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ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 12 décembre 2019 14 minComplaisantActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsSolidarités & famille

MACRON, SEUL. | DELEVOYE OUBLIE SES PETITS BOULOTS

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  • 0:15inconnuFait
    « C'est un copié décalé du rapport Delevoye. »
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    « Le basculement vers un système qui va paupériser les retraités et qui va pénaliser les femmes. »
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    « La CFDT avait fixé une ligne rouge, cette ligne rouge c'était la réforme paramétrique. »
  • 1:00inconnuFait
    « Ce gouvernement joue la politique du pire, met de l'huile sur le feu. »
  • 1:15inconnuChiffre
    « 3 milliards de cotisations en moins pour le régime général qui vont aller direct dans les fonds de pension américains. »
  • 1:30inconnuFait
    « Il s'agit d'une guerre pour livrer notre système de retraites aux fonds de pension. »
  • 1:45inconnuFait
    « Le Conseil d'orientation des retraites nous dit qu'il faudrait fixer cet âge à 64 ans en 2025. »
  • 2:00Alexis CorbièreFait
    « Monsieur Delevoye, vous avez beau être Haut-commissaire, la réponse que vous avez fait à mon ami Adrien Quatennens ne volait pas très haut, et l'homme des assurances privées que vous êtes ne s'est pas privé d'une certaine assurance assez choquante. »
  • 2:15Alexis CorbièreFait
    « Quand cet homme siège au conseil d'administration d'une assurance privée, vous trouvez cela normal ? »
  • 2:30Jean-Paul DelevoyeFait
    « Je ne reçois pas d'ordre en général et pas de vous en particulier. »
  • 2:45inconnuFait
    « Il a d'abord soutenu qu'il ne s'agissait pas d'une activité professionnelle avant de reconnaître qu'il touchait plus de 5300 euros par mois pour ce poste. »

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Il n'y aura ni vainqueur, ni vaincu. C'est un copié décalé du rapport Delevoye. Aujourd'hui il nous a fait un espèce de numéro d'entourloupe comme il sait le faire.

Le basculement vers un système qui va paupériser les retraités et qui va pénaliser les femmes. La CFDT avait fixé une ligne rouge, cette ligne rouge c'était la réforme paramétrique. C'est une des réformes les plus scandaleuse et les plus dures qui soit.

Le Premier ministre qui échoue à convaincre sur les retraites et les petits boulots lucratifs du Haut-commissaire aux retraites. C’est dans le numéro 56 du P’tit coup de Bourbon. Sur quelle planète vit donc Édouard Philippe ?

La question se posait, hier, mercredi, dès les premières minutes de son discours sur les retraites. Je voudrais dire que cette réforme, cette refondation, n’est pas une bataille. Je ne veux pas de cette rhétorique guerrière, et la question n’est pas de savoir si le gouvernement va tenir, si certains syndicats vont gagner, si d’autres vont perdre, il n’y aura ni vainqueur ni vaincu.

N’en déplaise au Premier ministre, c’est bien une guerre qu’il livre. Et l’injection préalable d’anesthésique n’y change rien. Il s’agit d’une guerre pour livrer notre système de retraites aux fonds de pension.

Le 5 décembre, les Français l’ont dit, et de quelle manière, ils ne veulent pas abandonner le système actuel pour un système qui les appauvrira. Alors, pour fissurer le mur des oppositions sur lequel il risque de se fracasser, le gouvernement fait le pari de l’égoïsme. C’était tout l’enjeu de l’exercice de communication de mercredi : expliquer que la réforme ne touchera pas tous les Français.

Et que ceux qui seront concernés ne le seront pas de la même façon. Avec le secret espoir que les catégories qui sont plus ou moins épargnées par la lame de la guillotine se désolidarisent des autres. Voilà pourquoi le projet de réforme ressemble déjà à une usine à gaz.

