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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 17 août 2021 54 minContradictoireMixte

Voisins vigilants : la sécurité est-elle l’affaire de tous ?

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Présentateur

Vous les avez sûrement vus sur les routes des vacances, ces panneaux jaunes à l'entrée des villages, avec cet œil au milieu qui vous fixe, parfois noir, parfois bleu, comme pour dire « Hé toi, attention, je t'ai à l'œil ». La plupart du temps, désigné par le maire, citoyen volontaire, le voisin vigilant est censé rapporter à la police ou la gendarmerie tous les faits qu'il peut trouver suspects. Les détracteurs parlent de délation, les promoteurs répondent « Pas du tout, nous créons du lien entre voisins ».

Alors que la sécurité promet d'être l'un des thèmes de la campagne présidentielle à venir, alors que le président Macron a appelé lui-même à une société vigilante, voisin vigilant, la sécurité peut-elle être l'affaire de tous ? C'est la question qu'on se pose aujourd'hui dans le débat de midi. Thomas Chauvinaud, le débat de midi sur France Inter. Et on attend bien sûr sur l'appli ou sur le site de France Inter vos réactions, vos commentaires, vos questions aussi. Mais comme tous les jours, on commence l'émission en ouvrant le journal « Les Célibérations » qu'on feuillette en ce mardi 17 août. Avec vous, Arnaud Vollerin, bonjour. Bonjour.

Vous revenez dans votre journal sur le dernier procès Khmer, le dernier responsable survivant, en tout cas important, à être jugé. C'est un procès qui a commencé lundi. C'est un procès en appel d'ailleurs. C'est un procès, on l'appelle effectivement de Kyus Enfant, le dernier dirigeant des Khmer Rouges. Ce régime ultra-maoniste génocidaire qui, entre avril 75 et janvier 79, a exterminé près de 2 millions de personnes, de Cambodgiens. Donc près d'un quart de la population du pays à ce moment-là. C'est un procès effectivement historique puisque Kyus Enfant est l'ancien chef de l'État, du Kampuchea démocratique, comme on le disait à l'époque.

Et c'est le premier ancien chef d'État au monde d'ailleurs qui a été condamné en première instance pour génocide à l'encontre d'une minorité musulmane, les Tchams au Cambodge, et également à l'encontre des Vietnamiens. Alors, il a aujourd'hui 90 ans et ce procès pose bien aussi la question de la justice qui, même plus de 40 ans après les faits, doit continuer à faire son œuvre. Oui, c'est ça.

Alors, effectivement, on peut s'étonner que cette justice intervienne si tardivement, puisque les faits se sont passés entre, il y a 45 ans à peu près, entre 45 ans et 40 ans, et que la compétence du tribunal, effectivement, court d'avril 75, quand la capitale est prise par les Khmerou jusqu'à janvier 79, quand le régime tombe à la suite de l'offensive des Vietnamiens qui envahissent le pays. Et effectivement, ça a mis beaucoup de temps et c'est un regret.

C'est dû à la fois au fait que les Chinois ne voulaient pas d'un procès, les Américains non plus, puisqu'ils avaient peur, les Américains, d'être rattrapés par la justice à cause de leur bombardement massif sur le Vietnam, mais également sur une partie du Congo, je vous passez les combattants vietnamiens. Et les autorités du Premier ministre et du gouvernement Heng Sen n'ont pas voulu pendant très longtemps également. Mais finalement, ça a démarré tardivement en 2007 et il y a eu, effectivement, pour l'instant, en tout cas, trois personnes qui ont été jugées. Donc, il y a Nguyen Chi qui a été condamné il y a deux ans, avait aux côtés de Kyo Sampan en première instance.

Et puis, il y avait également condamné le bourreau de S21, la machine de mort Khmer Rouge qui était installée dans la capitale et qui a tué lui, Duc, qui était le dirigeant de ce centre de torture, où ont été tuées à peu près 13 000 personnes. L'essentiel, c'était des gens, d'ailleurs, du mouvement Khmer Rouge qui sont passés par là et qui sont morts. Et Kyo Sampan, l'accusé, 90 ans, je le répète, n'a reconnu aucun des faits qui lui sont reprochés. Il dit, non, je ne savais rien, je ne savais rien. Oui, c'est effectivement sa stratégie de défense depuis le début, depuis la fin de la chute du régime.

Il y a une formule, d'ailleurs, qui est assez juste, qui est employée par Francis Desron, qui était un journaliste qui a longtemps enquêté, pendant 30 ans, sur les Khmer Rouges et qui disait que Sampan est celui qui voit mais qui ne veut pas savoir. C'est-à-dire, toute sa stratégie de défense après 79 a été de dire, ce n'est pas moi, c'est les autres, c'est Pol Pot, donc le dirigeant des Khmer Rouges, c'est Yang Sari, l'ancien ministre des Affaires étrangères, c'est Sun Sen, le chef de la police, c'est Tamok, l'un des grands bouchers qui a exterminé des milliers de personnes, mais ce n'est jamais moi.

Or, les faits sont là, ils sont têtus et ils se rappellent à nous et que tous les chercheurs qui ont travaillé sur cette période le savent très bien, à commencer par Ben Kiernan, d'ailleurs, que j'interview dans cet article qu'on publie aujourd'hui dans Libération, il montre très bien qu'à de très nombreuses réunions, que Sampan était présent, des réunions où ont été décidées des purges, des réunions où ont été décidées de prendre des décisions pour déplacer des gens, etc.

Donc, il y a effectivement une responsabilité qui est avérée, qui est prouvée déjà, et que si effectivement Kyo Sampan n'était pas parmi les grands dirigeants de la machine Khmer Rouges, la machine à tuer, il était quand même dans les dix premiers. Donc, c'était vraiment quelqu'un qui a une responsabilité dans ces massacres qui ont tué non plus de millions de personnes. Et c'est le dernier vivant, vous le rappelez, dans l'article. Eh bien, merci Arnaud Volérin. Cet article, donc Kyo Sampan, un dernier procès pour la terreur Khmer Rouge, c'est à retrouver aujourd'hui dans Libération de ce mardi 17 août. Merci à vous, bonne journée. Merci à vous, au revoir. Au revoir.

5:42
Invité

Les voisins vigilants. Le concept vient des Etats-Unis. Le dispositif existe à Marseille depuis 2012. Il permet de lutter contre les cambriolages pendant les vacances. Il s'appuie sur des riverains aptes à alerter les autorités en cas de comportement anormal. Vincent Marcel, Francis dit César.

6:01
Présentateur

Mauvaise surprise pour Daniel Morin. Pendant ces vacances, des individus sont entrés sur sa propriété.

6:06
Invité

Par là, ils ont grimpé ici. C'est les voisins qui sont arrivés, qui ont crié, qui sont rentrés. Et les gamins, ils sont repartis à fond de la caisse.

