Intérieur et avec les services de renseignement échangés. Échangés pour avoir davantage d'informations. Mais aussi parce que le président de la République a eu ses homologues au téléphone pour pouvoir nous mettre d'accord sur le renvoi d'un certain nombre de personnes qui appartiennent à ces pays, puisqu'ils ont la nationalité de ces pays, et qui sont confondus de radicalisation dans notre pays.
Alors justement, vous aviez annoncé l'expulsion d'étrangers radicalisés vivants en France, peut-être des Tunisiens, des Algériens ou autres. Où en est-on ? Aujourd'hui, où en est-on ?
Eh bien, aujourd'hui, nous avons expulsé, j'en suis désormais, si je puis me permettre, à 16, depuis un mois, depuis le moment où j'ai rendu ce chiffre public, 16 personnes qui ont été confondues de radicalisation. Ça ne veut pas dire que, comprenons-nous bien, qu'on a été condamnées. On considère que nous, ils sont radicalisés et qu'ils sont étrangers à notre pays. Et donc, ils ont été renvoyés. Ce week-end encore, des personnes ont pris des avions, ce qui n'est évidemment pas facile, puisque nous sommes à cause de Covid. Ça ne vous aura pas échappé. pour retourner dans leur pays.
J'ai demandé au préfet, voilà quelques jours, de mettre l'intégralité des étrangers en situation irrégulière, confondue de radicalisation, dans ce qu'on appelle l'ECRA, c'est-à-dire des centres de rétention administrative. Combien sont-ils ? On va dire qu'aujourd'hui, c'est encore une centaine. Sans cette centaine d'étrangers en situation radicalisée, nous devons avoir un travail de discussion avec les pays pour les accueillir. D'abord, ils doivent les reconnaître et faire des laissés-passés consulaires, ce que nous arrivons à faire, et je remercie.
J'ai rencontré l'ambassadeur de Russie, voilà, quelques jours, et je vais me rendre en Russie également dans les prochains jours, puisque parmi les pays qui sont concernés, il y a évidemment des personnes qui viennent, notamment de Tchétchénie, qui fait partie de la Fédération de Russie. J'en remercie les autorités russes.
J'en remercie les autorités marocaines, puisque suite à mon voyage, voilà, quelques jours également au Maroc, les choses se passent bien avec le gouvernement marocain, et les échanges que les chefs d'État ont en ce moment au téléphone, la volonté du président de la République de mettre fin à une situation qui est très ancienne, mais qui n'est pas restée sans rien faire, ce président de la République. Je vous rappelle, 458 personnes ont déjà été expulsées de notre territoire national depuis trois ans. C'est quatre fois plus que dans les années précédentes.
Eh bien, ces personnes doivent retourner dans leur pays, dans des conditions évidemment compatibles avec la crise sanitaire, parce que les pays qui les accueillent le demandent, mais nous le mettrons en place, et j'y mets de l'énergie matin, midi et soir.
Est-il vrai, est-il vrai qu'une note de votre ministère, elle vient de vous peut-être, à tous les préfets évoqués, plusieurs jours avant l'attentat de Nice, un appel islamiste au djihad, au djihad contre les églises notamment, contre les chrétiens ?
J'ai réuni la semaine dernière, donc le dimanche, cette note où vous allez voir, les préfets de la République, comme je le fais chaque semaine, et j'ai effectivement fait partie ce qu'on appelle un télégramme, c'est-à-dire un document à tous les préfets, pour les alerter sur le niveau élevé de la menace. Et il n'y avait pas que les églises, il y a beaucoup de services publics qui peuvent être concernés. C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
le niveau de la menace est élevé.
Oui, vous avez vu, le Premier ministre a augmenté le niveau Vigipérate, il a rappelé 4 000 militaires de plus de la force Sentinelle, je pense que les Français, s'ils sont mis le nez dehors ce week-end, ont vu la présence de ces militaires qu'ils n'avaient pas vu depuis un certain temps, en tout cas pas en ce nombre. Nous avons rappelé les réservistes de la gendarmerie, nous contrôlerons davantage encore les frontières comme nous le faisons, et nous sommes effectivement extrêmement attentifs à tous les signes qui montreraient la préparation d'un attentat terroriste. Vous savez, la DGSI, les polices, la gendarmerie fait un travail formidable. Je ne veux pas oublier les polices municipales.
