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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 22 novembre 2022 23 min

David Lisnard : "Élisabeth Borne fait preuve de sens de la négociation"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9-30. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le maire Les Républicains de Cannes, président de l'AMF, l'Association des maires de France. Questions et réactions au 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. David Lissnard, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter, s'ouvre aujourd'hui le congrès des maires de France sur le thème Pouvoir Agir, ça fait un an tout juste que vous êtes président de l'Association des maires de France.

Avant d'entrer dans les détails, dites-nous, pour commencer, après deux ans de Covid, alors que la guerre d'Ukraine se poursuit et que la crise énergétique est majeure, dites-nous donc comment vous qualifiez l'état d'esprit des maires aujourd'hui ? Ils sont déprimés, mobilisés, ils ont de l'espoir. Quel mot employez-vous ce matin ?

0:50
David Lisnard

Les maires, ils sont responsables. C'est pour ça d'ailleurs qu'ils restent populaires, parce que, quelles que soient les difficultés que nous affrontons, nous devons prendre des décisions. On exécute. Le 99% du travail que l'on fait chaque jour dans une mairie ne se voit pas. Ce ne sont pas des postures, ce ne sont pas des prises de position, ce ne sont pas des séquences de communication. Et c'est ce qui fait ce mandat si beau, si difficile, si exigeant, si populaire encore. Alors, vous répondre à votre question, ça dépend des individus, mais les individus par nature optimistes, par nature pessimistes, etc.

1:19
Présentateur

Enfin, il y a quand même eu une étude du Chevi-Pov qui montre que le moral n'est pas très bon, on va dire ça.

1:23
David Lisnard

Il y a en fait ma transition, merci Madame Salamé. Mais là-dessus, effectivement, parce qu'il y a des principes de réalité, on est dans une urgence budgétaire pour boucler les budgets. Vous savez que les communes, comme les intercommunalités, et d'ailleurs les régions et les départements, ne peuvent pas voter des budgets en déséquilibre. Nous ne sommes pas un problème pour les comptes publics, c'est ce que j'ai mes vertus à répéter, qui est une réalité comptable. Et donc, nous devons dégager une capacité d'autofinancement.

Ça va être un des grands enjeux des prochains mois, pouvoir investir, parce que c'est l'investissement qui va pâtir des difficultés que nous rencontrons, au-delà des effets d'annonce sur les fiscalités ici ou là, c'est l'investissement et ce qui risque de créer un effet récessionniste, et puis de créer des problèmes macroéconomiques très forts.

2:06
Présentateur

On va parler des problèmes que subissent et que doivent gérer les maires, notamment les prix de l'énergie, l'inflation qui monte et qui les touche aussi, les violences qui augmentent. Mais d'abord, un mot sur les relations entre le pouvoir exécutif et les maires. Emmanuel Macron se rendra au Congrès demain. Il recevra mille maires mercredi soir à l'Elysée. Les relations ont été tendues, ce n'est pas un secret entre Emmanuel Macron et les élus locaux, lors du premier quinquennat. Est-ce qu'aujourd'hui, les relations vont mieux ? Vous diriez comment vous les qualifiez ? Elisabeth Borne viendra aussi, elle va clore le Congrès des maires de France à la fin. Comment vous jugez les relations ?

Ça va mieux ?

2:46
David Lisnard

Écoute, c'est une question qui revient, qui est normale. Je ne veux pas dire marronnier, mais c'est vrai que la question de la relation entre le président et les maires, je suis à l'AMF depuis plus de 20 ans, même si je maire depuis moins longtemps, et je l'ai toujours entendu. L'Association des maires de France est une association trans-partisane, c'est certainement la plus grande association d'élus au monde. Elle est représentative de toutes les communes de France, rurales, grandes villes, métropoles, villes moyennes, et nous avons un devoir d'indépendance et de loyauté, donc de liberté à l'égard de l'exécutif.

