Johnny Hallyday – 17 juin 2018 – 13h15 Dimanche (France 2) – L’idole des gens : témoignages et héritage
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« « Bonjour à tous, il est 3h à Paris, un seul titre dans cette édition, on vient de l'apprendre. Johnny Hallyday est mort, il avait 74 ans. » »
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« Vous l'avez vu traverser en 93 le Parc des Princes pour ses 50 ans »
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Ainsi va l'actualité de ce dimanche, bienvenue dans 13h15. Johnny Hallyday aurait eu 75 ans ce vendredi 15 juin à la Madeleine. Une messe spéciale a été dite pour lui comme tous les mois depuis sa disparition. Les salles de cinéma qui ont projeté jeudi son concert à l'Olympia en 2000 ont affiché complet en seulement quelques heures. Preuve que les fans de l'artiste sont toujours là et n'entendent pas oublier leur idole, la France de Johnny. A tous les âges, de génération en génération, le virus s'est transmis.
Cinq mois après sa disparition, le seul héritage qui va nous intéresser aujourd'hui est celui qu'il a légué à celles et ceux qui l'ont accompagné dans ses concerts, inconnus ou plus connus. Jean-Pierre Raffarin, Philippe Labreau, François Jouffat tentent d'expliquer comment un tel phénomène a pu durer aussi longtemps et résister à toutes les modes. Un document signé Marie-Pierre Farkas, Jean-Marie Lecartier et Anne Cohen.
« Je la croise tous les matins, 5h40, elle va prendre son train, et moi je rentre. » C'est la France des lèvres tôt qui l'a appris en premier.
« Bonjour à tous, il est 3h à Paris, un seul titre dans cette édition, on vient de l'apprendre. Johnny Hallyday est mort, il avait 74 ans. »
Et 57 ans de succès, toute la bande-son de notre histoire.
« Les gens m'appellent l'idole des jeunes, il en est même qui m'envie. »
La première fois que j'ai vu Johnny, c'était pour aller casser des fauteuils dans un grand théâtre à Poitiers.
« Je m'ennuie, je cherche celle qui serait mienne, mais comment faire pour la trouver ? »
Il fait partie de notre vie et il fait parfois encore plus partie de notre vie maintenant qu'avant. On a un manque comme on a un manque du père, d'une mère, quelqu'un de sa famille. « Mais s'ils pouvaient savoir dans la vie, et combien tous... » « Mais tous les matins, effectivement, quand on se lève et puis qu'on prépare le café, ben on se lève dans un monde où il n'y a plus Johnny, quoi. Et toujours évident à gérer. » À l'ouverture de Rungis, Jean-Luc avait le cœur gros. « Je te promets le miel à ma main qui te touche. Je te promets le ciel au dessus de ta couche. Des fleurs et des dentelles pour que tes nuits soient doux.
» J'ai l'impression de faire un duo avec lui quand je chante avec lui à la radio. Quand on chante ensemble, qu'il chante à la radio, qu'il chante avec lui dans le camion. C'est... voilà. « Je te promets la clé, les secrets de mon âme.
Je te promets la vie de mes rires, mes larmes. Je te promets le feu à la place des armes.
Plus jamais des adieux, rien que des au revoir. » Je suis dans mon camion tous les jours, donc tous les jours, j'écoute du Johnny. Tous les jours, j'en ai du Johnny. Je sais pas, c'est comme un stimulant, quoi. Comme quelqu'un qui a besoin de fumer une cigarette. Moi, j'ai besoin d'écouter du Johnny parce que le Johnny, c'est en moi. Et puis, bon, j'ai toujours une chanson de Johnny dans la tête. J'ai toujours... voilà, donc c'est... c'est ma vie, quoi, voilà. C'est comme ça.
« C'est votre drogue ? »
« Voilà, c'est ma drogue. C'est une bonne drogue. Ce serait bien si tout le monde pouvait se droguer à la chanson. Pas spécialement à Johnny, mais à la chanson. Ça ferait peut-être moins de dégâts. » Six mois après sa mort, Johnny reste l'idole d'une France qui a grandi avec lui. Jean-Luc arrive tous les jours à 3h30. Et tous les jours, c'est le même refrain. « Elle paraît... » « C'est ton corps, c'est que que j'aime. Elle vient de là, elle vient du blues. » « C'est que vivre... » Il est né en 1964 au moment où Johnny déchaînait les foules. Jean-Luc a été bercé trop près du transistor. « Hop ! » « Ils sont anges, commençait déjà à chanter les chansons de Johnny.
