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interviewPublic Sénat· 7 juillet 2026 43 min

Marine Le Pen peut-elle faire campagne sous bracelet électronique ? - Vidéo

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Condamné en appel pour détournement de fonds publics à un enferme sous bracelet électronique, Marine Le Pen sera-t-elle candidate à la présidentielle ? La chef de file du Rassemblement national avait conditionné sa candidature à l'absence de port de bracelet électronique. Ses proches déplorent la décision de justice.

0:24
Invité

Il faut considérer que la Cour s'est trompée sur le fond du droit et notamment sur l'application de l'article 432-15. C'est toujours ce que nous avons fait dès. Elle n'a pas été de notre avis. C'est comme ça.

0:35
Présentateur

A gauche, on estime que Marine Le Pen ne peut pas se présenter à l'élection présidentielle après cette condamnation.

0:40
Invité

C'est une délinquante qui se présenterait. Elle est coupable de détournement de fonds publics. Et le Rassemblement national a été condamné pour détournement de fonds publics. Voilà un parti. Je ne vais pas aller à rien. Je dis juste qu'elle est une délinquante et elle est coupable.

0:54
Présentateur

Dans un tweet sur X, l'écologiste Marine Tondelier juge que les restrictions du bracelet électronique paraissent peu compatibles avec une campagne présidentielle. Pour Jean-Luc Mélenchon, cette décision ne change rien, quelle que soit la candidature au RN. A droite, la condamnation de Marine Le Pen fait aussi réagir.

1:11
Marine Le Pen

Le Front national puis le Rassemblement national a largement prospéré en disant « Nous sommes irréprochables. Ils sont tous pourris. » Sur les emplois fictifs, par exemple sur la ville de Paris. Madame Le Pen demandait l'inéligibilité à vie. Donc, excusez-moi, moi je constate que le Rassemblement national a beaucoup évolué sur ce sujet comme sur beaucoup d'autres. Et que maintenant qu'il est pris dans la tourmente, il a oublié tout ce qu'il a dit.

1:35
Présentateur

En visite en Syrie, Emmanuel Macron a refusé de commenter la condamnation de Marine Le Pen. Au sein du Bloc central, on s'interroge sur la décision qu'elle va prendre.

1:44
Invité

On va voir comment elle se positionne. Mais comment elle se positionne, pas au regard de ce que moi je pourrais dire, mais au regard de ce qu'elle pouvait dire il y a maintenant de cela quelques années. Elle même disait que les Français en avaient assez de parler des affaires. En avaient assez des affaires qui touchaient les politiques. Donc la question, j'ai envie de vous dire, elle est toute retournée vis-à-vis d'elle. Est-elle capable de se contredire, de se dédire ? Que va-t-elle dire ? C'est la grande question que tout le monde se pose.

2:09
Présentateur

Un dilemme à trancher pour Marine Le Pen après la décision de la Cour d'appel de Paris.

2:16
Marine Le Pen

Et on se demande si Marine Le Pen peut faire campagne sous bracelet électronique. Je vous présente nos invités pour cette édition spéciale qui continue. Laure Salvin, bonsoir, bienvenue. Vous êtes directrice générale de l'Institut de sondage Vériant. Hubert Coudurier, bonsoir et bienvenue. Bonsoir. Directeur de l'information du Télégramme. Et vous publiez le mystère Marine Le Pen qui est aux éditions Plon. Lucille Schmitt, bonsoir. Bonsoir. Bienvenue Lucille. Vous êtes présidente du cercle de réflexion de la fabrique écologique. Et vous publiez Urgence politique, nécessité écologique. C'est aux presses universitaires de France.

Michael Darmon, évidemment, est resté à mes côtés, littoraliste politique. Peut-être un avis sur ce jugement Laure Salvin. Et peut-être sur l'image du Rassemblement national. Est-ce qu'elle pourrait souffrir de cette condamnation définitive, en appel en tout cas ?

2:59
Intervenant

Alors, on avait vu effectivement que Marine Le Pen, elle-même, avait souffert du premier jugement en termes d'image. Il y avait eu une petite baisse effectivement dans l'opinion, y compris auprès des électeurs du Rassemblement national. Ça avait impacté son image, notamment sur l'honnêteté et la confiance. Évidemment, même si les traits d'image de Marine Le Pen restaient positifs auprès de ses sympathisants, il y avait eu quand même un petit effet. En revanche, sur le parti, aucun. Aucun effet.

3:30
Marine Le Pen

Alors que c'est le parti, enfin en tout cas l'héritier du Front national qui est condamné également comme personne morale.

3:35
Intervenant

Absolument. Sur le parti, on fait le baromètre, vous savez, depuis plus de 40 ans de l'image du Rassemblement national et avant du Front national pour le monde. Après la décision de justice, l'image du parti n'avait pas bougé. C'est plutôt au contraire consolidé. Et c'est aujourd'hui le premier parti de France qui a la meilleure opinion dans l'ensemble de la population quand on le compare aux autres partis. Donc en fait, voilà, ça a un peu écorné la personnalité. Je crois que Marine Le Pen a beaucoup pris sur elle. Et finalement, le parti est resté assez intact.

Et c'est aussi pour ça ce qui explique les intentions de vote, je pense, aujourd'hui, qui reste quand même très, très forte, à la fois pour Jordan Bardella et Marine Le Pen. C'est qu'il y a aussi le parti derrière qui les soutient et qui est très fort.

4:21
Marine Le Pen

Alors, Hubert Coulurier, vous avez donc écrit et enquêté sur ce mystère Marine Le Pen. Vous n'êtes pas dans son cerveau, là, en ce moment, alors qu'elle doit peser le pour et le contre. Mais est-ce qu'elle est plutôt, c'est plutôt quelqu'un, vous dites, elle a envie d'aller à la bagarre, même avec un bracelet électronique ? Comment vous analysez ? Alors, je pense qu'on pouvait se poser des questions sur sa véritable envie d'y aller. Oui, parce qu'à force de mettre en selle Jordan Bardella, dont la code de popularité a explosé depuis 4 ans, c'était devenu presque plus qu'un plan B, puisqu'elle n'était pratiquement plus sondée.