6:15
Présentateur

Françoise coordonne le réseau. Tous les jours, elle patrouille depuis chez elle ou dans la rue.

6:19
Invité

J'estime que chacun peut être acteur de sa propre sécurité. Il suffit qu'il ait les yeux grands ouverts, qu'ils puissent voir ce qui se passe à un certain moment. Ça peut être du voile à l'arraché, ça peut être du carjacking. On peut tous être témoins de quelque chose et savoir prendre les renseignements, les collecter, les envoyer.

6:35
Présentateur

Extrait d'un reportage diffusé sur France 3 Marseille dans le 19-20. C'était en juillet 2019. Quatre invités pour s'intéresser aux voisins vigilants aujourd'hui et tenter de saisir ce qu'il y a derrière ces panneaux. Juliette Méadel, qui est présidente du premier groupe d'opposition à la mairie de Montrouge. Mathieu Vallée, commissaire de police et porte-parole du syndicat indépendant des commissaires de police. Bonjour. Thierry Chichat, qui est président des voisins vigilants et solidaires. Bonjour, monsieur. Et Virginie Maloché, qui est sociologue à l'Institut Paris Région. Peut-être en quelques mots, Virginie Maloché, quelques mots très simples. Bonjour.

Est-ce que vous pouvez nous dire comment fonctionne la participation citoyenne de ces voisins vigilants ?

7:14
Invité

Oui, alors, pour le dire très simplement, ce sont en fait des réseaux, des groupes d'habitants qui se constituent à l'échelle du voisinage, à l'échelle du quartier, avec un rôle qui est de veiller sur leur zone résidentielle, pour le dire comme ça, et d'informer les forces de l'ordre de tout fait particulier. Ça, c'est comme ça que c'est formulé sur les plaquettes officielles. Tout fait particulier, quand on ne parle pas, la question reste grande verte. Enfin, on saisit quand même l'esprit de la démarche. J'ajoute une précision. Il y a deux formules, si je puis dire. Il y a deux modalités à distinguer. D'une part, un dispositif officiel, dite participation citoyenne.

Ça a été labellisé tel quel par le ministère de l'Intérieur en 2011. Donc, ce dispositif de participation citoyenne, il est localement supervisé par les forces de l'ordre et par le ou la maire. Ça permet de désigner des habitants référents sur base de volontariat. Bon, voilà. D'après les derniers chiffres communiqués, il y aurait 5600 communes à la Grosse Louche qui se sont dotées d'un dispositif de ce type-là. Beaucoup plus en zone gendarmerie, d'ailleurs, qu'en zone couverte par la police nationale. Et puis, de l'autre côté, et j'entendais que vous avez Thierry Chicha sur le plateau, le président de la société Voisins Vigilants et Solidaires.

D'un autre côté, on a des groupes de résidents, des communautés de voisins vigilants au sens propre, j'allais dire. Là, ce sont des résidents qui se fédèrent, qui s'unissent par l'entremise d'une plateforme web qui est donc cette plateforme gérée par une entreprise privée qui offre un système d'alerte SMS, quelques autres fonctionnalités.

8:59
Présentateur

Donc, deux systèmes, en tout cas, un public et un système privé. Mathieu Vallée, vous êtes commissaire de police. Est-ce que ces systèmes sont efficaces ? Ça a le mérite d'exister. Après, quand on veut évaluer un dispositif, il suffit d'aller au résultat, comme on dit chez nous. Donc, l'élucidation des commandes de l'âge se fait très rarement sur la base des renseignements communiqués par ces dispositifs, qu'on les appelle participation citoyenne ou voisins vigilants.

C'est-à-dire que les gens, effectivement, lorsqu'ils constatent un comportement anormal ou un véhicule qui n'a pas l'habitude de circuler dans le quartier en question, ou encore des difficultés, ils font d'abord le 17 police secours. C'est ce qui permet, lorsqu'ils constatent, par exemple, des individus en train de fraquer une porte ou en train de casser une fenêtre, de pouvoir faire intervenir les fonceurs rapidement. Après, les renseignements en amont qui peuvent être communiqués. Souvent, il y a une adresse mail, un numéro de téléphone dédié à une personne référente au sein du commissariat qui s'occupe du dispositif. Ça permet de recurrir du renseignement. Et votre intervenante a raison.

On a ce dispositif qui est mis en place dans les petites et moyennes villes, dans les grandes agglomérations, comme Paris, par exemple. Le dispositif ne serait pas opérant parce que les gens ne se connaissent pas, parce que c'est trop grand, et parce que la couverture géographique et de population est beaucoup trop grande pour qu'on ait un dispositif qui soit adapté. Mais il ne s'agit pas forcément d'élucider, il s'agit aussi de prévenir ?

La prévention, elle se fait d'abord par les patrouilles que les commissaires ou les commandants chefs de service orientent par rapport aux remontées des plaintes et aux informations que les policiers prennent tous les jours sur la voie publique en prenant contact avec la population.

Après, effectivement, comme on ne peut pas être partout à l'instant T, puis on ne peut pas mettre un policier derrière chaque citoyen, quand on a un habitant qui fait partie du dispositif et qui nous transmet des renseignements, c'est vrai que ça peut nous permettre, par exemple, de voir un véhicule inhabituel avec une plaque d'ématriculation, voir si c'est des gens qui rendent visite à des voisins, ou si bien c'est un véhicule qui fait du repérage pour des éventuels cambriolages.

Souvent, on constate, par exemple, que les spécialistes des cambriolages, que c'est souvent le ou les mêmes individus qui font 10, 15, 20 cambriolages sur une période assez déterminée, notamment les vacances, qui propice effectivement durant l'absence des propriétaires ou locataires à ce genre de fait, font une trace sur la boîte aux lettres ou viennent plusieurs fois en repérage pour vérifier que les gens ne viennent pas par des allées et viens, par de la présence dans les habitations.

Et là, ça peut effectivement nous mettre la puce à l'oreille et faire intervenir les policiers ou même, parfois, c'est vrai, organiser une planque par des effectifs en civil, comme la brigade anticriminalité ou comme des unités judiciaires en civil, mais ce n'est pas non plus la faille oméga de la lutte contre le cambriolage. Juliette Méhadel, vous êtes élue de l'opposition dans la ville de Montrouge, donc c'est à côté de Paris, et vous êtes catégoriquement opposée au projet du maire de faire participer justement les citoyens à la sécurité de la ville. Pourquoi ?

