Rima Abdul-Malak est l'invitée de "Tout est politique"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir Rima Abdoumalac. Merci d'être avec nous en direct de Beout, la capitale libanaise. Vous êtes la directrice du grand quotidien libanais l'Orient le jour.
Vous êtes également ancienne ministre de la culture. Restez avec nous. Évidemment, on va parler avec vous des négociations qui vont s'ouvrir demain à Washington entre les représentants libanais et les représentants israéliens.
Mais d'abord à 19h33, c'est l'heure de notre séquence. Vrai ou faux comme tous les soirs dans toutes les politiques. Bonsoir Luc Brisson.
Bonsoir. Après ans de pouvoir, vibis hier en Hongri auit de son opposant Peter Magar. Une victoire saluée notamment par la présidente de la Commission européenne, Ursula Van Derleyen.
Je la cite "Le cœur de l'Europe bat fort en Hongrie." Mais pour le député Rassemblement national Jean-Philippe Tangi, tout cela est ridicule car selon celui-ci, Orban et Maguiar en Hongrie, ce serait la même chose. Quand vous voyez les réactions hier de madame Veleyen des Macronistes sur Twitter, enfin sur X, c'est c'est assez ironique.
C'est-à-dire qu'en fait, ils n'ont pas lu le programme de monsieur Magar qui a 90 % les programmes de de monsieur Orbane. Alors Magar Orban, est-ce que c'est la même chose ? Est-ce que c'est le même programme ?
Et ben justement, on s'est penché sur les programmes. Alors c'est pas forcément évident puisquil faut savoir que le parti du Fidèche de Victor Orba n'avait pas un site internet avec un programme très clair établi. Donc faut un peu regarder à droite à gauche chez Peter Magier avec son parti Tisa, il y avait un PDF de 250 pages.
Alors on s'est plongé dans ce fameux PDF. Mais déjà avant de parler des programmes, ce qu'il faut pas oublier quand on parle de Peter Mager, c'est que c'est un ancien du Fidè le le parti de de Victor Orban. Il est notamment il a notamment travaillé au ministère des affaires étrangères hongrois et c'est quand 2024 he qu'il a quitté le parti d'Orban avec l'ascension éclair qu'on qu'on lui connaît qu'on lui connaît derrière.
Et Peter Mager finalement bon connaît déjà un petit peu son positionnement politique puisque il est député européen et au Parlement européen il siège avec les Républicains. Donc c'est un homme de droite assez classique on peut dire. Je rappelle que les les eurodéputés du Fidè hein, le le parti d'orban, eux, ils siègent au côté du Rassemblement national.
Maintenant, si on s'intéresse vraiment aux propositions, hein, Peter Mager dans son programme comme Victor Orban, finalement, il est très ferme sur l'immigration. Je cite son programme. Dans une Hongrie pacifique et ordonnée, personne n'aura à craindre l'immigration illégale.
La clôture frontalia restera en place et nous renforcerons la protection des frontières du pays et de l'Union avec des mesures de défense supplémentaire. Parce qu'il faut savoir que la Hongrie, bah elle est séparée de la Serbie par un grillage de barbelet qu'on va voir, ça a été mis en place sous Orbane. Et Peter Mager qu'on voit à gauche dans cette vidéo, lui, il est très favorable à cette frontière.
Il avait notamment fait cette vidéo devant pour dire que bah c'était très bien ce ce grillage entre les deux pays. H Et sur les questions sociétales à présent Luc, Victor Orban est un ultra conservateur. Qu'est-ce qu'on sait de Peter Magar ?
Est-ce qu'il est sur la même ligne ? Bah oui, Victor Orban, il avait mené des politiques très dures hein envers les LGBT avec notamment par exemple une loi de en 2021 qui interdisait la promotion entre guillemets euh de l'homosexualité. Alors Peter Mager, il est pas dans un registre aussi extrême mais il parle finalement très peu de ce sujet.