Et elle était quasiment enterrée, en fait, par la classe politico-médiatique. Et je pense que ça finissait par peser sur son moral, même si elle ne le montrait pas, même s'il se flattait d'avoir bien préparé son dauphin et que le parti survivrait à cette épreuve. Je pense que de se dire, tout ça pour ça, 15 ans d'efforts pour dédiaboliser le parti, pour changer de nom, pour imposer une discipline, même si les brebis galeuses remontent régulièrement à la surface, parce qu'on n'efface pas l'histoire d'un parti d'un demi-siècle comme ça. Je pense que ça lui pesait. Et je pense que ce soir, à mon avis, c'est le soulagement.

– Alors, en réalité, faire campagne avec un bracelet électronique, ce n'est pas vraiment un problème, d'abord parce que ça va être aménagé. – Oui, alors on va en reparler, parce qu'il y a encore pas mal de points d'interrogation. – Oui, je pense qu'il y a une question morale qui va se poser, c'est ça que vous le sondez, c'est-à-dire qu'elle va se dédire, non seulement de ce qu'elle a dit il y a 15 jours, mais enfin, il y a quand même un passif, en l'occurrence, qu'il va falloir solder, mais je… – Avec où, vous parliez de la moralité ? – Je ne vois pas comment elle ne pourrait pas y aller.

– Oui, c'est la question que je vais vous poser, Tia Lucine Schmitt, vous pouvez préparer votre réponse, je donne la parole à Nicolas, qui nous écrit de Bessine, après DSK, François Fillon, Nicolas Sarkozy, maintenant Marine Le Pen, avons-nous en France des candidats à l'élection présidentielle les moins capables d'exemplarité ? Bon, voilà un point de vue de téléspectateur. Est-ce que vous vous dites, c'est sûr, elle va y aller ? Ou alors, je peux poser la question différemment, elle ne peut pas ne pas se présenter ?

6:25
Intervenant

– Moi, la question que je me suis posée, c'est dans la… C'était intéressant ce que vous disiez sur le parti politique et sur, au fond, la façon dont ce parti politique, aujourd'hui, représente le changement politique. Je me suis dit, est-ce qu'elle va se poser la question de « est-ce que c'est moi la meilleure candidate pour que le Rassemblement national gagne en 2027 ? » C'est-à-dire, est-ce qu'elle sera capable d'une forme de désintéressement personnel ? Puisque maintenant, elle a le choix. Ce qui est intéressant dans la décision de justice, c'est que la présidente de la Cour d'appel a dit, dans le jugement, « laisser la liberté aux électeurs ».

Mais, au fond, laisser la liberté aux électeurs, c'est donner, comme vous le disiez, sa liberté à Marine Le Pen, liberté de choix, liberté de conscience, etc. Et donc, dans ce choix de conscience, il y a quelque chose sur qui est le meilleur candidat. Est-ce que c'est moi, meilleure candidate, ou est-ce que c'est Jordan Bardella, meilleur candidat ? Et je pense que cette question ne peut que se poser à la veille d'une possibilité historique que le Rassemblement national l'emporte. – Mais il y a aussi…

7:23
Marine Le Pen

– Peut-être, parce qu'on va continuer dans ce débat, pardon de nous interrompre, mais de peser un peu les deux hypothèses, les deux candidatures, et peut-être aussi les deux équipes. Il y a sans doute quelques tiraillements. Mais je reste un peu sur la personnalité de Marine Le Pen. Là, maintenant, on voit tous, depuis le début de l'après-midi, que ce jugement est tombé. Tout le monde se place quand même dans la perspective qu'elle puisse y aller, qu'elle fasse campagne, malgré le bracelet électronique, etc. Elle donnerait peut-être le sentiment de se dérober.

7:50
Intervenant

– Oui, il y a la question de la lâcheté face à l'épreuve suprême. Et c'est pour ça que beaucoup de commentaires qu'on voit sont, à mon avis, complètement défasés. C'est-à-dire qu'expliquer que parce qu'elle a été condamnée et que si elle veut se présenter, elle doit reconnaître sa condamnation et sa culpabilité, c'est quelque chose qui l'empêche de se présenter, c'est absurde. Parce qu'au fond, elle a déjà été trois fois candidate et que l'élection suprême, qui est une élection, on le dit beaucoup, une sorte de dialogue direct avec le peuple français, si on n'y va pas, c'est vraiment se dérober dans la tradition politique française.

Et c'est pour cela, d'ailleurs, que ce jugement est intéressant parce qu'il dit ça, en fait. Il reconnaît l'exceptionnalité, me semble-t-il, de l'élection présidentielle française compte tenu de nos institutions. Donc, moi, je ne pense pas qu'on puisse se dérober, mais je pense qu'il y a quand même un cas de conscience sur est-ce que je suis la meilleure candidate.

8:37
Marine Le Pen

– Effectivement, et ça, on va continuer d'en parler, mais quand même, dans ce débat, il faut, si vous nous rejoignez à l'instant, et peut-être que vous n'avez pas lu en détail le jugement de la Cour d'appel de Paris, il y a quand même, et on va rejoindre Stéphane Duguay avec Céline Schmitt qui est au Palais de Justice, dans la motivation du jugement, Stéphane, la présidente de la Cour d'appel, elle a utilisé des mots qui sont des mots très forts.

8:59
Invité

– Oui, avant d'énoncer la peine des douze prévenus, Michel Agis, la présidente de la Cour d'appel, est revenue sur les raisons qui ont guidé la décision des juges. Il y a bien eu un détournement de fonds publics par le Front National, ancêtre du Rassemblement National. La Cour confirme que non, un assistant parlementaire ne peut pas exercer une activité militante pendant ses heures de travail pour le député qui l'emploie. L'effet qui était donc reproché au prévenu. Il y a eu des faits d'autant plus graves à rappeler la magistrate qu'ils ont duré onze ans, trois mandatures au Parlement européen.

Elle a décrit un véritable mode de fonctionnement pour s'accaparer, je cite, des fonds publics au bénéfice du Front National. Une organisation créée sous l'impulsion de Jean-Marie Le Pen, décrit la Cour avant que sa fille, Marine Le Pen, prenne la suite, avec la complicité des députés européens condamnés, des élus pourtant chargés de l'intérêt général, et dont on attend une exemplarité et une probité totale, a rappelé la présidente de la Cour d'appel concernant Marine Le Pen. Spécifiquement, la magistrate a indiqué qu'il appartient aux responsables politiques plus qu'aux autres de faire respecter les règles et de ne pas y déroger.

