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interviewC dans l'air· 31 juillet 2025 9 min

Palestine : "L’initiative de la France et l'Arabie Saoudite à l’ONU ne doit pas être sous-estimée"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

avec ce qui se passe actuellement. Au contraire, nous sommes tous ici profondément touchés par l'horreur à Gaza. - Il y a un sentiment de désespoir face à une situation qui ne prend pas fin et qui est purement politique.

Plus la guerre dure, plus elle sert la survie du gouvernement et du Premier ministre. - Après 4 mois de siège de l'armée israélienne, l'ONU estime qu'il faudrait 500 à 600 camions humanitaires par jour à Gaza pour soutenir la population. - A.de Tarlé: Question.

Il se fait balader par Nétanyahou aussi, Trump? - B.Gallicher: Si oui, je dirais que c'est une victime consentante.

Les Américains, sur ce dossier, qui est un peu leur dossier réservé, considèrent que la position du gouvernement israélien est la position américaine. Souvent, vice versa. La réalité, c'est que l'initiative britannique est intéressante. - A.de Tarlé: De reconnaître la Palestine? - B.Gallicher: Oui, sous conditions et avec des conséquences.

C'est un peu ce qui est nouveau. Ce n'est plus "on se prépare à reconnaître la Palestine", comme l'a fait la France, c'est "on le fera s'il n'y a pas de cessez-le-feu, si vous ne laissez pas entrer l'aide humanitaire massivement et de façon conséquente pour résoudre cette situation épouvantable". Ce n'est pas n'importe quel pays qui dit ça, c'est le Royaume-Uni, le meilleur allié du meilleur allié d'Israël.

Ca pèse forcément. - A.de Tarlé: Le Royaume-Uni est le meilleur allié de Washington?

Il s'émancipe? - B.Gallicher: Oui. - A.de Tarlé: Il s'émancipe de Washington et rejoint la France? - B.Gallicher: Oui, mais avec des conditions très précises pour obtenir un résultat.

On a vu la réaction livrée à celle de monsieur Nétanyahou, qui dit que c'est, au fond, une prime au Hamas, que l'on inverse les victimes et les agresseurs, que c'est une récompense au terrorisme. - A.de Tarlé: Cette initiative française à l'ONU avec l'Arabie saoudite pour essayer de trouver une issue, un plan de paix à ce conflit, ça a des chances d'aboutir?

En quoi c'est intéressant? - J.-M.Ripert: C'est la seule initiative de recherche de la paix significative depuis des années et des années.

Il ne faut pas la sous-estimer. Elle est franco-arabe, euro-arabe. Ce que tout le monde oublie, parce qu'une fois de plus, on passe notre temps à commenter les propos de monsieur Trump...

Ceux qui tiennent la solution du problème au Proche-Orient, ce sont les pays arabes. La force de ce que proposent la France et maintenant le Royaume-Uni...

Au Conseil de sécurité, on est main dans la main. Il faut qu'on le soit, et avec la plupart des Européens. C'est la seule façon de reconnaître que la solution des 2 Etats passe par la revitalisation de l'Autorité palestinienne.

Contrairement à ce que dit D.Trump et ce que dit monsieur Nétanyahou, ce n'est pas une prime au Hamas. C'est au contraire le fait de dire qu'il est temps de reconnaître que ce n'est pas le Hamas qui parle pour le peuple palestinien, mais l'Autorité palestinienne.

Si on reconnaît la Palestine, on reconnaît l'Autorité palestinienne, qui est le gouvernement élu, il y a longtemps, certes, un peu sclérosé, à réformer...

Mais c'est une initiative fondamentale...

Reconnaissances croisées, libération des otages, aide humanitaire massive...

De source des Nations unies, j'ai 3 chiffres simples à rappeler. La population de Gaza est maintenant concentrée sur 15 % du territoire. C'est ce qu'on appelle de l'épuration ethnique.

C'est ce qui s'est passé en Bosnie pendant la guerre menée par les Serbes. Un Gazaoui sur 4 souffre aujourd'hui de malnutrition et est donc en danger. 4/5 des gens déjà morts de faim.

A Gaza, ce sont les enfants, les plus faibles. Ce sont les chiffres de l'ONU. Je précise aussi que les Nations unies disent qu'il faut des centaines de camions par jour, mais ces camions existent.

Ils sont là, ils sont prêts. Je dirige une ONG, Plan international. Nous avons des camions préposés.

Pourquoi les Egyptiens et les Israéliens ne parviennent-ils pas à ouvrir le passage? Il faut se poser la question. L'aide humanitaire est là.

Elle doit être massive. Tout le monde doit y contribuer, mais c'est possible. - A.de Tarlé: La semaine dernière, D.Trump s'est moqué d'E.Macron, disant qu'il est sympa, mais que ce qu'il dit n'a aucune importance.

C'était le jour où il a dit que la France allait reconnaître l'Etat de Palestine. Avec la Grande-Bretagne qui emboîte le pas de la France, avec cette initiative franco-saoudienne, E.Macron n'est-il pas en train de créer une dynamique qui permet une réussite pour infuser quelque chose de positif? - N.Tenzer: Il a fait ce qu'il pouvait et même ce qu'il devait faire.

Il l'a fait en des termes très clairs. Sa déclaration a été très claire sur le Hamas, sur les otages, sur les conditions de vie des Palestiniens...

Il y a le Royaume-Uni, mais un autre pays du G7, le Canada, est également allié. C'est une pression importante. On a l'impression qu'avec Nétanyahou, qui fait la politique du Hamas et inversement, on ne peut rien faire.

On a l'impression d'avoir quelqu'un qui est dans une sorte de fuite en avant, dans la trahison la plus totale et absolue des valeurs du judaïsme. C'est la Loi du judaïsme qui est trahie. C'est ce que ressentent beaucoup d'Israéliens.

Il est dans cette logique. Aura-t-on un effet Melania? Il semblerait que Melania Trump ait dit que des enfants qui meurent de faim, ce n'était pas acceptable.

Y aura-t-il un déclic? On en est loin. Les Européens seuls, on ne va pas déclarer la guerre à Israël, on ne va pas intervenir...

Ce sont ces pressions qui finiront par porter leurs fruits. - A.de Tarlé: On en revient à vos questions.

Question. C'est une énigme, cette Melania Trump. Je ne sais pas si on arrive à percer les secrets de son influence.

Ca ne doit pas être facile tous les jours, de partager la vie avec un homme comme ça. Vous y croyez, à l'idée que c'est elle qui a fait remarquer à Trump qu'il se fait balader par Poutine en bombardant... - M.Jégo: C'est possible que Trump écoute sa femme plus que ses conseillers.

On peut tout imaginer. On m'a raconté un jour que Trump avait dit: "On a la Slovénie à la maison. Plus vous en demandez, moins vous en avez." C'est assez amusant, comme il caractérisait sa femme, qui est slovène.

Tout cela est mystérieux. On ne sait pas si elle subit ou si elle accompagne. - J.-M.Ripert: Il faudrait inviter les spécialistes du Congrès américain.

On ne peut pas totalement exclure que ça commence à grogner dans les rangs du Congrès. N'oublions pas que pour les Américains, tous les tarifs douaniers qui nous terrorisent, ça veut dire une inflation galopante. Comme vous le couplez avec la baisse du dollar, ça donne une situation économique dont on ne sait pas combien