» « Voilà, sur Chili Watch, Rotrien la nuit, toutes ses chansons, c'était ma jeunesse. » « C'est ça ? » « C'est mon père qui m'a transmis ça, oui. » « Et comment on transmet le virus Johnny à son fils ? » « Bah, vous savez, quand vous partez en balade, vous partez en vacances, il y a du Johnny dans la voiture, on chante du Johnny, donc voilà. » Il est connu dans tout Paris comme l'homme qui livre les boucheries en chansons. « Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime. » « Ah, s'il n'avait pas eu ce maudit de maladie, il aurait pu encore faire. De toute façon, il aurait encore fait de la scène. La preuve, il avait prévu 2018 déjà. »
« J'aime bien, moi, la variété française. »
« Oh, tout, son charisme, c'est la musique, c'est la façon d'interpréter les chansons. »
« Vous connaissez les chansons de Johnny ? »
« Moi qui, on ne connaît pas. » « Même celui qui ne suit pas, s'il n'en connaît pas. »
« Peut-être que les Américains ne connaissent pas. » « Je n'ai pas chanté, moi. C'est pour ça que je suis dans la viande. » « Je serai chanteur. » « Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime, repose en paix, mon Johnny, repose en paix. » Comme des pèlerins, les adulateurs de Johnny reviennent à la Madeleine pour le jour anniversaire de son enterrement, tous les 9 du mois.
« Tu n'oublieras jamais. »
« Je le sais bien que Johnny était quelqu'un de très, très important pour vous, dans votre vie, dans votre cœur. » « Sinon, vous ne seriez pas ici, dans cette Église. » « Mais il ne faut pas en faire un Dieu. » « Johnny, ce n'est pas le but de notre vie. » « C'est quelqu'un, un relais qui nous conduit à sa manière vers nous. » « On en est au 17e livre d'or. » « On n'a jamais vu ça pour aucun autre artiste enterré à la Madeleine. » « C'est tout à fait particulier. » « Je pense que ceux qui viennent font partie des fans qui ont la foi. » « Seul Dieu peut juger du contenu de leur foi. » « Qu'est-ce que vous pensez-vous ? Ça ressemble à quelle France, la France de Johnny ?
» « Je crois que c'est une France très populaire, dans le sens noble du terme. » « C'est-à-dire que ça touche vraiment les cœurs simples. » Sur les marches, on a repéré Christian à cause de sa sonnerie de téléphone. « C'est un étoncier joué par Greg. » Christian était dans les tout premiers rangs le 9 décembre devant la Madeleine. Et lui qui n'aimait pas l'Église vient à chaque messe du souvenir. « Là, après le mauvais événement du mois de décembre, je pensais que tout allait s'arrêter. » « Et en fait, je continue à courir partout, comme si pour aller le chercher. » « Ça ne s'explique même pas. » « Pendant 40 ans, on a fait toutes les villes, toutes les salles de concert, les stades, etc.
» « C'était notre raison de vivre et notre raison d'être. » « Et lui, pareil, je pense. » « Le premier titre qui m'a interpellé moi, c'est « Je suis né dans la rue » parce qu'on est né sur le même protoir. » « C'est ça, votre proximité avec Johnny ? » « En premier lieu, oui. » « Toutes ces chansons-là, qui marquent des gens qui ont mon histoire. » « Né dans la rue et fils de personne. » « De Jean-Philippe Smet, le A d'amitié à Johnny Hallyday. » « Et moi, pendant 40 ans, j'étais dans la roulotte. » Johnny a chanté chaque étape de sa vie. C'est une des raisons de son succès. Le 15 juin 1943, au pied du Sacré-Cœur, pas tout à fait dans la rue. Mais son enfance n'a rien du conte de fées.