Parce que, d'abord, parce que Montrouge est une commune militrophe de Paris, qui est dans la zone de la préfecture de police de Paris, qui donc, en termes d'effectifs, des communes de sécurité ou de chambarmerie, n'a évidemment pas besoin d'en rajouter une couche. Donc, ça veut dire que, d'abord, en termes de moyens, je trouve ça totalement adhérent. D'ailleurs, vous venez de le dire, monsieur le commissaire de police, dans les zones qui sont des zones de forte agglomération, on n'a évidemment pas besoin d'avoir recours à ce type de dispositif. D'abord, localement, c'est inopérant.

Et puis, alors, en plus, à Montrouge, je le dis aussi, parce qu'il y a probablement de nombreuses communes qui sont dans ce cas-là, c'est une commune qui est surdotée en moyens de vidéosurveillance, et qui a, lui, qui est lié d'appui de police de l'Apard 2, et qui l'a également armé. Donc, vous voyez que là, on est dans une espèce d'inflation sécuritaire. D'abord, ça coûte de l'argent public, et en plus, ça ne sert à pas à grand-chose.

12:16
Invité

Après, il y a un problème, qui me semble être

12:19
Présentateur

un gros problème politique, que c'est qu'en combattant cette décision du maire, j'ai regardé la circulaire, la fameuse circulaire du 30 avril, qui était un petit critère qui a été adoptée par Christophe Castaner,

12:31
Invité

et qui, elle-même, me semble être, sur le fond, très choquante, parce qu'en fait, on fait semblant de dire qu'on va faire participer les citoyens, parce que c'est dans l'air du temps, mais en fait, on confond, en fait, la culture de la vigilance, de l'attention aux autres,

12:47
Présentateur

et de la citoyenneté, qui consiste à, être attentif à ce qui peut se passer autour de soi, avec la culture

12:54
Invité

de la surveillance. Donc, on confond vigilance et surveillance. Et on sort le coup, en fait, à nos principes, qui font compris nos principes en termes de fonctionnement de l'État. Encore,

13:07
Présentateur

l'État de droite, c'est la théorie générale de l'État, c'est lui qui assume les fonctions de sécurité. Donc, il est complètement scandaleux que le ministère de l'Intérieur se décharge de sa fonction de sécurité dans le public sur des citoyens. Si vous voulez, nous, en tant que citoyens, nous payons nos impôts parce que nous attendons l'État qu'il remplisse sa mission fondamentale qui est la protection. Nous voulons être associés aux décisions, c'est le principe de la démocratie, mais nous ne voulons pas, en tant que citoyens, remplacer l'État. ça n'est pas aux citoyens de faire le travail des fonctionnaires des policiers.

Alors, Thierry Chicha, justement, Thierry Chicha, vous êtes président des Voisins Vigilants et Solidaires. Est-ce que vous avez la sensation de remplacer l'État, comme vient de le dire Juliette Méadelle ? Non, pas du tout. L'idée du dispositif Voisins Vigilants, c'est au contraire, c'est de pouvoir aider finalement les forces de l'ordre à faire du mieux qu'ils peuvent leur travail. Il y a beaucoup de choses qui ont été dites déjà très rapidement. Oui, on a eu l'air pour en parler, c'est vrai. On peut.

...présentation du fonctionnement du dispositif Voisins Vigilants pour qu'il n'y ait pas de confusion avec les autres dispositifs qui peuvent exister et qui ont déjà été cités, notamment celui de participation citoyenne.

Si vous voulez, le fonctionnement du dispositif Voisins Vigilants, c'est un réseau d'entraide entre voisins qui, et ça me semble être un point très important, en s'appuyant sur des outils de communication, une application mobile, un système d'alerte par SMS, un site web, etc., va permettre d'une part de recréer de la convivialité dans le voisinage, c'est-à-dire que les gens, les voisins vont apprendre à se connaître et à s'entraider sur des thématiques même plus larges que celles de la sécurité, évidemment, et d'autre part de réduire efficacement les risques de cambriolage.

Moi, les seules données statistiques dont je dispose là-dessus, là, à se retourner pour le coup vers les forces de l'ordre, le ministère de l'Intérieur, c'est des chiffres qui ont une dizaine d'années et qui annonçaient entre moins 1 et moins 40 % de cambriolage dans les secteurs concernés. D'ailleurs, dans votre petit sujet d'introduction, vous annonciez une création du dispositif Boisins Vigilants en 2012. C'est faux, il s'agit d'un dispositif qui a été créé en 2002, qui existe du coup depuis... J'ai pas dit... J'ai dit généralisation, justement, parce que c'était généralisé en 2011 sous l'influence de Nicolas Sarkozy et de Claude Guéant qui était ministre de l'Intérieur.

Bon, qui a été créé en 2002, du coup. et en fait, le principe, si vous voulez, c'est que c'est donc un réseau qui est totalement gratuit pour les particuliers avec en effet la possibilité pour certaines municipalités qui le souhaiteraient d'avoir des options qui leur permettent d'envoyer des alertes de façon instantanée à tout l'ordre d'administrer, notamment sur des problématiques de plan communal, de sauvegarde, d'alerte inondation, de vague de cambriolage... Et qui là sont des options disons payantes. Mais combien de citoyens vigilants sont concernés par votre société ? Oui, bien sûr, j'y arrivais.

Donc en effet, un dispositif qui est totalement gratuit pour l'ensemble des citoyens et donc un dispositif qui concerne un million de Français, donc un million de personnes qui utilisent quotidiennement les outils d'alerte dont je viens de vous parler et 700 municipalités dans lesquelles ce dispositif est déployé. 700 municipalités qui ne sont pas forcément des municipalités de zone rurale. Je lisais, Madame Nadel, d'ailleurs, il y a certains propos que vous avez tenus sur lesquels je suis totalement d'accord avec vous. Mais une tribune que vous tenez sur votre site internet dans laquelle vous expliquez que le dispositif Votin Vigilant est déployé uniquement en zone rurale.

En l'occurrence, il est déployé notamment, pour vous citer, quelques-unes des communes de région parisienne, sur les communes d'Antonis, d'Anières, du Plessis-Robinson, de Meudon, de Sceau, de Cède. Mais pas initié par les mairies, Thierry Chicha ? Initié par les mairies, oui. Initié par les mairies ? Les communes que je vous donne, ce sont des communes qui ont initié le dispositif. Je pourrais vous citer aussi Gagné, Gagné, Gournay-sur-Marne, Le Blanc-Ménier, Livry-Gardin, Montfermeil, Nois-Ile-Grand, Ville-Pinte, etc. Alors, Juliette Méadelle vous répond puisque vous l'avez interpellé.

Oui, alors, simplement, ce que moi, je critique, c'est que, si vous voulez, l'esprit même de Voisin Vigilant, qui est votre organisation privée, moi, je ne rentre pas dans les détails d'une initiative purement privée, citoyenne, avec les outils numériques que vous montez en place, bon, ça, c'est votre affaire, si je puis dire. Si vous voulez, ce que je conteste, c'est lorsque les maires de communes urbaines importantes, et en particulier les mairies qui sont au Louis-Tropes de Paris, donc qui sont déjà dans un dispositif de sécurité nationale, lorsque les maires prennent l'initiative de déployer ce réseau. On n'est pas du tout dans la même configuration que la vôtre.