Parce que dans le cas de Nice, par exemple, c'est bien la police municipale qui a arrêté ce terroriste, en premier. Et je veux dire aux maires que la façon dont ils gèrent leur police municipale, qu'ils la mettent à la disposition de la protection de nos concitoyens, pour la protection des églises ou des mosquées, par exemple, cette semaine, est extrêmement importante et je voudrais les remercier. Est-il vrai que vous voulez renforcer, d'ailleurs,
le rôle des polices municipales ?
Tout à fait. Aujourd'hui même, à l'Assemblée Nationale, sur la proposition du député Fauvergue et de la députée Thuriot, et en parfaite collaboration avec le gouvernement, nous allons renforcer, puisque la commission des lois se réunit aujourd'hui, les polices municipales. C'est-à-dire renforcer ? Nous allons leur permettre de faire des contrôles qu'ils ne peuvent pas faire aujourd'hui. Contrôles d'identité. Exactement. Accéder aux fichiers des voitures volées. Pouvoir permettre à ces polices municipales d'être ce qu'on appelle officiers de police judiciaire, dans le cadre d'une expérimentation qu'on mettra quand les maires le voudront.
C'est-à-dire qu'un procureur de la République pourra directement avoir les rapports. Ils pourront mettre un certain nombre de constats de délits qu'ils ne peuvent pas faire aujourd'hui. Ceux qui n'appellent pas à des enquêtes. On vous constate, monsieur, que vous portez une arme ou que vous fumez un joint. Aujourd'hui, la police municipale ne peut pas vous arrêter, vous verbaliser. Elle pourra le faire demain.
Et donc, renforcer très fortement la police municipale, renforcer aussi très fortement les images de vidéosurveillance, la qualité juridique des images qu'on récupère par drone, notamment, qui nous permettront de lutter contre les trafics de subéfiants, mais aussi lutter contre le terrorisme. Bref, renforcer en effet... Surveillance par drone légalisée. Exactement. Que nous demande la CNIL. Interdiction publique aussi de diffuser l'image de policiers. Par ailleurs, protection. J'avais fait une promesse qui était celle de ne plus pouvoir diffuser les images des policiers et des gendarmes sur les réseaux sociaux.
Cette promesse sera tenue puisque la loi prévoira l'interdiction de la diffusion de ces images.
La loi, dans deux jours, je crois. Aujourd'hui.
Aujourd'hui. Aujourd'hui. Aujourd'hui. Et puis, en commission, toute la semaine.
Et en commission, toutes les semaines. Toute la semaine. Donc, vous renforcez le rôle des policiers municipaux. Est-ce que vous souhaitez qu'ils soient armés partout ?
Ça, c'est le rôle du maire. Le rôle du maire. Moi, je ne me mets pas à sa place. Moi, je pense, je pense personnellement que la police municipale, lorsqu'elle est armée, lorsqu'elle est bien formée, lorsqu'elle a des équipements et notamment de la vidéosurveillance à sa disposition, est plus efficace. Mais je respecte le choix des maires qui arment ou qui n'arment pas leur police municipale.
Est-il vrai que vous voulez limiter les réductions de peine pour les personnes coupables d'infraction contre les policiers et les gendarmes ?
Tout à fait. Ceux qui s'en prennent, un policier ou un gendarme, n'ont pas à réduire leur peine lorsqu'ils sont en prison. Quand on est de bonne conduite, comme on dit. Voilà. S'en prendre un policier et un gendarme, c'est s'en prendre à la République. Et c'est s'en prendre à la République dans ce qu'elle a de plus fort, c'est-à-dire ceux qui sont payés pour nous protéger. Et mon travail, le ministre intérieur, c'est de protéger ceux qui nous protègent. Donc oui, il y aura l'interdiction, et je remercie le garde des Sceaux parce que c'est lui qui a fait cette proposition, de la réduction de peine, ce sera dans la loi pour ceux qui s'attaquent à des policiers et à des gendarmes.
