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interviewFrance Inter — Questions politiques· 22 décembre 2024 55 min

Edwige Diaz (RN) : “Nous sommes en campagne permanente”

Source d'origine 8 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

France Inter

0:01
Présentateur

Ravie de vous retrouver dans Questions politiques, l'émission politique du dimanche sur France Inter, diffusée sur France Info, la télé, et en partenariat avec le journal Le Monde. Emmanuel Macron et François Bayrou réussiront-ils aujourd'hui à se mettre d'accord sur la composition du nouveau gouvernement ? C'est une intense journée de discussion et de tractation qui les attend et qui devrait leur permettre d'aboutir au mieux ce soir, au pire, mardi.

La surprise, c'est qu'on s'attendait à ce que les questions de fond précèdent, cette fois les questions de personnes, que les responsables politiques commencent par se mettre d'accord sur des axes, sur des textes, avant de réfléchir ensuite à la question de savoir qui. Finalement, l'exécutif donne l'impression d'être retombé dans les mêmes travers qu'il y a trois mois. François Bayrou semble accepter de faire les mêmes erreurs que celles de Michel Barnier. Combien de temps va-t-il pouvoir durer ? Sera-t-il un fusible suffisant pour protéger le président ? On en parle avec notre invitée, vice-présidente du Rassemblement national, Edwige Diaz.

Elle est dans Questions politiques ce dimanche, en direct et jusqu'à 13h.

1:15
Locuteur 4

Questions politiques. Karine Bécard sur France Inter.

1:20
Présentateur

Bonjour, Edwige Diaz. Bonjour, merci pour votre invitation. A mes côtés, pour vous interviewer, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions et Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour à toutes les deux.

1:31
Invité

Bonjour à toutes les trois. Bonjour à tous les téléspectateurs. Bonne fête, on fait tout de la balle.

1:37
Présentateur

Allez, on commence avec les images de la semaine, comme chaque dimanche, celles qui ont marqué notre actualité. Qu'est-ce que vous avez retenu en particulier, vous, Edwige Diaz ?

1:45
Invité

Cette semaine a été très chargée. On attend M. Bayrou et son gouvernement. On aura l'occasion d'en parler. Oui, bien sûr Mayotte, bien sûr l'attentat en Allemagne. Mais vous avez fait un autre choix. Et moi, à titre personnel, j'ai voulu parler des agriculteurs que j'ai rencontrés dans mon département vendredi dernier. et j'ai tenu à les rencontrer pour leur témoigner mon soutien et leur dire qu'il ne faut pas qu'ils se laissent avoir par les discours récents qui indiquaient que si les agriculteurs étaient dans une situation très difficile, c'était en raison du vote de la motion de censure.

2:31
Locuteur 8

C'est un problème quand même.

2:32
Invité

Alors non, et du coup, je vais vous expliquer pourquoi. Vous savez, la crise des agriculteurs, nous, avec le Rassemblement National, nous l'avons vu venir il y a des années. Depuis des années, nous alertons les pouvoirs publics sur la détresse qui habite les agriculteurs. En début d'année ou en fin d'année dernière, souvenez-vous l'opération des panneaux retournés. Et puis au mois de janvier, les tracteurs qui descendent dans la rue, Emmanuel Macron qui est hué au salon de l'agriculture, et des agriculteurs qui sont placés en garde à vue, au même titre que les plus grands délinquants.

3:05
Locuteur 8

Oui, mais en même temps, il y a une loi qui passe, en fait un projet de loi qui est fait, puis en fait il ne peut pas passer parce qu'il y a...

3:11
Invité

Alors, vous parlez du projet de loi d'orientation agricole. Portée par Marc Fénaud initialement. Oui, voilà, c'est une loi que je connais bien, puisque moi j'ai siégé pendant l'intégralité des débats, et hélas, cette loi n'a pas répondu aux attentes des agriculteurs. Il n'y avait pas grand-chose sur l'abattement fiscal. C'est quoi ton priorité ? La FNSEA, qui ne représente peut-être pas les petits agriculteurs, mais qui représente quand même quelque chose, a supplié les politiques de laisser passer cette loi pour améliorer la condition des agriculteurs. Donc, ce n'est pas non plus dans notre tête. Je vous dis juste, en fait, que cette loi, finalement, a généré beaucoup de désillusions.