Ce que l'on constate, c'est que sur le premier mandat, il y a eu une recentralisation très forte, et presque du mépris parfois. Pour les élus, bien que les maires aient finalement aidé l'exécutif à sortir de la crise des gilets jaunes. Et depuis, moi je le constate en objectivité, on ne peut pas me reprocher, je crois, d'être un pro-gouvernement, en tout cas ce serait une nouveauté, et ce n'est pas le cas, mais Elisabeth Borne fait preuve de sens de la négociation. C'est une réalité, de discussion.

Alors, moi je ne suis pas d'accord avec le cadre qu'on nous impose, avec la philosophie d'une politique publique, qui, à mon avis, d'ailleurs depuis une quarantaine d'années, sauf exception, amène la France dans le mur de la dette, dans le mur des difficultés, ce que je qualifie de social-étatisme. Mais, dans ce cadre qui nous est imposé, nous essayons, nous, d'être utiles, de ramener les textes à plus de sens des réalités locales, et il y a un dialogue plutôt constructif, on verra dans la réalité des actes, c'est pour ça que je suis encore prudent, avec Elisabeth Borne, et avec Christiane Bichoux notamment.

4:18
Présentateur

Mais ça va mieux, on entend que ça va mieux. Alors, cette enquête du Cevipov pour l'AMF montre qu'il y a de nombreux sujets d'inquiétude, à commencer par la crise énergétique. 77% des maires interrogés se disent préoccupés, ou très préoccupés, par les prix de l'énergie. Exemple, le maire de Nogent-le-Retrou, il affirme que la facture va tripler pour lui, passer de 700 000 à 2,1 millions d'euros. Le maire de Montater a appris qu'en janvier, et le prix du mégawatt-heure passerait pour lui de 96 euros à 600. Il annonce qu'il ne paierait pas ses factures. Des témoignages comme cela, David Lissnard, est-ce que vous en recevez beaucoup ?

Est-ce que beaucoup de maires se demandent comment ils vont tout simplement pouvoir

5:02
David Lisnard

boucler leur budget et payer ? Oui, c'est une réalité sur tout le territoire national. J'ai rencontré plus de 5200 maires physiquement depuis un an. Après, on trouve des solutions. des dispositifs ont été annoncés pour affronter cette crise qui est aussi le fruit des inconséquences de la stratégie énergétique de l'État. Moi, je crois à la subsidiarité. Donc, je pense que chacun doit essayer de régler ses problèmes lui-même. Mais qu'en revanche, lorsque les problèmes sont d'une échelle supplémentaire, on doit se mettre à plusieurs pour les régler. C'est ça simple. Ce mot pompeux, subsidiarité, voilà ce qu'il veut dire.

5:37
Présentateur

Mais pour qu'on comprenne bien, il y a beaucoup de maires aujourd'hui qui disent qu'on ne va pas payer nos factures. On ne peut pas payer nos factures. C'est combien de maires ?

5:43
David Lisnard

Non, moi, j'ai entendu un maire le dire et il est dans une situation très difficile. Un autre maire qui n'a pas été évoqué, mais j'ai entendu sur plusieurs antennes de Neuilly-sur-Marne qui parlait d'une facture qui évoluait de 2 millions à 12 millions d'euros. Des dispositifs sont en train d'être élaborés. L'Association des maires de France a demandé à ce que le dispositif soit universel, c'est-à-dire qu'on ne crée pas, pardonnez-moi le jeu de mots, des usines à gaz et des machins tels qu'ils avaient été prévus dans le projet de loi rectificatif où personne n'y comprenait rien. Si je vous donne les critères, je crains que l'audience ne chute malheureusement.

Mais donc, un dispositif a été annoncé par la Première Ministre avec la CRE, la Commission de Régulation de l'énergie, sur laquelle il y a 2,5 milliards d'inscrits avec un prix pivot à 325 euros. Ce prix est beaucoup trop élevé. C'est ce que nous sommes en train de discuter avec les édicatifs. C'est ce que vous dites au gouvernement. Vous dites...

6:33
Présentateur

En gros, l'État a mis... Pour les petites communes... Non, pour juste expliquer. Pour les petites communes, le prix de l'énergie sera limité à 15% de hausse. C'est ça, le bouclier est arrivé.