Mais dans sa décision, la Cour a également pris en compte le contexte politique et l'élection présidentielle de 2027. La nouvelle condamnation en appel de Marine Le Pen s'est faite au regard du respect de la liberté des candidatures et de la liberté de choix de l'électeur, selon les mots de la présidente de la Cour, deux conditions essentielles à une expression authentiquement démocratique du suffrage universel.

10:28
Marine Le Pen

Merci à Stéphane Duguay et Céline Schmitt qui étaient pour Public Sénat au Palais de Justice de Paris. Votre avis, Hubert, que vous diriez sur les mots, justement, la gravité des faits, les attendus de ce jugement ? J'ai un peu tendance à dire, mais enfin, ma voisine sait ça beaucoup mieux que moi, c'est que pour son socle électoral, ça n'a pas beaucoup d'importance. D'abord parce que c'est quand même assez complexe. L'avocat, Rodolphe Bossu, a plaidé l'idée que ce n'était pas de la compétence de la Cour d'appel de juger sur des fonds qui étaient distribués par le Parlement, d'ailleurs.

Et je ne pense pas que, dès lors que la Cour a précisé qu'il n'y avait pas d'enrichissement personnel, il considère qu'il y a une quelconque corruption. Puis de toute façon, on a vu souvent de la part des régimes illibéraux à quel point les candidats, sans même remonter à Silvio Berlusconi, ou même M. Balkany, tout ça n'avait pas d'importance. Mais en réalité, je pense que si la campagne est lancée, et aujourd'hui, la bagarre, c'est sur le bloc central, est-ce qu'elle va aspirer le bloc central ? Est-ce qu'on va avoir une vague conservatrice ? Ou est-ce qu'on reste à la française, dans des campagnes où c'est le centre qui garde la clé ?

– Oui, si vous le voulez bien, on revient un peu plus tard. – Je vais peut-être trop vite. – Non, mais tout va bien. Tous les autres partis politiques et candidats vont se positionner en fonction de cette stratégie-là. – Je suis tout à fait d'accord avec Gussi, sur l'idée qu'au-delà du soulagement et du fait qu'à titre personnel, même si elle a semblé être une victime expiatoire et prête à assumer ce rôle, ce serait un soulagement. Je pense qu'elle doit réfléchir en termes tactiques de savoir qui est le meilleur pour l'emporter.

Et à mon avis, compte tenu des débats qu'il y a sur le plan idéologique entre eux, je pense qu'elle pense qu'il est un peu jeune et que c'est elle qui a le meilleur sens de l'électorat. – Effectivement, on va écouter Marc Ferracci, député Renaissance, ancien ministre de l'Industrie et de l'Énergie, pour ouvrir un chapitre sur les axes d'attaque finalement des autres candidats ou des opposants à Marine Le Pen. Écoutez.

12:41
Invité

– C'est à elle de prendre la décision. Il me semble qu'être condamné pour détournement de fonds publics devrait quand même faire réfléchir à deux fois avant de se lancer vers la candidature à l'élection suprême. Il y a derrière une question morale. Ce qui sépare Marine Le Pen d'une candidature à l'élection présidentielle, ce n'est pas simplement un bracelet électronique, c'est son sens moral et l'intégrité dont elle fait preuve vis-à-vis de cette condamnation qui est encore une fois extrêmement grave.

13:05
Marine Le Pen

– On écoutait dans la première partie de l'émission François Ruffin, le député de la Somme, qui disait marqueur, cette histoire, c'est un marqueur du degré de corruption de la nation. Cette valeur-là, comment elle… ou cette valeur négative, comment elle apparaît dans les études que vous pouvez faire, Laure Salvin ? Est-ce que les Français ont le sentiment d'une banalisation de la corruption ? Est-ce qu'ils acceptent, parce que c'est vrai que ça fait des décennies, on pourrait remonter à l'affaire Urba du PS dans les années 80, qu'il y a des affaires de détournement de fonds publics ou des affaires politiques ? Comment c'est perçu par l'opinion ?

13:37
Intervenant

C'est vrai que vous avez une très large majorité, plus de 60% des Français qui considèrent que le monde politique dans son ensemble est corrompu. Et ça, depuis de nombreuses années, ce n'est pas nouveau dans nos enquêtes, on le voit depuis une vingtaine d'années. Pour autant, on a le sentiment qu'il y a une certaine résignation de la part des Français, parce qu'en effet, ça n'empêche pas de voter pour un candidat qui a été condamné, on l'a déjà dit. Il y a une forme de hiérarchie aussi ou de concurrence des indignations, vous voyez, et surtout aujourd'hui.

On est quand même dans un contexte très particulier où la justice a été fragilisée, en tout cas a été un peu bousculée ces derniers mois, ces dernières semaines, par l'affaire notamment Liana. Et je crois que cette décision de justice, elle est absolument révolutionnaire dans le sens où, effectivement, elle accepte de prendre en considération le contexte actuel et le contexte de l'élection présidentielle. Et ça, alors il faudrait en parler à des constitutionnalistes, mais j'ai quand même le sentiment que c'est vraiment nouveau.

Et je pense aussi que c'est une façon pour la justice de dire, en fait, on est capable de s'adapter aussi à la situation actuelle, on est capable de prendre en compte un contexte politique. Voilà, donc sur la corruption, effectivement, malgré tout, je pense que les Français sont contents, satisfaits, effectivement, qu'il y ait des condamnations.

15:06
Marine Le Pen

– Oui, parce qu'on peut aussi dire ça en disant que la justice fonctionne et fait son travail.

15:09
Intervenant

– Exactement, et d'ailleurs, c'est ce qu'ils nous disent, ils nous disent, lors de la première condamnation, ils considéraient, effectivement, que la justice fonctionnait bien, ça montrait bien qu'effectivement, la justice fonctionnait bien. Donc, il y a quand même une certaine satisfaction à voir ça, et pour autant, ça ne se traduit pas dans un comportement électoral.