Elle n'a pas été appliquée, madame.

3:49
Locuteur 8

Elle n'a pas été appliquée.

3:51
Invité

Non, mais attendez, mais laissez-moi juste vous dire ce qu'il y avait dans cette loi. Il n'y avait pas grand-chose qui répondait aux attentes des agriculteurs. Rien sur l'amélioration des revenus. Rien sur l'abattement fiscal pour les transmissions. Rien sur la simplification administrative. Par contre, on a quand même perdu beaucoup de temps. On a, par exemple, ils ont voulu leur imposer un stage de sensibilisation pour les agriculteurs qui ne respecteraient pas suffisamment l'environnement. Pardon, on est quand même bien loin des préoccupations. Des dispositifs pour mettre des haies. Et on a quand même passé une heure à discuter de l'intelligence des poulpes.

Vous voyez, donc, moi, j'y étais au moment de ces discussions. Et cette loi n'améliorerait en rien la condition des agriculteurs. Parce qu'un des agriculteurs, ils veulent qu'il y ait moins de traités de libre-échange, une meilleure revalorisation, moins de suradministration. Et c'est ce qu'il n'y avait pas dans cette loi. Maintenant, la censure, si vous voulez, elle a été un joli prétexte pour nos opposants politiques, pour nous accuser d'avoir fait du mal aux agriculteurs. Vous avez cité le président de la FNSEA.

5:05
Présentateur

François, Nathalie, je rappelle juste les règles du jeu. L'image de la semaine doit être commentée par l'invité, tranquillement, qu'on voit exactement où il a envie de venir. Ensuite, on peut poser des questions. Mais il faut qu'elle puisse aller jusqu'à la fin de son explication. Merci beaucoup.

5:17
Invité

Juste pour terminer, le budget présenté par M. Barnier, c'était 13% de crédit en moins en faveur des agriculteurs. Donc, il ne vous aura pas échappé, il n'aura échappé à personne que, en ce moment, les agriculteurs sont en élection interne pour les chambres d'agriculture. Donc, ils essayent aussi, certains syndicats, du coup, se disent « Tiens, je vais plutôt aller dans cette voie que dans celle-là ». Mais, en tout cas, moi, ce que j'ai voulu dire aux agriculteurs du département de la Gironde que j'ai rencontré vendredi dernier, c'est que l'ERN, aujourd'hui, comme l'année dernière, comme il y a 10 ans, sera à leur côté.

Et, d'ailleurs, nous avons proposé, Marine Le Pen a proposé, que le gouvernement se mette très rapidement en place et que l'Assemblée débattre des sujets très importants parce qu'il y a les lois très simples qu'on peut mettre en œuvre, par exemple, sur la retraite des agriculteurs ou sur l'exonération du dispositif pour les travailleurs saisonniers ou alors la pérennisation du dispositif d'exonération sur le gazole non routier. Donc, en fait, ça, ça pourrait se mettre en place très rapidement. Et, d'ailleurs, nous, nous avons dit, nous sommes prêts à travailler durant ce qu'on appelle les vacances, parce que nous, au RN, en fait, on n'est jamais en vacances.

Mais le bureau de l'Assemblée nationale a indiqué qu'il n'y aurait pas de séance à l'Assemblée entre le 17 décembre et le 14 janvier. Donc, que de temps perdu. Et là, je le condamne.

6:32
Présentateur

C'est comme ça, ça existe depuis le début de la Ve République. Alors, une question de Nathalie, une question de France.

