L'invité de Bourdin Direct : Guillaume Peltier - 06/07
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Vous écoutez RMC, RMC Bourdain Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Jean Pelletier, bonjour. Bonjour. Vice-président des Républicains, député du Loir-et-Cher, votre parti est à l'honneur, dites-moi. Voilà que l'un des vôtres, Jean Castex, enfin il l'était jusqu'à vendredi matin, je crois. L'un des vôtres est devenu Premier ministre. C'est une satisfaction ?
Moi, je suis comme les Français. Oui. C'est-à-dire que, bien sûr que j'ai de l'estime pour Jean Castex. Vous le connaissez bien ? Non, pas plus que ça, mais j'ai pu le croiser. J'aime tout à la fois son accent. Mais pas pu, vous l'avez croisé, dans votre parti. J'aime son accent rocailleux, j'aime son professionnalisme. Non mais l'accent, c'est... Oui, mais c'est important qu'il a été dénigré là-dessus. Moi, j'aime les gens des provinces et des territoires. Mais la question n'est pas là. La question, on l'a bien compris ces derniers mois d'ailleurs, n'est pas tel ou tel Premier ministre. La question, c'est la politique menée par le Président de la République.
Le problème, dans notre pays, c'est Emmanuel Macron et son bilan désastreux. Et les fautes immenses du macronisme ne seront pas dissoutes par un remaniement, quelle que fût son ampleur. Il faut dire ce que nous voyons. Il faut dire ce que les Français voient. Un bilan cataclysmique. 2 700 milliards d'euros de dettes. 1000 milliards d'euros d'impôts, de taxes et de charges qui pèsent chaque année sur nos compatriotes.
Non mais 2 700 milliards parce qu'il y a eu la crise.
Oui, et c'était le... Mais Jean-Jacques Bourdin, vous le savez bien. On était à plus de 2 000 milliards. Et c'était déjà le record avant la crise. Attendez, c'est très important de dire ce que voient nos compatriotes. Un record en matière d'immigration. 276 000 titres de séjour accordés en 2019. Des territoires qui n'en peuvent plus. Nous sommes, nous, en Loir-et-Cher, comme partout dans les provinces, démunies face au manque de médecins, face à la question du numérique. Le bilan d'Emmanuel Macron est un bilan exécrable.
Et ce n'est pas en changeant de Premier ministre, en l'humiliant déjà d'ailleurs ce matin, puisqu'il annonce, rendez-vous compte, méprisant l'article 20 de la Constitution, que le Premier ministre verra son discours de politique générale repousser au calanque grec du mois de juillet, et que c'est lui, Emmanuel Macron, qui va déterminer et conduire la politique de la nation en s'adressant à nos compatriotes le 14 juillet.
C'est l'analyse que vous faites. Emmanuel Macron a repris les choses en main pour les deux dernières années de son quinquennat dans la prévision de la présidentielle de 2022. C'est l'analyse que vous faites de ce choix, de Jean Castex. Oui, Emmanuel Macron... Mais dites-moi, c'est méprisant ? Est-ce méprisant pour Jean Castex, déjà ?
J'ai parlé de mon estime pour Jean Castex, et je le dis et je le répète, la question n'est pas celle-ci. La question est la suivante. Et d'ailleurs, je le dis ce matin au nom des Républicains, en tant que numéro 2 du parti, avec Christian Jacob. Que M. le Président de la République et que M. le Premier ministre fassent enfin, plutôt que du bavardage, des commentaires, de la communication, des déplacements qui ne sont que symboliques, des tentatives de reporter les élections à venir, qu'ils mettent sur la table, enfin, au nom de nos compatriotes qui n'en peuvent plus et qui sont en colère, des propositions concrètes.
Les 4 grands défis qui sont devant nous, Jean-Jacques Bourdin, sont les suivants. Le premier, c'est l'exaspiration des Français face à l'assistanat, face aux fraudes fiscales et sociales. Les Français attendent qu'on réhabilite en France la valeur du travail, qu'on récompense ceux qui bossent, parce que la France sera redressée par ceux qui se lèvent tôt, par l'héroïsme des humbles, par les caissiers, par les ouvriers, par les employés, par les entrepreneurs, par les artisans, par les agriculteurs, par toute cette France-là qu'on ne voit jamais, qu'on n'écoute jamais. Oui, cette France-là qui ne gagne pas suffisamment bien sa vie.