Je résume : Ceux qui sont à 17 années ou moins de la retraite conserveront leur régime. Ceux qui sont nés entre 1975 et 2003 inclus auront droit à un panachage. Calcul en trimestres jusqu’en 2025, Calcul en points après.

Quant aux ados d’aujourd’hui, ceux qui souffleront leurs 18 ans en 2022, ils entreront directement dans le système à points. Ce n’est plus une réforme, c’est un salami que l’on débite en tranche. Il prend les gens pour des imbéciles.

Il croit que les gens vont se diviser sur la génération. Moi je crois que ce n’est pas ça qui anime les gens aujourd’hui. Ce n’est pas seulement leurs intérêts particuliers, c’est aussi l’intérêt général du pays, des salariés.

Aujourd’hui il nous a fait un espèce de numéro d’entourloupe comme il sait le faire, il est brillant à ce niveau-là il faut le reconnaître, mais c’est un numéro d’entourloupe qui veut faire passer un projet de recul civilisationnel où les gens ne sauront jamais à quel âge ils pourront partir à la retraite et avec quelle pension pour un progrès social. Comment ce subterfuge pourrait fonctionner ? Car au détour de ses envolées cauteleuses, le Premier ministre a annoncé que l’âge de la retraite était reculé.

Le gouvernement compte donc reprendre la proposition du rapport du Haut-commissaire qui consiste à instaurer au-dessus de l’âge légal un âge d’équilibre avec un système de bonus - malus. Le Conseil d’orientation des retraites nous dit qu’il faudrait fixer cet âge à 64 ans en 2025. Certes, l’âge légal est toujours de 62 ans.

Mais, pour partir sans décote, il faudra attendre 64 ans. Ce qu’il nous confirme c’est un système par points. C’est un âge dit d’équilibre de 64 ans, et en plus pas de suppression de la décote.

Donc très concrètement, le basculement vers un système qui va paupériser les retraités et qui va pénaliser les femmes est tout-à-fait à l’oeuvre et confirmé par le gouvernement. D’ailleurs la colère va vite grandir. J’ai entendu monsieur Berger, qui est à la tête de la CFDT et qui était quand même celui qui était le plus à l’écoute, lui-même après avoir écouté le Premier ministre est clairement en colère.

Eh oui, Laurent Berger, le patron de la CFDT, dernier soutien du gouvernement, a tiré sa révérence, à peine le discours du Premier ministre achevé. La CFDT avait fixé une ligne rouge. Cette ligne rouge c’était la réforme paramétrique, le fait qu’il n’y ait pas de mesure d’âge pour obliger à travailler plus longtemps.

Deuxièmement dans cette réforme, les mesures sociales qui sont annoncées sont insuffisantes notamment sur la question de la pénibilité. La CFDT avait prévenu : pas question d’accepter un recul de l’âge de la retraite sous quelque forme que ce soit. Le syndicat appelle donc à manifester avec les autres centrales le 17 décembre.

La CFDT considère que le compte n’y est pas, l’ensemble des organisations syndicales vont être renforcées dans leur mobilisation. La CGT et l’ensemble des organisations vont se mobiliser très fort parce que c’est un coup de pied décalé du rapport Delevoye, rien de nouveau sous le soleil. En réalité, la liste des exceptions qui a été dressée par le Premier ministre tout au long de son discours constitue pour nous un aveu de la nocivité de cette réforme.

Ces exceptions, c’est le maintien des régimes spéciaux pour les pompiers, policiers, gendarmes et militaires. Et une hypothétique revalorisation du traitement des enseignants qui perdront énormément avec le nouveau mode de calcul des pensions. Comme le Premier ministre s’est aperçu que cette réforme unique au monde ferait tellement de perdants, il, aujourd’hui, enclenche un certain nombre de manœuvres destinées à compenser les pertes, notamment je pense aussi aux professeurs, dont évidemment l’aspect budgétaire, les rémunérations des professeurs, budgétairement ce n’est pas bouclé cette affaire-là.