Le projet de loi contre le séparatisme donc pour la défense de la laïcité. Quel sera le titre d'ailleurs parce qu'on ne sait plus trop ce projet de loi ?
Visant sans doute à conforter,
alors pas sans doute,
sans doute ou pas sans doute ? Sans doute visant à conforter les principes républicains et dans ces principes républicains.
Le projet de loi visant à conforter les principes républicains.
Exactement, mais vous savez qu'un titre, c'est aussi un titre que peut modifier le Parlement. Oui. Donc le Parlement modifiera le titre s'il le souhaite, mais c'est effectivement cela qui a été choisi par le président de la République et le Premier Ministre. Il s'agit de quoi ? Il s'agit de dire que la loi protège la foi. Aucun problème. Liberté de culte, liberté d'expression, liberté religieuse, très important. Mais la foi n'est jamais au-dessus de la loi.
Mais vous avez vu ce qu'a dit l'archevêque de Toulouse ? On ne se moque pas impunément des religions. Vous voyez le résultat que ça donne. Voilà ce qu'il a dit. Mais il a tort.
Mais ce que vous devez comprendre, c'est que cette loi n'est pas faite contre telle ou telle religion. Moi, je connais les musulmans de France. Je sais qu'ils ont marre d'ailleurs qu'on les définisse par leur religion. Ils sont des citoyens comme tous les autres. Mais ce qu'on ne met pas ? Et ils ont leur confession. Mais cette loi s'intéresse à tout le monde. Elle s'appliquera à tout le monde. Et je vous le dis comme je le pense. Je pense que Mgr Archevêque de Toulouse a tort. On ne peut pas être d'accord avec les caricatures. Parfois, il y a des caricatures du président de la République.
Je lui ai posé une question iconoclaste. Est-ce qu'on ne met pas de l'huile sur le feu en multipliant la publication des caricatures ?
La liberté, M. Bourdin, ne suce que lorsqu'on ne s'en sert pas. Moi, je ne suis pas toujours favorable aux caricatures de Charlie Hebdo. Lorsqu'elle caricature le prophète Mahomet, le pape, le président de la République, parfois, il arrive même que ces caricatures me caricaturent moi-même. Je ne suis pas très favorable aux caricatures qui me caricaturent moi-même. Donc, si votre question, c'est est-ce que je les aime toutes ? La réponse est non. Si votre question, c'est est-ce qu'en tant que ministre de l'Intérieur, en tant que citoyen, j'accepte l'idée que quelque chose qui me choque soit publié ? La réponse est oui. C'est ça, la liberté. Mais la liberté, on délimite, non ?
Le souci d'autrui, le souci des autres. Non, je ne le crois pas. Moi, je crois que... Non, c'est ce que disait
Jacques Chirac.
Non, mais je pense que le président Chirac a dit des choses voilà 15 ans. On ne peut pas... Entre-temps, les choses ont changé, me semble-t-il. Et le président Chirac n'a pas interdit les caricatures. Il a donné son opinion. On a le droit, encore une fois, de considérer que ces caricatures sont de mauvais goût. Moi, il y a plein de gens dont je trouve qu'ils sont de mauvais goût. Il y a plein de gens dont je considère que ce qu'ils disent est idiot. Cependant, je me battrai jusqu'à la mort pour qu'ils puissent le dire comme disait Voltaire. C'est ça, la République. Et il n'y a pas de délit de blasphème dans notre pays. On en déplaise à mon seigneur l'archevêque de Toulouse.