Quand les enfants de son âge font du patin au square, lui est déjà en tournée et fait des petits numéros sur scène. Johnny a de la chance. Il est devenu chanteur. Autrement, il aurait presque dû finir dans un hôpital psychiatrique avec une enfance si difficile. Abandonné tout bébé par le père, plus ou moins abandonné par la mère un petit peu plus tard et remis à la vieille tante, laquelle a remis le bébé à, disons, une troupe de danseuses, les cousines, et baladé à travers toute l'Europe des tout petits enfants. C'est ce qu'on appelle véritablement un enfant de la balle. Dans les années 60, il est le roi du rock français et le prince des yéyés.
Son premier public rêve de s'affranchir de la tutelle parentale, qui vote de Gaulle et pense qu'un jeune n'a pas le droit à la parole avant 21 ans. La France est divisée en camps. On est pour ou contre l'Algérie française ? Fils de bourgeois ou blousons noirs.
Le rock vient de traverser l'Atlantique. Très vite, les laissés pour compte de la société en font leur signe de ralliement.
C'est une génération qui ne prend pas le pouvoir, à proprement parler, le pouvoir est entre les mains des gens beaucoup plus adultes, mais qui impose à la société un courant, un comportement différent et qui l'impose de façon agréable. Je ne suis pas certain qu'ils avaient une idéologie et une mission, genre nous sommes porteurs d'une nouvelle civilisation. Vous savez, c'est après coup qu'on peut définir pourquoi tel ou tel mouvement musicalo-artistique a pris une importance. En tout cas, ils ont chassé les buveurs de thé de ce salon parisien et le golfe de Rouault est devenu le point de ralliement des rebelles. Laurine, signée Bilalé, vient directement d'Amérique.
Johnny, qui a appris l'anglais avec son cousin Lee Hallyday,
dit qu'il est de là-bas. Après la guerre, les G.I.s étaient des véritables héros, comme le Jean de Sardou, les Ricains, les Sauveurs. Il y avait une aura quand on était américain. Donc Johnny, je suis américain, avec un petit accent. Il a abandonné très vite cette idée au moment où il est devenu célèbre. Il admire Presley, adopte son jeu de jambes et déchaîne les mêmes passions. Son premier succès en 61 est disons fracassant.
Parfois, il arrive même qu'à écouter trop longtemps cette voix incandescente on s'y brûle vraiment à crier et qu'il faille éteindre le feu à grands coups de pèlerine. Mais depuis ce sinistre mémorable, le pyromane Hallyday s'est rangé. Dans quelques jours, il sera la vedette de l'Olympia. Et nous avons pensé que c'était le moment de vous le présenter, si j'ose dire, à froid.
Tenez à l'idée, il y a quelques mois, vous chantiez plutôt débraillé, en blouson, un peu comme vous êtes sur l'affiche qui est derrière vous. Aujourd'hui, vous chantez en smoking. Pourquoi avez-vous changé ?
Eh bien, parce que je trouve que le rock a évolué et que maintenant, je me sens mieux dans un smoking pour chanter qu'avec une chemise débraillée. Vous essayez de vous assagir un peu ?
Non, pas de m'assagir, mais d'être toujours à la mode et toujours dans le coup. Il s'est un peu embourgeoisé quand même. Johnny et Sylvie ont écrit le conte de fées des années yéyées. Sylvie Vartan, feuillette sur scène, l'album des souvenirs de cette époque bénie.
C'était cette époque qui était elle-même, je veux dire, très joyeuse, très... On ne faisait pas attention aux paroles, vraiment. Ce qui contestait le rythme qui nous faisait danser, qui nous faisait vibrer. C'était surtout ça. Et c'était cette musique extraordinaire qui nous venait de l'Ouest, là-bas, d'Amérique, et qui a révolutionné la jeunesse du monde entier, en fait. Et Johnny, en France, était le premier à montrer le chemin.
La salle, le public retombe en adolescence. Je suis venu en même temps qu'eux. J'ai fait toute ma vie en même temps qu'eux. Et je suis content au fur et à mesure de les voir. Et là, ce soir, c'est vrai que je suis franchement content de voir Sylvie Vartan et de savoir qu'en plus, l'image de Johnny Hallyday va être derrière.
Vous dites, j'ai un problème,
je crois bien que je t'aime.