Donc il n’y a rien en réalité derrière tout ça, d’assuré pour les Français. La seule chose qui soit assurée c’est l’âge pivot et c’est la retraite à points. De cela les Français n’en veulent pas car ils ont bien vu ailleurs ce que ça pouvait donner.

De fait, la seule universalité qui apparaît pour l’instant dans le projet gouvernemental, c’est que tous les Français vont devoir travailler plus longtemps. Si nous devions résumer en une phrase le projet du gouvernement, c’est soit vous travaillez plus, soit vous gagnerez moins. Sur le plan des progrès sociaux, c’est à tout le moins extrêmement flou.

Sur les femmes, sur la pénibilité. Songez que si il s’agit de mettre en place pour tout le monde un système de réparation, le compte n’y est pas. Quand on est dans le flou absolu, s’agissant des fonctionnaires et en particulier des enseignants parce que vous avez bien compris en lisant entre les lignes que ce ne sera pas une augmentation de rémunération pour les enseignants sans contrepartie.

Il y aura des contreparties au versement des primes. Il y aura des contreparties en terme d’organisation du temps de travail. Il y aura peut-être même, on a déjà entendu cette antienne, moins de fonctionnaires prétendument mieux payés.

Sur ce sujet comme sur d’autres, on n’a pas voté pour un deuxième mandat Sarkozy. L’intervention du Premier ministre se solde par un échec. Emmanuel Macron, Édouard Philippe et le gouvernement sont désormais seuls.

En réalité, le gouvernement est resté un gouvernement droit dans ses bottes, qui n’a pas évolué et aujourd’hui c’est un gouvernement minoritaire. Un gouvernement qui n’a plus le soutien que de l’unique MEDEF. Il n’y a plus aucun syndicat qui soutiennent la réforme qu’il veut promouvoir dans les prochains mois.

Cette stratégie a un nom pour Nicolas Dupont Aignan : Ce gouvernement joue la politique du pire, met de l’huile sur le feu, ne respecte même pas les engagements présidentiels d’Emmanuel Macron en passant le départ à la retraite à 64 ans. Mais les gens n’ont pas de boulot entre 59 et 64 ans, alors ils vont faire quoi ? Donc cela veut dire une baisse massive des pensions de retraite, aucune écoute sur les dangers du système à points.

Ce qui pour moi est insupportable, j’ai tout écouté, c’est cette hypocrisie, c’est à dire ces bons sentiments déversés qui dégoulinent, alors même que c’est une des réformes les plus scandaleuses, les plus dures qui soit. Osez faire appel au conseil national de la résistance, quand on démolit le conseil national de la résistance comme il le fait, j’avoue que les bras m’en tombent, notamment l’affaire des 300 000 plus hauts revenus qui ne participeront plus au régime général. 3 milliards de cotisations en moins pour le régime général qui vont aller direct dans les fonds de pension américains.

Je ne sais pas si les Français réalisent la gravité de ce qu’il se passe. C’est une hypocrisie, c’est une manipulation terrible, en vérité. C’est une baisse massive des retraités pilotée par l’Union Européenne, pilotée par les fonds de pension américains qui va aboutir à introduire la capitalisation dans notre pays.

C’est ça la réalité. Macron se nourrit du conflit social et il pense qu’en bloquant le pays il va gagner quelque chose. Emmanuel Macron joue la poursuite de son entreprise de destruction du pacte social sur ce conflit.

Et au-delà, sa réélection en 2022. Qu’on ne s’y trompe pas : la présidentielle vient de commencer. Dimanche, la journaliste du Parisien, Catherine Gasté, a révélé que Jean-Paul Delevoye, le Haut-commissaire aux retraites, avait omis de mentionner une de ses activités dans sa déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

Le monsieur retraite du gouvernement était en effet administrateur bénévole de l'Institut de Formation de la Profession de l'Assurance, l’IFPASS Plus que gênant. Car les assureurs lorgnent sur le gâteau des retraites depuis longtemps. Le conflit d’intérêt est patent.

