Pourquoi les ÉTATS-UNIS veulent le COBALT
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
En décembre dernier, Donald Trump invitait à Washington le président de la RDC, Félix Chcksekedi et son homologue rwandais Paul Kagame pour signer un accord de paix et mettre fin au conflit qui oppose les deux voisins depuis près de tris décennies. Depuis lors, on voit que l'administration américaine s'implique dans le dossier, notamment en infligeant des sanctions au Rwanda accusé d'une offensive contre son voisin par l'intermédiaire [musique] du groupe armé M23. Mais alors, quel contrepartie a obtenu Trump de la part de la République démocratique [musique] du Congo ?
En mars dernier, l'entreprise américaine Virtus Minéral a finalisé l'acquisition de deux mines au sud de la RDC représentant 5 % de la production mondiale de Colbat. Un deal sécuritaire donc négocié contre l'exploitation des nombreuses richesses du sous-sol congolais alors de la colonisation belge aux entreprises américaine en passant par la main mise de la Chine. Que nous dit ce contrat du modèle [musique] d'exploitation des mines RDC ?
Un invité ce soir pour nous guider et pour nous éclairer Thierry Vircoulon. Bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes chercheur associé à l'IFRI. Merci d'être venu ce soir dans question du soir. Aujourd'hui, nous nous engageons à mettre fin des décennies de violence et d'ffusion de sang et à entamer une nouvelle ère d'harmonie et de coopération entre la République démocratique du Congo et le Rwanda.
Il s'agit de d'investissement de plusieurs milliards de dollars. Il s'agit d'emploi, [musique] de transfert, de connaissances, d'investissement dans l'infrastructure de pays. Mais il il ne peut y avoir de prospérité économique sans sécurité.
Ce n'est pas la vente des minerais aux Américains. [musique] On tient à le dire. La souveraineté sur les ressources reste entièrement congolaise.
Ce n'est pas la paix contre les minerais, c'est la sécurisation des minera pour priver la guerre de financement. Une nouvelle ère de coopération et d'harmonie prétend le président américain. Vous m'avez dit Thierry Vircoulon que la question était facile, la réponse également.
Alors Donald Trump a-t-il réussi comme il le prétend à rétablir la paix entre le Rwanda et la République démocratique du Congo ? Bah il a réussi comme ces autres deal de 2025 qui ont tous échoué. Donc non, il n'a pas réussi.
Voilà, il a raté. Et euh le le les combats continuent au nord Kivou entre le M23 et l'armée congolaise avec un certain nombre maintenant une évolution vers la dronisation du conflit euh puisque on voit la multiplication des frappes de drone et y compris d'ailleurs une frappe de drone qui a tué une employée française de l'UNICEF à Goma il y a il y a quelques semaines. Rappelez-nous peut-être d'un mot qui sont les belligérants de ce conflit ?
On a mentionné le Rwanda, la République démocratique du Congo évidemment et cet acteur un peu hybride particulier, le M23. Quel est-il ? Le M23 est un vieux groupe armé composé par des militaires tout congolais euh qui en est maintenant à sa 3e rébellion après 2008-212.
Il s'est de nouveau rebellé en en 2022 à la fin de l'année 2022. Mais cette fois-ci, cette troisème rébellion est la plus grande. C'est-à-dire que il n'a jamais contrôlé autant de territoires et il a pris les deux grandes villes de l'est congolais que son Goma et Bouavou au début de 2025 et depuis a une sorte de statut quo militaire.
Bon, l'année dernière a été dominé par justement les efforts de médiation par Washington. Mais la situation militaire n'a pas évolué sur le terrain et les les affrontements continuent. On le comprend.
Donc grâce à vous, la guerre se poursuit. Donald Trump a donc échoué à rétablir la paix. Dans le même temps, a-t-il fondamentalement échoué du point de vue économique cette fois-ci et du point de vue des intérêts des entreprises états-uniennes ?