Quand on regarde son programme, on n'a pas trouvé une seule ligne sur les droits des LGBT. Donc c'est difficile de dire si il va vraiment se se détacher d'Orbane sur ce pointl. Ouais, il est resté assez assez flou.
Il faudra suivre et et voir ça dans le temps. Il y a quand même Luc des différences assez marquées entre les deux hommes notamment concernant la politique internationale de la Hongrie et sur ses alliances. Oui, bien sûr.
Et la première rupture c'est avec la Russie. Victor Abne, il s'est toujours montré très conciliant avec Moscou. He dernièrement, on apprenait que le le ministre des affaires étrangères hongrois révélait à son homologue russe le contenu de réunion à Bruxelles.
Alors Peter Mager, lui veut sans ambiguité sur le sujet. Je cite son programme. La Hongrie ne sera pas un pays qui se frotte aux criminels de guerre ou aux dirigeants tout-puissants de régime autocratique dans l'espoir de gain politique ou financier.
Notre pays redeviendra un membre utile et constructif de l'Union européenne et de l'OTAN. Et Peter Mager, il va aussi se détacher de la dépendance de son pays au pétrole russe qui s'est développé ce sous Victor Orban. il estime que ça représente un risque systémique et puis en se rapprochant justement de l'Europe, Peter Mager, il espère récupérer des aides qui sont actuellement bloqué par par Bruxelles, notamment aussi en entamant une grande réforme contre la corruption parce que la Hongrie selon en transparentie, il faut le savoir, c'est le pays où il y a le plus de corruption en Europe.
Donc l'arrivée de Peter Mager pour finir, ça va être un gros changement au sein des institutions européennes. Par contre, sur les questions des meurs, sur les questions de l'immigration, là c'est pas sûr qu'il y ait un énorme bouleversement par rapport à à Victor Urban. On suivra ça avec vous.
Merci beaucoup Luc Brisson de la cellule vrai ou faux ? On vous retrouve vous et toute l'équipe pour l'émission hebdomadaire le samedi à midi et le le dimanche à 20h. Merci beaucoup Luc.
Bonsoir Rima Abdou Malak. Donc merci d'être notre invité ce soir dans toutes les politiques. Vous êtes directrice du grand quotidien libanais l'Orient le jour et ancienne ministre de la culture.
Vous êtes avec nous ce soir depuis Beou Abdoumak alors que la guerre est entrée dans sa 7e semaine. Des discussions vont commencer demain entre le Liban et Israël à Washington. Dans quel état d'esprit sont les sont les Libanais à la veille de ces discussions ?
Qu'en attendent-ils ? C'est quand même un moment historique parce qu'il y a jamais eu de discussion directe entre le Liban et Israël. Donc là, ce sont des toutes premières discussions et pas véritablement des négociations, mais c'est un début.
Donc il y a un tout début d'espoir, même si euh les Libanais ont peu d'illusion sur l'issue de ces discussions parce que le rapport de force est tellement déséquilibré entre euh le Liban et Israël et que nous n'avons pas l'impression d'avoir l'appui des Américains dans ce processus. Mais on espère au moins que il va y avoir un cesser le feu et que on va pas pouvoir continuer à être sous les bombes pendant que des discussions démarrent. Parce que en fait, il faut vraiment que le langage des armes se taise pour que le langage diplomatique commence.
Justement, le Premier ministre libanais a accepté de débuter ces ces discussions alors que l'armée israélienne poursuit ses opérations dans dans le sud du Liban. Comment cela est-il perçu par les par les Libanais ? lui-même en fait a reporté le voyage qu'il avait prévu à Washington pour se consacrer à au suivi de la situation ici au Liban.
Ces discussions sont vraiment préalables à la négociation. Je pense que ce ne sont pas véritablement des négociations puisque il y a cette demande de cesser le feu pour démarrer de vraies négociations. Donc pour l'instant, il y a encore quand même ce ce bras de fer que la France appuie.