Et en plus, et vous savez, c'est l'une de mes propositions depuis longtemps, dans mon livre, Milieu de Cordée, que j'ai déposé à l'Assemblée nationale, il faut pour cette France-là, pas simplement des mots. Moi, je demande au président de la République, une augmentation des salaires. Parce qu'en France, les salaires sont trop bas. Il faut que nous ayons le courage de recréer un écart entre les revenus de l'assistance et les revenus du travail. Tout au long de ce week-end, dans ma circonscription, j'ai croisé des lois rachériens. Ils ne m'ont pas parlé de Jean Castex. Ils ne m'ont même pas parlé d'Emmanuel Macron. Ils m'ont dit, qu'allez-vous faire ?
Que va faire la classe politique pour mieux récompenser ceux qui bossent ? Que va faire la classe politique pour lutter contre ces minorités qui préfèrent rester chez elles plutôt que de produire, que de redresser notre pays ? Il n'y a plus d'écart, je le dis et je le répète avec force, entre les revenus du travail et les revenus de l'assistance. Le deuxième grand défi qui est passé sous silence, c'est une nation qui est aujourd'hui fragmentée, divisée, abîmée, avec des violences et des anarchies considérables. Tout le monde a vu ce qui s'était passé à Dijon, de manière cataclysmique, des communautés tchétchènes et maghrébines qui s'affrontent, 150 jeunes qui tirent à la Kalachnikov.
Non, on n'exagère en rien, Guillaume Pétier, n'en rajoutons pas. Des images sur vos antennes absolument terribles et le communautarisme qui gangrène notre société. Il faut un électrochoc sur la laïcité. Il faut un électrochoc pour lutter contre l'islam politique et pour rappeler qu'en France, si la République se doit de protéger la foi, la foi, elle, n'est pas au-dessus des lois. Vous, vous devriez être content.
Jean Castex a parlé de quoi lors de sa première intervention ? Il a parlé de laïcité, il a parlé d'autorité. Vous devez être content. Parce que, pourtant, j'ai lu la déclaration de Christian Jacob, le président de votre parti, qui dit « C'est un homme de peu de conviction, Jean Castex. » Il a déjà commencé par le critiquer, sans même savoir ce que le Premier ministre allait faire. Est-ce ainsi qu'on doit faire de la politique ? Je vous pose la question.
Moi, ce que j'aime avec Christian Jacob, et la nouvelle génération des Républicains, c'est que oui, il y a des hommes et des femmes aujourd'hui, en politique, qui préfèrent leur conviction à leur carrière. Est-ce que c'est un homme de peu de conviction, Castex ? J'ai répondu très clairement dès vendredi soir. J'ai écouté Jean Castex, chez mon confrère de TF1. Les mots qu'il a utilisés furent justes. L'écologie n'est pas une option. Tout ne doit pas être décidé depuis Paris. La laïcité est importante. Très bien. Mais qui croire ? Les mots justes de Jean Castex ? Ou le bilan cataclysmique d'Emmanuel Macron, qui conduit, hélas, on l'a bien vu, et détermine la politique de la nation.
Donc je le dis avec clarté, comme tous les Français. Je souhaite bonne chance à Jean Castex. Et j'espère qu'il va réussir pour notre pays. Mais je lui demande de mettre sur la table, dès maintenant, des propositions sur le travail, augmenter les salaires, baisser les charges pour les PME, supprimer des impôts de production comme la C3S. Je vais y revenir. Je demande que sur l'islam politique et les questions de sécurité, il y ait, par exemple, enfin, l'expulsion des FICHS étrangers, l'internement des FICHS français, l'expulsion des imams salafistes, la fermeture des mosquées salafistes, qu'il y ait sur les questions de délinquance. Vous avez vu ce qu'on a vu ce week-end ?
