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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 16 janvier 2026 8 min

La ministre de la Santé renonce à imposer des objectifs de réduction de prescription d'arrêts maladie aux médecins

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, 6h20 sur France Inter et Marion Lourdes, votre invitée ce matin et la ministre de la Santé. Bonjour Stéphanie Riste. Bonjour Marion Lourdes. Les médecins libéraux sont en grève depuis le 5 janvier, grève qui devait s'achever en principe hier, où on a appris par plusieurs syndicats, notamment que vous renonciez à la principale mesure qui suscitait la protestation, l'encadrement plus strict des arrêts maladie. Est-ce que vous le confirmez ?

0:32
Stéphanie Rist

Oui, ce que je confirme c'est que j'ai reçu les syndicats de médecins libéraux et nous avons eu des échanges pour d'une part travailler sur la forme de comment on va pouvoir travailler ensemble en confiance et d'autre part les mesures qui relevaient de leurs revendications, notamment cette mesure de mise sous objectif qui est une mesure qui est prise de façon très stigmatisante par les médecins, sur laquelle je propose de lancer des travaux pour qu'il y ait une confiance dans cet outil d'une part, et puis d'autre part de le retirer du texte de lutte contre la fraude, puisque ça assimilait d'après eux tous les médecins à la fraude, et bien entendu, tous les médecins ne sont pas des fraudeurs.

1:08
Présentateur

Alors l'objectif c'était de limiter la durée, le nombre des arrêts maladie, cet objectif-là il est abandonné ?

1:14
Stéphanie Rist

Cet objectif dont on parle est celui de mettre les médecins, je dirais, sous contrôle du nombre d'arrêts maladie qu'ils font, pas sur la durée, du nombre d'arrêts maladie qu'ils font. La durée sera tout de même réduite à un mois ? Alors elle est réduite à un mois sur la première prescription, bien entendu, si le malade revient au bout d'un mois et a besoin d'un deuxième arrêt maladie derrière, il aura son deuxième arrêt maladie.

La question des arrêts maladie est un sujet dont nous avons beaucoup parlé lors de mes échanges avec les syndicats, sur lequel nous allons travailler d'une part pour la maîtriser, cette augmentation d'arrêt maladie, mais vous le savez aussi bien que moi, le sujet n'est pas que d'un point de vue des médecins, mais bien entendu de comment on fait pour que les gens aient moins besoin d'arrêts maladie. C'est ça qui nous importe en tant que ministre de la Santé, que les gens aient mieux, et médecins évidemment.

2:04
Présentateur

Alors l'objectif c'était d'effectivement limiter le nombre d'arrêts maladie, parce qu'il y en a beaucoup, 17 milliards, ils ont coûté 17 milliards d'euros en 2024, contre 12 milliards en 2019. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que malgré tout c'est un recul de votre part sur ce sujet-là ?

2:23
Stéphanie Rist

Non, c'est une écoute, une écoute des médecins qui considèrent, et on peut le comprendre, qu'ils se sentent stigmatisés quand on met une mesure de telle sorte dans un projet de loi de lutte contre la fraude. Et mon objectif est de recréer une confiance et un travail avec les médecins, parce que c'est ce dont ont besoin nos concitoyens, que nous puissions améliorer ce travail commun au bénéfice de nos concitoyens. Leur grève est terminée aujourd'hui les médecins ? Ça vous leur poserez la question, ils ne m'ont pas dit, nous avons travaillé sur le fond et sur la méthode du travail que nous allons faire ensemble.

Et bien évidemment, je souhaite que cette grève puisse s'arrêter, mais c'est à eux de le dire.

3:02
Présentateur

Il y avait évidemment la clé aussi sur cette lutte contre les arrêts maladie abusifs, parce qu'il y en a qui sont abusifs. Il y avait aussi une mesure d'économie, une économie de plusieurs dizaines de millions qui était anticipée. On ne va pas creuser encore plus le trou de la sécu, là ?

3:17
Stéphanie Rist

Il y a plusieurs mesures dont nous avons pu échanger et sur lesquelles j'apporte des propositions très concrètes qui leur seront envoyées par courrier aujourd'hui, ce matin même. des mesures, notamment sur une baisse des tarifs pour les radiologues, ceux qui font de l'imagerie, qui était prévue dans une loi antérieure de 2025, qui demande à l'assurance maladie sur les trois ans de voir avec les médecins pour faire une économie de 300 millions de maîtrise de dépenses sur la radiologie.

