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InterviewFrançois-Xavier Bellamy· 30 septembre 2021 4 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesTravail & emploi

Licences de pêche : François-Xavier Bellamy est l'invité de France 3 Bretagne

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous pensez des dernières licences de pêche annoncées ?

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Ces mesures de rétorsion sont-elles vraiment utiles et dissuasives ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Chiffre
    « 12 licences qui ont été délivrées dans la bande des 6-12 milles, sur 87 qui étaient demandées »
  • 3:00Fait
    « il faut que sur la question commerciale, sur la question des transports, sur la question de la discussion actuelle dans d'autres lieux de la mise en œuvre de l'accord sur le Brexit, on puisse dire aux Britanniques : si vous voulez pas appliquer votre parole, alors on a choisi ensemble des leviers pour garantir que nous aurons satisfaction »
  • 5:00Chiffre
    « Un financement de 5 milliards d'euros qui doit aller de la Commission européenne de l'Union européenne vers les secteurs les plus touchés par le Brexit »
  • 5:30Fait
    « la France était très mal traitée : la répartition des fonds se faisait vraiment à notre détriment »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonsoir François-Xavier Bellamy. Vous êtes député Les Républicains, rapporteur de la commission pêche au Parlement européen. Vous êtes venu aujourd'hui et demain en Bretagne pour rencontrer tous ces professionnels de la pêche que l'on sent, et que l'on a entendus, tendus ; qu'est-ce que déjà vous, vous pensez de ces dernières licences qui viennent d'être sorties, annoncées ? - Je reprendrais volontiers le mot de Pascal Leclerc, le président du comité des pêches : cette situation est insupportable.

Insupportable parce que les Britanniques - je ne conteste pas leur souveraineté - ont décidé de faire le Brexit, mais ils ont pris des engagements en signant un accord avec les pays européens, et maintenant il s'agit seulement de respecter leur propre signature, et leur propre engagement. Et avec des motifs qui sont évidemment fallacieux, en utilisant des stratégies pour diviser les pêcheurs entre eux, ils sont en train de ne pas appliquer les engagements qu'ils ont pris, et d'empêcher les pêcheurs français d'aller pêcher comme il y ont droit, dans les eaux britanniques, dans celles de Jersey, dans celles de Guernesey. On a, on le voit très bien, des chiffres qui sont lamentables : 12 licences qui ont été délivrées dans la bande des 6-12 milles, sur 87 qui étaient demandées.

C'est vraiment le signe que, au delà des difficultés alléguées par les Britanniques, il y a en réalité une mauvaise foi caractérisée ; et maintenant il est temps d'engager un bras de fer solide avec nos partenaires britanniques, et de mettre en œuvre, j'appelle à cela depuis des mois maintenant, de mettre en œuvre avec énergie les mesures de rétorsion qui sont prévues dans l'accord sur le Brexit, pour garantir que les britanniques puissent enfin tenir leur parole. Alors précisément, ces mesures de rétorsion, Annick Girardin on a parlé des hier. Est-ce qu'elles sont vraiment utiles, dissuasives ? - Bien sûr, elles seraient dissuasives si elles étaient mises en œuvre.

Et depuis des mois, encore une fois - ça ne commence pas aujourd'hui - j'alerte sur le sujet ! Il faut enfin passer à l'action ! La Commission européenne a tous les moyens de le faire, parce que nous voyons que l'accord n'est pas appliqué ; et même les licences qui sont délivrées, la plupart d'entre elles le sont à titre provisoire.

Imaginez vous ce que ça veut dire pour un professionnel de ne pas savoir ce que va devenir son activité à horizon de quelques semaines, ou de quelques mois. Il faut qu'on rentre dans une version définitive de la mise en œuvre de cet accord. Et si pour cela il faut que la pêche soit soutenue par d'autres secteurs d'activité - ça a été le cas pendant la négociation sur l'accord lui même sur le Brexit : on a choisi d'isoler, de maintenir la pêche au cœur de discussion, toujours.

Parce qu'on sait très bien que sur ce sujet, on avait beaucoup à perdre. Et c'est sur d'autres sujets que les britanniques ont plus à perdre. Donc maintenant, il faut que sur la question commerciale, sur la question des transports, sur la question de la discussion actuelle dans d'autres lieux de la mise en œuvre de l'accord sur le Brexit, on puisse dire aux Britanniques : si vous voulez pas appliquer votre parole, alors on a choisi ensemble des leviers pour garantir que nous aurons satisfaction, et on va les mettre en œuvre.

Le bras de fer, vous l'avez dit, avait déjà été musclé, c'est le moins qu'on puisse dire ; ça promet d'être encore compliqué quand même ? - Bien sûr, on a du travail devant nous. Moi je comprends difficilement qu'on en arrive à cette situation aujourd'hui.

Je veux dire que je comprends que les pêcheurs soient en colère : ça fait des mois qu'on alerte sur la question, ça fait des mois qu'on dit qu'il n'y a pas de bonne foi aujourd'hui dans la mise en œuvre de cet accord, et la pire des situation, c'est celle où l'on se laisse duper par de faux prétextes comme ceux des "preuves d'antériorité" : on demande à des pêcheurs qui pêchent dans les eaux de Jersey et de Guernesey, par exemple, depuis des années, on leur demande de prouver qu'ils viennent là, alors que, au fond, tout concourt à le montrer - les notes de vente, même les relations qui existent entre les pêcheurs eux-mêmes. Il y a quelque chose de scandaleux, si vous voulez, dans cette espèce de mauvaise foi. Il est temps de réagir enfin.

Vous entendez le stress des pêcheurs qui économiquement ont beaucoup à perdre ? - Bien sûr . J'ai aussi beaucoup travaillé sur le sujet parce que j'étais également rapporteur sur la réserve d'ajustement au Brexit.

Un financement de 5 milliards d'euros qui doit aller de la Commission européenne de l'Union européenne vers les secteurs les plus touchés par le Brexit. Et dans la première version proposée par la Commission, la France était très mal traitée : la répartition des fonds se faisait vraiment à notre détriment. On a obtenu d'avoir plusieurs centaines de millions d'euros supplémentaires pour les secteurs économiques français touchés par le Brexit, et de sécuriser les financements qui sont dédiés aux pêcheurs.

Une des batailles qu'on a menées dans le cadre de cette négociation, c'était de faire en sorte, justement, que les pêcheurs français qui vont pêcher à Jersey et Guernesey puissent être indemnisés pour les pertes qu'ils vont subir. Parce que dans la première version, ce n'était pas prévu. Et aujourd'hui, c'est le cas, la réserve a été votée, elle va être mise en œuvre maintenant.

C'était un soutien que nous devions à nos pêcheurs, évidemment. Merci François-Xavier Bellamy. Je rappelle que vous irez donc demain à la rencontre de ces professionnels de la pêche.