Alors justement tout le la retour en quelque sorte des États-Unis sur la scène congolaise et premièrement dû à l'initiative du président congolais puisque c'est lui qui a appelé Washington l'année dernière pour que Washington s'entremettent comme médiateur entre la RDC et le Rwanda dans ce conflit. Euh c'est pas à l'initiative des États-Unis, mais à l'initiative du président congolais et euh parce que il avait à cette époque-là entendu parler euh du fait que les États-Unis s'intéressaient, c'était l'époque où il y avait aussi une tentative d'un autre deal de Trump sur l'Ukraine et euh il avait entendu que la Maison Blanche s'intéressait beaucoup aux ressources minières de l'Ukraine et donc il s'est dit que c'était un bon appâ en quelque sorte pour Washington de lui ouvrir l'accès à son secteur minier parce qu'il faut dire un mot de ce secteur minier au Congo, secteur qui est absolument gigantesque. Le Congo, la République démocratique du Congo est l'un des principaux producteurs mondiaux de cuivre.
Le le pays possède en outre au moins la moitié des réserves mondiales de cobalt. Ce sont des richesses insoupçonnées. Non, c'est pas des richesses insoupçonnées.
Elles sont connues depuis très longtemps, depuis l'époque coloniale en fait. Gigantesque, je voulais dire. Ouais. gigantesque.
Elles sont connues, exploitées depuis l'époque coloniale en fait, depuis le début du 20e siècle. Et en fait, il y a beaucoup de donc on a l'habitude de dire que le le Congo est un scandale géologique parce qu'en effet, il y a à peu près tout. Mais dans ce tout, il y a évidemment des ressources qui sont actuellement plus prisées et plus convoitées qui sont surtout en effet les ressources de cuivre et de cobal dont vous parliez.
Euh donc la la zone Cuprifère au sud au sud-est du pays euh qui euh qui est aussi le nord de la Zambie. Euh et euh c'est surtout cette zone qui est actuellement convoitée plus que euh les zones diamantifères du Cassail ou euh les zonesifères des Kivou. Le cobalt nécessaire par exemple entre autres hein pour construire fabriquer nos téléphones portables.
Je voudrais qu'on mette la lumière sur une entreprise états-Unisen en particulier Virtus Minéral qui vient d'acquérir deux mines qui représentent environ 5 % de la production mondiale de Cobal. Comment cette entreprise américaine est-elle parvenue à mettre la main sur ces deux mines et que représentent d'ailleurs ces deux mines ? Ben, comme vous le disiez, le le deal euh ou la diplomatie transactionnelle de Donald Trump l'année dernière consistait en fait à offrir euh un deal sécurité contre minera euh au gouvernement congolais et donc euh en échange de l'accès au secteur minier congolais, il fournirait euh des une certaine sécurité par rapport au Rwanda et au M23.
Euh c'est ça le la logique du deal qui a été euh mis en œuvre par la Maison Blanche l'année dernière. Euh et ce deal en fait s'inscrit dans une partie d'échec beaucoup plus large qui une partie d'échec mondiale entre Washington et la Chine. Euh et dont une des dimensions de cette partie d'échec, c'est évidemment les minerais critiques.
Donc cuivre et cobalt en font en font partie. Euh et euh et du coup la RDC en fait partie puisque comme vous le rappeliez, l' RDC est le 2e producteur mondial de cuivre et le premier producteur mondial de cobal. Donc elle est dans cette partie d'échec sino-américaine comme comme un pion.
Comment expliquer que cette entreprise états-Unis soit parvenue à damer le pion à une entreprise locale, je pense à l'entreprise chez MAF qui possédait ces deux mines là aussi. Comment comment l'entreprise américaine s'est-elle imposée de fait ? bah simplement en rachetant chez MAF.
Euh le la stratégie de d'entrée actuellement des États-Unis dans le secteur miniaméricain, c'est euh d'acquérir des sociétés qui existent euh de d'obtenir aussi certains droits miniers. Je pense notamment à la mine de lithium de de Manono qui est convoitée par une société qui s'appelle Cobalt Metal qui est une société américaine aussi. Euh mais euh essentiellement euh c'est en ce qui concerne le retour des États-Unis dans le secteur minier et congolais, je dis bien que c'est un retour parce que ils ont déjà été là euh se fait par essentiellement par de l'acquisition de sociétés existantes.