6:41
David Lisnard

C'est ce qui a été annoncé, oui.

6:42
Présentateur

Pour les plus grosses communes, l'État a mis sur la table 2,5 milliards d'euros d'aides pour 2023 et prendra en charge la moitié des factures d'électricité. C'est ce que dit le gouvernement. Vous vous dites, c'est pas assez.

6:51
David Lisnard

C'est-à-dire que, un, on est dans cette situation parce qu'on a flingué notre filière nucléaire. Donc, il y a une responsabilité. C'est du domaine de l'État. Il faut toujours le rappeler, quand même. Les contradictions sur la stratégie énergétique Comment ça qui continue ? Aujourd'hui, je voudrais répondre à votre question sur la technique, mais quand on vote, quand il est demandé aux parlementaires de voter un projet de loi sur l'accélération de la transition énergétique et sur les énergies renouvelables, mais que parallèlement, ça applique toujours la loi de programmation de l'énergie qui prévoit le démantèlement de 14 réacteurs nucléaires, quelle est la stratégie ?

Quand on fait du mixte... Il va lancer 6 nouveaux réacteurs européens ? Pour l'instant, c'est pas traduit dans les textes. Quand on fait du mix énergétique, quand le gouvernement ne revient pas sur la doctrine du 50-50, on ne sait pas pourquoi il ne revient pas dessus. Ce qui compte, c'est de décarboner. Il y a eu urgence à décarboner et à permettre au pays d'être dans la prospérité, de concilier les deux. On peut le faire avec les renouvelables ? Vous savez bien que non. Parce que c'est pas assez pilotable. Parce qu'on voit bien que l'Allemagne qui a suivi cette stratégie a été obligée de rouvrir des centrales à charbon.

L'All-France a rouvert deux centrales à charbon parce qu'on s'est aligné sur les positions allemandes. Le charbon produit plus de 1,000 kg de CO2 par kWh. Le nucléaire, c'est 0,6 g. L'un, c'est plus 1 000, l'autre, 0,6. Donc, en l'état actuel de la science, pour avoir une énergie pilotable, bon marché et surtout décarbonée pour lutter contre le réchauffement climatique, on n'a pas d'autre choix que d'avoir une filière nucléaire dynamique.

Ces errances stratégiques, ce en même tantisme qui faisait dire à l'exécutif il y a à peine trois ans avec autant de certitudes qu'aujourd'hui dit le contraire qu'il fallait absolument démanteler progressivement la filière nucléaire nous mène dans une situation très difficile. Pour revenir au dispositif, le dispositif tel qu'il a été conçu par Elisabeth Borne paraît intéressant et pertinent mais à condition que le prix ne soit pas fantaisiste.

À 325 euros, lorsque vous payez l'électricité à 50 euros et que vous vous retrouvez à 300 euros, vous êtes en dessous du dispositif et il faut bien comprendre que les communes moyennes et les grandes villes sont celles et notamment les communes moyennes qui assument le plus de charges de centralité, c'est-à-dire le plus de nécessité d'équipement qui ont besoin d'énergie. Les écoles, les crèches, les piscines, etc.

9:11
Présentateur

Elisabeth Borne avait annoncé début octobre une hausse de la DGF, la dotation globale de fonctionnement de 320 millions d'euros en 2023, le plus gros effort d'un gouvernement depuis 13 ans et pourtant, David Lissnard, vous parlez d'Esbrouf. Pourquoi ?

9:26
David Lisnard

Je trouve que le gouvernement a tort de dire toujours avec ce paternalisme d'État, cette infantilisation qui indispose l'homme de droite que je suis, j'ose le dire sur cette antenne, c'est-à-dire qui est attaché à la liberté. Oui, vous pouvez l'user. Je savais que ça vous titillerait.

9:46
Présentateur

Facile et faux, mais bon, allez.