D'ailleurs, la France demande également se cesser le feu. Il est impossible de commencer à négocier alors que euh Israël continue à bombarder plusieurs fois par jour le sud du Liban. Euh, bonsoir madame.
Je je voulais savoir quel était le degré de d'autorité, le degré de légitimité que peut avoir le gouvernement dans ce genre de négociation parce qu'on entend beaucoup de choses et beaucoup de beaucoup d'avis de Libanais. Donc, on n'est pas capable nous de faire la proportion de savoir qui pense quoi et quelle est la majorité. Mais est-ce qu'il arrive armé, suffisamment armé pour pouvoir, même si vous dites que pour l'instant c'est pas encore une négociation, avoir une forme de crédibilité donc pour une discussion avec les Israéliens.
Vous avez en fait là un président de la République et un premier ministre qui sont arrivés depuis un peu plus d'un an. C'est une nouvelle équipe gouvernementale qui pour les Libanais est l'équipe la plus déterminée à faire évoluer la situation, à sortir le Liban de ces crises. La plus déterminée à mener les réformes, la plus déterminée à désarmer le Esbolain.
Euh et c'est la première fois qu'un président tend la main, c'est lui le président libanais qui a le premier proposé des négociations directes avec Israël. Donc l'autorité est là, la volonté est là, la crédibilité est là. Maintenant, il y a évidemment une opposition très nette du Esbola et des partisans du Esbola qui ont même manifesté ce weekend contre le Premier ministre euh contre ces négociations.
Mais euh honnêtement, ces manifestations n'ont pas drainé tant de monde que ça. Il y a une majorité des Libanais qui soutiennent ce gouvernement et qui soutiennent ce chemin vers la paix et la stabilité pour le Liban. Mais vous dites le gouvernement le plus le plus déterminé.
Mais jusqu'à quel point est-ce que un gouvernement libanais aujourd'hui peut euh soutenir ouvertement et surtout mettre en place véritablement le désarmement euh du du Esbola sans payer euh euh un un prix euh important sur le plan intérieur ? Est-ce que vraiment c'est c'est possible ? Est-ce qu'il est déterminé à le faire ?
Est-ce qu'il peut le faire ? Il n'a pas le choix. C'est la clé en fait, c'est cette question là du désarmement du Esbola qui est la clé de tout pour l'avenir.
Euh, il était déjà engagé dans un plan qui s'appelait le plan de monopole des armes en cinq phases. Un plan de désarmement dont la première phase avait eu lieu, la deuxième venait de commencer, elle a été interrompue par cette guerre. Donc, on peut estimer que c'est trop lent, que c'est pas assez ferme, que ça va pas assez vite peut-être.
Mais en tout cas euh il était engagé ce plan, il avait été présenté en conseil des ministres, il avait commencé à être mis en place mais l'armée libanaise a besoin de soutien. Et d'ailleurs, c'est pour ça que Emmanuel Macron avait prévu le 5 mars à Paris une grande conférence internationale de soutien à l'armée libanaise qui évidemment n'a pas pu avoir lieu vu que la guerre a commencé le 2 mars 3 jours avant. Mais il est évident que l'armée libanaise n'a pas du tout les moyens de l'armée israélienne, a besoin d'aide technologique, militaire, financière, a besoin de formation.
Et donc c'est cette communauté internationale qui peut se mobiliser aussi en soutien à l'armée, qui relégitimera l'État libanais, qui donnera plus d'autorité à l'armée. Ça c'est absolument indispensable. Moi, je voudrais vous poser deux petites questions pour mieux comprendre.
