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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 20 mai 2020 45 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsTravail & emploi

Bourdin Direct du 20 mai - 8h/9h

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 43 %Attaque 30 %Défensif 27 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:14OuverteRéponse directe

    Quels sont les risques de relâchement des gestes barrières ce week-end ?

  • 2:07OuverteRéponse directe

    Pourquoi le maire de Saint-Malo va-t-il verbaliser les contrevenants ?

  • 7:51OuverteRéponse directe

    Comment organiser le second tour des municipales en respectant les gestes barrières ?

  • 8:39OuverteRéponse directe

    Comment les candidats aux municipales peuvent-ils faire campagne avec le masque ?

  • 10:23OuverteRéponse directe

    Quelle est l'évolution de l'épidémie en Europe actuellement ?

  • 12:41OuverteRéponse directe

    Y a-t-il des signes de rebond épidémique en Europe ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25InvitéFait
    « Rien ne va plus chez Renault, 4 sites pourraient fermer en France, dont celui de Flins dans les Yvelines. »
  • 0:33InvitéChiffre
    « Un vaste plan d'économie de 2 milliards d'euros attendu la semaine prochaine. »
  • 1:57InvitéFait
    « Je ne veux pas laisser passer ça parce que petit à petit, les gens oublient qu'on sort d'une crise. »
  • 2:21InvitéFait
    « Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, incite tous les Français au moindre doute, au moindre symptôme à se faire dépister. »
  • 2:49InvitéPromesse
    « L'objectif est d'avoir le résultat à J plus 1 de ce test PCR. »
  • 3:04InvitéFait
    « C'est encore et toujours des problèmes d'approvisionnement. C'est-à-dire qu'il manque des cônes, il manque des écouvillons, il manque du réactif. »
  • 3:39InvitéChiffre
    « Ce sont quasiment 1000 personnes qui vont être testées ici parmi les fonctionnaires de l'hôtel de police de Lille. »
  • 4:26InvitéChiffre
    « Le nombre de patients en réanimation continue de diminuer. 69 admis ces dernières 24 heures. »
  • 5:36InvitéFait
    « Dominique et son épouse Émilie, infirmières, sont inquiets. À leurs yeux, l'hôpital de Mulhouse, encore sous tension, ne pourra pas affronter une seconde vague de l'épidémie. »
  • 10:53InvitéFait
    « Elle est très favorable pour l'instant. Vraiment, en tout cas, en France, et comme vous dites, dans la plupart des pays d'Europe. »
  • 11:15InvitéChiffre
    « En France, moins de 500 cas par jour nouveaux. »
  • 11:19InvitéChiffre
    « En Suisse, nous avons eu hier 10 cas dans toute la Suisse. »
  • 15:02InvitéChiffre
    « Il y a 115 candidats vaccins aujourd'hui dans le monde. Il y a 8 essais cliniques aujourd'hui qui sont conduits et il y a 5 gros laboratoires producteurs. »
  • 23:19InvitéFait
    « Renaud a enregistré ses premières pertes l'an passé depuis 10 ans. »
  • 31:11PrésentateurChiffre
    « 27% des Français seulement sont pour la tenue du second tour au mois de juin, 27% seulement. »
  • 31:22PrésentateurChiffre
    « 3% des élèves ont rejoint le chemin de l'école. Parce que les parents ont peur. »
  • 31:39PrésentateurFait
    « la santé de mon enfant, avant tout, je préfère qu'il redouble. »
  • 33:21PrésentateurFait
    « si c'est en juin, il faut absolument que ce soit toute fin juin pour que les écoles ne réouvrent pas le lundi. »
  • 33:27PrésentateurFait
    « vous avez vu toutes les préconisations du Conseil scientifique. »
  • 33:50PrésentateurFait
    « j'ai soutenu avec plaisir Cédric Villani parce que d'abord, au début, tout le monde disait le candidat farfelu, etc. »
  • 33:56PrésentateurFait
    « il avait le meilleur programme de 100 pages. »
  • 36:47PrésentateurPromesse
    « il faut offrir 200 euros par mois pour les infirmiers et infirmières. »
  • 36:51PrésentateurPromesse
    « il faut créer 200 000 postes supplémentaires dans les EHPAD et l'aide à domicile. »
  • 37:01PrésentateurPromesse
    « taxer les véhicules individuels les plus lourds et les plus polluants. »
  • 37:46PrésentateurPromesse
    « maintien des emplois, maintien des savoir-faire et même allons plus loin. »
  • 38:42PrésentateurPromesse
    « nous avons proposé une aide de 2000 euros, un super bonus pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables. »
  • 41:20PrésentateurFait
    « le nombre de pauvres dans les 18-25 ans a fortement augmenté après la crise de 2008. »

Temps de parole

  • Présentateur68 %
  • Invité13 %
  • Invité 28 %
  • Invité 33 %
  • Invité 43 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, mercredi 20 mai, l'info sur RMC, 8h02, Céline Kalman est là. Pour les dernières informations, Céline, bonjour.

0:12
Invité

Bonjour à tous, l'avertissement des autorités sanitaires à la veille d'un long week-end, garder les distances de sécurité avec vos proches, c'est primordial. Inquiétude aussi des élus qui ont pour certains décidé de refermer les plages. Rien ne va plus chez Renault, 4 sites pourraient fermer en France, dont celui de Flins dans les Yvelines. Un vaste plan d'économie de 2 milliards d'euros attendu la semaine prochaine, alors que le constructeur vient d'obtenir un prêt garanti par l'État de 5 milliards. L'organisation, le mois prochain du second tour des municipales, au menu ce soir des discussions entre Edouard Philippe et les chefs de parti qu'il reçoit à Matignon. Bienvenue à tous sur RMC.

Géraldine de Maury le disait à l'instant, il va faire chaud, il va faire beau. Aujourd'hui, demain et dans les jours à venir, un long pont de l'ascension qui fait craindre un relâchement des gestes barrières, alors que le virus circule toujours. Hier, la préfecture des Bouches-du-Rhône a donné son feu vert pour la réouverture de 15 plages, Marti, Garl ou encore la Ciotat. Partout en France, les mers dont les communes se trouvent au bord de l'eau ont pris diverses mesures. Thomas Chupin avec Benoît Ballet.

1:14
Présentateur

Et l'un des mers inquiets à la veille de ce long week-end, c'est celui des sèbles de l'aune en Vendée. Yannick Moreau a bien constaté ces derniers jours que les règles étaient compliquées à faire respecter. La proximité du bord de mer fait parfois baisser la garde. Les horaires, le port du masque, tout ça, ce n'est pas forcément des contraintes qu'on a envie de vivre quand on vient sur son lieu de vacances. Un maire qui a contre-coeur va devoir fermer ses plages ce week-end. Fermeture à certains horaires parce que la marée va réduire l'espace avec un risque de promiscuité qu'il ne veut pas prendre. Ça va être un test, deux heures et demie avant la marée haute, à l'appel d'un signal sonore.

Ils demanderont au public et aux plagistes de quitter la plage.

1:46
Invité

Alors de nombreuses mairies n'iront pas si loin. Par contre, l'heure est à la sévérité pour le maire de Saint-Malo, Claude Renoux. On a fait de la pédagogie pendant le dernier week-end. Il y a quand même un petit pourcentage de gens qui n'ont pas respecté le jeu. Et là, je ne veux pas laisser passer ça parce que petit à petit, les gens oublient qu'on sort d'une crise et je vais passer là à la vitesse supérieure en verbalisant.