9:48
David Lisnard

Pourquoi faux ? Parce qu'il faut aller, c'est atteint mon sujet. Et donc, là-dessus, quelle était votre question ? Sur l'Esbrouf, la dotation globale de fonctionnement. Mais oui, parce qu'il faut bien comprendre. En fait, on essaie de faire croire, il y a une sorte de populisme un peu mondain qui consiste, ou étatique, qui consiste à dire que l'État aide, aide, aide. L'État, d'abord, c'est nous tous. Ce sont les générations futures qui ont été surendettées par la prolongation artificielle du quoi qu'il en coûte. Et l'État, c'est nous tous en un éco-responsable. La dotation, les dotations, ce n'est pas un dû, ce n'est pas un don, c'est un dû, ce n'est pas une subvention.

C'est-à-dire qu'au fur et à mesure que l'État a retutélisé les collectivités ou qu'il a transféré des compétences avec les financements, il y avait un engagement de compensation financière au franc prêt, indexé plus la moitié de l'inflation. C'était le cas jusqu'aux années 2000. Puis, indexé jusqu'en 2010. Et depuis 2010, l'État n'indexe pas. Lorsqu'on vous dit que ça augmente sur une inflation qui est entre 7 et 5%. Cette augmentation en euros courant de 330 millions, elle est inférieure à l'actualisation en tenant compte de l'inflation qui serait de 800 millions. Donc, c'est un prélèvement de l'État. Donc, vous demandez plus pour être clair. On demande à ce que ce soit en constant,

11:07
Présentateur

en euros constant. Il y a d'autres élus locaux qui envisagent d'augmenter les impôts locaux pour boucler leur budget. 18% des maires vont augmenter leurs impôts. C'est ce qu'a fait Anne Hidalgo à Paris avec une spectaculaire hausse de la taxe foncière de 52%. Elle a justifié sur Twitter ce retour sur sa promesse de campagne de ne pas augmenter les impôts. Eh bien, pour garder les services publics et accélérer la transformation écologique, nous n'avons pas d'autre choix que d'augmenter la taxe foncière. Est-ce qu'il y a d'autres choix ?

11:31
David Lisnard

Disons que 80 et quelques pourcents des maires font d'autres choix. Et après, je n'ai pas personne, et je ne le faisais pas avant d'être président de l'AMF non plus, on ne commande pas la gestion d'une autre mairie. De même qu'un patron de PME ne commande pas la gestion d'une autre collectivité. C'est aux Parisiens de juger l'action.

11:50
Présentateur

Vous dites que c'est 80% des maires font autrement.

11:52
David Lisnard

Mais aujourd'hui, vous avez vu que dans le sondage Cévi-Pof, c'est le dernier ressort des maires. C'est-à-dire que d'abord, ils amplifient les économies de fonctionnement, etc. Ensuite, et ça sera la première victime de la baisse de la capacité d'autofinancement, des excédents budgétaires des collectivités, ça sera la baisse de l'investissement. Je veux vraiment insister là-dessus. On risque de créer un effet récessionniste, macroéconomique, en réduisant sans cesse les capacités d'autofinancement des collectivités. Et ensuite, pour revenir à votre question, tout le monde connaît mes positions.

Moi, à Cannes, qui est une ville qui a un taux de pauvreté supérieur à celui de Paris, c'est 21%, Paris, c'est 15%, donc il y a un tiers d'écart. On baisse la dette chaque année, on baisse les dépenses, on essaie de créer...

12:34
Présentateur

Vous ne donnez pas votre avis,

12:35
David Lisnard

mais vous le donnez quand même ? Oui, mais non, je dis ce que je fais, et puis c'est... et voilà, j'ai plus de proximité idéologique avec Rachida Dati qu'avec Anne Hidalgo.

12:44
Présentateur

On va continuer à parler d'argent au standard d'Inter où nous attend Frédéric. Bonjour Frédéric, vous nous appelez de Pau.