Est-ce que vous pensez profondément que si l'armée libanaise est aidée, que vous parliez de soutien logistique et tout, il y a une possibilité d'arriver à cette à ce but, c'està dire est-ce que quelqu'un peut gérer, peut contrôler, peut faire pression sur lebola ou c'est une tâche qui a l'air mon dieu extrêmement difficile à atteindre. Ce qui expliquerait que depuis une éternité, le esbola je vais pas employer des termes vulgaires mais euh pourrit un peu la vie du peuple libanais. C'est est-ce que c'est faisable ?
En tout cas, nous on peut pas se résigner si vous voulez à une fatalité qui serait que le esbola armée milice iranienne sur notre sol reste à tout jamais au Liban. C'est c'est pas un avenir qu'on peut espérer pour le Liban. La ligne de notre journal d'ailleurs, c'est la souveraineté du Liban depuis toujours depuis 101 ans que ce journal existe et donc on ne peut pas accepter cet horizon là.
Maintenant, il y a en interne la capacité de l'armée et de l'État libanais à désarmer le esbola avec l'aide de la communauté internationale. Il faut bien commencer ce chemin. Peut-être qu'il prendra 5 ans, mais il faut le faire étape par étape, quartier par quartier.
Et puis il y a la situation régionale. Qu'est-ce qui va se passer en Iran ? Si le régime iranien tombe ou si le régime iranien est affaibli, les soutiens directs par l'Iran, arme, financement vers le Esbola vont se taribola sera obligé d'évoluer.
Donc il y a les deux logiques en fait qui vont être à l'œuvre. Qu'est-ce qui va se passer au niveau régional et comment la communauté internationale peut soutenir le gouvernement l'armée libanaise. Si on n pas ces deux paramètres ensemble, c'est sûr que la tâche va être plus difficile et le pays soutient la population libanaise parce que toujours la même chose, on entend un certain nombre de chiites manifestement qui disent bah on soutient le Esbola parce que il nous défend et d'autres qui considèrent que c'est un mouvement terroriste.
Quelle est la part de de qui pense quoi dans par rapport à la population libanaise si tentez qu'on puisse le savoir ? En fait, au lendemain de la guerre, vu que le Esbola est entré dans ce conflit en lançant six requêtes contre le nord d'Israël au lendemain de l'assassinat de Layatola Hamenei, même les chiites que nos journalistes interrogeaient sur le terrain étaient très remonté contre le Esbola et disaient "On n'en peut plus, c'est la guerre de trop, que Dieu les maudisse, c'est pas comme ça qu'on s'en sortira. Ils sont au service de l'Iran, ils sont pas au service des Libanais." Même les chiites disaient ça, mais plus les jours avançaient, plus les euh attaques israéliennes se faisaient disproportionné, plus il y avait de morts civiles, plus il y avait d'enfant tué, puis il y avait le carnage encore là de mercredi qui a été absolument terrifiant, plus la population a commencé à se ressouder derrière le Esbola.
C'est bien notre drame euh parce que on ne peut pas être pour l'agresseur israélien au Liban, même si un jour on souhaite la paix avec notre voisin et on peut pas non plus être pour une milice armée par l'Iran qui est sur notre territoire et qui est un groupe terroriste islamiste. Vous voyez, on est pris entre deux menaces, mais la majorité des Libanais, si je prends les communautés religieuses, les chrétiens, les druses, les sunnites, une partie des chiites aujourd'hui aimerait sortir de cette impasse et aimerait le désarmement du esbola et la paix pour ce pays. Mais ce que vous nous dites ce soir, Rima Abdoumak, c'est qu'à l'inverse et on voit hein que l'armée israélienne l'a annoncé avoir frappé encore aujourd'hui à ces dernières 24 heures 150 cibles du Esbola.
À l'inverse, vous ce que vous nous dites ce soir, c'est vous observez plutôt que la population se ressoude autour euh du esbola euh identifié comme le défenseur euh euh du Liban face à l'agresseur israélien. Oui, le résistant, c'est comme ça que le Esbola se définit lui-même et une partie de la population adopte cette rhtorique de la résistance parce qu'en fait ces frappes israéliennes, elles sont contre-productives, elles sapent la légitimité de l'État libanais. Elles tuent des civils, des familles innocentes.