Donc euh Chef était une n'est pas une société locale hein, d'ailleurs, c'est une enfin locale. Elle elle est de droit local mais ce n'est pas une société détenue par des Congolais. Euh, elle avait eu un passif de 600 ou 700 millions de dollars et Virtus Minerals qui est une société qui est lié au complexe militaro-industriel américain euh a racheté cette société, donc va repayer sa dette.
Euh elle ne sera pas pour rentrer dans des détails Virtus Minerals a acquis chez MAF, mais elle ne sera pas l'opérateur des mines Mutoshi et Étoile dont vous parliez. ça sera une société indienne [grognement] qui euh et une société minière indienne qui va travailler pour Virtus Minerals. L'autre façon d'entrer dans le secteur pour les Américains, ça a été il y a plusieurs [grognement] parce qu'au début de cette année, euh il y a eu des discussions américano-congolaises et les Congolais ont fait plusieurs propositions d'acquisition de de d'actifs miniers et il y a plusieurs autres idées.
Il y a euh Mercuria Trading par exemple qui euh a fait un partenariat avec la Gamine pour écouler euh la production, une partie de la production de la Gcamine en direction du marché américain. Euh il y a également l'idée qui circule et qu'on entend de plus en plus de l'entrée d'une société de capital investissement américain dans les actifs miniers de Glencore où il rachèterait 40 % ce qui ce qui est très important. Ça n'en fait pas un partenaire majoritaire mais c'est important.
Rachèterai 40 % des actifs miniers de Glencore en RDC. Et donc voilà, c'est cette entré par l'acquisition de société et d'action. Vous nous dites Thierry Vircoulon, au fond la substance même, le cœur même de ce deal, c'est minerai contre sécurité.
Minerai, on vient de comprendre de quoi il s'agissait. Grâce à vous, sécurité en revanche, très concrètement, comment cela se manifeste ? Comment les États-Unis viennent apporter aide et sécurité ? sécurité surtout à la République démocratique du Congo.
Bah sécurité c'est vis-à-vis, c'est dans le cadre du conflit avec le Rwanda essentiellement. Euh et donc ça a été tout le processus de paix au soi-disant processus de paix de l'année dernière conduit par la Maison Blanche qui a échoué. Et donc maintenant que ce processus de pédiation, non, maintenant que ce processus de paix a échoué, euh les États-Unis sont passés aux sanction, euh vous en parliez au début de de l'émission, euh ils ont sanctionné l'armée rwandaise au début de cette année euh et pas seulement le M23, mais directement l'armée rwandaise.
Et puis il y a aussi une idée qui vient de surgir il y a quelques jours, de faire une de constituer une garde minière, c'est-à-dire une sorte de petite armée dont le job serait de protéger les mines en RDC et qui serait soutenu financièrement par les États-Unis et probablement formé par une société de privée militaire américaine euh qui est celle de Eric Prince dont on parle beaucoup et dont qui a été fameux à l'époque de Black Water. Et puis il y a un troisème axe dont nous n'avons pas encore parlé dans ce deal. On a parlé de la sécurité, des minerais.
Le troisème, c'est l'immigration. Je voudrais vous faire entendre la voix d'Hugo, migrant colombien expulsé des États-Unis vers la République démocratique du Congo. C'est un dispositif, on va le comprendre, absolument délirant.
Je ne sais pas ce qui s'est passé. J'ai été détenu pendant 5 mois. J'ai passé 5 mois sans comparaître devant un juge et d'un coup le 15 avril, on m'a informé que j'allais être transféré en République démocratique du Congo.
On voit bien que ce pays est l'un des plus pauvres du monde. Tout ce que j'attends, c'est que les autorités colombiennes m'aident à obtenir un document de voyage pour que je puisse enfin rentrer chez moi. Parce que franchement, j'ai plus peur d'être dans ce pays que dans le mien.
J'ai plus peur d'être en Afrique qu'en Colombie. Alors là, il faut nous expliquer encore Thierry Vircoulon, comment se fait-il que un une personne réfugié migrante aux États-Unis soit expulsé du pays non pas dans ce pays d'origine mais en RDC en République démocratique du Congo ? Bah parce que justement le président congolais n'a n'a rien à refuser à Washington puisque comme on le disait, il veut veut obtenir la sécurisation de son régime à Washington.