Moi, en cet instant, je pense à Mélanie, gendarme d'Aiguillon, de 25 ans, fauchée. Je pense à ce jeune, roué de coups. Mais quel est le rapport ? Pardonnez-moi.
Le gendarme de 25 ans, d'Aiguillon, non mais pardonnez-moi. Je vais vous le dire, le rapport. Quel est le rapport ? Je vais vous le dire. Nous avons un président de la République et son ministre de l'Intérieur. C'est un homme de 27 ans, multirécidiviste, qui avait bu ou qui conduisait sans permis, qui n'a pas répondu à un contrôle de Jean. Mais quel est le rapport ?
Je vais vous répondre. Alors, allez-y. Jean-Jacques Bourdin, vous, qui aimez l'honnêteté intellectuelle, cet individu était un multirécidiviste. Et il était en liberté. Non, mais attendez. Attendez, attendez. Je vis de la route. Et de l'usage de stupéfiants. Oui, de l'usage de stupéfiants. Premièrement. Deuxièmement, ce qu'on a vécu avec ce jeune de 23 ans, révélé par vos confrères du Parisien, roué de coups en mai et mort en juin, tués par quelqu'un qui avait été libéré de prison pendant la crise du Covid. C'est quoi la politique ? Non, mais ne confondez pas. Non, mais je n'ai pas tout.
Parce que, justement, vous savez que vous aimez, justement, l'honnêteté intellectuelle. Vous aimez la clarté.
Alors, la clarté, je reviens sur la gendarme. Je reviens sur la gendarme, mais tout hélas est lié. Sur la gendarme, multirécidiviste, premièrement. Deuxièmement, une classe politique, et je le regrette, ministre de l'Intérieur en tête, qui, ces dernières semaines, ont dénigré les forces de l'ordre. Des hommes politiques qui ont même dit qu'il fallait désarmer nos policiers et nos gendarmes. Une classe politique qui a caricaturé nos policiers et nos gendarmes. Quel est le rapport avec le décès de cette... Le décès malheureux, évidemment. Deux rapports. D'abord, en France, quand on commet des délits... Oui. Des délits routiers, oui. Non.
Et quand on consomme des stupéfiants, on se doit d'être en prison et de subir des sanctions radicales. Aujourd'hui, c'est la prime à l'impunité, premièrement. Et en France, deuxièmement, le rôle d'un homme politique, digne de ce nom, c'est de protéger les forces de l'ordre, de rendre hommage en permanence à nos policiers, à nos gendarmes, à nos pompiers. C'est ce qu'a fait Jean Castex hier soir, apparemment, non ? Mais Jean Castex vient d'être nommé. Je ne vais pas commencer un procès d'intention à l'endroit de Jean Castex. Mais qui est président de la République depuis 2017 ? Qui nous a promis de réconcilier la France ? Qui nous a promis de rétablir l'autorité Emmanuel Macron ?
Aujourd'hui, c'est tout le contraire. Eh bien, au nom des Français, au nom de la majorité silencieuse, il faut dire les choses. Oui, il y a aujourd'hui en France une prime à la Sistana. Il y a un communautarisme qui gangrène la République. Il y a des énarques qui décident de tout, tout le temps, très éloignés et très méprisants à l'égard des provinces. Il y a une politique écologique qui est à l'envers de ce qu'il faudrait faire pour répondre aux défis climatiques. Eh bien, mettons sur la table des propositions concrètes, celles que j'ai faites sur les salaires.
On va revenir sur les propositions, mais est-ce qu'il faut aller vite maintenant ? Est-ce qu'il faut aller vite ? Est-ce qu'il faut accélérer le rythme ? Je ne sais pas, moi, des décisions à rendre. Je ne sais pas, parce que j'ai lu Emmanuel Macron, son tweet. Le projet que j'ai porté en 2017 et sur lequel les Français m'ont élu, reste au cœur de ma politique. Mais il doit s'adapter aux bouleversements internationaux et aux crises que nous vivons. Un nouveau chemin doit être désigné. Et il faut aller vite. Il faut aller vite. Il faut aller vite. Et là, ça a mal commencé.