C'était ça. Voilà, c'était...
Vous étiez un couple de papier glacé, de Salut les Copains, de Fééry.
Non, pas que de papier glacé. On était un vrai couple. Mais c'est vrai, un peu hors norme. Un peu passionné, volcanique.
Le sergent Smet fait 15 mois de service militaire.
Mets-tu à la droite ? On ne sait plus où est la droite.
L'armée lui fait tourner ses petits clips en échange d'une permission pour se marier.
L'église s'est révélée beaucoup trop petite pour accueillir les amis du couple et les curieux, amateurs ou professionnels. M. et Mme Smet ont mis presque 20 minutes pour rejoindre leur voiture. Sylvie a manqué périr étouffée.
Johnny a failli perdre son cas. Michel Yankélévitch est de la génération salue les copains. Il vit à Noirmoutier. Il a filmé les concerts et les clips de Johnny pendant 20 ans. Il était son associé et son ami. Ils disent, je ne comprends pas que nous habitaient en Vendée et en Vendée, la mer, elle n'est jamais là. Mais c'est vrai qu'il était venu une fois à Noirmoutier et qu'il était venu en marais basse et la mer n'était pas là. Donc il ne comprenait pas pourquoi on allait au bord de mer à Noirmoutier. Noirmoutier n'est pas Saint-Barth et la Vendée est loin de l'Amérique. Pas grave. Michel a suivi Johnny dans le monde entier. C'est à Cuba. Et ça, notre famille, on fait du vélo.
Il m'a refait refaire faire du vélo. Je ne faisais plus de vélo, moi. Ça, c'est sur un tournage de film. On se barre. Il s'est amusé des modes parce qu'on a dit qu'il avait copié, qu'il avait exagéré. Ce n'est pas vrai. Il s'est amusé de ça. Je sais qu'un jour, on avait discuté. Il m'avait dit, tu sais, quand je suis revenu de l'armée, je croyais que tout était terminé. Et il avait une chanson qu'on lui a proposée qui s'appelait Black is Black de Los Bravos. Il était devenu noir, c'est noir. Et quand il a sorti cette chanson, d'un seul coup, il croyait que c'était la fin. Et en fait, c'était là qu'il allait complètement exploser. Et c'était même un renouveau de Johnny.
Twist est mort.
Vive le jerk et les mini-jupes. Johnny est devenu hippie. Et il fait campagne pour Giscard.
L'adium, Paris découvre le psychédélisme.
Il n'a pas attendu Woodstock pour chanter la Californie.
Chez Johnny, c'est qu'il est très lucide
sur lui-même. Il sait qui il est, ce qu'il veut et où il va. Et quand je lui écris des chansons, c'est à une époque, c'est un tournant, le début des années 70, où il sent qu'il faut qu'il sorte du guillet, qu'il sorte, disons, de paroles parfois un peu premier degré, appelons ça comme ça, pour aller vers quelque chose de plus contemporain, qui décrive un peu plus l'époque. Il a en face de lui un journaliste, un romancier, mais journaliste, qui, moi, qui sent très bien à mon époque, qui fait des allers-retours avec les Etats-Unis et tout ça, et je lui apporte des thèmes, des idées qui vont correspondre à ce qu'il souhaitait.
Ce qui se dit, à travers la broc, comme il a fait ensuite à travers Goldman, Berger, tout ça et tout, je vais pouvoir monter d'un cran. Johnny prépare ses tournées comme un sportif et il monte sur le ring 200 soirs par an. Je veux mettre en profit l'expérience que j'ai eue ces dix dernières années pour justement changer
et faire des choses beaucoup plus valables. faire un tour de chant normal, ça m'ennuie profondément.
De chanter « Je suis seul » tous les soirs, il arrive au bout du 192ème spectacle où je n'y crois plus que je suis seul tout le temps.
