"La réduction des aides à la rénovation, c'est une erreur climatique", réagit le secrétaire de la Capeb dans la Manche
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Bonjour Arthur Lenoir.
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Vous, vous en pensez quoi ?
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On va abandonner les rénovations, selon vous ?
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De plus en plus d'entreprises qui font de la rénovation énergétique vont pouvoir obtenir le label RGE. Expliquez-nous ce matin.
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Alors, est-ce que c'est plus lisible à la rentrée, autre sujet, la facture électronique ? Les artisans sont prêts ?
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Comment ça va ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« On ne conteste pas le fait qu'il n'y ait plus beaucoup d'argent dans les caisses et que cette année, encore plus que d'autres, on doive se serrer la ceinture. »
- 1:32InvitéFait
« on n'a pas forcément la capacité de l'ancienne rénovation à 50, 60 000, 70 000 euros. Ce n'est pas la réalité du terrain. »
- 2:41InvitéFait
« À un décret, effectivement, le ministre Jean-Jean Brun. »
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« grâce à trois chantiers audités qui sont conformes, on accède au RGE. »
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« Dans le bâtiment, aujourd'hui, globalement, on a une crise qui est lente et persistante. Ça fait deux ans et demi qu'on est en recul. »
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Ici Cotentin, premier sur l'actu local dans la Manche, ici matin. A 8h moins le quart, Katia Lautroux, invité le secrétaire général de la CAPEP 50, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment. Bonjour Arthur Lenoir. Bonjour. Les aides à la rénovation vont diminuer dans le cadre du dispositif MaPrimeRénov'. Il faudra désormais cumuler des travaux de grande ampleur. Si on change seulement ses fenêtres par exemple, ou que l'on choisit d'isoler son toit et rien d'autre, terminer, plus rien.
Alors même qu'on sort d'un épisode de Canicule, où on a beaucoup parlé de l'importance de rénover le bâti, justement, le président de votre organisation, la CAPEP, parle de scandale climatique. Vous, vous en pensez quoi ?
Je ne vais pas dire l'inverse, c'est une réalité. On ne conteste pas le fait qu'il n'y ait plus beaucoup d'argent dans les caisses et que cette année, encore plus que d'autres, on doive se serrer la ceinture. Mais supprimer des gestes simples comme l'isolation, la ventilation, les menuiseries, c'est effectivement... Alors le scandale climatique, c'est assez fort, mais à minima, c'est une erreur climatique. On va dire que ça n'a pas beaucoup de sens. Économique. Et puis surtout, c'est quelque part, moi j'ai envie de dire, c'est plutôt une injustice sociale également. Parce que finalement, on ferme la porte à beaucoup de ménages, la rénovation. Beaucoup de ménages ne feront rien.
Tout simplement parce qu'aujourd'hui, dans la Manche, mais comme ailleurs, dans toute la France, on n'a pas forcément la capacité de l'ancienne rénovation à 50, 60 000, 70 000 euros. Ce n'est pas la réalité du terrain. Donc ce qui va se passer, c'est que les foyers, ça va être le statu quo. On va attendre 2027.
On va abandonner les rénovations, selon vous ?
Ils ne vont pas se projeter. Ah bah oui, parce que, même sans être nécessairement précaire, on n'a pas de visibilité aujourd'hui politique de stabilité pour se dire, tiens, je vais me lancer dans des rénovations d'ampleur. Non. Comment on procède généralement, ne serait-ce que techniquement ? On vous appelle un artisan, il va vous dire, bon, déjà, vous avez une passe thermique. On va commencer par isoler les combles. On va commencer par étapes. Donc ce qu'on dit, nous, c'est évidemment que c'est intéressant de faire une rénovation globale. C'est utile, mais c'est lourd, c'est coûteux, c'est généralement beaucoup plus complexe.
Et puis ce n'est pas toujours possible immédiatement pour tout le monde.
Dans le même temps, il y a quand même une bonne nouvelle, Arthur Lenoir. Et c'est assez paradoxal. De plus en plus d'entreprises qui font de la rénovation énergétique vont pouvoir obtenir le fameux label RGE. Celui qui est obligatoire si on veut prétendre aux aides de ma prime rénov. Alors expliquez-nous ce matin.
Alors oui, effectivement, ça c'est une victoire qui date de vendredi matin dernier. Tout pressant. À un décret, effectivement, le ministre Jean-Jean Brun. Et alors là, c'est un combat de la CAPEB, de longue haleine. Et enfin, ça se concrétise, c'est le fait de pouvoir devenir RGE en s'appuyant sur l'expérience de terrain des artisans. Donc grâce à trois chantiers audités qui sont conformes, on accède au RGE. Et donc on peut accéder aux travaux aidés pour les clients. Donc ça, c'est une super avancée. Malheureusement, deux jours littéralement après, on a quelque chose qui va complètement dans l'autre sens. En disant, de toute façon, les monogestes excitent terminés.