12:51
Invité

Tout à fait, bonjour Inter. Monsieur Lysner, bonjour. Bonjour Monsieur. J'aimerais que vous nous disiez comment les maires ont vécu la suppression de la taxe d'habitation dans la mesure où les dépenses qu'elles couvraient, il a bien fallu les financer autrement. Donc comment les maires l'ont-ils vécu à la fois sur le plan psychologique, puisque c'était probablement une perte de pouvoir décisionnel et au point de vue financier, si ça n'a pas été complètement compensé ?

13:14
Présentateur

Merci Frédéric pour cette question. David Lysner vous répond.

13:17
David Lisnard

Merci Frédéric de Pau. Je trouve que c'est une très bonne question. D'une part, les dépenses, elles, n'ont pas été baissées. C'était 22 milliards d'euros, la taxe d'habitation sur les résidences principales pour les écoles, les crèches, l'éclairage public, les cantines scolaires, etc. Ce que vous dites, illustre parfaitement ce que j'évoquais tout à l'heure, c'est-à-dire la tutélisation, alors qu'en fait, les 40 ans des grandes lois de décentralisation de fer, qui ont été un grand progrès pour la société française et qui mériterait d'ailleurs d'être prolongée, c'est retour à la tutelle de l'État. L'État a compensé financièrement.

Nous sommes en train d'évaluer avec le comité des finances locales, qui est présidé par André Léniel, qui est le premier vice-président de l'Assemblée de l'Assemblée, le premier vice-président de l'Association des Verts de France, le fait que le compte n'y est pas complètement. Mais je conclurai en exprimant un paradoxe. Vous remarquerez que l'État a une grande propension à annoncer les impôts des autres, mais à ne pas baisser ses impôts. En termes de compétitivité de l'économie française, il annonce la suppression de la CVE, mais pas la C3S qui touche la compétitivité.

14:23
Présentateur

Or, c'est des impôts qui touchent les entreprises. Non, mais expliquez les acronymes.

14:29
David Lisnard

Donc, la CVE est en fin de compte d'exploitation et c'est un impôt économique qui peut pénaliser, mais beaucoup moins que la C3S qui est une contribution sociale, qui est en haut de compte d'exploitation. Ce que je vous dis, c'est que plus l'État a supprimé les impôts des collectivités ou plus l'a prélevé dans les finances des collectivités, 46 milliards depuis 2010, plus il a augmenté les prélèvements obligatoires globaux. On vient de passer les 45% des prélèvements obligatoires impôts et charges.

Et donc, la communication sur quelques baisses d'impôts ne doit pas masquer la hausse globale des prélèvements obligatoires qui fait que nous sommes le pays qui a le record du monde des impôts et des charges.

15:02
Présentateur

David Lissnard, il nous reste 5-7 minutes et on aimerait faire quelques thèmes d'actualité avec vous parce que vous n'avez pas votre langue dans votre poche en général sur les questions d'actualité. D'abord, cette tribune signée par 218 élus de sensibilité et de territoires différents, dont Christophe Castaner ou Bruno Retailleau sur le site du JDD, une tribune pour défendre la corrida et d'autres traditions face à ce qu'ils appellent l'éco-totalitarisme. Vous savez, le député insoumis Émeric Caron essaie de faire interdire la corrida. Qu'est-ce que vous pensez ? Vous n'avez pas signé la tribune ?

15:35
David Lisnard

Non, je ne crois pas avoir été sollicité d'ailleurs mais je pense que je n'aurais pas signé. Alors, je condamne l'éco-totalitarisme, moi aussi, le wokisme, toutes ces délires. Moi, je vois, j'ai beaucoup de gens de gauche qui viennent vers moi, qui viennent vers le mouvement Nouvelle Énergie que je développe depuis 2013, des gens aussi beaucoup plus à droite, bref, plus souvent des gens à droite, mais qui croient encore à l'universalisme républicain. Je crois que cet éco-totalitarisme, pour reprendre ce mot un peu violent...

16:00
Invité

Ah, vous l'utilisez ?

16:01
David Lisnard

Oui, enfin...

16:02
Invité

Éco-terrorisme, vous l'utilisez aussi ou vous préférez l'éco-totalitarisme ?