« Est-ce que ça va ? »
« Est-ce que vous êtes heureux ? » Mauvaise fréquentation « Est-ce qu'il y en a un seul parmi vous ? » Substance maléfique « En face ! » Le Hallyday Circus est une catastrophe financière. « Qu'en amour, il n'a jamais été déçu ! » Six mois après le départ de son idole, Jean-Luc, le livreur de Rungis, a trouvé comment se consoler. « T'auras une prise ? » « Un, deux, un, deux. » Formateur. Directeur d'école. Lui aussi. « Au champ, mon art ! » Directrice de maternelle. Johnny, malgré tout ce qu'il y avait autour de lui et tout ce qui se dit encore autour de lui, ça a été toujours une personne qui restait simple. Il était simple, lui, ce qu'il cherchait. Pourquoi il est parti aux Etats-Unis ?
Parce qu'il cherchait, il avait besoin de la simplicité. Et la simplicité, le seul moment où il la trouvait, c'est quand il était sur scène avec son public. Vous alliez voir un concert de Johnny, c'est comme si vous étiez invité chez lui. Il était avec son public, il participait avec son public. Sa générosité, il l'a donnée à son public. Et tous les mois, la Madeleine, les gens qui se rassemblent et qui vont... C'est beau, c'est bien, c'est très bien. Moi, je dis que c'est très bien. Moi, je suis pour. Chacun a ses convictions. Moi, je ne peux pas le faire parce que je n'ai pas non plus le temps de le faire. Mais j'ai mes manières à moi de lui rendre en mal.
Il m'arrive même de parler de lui parler. C'est bête, peut-être. Les gens vont trouver sa bête, mais moi, c'est comme ça. Moi, je ne pense pas qu'ils trouveront sa bête. Il a toujours fait partie de moi. On va boire un coup. Je ne veux pas vous soigner triste. C'est ce qu'il aurait fait, de toute façon. Je pense qu'après un concert, il aurait été boire un coup. Voilà, avec ses potes. Ah, les stars des années 80. La rose au pouvoir, les radios libres, les punks ne sont pas forcément sa tasse de thé. Après 8 albums sans grand succès, Johnny n'est pas du genre à désespérer. Il sait que les grandes carrières sont semées d'échecs. En 82, une rencontre amoureuse va pimenter sa vie.
Johnny s'installe avec Nathalie Baye qui lui présente Michel Berger. La rencontre de ces deux grands timides signe le retour aux sources et un immense succès. Tu peux même venir devant si tu as envie. C'est-à-dire, ils ont un micro devant, en tout cas. Il faut la mettre à la base. Ça sera son dernier coup de poids. Ah oui, c'est ça. J'écoute. Il faut mettre la salle. Ensemble, il prépare Bercy. Berger lui fait chanter Tennessee et replonge Johnny dans une rock'n'roll attitude. C'est au fond la manière dont il va au micro. La puissance qu'il va donner. L'attitude d'ouverture qu'il va donner. Le regard qu'il porte aux uns aux autres.
C'est au fond une communication qui n'est pas verbalisée, mais qui est très puissante. et son public n'a pas besoin de discours. Moi, j'ai appris ça avec Johnny. Je pensais que les discours structurés étaient la meilleure façon de convaincre. Johnny emmenait, mais simplement avec une capacité physique d'être l'incarnation d'une musique et puis d'un certain code. Mourir d'amour enchaîné. On a des codes. Donc, avec Johnny, quand on voit arriver une musique, on sent déjà que le public commence à bouger et lui va nous envoyer les deux ou trois signaux pour qu'on soit sûr d'être dans la communauté et au fond, c'est ce rassemblement qu'il réussit.
Et de ce point de vue-là, les politiques, en effet, peuvent admirer sa capacité à rassembler. Johnny a l'idée que vous allez l'avoir et je vais l'écouter avec vous, mais vous l'aurez d'autant plus vite que j'aurai terminé mon discours. Nous avons tous en nous
quelque chose de Jacques Chirac.
Toutes les musiques que j'aime
ne sont jamais les mêmes.
Mais au fond, c'est Giscard et les autres qui passent, lui restent. Je crois qu'il a plutôt aimé des valeurs de centre droit, de mobilisation, de réussite. En même temps, il avait une culture très populaire et en même temps, il avait une forme de générosité personnelle qui en faisait un être accepté par tous. Je crois que la politique pour lui n'était pas quelque chose de très précis. Je crois qu'il était sorti du bureau de Giscard en 1974 en disant quelque chose du genre « Oui, je vais voter Giscard pour Premier ministre ». Les années 90 s'écrivent en technicolore. Dans le même stade que les Bleus, il allume le feu, épouse Laetitia à Neuilly et chante pour ses fans à Vegas.