2:07
Présentateur

Et ce sera le cas dans de nombreuses communes où on renforce les effectifs. Deux 4x4 patrouilleront par exemple à Palavas-les-Flots sur la Méditerranée, des brigades équestres à la Cano en Gironde. Restez statique ou posez votre serviette sur la plage et vous pourriez écoper d'une amende de 135 euros.

2:21
Invité

Et les contrôles seront renforcés tout le week-end aussi sur la route pour vérifier que la distance des 100 kilomètres est bien respectée. Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, incite tous les Français au moindre doute, au moindre symptôme à se faire dépister. Mais attention, le problème, ce ne sont pas les résultats, c'est qu'ils mettent parfois trop de temps à arriver. Comme l'a expliqué ce matin sur RMC, le docteur Lionel Barran, il est président du syndicat des jeunes biologistes médicaux. L'objectif est d'avoir le résultat à J plus 1 de ce test PCR, c'est-à-dire le test avec lequel on met les couvillons dans le nez. Et dans certains cas, ce n'est pas respecté.

Ça arrive qu'on soit bloqué parce qu'il y a des grains de sable dans l'engrenage. Alors qu'est-ce que c'est qu'un grain de sable dans l'engrenage ? C'est encore et toujours des problèmes d'approvisionnement. C'est-à-dire qu'il manque des cônes, il manque des écouvillons, il manque du réactif. Donc on fait le prélèvement et puis il y a un décalage et on ne sort le résultat que deux ou trois jours après. Et ça, il faut qu'on puisse l'accélérer. Et puis l'objectif, c'est d'aller le plus vite possible. Une importante campagne de dépistage, justement, va être menée au sein du commissariat central de Lille et celui près d'Arras.

Arras, on retrouve à Lille, justement, le correspondant de Rennes et Lionel Top. Après la découverte de trois cas dans ce commissariat, c'est donc un dépistage massif qui va débuter. Ce sont quasiment 1000 personnes qui vont être testées ici parmi les fonctionnaires de l'hôtel de police de Lille. Une vague opération de dépistage menée à partir d'aujourd'hui et pour trois jours par l'ECH Lille et des infirmiers libéraux. On attend donc une valse de blouse blanche dans les couloirs de l'hôtel de police lillois. Tout est parti d'un policier malade identifié dimanche. Le tracing a permis d'identifier deux cas supplémentaires. Ces trois policiers sont désormais à l'isolement en 14N.

On ignore pour l'instant s'il s'agit de policiers de terrain ou d'agents plus administratifs. Les policiers qui seront identifiés comme malades à partir d'aujourd'hui seront eux aussi placés à l'isolement. Même opération de dépistage dans le Pas-de-Calais, à Arras, où trois cas ont là aussi été identifiés. Lionel Top avec Pauline Delevoix. Le nombre de patients en réanimation continue de diminuer. 69 admis ces dernières 24 heures. Les services sont beaucoup moins en tension, voire plus du tout. Un soulagement évidemment pour les soignants qui, au plus fort de la crise, ont dû parfois changer de ville pour aider des unités débordées.

Romain Cluzel et Caroline Philippe ont rencontré le docteur Dominique Petit, habitant de Cagnes-sur-Mer. Il est resté plusieurs semaines à Mulhouse et il a encore du mal aujourd'hui à réaliser ce qu'il a vécu. Son téléphone ne cesse de sonner une semaine après son retour. Ce sont des messages de son équipe, toujours à Mulhouse.

4:54
Présentateur

Quelque part, on y reste un peu. J'ai du mal à ne pas les appeler tous les jours.

4:57
Invité

Des soignants et des patients avec qui le docteur Petit a noué des liens très forts en quatre semaines.

5:01
Présentateur

Il y avait une femme de 30 ans, le jour de son anniversaire. Donc on a pu boucher le trou de la tréchotomie avec un pansement. Et puis on a réussi à lui faire souffler les bougies d'anniversaire. Ça, c'était extraordinaire. Quand tout le monde pleurait, moi aussi je pleurais.

5:13
Invité

Cette crise sanitaire le replonge en opération extérieure, comme lorsqu'il était médecin militaire.

5:18
Présentateur

J'étais à Mulhouse en France. J'avais l'impression d'être un peu à l'étranger avec des conditions exceptionnelles de travail. On était installés dans un service d'ophtalmo et de chirurgie plastique qui n'est pas du tout fait pour faire de la réanimation. Avec les moyens du bord, parce qu'on avait des respirateurs qui n'étaient pas des respirateurs sophistiqués.

5:33
Invité

Dominique et son épouse Émilie, infirmières, sont inquiets. À leurs yeux, l'hôpital de Mulhouse, encore sous tension, ne pourra pas affronter une seconde vague de l'épidémie. Il faut y aller. Ils ont besoin d'aide.

5:42
Présentateur

Ils en ont encore pour deux mois ou trois à absorber la première vague. L'image du départ, c'était les conséquences d'un raz-de-marée. L'image que je donnerai maintenant, c'est le feu qui couve sous la cendre.

5:51
Invité

Ils lancent un appel aux volontaires. Une nouvelle équipe doit quitter la région niçoise lundi pour épauler les soignants du Grand Est. RMC, 8h08. Les difficultés chez Renault ne datent pas d'hier. Mais la crise du coronavirus ne va rien arranger. Selon les échos et le canard enchaîné, le constructeur automobile français envisage de fermer quatre sites dans le cadre d'un vaste plan d'économie. Un plan qui doit être annoncé la semaine prochaine. Alors que l'État est en passe d'octroyer un prêt de 5 milliards d'euros au groupe. Parmi les sites dans le viseur, l'usine de flins. Rémi Hink.

6:22
Présentateur

Il faut dire que cette usine de flins est emblématique. Inaugurée en 1952, elle emploie aujourd'hui 2600 personnes. Difficile de la fermer complètement. Alors une piste semble privilégier. L'arrêt de la production automobile pour consacrer le site à une autre activité. Mais le contexte économique est bien là. Renault souffre. Alors que peut faire l'État pour éviter les licenciements ? En réalité, pas grand-chose. Interdisé à Renault de licencier et dans deux ans, le constructeur n'existera plus, explique un expert. Les usines sont surdimensionnées. Avance un autre. Celle de Dieppe, par exemple, assemble l'Alpine A110, un modèle sportif au final très peu vendu.

La cadence de production a d'ailleurs été réduite à 7 véhicules par jour en début d'année. Pour finir, le prêt garanti par l'État de 5 milliards d'euros ne protège pas les salariés puisqu'il n'implique pas de renoncer à des suppressions d'emplois.

7:11
Invité

Et ce matin sur RMC, le délégué central CFDT de Renault a réagi. Franck Daut a dit ne pas comprendre ce type d'annonce. Il demande à être reçu au ministère de l'Économie la semaine prochaine. Le deuxième tour des municipales aura-t-il lieu ? Si oui, quand ? Fin juin, en septembre. Le Conseil scientifique n'est pas opposé à ce qu'il se tienne à la fin du mois prochain. Mais le Conseil précise qu'il faudra faire un nouveau point sur les conditions sanitaires 15 jours avant. Ce soir à 19h, Edouard Philippe reçoit les chefs de parti à Matignon. En tout cas, les candidats sur le terrain ne sont pas franchement rassurés. Mais reportage dans les Yvelines de Paul Barcelone.

Les isoloirs qui vont être là seront tournés dans l'autre sens.