Et je propose à ces médecins de reprendre les discussions avec l'assurance maladie que je suivrai en parallèle lors des rendez-vous que je leur propose et qui permettent de mettre des mesures en face pour faire cette maîtrise de dépenses. Il n'est pas pour moi l'heure, évidemment, de revenir sur les mesures de maîtrise de dépenses. D'ailleurs, c'est une mesure de la loi et bien entendu, nous allons respecter la loi, mais il faut le faire avec les médecins. Nous devons y arriver de cette façon.

4:13
Présentateur

En tout cas, ça veut dire que cette limitation, pour finir avec cette mesure-là, cette limitation, elle ne figurera pas dans le projet de loi sur la fraude fiscale et sociale qui doit passer à l'Assemblée.

4:23
Stéphanie Rist

Sur la mesure, sur la mise sous objectif, oui, j'ai proposé un amendement de suppression que je porterai lors de l'examen de ce texte.

4:30
Présentateur

Alors, il y en avait d'autres mesures qui suscitaient la colère des médecins. Il y avait celle sur le cumul emploi-retraite pour qu'il ne soit pas trop mal payé en dessous de 67 ans. Et puis, la possibilité pour la Sécurité sociale de baisser d'autorité les tarifs de certains actes médicaux s'il n'y avait pas d'accord dans le dialogue avec les médecins. Là aussi, vous y renoncez.

4:50
Stéphanie Rist

J'ai pu le dire publiquement, cette mesure de décision unilatérale, soit du ministre, soit du directeur de la Caisse d'assurance maladie, je n'y tenais pas. J'avais donné un avis défavorable à cet amendement à l'Assemblée. Et cette mesure, elle est donc votée dans le texte de loi, mais elle permet au ministre de prendre cette mesure. Donc, je me suis engagée publiquement, pour le dire, et je proposerai dès que possible, c'est-à-dire dès que nous aurons une proposition de loi, par exemple, qui arrivera dans les semaines qui viennent, de supprimer cet article.

5:21
Présentateur

C'est ça, parce que pour cette seconde mesure, cette question de tarifs, même le patron de la Sécurité sociale, d'ailleurs, avait l'air de la contester, ça reste pour le moment dans la loi. Donc, c'est un engagement de quoi ? De ne pas appliquer la loi ?

5:33
Stéphanie Rist

Oui, la loi, elle dit, le directeur de l'assurance maladie peut le faire. Il a dit hier, en audition publique au Sénat, qu'il ne le ferait pas. Donc, il y a un engagement très fort, public, de ma part et de la sienne, de ne pas utiliser cette mesure. Mais pour vraiment montrer cette confiance, dès que ça sera possible et qu'il y aura un texte de loi qui nous permettra de le faire, nous apporterons une suppression de cet article. Et c'est-à-dire, vous avez un horizon ? En fait, ce qui est important de comprendre, c'est que notre système s'est construit, dans le cadre de négociations conventionnelles, une relation de confiance entre les médecins et l'assurance maladie.

C'est comme ça que notre système en France est construit pour la médecine libérale. Il faut que ça se poursuive. Ce n'est pas aux ministres de prendre ces décisions concernant la rémunération des médecins. C'est de la discussion entre les organisations syndicales et l'assurance maladie.

6:21
Présentateur

Vous n'avez pas craqué, reculé face aux médecins avec la pression des épidémies saisonnières ?

6:28
Stéphanie Rist

Ce n'est pas ça qui s'est passé. Je suis très à l'aise avec les mesures que je propose aux médecins ce matin. Ça, je le crois, permet de pouvoir très vite se mettre au travail, parce que nous avons des enjeux majeurs face au vieillissement de la population, par exemple. Nous devons ensemble travailler à comment nous allons soigner les gens demain. C'est ça qui m'intéresse, c'est ça mon objectif.

6:47
Présentateur

Alors, on en a parlé, il y a forcément, malgré tout, un manque à gagner de ces mesures qui étaient en grande partie des mesures d'économie. Comment le compenser ? Qu'est-ce qui va rester au fond de notre système de santé ? Est-ce qu'on ne le fragilise pas en faisant ça ?

7:02
Stéphanie Rist

Je le redis, la mesure que je propose de suspendre, en attendant de travailler avec les médecins à des mesures, par exemple, de pertinence, donc qui fait des économies, la pertinence dans la prescription, si le médecin prescrit moins d'actes, l'assurance maladie fera des économies. Il n'est pas question de revenir sur la maîtrise de nos dépenses. Ça, c'est un engagement de responsabilité pour notre société, pour continuer à avoir la protection sociale que nous chérissons tous. Donc, ce que je dis, c'est, travaillons avec eux pour voir quelles mesures on propose à la place que cette baisse de tarifs.

7:37
Présentateur

Merci beaucoup Stéphanie, ministre de la Santé, d'être venue nous expliquer sur France en Terre ce matin. Bonne journée. Bonne journée. Merci beaucoup.