Monsieur Chirac, Monsieur Chirac, Monsieur Chirac, Monsieur Chirac, un petit mot sur votre sentiment ce soir. Juste un mot sur votre sentiment. Vous êtes heureux ce soir ? À Nashville au Noir Moutier, l'important, c'est qu'il y ait une Harley et une fille qui s'appelle Sarah, comme tous les enfants des fans d'Halidé. Les tontons flingueurs, Gabin, Steve McQueen, James Dean, son idole. Cette photo, elle a une histoire, c'est incroyable. Johnny chez le barbier, comme ici, il aurait pu faire cette photo ici. Rasage à l'ancienne, c'est tout lui ça. C'est ça sa légende, il s'est bâti sa propre légende ?
Absolument, oui, mais c'est lié aussi aux motos, c'est les bikers, c'est toute une histoire, toute cette histoire américaine. On a l'impression d'être chez un barbier, c'est vrai, aux Etats-Unis où il allait faire la route 66 en moto. Johnny va bientôt fêter ses 40 ans de carrière. Il a vendu 100 millions de disques et même marié, il garde toujours un cœur de rocker. Rock'n'roll, c'est aimer la vie, c'est se remettre en question en permanence, c'est ne pas avoir de tabou, de vivre la vie et d'en profiter et en même temps de tout oser. Il osait tout. Il osait tout dans ses spectacles.
Vous vous rendez compte, un jour, il est au zénith, il y a dans une main qui s'ouvre comme ça, c'est un truc de fou quand même. Un autre jour, il est en haut, à 40 mètres, en haut d'une grue et il descend dans le Parc des Princes. Vous l'avez vu, traverser en 93 le Parc des Princes pour ses 50 ans. C'est un boxeur, et puis son répertoire. Des trucs tout cons, mourir d'amour enchaîné, c'est tout con, mais c'est magique. Qui va nous donner ça maintenant ? Qui va nous permettre de vibrer et d'avoir autant envie de participer à une fête et à un spectacle ? En fait, c'est de la vie, Johnny, c'est un morceau de vie.
Vous mettez ça dans votre petit déjeuner, vous mettez ça dans la vie, vous prenez du Johnny. Johnny, c'est de la vie. Et c'était cet instinct vital qui a fait qu'il a surmonté beaucoup de choses. C'est cette vie, il donne la vie. Donc, qu'on me donne de l'envie, c'est vrai. Qu'est-ce qu'il y a de plus désespérant que de plus avoir envie ? Qu'on me donne de l'envie d'avoir envie ou vivre. Enfin, toutes ces grandes chansons sur la vie, sur la vitalité sont des chansons qui expriment ce qu'il est, c'est-à-dire une force de la nature. Il a résisté à de nombreuses difficultés et c'est cette force-là qui est admirable. On a retrouvé Christian à Fécamp. C'est là où vit le fan de la Madeleine.
Il conduit en chanson l'écart scolaire des enfants. Quand il chante l'envie d'avoir envie, ça vous est arrivé d'avoir besoin d'une chanson comme ça pour repartir ? Elle fout la pêche, naturellement. Elle fout la patate, naturellement. Elle a été très bien écrite. Merci Jean-Jacques. Et oui, besoin, non, parce qu'après, c'est ce que je dis, on n'a pas de chanson préférée, en fait, ça dépend de comment on est dans la tête à tel moment. Si on est mélancolique, on va aimer les chansons tristes ou douces. Et puis, si on est un peu rock'n'roll, on va écouter l'envie, on va écouter Allumer le feu et voilà, quoi. Et vous voulez pas qu'on vous dise que vous êtes fan ? J'aime pas ce mot.
J'aime pas ce mot. Comme il l'a marqué sur un T-shirt, enfin, qu'il l'a fait marqué sur un T-shirt, entre lui et nous, c'était une très longue histoire, quoi, d'amour, tout simplement. entre guillemets, un père de substitution, quoi. Il a dû donner l'exemple à pas mal de gens, je pense.