15:27
Marine Le Pen

– Alors, pas mal de réactions. On va ouvrir un chapitre dans un instant sur le calendrier électoral, parce que dans les hypothèses d'une Marine Le Pen qui se prouve en cassation, qui attend la décision du juge d'application des peines, est-ce que ça ne va pas retarder le début de campagne du RN et des autres, d'une certaine façon ? Ça, c'est notre prochain chapitre. Mais il y a une question que je trouve intéressante, c'est Adrien, qui nous écrit de longs jumeaux, qui rappelle le précédent, François Bayrou, même fait, sanction médiocre, Marine Le Pen, sanctions tirées vers le haut, deux mêmes faits de sanctions qu'on ne parle pas de justice.

Peut-être que Lucille Schmitt, on peut rappeler qu'effectivement, François Bayrou, son parti, sont mis en cause pour des faits similaires au Parlement européen, avec peut-être une ampleur financière moins importante.

16:08
Intervenant

– Oui, ce qui est intéressant, et ça a été rappelé, c'est que là, il y a un système aussi organisé depuis des années, mis en place par Jean-Marie Le Pen, et que d'une certaine manière, Marine Le Pen va porter en termes d'organisation à une sorte de perfectionnisme, et puis il y a des choses qui sont importantes, c'est les éléments de preuve, c'est-à-dire qu'on a cet échange de mails entre, comment il s'appelle, Saint-Just, – Val-Laurent, – Val-Laurent, – Val-Laurent de Saint-Just, excusez-moi, c'est un petit beau nom, et un nouveau député, un eurodéputé, Rassemblement national, qui dit, mais est-ce que ce n'est pas une manière de faire des emplois fictifs ?

Il répond, Marine Le Pen le sait, Marine le sait. Donc il y a des éléments de preuves qui sont différentes de ce qu'il y a. – Je crois que Marine Le Pen le sait, voilà la phrase.

– Donc il y a cet élément-là qui me semble important, et puis je voudrais rappeler une chose en termes de contexte budgétaire aussi par rapport à cette question, c'est qu'on est dans une situation où les Français ont découvert du jour au lendemain qu'on avait un déficit budgétaire extrêmement important, ce qui n'avait jamais été discuté dans les campagnes électorales, et donc le sentiment, peut-être pas d'un détournement d'argent public, mais en tout cas le sentiment que les finances publiques en France sont mal gérées, y compris par des personnes qui vous donnent des leçons de bonne gestion, il est très répandu aujourd'hui.

Et d'ailleurs, y compris par un certain nombre de fonctionnaires en fait, il y a un sujet où brusquement, brutalement, il faut faire des économies alors qu'auparavant, on supprimait les impôts, et donc ceux qui se disent bons gestionnaires, au fond, étaient peut-être les pires gestionnaires en termes de finances publiques depuis quelques années, et ça, ça contribue certainement par rapport à ce thème de la corruption, à alimenter l'idée qu'au fond, personne n'est irréprochable et personne n'est si efficace que ça en termes de gestion des finances publiques. Mérou, par ailleurs, a été Premier ministre.

Donc, il y a aussi peut-être, alors je m'avance, mais le sentiment que dans les deux cas, qu'il s'agisse du Modem ou du Rassemblement national, il s'agissait de petits partis et qu'il y avait un système qui a été mis en place qui, au fond, permettait d'abord de favoriser ceux qui étaient déjà en place.

Donc, il y a, confusément, le sentiment que parfois, lorsqu'on veut, on est anti-système, on est obligé de combattre le système avec des choses qui seront jugées illégales, et ça a été clairement dit, comme ça, vous l'avez rappelé, il faut que justice passe, mais il y a aussi la réalité qui est la réalité de constater la relation du faible au puissant, et en ce sens, le côté, comment dirais-je, anti-institutionnel du Rassemblement national lui bénéficie dans ce cas-ci.

18:31
Marine Le Pen

– J'entends l'argument Rassemblement national puisque c'est l'émanation du Front national, effectivement, les faits datent du Front national, condamnés à 2 millions d'euros d'amende, dont 1 million d'euros assortis du sursis. Là, j'ai les attendus précis de la Cour d'appel de Paris, et je lis ça parce qu'il y a une question d'un de nos téléspectateurs qui écrit de Lyon, Abel, l'amende du parti ne va-t-elle pas mettre en danger le RN financièrement Hubert Coudurier ? Aujourd'hui, le parti de Marine Le Pen est un parti qui est sorti de sa spirale de dettes et qui va quand même plutôt mieux financièrement, qu'est-ce qu'on peut en dire ?

– Oui, incontestablement, avec 126 députés, je crois, et 143 au niveau de l'ensemble si on ajoute l'UDR, ils sont sortis des moments difficiles où ils avaient dû vendre leurs sièges et je pense que c'est d'ailleurs ce qu'ils avaient invoqué pour dire au-delà du fait que c'est un parti qui était totalement désorganisé ou personne ne travaillait ou presque ou en tout cas ils ne savaient pas très bien gérer les factures, ils avaient invoqué leurs problèmes financiers pour justifier ces trafics d'influence entre l'Europe et la France.

– Un mot du calendrier, Laure Salvin, est-ce que ce 7 juillet avait été intégré alors peut-être par les états-majors des partis politiques mais peut-être aussi par le français comme le vrai coup de départ, le coup d'envoi de la campagne présidentielle ?

20:01
Intervenant

– Tout à fait et je pense que les français s'attendent encore ce soir jusqu'à 20h, 20h30, mais ce n'est pas sûr que le top départ soit vraiment lancé ce soir alors qu'effectivement il y a tellement d'insertitudes pour cette élection présidentielle et qu'on commence quelque part la pré-campagne à commencer très tôt en fait.

Le risque c'est effectivement d'épuiser les candidats déjà, le risque c'est effectivement d'épuiser aussi les français, de lasser les français sur ce type d'enjeu parce qu'effectivement le casting de l'élection présidentielle est loin d'être définitif et tout le monde pensait que le 7 juillet, en tout cas que le 8, on pourrait partir en vacances avec un nom au Rassemblement national et en fait

20:45
Marine Le Pen

avec une clarification de la distribution on va dire.

20:48
Intervenant

Et ce n'est pas du tout évident effectivement que ce soir on sache effectivement qui sera candidat.