7:51
Présentateur

Organiser le second tour des municipales, ce n'est pas seulement un défi logistique pour le maire de plaisir, Joséphine Colmans-Berger.

7:57
Invité

On me pose des questions, Madame le maire, est-ce qu'il y aura beaucoup de monde dans le bureau ? Est-ce qu'on sera bien espacés ? Est-ce qu'il y aura du gel ? Est-ce que vous aurez des masques ? Donc c'est une responsabilité psychologique parce qu'il faut rassurer les personnes.

8:08
Présentateur

Mais avant de voter, il y a une campagne à terminer, visage masqué.

8:12
Invité

Qu'est-ce qui est important dans une élection et dans une campagne ? C'est vraiment d'être au plus près et au contact des personnes. Ce masque pose véritablement problème. Donc on met tout dans les yeux.

8:22
Présentateur

Sans réunion publique, sans mains à serrer, sans marcher à arpenter, difficile d'exister pour la liste d'opposition menée par Patrick Jinter. Nous ne pouvons nous faire entendre qu'avec nos moyens. Dialoguer sur l'ensemble des réseaux, pourquoi pas monter des réunions par visio, des petites réunions d'appartement à moins de 10 ? Par contre, aller blablater sur les marchés pour se montrer, non. Certains candidats redoutent que les maires sortants tirent profit au second tour de leur gestion de la crise.

8:47
Invité

Des clients encore rares dans les magasins. En revanche, quand ils font le déplacement, ce n'est pas pour rien. C'est ce qu'ont pu constater les commerçants ces dix derniers jours. Illustration à Toulouse avec Jean-Wilfrid Forkes. Stéphane a passé moins de 30 minutes dans deux boutiques pour acheter une chemise et un pantalon. A situation exceptionnelle, stratégie adaptée. J'étais parti avec une idée bien précise de ce que je voulais, dans quel magasin j'allais aller et ce que j'allais acheter avant de partir. Pour éviter les contacts, toujours, on évite la proximité avec les gens. Et donc, plus on sait ce qu'on veut, plus c'est rapide.

Avec cette crise sanitaire, les clients n'achètent pas de la même manière. Sophie le constate tous les jours dans sa boutique

9:23
Présentateur

de jouets et vêtements pour enfants.

9:25
Invité

Ça a beaucoup changé depuis le déconfinement. Les gens arrivent même avec des listes. C'est clair et on barre au fur et à mesure. On a un peu moins de clients, c'est certain. Mais c'est compensé par le fait que les paniers moyens sont bien plus importants. Alors environ 20% de plus.

9:38
Présentateur

Pour l'instant, il n'y a plus d'achats inutiles selon Jean-Marc Martinez, responsable de l'association des commerçants et artisans de Toulouse. C'est généralement des articles très très utiles qui vont servir tous les jours pour les jeunes, pour les moins jeunes, dans la cuisine, dans le séjour, dans le salon. Mais pas les articles que l'on va ensuite oublier dans un placard ou sur la cheminée. Et selon ce responsable, cette situation pourrait durer de longues semaines.

10:04
Invité

Reportage de Jean-Wilfrid Forkest.

10:06
Présentateur

Merci à Toulouse. Merci. 8h12. Oui, il fait beau. Comme partout, d'ailleurs. 8h12, il est chaud. 8h12. À Genève aussi, il fait beau. Et nous partons pour Genève rejoindre le professeur Antoine Flau, qui est médecin épidémiologiste célèbre à l'Université de Genève. Professeur Flau, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, professeur. On est dans une période, c'est vrai, ce déconfinement un peu partout en Europe et dans le monde. D'ailleurs, où on regarde, pas partout dans le monde, mais en Europe, où on regarde la situation de manière très attentive, un peu comme du lait sur le feu en ce moment. Tous les épidémiologistes regardent l'évolution de cette pandémie.

Alors, quelle est cette évolution, Antoine Flau ?

10:52
Invité

Écoutez, elle est très favorable pour l'instant. Vraiment, en tout cas, en France, et comme vous dites, dans la plupart des pays d'Europe, peut-être le Royaume-Uni excepté, qui est encore un peu en plateau. Sinon, tous les autres pays font l'expérience aujourd'hui d'une vague qui est derrière eux. Et donc, on est en situation de plus en plus bas. avec, en France, moins de 500 cas par jour nouveaux. En Suisse, nous avons eu hier 10 cas dans toute la Suisse, ce qui correspondrait à peu près à 80 cas rapportés à l'échelle de la France.

11:28
Présentateur

Oui, Antoine Flau, la Suisse qui a été aussi très touchée, d'ailleurs, on a assez peu parlé, mais qui a été aussi très touchée par cette épidémie. Le taux de reproduction effectif du virus, c'est ce qui compte, doit rester, on le sait, en dessous de 1. il est partout en dessous de 1

11:45
Invité

en Europe aujourd'hui, Antoine Flau. Oui, pratiquement. Il est pratiquement partout en dessous de 1. La Suède a une stratégie un petit peu différente et donc, s'autorise, si je puis dire, à avoir un taux de reproduction qui, parfois, frise au-dessus, un peu au-dessus de la valeur de 1. Le taux de reproduction est très stable en pleine période épidémique. Lorsque l'on est en pleine décrue, comme nous sommes en ce moment, comme je vous le disais, il se peut parfois que ce taux de reproduction, c'est un peu technique, mais son incertitude peut faire en sorte qu'il peut dépasser la valeur 1 sans que ce soit très informatif.

Donc, le taux de reproduction tout seul n'est pas l'indicateur qui permet complètement de vérifier qu'on est en période de sécurité, on va dire. Aujourd'hui, vraiment, le nombre de nouveaux cas par jour, et puis, bien sûr, les places disponibles en réanimation sont les indicateurs, à mon avis, de préférence pour vérifier qu'on est bien en zone de sécurité.

12:41
Présentateur

Alors, vous êtes très attentif, vous dirigez l'Institut de Santé Globale de Genève, professeur Flau. Est-ce que vous avez vu quelques signes de rebond ? Vous n'en voyez pas dans l'immédiat ?

12:55
Invité

Alors, pas sous nos latitudes. En revanche, on voit des signes peut-être avant-coureurs d'une vague épidémique dans différents pays des zones tempérées de l'hémisphère sud. Je pense à l'Argentine, bien sûr au Brésil, où vraiment, semble-t-il, l'épidémie flambe, un peu comme on l'a connue au mois de mars dernier en Europe, mais aussi au Chili, aussi en Afrique du Sud. En Afrique du Sud, on a une très forte flambée. Pour l'instant, ni en Australie, ni en Nouvelle-Zélande, ni, je crois d'ailleurs, sur l'île de la Réunion, on fait l'expérience de ce rebond, ou en tout cas de cette vague épidémique hivernale, parce qu'eux entrent dans leur hiver.

13:37
Présentateur

Eux entrent dans leur hiver. Nous, nous entrons dans notre été. Est-ce qu'il y a un frein, un frein estival, comme on le constate

13:46
Invité

dans toutes les épidémies ? Oui, c'est une très bonne question. On le constate dans toutes les épidémies de grippe, de façon certaine, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de grippe l'été, on n'en a jamais fait l'expérience. Il peut y avoir des cas qui reviennent, vous savez, justement d'Australie ou de Nouvelle-Zélande avec la grippe en plein été. Et ils peuvent même transmettre la grippe dans leur famille. Il peut y avoir des petites épidémies très locales, mais il n'y a pas d'épidémie de grippe, le fait est, au niveau national, on va dire, pendant l'été. Donc, est-ce qu'on va faire l'expérience de ce frein estival dont vous parlez ?