On a commencé par son
paquet de cigarettes le 10-8-92. Il sort d'un parc d'attraction. On lui fait bonjour et il me le lance. Il vous a repéré ? Dans le début des années 90. 90. Au début, j'y allais au spectacle et puis je rentrais à la maison, comme on dit. Après, je commençais à discuter avec les mecs de sécu, musiciens, etc. Puis après, ça s'est fait naturellement, quoi. La bouteille. Voilà, ça, c'est la bouteille 15 juin 2013, 70 ans. Donc, ouais, c'est un camp presque et il chante, il boit un coup, il me regarde et il me lance la bouteille. Et puis, il y a ces photos de vacances quand Christian emmenait son fils à Saint-Tropez pour voir Johnny de plus près.
L'optique de l'an 2000,
c'est de jouer sur scène les titres écrits par David. Il a ciselé pour son père un album en diamant. Johnny s'installe au Stade de France et teste de nouvelles cascades.
Laetitia est aux répétitions,
David à la batterie et Joy en coulisses.
Les images de ces années-là
montrent une famille qui se recompose sans fausses notes autour de ses quatre enfants, David, Laura, Jade et Joy.
Quand je suis jeune,
que j'aime la moto, que j'ai envie de vivre à 100 à l'heure, voire plus vite encore, il est là. Quand il se marie, on se marie. Quand il y a les enfants, c'est les enfants. Et puis après, nous, quand on devient grand-parent parce qu'on a une vie un peu plus stable, lui, il redobre des enfants donc il continue à avoir des petits. Au fond, à chaque étape de la vie, il chante juste. Johnny est déjà entré au musée, au château de la Busine à Marseille, le château de la mer de Pagnol. Et Johnny, comme Tintin, attire des visiteurs qui ont de 7 à 77 ans.
Souvenir, souvenir, je vous retrouve à mon cœur. Et tu sais que je me suis brûlée la jambe et moi, je suis... Ah bon ?
Comment tu fais ?
J'avais un copain qui avait une moto comme ça. Voilà, comme ça. Voilà, comme ça. Et on avait commencé par casser les fauteuils
avec le berbeco, hein ? L'homme 100 000 volts. Casser le 100 000 volts. Oui, on cassait les fauteuils. Et nous allions le soir au Scotch qui était sur le Vieux-Port,
un établissement où on allait danser jusqu'à 2h du matin, 3h. parce qu'on... Et on y venait à minuit et demi, ils arrivaient et dansaient le rock au milieu de tous les gens qui dansaient là. Donc, à côté de nous, mais tout simplement...
Je n'étais pas sur lui, hein ? C'était... comme nous, quoi. Voilà. Et après, je l'ai vu aussi à Bandol. On allait se baigner à Bandol. Il y avait un petit restaurant. Il était avec Pétula Clark. Et d'ailleurs, il a renié ma soeur qui était très belle. Il était tout jeune et très timide. Et c'était marrant de l'avoir connu comme ça. Vous avez une chanson préférée ? Que je t'aime, que je t'aime, et oui, parce que moi, je m'appelle aimée,
alors automatiquement. Tout ce qui est amour m'intéresse.
Moi, je me sers de ce que c'est de moi, des peines que j'ai pu avoir, des trahisons que j'ai pu avoir, de l'amour que je peux avoir pour les gens. Et je crois que quand on... Quand on n'a pas vécu, on ne peut pas chanter du blues, par exemple. Quand on n'a pas souffert, on ne peut pas parler d'amour. Pourquoi vous continuez à chanter ? Parce que je me sens à l'aise que quand je suis sur scène. C'est mon reste de folie. Il a eu pour seule constante, dans sa vie en tout point rock'n'roll, cette main tendue vers un public qui l'aime et qui le lui rend bien. Son histoire prouve que tant qu'on les vénère, les idoles ne meurent jamais. Si pour tout, vous êtes des gens ambidables.
Vous savez, quelque part, où que je sois dans ma vie, je me dirais toujours que vous tous qui avez été mon public depuis le début, vous faites quelque part comme une partie de ma vie. Je vous oublierai jamais.
Merci. Merci pour tout votre amour et je vous aimerai toujours. Bonsoir.