Conclave sur les retraites : "La rigidité du Medef est un peu étonnante", estime Pierre Ferracci, un spécialiste du dialogue social
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 50 %Attaque 30 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:13Invité politiquePromesse
« Peut-être que dans un deuxième temps, si on travaille en amont sur la prévention, la question de les voir poursuivre leur activité avec des reconversions sur des métiers moins pénibles ou en allégeant la pénibilité de leur métier sera crédible. »
- 7:01Invité politiqueFait
« Je pense que la rigidité du MEDEF est un peu étonnante et que la CPME a fait preuve d'un peu plus d'ouverture dans la toute dernière période. »
Temps de parole
- Invité politique61 %
- Présentateur39 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Info L'invité écho Isabelle Raymond Bonsoir à toutes et à tous, syndicats et patronats sont réunis depuis presque 3 heures maintenant dans une salle du ministère du Travail avenue de Ségur à Paris pour ce qui est annoncé à ce stade comme la réunion conclusive sur les retraites vont-ils ou non parvenir à un accord et sur quel point ?
Bonsoir Pierre Ferracci Bonsoir Alors vous avez plusieurs casquettes, un président du club de foot de la capitale Paris FC qui monte en ligue 1 et que vous venez de céder à la famille Arnaud Vous êtes aussi, et c'est ce qui nous intéresse ce soir, un spécialiste du dialogue social fondateur du groupe Alpha, cabinet de conseil et d'expertise en relations sociales On va essayer de voir avec vous si on est proche ou non d'un accord Avant de parler du fond, parlons un tout petit peu de la méthode si vous le voulez bien Tout à l'heure, les numéros 1 du patronat, Patrick Martin pour le MEDEF et Amir Eza Tofighi pour la CPME ont mis en scène leur rapprochement devant leurs journalistes avec un nouveau texte et des propositions communes ce qui a profondément agacé la CFDT Est-ce que c'est le jeu habituel du dialogue social ou est-ce que la CFDT a raison de s'énerver ?
Je croyais qu'on en était sorti Je pense que la CFDT a raison de discuter simplement à partir d'une base patronale C'est d'autant plus étonnant qu'il y a un médiateur dans cette opération, dans ce conclave Donc je trouve que c'est un petit peu gênant Alors le rapprochement CPME à MEDEF, on le voyait venir avec la position très rigide du MEDEF Mais c'est vrai que la méthode est très étonnante et on aurait pu s'en passer
Alors sachant que le camp syndical a fait quand même de grosses concessions à commencer par la principale sur l'âge légal de départ à la retraite 64 ans, ça ne bouge pas C'est tout de même la preuve du côté syndical d'une envie de négocier, de parvenir à un accord
Oui, en tout cas ceux qui sont autour de la table puisque CGT et François Voyer ont quitté le conclave avec l'UDEP d'ailleurs depuis quelques semaines, même depuis quelques mois Ceux qui sont là veulent conclure sur un accord J'espère qu'il y en aura un parce que ça a au moins le mérite de bouger quelques lignes Bon, ce n'est pas le débat sans totem et sans tabou que souhaitait le Premier ministre puisque lui-même a arbitré immédiatement en disant que les 64 ans, il ne fallait pas y toucher
Et en donnant aussi un cadre strict équilibre financier d'ici 2030 Ce qui est quand même compliqué aussi
Bon, du coup, ça a provoqué le départ des trois organisations que j'ai évoquées Mais il serait bon qu'il y ait un accord je pense pour le gouvernement comme pour les partenaires sociaux Pour les partenaires sociaux vis-à-vis du gouvernement pour montrer leur autonomie et leur capacité à trouver une voie de passage même si ce n'est pas une réforme systémique Mais on ne peut pas faire une réforme systémique en 3-4 mois Le Président de la République avec son Premier ministre de l'époque a loupé la première marche avec son système à points qui n'a jamais vu le jour Donc demander l'impossible au syndicat on voit bien que le résultat ne pouvait pas être autre chose que celui-là Si on pouvait avancer sur la question des femmes sur la question de la pénibilité et sur une revendication portée par la CFTC mais soutenue par les deux autres à savoir le passage de 67 ans à 66 ans Alors on va revenir sur le détail
Alors justement, point par point Commençons, si vous le voulez bien par la pénibilité réintégration de trois critères que sont les vibrations les charges lourdes et les postures pénibles Alors à quoi doit servir la réintégration de ces critères ? Est-ce que ça doit servir à partir plus tôt ou est-ce que ça doit servir à de la prévention comme le souhaite le patronat ?
Alors d'abord soulignons que ces critères il y en avait quatre d'ailleurs ont été retirés au moment des ordonnances par le gouvernement ce qui était une très mauvaise chose Les syndicats aujourd'hui ont raison Pourquoi ils ont raison ?