Ce serait, évidemment, un répit très bénéfique et très apprécié par tous, en particulier par les équipes de soignants sous nos latitudes, mais ça n'est pas encore certain. On peut penser aussi que ce frein ne soit que limité, c'est-à-dire qu'il permette quand même des épidémies, même s'il accompagne, on va dire, le déconfinement et nous permet peut-être de retourner un peu plus vite encore à la vie comme avant.

14:43
Présentateur

On parle beaucoup, professeur, de tous ces vaccins, toutes ces recherches à travers le monde, cette course aux vaccins. Est-ce que nous aurons à disposition de l'humanité un vaccin avant la fin de cette année ?

14:59
Invité

C'est la grande question. Le vaccin, c'est quelque chose de très technologique et très compliqué et aussi qui nécessite un peu de chance. C'est vrai dans toute la recherche médicale en particulier, mais c'est vrai particulièrement pour la recherche d'un vaccin. Trouver la souche atténuée qui permet à la fois de protéger les personnes et évidemment de ne pas leur causer des fins indésirables graves, c'est toujours un défi qui n'est pas relevé systématiquement. Vous savez, on n'a pas de vaccin contre le chikungunya, on n'a pas de vaccin non plus contre le virus du sida et pourtant, il y a eu de la recherche dans le domaine. Est-ce qu'on va avoir un vaccin ?

Il y a 115 candidats vaccins aujourd'hui dans le monde. Il y a 8 essais cliniques aujourd'hui qui sont conduits et il y a 5 gros laboratoires producteurs. Donc, tous les espoirs aujourd'hui sont en effet sur la production d'un ou de plusieurs vaccins. Est-ce qu'on va en avoir un ? Vous dites, avant la fin de l'année, ça me paraît très très optimiste. Peut-être dans une année, c'est possible.

16:04
Présentateur

C'est possible, peut-être dans une année. Et puis, vous avez une réflexion que je trouve très intéressante. vous dites, les progrès de la médecine ont été considérables partout sauf dans le domaine de l'émergence des maladies infectieuses qui n'ont plus été considérées comme une menace sérieuse en particulier pour notre société occidentale. Et nous en payons aujourd'hui très lourdement les conséquences. Ça veut dire quoi, professeur Flahou ? Ça veut dire que nous nous sommes concentrés sur d'autres menaces et nous avons oublié la menace infectieuse ?

16:39
Invité

Oui, ça veut dire que quand la communauté internationale se ligue pour lutter contre des maladies, par exemple, contre la variole en pleine guerre froide, donc c'est même pas une question de rivalité entre les pays, eh bien, on peut y arriver. Quand on est au bord d'éradiquer la poliomyélite, vous savez, ça faisait 350 000 paralysies chez des petits-enfants chaque année. On a doublé l'espérance de vie en un siècle. On a diminué par deux la mortalité infantile, en particulier dans les pays d'Afrique subsaharienne, alors que tout le monde disait, l'Afrique, on n'y arrivera jamais, c'est trop compliqué de vacciner, etc.

Donc c'est possible, mais c'est vrai qu'on n'a pas pris très au sérieux cette menace d'émergence épidémique qui peut ravager comme ça la planète entière en très peu de temps. Et on n'a pas mis suffisamment d'énergie, de recherche, de moyens, de contrôle pour pouvoir se dire qu'il faut être là très tôt, comme dans tous les incendies de forêt. Vous savez, on a mis des moyens de capturer l'information et d'être très précoce dans l'intervention.

Je crois qu'aujourd'hui, on se rend compte que les quelques États qui ont pris ces précautions, en particulier, je pense à Taïwan, je pense à Hong Kong, je pense à Singapour, je pense à la Corée du Sud d'ailleurs, un État qui a 50 millions d'habitants, eh bien, ces États-là ont réussi finalement à prévenir la vague, prévenir ce tsunami qui n'est pas entré chez eux. Et je pense qu'on a des leçons très intéressantes à tirer de cela.

18:11
Présentateur

Merci Professeur Flao, vous êtes toujours passionnant. Bon, si vous passez par Paris, vous pouvez venir nous voir, je vous accueille. Merci, merci beaucoup. Merci Professeur Flao. En direct de Genève, il est 8h20, quelle qualité technique en plus. 8h20, vous êtes chez RMC, c'est un régal ce matin. Nous sommes dans un instant avec Frédéric Simotel,

18:33
Invité

Mathieu. On va parler de Renault. On va parler de Renault. Qui a obtenu un prêt garanti par l'État, 5 milliards d'euros, mais qui envisage de fermer 4 usines en France. Que se passe-t-il chez Renault ? Frédéric Simotel va tout nous expliquer. Oui, et puis avec Quentin Vinet, nous allons parler

18:45
Présentateur

des primes pour les soignants dans l'éducation nationale, les salariés d'Auchan. A tout de suite.

18:51
Invité

RMC, au direct. Et en attendant, le vaccin, les masques. Ce débat qu'on a eu avec vous ce matin, les masques, vous les portez ou pas, vous les trouvez utiles ou pas. L'IAZID nous dit je suis contre les masques, c'est désagréable à mettre, en plus il fait chaud. Les masques, je pense que c'est uniquement pour les personnes malades, les personnes saines, n'ont pas besoin d'en mettre, selon l'IAZID. Marc a 60 ans, pas de masque, rien à battre, nous écrit Marc. Je vis à la campagne, j'ai pas les problèmes des citatins, faut arrêter de psychoter. Pierre, pas de masque non plus, quasiment jamais, je suis travailleur isolé, je trouve ça complètement inutile, je préfère me laver les mains souvent.

Patrick, pas de masque non plus, jamais, je ne supporte pas cette société peureuse et masquée. ça fait bondir Patricia et Bernard. Bernard qui nous écrit, attendez, quand il n'y avait pas de masque, les Français criaient au scandale, maintenant qu'on en a, ils ne veulent plus en porter. Patricia dit la même chose, ça fait trois mois qu'on nous bassine, qu'on fait le procès de l'État, qui ne fournit pas de masque à la population et maintenant qu'ils sont là, la population ne les parte pas. Vive les Français, écrit Patricia, pauvre pays, se désole Bernard. RNC, 6h-9h, Vaud'indirect.

19:57
Présentateur

8h26, Frédéric Simotel est avec nous, attendez Frédéric, on va parler de Renault, mais je voudrais, avec Quentin Vinet, que nous regardions les fameuses primes, la prime de 1 500 euros, est-ce que tous les soignants toucheront cette prime de 1 500 euros ? Non. Non. Il n'était pas prévu d'ailleurs que tous les soignants la touchent, mais qui va la toucher ? 1 500 euros net, non imposable,

20:15
Invité

ça c'est le plafond qui a été fixé pour cette prime exceptionnelle pour les personnels hospitaliers dans les 40 départements les plus touchés par l'épidémie. Donc en gros, c'est Île-de-France, Haute-France, Bourgogne-Franche-Comté, Grand-Est, Corse et Mayotte. Ailleurs, selon un projet ministériel, ce sera moins, ce sera 500 euros en général, ça pourra être 1 500 euros dans certains cas, dans certains établissements, 79 précisément, où les directeurs seront autorisés à relever le montant de cette prime, donc jusqu'à 1 500 euros pour les agents des services Covid, par exemple, mais dans la limite de 40% des effectifs. Il y aura aussi des primes dans l'éducation nationale.