Elles détruisent des villages entiers dans le sud du Liban. Et c'est pas cette méthode-là qui éradiquera le esbola puisque le passé l'a montré. J'ai derrière moi une de l'Orient le jour de 1978 où Israël avait envahi le Liban.
On est en 2026. Est-ce que le Esbola n'a pas justement grandi, ne s'est pas justement développé en raison de l'occupation israélienne au sud qui a duré 22 ans ? Donc en fait, on sait que ces méthodes là, la logique de la force jusqu'au bout, en réalité à très court terme, elle peut donner des chiffres de combattants tués, mais à long terme, elle ne fait qu'en générer d'autres.
Aujourd'hui, vous avez peut-être 20000 300, 40000 combattants du Esbola. Même nos journalistes n'ont pas des sources suffisamment fiables pour dire le chiffre, mais c'est certainement beaucoup plus que 20000. Donc, que faut-il faire ?
Est-ce qu'Israël va raser tout le Liban pour en venir à bout ? C'est impossible. Enfin, personne ne peut le souhaiter.
Donc, il faut changer de méthode et il faut passer par des discussions politiques diplomatiques. Pour ça, il faut d'abord incesser le feu et que tout le monde s'assoit autour d'une table, ce qui est historique et ce qui peut commencer demain, mais pas sous les bombes pour que des discussions politiques puissent s'engager. Mais est-ce que vous entendez aussi les arguments du gouvernement israélien qui qui dit bah nous notre population au nord du pays, elle est bombardée par le par le Esbola.
ça peut plus durer. Benjamin Netanyahou a même euh dit que euh il y avait eu une menace d'une invasion euh à partir du Liban sur le territoire israélien. Est-ce que vous comprenez qu'après le 7 octobre, Israël soit dans une position où il dit bah non, c'est plus possible.
On ne peut plus tolérer une menace à notre frontière, une telle menace à notre frontière. Il y a quelque chose qui m'interpelle tout de même, c'est que lors de la guerre de 2024, Israël a décidé d'évacuer les localités du nord. Ils ont fait partir de 80000 habitants du nord d'Israël parce qu'ils craignaient pour leur vie.
Cette fois-là, personne n'a été évacué. Il y a pas eu une évacuation d'aucune localité du nord d'Israël. Et si on regarde le nombre de civils tués côté israélien, euh il y a 12 soldats qui ont été tués d'après nos source et trois civils dans le nord d'Israël.
Donc vous voyez bien que s'ils n'ont pas évacué, c'est que la menace sur la vie de ces personnes n'est pas si forte. Donc l'affaiblissement du Esbola son incapacité finalement à envoyer des requêtes qui touchent véritablement euh ces localités puisqu'elles sont pour la plupart interceptées. Aujourd'hui encore, l'armée israélienne a dit avoir intercepté une dizaine de drones lancées par le esbola.
Donc vous voyez bien, la supériorité militaire israélienne protège ces populations. Donc ni euh les frappes dans cette intensité, ni l'occupation du sud-Liban n'éradique le Esbola et ni euh les attaques du Esbola ne tuent de civils en Israël euh pour craindre pour leur vie et les évacuer du nord d'Israël. Donc vous voyez bien que là il y a une rhtorique militaire sur laquelle il faut s'arrêter un instant pour décrypter un peu plus en détail et se dire voilà est-ce qu'il y a pas un narratif aussi pour justifier une violence de plus en plus disproportionnée et refuser euh au fond de faire avancer les négociations, faire capoter tous les cesser le feu possibles et imaginables, faire capoter toutes les tentatives politiques d'avancer.
Alors d'après vous, quel est le but ultime du Esbola ? Ça fait un moment qu'il occupe de façon plus ou moins clandestine le Liban. Qu'est-ce qui qu'est-ce qui à terme et recherché ?