Vous, vous avez l'initiative, c'est votre liberté.

18:02
Invité

Moi, ce que je conteste, en tant qu'élu, en tant qu'enqu'enquête, c'est le ministre chargé de l'aide aux victimes d'attentats, donc je connais bien les questions de sécurité, ce que je conteste,

18:09
Présentateur

c'est qu'un maire s'appuie, en plus, sur un texte que je trouve contestable du ministère de l'Intérieur, pour se décharger de sa mission fondamentale et de sa mission principale. Et là où, je peux à la limite comprendre

18:26
Invité

que dans les petits communes rurales, parce qu'il n'y a pas assez de gendarmes, parce qu'il n'y a pas assez de portes de l'ordre,

18:33
Présentateur

on peut ponctuellement se dire que si jamais on assiste à un cambriolage ou à quelque chose dans un réseau ou des airs, bien, il est effectivement assez naturel d'appeler les copiers ou éventuellement la gendarmerie, même si on assiste à un événement violent, ça, c'est le devoir de tout citoyen, il n'y a pas besoin d'un texte pour ça. On prévient, parce qu'on aide, c'est de l'entraide, ça peut être même de la non-assistance à personne en danger, ça, c'est un devoir moral.

Il n'y a pas du tout la même chose que d'organiser ce que j'appelle volontairement et de façon provoquante une milice citoyenne qui consiste pour un maire d'une commune qui n'en a pas besoin à recruter parmi ses amis, parce que, vous voyez, par exemple, en rouge, il est écrit dans le texte que le maire va sélectionner sur les critères d'honorabilité sa petite milice personnelle qui participera d'ailleurs aux réunions de sécurité

19:24
Invité

avec toutes les forces de l'ordre et les représentants de l'État, qui aura donc accès à des informations, qui pourra d'ailleurs et rien ne l'en empêche se doter d'un uniforme, pourquoi pas être armé et donc on est, si vous voulez,

19:39
Présentateur

dans une dérive avec... Enfin, être armé, vous avez d'ailleurs employé, je dis d'être mais Adèle, le mot milice, mais personne ne parle de l'armement aujourd'hui de ces citoyens vigilants.

19:47
Invité

Mais vous avez raison, pour le moment, personne n'en parle, mais le texte ne l'interdit pas,

19:53
Présentateur

donc évidemment qu'il faudra demander une autorisation à l'État, mais si vous voyez par exemple la dérive dans notre pays où de plus en plus maintenant les polices municipales sont armées, d'ailleurs c'est encouragé par le ministère de l'intérieur, alors ça c'est un secte, bon très bien,

20:06
Invité

donc on a une police nationale qui est dotée, une police municipale

20:10
Présentateur

qui est de plus en plus armée un peu partout en France et donc maintenant on veut avoir en plus des citoyens qui vont surveiller ce que c'est ça dans le texte, qui vont transmettre des informations, qui vont régulièrement rencontrer les gendarmes

20:22
Invité

et la police ainsi que le maire qui, comme le dit le texte du nom, qui vont assurer la sécurité intérieure et extérieure de la ville. Donc ces vices vont mettre en oeuvre la politique de sécurité. Je vous cite le texte qui est donc

20:39
Présentateur

la circulaire du ministère qui fonde la création de ces milices. Elles vont donc mettre en oeuvre. Mathieu Vallée, est-ce que vous avez la sensation, vous êtes commissaire de police, que ces voisins vigilants peuvent devenir des milices ? Non mais il y a beaucoup de choses de ce que Mme Hédale dit dans ses propos qui ne sont pas exacts. La première chose c'est que la vidéoprotection elle relève des communes à part pour la spécificité parisienne c'est la préfecture de police par le plan PVPP donc le plan de vidéoprotection d'un préfecture de police qui en a la charge. On a besoin aujourd'hui des caméras. Pourquoi ? Parce qu'elles peuvent prévenir.

Ça permet à un opérateur souvent en centre de supervision urbain de visualiser plusieurs caméras en même temps donc ça permet dans les zones couvertes de déceler des comportements étranges ou des personnes qui viennent s'adonner à des infractions. La deuxième chose c'est les polices municipales elles ne sont pas en remplacement des policiers ou des gendarmes elles sont complémentarités et là où je ne suis pas d'accord avec Mme Hédale c'est qu'il faut armer ces polices municipales. Pourquoi ?

Parce qu'il suffit de regarder la ville de Nice lorsqu'il y a eu un attentat l'année dernière dans une église les primo intervenants ceux qui étaient les plus proches même si les policiers de Nice sont intervenus rapidement c'était les policiers municipaux face à un individu qui avait un couteau qui avait blessé et tué des gens dans une église et que si les policiers municipaux ne sont pas armés c'est délivré à un danger permanent sur la voie publique. Aujourd'hui tous ceux qui portent un uniforme y compris les pompiers sont des cibles et donc c'est important qu'ils soient armés donc armés pour se protéger pour protéger autrui.

Maintenant il n'y a pas de milice en France il n'y a aucune milice moi je trouve bien que des gens désignés qui prennent la responsabilité collective de pouvoir transmettre des informations participer à des réunions d'informations évidemment que dans ces réunions on va transmettre aucun renseignement lié aux affaires judiciaires à des personnes en particulier parce que d'abord on est des professionnels on est des républicains et qu'il y a le secret de l'enquête et de l'instruction et surtout parce que à part le procureur de la République les policiers ne sont pas amenés à s'exprimer sur des affaires en elles-mêmes ou dans le contenu des affaires et puis si on a un souci ou une inquiétude sur une personne on ne va évidemment pas faire part de cette inquiétude en réunion et enfin je vais terminer il serait bien de faire confiance entièrement à notre police républicaine en réalité les policiers aujourd'hui lorsqu'ils s'appuient sur les voisins vigilants moi je trouve ça bien que les policiers communiquent avec la population parce que aujourd'hui on a besoin de tout le monde pour assurer la sécurité et ce n'est pas faire de la délation ou faire des milices il n'y a personne qui sera armé il n'y a personne qui remplacera les forces de l'ordre il n'y a personne qui fera une interpellation à notre place encore une fois il faut appeler les professionnels et c'est ce qu'on dit à chaque fois et Mme Médel a la raison ils font 17 police secours et pas les pompiers sur franceinter.fr Roland nous écrit bonjour je suis référent citoyen vigilant pour mon quartier j'ai trouvé votre présentation de ce matin presque caricaturale alors c'est vrai ce matin dans le 7-9 de France Inter j'ai présenté ce qu'était le voisin vigilant avec toutes les questions que ça pouvait supposer cette démarche a apporté de la tranquillité dans notre quartier nous dit Roland marqué par les exactions d'une famille dysfonctionnelle et d'un squat qui dure depuis septembre 2019 on a l'impression d'être considéré par la mairie et par la police municipale et nationale je trouve que ce dispositif serait très rassurant et Félix à l'inverse lui dit nous dit bonjour pour moi voisins vigilants sont des voisins réacs qui n'aiment pas les étrangers ou les jeunes ou le bruit qui n'aiment pas grand chose en fait du moins rien qui vienne perturber leur petit quotidien la sécurité peut-elle être l'affaire de tous c'est la question qu'on se pose dans le débat de midi avec vous aussi n'hésitez pas à nous laisser vos commentaires vos questions vos réactions sur le site de l'émission ou sur l'appli de France Inter dans quelques instants nous serons au téléphone avec un maire en Savoie qui vient de créer son propre réseau de voisins vigilants vous êtes bien sur France Inter il est 12h28