Oui, jusqu'à 1 000 euros pour 60 000 salariés, des salariés impliqués pendant tout le confinement, surtout les enseignants, mais aussi les infirmiers, les informaticiens, le personnel administratif. Il y aura 3 niveaux de primes différents et cette prime, elle pourra aller jusqu'à 1 000 euros versés en une fois, non imposables, ça c'est écrit dans le décret paru au journal officiel.

21:07
Présentateur

Bien, Renaud bénéficie non pas d'une prime, mais d'un prêt, et pas qu'un petit prêt, 5 milliards d'euros pré-garantis par l'État et 4 usines pourraient fermer, seraient menacées. C'est le canard enchaîné qui le dit. Quelles sont les informations que vous avez obtenues, Frédéric Simotel ? Alors, les deux choses dont on est sûr, c'est que, oui, Renaud doit dévoiler le 29 mai un plan d'économie majeure de 2 milliards qu'ils avaient annoncé, ils avaient dit qu'en février, ils avaient annoncé ce plan, donc il va être dévoilé le 29 mai.

La deuxième chose dont on est sûr, c'est ce prêt de 5 milliards d'euros pré-garantis par l'État qui va venir, voilà, donner un peu d'aide à la trésorerie de Renaud pour passer la crise du Covid. La condition fixée par le gouvernement, jusqu'alors, ça n'était renoncer aux dividendes versées aux actionnaires. Voilà, ça, on en est sûr. Et puis ce matin, le canard enchaîné, les échos, enfin voilà, il y a plusieurs sources qui indiquent que la production automobile pourrait s'arrêter définitivement à flin dans les Yvelines. C'est quand même 2600 personnes. C'est l'usine qui assemble la Zoé, le véhicule électrique qui marche plutôt bien. La Nissan Micra qui va être arrêtée.

Et puis jusqu'à l'an passé, c'est le site qui produisait la Clio, désormais fabriquée en Turquie. Trois autres sites plus petits sont évoqués. Une usine d'assemblage à Dieppe, en Seine-Maritime, c'est environ 380 personnes. L'effonderie de Bretagne dans le Morbihan en 385 personnes. Et l'usine de rénovation de moteurs et de boîtes de vitesse de Choisy-le-Roy dans le Val-de-Marne, 260 salariés dont l'activité pourrait être transférée. Renaud a répondu à ces rumeurs. Renaud a répondu qu'il y aurait des erreurs dans les informations du Canard. Rien n'est figé. Il y a des négociations à Bercy.

Et il rappelle que dès février, lorsqu'ils ont annoncé leurs résultats financiers, la direction de Renaud avait évoqué la possibilité de fermer des sites en France et à l'étranger. Je ne comprends pas très bien. Je ne comprends pas très bien. 5 milliards d'euros de prêts garantis par l'État, une relocalisation demandée par l'État. Tout à coup, on fermerait des sites. C'est un coup de massue. C'est les questions qu'il faut poser au gouvernement. Il y a cette bouffée d'oxygène. Attention, ce n'est pas un cadeau, un don ou une aide. C'est un prêt. Il faudra le rembourser. Mais c'est un coup de massue qui était attendu et prévisible.

Renaud a enregistré ses premières pertes l'an passé depuis 10 ans. Il y a ce plan qui doit être présenté, fermeture des sites. Le plongeon des ventes aussi avec le Covid. Renaud a loupé son mariage avec Fiat. Et derrière, ils ont... Ça ne va pas. Ça ne va pas. Non, non. Bien, merci à suivre, évidemment, en écoutant notamment BFM Business. Merci Frédéric Simotel. Il est 8h30, je suis un tout petit peu en retard. Mathieu Horfelin est avec nous. Mathieu Horfelin qui est le dissident maintenant, le coprésident du nouveau groupe parlementaire Écologie, Démocratie, Solidarité. A tout de suite, c'est sa première à 8h35.

23:56
Invité

RMC Bourdin Direct,

23:59
Présentateur

Jean-Jacques Bourdin. 8h34 et c'est une exclusivité que je vous propose puisque je reçois Mathieu Horfelin. Je dis exclusivité. Bonjour Mathieu Horfelin. Exclusivité parce que vous ne vous êtes pas exprimé depuis hier la présentation de votre nouveau groupe parlementaire. Je suis bien content de vous voir en vrai et de faire cette interview en vrai. Et d'être ici dans le studio. J'insiste pour que tout le monde soit là. Député du Manet-Loire, coprésident de ce nouveau groupe Écologie, Démocratie, Solidarité, nouveau groupe à l'Assemblée Nationale, 17 députés, c'est bien cela. Est-ce que votre volonté c'était de faire perdre à la République en marche la majorité absolue ?

Non, ce n'était pas ça la volonté. Une seule volonté pour les 17 membres de ce groupe, servir notre pays. être utile à notre pays. On est en train de sortir de la crise sanitaire, c'est très compliqué. On a l'essentiel des problèmes devant nous, la crise économique, notamment, comment on arrive à sauver nos emplois, sauver nos savoir-faire, comment on arrive à développer plus l'écologie, la solidarité. Vous savez, les conséquences de cette crise sur les plus fragiles vont être terribles. Donc, il faut là des nouveaux dispositifs, pourquoi pas l'extension du RSA au moins de 25 points, etc. On va en parler, on va en parler de votre programme. Effectivement, c'est ça notre but.

Ce n'était pas les affaires politiciennes de faire perdre la majorité aux uns aux autres. Mais je pense qu'on a vu les trois premières années où LREM avait la majorité absolue. Est-ce que cela a renforcé le Parlement ? Je ne crois pas. Maintenant, les décisions devront être prises plus collectivement et je pense que c'est bon pour notre démocratie. Bien, 17 membres, 17 députés, vous deviez être plus nombreux. Il y a eu des pressions et il aurait qu'il y a eu des pressions terribles de la part de la majorité, justement, pour freiner les ardeurs de certains députés qui auraient voulu vous rejoindre. Oui ou non ? Oui, il y a eu des pressions. Là n'est pas l'essentiel.

Non, non, mais d'accord, mais il y a eu des pressions de quelle sorte ? De quelle sorte ? Des coups de fil plus ou moins amicaux, des promesses de fonction ou de tâches à venir, mais l'essentiel... C'est-à-dire qu'on faisait des promesses aux députés pour qu'ils restent dans la majorité ? Vous savez, où on leur expliquait comme quoi ça allait pouvoir desservir le pays si jamais ce groupe se créait, etc. On aurait dû partir un peu plus d'une vingtaine. On est 17. C'est déjà bien. L'essentiel est là. D'autres nous rejoindront. C'était une forte pression de monter ce groupe. On a hésité jusqu'au dernier moment. Il y a eu des rebondissements jusqu'à tard dans la nuit de lundi soir.

L'essentiel est là. Tournons-nous vers les deux ans à venir qui doivent être utiles pour notre pays. Alors, un nouveau groupe, Mathieu Orphelin, est-ce que ça veut dire bientôt un nouveau parti politique ? D'abord, il y a des gens de différents partis politiques. Delphine Bateau qui préside un parti écologiste. Il y a des gens comme Émilie Cariou qui veulent rester au Parti En Marche. D'autres qui peut-être réfléchissent à créer un nouveau mouvement. Un nouveau parti politique, vous êtes favorable ou pas ? Parti à l'ancienne, non.

