Yaël Braun-Pivet : "Quand vous êtes élue, vous avez une injonction d'agir pour les femmes"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
C'est un combat que j'ai mené pour être élue, personne ne m'a donné le perchoir. Vous avez une injonction après d'agir pour les femmes, de les aider, parce que vous, vous avez réussi quelque chose, mais ça n'est qu'un pas parmi d'autres. Il y a de la fierté, il y a beaucoup d'émotions, parce que c'est un combat que j'ai mené pour être élue, personne ne m'a donné le perchoir, j'ai vraiment été le chercher. Donc il y a aussi une vraie fierté d'avoir réussi à le faire. J'ai mes enfants en face de moi, mes parents, ma mère, mes filles, etc. Donc il y a une émotion familiale, personnelle, d'avoir réussi ça et de les voir là, être témoins de ce moment.
Et puis très vite, il y a une immense responsabilité en fait. Ça vous tombe dessus quand vous brisez un plafond de verre comme j'ai pu le faire. Vous vous dites, maintenant je dois aider les autres. En fait, il ne faut pas que ça soit juste un acte isolé. Vous avez une injonction après d'agir, d'agir pour les femmes, de les aider, parce que vous, vous avez réussi quelque chose, mais ça n'est qu'un pas parmi d'autres. À quoi ça sert d'avoir une femme présidente de l'Assemblée nationale si elle n'embrasse pas ces sujets d'inégalité entre les hommes et les femmes qui nous coûtent de l'argent sur notre croissance, etc.
Ce n'est pas juste un sujet, vous voyez, simplement d'égalité pour la photo, pour la galerie. Pas du tout, ça a un vrai impact sur les destinées de notre pays.
Et vous vous êtes retrouvée à l'Élysée, dans des réunions, dans des dîners. Vous étiez une des seules femmes.
Alors quand Élisabeth était première ministre, non, on était toutes les deux. Mais autrement, oui, c'est assez fréquent. Mais des dîners, réunions de travail, que ce soit à l'Élysée ou à Matignon, c'est assez terrifiant. Parce qu'en fait, ce qui me terrifie, c'est d'une part d'être la seule femme, mais deuxièmement et surtout, c'est qu'ils ne s'en rendent pas compte. C'est ça qui est terrible, c'est qu'on est complètement invisibilisés et que la question du genre ne se pose pas.
Yaël Braun-Pivet