Je pense que le Esbola agit dans l'intérêt des Iraniens et du régime iranien. Donc à partir du moment où il y a un combat existentiel pour le régime iranien, ça devient le combat existentiel du Esbola. Son combat n'est pas l'avenir du Liban, ni l'avenir de la population libanaise.
Évidemment, en fait le Esbola a été créé d'abord en réaction à l'occupation israélienne au sud, mais l'Iran a profité de cette situation pour exporter sa révolution islamique. Donc c'est un proxy de l'Iran depuis 1982. Et effectivement euh voilà, notre destin du coup est devenu lié au destin de l'Iran et avec la volonté d'étendre euh le le la pensée ou l'idéologie du Hzbola euh à d'autres pays et éventuellement d'éradiquer Israël.
Oui. Ou l'entité sioniste comme on dit en Iran. Alors, le régime iranien, oui, bien sûr dit des horreurs sur le le l'état d'Israël, a exporté aussi sa révolution islamique en Irak avec les chiites iakiens, au Yémen avec les outils.
Donc, il a comme ça un réseau d'alliés euh dans la région. le Esbola en est mais n'est pas le seul et tous agissent en fait pour la survie du régime iranien et pour le renforcement au fond de cette dictature. Donc finalement le but du Esbola au Liban, moi si je devais le résumer en en allant plus loin que le court terme dans lequel nous sommes, c'est ça c'est d'être au service de la survie du régime iranien.
Rima Abdulmalak, on l'apprend à l'instant, le Esbola refuse les négociations directes qui doivent s'ouvrir demain entre le Liban et Israël et demande leur annulation. Est-ce que c'est une déclaration voilà relativement attendue ou est-ce que là c'est un un coup de pression si on peut dire sur le gouvernement libanais là ce soir ? C'est totalement attendu, c'est pas nouveau.
Ils l'ont répété déjà plusieurs fois depuis que le président libanais a tendu la main à Israël en demandant des négociations, ils le disent donc ça fait plusieurs semaines, ils l'ont démontré avec ses manifestations ce weekend. Donc c'est absolument pas nouveau et ça n'empêchera pas le gouvernement libanais d'avancer. Maintenant, il faut voir est-ce que le Esbola va être prêt à des démonstrations de force qui pourraient menacer l'équilibre interne au Liban, voir mener à une guerre civile, c'est notre crainte.
Mais pour le moment, ils appellent quand même leur troupe à la retenue. C'est ce qui s'est passé après les manifestations de ce weekend. Il y a eu des déclarations les appelant au calme.
Donc euh on peut espérer que ils ne vont pas aller au-delà de ces déclarations euh et de cette mise en scène très attendue. Vous nous parliez la semaine dernière R Abdulmalak d'une paranoïa globale qui est en train de s'installer dans le dans le dans le pays avec des responsable du du Esbola qui se cache, on l'a vu hein, parfois dans des dans des dans des quartiers chrétiens ou alors des quartiers où voilà où ils ont pas l'habitude de se trouver au résidentiel et euh et qui sont donc visés par l'armée israélienne avec des morts des morts autour. Et vous nous disez c'est quelque chose qui commence à susciter des tensions au sein de la population où on en est. ce soir, est-ce que ces tensions elles grandissent ?
Est-ce que euh vous avez parlé de crainte de de guerre civile ? Est-ce que euh tout le monde a ça en tête aujourd'hui au Liban ? Oui, en plus aujourd'hui euh vous m'interrogez le jour anniversaire, triste anniversaire de commémoration du début de la guerre civile euh le 13 avril 1975 euh 51 ans après.