Mais en tout cas, ce qui est clair, par exemple, depuis hier soir, j'ai reçu de nombreux messages me disant on espère que votre groupe politique débouchera sur un mouvement. Je dis attention, on ne mélange pas tout. On a des partis politiques différents représentés dans ce mouvement. Mais vous n'écartez pas l'idée d'un nouveau parti politique, d'un nouveau mouvement politique ? Un parti à l'ancienne, non. Mais réinventer la politique pour que la politique travaille enfin mieux avec toutes les parties prenantes, les syndicats, les organisations professionnelles, les associations, les ONG, etc., les citoyens, oui, moi je pense que la politique doit se réinventer.

On apprend tout de cette terrible crise du Covid-19. Les Français ont besoin, ont envie de démocratie participative. On l'a montré encore dans le jour d'après. Et donc, voilà. Oui, réinventons continuellement cette politique. Depuis le début de la Ve République, on nous dit on va réinventer la politique. Oui, mais remettons sans cesse ça sur l'ouvrage. Est-ce que le fonctionnement du monde politique actuel est satisfaisant ? Non. La majorité dit tout ce que je fais, c'est génial. L'opposition dit tout ce que fait la majorité est acheté. Moi, nous, ça, les Français, ils en ont marre. Est-ce que vous êtes un dissident ? Jamais de la vie. Vous n'êtes pas un dissident ?

Je ne suis pas un dissident. Moi, je suis parti du groupe La République En Marche il y a 17 mois en disant déjà à l'époque l'écologie, nous ne sommes pas au bon rythme sur aucun des chantiers. Je n'ai jamais dit rien n'a été fait. J'ai dit juste écoutez les scientifiques, écoutez la société civile. Donc, pas de dissidents, pas de frondeurs. Nous, on est les constructeurs. Je ne comprends pas. Il faut être clair en politique. Vous êtes d'accord avec moi. Vous avez été élu grâce à la photo d'Emmanuel Macron en partie. Oui, c'est vrai. Tout à fait. Mais sur l'ambition initiale... Mais alors aujourd'hui, vous êtes un opposant à Emmanuel Macron à la politique d'Emmanuel Macron ou pas ?

On ne peut pas être plus clair, je vais vous dire en un mot. Nous sommes un groupe politique indépendant. Ni dans la majorité, ni dans l'opposition. A chaque fois qu'il faudra voter ou soutenir des avancées, nous serons là. A chaque fois qu'il faudra dire ça ne va pas dans la bonne direction, nous serons là. Nous sommes indépendants. On a sorti hier 15 premières propositions très concrètes qui sont d'ailleurs en accès libre. Si certains des autres groupes politiques veulent y travailler avec nous, on est ravis. Bon, est-ce que vous êtes mécontents ? Alors je vous pose la question autrement.

Est-ce que vous êtes mécontents ou pas de la politique conduite actuellement par le président de la République ? Il y a des très bonnes choses, notamment à l'Europe. Je signale notamment, évidemment, l'accord franco-allemand de l'indice de 500 milliards. Effectivement, un sans faute là au niveau européen. sur la politique nationale depuis trois ans, je trouve qu'on n'a pas fait assez sur la démocratie, on n'a pas fait assez sur l'écologie, on n'a pas fait assez sur la solidarité, en particulier, par exemple, sur l'hôpital, qui est l'une de nos 15, évidemment, grandes mesures. Donc oui, sur ces sujets-là, il faut faire beaucoup plus dans les deux dernières années du mandat.

Mais Mathur Felin, vous avez voté comment depuis que vous êtes député ? Est-ce que vous avez toujours soutenu le gouvernement ? Non. Et par exemple, sur le dernier projet de loi de finances de la sécurité sociale, je n'ai pas voté ce PLFSS en question, en raison notamment. Vous êtes abstenu ? Exactement. Vous n'avez pas voté contre ? Non, parce qu'il y avait d'autres choses intéressantes. Au dernier moment, on avait eu quelques ajustements, mais vous savez, et ce sera, je crois, pour les 17 députés, vraiment un point important. Texte après texte, on regardera. Est-ce que c'est assez ambitieux ? Est-ce que ça va dans la bonne direction ? Il n'y a pas de vote impératif chez nous.

On n'est pas des députés godillots. On votera en notre âme et conscience. C'est pour ça qu'on a été élus en 2017. Et dans votre groupe, plus de femmes que d'hommes, j'y reviendrai aussi. Les municipales, est-ce que vous préférez qu'elles aient lieu le 28 juin ou après l'été ? Question très difficile. Il va falloir analyser. C'est d'abord une question difficile. Qu'est-ce qui serait le plus simple ? Quand on est dans la majeu de dire le choix d'Edouard Philippe de vendredi prochain, c'est le bon. Et quand on est dans l'opposition, le choix d'Edouard Philippe, c'est le mauvais. Nous, on ne sera pas dans ce qui va là. Vous, quel est votre choix ? Que préférez-vous ?

En lisant, il faut qu'on expertise collectivement le rapport d'hier. Parce qu'une des particularités de notre groupe, c'est écouter les acteurs. Les scientifiques, les élus locaux, etc. C'est très compliqué. Alors moi, je vous donne un sondage. Tiens, vous allez répondre à ma question. Mais Mathieu Herfelin, 27% des Français seulement sont pour la tenue du second tour au mois de juin, 27% seulement. Les Français ont peur, sont angoissés. Regardez dans les quartiers populaires, à Marseille par exemple, 3% des élèves ont rejoint le chemin de l'école. Parce que les parents ont peur. Et donc là, il faut qu'on réfléchisse à tout ça. Comment on arrive ?

On a réouvert les écoles pour lutter contre le décrochage scolaire. Résultat, c'est les élèves qui sont souvent le plus en difficulté qui ne vont pas à l'école. Moi, j'ai été marqué par cette phrase d'une dame qui dit la santé de mon enfant, avant tout, je préfère qu'il redouble. Donc, c'est là-dessus qu'il faut qu'on travaille. Vous voyez qu'on arrive à... Alors, je vous pose la question. Est-ce que vous êtes plutôt favorable à ce que ce second tour se tienne en juin ou plutôt après l'été ? Pour l'instant, moi, je trouve que c'est une question très complexe. Non, mais d'accord. Vous ne me ferez pas comme tous les politiques. Non, moi, je ne fais pas comme tous les politiques.

Non, mais là, attendez. Une campagne, il y a 5 000. Vous êtes pas vous, personnellement. Je n'ai aucune sur les 20 communes. Je n'ai aucune dans votre inscription. Vous avez lu, j'espère, le rapport des scientifiques qui met tout un tas de préconisations si ça avait lieu fin juin. Moi, je pense que si ça a lieu fin juin, par exemple, il faut le faire très tardivement en juin. Est-ce que vous préférez fin juin ? C'est moi qui dis ma phrase. Je suis en train de vous répondre en plus très concrètement. Si c'est fin juin, il faut vraiment que ce soit toute fin juin et que les écoles ne réouvrent pas après parce qu'on ne va pas organiser dans les écoles le second tour pour que le lundi matin...

Alors, mieux vaut organiser en septembre ? Il faut voir. En tout cas, c'est vrai que c'est une campagne... Vous êtes extraordinaire. Vous dites qu'il faut voir. Il faut voir, quoi. Non, mais moi, je vais en discuter avec mes collègues, lire plus profondément le rapport d'I.A. Je n'esquive pas la question, mais excusez-moi aujourd'hui de vous admettre que laissez-moi encore 24 ou 48 heures. Je suis désolé. Vous n'êtes pas habitué. Non, vous n'êtes pas habitué. Vous aimez les hommes politiques. Vous savez ce que j'aime, moi, Mathieu Ruffelin ? Ce n'est pas qu'ils disent oui ou non. C'est que les hommes politiques répondent aux questions. Voilà ce que j'aime. Moi, j'essaye à chaque fois.