Donc c'est vrai que c'est très difficilement lisible. Et surtout, ce n'est pas cohérent. Ils n'ont pas besoin d'avoir fait des hautes écoles pour se rendre compte que mettre des packs électriques partout, c'est... Oui, là, je rejoins notre président confédéral, Jean-Christophe Repon, qui parle de scandale climatique parce qu'on veut faire consommer l'électricité à fond, soit. Mais aujourd'hui, on va dire à des Français, mettez des packs, vous allez voir, formidable, les canicules, vous serez bien. Ou des clims réversibles pour l'été. Sauf que les gens vont se retrouver avec des factures immenses parce que s'il y a un logement non isolé, une pack, ça ne fonctionne juste pas.
Donc il va falloir faire beaucoup de pédagogie. On essaye d'expliquer aux particuliers, bien sûr dans la manche mais partout, que, attention, ce que vous entendez ne sont pas forcément des avis très éclairés. C'est un petit peu la difficulté qu'on a de faire de la pédagogie là-dessus.
Il est 7h49, vous écoutez ici, Cotentin, invité ce matin, le secrétaire général de la CAPEB 50, la Confédération de l'Artisanat et des petites entreprises du bâtiment Arthur Lenoir. Alors, est-ce que c'est plus lisible à la rentrée, autre sujet, la facture électronique ? Les artisans sont prêts ?
Écoutez, globalement, pour ce qui est de la CAPEB, les artisans qui sont adhérents de notre organisation sont plutôt prêts. D'ailleurs, on a organisé plusieurs réunions en présentiel, en visio, que ce soit avec la Direction Générale des Finances Publiques, les experts comptables, les éditeurs de logiciels bâtiments. J'ai le sentiment qu'aujourd'hui, il n'y a plus beaucoup d'inquiétudes. Les artisans sont prêts. Alors, ceux qui ne sont pas à la CAPEB, je ne parlerai pas pour eux, mais ils peuvent toujours se rapprocher de nous s'ils ont besoin d'infos.
Non, non, en réalité, c'est une réforme qui a été présentée vraiment très alarmiste au début, mais en réalité, c'est une réforme qui a beaucoup bousculé ceux qui ont dû la mettre en place. Mais l'artisan, en septembre, ce sera, je pense, très limpide, puisqu'ils n'en verront pas trop la couleur, finalement. Il faut juste faire les bons choix et ne pas aller vers n'importe qui pour la mettre en place.
Arthur Lenoir, il nous reste une petite minute. J'allais vous demander tout simplement comment ça va.
Dans le bâtiment, aujourd'hui, globalement, on a une crise qui est lente et persistante. Ça fait deux ans et demi qu'on est en recul. Dans la Manche, un petit peu plus contrastée, on résiste un peu mieux qu'ailleurs. L'emploi est stable, malgré tout. L'intérim repart même un petit peu. Mais le point central, c'est qu'on n'a pas de main-d'oeuvre disponible. Ça, c'est le sujet majeur chez nous dans la Manche. On a des grands atouts industriels. On a du nucléaire, du naval, on a des champions de l'industrie, avec Orano, avec la Val du Futur, bien sûr. Mais pas de main-d'oeuvre. Les territoires, évidemment.
Eh bien non, parce qu'en fait, ce sont des champions industriels qui aspirent une main-d'oeuvre compétente, qualifiée. Alors, les TPE du bâtiment, elles n'ont déjà pas de main-d'oeuvre. En plus, elles se font littéralement siphonner toutes leurs mains d'oeuvre. Donc, demain, et justement, c'est un vrai paradoxe, si on peut finir là-dessus, mais vous parliez de canicule. Les entreprises du bâtiment sont elles qui réparent après les tempêtes. Elles isolent les logements, elles les chauffent en hiver. Et surtout, en ce moment, elles les refroidissent quand il fait chaud.
Donc, il ne faudra pas s'étonner que dans les prochains mois et les prochaines années, ça devient extrêmement compliqué de trouver un artisan qualifié pour une réno énergétique ou même ne serait-ce qu'un simple dépannage d'urgence. Eh bien, on suivra tout ça. Il y a une prise de conscience forte à avoir.
Arthur Lenoir, merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin, secrétaire général de la CAPEP. Benjournay.
Merci, bonne journée.