Et euh on a tout ça dans les mémoires, c'est-à-dire que la moindre étincelle, le moindre dérapage peut déclencher quelque chose de plus grand qui nous échappe et qui entraîne le pays dans une guerre qu'on ne veut plus revivre. Aujourd'hui, on a des maires de certaines localités du Liban qui refusent d'accueillir des déplacés de peur qu'il y ait des membres du Esbola cachés parmi eux. On a euh des euh propriétaires d'appartements qui refusent de louer leurs appartements à des familles déplacées du sud ou de la banlieue sud au cas où il pourrait y avoir des combattants du Esbola parmi eux.
Donc il commence à avoir des tensions entre les communautés. On n'est pas à l'abri que certaines communautés trouvent des armes ou commencent à régler leur compte entre elles aussi. Euh pour l'instant après euh 6 semaines de guerre où les ners sont à bout, ça n'est pas arrivé.
Mais on n'est pas à l'abri que ça puisse arriver même de manière très sporadique et de manière très minoritaire, mais que un incident déclenche d'autres incidents et malheureusement on sait que la guerre civile il y a 51 ans a commencé comme ça. Est-ce que vous qu'est-ce que vous attendez vraiment de la France ? parce que nous on fait souvent, on donne un peu l'impression que on nous demande partout et qu'on a une on est une une grande puissance qui peut apaiser les choses.
Y a-t-il vraiment une attente et un rôle que la France puisse jouer ? Et deuxème toute petite question, de quel côté sont les jeunes ? C'est une population qui est plus jeune que d'une population comme la population française ou les populations européennes.
Ils sont ils veulent quoi les jeunes ? Enfin si tentez qu'on puisse répondre à une question aussi vaste. la France et les jeunes pour résumer.
Alors pour ce qui est de la France, la France a joué un rôle très important au moment du cesser le feu de novembre 2024. Donc les Libanais attendent de la France qu'elle continue à jouer ce rôle de médiation, qu'elle continue à porter sa voix et qu'elle essaie d'embarquer autour d'elle d'autres puissances internationales en Europe, mais aussi les pays du golf et surtout surtout peser sur Donald Trump puisque c'est le seul qui peut convaincre Netaniau de bouger en fait. Donc euh c'est ça notre espoir et que la France mobilise, continue à mobiliser de l'aide humanitaire comme elle le fait euh une médiation politique et euh je sais que en tout cas le gouvernement libanais demandera à la France de contribuer à ces négociations alors même qu'Israël veut l'en écarter.
Pour ce qui est des jeunes, nos journalistes les interrogent tous les jours partout sur le terrain. La plupart aspirent à vivre normalement, à dormir la nuit, à faire leurs études parce qu'aujourd'hui la majorité des universités sont fermées ou font des cours à distance à ne pas vivre dans la peur. La majorité aspire en fait à une vie stable et prospère pour pour ce pays, mais ne veulent pas que ce soit au prix ni d'une occupation israélienne du Liban du sud. ni au prix euh d'une main mise de l'Iran via le Esbola sur notre souveraineté.
Donc ils aspirent à un pays libre et souverain. Euh dernière question, est-ce que c'est vrai ? J'ai entendu ça qu'Israël avait exigé que la France ne soit pas représentée aux négociations qui vont s'ouvrir demain à Washington d'après ce que vous savez.
Il semblerait effectivement que que a a exclu la France de cette première étape qui va être une étape tripartite États-Unis, Israël, Liban. Mais c'est vraiment une toute première étape de discussion. Donc il y aura bien d'autres étapes.
Ça risque d'être un long processus et je ne peux pas croire que la France ne soit pas un moment ou un autre à la table de ces discussions ou impliqué d'une manière ou d'une autre dans ces discussions. Et on suivra donc ces discussions qui débuteront demain à Washington. Discussion donc directe entre des représentants libanais et des représentants israéliens.
Merci infiniment d'avoir été avec nous ce soir en direct de Berou Trima Abdoum, directrice du grand quotidien libanais l'Orient le jour et ancienne ministre de la culture et bon courage et merci Nathalie à demain. Bonne soirée sur France.