23:53
Locuteur non identifié

extrait du tout nouvel album

27:10
Présentateur

très attendu du rappeur irlandais Régit Snow relax et ben on l'est relax du moins on essaye de l'être bel été à vous il est midi 31 le débat de midi à retrouver pendant tout l'été à midi sur France Inter et en podcast sur France Inter 4 invités aujourd'hui pour s'intéresser aux voisins vigilants Mathieu Vallée qui est commissaire de police Thierry Chicha président des voisins vigilants et solidaires Juliette Méadelle qui est présidente du groupe d'opposition à la mairie de Montrouge et puis Virginie Maloché qui est sociologue à l'institut Paris Région et ces messages qui continuent de nous arriver sur l'application de France Inter Benjamin nous dit le responsable des voisins vigilants dit que ce dispositif gratuit c'est faux ce dispositif est gratuit c'est faux les villes signent des conventions et paient parfois plusieurs milliers d'euros pour l'installation des panneaux Patrice nous dit bonjour lorsque nous partons en vacances les voisins s'occupent de notre maison et c'est pareil lorsqu'ils partent pas besoin de passer par des sociétés qui vivent de la peur de voir de la délinquance se développer et puis Julien nous dit n'est-il pas problématique de vouloir recréer du lien social par la peur plutôt que par l'entraide et c'est une vraie question que pose Julien Virginie Maloché

28:17
Invité

Oui oui oui vraie question en effet c'est vrai que cet argument du lien social et de la cohésion est souvent mise en avant par les voisins vigilants ou par les personnes qui adhèrent au dispositif de participation citoyenne donc il faut les entendre c'est une motivation en même temps effectivement les ressorts de cette cohésion pour le dire comme ça peuvent interroger parce que c'est une cohésion ce sont des réseaux qui se constituent sur une logique d'abord sur un mode de l'entre-soi le plus souvent parce que les voisins ont souvent des profils assez similaires et puis aussi sur une logique de protection du quartier de détection de l'intrusion et de ce point de vue là ça peut interroger je voulais réagir à la fois aux propos des intervenants et aux réactions de vos auditeurs qui je trouve montrent bien à quel point cette idée de la participation citoyenne dans le champ de la sécurité ne va absolument pas de soi a fortiori dans le contexte français parce que voilà parce qu'on a un modèle d'organisation sociale qui est fondé sur un état fort qui a pu conforter cette idée très prégnante dans notre imaginaire que la sécurité c'est d'abord et avant tout l'affaire de l'état c'est pas forcément perçu comme ça dans bien d'autres pays comparables et puis aussi parce que traumatisme de la seconde guerre mondiale de la collaboration qui rend à priori suspecte toute éventualité de participation bon ce sujet cristallise des oppositions fortes et on les entend c'est pas un sujet consensuel je voudrais simplement dire que d'un point de vue juridique d'abord le cadre légal en France est quand même assez strict et clair ce qui n'empêche de discuter du fondement des valeurs des orientations de ces réseaux là moi je suis là ni pour les promouvoir ni pour les dénigrer je m'intéresse juste à ce que c'est le cadre légal d'isager est strict c'est à dire que en France le code de la sécurité intérieure interdit le port d'armes par des particuliers et proscrit toute association ou tout groupement de faits qui pourrait présenter les caractères d'une milice privée de ce point de vue là voilà on a une législation une législation stricte et il faut il faut probablement s'en réjouir et puis d'un point de vue plus pratique plus factuel j'ai envie de dire que c'est quand même intéressant d'aller regarder de près comment ça fonctionne et finalement souvent ces réseaux que ce soit le dispositif officiel ou les voisins vigilants ce dont on se rend compte c'est d'une part qu'ils ne trouvent pas toujours leur public que même si le maire ou la maire veut monter un dispositif de participation citoyenne et bien c'est pas gagné de trouver des habitants volontaires et là encore ça témoigne des réticences finalement et peut-être du défaut d'utilité perçue sur ce type de dispositif c'est aussi difficile une fois qu'ils sont constitués ces réseaux de les faire vivre tout simplement de les animer et de les pérenniser faute d'utilité avérée

31:17
Présentateur

nous sommes justement au téléphone avec Yves Husson bonjour monsieur oui bonjour monsieur vous êtes le maire de Chana en Savoie 530 habitants et vous avez créé votre propre réseau de voisins vigilants pourquoi ?

31:31
Invité

oui alors en fait l'initiative est venue d'habitants de deux secteurs de deux hameaux de la commune l'un donc nous a proposé d'acheter le panneau en conséquence etc et puis sur l'autre secteur c'est une conseillère municipale qui s'est fortement mobilisée pour souscrire à cette à cette initiative de voisins vigilants alors initialement on parlait de de veiller à une délinquance à veiller à des cambriolages à veiller sur des véhicules qui seraient suspects qui circuleraient dans les hameaux concernés ou qui s'arrêteraient qui observeraient etc etc je crois que c'est à partir de ce constat d'une délinquance qui a qui a permis donc à ses habitants de créer ces deux actions alors aujourd'hui alors bon certes c'est une commune qui n'a que 530 habitants mais qui reçoit 250 000 visiteurs donc on pourrait penser que ce serait propice au développement de la délinquance or ça n'a pas été le cas donc je n'ai pas de bilan sur cette thématique de la délinquance parce que déjà avant il n'y avait pas de cambriolage

32:56
Présentateur

alors pourquoi dans ce cas créer ces voisins vigilants

32:59
Invité

voilà alors pourquoi l'objet c'était la surveillance de la délinquance mais pour nous en tout cas c'est allé beaucoup plus loin que cela puisque Ah