20:54
Marine Le Pen

Cette question de la temporalité elle est au cœur de ce que Franck qui nous écrit de Nice nous demande. Alors d'abord il pose la question des 500 signatures je pense que ce n'est plus vraiment un souci pour le RN mais premier tour d'élection présidentielle 18 avril combien de temps avant le premier tour faut-il pour déposer les 500 signatures ? Ce n'est pas cet aspect de la question qui m'intéresse c'est plutôt le Rassemblement national peut-il attendre janvier 2027 pour commencer sa campagne Lucille Schmitt ? Là on est dans la stratégie qui est en train de se décider. Est-ce que Marine Le Pen se pourvoit en cassation ? Qu'est-ce qui se passe si elle se pourvoit en cassation ?

Est-ce qu'elle espère du juge d'application des peines un aménagement de son bracelet électronique ? Tout ça peut potentiellement retarder le vrai démarrage de la campagne présidentielle.

21:33
Intervenant

Je crois qu'il n'y a aucun intérêt pour le RN à retarder le démarrage. Après comme vous le disiez ça va être l'été donc on peut attendre septembre pour faire vraiment campagne mais par rapport à ce qu'on disait aussi sur le fait que peut-être ce soir elle ne va pas annoncer ce qu'elle va faire elle prend un risque à jouer la montre.

Moi si j'étais elle j'annoncerais tout de suite ce que je veux faire en tout cas parce que je pense qu'elle aura eu tout l'après-midi pour réfléchir et que c'est important d'y aller parce qu'au fond on choisit une ligne comme on le disait tout à l'heure elle a très bien soutenu Jordan Bardella ça a été rappelé elle l'a rendu en quelque sorte elle a fait Jordan Bardella je pense qu'on peut le dire elle l'a rendu crédible on peut même imaginer que quelqu'un de 30 ans en France puisse devenir président de la République moi ça me laisse assez sceptique mais elle a rendu crédible vis-à-vis des patrons ça éclaire aussi beaucoup de choses mais à partir de là moi je pense que gérer le temps est important pour elle et qu'il faut qu'elle le gère dès ce soir.

22:25
Marine Le Pen

Vous nous faites le comparatif Bardella-Le Pen dans un instant et notamment des équipes mais un mot sur le calendrier Non mais je suis tout à fait d'accord l'élève a dépassé le maître et ça a commencé à se fissurer de tous les côtés Bardella donnait des interviews à la Frankfurter Allgemeine pour démentir sa patronne Bardella disait qu'il était plus sur une ligne Mélanie alors qu'avant il y avait eu des débats là-dessus mais ils n'osaient pas trop le dire il commençait à s'affirmer de plus en plus donc si on veut que la rivière retrouve son lit et que la patronne redevienne pleinement la patronne il faut qu'elle dise qu'elle y va maintenant ils ont intérêt et ils vont sûrement essayer de financer sur le programme sur l'économie et d'ailleurs ils le font tous on a bien vu Edouard Philippe il lâche un peu mais les problèmes sont tellement immenses qu'ils ne veulent pas mettre carte sur table trop vite L'offre n'est pas constitué On est à dix mois ou neuf mois et quelques Ils ne veulent pas être accusés de ne promettre que du sang et des larmes Alors je me tourne vers vous Mickaël pour savoir comment le Rassemblement National a préparé cette campagne avec les deux hypothèses quel que soit le candidat D'abord avec effectivement une devise interne l'union est un combat ça c'est certain au RN entre les marinistes et les bardellistes parce que c'est comme ça aussi qui s'appelle officiellement on ne sait rien ne sépare les deux protagonistes les deux voilà Marine Le Pen et Jean-Denis Bardella multiplient les savants de fidélité d'amitié dans les caméras tout ça on le voit on le connaît mais en coulisses c'est beaucoup plus abrasif il y a ces petites phrases qui en disent long souvenez-vous quand Marine Le Pen avait dit que Jordan Bardella ne connaissait pas très bien les dossiers d'outre-mer et qu'il avait ensuite répliqué ou encore récemment sur France Culture quand Marine Le Pen dit que Nicolas Sarkozy est plutôt un contre-modèle alors qu'on sait très bien à quel point pour Jordan Bardella et bien c'est un point d'admiration donc Nicolas Sarkozy sans parler des divergences de vues bien sûr sur le dossier ultra sensible des retraites Marine Le Pen et Jordan Bardella n'ont pas les mêmes approches l'un veut rester sur l'âge de départ l'une veut rester sur l'âge de départ à 62 ans l'autre seront beaucoup plus sensibles aux arguments du patronat donc il fallait un directeur de campagne diplomate connaissant bien les deux vedettes Julien Sanchez vice-président eurodéputé et donc chargé de coordonner la campagne alors la campagne ou les campagnes parce que celui ou celle qui ne sera pas candidat va pas rester sans rien faire a priori alors ça c'est encore un nouveau dilemme pour le RN effectivement si par exemple Marine Le Pen n'est pas candidate doit-elle faire campagne quand même pour assurer une partie de cet électorat populaire qui pourrait être en désaccord ou désorienté par les options beaucoup plus libérales de Jordan Bardella d'autant plus que du côté des communistes et des insoumis on reste en embuscade et on continue à parler de plus en plus et à pouvoir parler par définition à cet électorat populaire on sait que Marine Le Pen plus social-étatiste versus Jordan Bardella beaucoup plus libéral donc Thierry Sanchez est chargé de lisser les agendas les prises de parole et les initiatives de manière à sauver à sauvegarder l'unité et également les entourages des deux côtés sont invités à mettre une sourdine à leur rivalité mais une campagne présidentielle c'est pas uniquement de l'organisation on le sait c'est évidemment de l'incarnation et là bien sûr les deux personnes bien entendu ne sont pas différentes on n'arrête pas de l'entendre au RN ce ne sont pas des clones les campagnes ne seront pas les mêmes par définition et c'est pour ça qu'il y a deux slogans qui sont choisis pour l'instant en secret mais un qui serait plus du côté de Bardella l'autre plutôt du côté de Marine Le Pen et Marine Le Pen aussi en petit comité elle explique régulièrement qu'elle a un lien avec les français et qu'en fait elle ne sera pas vraiment en campagne pour les convaincre elle considère qu'ils sont déjà convaincus qu'il faut qu'ils lui donnent les quelques points nécessaires mais elle se prépare dit-elle depuis très longtemps à comment va-t-elle exercer le pouvoir en cas d'élection Jordan Bardella est en pôle position mais lui il va devoir quand même convaincre montrer qu'il est fendre l'armure et surtout agir sur un terrain miné une présidentielle c'est tous les jours des campagnes des questions non préparées des questions surprises et les surprises il n'aime pas ça du tout Jordan Bardella et c'est effectivement l'une des critiques exprimées notamment en internet est-ce qu'ils sont interchangeables pour leurs électeurs Marine Le Pen et Jordan Bardella Laure Salva