Prudent, Delevoye a préféré démissionner lundi matin de l’IFPASS. Mais cette révélation sur ses liens avec le monde de l’assurance a donné lieu à un vif échange, mardi, lors de la séance des questions au gouvernement. Alexis Corbière interpelle le Haut-commissaire dans un brouhaha qui va crescendo : Monsieur Delevoye, vous avez beau être Haut-commissaire, la réponse que vous avez fait à mon ami Adrien Quatennens ne volait pas très haut, et l’homme des assurances privées que vous êtes ne s’est pas privé d’une certaine assurance assez choquante.

Revenons à l’essentiel, vous avez fait une déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Vous avez tout dit, vous nous avez même appris que vous étiez membre de l’association de la Chartreuse de Neuville, l’association de la Chartreuse de Neuville, vous n’avez pas oublié de le déclarer. Quand on vous a interrogé pour savoir s’il y avait des activités bénévoles qui pouvaient entraîner un certain conflit d’intérêt, Monsieur le Président vous aurez à coeur de mettre 1600 euros d’amende à tous ceux qui me perturbent.

Il n’y a pas que Ruffin qui doit payer. J’attends de votre part une certaine intransigeance et une honnêteté, oui oui. Monsieur Corbière, d’abord je ne reçois pas d’ordre en général et pas de vous en particulier.

Continuez. Continuez, arrêtez de brandir vos menaces. Quelle attitude.

L’association des Chartreuses de Neuville. Quand cet homme siège au conseil d’administration d’une assurance privée, vous trouvez cela normal, vous trouvez cela normal. Il y a là un conflit d’intérêt, oui Monsieur Delevoye vous n’êtes plus l’homme de la situation pour mener cette réforme des retraites parce qu’on ne vous fait pas confiance.

Delevoye répond. À côté. Monsieur Alexis Corbière, je vous reconnais un certain talent puisque je vous vois aussi vitupèrent en victime qu’en procureur.

Vous avez indiqué… Je ressens chez vous la délicatesse habituelle avec laquelle vous déclinez vos arguments. Je voudrais dire que sur la Chartreuse de Neuville, je vous invite à regarder en quoi cela consiste. J’invite d’ailleurs et je salue en même temps le député Daniel Fasquelle puisqu’il s’agit d’une opération de restructuration du patrimoine.

La seconde, c’est que je crois que ce qui est en cause, c’est en réalité le vrai projet de société que nous portons, et qui appellera plus de solidarité, plus de redistribution, et qui permettra qu’à revenu identique, cotisation identique, retraite identique. Ce n’est pas la seule casserole de Jean-Paul Delevoye. Mardi, il a démissionné de son poste de président d’honneur d’une association de lobbying, Parallaxe, qui promeut l’enseignement privé.

Il a d’abord soutenu qu’il ne s’agissait pas d’une activité professionnelle avant de reconnaître qu’il touchait plus de 5300 euros par mois pour ce poste. Ses collaborateurs ont précisé, mercredi soir, qu’il a remboursé les sommes perçues depuis qu’il a été nommé au gouvernement en septembre. Et qu’il s’apprête à rembourser les sommes encaissées depuis sa nomination en 2017.

Autour de 140 000 euros ! En Suède, où, pour le plus grand malheur des retraités, le système à points est appliqué, Jean-Paul Delevoye aurait été contraint de démissionner. Mais on est en France, le pays où le président de l’Assemblée nationale, quoique mis en examen pour prise illégale d’intérêt dans le dossier des Mutuelles de Bretagne, peut continuer à siéger et tancer un député de l’opposition.

Quoi qu’il en soit, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique a annoncé, mercredi, qu’elle poursuivait ses investigations sur les activités et le patrimoine du Haut-commissaire aux retraites. Ce qui fait grincer bien des dents au gouvernement.

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