Et donc comme la politique américaine, on le sait maintenant depuis l'arrivée de Trump, c'est d'expulser les les clandestin euh n'importe où, c'est-à-dire pas forcément dans leur pays d'origine, et bien le Congo, le gouvernement congolais a accepté d'entrer dans cette politique et donc là en effet, il y a des Sud-Américains qui ont été expulsés vers le Congo, mais j'ai vu que on annonçait aussi des Afghans, ce qui sera encore plus exotiqu, il seront expulsés au Congo par les États États-Unis. [grognement] Et donc le paradoxe de cette politique, si vous voulez, c'est que les États-Unis expulsent des des migrants dans un pays qui lui-même produit des réfugiés euh massivement à cause de la guerre dans l'est du Congo. Et donc on voit bien que c'est la situation est devenue complètement absurde puisque un pays dont les les certains citoyens s'enfuis à l'étranger se propose d'accueillir des citoyens des migrants d'autres pays donc et et de l'autre côté de l'Atlantique en plus.
Quelle est l'ambition ultime à ce stade du président congolais ? Souhait-il au fond que les États-Unis entrent pleinement dans cette guerre ? On sait, on a vu, on a aperçu sur le terrain des mercenaires américains de la société qui s'appelait Black Water.
On les a aperçu justement participer à ce conflit. Que cherche fondamentalement dans ces transactions le président congolais ? Alors le le c'est la survie de son régime premièrement et euh euh pour voir un peu plus loin, c'est un 3è mandat puisque il va devoir euh son mandat arrive à terme bientôt et donc il va essayer d'obtenir comme la plupart des présidents de la région un 3è mandat au Forceeps et c'est ça son objectif politique.
Pour ça, il a besoin en effet de l'appui des États-Unis. cet appui sécuritaire. Alors comme on le disait, il y a une dimension diplomatique avec les sanctions contre le Rwanda et cetera, mais évidemment en coulisse contre le M23, il y a aussi les les mercenaires dont vous parliez dont d'une manière ironique il y a des colombiens parmi ces mercenaires parce que Eric Prince a recruté aussi beaucoup de colombiens qui sur le marché des mercenaires.
Eric Prince, le patron de Black Water. Voilà de Black Water qui s'appelait plus Black Water, il a une autre société maintenant. Euh et donc il recrute des mercenaires colombiens et qui travaillent au Congo aussi.
Euh et donc cette ce volet sécuritaire, ce volet un peu barbousar euh grosso modo euh actuellement semble assez focalisé sur les drones, sur la mise en œuvre des drones euh avec comme je disais des une dronisation du conflit en cours dans l'est du Congo euh et une sorte de guerre un peu secrète, on va le dire, qui serait conduite par en effet des entreprises de mercenaire pour le compte du gouvernement congolais qui n'a toujours pas d'armée. Si on s'intéresse à cet acteur que vous avez mentionné un peu plus tôt dans cette discussion, Thierry Vircoulon, je veux parler de la Chine. Le la le Congo, la République démocratique du Congo est-elle plus que jamais un théâtre d'opposition majeur entre les États-Unis et la Chine ?
Et si oui, comment cela se manifeste-t-il aujourd'hui ? Oui, c'est un théâtre d'opposition sur euh, comme je le disais le la problématique des minera critiques et donc de qui va contrôler euh la la chaîne de valeur des minera critiques jusqu'aux aux batteries électriques. Hm hm.
Euh le et c'est très ironique d'ailleurs parce que comme je le disais en fait, les États-Unis qui essayent de revenir maintenant dans le secteur euh minier congolais euh y était et ils sont ils étaient revenus en fait au début de ce siècle en faisant le plus gros investissement minier en achetant le complexe de Tenke Fugurumé pour 1,2 milliards de dollars à cette époque et euh à cette époque ils avaient damé le pion à la Chine. Et en fait ce qui s'est passé c'est que à partir de de 2006 la Chine est passée à l'offensive et finalement la compagnie américaine qui détenait Tengke Fugurumé l'a vendu en 2016 à qui ? À des intérêts chinois.
