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Discours / meetingyoutube.com· 24 octobre 2025 9 minFond programmatiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsJusticeSanté

Discours Quatrième conférence ministérielle des politiques étrangères féministes - Yaël Braun-Pivet

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 30 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:34PrésentateurChiffre
    « 30 ans ont passé depuis cette conférence historique. »
  • 1:49PrésentateurFait
    « Deux ans après le renversement aux Etats-Unis de l'arrêt Roe versus Wade, nos adversaires se sont fédérés au sein du consensus de Genève pour former une véritable internationale de la régression. »
  • 5:14PrésentateurFait
    « Ce fut le cas, bien sûr, lorsque notre pays est devenu le premier au monde à avoir sanctuarisé l'IVG dans sa constitution. »
  • 7:30PrésentateurChiffre
    « il y a 80 ans et un jour, les Françaises votaient pour la première fois à des élections nationales. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

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Présentateur

Bonjour à tous et à toutes. Très heureuse de vous accueillir ici à l'Assemblée nationale. Madame la ministre déléguée à l'égalité entre les femmes et les hommes, chère Aurore. Madame la ministre... Elle n'est pas là. Chargée de la francophonie, des partenariats internationaux, je ne la vois pas.

Madame, mesdames les présidentes des délégations parlementaires aux droits des femmes de l'Assemblée nationale et du Sénat, chère Véronique Riotton, chère Dominique Vérien, Madame la présidente de la commission d'égalité et de la commission pour la coopération internationale et le développement du congrès des députés espagnols, mesdames et messieurs les parlementaires, chère Guillaume Gouffier-Vallande, chère Olivia Richard, j'ai vu Marie-Noëlle Batistel, notamment, j'ai vu Céline Calvez aussi. Il y a plein de parlementaires, j'en suis vraiment très heureuse. Madame l'ambassadrice et secrétaire générale du forum Génération Égalité, chère Delphine O.

Madame la directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la Population, monsieur le directeur exécutif du forum parlementaire européen pour les droits sexuels et reproductifs, mesdames et messieurs les dirigeants, les représentants d'organisations non gouvernementales, d'associations, de fondations, d'institutions, mesdames et messieurs, « Women's rights are human rights ». Ce cri de ralliement lancé il y a 30 ans à Pékin par Hillary Clinton lors de la conférence mondiale de l'ONU sur les femmes résonne encore aujourd'hui comme une évidence et comme une urgence. 30 ans ont passé depuis cette conférence historique. Et 30 ans plus tard, nous voici arrivés à un point de bascule.

Un backlash réactionnaire, masculiniste et obscurantiste déferle sur le monde. Deux ans après le renversement aux Etats-Unis de l'arrêt Roe versus Wade, nos adversaires se sont fédérés au sein du consensus de Genève pour former une véritable internationale de la régression. Leur monde, c'est un monde où la moitié de l'humanité devrait baisser les yeux. Pourtant, face à cette offensive, le courage se lève. De Kaboul à Téhéran, il a le visage de ces femmes. Ces femmes qui risquent la mort pour une mèche de cheveux rebelles, un livre ouvert, un souffle de liberté. C'est pour elles, pour nos sœurs silenciées et opprimées que nous sommes réunis aujourd'hui.

La France, la matrie d'Olympe de Gouges et de Simone Veil sera toujours à leur côté. Face à cette internationale réactionnaire, nous devons opposer une diplomatie de résistance, une diplomatie de conviction. En somme, une diplomatie féministe. Celle que promeut avec force le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères avec sa nouvelle stratégie internationale pour une diplomatie féministe et la conférence ministérielle qui débutera tout à l'heure. Celle que nous partageons également à travers notre diplomatie parlementaire. Et cette véritable diplomatie des peuples, nous la faisons vivre chaque jour au Parlement, grâce à celles et ceux qui s'engagent avec détermination.

Cher Véronique Ruyoton, cher Dominique Vérien, le fait que notre conférence soit portée par nos deux délégations de l'Assemblée et du Sénat est plus qu'un symbole. C'est une preuve. La preuve que sur ces sujets d'égalité, le Parlement ne fait qu'un, au-delà des clivages et au-delà de nos différences. Cette diplomatie féministe, vos deux délégations continuent aujourd'hui de la porter, de façon énergique et dynamique, à travers vos missions parlementaires communes, comme en mars dernier à New York, à l'ONU.