On en déplaise à quelques responsables religieux, quelle que soit leur religion. Vous savez, il y a des journalistes qui sont morts pour ces caricatures, pour cette liberté d'expression, avec ce goût très français de la moquerie, des guignols de l'info, de la caricature, des libelles. Depuis la Révolution française, les choses sont ainsi et sans doute même avant la Révolution française. C'est profondément français que de se moquer, que de se moquer du roi, que de se moquer du président de la République, que de se moquer des ministres, que de se moquer des journalistes, que de se moquer des acteurs, que de se moquer de tous les puissants.
Laissons les gens se moquer des puissants, y compris des puissants religieux. Et ceux qui ne veulent pas acheter Charlie Hebdo, ils n'achètent pas Charlie Hebdo. Mais il n'y a pas de droit au blasphème dans notre pays.
Est-ce que vous allez créer un délit de séparatisme ? Alors vous l'appelez ainsi, mais... Oui, je l'appelle ainsi, parce que j'ai vu... J'ai vu dans une idée à vous que vous avez abordé hier, que par exemple, sera inscrit dans la loi la possibilité d'être condamné à 5 ans de prison pour celles et ceux qui refusent de se faire soigner par un médecin d'un autre genre. Par exemple.
Alors, c'est très important ce point. Et l'exemple du médecin n'est pas pris dans la loi, mais ça correspond à ce que vous dites. C'est ce que vous avez dit. Non, mais ça correspond à ce que vous dites. Que dira la loi ? Le Parlement décidera totalement, évidemment, que si une personne ou un groupe de personnes fait pression communautariste, séparatiste, pour imposer sa loi et non pas celle de la République. Par exemple, ce professeur qui avait été traité de voyou par M.
Chenina, celui qui a fait la vidéo, qui a armé idéologiquement le terroriste qui l'a assassiné et qu'il est venu avec un agitateur islamiste, on va dire ça comme ça, pour faire pression sur l'éducation nationale, pour dire, moi, je ne veux pas que cet enseignant continue à enseigner, je ne veux pas que mes enfants y voient les caricatures et je ne veux pas que les libertés d'expression soient enseignées comme ça dans cette école, dans ce collège public. Aujourd'hui, ça ne s'est pas pénalisable. Demain, ça le sera.
La pression communautariste sur l'école, sur les services publics d'une mairie, un État civil par exemple, dans une crèche, dans une délégation de services publics de transport, dans un hôpital public, aujourd'hui, ces comportements communautaristes, séparatistes ne sont pas punis, ils seront punis demain. Effectivement, je crois que c'est une façon de protéger extrêmement fortement les services publics et les agents du service public.
J'ai une dernière question, le CCIF.
Dissou ou pas ? Je proposerai sa dissolution. Quand ? Sans doute d'ici une quinzaine de jours, puisque vous savez qu'il y a un contradictoire qui est fait, nous sommes un État de droit, donc comme je l'ai fait pour l'association islamiste Baraka City, que nous avons dissous, vous l'avez vu, comme le collectif Cheikh Yassine, que nous avons dissous, vous l'avez vu, nous sommes en train de terminer le dossier de dissolution du CCIF, nous le présenterons évidemment aux avocats du CCIF, s'ils le souhaitent, ils pourront apporter un contradictoire qui sera d'ailleurs rendu public, comme c'est le cas de Baraka City, et je proposerai au Président de la République la dissolution du CCIF.
Dernière question, Lyon, ce qui s'est passé, ce prêtre orthodoxe qui a été grillement blessé par balle,
terrorisme ou pas ? Écoutez, pour l'instant, rien ne permet de le dire. Le parking anti-terroriste ne s'est pas saisi, il n'y a pas de revendication, et donc c'est évidemment quelque chose absolument ignoble que de s'attaquer à un homme en lui tirant dessus, bien sûr, il n'était pas en habit de prêtre, rien ne pousse aujourd'hui à démontrer que cela est terroriste, mais laissons l'enquête judiciaire faire son travail, peut-être que nous le démontrerons, peut-être que nous démontrerons que c'est un malheureux fait divers.
Merci Gérald Darmanin d'être venu ce matin sur RMC et BFM TV. – Sous-titrage Société Radio-Canada –
Gérald Darmanin