Et donc c'est extrêmement ironique si vous voulez euh de voir que il y a 20 25 ans les États-Unis sont rentrés dans le le secteur cuivre cobalt qu'ils en sont sortis 15 ans plus tard et que 10 ans plus tard ils veulent à tout prix y revenir. approuve une politique extrêmement inconséquente euh qui n'est pas une politique de longue vue contrairement à la Chine qui elle a une vraie politique de longue vue mais à Washington on a des vues très courtes et il est extrêmement ironique de voir que ils ont vendu ce que maintenant ils veulent racheter. Quelle conclusion tirée de cette présence chinoise en République démocratique du Congo ?
Comment le le secteur minier a-t-il été géré justement par ses intérêts chinois ? [grognement] Il a été géré comme toujours avec Beijing dans la plus grande opacité et sur le mode mais là j'aurais tendance à dire sur le mode historique congolais, c'est-à-dire que la RDC étant une cleptocratie minière, il ils ont joué le jeu de la cleptocratie minière. Ils ont signé un méga deal de plusieurs milliards de dollars en 2007 avec le président Kabila.
C'est ça qu'il a été qui leur a permis de rentrer dans le secteur minier en créant une jeune venture qui s'appelait Scomine. Le deal du siècle. Le deal du siècle pour 9 milliards de dollars.
Bon précise mais bon pourquoi pas. C'est en tout cas c'était le un investissement le plus grand investissement et euh cette cet investissement était complètement opaque. C'est-à-dire qu'on ne savait pas ce que les Chinois dépensaient.
C'était un c'était un deal. Eux, contrairement aux États-Unis, ils font pas des deals sécurité contre minera, mais ils font des deals infrastructure contre minerais. Et donc [grognement] en échange de l'entrée dans le secteur minier, il devait construire des infrastructures et en fait on ne sait pas vraiment euh combien d'infrastructures et à quel coup ils ont construit et on ne sait pas vraiment combien de minerait en Chine et ce que devenaient les profits véritablement de ce de ce Joint Venturer.
Et donc c'était vraiment sur le mode du partenariat kleptratique entre le président Kabila son entourage et Beaijin. À propos de kleptie, le président congolais lui-même ne risqueet-il pas de se voir euh reprocher de de brader les ressources minière du pays ? Est-ce que ce n'est pas un reproche qui le qui le guettete ou au fond euh ce n'est pas euh ce n'est pas, j'allais dire sa crainte principale aujourd'hui ?
Bah c'est c'est un reproche qu'on lui fait déjà publiquement au Congo, hein. Ça c'est beaucoup de Congolais le le disent. Euh, ils ont compris en effet que le but du président c'est la survie de son régime.
C'est pas c'est pas l'intérêt du Congo, c'est la survie de son régime. Et que pour ça, comme c'est son prédécesseur La Désiré Kabila, il est prêt en effet à brader les actifs miniers du Congo. Euh et dans ce cas, c'est aux Américains comme ça l'était d'ailleurs aux Américains aux intérêts anglo-saxons lors de Laurent Désiré Kabila qui était dans la même situation.
C'est-à-dire que il y a toujours la même situation historique. Quand un régime congolais commence à à s'effondrer au plan sécuritaire, il brade les actifs miniers du pays pour chercher un protecteur. Et ça fait euh deux fois maintenant que ce protecteur est anglo-saxon.
Et donc c'est toute l'ironie de l'histoire. Mais la conclusion sera probablement la même. Et c'est-à-dire que le régime de Laurent désiré Kabila s'est effondré.
Euh et euh et pour le moment euh si vous voulez les la Chine reste très prudente, très euh pas attentiste, mais euh elle est prête aussi à des contre-attaques. Je voudrais vous faire entendre la voix grâce au reportage diffusé sur TF1 dans 7 à 8 en avril dernier. La voix de Louise, son mari et leurs trois enfants qui travaillent dans une mine congolaise de cobalt.
Christian, casse-moi ses cailloux. apporte ce sac et revient en prendre un autre. On passe nos journée à casser des cailloux.
J'ai mal partout, j'en peux plus. Si je pouvais gagner plus d'argent, je mettrai mes enfants à l'école et j'arrêterai de les emmener dans cet enfer. Il y a des jours où l'on ramasse à peine de quoi gagner 2 €.