26:29
Intervenant

alors en tout cas il n'y a pas de match de crédibilité aujourd'hui pour les électeurs du rassemblement national il coche les mêmes cases en termes de pour les électeurs du rassemblement national les mêmes cases en termes de compétence de vision de proximité de courage politique effectivement ils sont à peu près à égalité là où il y a des petites différences quand même malgré tout c'est sur la capacité à rassembler et là les électeurs RN considèrent effectivement que Jordan Bardella serait plus fort pour rassembler au-delà de son camp et sur l'honnêteté aussi malgré tout est-ce que c'est une personnalité qui inspire confiance quand on interroge les français effectivement ils nous disent un petit peu moins pour Marine Le Pen que pour Jordan Bardella mais j'ai envie de dire c'est assez proche quand même et sur le courage politique également c'est Marine Le Pen qui emporte le match mais sinon sur le reste en tout cas sur la crédibilité sur la légitimité il n'y a pas de sujet là où il y a des sujets c'est chez les sympathisants LR et c'est eux vraiment qui font la différence quand on regarde les données d'opinion aujourd'hui parce qu'effectivement ils ont une légère préférence voire nette préférence sur un certain nombre d'items pour Jordan Bardella et effectivement c'est le grand avantage et le grand succès de Jordan Bardella ces derniers mois et ces dernières années c'est d'avoir réussi à ouvrir quelque part le jeu et d'ouvrir le jeu notamment aux sympathisants les républicains jusqu'à présent il y avait peu de porosité finalement entre les deux et Marine Le Pen était plutôt perçu comme un repoussoir pour les électeurs les républicains LR aujourd'hui et ça a été très rapide de la même façon que l'ascension de Jordan Bardella et la progression dans l'opinion de Jordan Bardella était très rapide vous avez 63% des sympathisants LR qui nous disent que le Rassemblement National est capable de gouverner aujourd'hui la France ils étaient 10% de moins il y a ne serait-ce qu'un an vous voyez donc il y a vraiment une bascule qui a été faite avec Jordan Bardella sur les sympathisants LR et les cadres plus pas plus largement mais aussi

28:48
Marine Le Pen

allez tiens une autre question Karine qui nous écrit de Lectour peuvent-ils demander à leurs partisans de choisir entre Bardella ou Le Pen Hubert Coudurier c'est pas exactement comme ça que ça se passe au Rassemblement National le choix du candidat ou de la candidate c'est pas une primaire interne c'est plutôt caporalisé mais en fait j'ai l'impression quand on lit les sondages et quand on écoute les électeurs du RN c'est qu'il y a un tel mouvement dégagiste qui est en train de se préparer que quoi qu'ils disent et quoi qu'ils fassent de toute façon les gens sont assez conscients des limites des uns et des autres de ses limites à lui de sa jeunesse de son inexpérience mais quand Sarkozy disait c'est leur tour on a l'impression que ce qui se prépare et ça va être très dur pour le bloc central de résister à ça après dix ans de pouvoir et des réussites mitigées dans l'économie mais enfin le monde est devenu très complexe ça va être difficile de résister à ce puissant mouvement de renouvellement qui s'incarne à travers eux et je pense on va bien voir ce qu'elle va dire tout à l'heure mais qu'elle va garder cet aspect couple jusqu'au le plus tard possible en fait oui alors il y a quand même il y aura quand même on peut se mettre à la place de Jean-Marie Mardella et de ses soutiens et de ses plus proches qui se voyaient à la tête de la campagne et peut-être mettre un peu plus de côté les marinistes historiques là d'un seul coup on va leur dire ben non vous retournez dans le tiroir vous ne pensez pas qu'il y aura des tiraillements si il y a des tiraillements mais elle va imposer son autorité et puis de toute façon les marinistes historiques sont beaucoup plus nombreux que les bardellistes c'est un petit noyau en fait elle elle tient le groupe elle tient les députés ce qui compte pour les députés c'est qu'ils soient réélus donc et lui il s'appuie sur qui Alexandre Loubet en directeur de cabinet par ador il va attendre son tour 3-4 personnes non mais il va faire ce qu'il fait très bien c'est qu'il va lui coller et il va laisser la vague aspirante continuer à monter en réalité il n'y a pas de duel entre deux parties du RN d'accord ok c'était une question qui méritait de poser l'or et ensuite je reviens vers Lucie

30:57
Intervenant

oui juste un point effectivement c'est la force de la candidature du candidat RN c'est justement un attelage à trois jambes en fait c'est vraiment Jordan Bardella Marine Le Pen et le parti derrière et c'est ça qui est puissant aujourd'hui c'est cette force-là qui vient de trois puissances différentes donc je pense effectivement que Jordan Bardella si c'est Marine Le Pen qui se présente finalement et qui est candidate il va rester là et je pense que le Rassemblement National a tout à fait compris qu'il faut effectivement que ces trois jambes restent bien présentes jusqu'à la fin

31:29
Marine Le Pen

Lucille Schmitt le cas de figure où Marine Le Pen est candidate et Jordan Bardella rentre entre guillemets dans le rang vous semble plus simple que l'inverse c'est-à-dire Jordan Bardella candidat et une Marine Le Pen qui comme vous dites qu'est-ce qu'on en fait est-ce qu'elle est omniprésente ou est-ce qu'au contraire elle s'efface

31:47
Intervenant

non moi je vois pas ça comme ça je pense qu'elle est assez unique en son genre aujourd'hui au sens où comme ça a été rappelé la caporalisation fonctionne dans ce parti alors qu'elle ne fonctionne nulle part ailleurs c'est-à-dire que dans tous les autres partis