C'est pas oui, non. Oui, non. On peut dire oui en expliquant pourquoi on dit oui ou dire non en expliquant pourquoi on dit non. Et on peut aussi de dire ni oui ni non et ne rien expliquer et surtout laisser le téléspectateur sans réponse. Et ça, c'est la plus mauvaise des solutions. Moi, je vous dis, si c'est en juin, il faut absolument que ce soit toute fin juin pour que les écoles ne réouvrent pas le lundi. Deuxièmement, si c'est en juin, vous avez vu toutes les préconisations du Conseil scientifique. Pas de campagne électorale en vrai. Une revoyure 15 jours avant le premier tour. Donc, c'est une question très complexe.

De temps en temps, pas d'avoir d'avis de trancher a priori et pas d'avoir d'arrière-pensée politicienne. C'est pas forcément trop mauvais non plus. Qui soutenez-vous à Paris ? Cédric Villani ? Au premier tour, j'ai soutenu avec plaisir Cédric Villani parce que d'abord, au début, tout le monde disait le candidat farfelu, etc. Au final, il avait le meilleur programme de 100 pages. Puis jamais, sur les derniers jours de campagne, avant la terrible crise du Covid-19, il y avait ses a priori du début. Donc, il s'est crédibilisé sur cette campagne. Et donc, je donnerai mon choix pour le deuxième tour très prochainement. Dès que les uns et les autres... Non, non, mais attendez.

Qui sera candidat au deuxième tour ? Est-ce que vous savez si Mme Buzyn sera candidate ? Moi, je ne le sais pas, par exemple. Vous ne pouvez pas soutenir Agnès Buzyn ? Non, clairement non. Clairement non ? Non, il n'y a pas d'ambiguïté. Voilà une réponse claire. Voilà une ambiguïté. Enfin, une ambiguïté, pardon. De lever. Pas d'ambiguïté. Lever, ça veut dire Cédric Villani, s'il est candidat, ce n'est pas sûr ? Pour l'instant, au premier tour, il peut se maintenir dans un arrondissement. Il peut faire des alliances dans d'autres arrondissements. Alliances avec qui ? Son équipe... Il vaut mieux faire une alliance avec Anis Algo ? Anis Algo a un très bon bilan écologique.

Très bon bilan écologique. C'est-à-dire que Mathieu Orphelin, vous êtes prêt à vous allier avec Anis Algo ? Tout le monde connaît. Moi, je ne suis pas candidat à Paris. Je ne suis pas dans l'équipe officielle de Cédric Villani. Je ne parle pas pour lui. Je ne suis pas son porte-parole. C'est à lui de se positionner. Mais enfin, Cédric Villani pourrait trouver un accord avec Anis Algo. Je n'ai pas dit ça. Moi, vous me posez qui vais-je soutenir au deuxième tour ? Je vous réponds très clairement que, par exemple, s'il y avait un deuxième tour Buzyn-Hidalgo, évidemment que je soutiendrais Anis Algo. Ce n'est pas le sujet de ce matin.

Demandez-vous le lancement d'une commission d'enquête à l'Assemblée Nationale sur la crise du coronavirus ? Il y en aura une au Sénat. Les commissions d'enquête du Sénat marchent bien. Que la mission d'information actuelle de l'Assemblée Nationale se transforme en septembre en commission d'enquête me paraît, compte tenu de la crise que nous avons vécue, que nous vivons, me paraît quelque chose effectivement d'important. Mais pas pour chercher des coupables, pour chercher des coupables. Mais c'est la plus grande crise de notre histoire. Il faut en tirer toutes les conséquences. Le 27 mai, débat et vote à l'Assemblée Nationale sur le traçage durant le déconfinement.

Est-ce que vous voterez pour ce traçage ? Nous avons organisé dès la création du groupe hier une réunion qui aura lieu ce vendredi avec le ministre en charge de ces sujets, Cédric O. Dans le groupe, pour l'instant, majoritairement, nous avons beaucoup de questionnements, beaucoup de questions sur ce traçage. Aujourd'hui, vous êtes plutôt majoritairement contre. Je crois, mais avec aussi, on l'assume. Et nous, on assumera la biodiversité des votes. On ne va pas faire un esclandre à chaque fois qu'un député du groupe voudra voter contre la veillie majoritaire. On va chercher le consensus en permanence.

Mais là, je sais que, par exemple, le collègue Cédric Villani est plutôt favorable à cette option bien encadrée, etc. Donc, dès ce vendredi, nous y travaillons. Bien. Votre programme, je regarde, un nouveau plan de relance. Vous dites, d'accord, mais il faut que ça soit un plan de transformation de la société. Et vous dites, il faudrait apprendre la sobriété, consommer moins, mais consommer mieux. Qu'est-ce que vous dites encore ? Sur les hôpitaux, il faut offrir 200 euros par mois pour les infirmiers et infirmières. Il faut créer 200 000 postes supplémentaires dans les EHPAD et l'aide à domicile. C'est bien cela.

Sur les mesures écologiques, taxer les véhicules individuels les plus lourds et les plus polluants. Je ne me trompe pas. Non, et aider de plus les véhicules les plus légers, les véhicules électriques, les véhicules hybrides rechargeables. Ce matin, on parle beaucoup de Renault. Oui, Renault et Peugeot, PSA, ont pris des engagements de dire qu'on ne remet pas en cause les objectifs européens sur le climat. C'est déjà bien. D'autres constructeurs, notamment les Allemands, ont dit qu'il faut remettre en question les objectifs. Maintenant, il faut que Renault, en échange de l'aide de l'État, 5 milliards d'euros. Oui, et donc 5 milliards d'euros, c'est important. C'est énorme.

C'est 100 euros par français. Mais oui. Et donc, il faut que Renault prenne des engagements fermes. Vous demandez ce matin à Renault de prendre des engagements fermes, pas de fermeture de sites. En tout cas, oui, maintien des emplois, maintien des savoir-faire et même allons plus loin. Et j'en ai discuté avec Bruno Le Maire ces derniers jours. Demandons à Renault et à PSA, en échange du soutien en milliards d'euros de l'État, de préparer un plan de relocalisation en France d'un certain nombre d'activités des groupes. Oui, on pourrait profiter de cette sortie de crise. Oui, on pourrait, puisque là, l'État va investir des dizaines de milliards d'euros dans les différents secteurs économiques.

Il faut que ce soit avec des contreparties fortes et c'est une de nos propositions, la relocalisation de certaines des industries. Vous n'avez pas peur quand même que l'écologie, la relocalisation, l'environnement, la défense des environnements passent un peu au second plan des plans de relance prévus ? C'est pour ça aussi qu'on se crée maintenant parce qu'effectivement, l'État par exemple va annoncer, si on continue sur l'exemple de l'automobile, des aides pour relancer l'activité de tout le secteur, pas que sur les constructeurs, les concessionnaires, les sous-traitants, etc. la semaine prochaine.