Il faudrait aller vite depuis très longtemps, depuis la crise du Covid. Vous avez vu tout le mois de juin ? Oui, Jean-Jacques Bourdin, vous êtes un commentateur avisé, un observateur. Qu'est-ce qui s'est passé tout au long du mois de juin ? Emmanuel Macron, début juin, qui parle d'une dissolution. Puis à la moitié du mois de juin, qu'il laisse courir le bruit de sa démission. Puis autour du 20 juin, il évoque le report des régionales et des départementales. Et puis maintenant, on est lancé dans un remaniement. Et puis on va attendre le 15 juillet pour avoir un discours de politique générale.
Donc maintenant, je le répète très calmement, avec les Républicains, nous mettons des propositions sur la table. Premièrement, la baisse des charges et la hausse des salaires, la suppression de la C3S pour redonner de l'oxygène à notre industrie et à nos entreprises. Sur les questions de sécurité et d'ordre, j'en ai parlé. Sur la question des provinces... Qu'est-ce que vous faites sur les questions de sécurité et d'ordre ? Vous avez entendu mes propositions à l'instant.
Non, j'ai entendu un commentaire, oui. Ah non ! Comme proposition, faites quoi ? Comme proposition, que faites-vous ?
Sur la question de sécurité. Oublions le communautarisme. De sécurité, vous faites quoi ? Sur sécurité, je pense qu'il faudrait envoyer un électrochoc très fort à la société française. Oui, mais ça veut dire un électrochoc. Ça veut dire concrètement construire, lancer un grand plan de construction de places de prison. Premièrement, nous manquons de places de prison en France.
Vous savez combien de temps il faut pour construire une place de prison ? Oui, d'accord.
Mais la politique, c'est jamais la fatalité. Entre 7 et 10 ans. Il fallait commencer dès 2017. C'est vrai qu'on a perdu beaucoup de temps. Et deuxièmement... Il fallait même commencer avant. Symboliquement, je crois que pour tous les mineurs délinquants récidivistes, il faut qu'Emmanuel Macron annonce la création d'un service militaire obligatoire pour rappeler qu'en France, il n'y a pas de place pour la délinquance à répétition. Chacun, même si c'est regrettable, a le droit de commettre une faute une fois.
Mais un mineur délinquant récidiviste, oui, parce qu'il faut redonner le sens des valeurs, du respect, du respect qu'on doit à l'autre, du respect qu'on doit à nos forces de l'ordre, du respect que l'on doit à notre drapeau. Je propose même que nous allions jusqu'à la suspension des aides sociales pour ces mineurs délinquants récidivistes. Et que nous puissions appliquer l'une des... Aides sociales pour les parents. Oui, ou pour les délinquants, pas quand ils sont mineurs. Et enfin, je propose, c'était Emmanuel Macron qui le disait en 2017, il ne l'a jamais appliqué, que la loi puisse permettre d'extraire du quartier dans lequel il commet ses délits, ce mineur délinquant récidiviste.
Il y a plein de propositions sur la table. Sur la question des provinces, à quand une véritable politique de décentralisation ? Il nous faut enfin l'autonomie fiscale des communes, des départements et des régions. Confions aux régions de France, par exemple, la question de l'emploi, de l'apprentissage et de la santé. On voit bien que la politique de Pôle emploi ne marche pas. Allons plus près des territoires, il y a plein de propositions à faire. Allons aussi... Mais le chômage baissait avant la crise, vous en convenez ? Les catégories A. Vous savez pourquoi il baissait le chômage ? Parce qu'on en voyait plein de gens en formation. Mais l'ensemble, c'est 6 millions de chômeurs en France.
Si on est content de ce chiffre, arrêtons de faire de la politique. Moi, je me suis engagé en politique pour régler aussi la question du chômage. Autre proposition sur la question des hauts fonctionnaires. Qu'est-ce qui s'est passé ? Un énarque a remplacé un énarque par un autre énarque en le flanquant d'un énarque. Les Français en ont marre qu'on soit...
Mais combien d'énarques dans votre parti ?