6:36
Invité

Est-ce que vous n'admettez pas quand même que, et d'ailleurs, Marine Le Pen a tout de suite, après la censure, envoyé une lettre aux agriculteurs ? Oui. C'est bien qu'elle sentait qu'il y avait quelque chose qui ne passait pas. Et que ce n'est pas simplement parce qu'il n'y avait pas des choses dans la loi, mais aussi parce qu'il y avait une fureur du monde agricole, considérant que vous n'aviez été pas très responsable. Est-ce que ce n'est pas ça que vous êtes en train d'essayer de retourner ? Non, on a été très responsable. Parce que je vous dis, il y a un syndicat qui nous a accusé d'irresponsabilité, mais il y a beaucoup d'autres syndicats qui ne nous ont pas accusé de cela.

Et d'ailleurs, même, je suis assez surprise de l'attitude de la direction de ce syndicat, pas de tout ce syndicat.

7:12
Présentateur

Juste une question sur ce syndicat et un pas de côté. Vous, vous soutenez clairement la coordination rurale ? Ah non, absolument pas.

7:21
Invité

En fait, nous, on soutient tous les agriculteurs et l'agriculture d'une manière générale. On ne prend pas position en faveur d'un syndicat ou un autre. Nous, on défend les agricultures, leur droit à vivre dignement de leur travail. Et nous travaillons depuis des années pour une amélioration de leurs conditions de travail.

7:39
Présentateur

Je vous dis ça parce que vous soutenez là, et vous avez tenu à prendre cette image, vous en aviez parfaitement le droit. Mais toutes les dernières manifestations sont aujourd'hui systématiquement organisées par la coordination rurale. Ça donne le sentiment, malgré tout, que l'ERN est en soutien de la coordination rurale.

7:53
Invité

Est-ce qu'on peut dire les choses comme ça ? Non, je le dis. Nous, nous soutenons l'agriculture d'une manière générale. Nous ne sommes pas derrière un syndicat ou un autre. Moi, les agriculteurs que j'ai rencontrés dans mon département, je vais tous les rencontrer. Je vais rencontrer tous les syndicats. Et j'ai commencé vendredi par la FNSEA. Et puis, je vous le dis, la direction de la FNSEA a pris une position assez radicale, qui est, à mon avis, très injuste et même qui fausse, qui ment en réalité sur la situation. Mais pas tous les agriculteurs se reconnaissent derrière les propos du président de la FNSEA. Françoise, est-ce que vous avez une dernière question sur la question agricole ?

8:26
Présentateur

Oui ? Non ? Non. Alors, nouvelle image, celle de Nathalie. Vous avez choisi le président qui a passé deux jours à Mayotte.

8:34
Invité

Exactement. Et je pense que je vais être légèrement à contre-courant par rapport à tout ce que j'ai entendu et tout ce qu'on a pu écrire. Allons-y. Avec une espèce de paradoxe. Il ne serait pas venu. Tout le monde aurait fait.

8:44
Présentateur

Alors, c'est le moment où on voit le président.

8:46
Invité

C'est le moment où il se fait interpeller. C'est le moment où c'est un peu plus tendu la nuit. Voilà, il est au milieu de barbier. Donc, il y va. C'est une fonction symbolique. Alors, on peut dire les rois tomatures, tout ce qu'on veut. Faire des appels à l'histoire en disant pour apaiser. Certains ont dit que ça a brouillé l'organisation des secours parce qu'il y avait beaucoup de sécurité, beaucoup de voitures, beaucoup de routes qui étaient barrées. Bon, s'il n'était pas venu, on aurait dit qu'il était défaillant. Premier point. Deuxièmement, premier jour, les choses se passent plutôt bien. Il est plutôt dans un rôle d'apaisement de Saint-Louis avec les écrouelles.

Et tout le monde dit, ah là là, il fait de la com', du compassionnel. Le lendemain, il répond à des gens qui le mettent en cause, notamment en disant qu'il a dit que tout se passait bien, ce qui n'est pas vrai. Et il s'énerve. Moi, je trouve que ce n'est pas absolument étonnant qu'il se soit un peu énervé. Probablement trop. C'est-à-dire qu'il n'a pas employé des mots vulgaires.