33:14
Présentateur

Yves-Uson Yves-Uson j'ai l'impression on vous a retrouvé on vous a perdu ça coupe un petit peu

33:21
Invité

Ah oui parce que c'est sur le portable ça permet de réactiver une discussion entre les habitants donc important ça permet aussi de développer une certaine solidarité dans les hameaux souvent éloignés du chef-lieu et des services et pour le coup vous avez des habitants nécessiteux qui sont un petit peu pris en charge pour aller faire des courses au supermarché

33:48
Présentateur

voilà chez le médecin donc de l'entraide et pas forcément lié à la vigilance c'est ça que vous voulez dire c'est plutôt un réseau d'entraide

33:56
Invité

Eh bien écoutez par ce regroupement par cette discussion il était créé la fête des voisins à laquelle j'ai assisté évidemment avec grand plaisir et ce qui nous a permis effectivement ce qui a permis aux gens d'échanger avec le maire de façon tout à fait directe des contrats

34:14
Présentateur

Voilà on vous a encore perdu la ligne n'est pas très bonne merci Yves-Uson d'avoir en tout cas présenté présenté ce dispositif voisin vigilant plutôt sous le mode de la festivité puisque vous vous êtes retrouvée pour faire la fête c'est aussi ça Virginie Maloché vous êtes sociologue c'est voisin vigilant

34:34
Invité

ça peut l'être en tout cas moi parmi les voisins vigilants que j'ai pu interroger une fois de plus c'est un argument qui est souvent mis en avant c'est un argument qui est aussi utilement repris par les sociétés privées ou par les pouvoirs publics pour légitimer en quelque sorte ce type d'initiative et redorer le blason de dispositifs qui peuvent être controversés voilà comme tout dispositif tout dépend de la manière dont on s'en empare et de ce que l'on en fait après il n'empêche que le fondement initial c'est quand même un objectif de lutte contre la délinquance contre les cambriolages c'est comme ça que c'est affiché que c'est motivé et de ce point de vue là mais vous l'avez évoqué tout à l'heure il est très difficile de juger de l'impact réel de ces réseaux faute d'évaluations systématiques et rigoureuses

35:24
Présentateur

Thierry Chichaille il y a peu de temps vous avez signé un partenariat avec la police nationale en quoi consiste-t-il exactement ?

je vais vous répondre mais donnez-moi juste deux minutes pour répondre à tout ce qui a été dit vous savez si tout le monde commence à répondre à tout ce qui a été dit on ne va jamais pouvoir s'en sortir oui je comprends mais en même temps on est là pour avoir un débat et s'il y a beaucoup d'erreurs qui sont dites je vais essayer de les corriger rapidement Madame Méradette vous parliez tout à l'heure d'un dispositif mis en place sur la commune de Montrouge qui ne vous satisfait pas je n'entends pas de soucis je tiens à préciser de façon extrêmement ferme que le dispositif qui est mis en place sur la commune de Montrouge n'est pas le dispositif voisin vigilant c'est peut-être une copie une mauvaise copie enfin tout ce que vous voulez mais c'est pas voisin vigilant et solidaire qui est mis en place à Montrouge donc il y a pas mal de personnes qui sont interviewées dans le cadre de ce débat qui confondent allègrement voisin vigilant et d'autres dispositifs qui ne fonctionnent pas sur le même c'est peut-être aussi ça pose aussi une question justement c'est qu'il y a beaucoup de dispositifs différents effectués par le maire de la commune voilà juste pour répondre sur ce point là il a été dit on a parlé de milices de patrouilles de dispositifs payants tout ça est évidemment faux et donnez-moi juste une seconde pour bien expliquer ce qu'est le dispositif voisin vigilant parce que c'est quand même le coeur du débat et je pense qu'on n'a pas encore bien expliqué à vos auditeurs je voudrais vous prendre un exemple quand quelqu'un vient sonner à votre porte pour vous proposer un service de nettoyage de toiture par exemple alors que votre toiture elle est nickel la personne qui vient sonner chez vous elle n'a pas d'équipement elle a une camionnette qui est immatriculée à l'autre bout de la France il n'a pas de carte de son entreprise et il insiste très lourdement pour rentrer chez vous là vous avez pour moi deux comportements possibles un premier comportement qui est de lui dire non merci je ne suis pas intéressé par votre service c'est vraisemblablement du faux démarchage et un deuxième comportement possible qui est de lui dire non merci je ne suis pas intéressé par votre service et dans la seconde qui suit de prévenir les autorités compétentes pour intervenir de police ou de gendarmerie ou éventuellement de police municipale évidemment et de prévenir son voisinage parce que le gars il va aller sonner dans les maisons du voisinage dans les minutes qui suivent et vous vous êtes pas à savoir mais il y a fort à parier que la petite mamie qui est veuve isolée et qui est très accueillante elle invite à boire le café et qu'elle soit victime d'une escroquerie ou de repérage on a compris le principe de fonctionnement Thierry Chicha Mathieu Vallée vous êtes commissaire de police est-ce qu'il y a besoin de passer par un dispositif public ou privé tel que les voisins vigilants ou la participation citoyenne pour que finalement le citoyen prévienne les forces de police qui en général décide de prévenir dans ces cas-là dans des cas suspects les forces de police non mais votre sociologue a la raison on a un problème de délitement d'une association dans notre pays aujourd'hui les gens ne se parlent plus on voit d'ailleurs que pour des problèmes aujourd'hui de voisinage de différents entre particuliers avant les gens venaient se parler puis régler ça entre eux maintenant on fait systématiquement un appel au service de police et puis pour être précis aussi le système payant qui permet effectivement de fluidifier l'information de prévenir les gens qu'il y a des démarcheurs ou des personnes malveillantes qui puissent se présenter à des domiciles c'est complémentaire maintenant on a un dispositif dans la police nationale et dans la gendarme russie qui s'appelle opération tranquillité vacances puisque j'ai écouté ce que vos auditeurs vous faisaient remonter par le biais de vos sites et de vos moyens de communication c'est que c'est très simple quand vous partez en vacances vous allez vous présenter au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie vous dites par exemple du 10 août au 20 août je suis en déplacement dans le Var en vacances si vous êtes par exemple parisien ou même nordiste ou dans une autre région et je ne serai pas là durant cette période je vous donne mes coordonnées et de cette manière deux choses les policiers les gendarmes savent que vous n'êtes pas là et tous les jours il y a un véhicule à des horaires différents qui va passer près de votre domicile pour s'assurer que tout va bien et s'il y a un sujet pardon et bien les services de police ou gendarmerie vous préviendront directement depuis votre lieu de villégiature de vacances ce qui permet quand même d'avoir un lien rassurant d'abord que les policiers passent à votre domicile tous les jours et qu'ensuite s'il y a un souci vous ne soyez pas obligés d'attendre de revenir de vos vacances ou d'attendre qu'un voisin vous prévienne si jamais il y en a encore un présent durant cette période estivale pour qu'on puisse vous dire il y a eu un sujet ou un souci qui n'en a quasiment plus où l'individualisme règne sur le collectif après sur le dispositif que le responsable de voisin vigilant évoque effectivement ça peut aider les services de police maintenant sur la résolution des cambrayages je parle en tant que professionnel c'est pas l'alpha et l'oméga mais effectivement ça permet d'améliorer la communication et le lien entre les gens et aussi la prévention sur franceinter.fr fournel nous dit notre hameau est abandonné et voisin vigilant et ça nous permet pardon notre hameau est abonné c'était mal écrit à voisin vigilant et ça nous permet de nous signaler rapidement de signaler rapidement les événements autour de nous des soi-disant élagueurs et autres marchands de tapis chiens errants etc les cambrioleurs se transmettent les bonnes adresses nous faisons de même et puis Adèle qui nous écrit il est très juste il est juste oh là là là encore c'est mal rédigé pardon Adèle il ne faut pas confondre vigilance et surveillance la vigilance est naturelle il est naturel d'appeler la police lorsqu'on voit une effraction par exemple il n'est pas nécessaire de créer un réseau pour ça créer un climat de surveillance et de délation c'est tout à fait autre chose Juliette mais Adèle oui ce que je voulais dire d'ailleurs pour être clair et pardon si la liaison je disais c'est que moi je suis contre la circulaire du ministre de l'Intérieur de 2019 de Christophe Castaner qui fonde ce dispositif de participation citoyenne je suis contre et d'ailleurs je l'ai attaqué devant le président administratif le 3 août dernier parce que la culture l'esprit du texte ça n'est pas de favoriser la complémentarité avec les forces de l'ordre j'entends bien les politiciens et les politiques ça n'est pas du tout l'esprit du texte l'esprit du texte c'est de demander aux citoyens de remplir une mission de sécurité à telle en fait