Je vous assure, on n' pas d'autre choix que d'amener nos enfants ici pour réussir à survivre. Quand les gardes arrivent, on doit s'enfuir. Moi, je peux courir vite, mais les enfants ne peuvent pas et parfois ils attrapent même les enfants.
Je suis obligé de prendre les plus petits dans mes bras et ma fille court derrière moi. À quel point, Thierry Vircoulon, à quel point la population congolaise aujourd'hui est-elle éloignée des intérêts, des bénéfices produits par ce système, ce secteur minier ? Comme le reportage l'indique, la grande partie de la la population congolaise en effet ne bénéficie pas du secteur minier et dans certains cas on souffre. [grognement] Et c'est ce qui expliquait un peu ce reportage qui parle à la fois du travail des enfants dans les mines artisanales et dans le fait que certaines de ces mines artisanales sont en fait illégales puisqu'elles sont sur des concessions de société.
C'est pour ça qu' parler des gardes qui viennent les chasser et cetera. Et donc il y a cette tension dans le le sud-est du pays permanente entre ces artisans miniers qui sont euh euh qui font ça comme le dit le reportage à cause de la pauvreté euh et les grandes entreprises minières. Et donc il y a il y a ces frictions permanentes, ces tensions permanentes qui n'ont [grognement] dont personne a trouvé la solution jusqu'à présent et qui parfois se traduisent par des des violences et des meurtres.
Mais on voit bien que ce secteur minier est scindé en deux et clivé en deux entre un secteur minier industriel et puis un secteur minier artisanal et que le secteur minier artisanal est évidemment le le réceptacle de la plus grande pauvreté. Un dctour par l'Europe, par la Belgique en particulier et par Bruxelles. Donc à l'Africa Muséum à Bruxelles, justement que trouve-t-on dans les sous-sols ?
Quelles sont ces archives congolaises qui attirent toutes les convoitises aujourd'hui ? Ben le à l'époque coloniale belge, il y a eu évidemment des études faites sur le sous-sol congolais et donc il y a des cartes géologiques très intéressantes qui se trouvent au musée de Tervuren. Euh et c'est c'est un peu le le trés ces cordes ces cartes sont un peu le trésor du musée de Tervurène.
Qu'est-ce qu'elles indiquent ? Qu'est-ce qu'elle montreraient ? Pourquoi surtout représente-t-elle aujourd'hui un véritable enjeu politique ?
Bah, elle c'est un c'est un enjeu euh surtout euh économique parce que euh évidemment beaucoup de sociétés veulent connaître de manière le plus détaillée possible le sous-sol euh congolais. Euh et donc euh il y a régulièrement des visites de de sociétés minières, en tout cas une époque, il y avait régulièrement des visites de société minière à Tervuren pour consulter ces cartes. Maintenant la politique de musée de Tervuren a changé et donc c'est devenu un enjeu politique parce que le musée veut une part numériser toutes ces tout ce fond et puis le transmettre aux autorités congolaises et donc ne plus permettre à ce que des sociétés viennent les les les consulter comme ça.
Et donc c'est comme je le dis un peu le trésor du musée de Tervuren. Ce serait une bonne chose donc que l'État congolais puisse les récupérer à défaut que des entreprises privées s'en saisissent. Euh probablement non puisque le le le le gouvernement congolais alors c'est pas que des entreprises s'en saisissent parce que les entreprises privées vont pas se saisir d'un d'un fond d'archive au musée de terre virel mais les consulter mais si vous voulez elles seront probablement le le gouvernement congolais monera probablement cette consultation et bon ceci est un peu anecdotique parce que le le secteur minier du du Katanga s'est développé depuis le début de ce siècle euh sans que c'est sans que les sociétés minières aient absolument besoin de de ces données si vous voulez.
Merci beaucoup Thierry Vircoulon, vous êtes chercheur associé à l'IFRI. Merci de nous avoir raconté, expliqué justement en quoi consistait ce fameux deal vendu par Donald Trump. Merci également à celles et ceux qui ont préparé cette émission.
Bert Bourdon, Bruno Barada, Rodier Ken.
Jean-Pierre Bataille