Mais quand il entend que la France ne fait pas son boulot, répondre qu'il est néocolonialiste, alors qu'il dit que la France le fait, quand c'est vrai que la France, en termes de protection civile, est plutôt performante, puisque beaucoup de pays font appel à elle, quand il y a un tremblement de terre, un feu, ou des catastrophes absolument naturelles, c'est vrai que les Comores voisines ont plutôt tendance à envoyer leur ressortisseur vers Mayotte et ne pas s'être mobilisés à toute vitesse pour aider. Donc le fait de dire que la France fait tout son possible et qu'heureusement qu'ils sont français...

10:05
Présentateur

On va rappeler la petite phrase qu'il dit quand même.

10:07
Invité

Oui, heureusement.

10:08
Présentateur

Heureusement que vous êtes français. En l'étant, vous avez 10 000 fois plus de champs...

10:12
Invité

Oui, en l'étant, parce qu'il fait référence au fait qu'il y a eu un référendum et qu'ils ont choisi d'être français. Simplement en expliquant que c'est les forces éthémotabilisées. Alors, aller rechercher le néocolonialisme ou un paternalisme quelconque, j'ai trouvé que c'était largement abusif. Et de toute façon, on a toujours tout ramené à la com. Quand c'est bien, on dit que c'est de la com minable pour essayer de se faire bien voir. Et quand ça ne vous plaît pas, c'est un humain, il a pu s'énerver, il n'a peut-être pas eu raison. Mais enfin, s'il s'était fait cracher à la figure sans bouger, on aurait dit que l'image de l'hexagone était abîmée.

10:42
Présentateur

Alors, on va revenir bien sûr en détail sur tout ce qui se passe à Mayotte, la crise sanitaire, la crise alimentaire, la crise migratoire aussi. Je voudrais quand même juste vous demander votre réaction sur ce qui s'est passé à Mayotte jeudi soir de cette semaine

10:55
Invité

avec le président Macron. Déjà, je voudrais juste commencer par adresser mes condoléances et tout le soutien du Rassemblement National à l'égard des Mahorais. Je voudrais aussi saluer l'initiative des maires du Rassemblement National, Louis Alliot, Ludovic Pajot, Steve Briouat, qui ont immédiatement envoyé une subvention pour aider l'île à se redresser. Maintenant, le comportement de Macron, qu'il y soit allé, je trouve que c'est normal que le président de la République se déplace pour assurer le soutien de la France aux Mahorais. Maintenant, je pense qu'il a perdu ses nerfs. Propos racistes, propos colonialistes, comme disait...

Non, mais en fait, je pense que face à la détresse subie par les Mahorais, il aurait dû ne pas perdre son sang-froid. Quand il se défend en disant qu'il s'agit là de gens du Rassemblement National, je veux juste rappeler à M. Macron que s'il n'a pas envie de croiser des électeurs de Marine Le Pen, il ne faut pas qu'il aille à Mayotte. Parce qu'effectivement, Emmanuel Macron, il s'est défaussé en disant qu'il était face... Oui, voilà, il s'est défaussé. Donc je trouve que l'excuse est indigne. Et je veux juste lui rappeler que Marine Le Pen, c'est 45% au premier tour de la présidentielle et 60% au second tour de la présidentielle. Et 59% sur l'île de Mayotte. Et voilà, en l'occurrence.

Par contre, ce que je voulais dire...

12:20
Présentateur

Donc il n'a pas été pris dans un guet-apens ? Il n'y avait pas une majorité d'électeurs du Rassemblement National devant lui ?