41:08
Invité

que c'est d'ailleurs totalement contraire aux droits français il y a un arrêt du conseil d'état qui dit bien qu'on arrête 1932

41:17
Présentateur

il dit bien que la police notamment la police municipale ne peut pas être déléguée à des personnes privées alors il y a vous pouvez dire qu'il y a des dispositifs d'entraide etc privés mais ça n'est pas le sujet le sujet de la participation citoyenne le sujet circulaire du ministre de l'Intérieur c'est de confier des missions de sécurité à des citoyens les mots sont des mots d'enfance pour ne pas se tromper on parle bien d'exécuter une mission de sécurité on parle même d'assurer la sécurité à l'intérieur et à l'extérieur de la ville on parle même d'améliorer je l'ai sous les yeux d'améliorer l'efficacité des interventions de la police on parle de développer je cite encore une culture de la prévention de la délinquance mais ça c'est le travail des forces de l'ordre et c'est un travail difficile qu'il s'agit de la police nationale ou de la police municipale ils sont formés ils sont assermentés ils sont encadrés par le droit donc tout ça c'est une mission qui appartient à l'autorité publique et qui ne peut en aucun cas être déléguée à des citoyens Virginie Maloché vous qui êtes sociologue est-ce que Virginie Maloché attendez pardon je voudrais poser justement la question à Virginie Maloché la faire répondre à ce que vous venez de dire est-ce que pour la sociologue que vous êtes il y a une délégation de ce service public en effet qui est la protection des citoyens avec ce type de service

42:53
Invité

je ne dirais pas une délégation de la protection des citoyens dans un sens aussi strict en revanche que l'on observe de manière assez nette ces dernières années en France mais comme dans la plupart des pays comparables c'est effectivement un partage accru je vais dire ça comme ça des missions de surveillance et de sécurisation au sens large penser à la montée en puissance des polices municipales ça a été évoqué penser évidemment à l'essor et à la légitimation du secteur de la sécurité privée il y a clairement un mouvement de pluralisation comme ça des politiques et de la production de sécurité et de ce point de vue-là d'ailleurs la notion de sécurité globale qui a été très discutée autour de la loi du même nom récemment vient signifier ces évolutions-là après dans le cas français une fois encore la participation des citoyens précisément à cet effort de surveillance je ne sais pas comment il faut l'appeler collective et de sécurité reste quand même très encadrée et bien moindre et c'est heureux d'ailleurs que dans plein d'autres pays où des groupes constitués de citoyens effectivement jouent aux policiers et aux justiciers voilà on n'est pas dans ce cadre-là en France et les pratiques militiennes ou vigilantistes sont en l'état actuel des choses et des textes clairement réprouvées et d'ailleurs les autorités veillent au grain de ce point de vue-là si les rivilias elles restent très rares et sont sanctionnées

44:22
Présentateur

on peut toujours néanmoins s'interroger sur ce qui est du régalien et ce qui ne l'est plus et se questionner aussi sur ce partenariat dont je parlais à l'instant qui a été signé de cette société privée par cette société privée avec la police nationale Mathieu Vallée-Wood qui est commissaire de police non mais on a un vrai sujet sur la sécurité privée je vais rebondir sur ce que dit la sociologue aujourd'hui le budget de l'état c'est la réalité c'est que les vaches sont maigres et qu'on ne peut plus demander aux policiers de tout faire les polices municipales elles sont systématiquement réjentées par des conventions entre le maire le préfet et les autorités de police pourquoi ?

parce que par exemple tout ce qui est tapage nocturne tapage dur différents légers liés à des copropriétés liés à des droits d'immobilier etc ça greffe le travail des policiers et qu'on ne peut pas être partout vous voyez bien qu'aujourd'hui on demande aux policiers de contrôler des passes sanitaires d'interpeller des cambrioleurs de se défendre la veuve et l'orphelin lorsqu'il y a des violences à la maison et tout ça fait qu'on ne peut pas démultiplier les policiers on peut ne pas être d'accord ou être d'accord mais c'est la réalité on peut évoquer des jurisprudences du conseil d'état de la cour de cassation mais au quotidien ce n'est pas ces instances qui sont confrontées à la dureté et à la difficulté des français et donc ces polices municipales elles sont en complémentarité moi j'ai été chef d'un commissarien c'est toujours agréable quand on a des polices municipaux qui peuvent par exemple intervenir sur des problèmes de stationnement des problèmes de salubrité publique des problèmes et les voisins vigilants ils sont complémentaires ?

mais les voisins vigilants je ne veux pas être désagréable avec le créateur de ce dispositif c'est un dispositif et le dispositif qui est aussi le dispositif national les deux voisins vigilants et participation j'ai envie de dire il y a Mme Médel qui se cristallise un peu sur la circulaire de M.