Moi, par exemple, nous avons proposé une aide de 2000 euros, un super bonus pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables pour les plus légers d'entre eux. Voilà, il faut absolument que tous les soutiens de l'État soient vus avec cette grille. Des critères sociaux, des critères écologiques et qu'on profite, on ne repart pas comme avant dans une relance comme après la crise de 2008, mais au contraire, on transforme. On sauve l'emploi, on sauve les savoir-faire et en même temps, c'est notre en même temps à nous, on transforme. Est-ce que vous demandez le rétablissement de l'ISF ? En tout cas, une contribution des plus aisés au financement de la sortie de crise. Lesquels ?

Les plus aisés qui ? Par exemple, penser à la fiscalité des hauts revenus, penser à la fiscalité du patrimoine, tout ça, c'est des idées. Moi, je ne veux pas agiter. Est-ce que c'est un ISF ? Donc, un impôt sur le patrimoine. C'est ce que vous... Attendez, attendez, c'est prévu dans votre programme. Je vous dis... Un impôt sur le patrimoine exceptionnel. Pourquoi pas, effectivement. Oui. Les petits métiers comme certains les appellent un peu péjorativement, les caissières, les aides-soignantes, les aides à domicile, les transporteurs routiers, ils ont fait leur part du travail. C'est grâce à eux que notre pays a tenu.

Maintenant, est-ce que ceux qui ont le plus de moyens peuvent contribuer un peu plus qu'aujourd'hui financièrement pour assurer la sortie de crise ? Franchement, je pense que oui. Alors, rétablissement de l'ISF... Est-ce que c'est l'ISF ? Est-ce que c'est un ISF vert, par exemple, un ISF plus intelligent où du coup, tous les investissements dans la transition écologique ou dans l'économie sociale et solitaire seraient totalement exonérés, par exemple ? On n'est pas obligé de rester sur les vieux modèles. On peut imaginer et faisons tout ça avec les partenaires sociaux, les syndicats, les consommateurs, les citoyens, les associations professionnelles aussi. Travaillons tous ensemble.

Arrêtons de penser que les politiques, tout d'un coup, ils vont se lever un matin « Waouh, j'ai une idée géniale, ça y est, personne ne l'avait vu avant nous. » Travaillons tous ensemble. C'est un peu la technique d'Emmanuel Macron. « J'ai une idée, je vais l'imposer, non ? » C'est pas ce que vous avez vécu, sincèrement. Le gouvernement n'a pas assez travaillé avec les acteurs de la société civile dans nos propositions. Merci de les avoir lues aussi bien. RSA, 18-25 ans. Vous voulez que j'entend d'ordre éviter les exclusions locatives.

Et on redit en chapeau de ces 15 propositions « Oui, nous souhaitons organiser un Grenelle du monde d'après dès les prochaines semaines pour mettre tout le monde autour de la table. » Cette sortie de crise, on l'a réussi tous ensemble ou on échoue tous ensemble ? Sur l'écologie, c'est pareil. Après la crise de 2008, les jeunes ont été les plus impactés par la pauvreté. Le nombre de pauvres dans les 18-25 ans a fortement augmenté après la crise de 2008. Dès maintenant, j'ai entendu Laurent Berger ces dernières heures dire « Oui, pensons à réfléchir à un élargissement du RSA au moins de 25 ans. » Il a raison de mettre ça sur la table. Écoutons les partenaires sociaux.

Quelle est la meilleure façon de faire ça ? Définissons-le ensemble. Mais oui, faisons attention dans cette sortie de crise à protéger les plus impactés. Est-ce qu'Emmanuel Macron vous a appelé après la création de votre groupe ? Non, nous avions... Non, on échangeait... Vous échangez régulièrement ? Oui, évidemment, et encore plus peut-être depuis le début de la crise que nous ne l'avions fait depuis le début du mandat. Et moi, j'ai envie d'être utile au pays. J'ai envie que ce mandat soit une réussite. Et il a été évidemment dans les premiers au courant de la création du groupe. On nous l'a informé. On ne l'a pas évidemment demandé tout début mars. Mais il ne vous a rien dit ?

Aucun message ? On a échangé. Là, par contre, vous me permettrez une fois dans l'interview de ne pas... Mais il a été évidemment dans les premiers au courant du... Moi, je préfère échanger avec lui qu'avec tous les conseillers qui racontent leur fiel dans la presse, en off, comme on dit, etc. Rien ne vaut comme avec vous, M. Bourdin, le contact direct. Ah mais ça, je suis bien d'accord. Vous savez que j'aime ça, Mathieu Ruffelin. Alors justement, puisque nous sommes en contact direct, si une motion de censure était déposée, vous la voteriez ou pas ? Sur quel projet ? Moi, je vais vous dire. Sur la politique du gouvernement.

Est-ce que vous censureriez aujourd'hui à l'Assemblée la politique du gouvernement ? Attendez, je vais vous répondre très précisément. Oui. On attend effectivement, le président a eu des mots très forts sur la rupture, plus rien ne sera comme avant, etc. Si demain, arrive à l'Assemblée, le Premier ministre nous expliquant effectivement qu'il reprend par exemple notre proposition, 5 milliards d'euros par an en plus pour aider les maires, les collectivités locales à investir dans la transition. S'il reprend notre plan de localisation et d'autonomie, de souveraineté agricole, etc. Mais on votera pour la confiance, mais avec un immense plaisir.

Dites-moi, est-ce que vous seriez favorable à une dissolution de l'Assemblée nationale pour relancer, justement, pour relancer l'activité politique ? D'abord, nous, on l'a relancée sans dissolution. Oui, mais il y a trois options, à mon avis, pour le président. La dissolution, refaire un gouvernement actuel ou un peu dans la même veine. Vous pourriez entrer dans un gouvernement ? Non, non, non. Est-ce que ça vous va comme réponse directe ? Non, non, non. Je ne suis candidat rien et surtout pas au moment où les collègues du groupe confiaient cette responsabilité-là. Je n'étais pas candidat avant, je ne suis pas candidat aujourd'hui. Dissolution ? Dissolution, gouvernement un peu. comme avant.

Ou gouvernement de coalition ? C'est plutôt cette option-là qui aurait ma préférence. Donc, très concrètement, on se met d'accord, non pas sur des objectifs 2030-2040, mais un programme précis pour les deux ans qui restent. Ce programme, ce projet, il est défini avec des forces politiques et avec surtout la société civile, les syndicats, les ONG et pourquoi pas des citoyens tirés au sort. On définit ça, on voit quelles sont les forces politiques qui soutiennent et on fait ce gouvernement de coalition pour les deux ans à venir. Vous demandez un gouvernement de coalition ? Je pense que des trois options, c'est celle qui est à ma faveur.

La dissolution, on entend la musique monter, mais quelle majorité derrière ? Pas si simple. Ça me paraît l'option la plus dangereuse pour notre pays, mais ce n'est pas ni vous ni moi qui décideront. C'est le président de la République. En tout cas, avec Danny Cohn-Bendit, avec d'autres avec qui on échange beaucoup, je crois que ce gouvernement de coalition qui serait une première en France sur un projet précis, élaboré collectivement, ce serait la meilleure solution pour le pays, à mon avis. Merci Mathieu Orphelin, vous avez respecté votre parole, je tiens à le dire parce que j'étrie bien souvent les politiques, mais vous avez respecté votre parole, vous êtes tu jusqu'à ce matin.

Et puis une seule réponse à moitié. Oui, ça c'est vrai, à moitié. En 20 minutes. Pas satisfaisant là. Rendez-vous lundi. Rendez-vous une prochaine fois. Il est 8h54, Mathieu Orphelin, merci d'être venu nous voir ce matin. Sous-titrage Société Radio-Canada