12:26
Invité

En fait, les électeurs du Rassemblement National, je pense qu'ils sont partout en France, mais ils sont très nombreux, en tout cas sur Mayotte, au regard des scores réalisés par Marine Le Pen. Par contre, là où moi je comprends l'exaspération des Mahorais, c'est qu'en fait, c'est l'incurie macroniste, et je vais vous expliquer pourquoi, qui est responsable de l'aggravation des conséquences de ce drame climatique. Vous voyez, l'année dernière, avec Marine, à l'Assemblée Nationale, nous avions déposé un amendement pour faire en sorte que 50 millions d'euros soient accordés pour l'accès à l'eau potable dans les Outre-mer. Tous nos opposants politiques ont voté contre notre amendement.

13:05
Présentateur

On va y revenir dans le cœur de l'interview. On passe à la troisième image, celle de Françoise Fressos. Vous, vous avez le regard braqué sur François Bayrou.

13:13
Locuteur 8

Non, pas que sur François Bayrou. C'est François Bayrou, dans le contexte politique, et c'est cette réunion de jeudi où, au fond, c'est une tentative, énième tentative de partage de responsabilités face à une situation politique française assez catastrophique. Donc, le Premier ministre reçoit le président de l'Assemblée Nationale, le président du Sénat, pardon, l'inverse, et les chefs de parti et les présidents des groupes qui sont susceptibles de composer une majorité et leur met un marché sur la table, rentrez au gouvernement et discutons de ce qu'on peut faire actuellement pour essayer de sortir du blocage. La droite fait monter les enchères mais montre qu'elle a envie de gouverner.

La gauche dit qu'elle n'a pas envie de gouverner et ferme la porte à toutes les avancées. Et donc, en résultat, on se retrouve dans la même situation qu'avec Michel Barnier, c'est-à-dire qu'il n'y a même pas de pacte de non-censure. Il y a un pays qui a 3 303 milliards d'euros de dettes, un déficit à 6%. Une étude très intéressante de l'Institut de conjoncture au FCE qui dit que le fait qu'on n'ait pas de budget aujourd'hui et qu'on soit dans cette loi spéciale, les principaux impactés, c'est les classes moyennes qui travaillent. Alors que les retraités s'en tirent bien. Merci, c'est bien pour eux. Mais on se demande, mais qu'est-ce qui est en train de prendre ?

Qu'est-ce qui est saisi ce pays ? Pourquoi il n'y a pas une possibilité de responsabilité collective ? Ça n'engage pas les partis pour l'avenir, mais juste dire, essayons de trouver une solution qui soit la plus juste possible. Ça a l'air d'être absolument impossible. En ce moment.

14:48
Présentateur

Et puis, je vous soumets une dernière photo. Une photo d'hommage aux victimes en Allemagne après cette voiture. Vendredi, qui a foncé sur un marché de Noël à Magdebourg. Bilan, 5 morts, 200 personnes blessées. L'auteur des faits, un homme d'origine saoudienne qui vit en Allemagne depuis 18 ans, quart de séjour permanente. C'est un militant anti-islam qui dénonce la politique migratoire trop ouverte, selon lui, de l'Allemagne. Votre réaction, tout simplement, et de vigile à ce qui s'est passé vendredi soir ?

15:19
Invité

C'est le drame. C'est une fois de plus des honnêtes citoyens qui sont tués par une personne visiblement pas équilibrée. Donc, mes condoléances aux familles des victimes et à tout le peuple allemand. Qu'est-ce qui vous fait dire que c'est une personne pas équilibrée ? Je ne sais pas. Quand vous êtes équilibrée, vous ne prenez pas votre voiture et vous ne foncez pas sur des gens dans le but de faire le plus de dégâts possible.

15:45
Présentateur

Donc, vous voyez, elle n'est pas équilibrée, cette personne, alors que Marine Le Pen et Jordan Bardella, la direction du parti, parlent d'une barbarie islamiste.

15:51
Invité

C'est vrai qu'il y a quand même un faisceau d'indices qui pourrait nous permettre de penser cela. Je vais vous expliquer pourquoi. Depuis le début de l'année, l'Allemagne a été frappée par plusieurs attaques islamistes, revendiquées par Daesh. J'en ai dénombré plusieurs, à Munich, à Soligen, à Mannheim.