Je ne sais pas, moi je ne suis pas. Christian Jacob ne l'est pas. Aurélien ne l'est pas. En tout cas, l'équipe dirigeante, nous ne sommes pas énarques et nous en sommes très heureux. Parce qu'on a bien compris ces 30 dernières années que les meilleures décisions se prenaient au plus près du terrain et certainement pas en sortant de l'ENA. Moi, je propose le spoil system. Ça veut dire quoi ? Je propose qu'à partir de l'élection d'un nouveau président de la République, On change d'administration. L'administration soit contrainte ou de se soumettre à la politique que le peuple français a choisie ou de se démettre.
Et je propose donc que les mille hauts fonctionnaires qui dirigent la France voient leur rémunération plafonner en dessous de celle du président de la République. Il n'est pas légitime que les exécutants au service de la nation gagnent aujourd'hui davantage que l'exécutif. Il faut un grand choc pour redonner du pouvoir à la proximité et au terrain et aux provinces. Guillaume Pelletier, est-ce qu'il faut reprendre la réforme des retraites ? Oui ou non ? Il faut dire la vérité aux Français. On vit plus longtemps. La dette et les déficits sont considérables. Donc oui, il faut réformer nos retraites.
Donc il faut reprendre la réforme des retraites. Bien sûr. Les syndicats ne veulent pas, vous le savez. Oui, mais je veux... Ni les syndicats de salariés, ni les syndicats patronaux.
Non mais qu'on la reprenne demain et qu'on décide après-demain, sans doute pas. Il faut remettre tout le monde autour de la table, devenir apaisé.
Il n'empêche... De manière apaisée, d'accord. Disons la réforme des retraites et que fait-on ?
On travaille plus longtemps ? Que fait-on ? Oui. On cotise plus longtemps ? Disons la vérité aux Français, que c'est quoi les retraites ? Ou on baisse les pensions ? On ne le veut pas. Ou on augmente les cotisations ? On ne le veut pas. Ou on travaille, pour ce qu'ils peuvent, un an. On augmente la durée de cotisation. Oui. Je considère, moi, que sur... Alors, quand on a commencé tôt, il faut pouvoir partir tôt. Quand on a commencé tard, on finit un peu plus tard. Mais on ne peut pas mentir aux Français. Si on veut garantir des pensions de retraite dignes de ce nom, il faut dire qu'il faudra travailler un peu plus. Donc, travailler plus longtemps... Augmenter les pensions de retraite.
Augmenter les pensions de retraite. Pour augmenter les pensions de retraite. C'est ce que vous dites. C'est très important. Et puis, aussi, travailler plus. Est-ce qu'il faut aller au-delà de 35 heures ? Est-ce qu'il faut... Je vais même vous dire qu'il faut mettre à bas cette loi des 35 heures. Oui. Mais même, je vais peut-être vous surprendre...
Il faut travailler combien ? 37, 39 heures ? Il faut travailler plus. Je vais vous dire ce que je pense. Oui. Il faut que chaque entreprise puisse choisir entre 30 et 40 heures. Entre 30 et 40 heures. C'est-à-dire ? En fonction du carnet de commande. C'est-à-dire qu'au sein de l'entreprise, après un dialogue avec les salariés, chaque entrepreneur, par semestre, par année, puisse dire « Cette année, on a beaucoup de travail, les gars. Donc, il va falloir travailler beaucoup. Donc, il va falloir travailler 36, 37, 39, 40 heures. Et vous serez payé davantage. Et à l'inverse, pouvoir dire « Cette année, c'est compliqué. C'est dur. On va travailler moins. 30 heures, 32 heures.
Et puis que l'État compense par rapport à la norme des 35 heures. Pour que les Français ne perdent pas en pouvoir d'achat, mais qu'on garantisse une immense souplesse pour nos entreprises. Bien sûr qu'on ne redresse pas un pays sans travailler davantage. Et sans être mieux rémunéré. Le grand combat, moi, que j'entends mener, c'est le cœur de mon engagement politique. C'est récompenser le travail. C'est réhabiliter le travail. Cette France dans laquelle on fait croire que sans effort, on peut réussir, que dans une société uniquement de loisirs, on peut réussir, est une illusion. Il faut qu'on remette au cœur de la société française toutes celles et ceux qui travaillent.