Parce que le travail que propose le patronat c'est-à-dire éviter les départs parce qu'on travaille sur la question des conditions de travail justement il faut s'y prendre bien en amont Je rappelle toujours qu'en Finlande avant de décaler l'âge de départ à la retraite les partenaires sociaux ont travaillé justement sur le cadre de vie des seniors de ceux qui sont atteints qui sont touchés par des messieurs pénibles ou qui sont touchés par la maladie Donc c'est un travail de longue haleine Au dernier moment comme ça c'est vrai que les syndicats peuvent considérer que ce n'est pas crédible et il vaut mieux donner la chance à ceux qui font ces métiers pénibles de partir un petit peu plus tôt
4 millions de personnes pourraient être concernées selon la CFDT
Oui, peut-être que dans un deuxième temps si on travaille en amont sur la prévention la question de les voir poursuivre leur activité avec des reconversions sur des métiers moins pénibles ou en allégeant la pénibilité de leur métier sera crédible Aujourd'hui je pense qu'elle ne l'est pas et les trois syndicats ont raison de poser les problèmes en ces termes
Alors un point pour les syndicats concernant la pénibilité concernant la décote Aujourd'hui si on n'a pas tous ces trimestres on doit attendre 67 ans avant de partir avec une pension de retraite à taux plein La CFTC veut avancer cet âge de 6 mois, d'un an on va voir s'ils trouvent un consensus Est-ce que c'est une bonne idée ? Est-ce que c'est de justice rendue aux carrières hachées notamment celles des femmes ?
On voit bien que les syndicats essayent d'attaquer par différents canaux un sujet du même type qui concerne les femmes ou les métiers pénibles les carrières hachées oui ça serait un petit geste à faire alors je pense que le patronat va sans doute ou va sans doute proposer de passer à 66 ans et demi pour ne pas accepter totalement la revendication de la CFTC mais aller dans ce sens-là ça coûte un petit peu cher mais il y a des zones et pour moi c'est le problème essentiel il y a des zones d'amélioration de la productivité du système qui ne sont pas au bord d'aujourd'hui je pense qu'il faudra un autre conclave ou en tout cas une autre réunion des partenaires sociaux pour traiter une question clé pour moi qui est celle de la productivité qui faiblit en France depuis quelques années pour deux raisons essentielles la formation n'est pas suffisante la montée en compétence avec les nouveaux changements stratégiques les transitions environnementales l'IA qui arrive la formation n'est pas suffisante et l'investissement dans la recherche développement des entreprises du public et du privé n'est pas suffisante et surtout dans le privé pour aller dans le sens d'une amélioration de la productivité sans intensifier le travail des salariés qui sont en poste
alors ça, ça ferait l'objet d'une autre session de réunion mais si je vous entends bien les syndicats ont raison de s'accrocher à ces deux points pénibilité et avancer l'âge de la décote il faut que le patronat cède sur ces deux points
il faut qu'il bouge sur ces deux points et qu'il demande aux syndicats dans les entreprises dans les branches dans les filières et même au niveau interprofessionnel de réfléchir sur cette façon de créer des richesses autrement qu'en posant éternellement la question du coût du travail sans poser cette question de productivité qui devrait assembler les différents partenaires
alors vous le savez à partir du moment où ce conclave n'aboutit pas sur l'abrogation de la réforme des retraites les insoumis ont dit qu'ils déposeraient une motion de censure on sait que l'avenir politique de François Bayrou est attaché et lié à la réussite ou non de ce conclave est-ce que c'est un cadeau empoisonné pour les partenaires sociaux ou est-ce que finalement c'est une occasion en or ?
Très franchement je ne pense pas que la question de la dissolution ne se pose qu'à l'occasion de la fin de ce conclave qu'elle se termine par un accord ou sans accord il y aura d'autres occasions
concernant la conclusion d'un accord
non je pense que ça ne se jouera pas là-dessus et je crois que si le but du Premier ministre c'est simplement de gagner du temps c'est un mauvais choix pour l'avenir et c'est une façon que les partenaires sociaux n'apprécieront pas on a l'impression que j'ai été pipé dès le départ moi je souhaite qu'il y ait un accord pas forcément pour sauver le gouvernement il y a d'autres enjeux qui le concernent aujourd'hui que ce conclave et de toute façon ça sera un accord relativement modeste mais il y aura d'autres questions qui se poseront pour le gouvernement je crois que la vraie question qui se pose aujourd'hui c'est de ne pas traîner jusqu'à 2027 en ne faisant pas de réformes en n'avançant pas le pays est confronté à des défis majeurs sur le plan économique la situation internationale n'est pas brillante depuis quelques jours en particulier donc cette question pour moi de la création de richesses et de la productivité est essentielle pour y compris régler le problème du financement des retraites à terme
mais d'un mot vous êtes d'accord avec la CFDT quand elle dit que la responsabilité est dans le camp du patronat aujourd'hui concernant ce conclave sur les retraites
je pense que la rigidité du MEDEF est un peu étonnante et que la CPME a fait preuve d'un peu plus d'ouverture dans la toute dernière période
merci beaucoup Pierre Ferracci fondateur du groupe Alpha invité éco de France Info ce soir c'est un peu plus
d'un mot c'est un peu plus d'un mot