16:11
Présentateur

Mais là, vous faites tout le mélange.

16:13
Invité

Là, on parle d'une situation bien précise. Oui, d'accord. Mais en fait, rien ne nous dit qu'il ne s'agit pas là non plus d'un attentat islamiste. Un responsable politique ne doit-il pas être au-dessus d'une communication qui peut se répandre aussitôt dans le monde entier en pointant du doigt une responsabilité ? Bruno Rotaillot, ce matin, dans une interview dans le JDD, dit qu'on ne se précipite pas, on ne sait pas, on attend de ça. Est-ce que vous n'avez pas une responsabilité à aller aussi vite pour dire que c'est un tel ? Non, on n'a aucune responsabilité. Quand même, les Allemands considèrent que c'est plus compliqué que ça. On n'a aucune responsabilité dans le fait de dire...

La diffusion très claire. ...que quelqu'un de pas équilibré a été tué des gens. Vous voyez, ce n'est pas à cause du Rassemblement national que ces gens sont morts. Par contre, il y a une responsabilité dans le fait de dire que oui, l'Allemagne est en train d'être gangrénée par un islamisme de plus en plus radical. Oui, mais ce n'est pas le cas. Je l'ai dit. Et là, en fait, c'est une personne qui défend...

17:10
Présentateur

C'est une personne qui défend une partie de vos idées et qui considère... Non, en fait,

17:15
Locuteur 5

parce que nous, si vous voulez, l'Allemagne est trop courte, par exemple.

17:19
Invité

Non, vraiment, ce que je dis, c'est que, que vous soyez d'accord ou pas avec ça, les chiffres sont là. L'Allemagne est frappée par le terrorisme islamiste. Il y a quelques semaines, 2000 islamistes ont manifesté dans les rues pour réclamer la création d'un califat dans ce pays. L'attaque à la voiture Bélier, ça n'est pas sans nous rappeler l'attentat islamiste qui a frappé notre pays à Nice en 2016. Non, mais je ne mélange pas. On est en train de parler de Macdebourg. D'accord, mais je... Ce sujet-là, il est intéressant, il n'y a pas de revendication. C'est une hypothèse qui n'est pas à exclure. Mais c'est une hypothèse qui ne vous intéresse pas, celle de vendredi soir, si je comprends bien.

Ce n'est pas celle-là dont vous avez parlé. Non, mais je vous dis que, en fait, si nos adversaires politiques ne veulent pas le voir, nous nous disons qu'il y a un faisceau d'indice qui nous permet d'affirmer que peut-être il s'agit là d'un attentat islamiste. Vu ce qu'il se passe en Allemagne, vu les revendications islamistes de certains immigrés en Allemagne, vu le mode opératoire avec la voiture Bélier et vu que, généralement, oui, les marchés de Noël sont la cible des islamistes. Moi, en 2018, j'étais physiquement moi-même à Strasbourg et donc, oui, il y a eu un attentat islamiste au moment du marché de Noël à Strasbourg.

Je vous laisse la responsabilité de vos propos et des mélanges qu'il y a quelques jours. Des activistes islamistes se sont rendus dans un marché de Noël en Allemagne encore pour fêter la chute de Bachar al-Assad. Donc, oui, il y a un vrai enjeu, il y a un vrai problème de ce point de vue-là de l'islamisation qui gandrine l'Allemagne. Enfin, je veux dire, on ne peut pas tout reprendre mais il y a quand même un mélange dans tout ce que...

18:56
Présentateur

Vous utilisez toutes les informations dans le sens que vous voulez

18:59
Invité

pour que ça vous... Enfin, l'islamisation de l'Allemagne, c'est un sujet, oui.