Castagnère qui d'ailleurs n'est plus mise à l'intérieur ça n'a échappé à personne mais sur la participation citoyenne mais ce n'est pas l'alpha et l'homoga et puis après il y a l'esprit de la note et puis il y a l'application de cette note dans la réalité on a des policiers qui font preuve de discernement et en aucun cas je remercie la sociologue d'avoir précisé il y a des substitutions par des milices privées ou par des citoyens qui seraient armés ou en tenue pour faire le boulot de la police parce que d'abord ils se mettent en danger et puis effectivement les policiers savent faire leur travail il faut je le dis j'en profite à vos auditeurs c'est pas naturel pour tout le monde quand vous avez une infraction en cours faites le 17 la sécurité peut-être l'affaire de tous et quelles sont les limites de l'exercice c'est la question du débat de midi aujourd'hui on attend toujours vos commentaires vos réactions sur le site de France Inter il est midi 50 et nous sommes ensemble jusqu'à 13h

46:29
Locuteur non identifié

quand j'ai marché dans l'allée des séquoias j'ai respiré en entier pour une fois et de toutes les pères d'avant avant la rivière a séché les voisins le silence les faiblesses de ma voix et habité mon propre corps pour la première fois j'ai marché dans l'allée des séquoias j'ai respiré en entier pour une fois

48:52
Présentateur

Pomme qui chante les séquoias la playlist de l'émission vous la retrouverez sur le site de l'émission Thomas Chauvino le débat de midi 4 invités pour parler des voisins vigilants aujourd'hui la sociologue Virginie Malochet le commissaire de police Mathieu Vallée Thierry Chicha qui est président des voisins vigilants et solidaires et Juliette Méadelle présidente du premier groupe d'opposition à la mairie de Montrouge et puis ces messages qui continuent de nous arriver sur l'application de France Inter Annaëlle nous dit bonjour dans une société qui tombe vers l'individualisme je trouve fort dommage que le seul lien qui puisse unir un quartier soit la peur la haine ou la méfiance Vincent qui est un peu dans le même état d'esprit pourquoi ne pas transformer voisins vigilants en voisins bienveillants c'est vrai ça Thierry Chicha pourquoi ça ne s'appellerait pas voisins bienveillants Le point quand même d'entrée du dispositif c'est la vigilance vis-à-vis des risques d'embriolage mais vous remarquerez que dans le nom de voisins vigilants c'est voisins vigilants et solidaires pour ne pas oublier tout ce volet de convivialité d'entraide de voisinage Pour revenir sur le point du partenariat avec la police nationale en effet il y a toujours un million de voisins vigilants en France depuis une vingtaine d'années 700 mairies et autant de police municipale et en effet depuis quelques mois la police nationale qui soutient ce dispositif je pense que tout ça est la preuve que ça fonctionne que ça apporte quelque chose que ça dissuade que ça rassure les personnes et d'ailleurs n'hésitez pas en tout cas à vos auditeurs de faire le test de vous rendre sur le site voisinsvigilants.org c'est totalement gratuit vous mettez votre adresse et vous allez voir si à côté de chez vous vous avez des communautés de voisins vigilants et je pense que je suis sûre la pub est passée Thierry Chicha la publicité est passée Thierry Chicha Virginie Maloché est-ce que justement ça fonctionne ce qu'il y a de curieux c'est que ce processus qui s'est vraiment généralisé à partir de l'année 2011 n'a rarement été étudié sur le fond

50:50
Invité

est-ce qu'on peut dire ça fonctionne c'est ce que je disais tout à l'heure c'est pas possible de dire parce que pas suffisamment documenté que ça fonctionne de manière générale quand on regarde d'un peu près comment ça se passe on se rend compte qu'il y a des dynamiques très inégales d'une communauté à l'autre d'une localité à l'autre donc là encore il faut s'intéresser aux usages aux pratiques réelles et voilà comme je vous le disais tout à l'heure l'un des points qui ressort très souvent moi ce sont des retours très fréquents que j'ai de la part par exemple des forces de l'ordre c'est qu'il est très difficile une fois ces groupes constitués de les faire vivre dans la durée et que de ce point de vue là ce sont des réseaux qui souvent se délitent d'une certaine façon parce que pour motiver des habitants à s'investir dans ce type de réseau encore faut-il qu'ils envoient l'utilité et ce n'est pas toujours évident mais là encore il y a des réseaux dans lesquels effectivement les habitants s'estiment très satisfaits de participer et effectivement d'être en lien avec d'autres voisins je voudrais quand même dire une chose qui me semble importante c'est que par-delà cette vision restrictive qu'on a souvent les pouvoirs publics la participation citoyenne dans ce champ de la sécurité tout de même ne saurait se limiter à ces modes de contribution très direct à la vigilance à l'ordre local pour le dire comme ça il me semble que la participation citoyenne en matière de sécurité elle devrait aussi et peut-être surtout toucher à la capacité de peser sur les politiques mises en oeuvre à la capacité d'agir sur la définition des problèmes la capacité d'obtenir des comptes de la part des pouvoirs publics et de ce point de vue-là s'agissant des affaires de sécurité très clairement le constat il est sans appel les modes de gouvernance de gouvernement même on peut dire restent très très institutionnels c'est-à-dire qu'il n'y a pas de place qui soit réellement faite aux citoyens dans la conduite des politiques de sécurité et ça à mon avis le citoyen peut être vigilant mais c'est tout

52:51
Présentateur

ça s'arrête là il n'intervient pas dans la politique en tant que tel Mathieu Vallée je rassure la sociologue effectivement à la raison il faut que les gens contribuent à la sécurité et on a besoin d'eux sans eux il n'y a pas de sécurité en France ce n'est pas les 140 3000 policiers et les 100 000 gendarmes qui peuvent assurer toute la sécurité eux-mêmes on a deux dispositifs concrets on a désormais les conseils de sécurité quotidien qui tous les 15 jours dans les commissariats se rassemblent avec des représentants des riverains et qui permet d'évoquer des sujets d'abord pour les faire connaître au pouvoir public et ensuite pour les suivre et désormais autour de la table on n'a plus que des policiers on a aussi l'éducation nationale on a aussi les bailleurs sociaux on a tous les acteurs au quotidien qui sont avec nous et la deuxième chose c'est qu'effectivement dès qu'on a un sujet les gens n'hésitent pas à nous contacter et chaque jour les policiers sont sur la voie publique au contact de la population ce qui est aussi du renseignement et bien merci à tous les quatre d'avoir été en direct aujourd'hui le débat de midi c'est fini mais on se retrouve demain mercredi jour de sortie des films le bon moment pour se demander si le cinéma n'est pas en train de mourir salle déserte film repoussé plateforme de VOD on attend déjà vos commentaires et vos réactions sur l'appli de France Inter c'est parti