31:57
Marine Le Pen

peut-être aller les filles quand même même si c'est pas

31:59
Intervenant

il y a eu quand même il y a eu quand même des fuites il y a François Ruffin en tout cas il y a quelque chose qui se passe au RN qui ne se passe pas ailleurs qui ne se passe pas au Parti Socialiste qui ne se passe pas chez les Républicains qui ne se passe pas du tout ensemble c'est qu'elle est la chef et si elle décide de ne pas y aller à mon sens elle soutiendra Bardella avec toutes ses forces parce que ce qui compte c'est au fond aussi l'héritage c'est-à-dire pour le coup il y a quelque chose qui se joue dans l'histoire de ce parti qui a été un parti rejeté par tous et bruxonnant qui arriverait à la présidentielle et qui pourrait gagner la présidentielle donc moi je ne vois pas ça comme ça je voulais juste rappeler une chose par rapport à tous nos plans sur la comète sur la campagne c'est que les campagnes présidentielles se passent de manière totalement incongrue avec beaucoup d'imprévus on se rappelle de ce qui est arrivé à François Fillon on voit qu'aujourd'hui la géopolitique

32:48
Marine Le Pen

mais c'en est un pardon de vous interrompre ce qu'on vit aujourd'hui c'est une forme d'imprévu on n'avait pas imaginé une décision de justice aussi bien calibrée qui laisse finalement Marine Le Pen choisir

32:56
Intervenant

exactement donc ce que je voulais dire c'est qu'il faut envisager ce couple aussi en interaction avec l'ensemble du jeu politique le jeu d'acteurs qui sont les autres candidats vous l'avez rappelé Mickaël qu'au fond on ne sait pas qui ils seront et donc il y a cette interaction avec les autres et il y a cette interaction avec le monde il me semble un point sur lequel le Rassemblement national les deux candidats sont pour l'instant très mauvais en termes de relations à la géopolitique à ce qui peut se passer en termes d'énergie à la question écologique qui me tient à coeur donc il y a beaucoup de progrès que ce couple doit faire aussi pour pouvoir être crédible je rappelle que le président de la République c'est celui qui est face au monde que c'est là-dessus qu'Emmanuel Macron a préservé son rôle d'influence alors qu'il perdait tout sur le plan intérieur et donc il y a un truc qui peut se jouer là et je voudrais quand même rappeler le débat piteux qu'elle avait fait en 2017 face à Emmanuel Macron et lui je le trouve aussi assez piteux en débat en fait donc cette question de comment est-ce qu'ils sont de bons candidats certes vous l'avez rappelé tout ce que vous avez dit c'est par rapport à leurs électeurs ou aux électeurs LR c'est pas par rapport à l'ensemble des Français et par rapport au contexte dans lequel on évolue

33:55
Marine Le Pen

on a un dernier chapitre à ouvrir dans un instant on va écouter Raphaël Glucksmann qui vient de réagir sur la stratégie des autres partis politiques est-ce qu'ils ont une préférence ou pas mais je veux bien vous entendre là-dessus Laure Salvin sur la question effectivement du rayonnement international ou des épaules d'un candidat ou d'une candidate pour porter la voix de la France est-ce que ça rentre tellement dans le choix des électeurs français ?

34:19
Intervenant

C'est pas la première préoccupation des électeurs la première préoccupation c'est est-ce que ce candidat comprend ce que je vis et comprend l'état de la France du monde aujourd'hui c'est vraiment c'est vraiment ce qui est important et je pense qu'il y a de tels problèmes en France aussi aujourd'hui certes il y a l'international qui compte beaucoup et qui pourrait compter de plus en plus d'ailleurs parce qu'encore une fois quasiment un an c'est long et il peut se passer des choses

34:43
Marine Le Pen

C'est pas ce que sera l'actualité des mois de mars et avril prochain

34:46
Intervenant

Exactement et c'est peut-être l'actualité internationale qui prendra le pas sur le national Aujourd'hui en tout cas quand on sonde les français c'est vraiment d'abord la situation de la France enfin leur propre situation la situation de la France donc effectivement ça reste quand même en second temps

35:00
Marine Le Pen

Quand c'est un candidat âgé de 30 ans il aura 30 ans au moment ça peut rentrer en ligne de compte

35:05
Intervenant

Il y a Israël-Palestine qui aujourd'hui est un sujet de politique intérieure sur lequel Jean-Luc Mélenchon a totalement capitalisé avec l'électorat français donc qu'est-ce qu'on fait par rapport à ça ? Il y a des sujets qui sont à la fois internationaux et de politique intérieure

35:19
Marine Le Pen

Oui et puis il y a une perception des français que la politique internationale la mondialisation puisqu'on a traversé toutes les crises de la mondialisation depuis 10 ans ça commence avec la crise financière de 2008 puis la crise sanitaire puis la guerre et sur tous ces sujets elle est un peu faiblarde parce que effectivement je...

Là vous dites Marine Le Pen un peu faiblarde enfin les deux parce que sur la Russie alors on leur a fait un procès sur la Russie qui était parfois un peu exagéré à propos des banques lui semblant disant même j'ai cette phrase un peu l'emporte-pièce j'en ai rien à foutre de la Russie je suis jamais allé à Moscou mais en même temps il se retrouve quand même sur le refus du prêt de l'aide à l'Ukraine des 90 milliards qui...

là-dessus il n'y a pas de divergence entre eux et donc il y a un coup de poignard dans le dos des Ukrainiens au moment où les Américains les abandonnent bon sur l'Italie elle elle n'a pas été aussi finaute que Georgia Mellani et elle n'a pas su s'en rapprocher au bon moment et quant à Israël elle a fait un choix extrêmement clivant d'alignement sur Israël qui effectivement ne correspond pas du tout à la diplomatie française traditionnelle tout dernier mot sur ce chapitre très rapidement justement effectivement en 2022 elle a su traduire en termes français intérieurs une crise internationale puisqu'elle a été la première à dire au moment où il y a eu l'invasion sur l'Ukraine attention il y aura un problème de pouvoir d'achat et c'est ce qui lui a permis de créer les conditions de ce qu'on a appelé la remontada par rapport à Zemmour qui à l'époque était on s'en souvient en position et donc il y a eu cette capacité de pouvoir traduire immédiatement une situation internationale au niveau des Français comme promis comme promis on écoute la réaction de Raphaël Glucksmann qui n'est pas officiellement candidat mais quand même ça y ressemble