16:05
David Lisnard

En tout cas, c'est de l'éco-dégradation, c'est de la pollution, quoi. C'est des écologistes qui polluent, ça me pose problème. Et surtout, c'est une remise en cause, je crois, de l'universalisme républicain. Ça enferme les gens dans un seul élément d'identité, ça moralise tout, c'est de la moraline, comme disait Nietzsche. Donc, il y a une partie de la gauche qui, à mon avis, fourvoie, et des gens de gauche qui, aujourd'hui, sont un peu orphelins et qui veulent défendre la République. Pourquoi je n'aurais pas signé ?

Parce que, à titre individuel, après, je comprends l'argument de la tradition et l'esthétique de la corrida, mais à titre individuel, j'ai beaucoup de mal à ce qu'on fasse mourir un animal uniquement pour le plaisir. Moi, je ne peux pas être favorable à ça dans mon intimité. Vous êtes pour l'interdiction ? Je ne suis pas un adepte des interdictions, mais mon combat ne serait pas de préserver la corrida. Ce n'est pas une façon de biaiser, c'est ce que je vous dis exactement ce que je ressens.

16:55
Présentateur

Qu'avez-vous pensé de la gestion des plus de 200 migrants accueillis en France la semaine dernière débarquée de l'Ocean Viking ? Fallait-il laisser accoster le bateau ou dites-vous comme Eric Ciotti que c'était une faute ? Fallait-il mieux surveiller les mineurs pour éviter qu'ils fuguent ? Quelle est votre position sur la question ?

17:13
David Lisnard

Je dis que le gouvernement avait raison il y a 4 ou 5 ans lorsqu'il refusait d'accueillir l'Aquarius et que je ne comprends pas ce changement de doctrine qui alimente finalement l'incitation à tous ces trafiquants de misère humaine à toutes ces ONG idéologiques qui ont un discours idéologique Il fallait laisser le bateau en mer ? Il ne fallait pas l'accueillir ? Non, non, non, pas du tout.

17:40
Présentateur

Il fallait faire quoi ?

17:41
David Lisnard

Pas du tout. Il fallait qu'il soit accueilli comme le prévoyaient les dispositions du Code maritime Asfax en Tunisie qui est équipé de toutes les infrastructures internationales pour traiter des migrants.

Je crois qu'il est de la liberté fondamentale des peuples que de maîtriser leur peuplement et qu'à travers ce qui est un symbole parce que ce n'est pas 200 personnes qui vont changer en chose c'est toutes les autres personnes qui entrent qu'on n'est plus capable d'intégrer et d'assimiler ça se fait au détriment des immigrés qui eux jouent le jeu des procédures ça se fait au détriment de la société française j'ai discuté avec un commissaire de police qui est quelqu'un de modéré qui me disait que lorsqu'une immigration clandestine de ce type immerge un territoire ce que l'on constate dans beaucoup de communes y compris dans la ruralité aujourd'hui la nature de l'insécurité change je crois qu'il faut qu'on arrive à dédramatiser d'un point de vue idéologique ces points-là et montrer qu'on doit avoir une politique ferme d'immigration maîtriser notre immigration mieux intégrer assimiler montrer ce qui caractérise la force du mode de vie français et faire que tout le monde soit fier d'être français quelle que soit son origine ses convictions sa croyance sa religion c'est ça l'universalisme républicain

18:47
Présentateur

il y a David Listin une autre source d'inquiétude des maires qui est grandissante c'est les violences les incivilités les violences contre les maires notamment 63% des maires qui ont répondu à l'enquête du Sévipof déclarent avoir été victimes d'incivilité impolitesse agressivité contre 53% il y a deux ans donc une grosse augmentation les injures le harcèlement moral les menaces verbales aussi sont en hausse comment vous avez apprécié la séquence à la télévision qui a fait polémique entre Cyril Hanouna et le député l'élu de la république insoumis Louis Boyard est-ce que vous pensez que des échanges de ce type à la télévision nourrissent la violence ou que c'est hors sujet