C'est une illusion pour vous ? Non, l'écologie, c'est un combat que je mène depuis longtemps. Dans mon livre, là encore, je vous ai des propositions. Je vous les redonne ce matin. Je ne crois pas d'abord en l'écologie punitive. Ce qu'on a vécu dans le monde rural, en taxant par exemple les automobilistes, ce n'est pas ma vision des choses.
Vous ne pensez pas que l'écologie, malheureusement, n'est que punitive ?
Non, je vais vous démontrer le concret. Mais elle est souvent punitive. Deux grandes propositions très concrètes ce matin, là encore. Parce que j'aime bien proposer plutôt que de critiquer. Ça, vous avez raison. Je propose la TVA à 0%. J'aime bien dire à 0%. Sur le circuit court. Pour la vente directe, oui, d'un agriculteur à un consommateur. Ça, c'est du concret. Maintenant, dès cet été, je demande à Jean Castex. Je demande la TVA à 0% pour les billets de train, puisqu'il faut encourager les trains plutôt que l'utilisation de la voiture. Soyons concrets, c'est 10% de TVA aujourd'hui. Vous avez besoin que la convention c'est citoyenne. Oui, deux.
Troisièmement, il faut que, parce que j'ai vu les chiffres, qu'on crée aussi la TVA à 0%. Sur les rénovations énergétiques et thermiques des bâtiments publics, enfin, des bâtiments publics, ce sera l'État, et des logements privés. Qu'on dise aux Français, voilà, sur trois grands sujets. La vente directe chez les agriculteurs. La rénovation des logements privés et ce que je viens d'évoquer. TVA à 0. Électrochoc. L'écologie est notre priorité. L'écologie de la récompense des comportements vertueux et non pas de la punition. Pas l'intégrisme de l'écologisme. L'écologie positive. C'est possible. Deuxième grande proposition.
Dans nos territoires, nous sommes 93% à utiliser la voiture pour aller travailler. En moyenne, 40 km par jour pour aller de notre domicile à notre travail. On n'a pas de transport collectif. La seule solution, c'est que demain, on puisse acquérir un véhicule propre à hydrogène, électrique. Ça coûte cher. L'argent, il existe. Vous savez où il se trouve ? Chez les compagnies d'assurance et les sociétés d'autoroutes. Les sociétés d'autoroutes, c'est 3 milliards d'euros de bénéfices chaque année. Je n'ai pas dit de chiffre d'affaires, de bénéfices.
Les sociétés d'assurance pendant le Covid, puisque nos voitures et nos motos étaient au garage, c'est 2 milliards 200 millions d'euros de bénéfices en plus par rapport à ce à quoi elles s'attendaient. Eh bien, sur ces 5 milliards, je demande qu'au moins 1 milliard dès l'année 2020, par le Premier ministre, soit fléché pour les communes, les départements et les régions, pour permettre à chaque Français d'un territoire, monde rural ou périurbain, d'acquérir, en 2020 et en 2021, un véhicule propre. Voilà de l'écologie positive, concrète, efficace.
Eh bien, vous avez bien vu, Jean-Jacques Bourdin, tout au long de cette interview, j'aurais pu, comme tant d'autres, critiquer, caricaturer, m'opposer. Moi, ce qui m'intéresse, et c'est ça la noble politique, c'est de faire des propositions, c'est de parler au don de la majorité silencieuse, c'est de poser un constat juste et digne sur ce qui se passe dans la société française. Mais c'est d'apporter des solutions concrètes, courageuses, crédibles et cohérentes. C'est possible. Moi, ce que je veux dire aux Français, c'est que la politique, elle peut être moche, elle peut être désespérante quand elle est dans le commentaire, le bavardage, la critique systématique.
Mais elle peut être grande, elle peut être noble lorsqu'on fait des propositions concrètes au service de ceux qui n'ont jamais la parole et qui méritent d'être entendus.
Bien, merci beaucoup Guillaume Pelletier, notre invité ce matin, vice-président des Républicains sur RMC et BFM TV. Il est 8h54.
RMC, pour un direct.
Guillaume Peltier