37:04
Invité

une fois que la justice a parlé les conclusions politiques doivent être tirées et la première des conclusions politiques c'est que le rassemblement national qui nous explique toute la journée sans discontinuer qu'il est du côté du peuple le rassemblement national est en fait un rassemblement de coquins et de copains c'est un rassemblement national qui a un rapport à l'argent public qui pose problème c'est pas le premier cas qui vise le RN en réalité depuis l'affaire Jeanne ou l'affaire du Pré-Russe ce qu'on constate c'est que les dirigeants de l'extrême droite française ont un rapport à l'argent public qui laisse augurer d'un traitement corrompu des affaires publiques si jamais le rassemblement national arrivait au pouvoir

37:50
Marine Le Pen

Raphaël Glucksmann qui est dans la ligne des réactions qu'on a pu avoir de François Ruffin Boris Vallaud en passant par Olivier Faure Marc Ferracci enfin bon voilà des différents camps à qui on a pu donner la parole pardon c'est un angle d'attaque oui c'est un vrai angle d'attaque et qui sera d'autant plus fort si c'est Marine Le Pen évidemment qui se présente si on continue de comparer une candidateur Bardella ou une candidature Le Pen est-ce que ça fait jouer un peu la tectonique des plaques politiques en France en fonction que ce soit l'un ou l'autre

38:27
Intervenant

un petit peu effectivement à droite en effet aujourd'hui ils sont ils ont à peu près ça dépend des hypothèses mais à peu près deux points deux points et demi d'écart Jordan Bardella et Marine Le Pen ils sont tous les deux au-dessus de 30% et quasiment tous les deux au-dessus d'Edouard Philippe de 20 points donc en fait 16 ou 20 points ça dépend de mais quand même un écart énorme entre le premier et le deuxième

38:51
Marine Le Pen

là vous nous parlez de popularité ou d'intention de vote ? intention de vote

38:55
Intervenant

intention de vote entre les deux qu'est-ce que ça fait bouger effectivement si c'est Marine Le Pen qui se présente et bien il y a quelques voix supplémentaires qui vont à Éric Zemmour alors que Jordan Bardella les capte un peu et quelques voix également qui vont chez Edouard Philippe qui filent chez Edouard Philippe alors que Jordan Bardella captait aussi voilà donc effectivement il y a un petit avantage aujourd'hui à Jordan Bardella parce que encore une fois il élargit son camp et donc ça fait un petit peu bouger la tectonique des plaques comme vous dites mais pas tant que ça c'est à des deux points en fait c'est pas révolutionnaire

39:34
Marine Le Pen

c'est pas massif avec quand même et Mickaël l'évoquait tout à l'heure Lucille Schmitt la machine à laver la lessiveuse gigantesque et une campagne électorale Marine Le Pen ce sera sa quatriane Jordan Bardella c'est un bisou en campagne avec je suis assez d'accord avec vous il est très bon sauf quand il est surpris et une campagne électorale c'est quand même une machine à créer des surprises quasi quotidiennes

40:00
Intervenant

mais c'est clair qu'aujourd'hui quand Jordan Bardella plaide pour l'union des droites et quand il rencontre les patrons il y a du côté de la droite du côté des siotistes mais au-delà ou des patrons qui le rencontrent il y a quand même l'idée que Jordan Bardella sera plus malléable pourra être davantage manipulé que Marine Le Pen donc Jordan Bardella est d'autant plus populaire dans les milieux économiques qu'on pense que au fond on pourra lui dicter ce qu'il va avoir comme politique de la même manière je voulais quand même rappeler une chose c'est que Emmanuel Macron en 2017 fait campagne en n'élant pas de moyens d'un parti politique derrière lui et qu'il trouve avec des donateurs qui souvent venaient du sarkozisme enfin du côté de la droite des gens qui parient sur lui donc il y a toujours des paris de milieux économiques sur tel ou tel candidat et il me semble que Jordan Bardella peut être le candidat sur lequel parient certains milieux économiques ça suscite ceci dit de vrais débats au sein du milieu entrepreneurial et certains patrons ont dit qu'ils n'en voulaient pas donc je voulais aussi dire ça pour certains entrepreneurs mais donc

40:58
Marine Le Pen

oui c'est pas un bloc monolithique le sujet sur Jordan Bardella

41:02
Intervenant

moi qui aime la vie politique c'est que je pense que c'est comme s'il y avait une sorte de possibilité de bascule de la vie politique c'est à dire que aujourd'hui on fait du média training on sait ce qu'il faut dire on connaît les sujets qui vont être traités et je pense que dans cette campagne au fond si certains journalistes si les journalistes politiques se disent il ne faut pas le jouer comme ça et au fond il faut aller sur l'effet de surprise la déstabilisation de Jordan Bardella je la prévois beaucoup plus facile que celle de Marine Le Pen dont je voulais insister sur le fait moi qui aime la politique et qui n'aime pas ses idées qu'il y a une sorte de profondeur de charpente à travers les épreuves qu'on n'a pas Bardella oui c'est le cuir

41:36
Marine Le Pen

qui s'épaissit campagne après campagne à l'enfer

41:39
Intervenant

mais aussi la question de l'histoire personnelle au fond chaque campagne présidentielle est aussi la capacité à mettre en scène son histoire personnelle je voudrais insister là-dessus c'est pour ça que Valérie Pécresse rate sa campagne c'est pour ça qu'Anne Hidalgo rate sa campagne et donc il y a aussi quelque chose sur au-delà du média training et du fait qu'on sait répondre comment est-ce qu'on peut être candidat devant les français peut-être ce qu'Edouard Philippe a réussi dans son meeting

41:59
Marine Le Pen

dimanche effectivement il est clair que par rapport aux candidats qui sont arrivés dès la première fois Sarkozy Hollande Macron avec Marine Le Pen c'est la candidate on revient un peu à un étiage à l'ancienne Mitterrand-Chirac il faut se louper il faut se louper il faut perdre il faut avoir finalement avoir beaucoup de raconter aux français son histoire pour pouvoir ensuite se présenter on termine là-dessus merci beaucoup il est passé vite encore une fois ce débat je vais rappeler les titres de vos livres Lucille Schmitt urgence politique nécessité écologique c'est aux presses universitaires de France et Hubert Coudurier le mystère Marine Le Pen aux éditions plonge je vous dis à bientôt sur Public Sénat merci à toutes et à tous de votre fidélité nos débats vous les retrouvez sur publicsénat.fr à réécouter ou à écouter en podcast également sur publicsénat.fr

42:46
Locuteur

Sous-titrage ST' 501