19:21
David Lisnard

vous me prenez un peu au dépourvu avec cette question mais j'allais dire par éthique interne par dignité je voudrais je vais répondre à votre question qui est pertinente mais refuser de commenter cet échange là voilà ce qui est sûr c'est que pourquoi ?

parce que je parce que vous me le faites commenter mais parce que je pense que il traduit une spirale effectivement d'un civisme mon premier bouquin que j'avais sorti à l'époque avec Jean-Michel Arnaud s'appelait refaire communauté pour en finir avec l'incivisme et on a essayé de démontrer il y a quelques années maintenant toutes ces spirales de perte de responsabilité dans l'espace public moi je suis attaché à la liberté pour moi c'est la valeur théologale cardinale fondamentale et la liberté c'est la responsabilité et donc quand on a un mandat public on ne se comprend pas que quand on n'a pas un mandat public c'est notre liberté notre responsabilité et donc aujourd'hui la crise majeure que l'on affronte et ça revient à votre première question c'est la crise civique qui se traduit par plusieurs phénomènes des taux d'abstention record qui devraient obséder tous ceux qui s'intéressent à la vie publique et qui aiment la république et la démocratie ce sont des votes d'humeur d'extrême c'est pour ça que je crois qu'il faut retrouver une dialectique d'un affrontement droite-gauche civilisé je dis souvent cohérent mais au moins avec des grands principes le rapport à l'égalité pas le même le rapport à la liberté qui est des alternatives ce sont des expressions violentes dans le débat public souvent proportionnelles à la fin de la raison critique c'est confondre le peuple moi je sais d'où je viens moi j'avais une grand-mère enfin je ne vais pas vous raconter mais d'être digne avec la vulgarité c'est pas la même chose donc il y a un côté mondain bobo qui m'indispose

21:05
Présentateur

dans tout ça c'était hier sur LCI le débat entre les trois concurrents pour la présidence de LR à votre parti vous pensiez échapper à la question Eric Ciotti Bruno Retailleau Aurélien Pradié est-ce que vous avez regardé

21:19
David Lisnard

vous les avez trouvés comment ? je les regardais en décalé parce que j'étais au ministère de l'écologie et ce que j'ai vu ça avait l'air courtois et je trouve ça bien c'est très compliqué vous savez il n'y a rien de pire que les débats au sein d'un même parti politique parce que vous êtes combatif mais vous ne voulez pas montrer qu'il y a une division je ne suis pas commentateur de débat vous savez pour qui vous allez voter oui je sais pour qui je vais voter

21:43
Présentateur

vous ne voulez pas le dire

21:43
David Lisnard

non j'ai dit pourquoi j'ai dit à plusieurs reprises pourquoi je ne le dirais pas

21:47
Présentateur

pour terminer une question sur l'application de Suzanne le tribunal judiciaire de Paris a interdit à Mediapart de publier un article sur le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriot ancien LR Mediapart parle de censure préalable sans précédent est-ce que vous trouvez ça normal ?

22:00
David Lisnard

alors très sincèrement je suis pour la liberté de la presse absolue mais je ne sais pas quelle est la motivation je ne veux pas vous mentir je n'étais pas au courant même de cette information je trouve que tout ce qui se passe est très moche d'ailleurs dans ces affaires-là mais je n'étais pas au courant donc je ne peux pas vous dire ce serait hypocrite

22:17
Présentateur

David Lissnard envisage-t-il de se présenter à la présidentielle ? demande Hugo

22:20
David Lisnard

Hugo j'essaie avec nouvelle énergie et l'air d'apporter je crois qu'il faut commencer par faire une doctrine et avoir ensuite une stratégie forte des détections de talents vous me posez une question j'y réponds pardonnez-moi et donc tout commence par la doctrine et ensuite le moment de l'incarnation il viendra après les européennes

22:38
Présentateur

vous ne lui dites pas non à Hugo voilà merci David Lissnard merci maire les républicains de Cannes président de l'association des maires de France France Inter merci

22:51
Locuteur

merci merci