À travers aussi vos missions d'information, et je songe notamment à la mission d'information sur la diplomatie féministe face au risque de backlash que poursuit actuellement notre délégation parlementaire à l'Assemblée nationale. À travers enfin vos participations aux grands forums internationaux de diplomatie féministe. Je pense bien sûr au tout premier sommet que nous avions organisé ici même des présidentes d'Assemblée en mars 2024. Je pense plus récemment à l'Assemblée parlementaire de la francophonie. Plusieurs résolutions concrètes soutenues par le réseau des femmes parlementaires francophones y ont été adoptées en plénière.

Sur l'IVG, sur les violences sexuelles dans les conflits, sur la reconnaissance du crime d'apartheid de genre. Chère Véronique et chère Dominique, je connais également tout votre engagement sans faille pour les afghanes, celles qui sont devenues des ombres sur leur propre terre. Ensemble, nous le promettons, nous le jurons, nous ne les laisserons pas tomber. Chère Sophie Metz, je voudrais aussi te remercier pour avoir porté à l'APF ce sujet tabou, mais crucial, de la ménopause. Un thème que nous pourrons aborder tout à l'heure lors de notre première table ronde, qui sera consacrée à la santé sexuelle et reproductive.

Mesdames et messieurs, défendre les droits des femmes, le Parlement l'a fait avec passion et conviction lors de ces grands sommets mondiaux. Mais nous l'avons fait aussi, bien sûr, dans des textes de loi que nous avons votés. Des textes qui parlent non seulement à toutes les femmes de France, mais aussi à toutes les femmes du monde. Ce fut le cas, bien sûr, lorsque notre pays est devenu le premier au monde à avoir sanctuarisé l'IVG dans sa constitution. Ne l'oublions pas, cette inscription historique, ce fut notre victoire et le résultat de la pression parlementaire conjointe que nous avons pu exercer.

Et je vois devant moi, Madame la Ministre, chère Aurore, nous savons toutes à quel point tu t'es battue pour que ce texte puisse aboutir. Et je crois que c'est très illustratif de la politique telle que nous voulons la faire aujourd'hui, différemment, en partant des combats communs que nous avons à mener. Je suis fière aussi que cette année, l'Assemblée comme les Sénats aient voté ensemble pour inclure l'absence de consentement dans la définition pénale du viol.

Au terme, là aussi, d'un travail transpartisan que tu as mené, chère Véronée Cruyton, avec Marie-Charlotte Garin, un travail transpartisan de très grande qualité qui devrait voir son aboutissement demain dans l'hémicycle avec le vote des conclusions de ce qu'on appelle une commission mixte paritaire. Un travail qui a été conduit également avec le Sénat, ne l'oublions pas, et je pense à Dominique Verrien et à la sénatrice Elsa Schalck. Résister, s'unir, agir, voici notre plan d'action. Ce travail parlementaire, il est essentiel, mais il ne suffit pas, car des parlementaires, aussi engagés soient-ils, ne peuvent agir seuls.

Ce combat requiert la mobilisation, l'engagement le plus large de la société. Et c'est la raison pour laquelle je me réjouis de voir à nos côtés, ici rassemblés, tant de partenaires onusiens et institutionnels, d'associations, de fondations, d'ONG, comme je me félicite que notre deuxième table ronde portera justement sur ce rôle crucial et capital de la société civile. Oui, vous, associations, ONG, bénévoles, vous êtes les expertes, vous êtes les sentinelles sur le terrain, celles qui savent, celles qui alertent, celles qui agissent. Nous avons besoin de vous, besoin de cette société de l'engagement que vous portez.

Mesdames et Messieurs, il y a 80 ans et un jour, les Françaises votaient pour la première fois à des élections nationales. Elles élisaient les 33 premières députées. Nous leur avons rendu hommage hier dans l'hémicycle avec une triple apposition de plaque en l'honneur de trois anciennes vice-présidentes de l'Assemblée nationale, tout élue ce 21 octobre 1945, Mathilde Gabriel Péry, Germaine Pérol et Germaine Poinceau-Chapuis. Je vous invite d'ailleurs à découvrir dans la galerie des tapisseries qui se trouve juste derrière vous, notre exposition qui honore, qui honore ses pionnières, ses combattantes de l'égalité.

Dans deux jours, nous célébrerons également un autre anniversaire, celui de la grève historique des femmes islandaises en 1975. Et de cette journée, une participante, Vigdis Finbogadottir, tira cette conclusion simple, mais foudroyante. Les hommes ouvrirent enfin les yeux. Cinq ans plus tard, elle devenait la première femme au monde élue présidente au suffrage universel. Et nous voici réunis 50 ans après, pour que dans le sillage de ces pionnières, plus personne, jamais, ne referme les yeux sur cette ambition qui nous rassemble aujourd'hui et qui tient en un mot, égalité. Merci.

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Locuteur

Merci.

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