19:07
Locuteur 1

Tous les prévisionnistes, tout le monde dit mais vous n'y arriverez pas. Mais franchement, vous vous rendez compte. Et ils choisissent ou plutôt tout le monde spécule sur le chaos. Moi, je dis on doit essayer et je crois qu'on peut y arriver et je crois que le chemin existe. Alors, c'est peut-être un optimisme délirant. C'est peut-être quelqu'un qui ne voit pas la réalité. Mais je vous dis avec certitude, si on ne réussit pas dans cet essai, alors c'est la dernière station avant la falaise.

19:40
Présentateur

C'était François Bayrou sur le plateau de France 2. Jeudi soir dans l'émission l'événement avec Caroline Roux et Nathalie Saint-Cricq notamment. Edwiz Diaz, est-ce que vous êtes d'accord avec le constat fait par François Bayrou et plus globalement, plus largement, comment est-ce que vous qualifiez la situation politique dans laquelle on est en ce moment ?

19:59
Invité

Nos opposants politiques ont mis la France dans une situation politique en effet très compliquée. Le vote de la censure et le blocage institutionnel, politique dans lequel nous nous trouvons et la conséquence de ce qu'ils ont appelé les barrages républicains du mois de juin au moment des élections législatives post-dissolution. Jordan Bardella avait prévenu, il avait dit si vous nous empêchez d'avoir la majorité absolue à l'Assemblée nationale, vous serez dans l'incapacité d'avoir un cap pour la France et c'est exactement ce qui est en train de se passer où la France piétine et les uns et les autres n'arrivent pas à se mettre d'accord entre eux.

C'est quand même assez surprenant de la part de ce parti unique qui était d'accord pour se désister les uns au profit des autres il y a quelques mois et qui aujourd'hui n'arrivent pas à se mettre d'accord. Je pense qu'il donne une très mauvaise image de la France. D'accord. Et le prévisionnisme de Jordan Bardella, il avait dit si vous faites un Front républicain ça serait ingouvernable et il dit quoi maintenant pour les jours qui viennent ? Est-ce que c'est ingouvernable ? Il faut dissoudre ? Il faut que Macron parte ? C'est ça le plan du Rassemblement national en fait ?

En fait, là c'est le plan pour redresser la France parce que je veux dire on est saisi par tous les organismes syndicaux par tous les mêmes les clubs d'entrepreneurs qui nous disent que maintenant ils ont besoin d'avoir un cap les français sont très inquiets par cette situation donc nous nous l'avions dit l'année dernière nous avions dit il faudra qu'il y ait une prochaine dissolution pour qu'une majorité se dégage et il n'est pas à exclure non plus la démission du président de la République.

21:34
Locuteur 8

Est-ce qu'on peut être un peu plus précis ? Parce qu'en fait les premières déclarations de Marine Le Pen à propos de François Bérou c'est plutôt il nous écoute il nous traite mieux que Michel Barnier puis la même semaine Marine Le Pen dit oui Emmanuel Macron c'est fini presque fini donc c'est quoi votre stratégie aujourd'hui par rapport au gouvernement Bérou est-ce que vous vous attendez ou est-ce que vous dites de toute façon on va le faire chuter ?

22:00
Invité

Non non il n'y a aucune censure a priori nous adoptons le même comportement responsable que nous avons eu à l'égard de M. Barnier donc nous allons le dire à M. Bérou juste le même il n'y a pas un petit a priori plus favorable ou alors le fait comme vous avez déjà censuré une fois vous vous dites on va quand même arrêter de faire ça tous les trois jours non en fait ça dépendra d'eux en définitive c'est comment M.

Bérou va se comporter vis-à-vis du premier parti de France du premier groupe parlementaire du parti qui a recueilli 11 millions d'électeurs aux dernières législatives c'est est-ce qu'il va nous respecter est-ce qu'il va prendre en considération nos demandes qui sont toujours les mêmes en définitive vous le trouvez que c'est plus la situation que c'est la bonne personne au bon moment disons que je je trouve que ça devient un peu long nous avons été très désagréablement surpris par le fait qu'il y ait quatre semaines sans que l'Assemblée nationale siège alors qu'il y a des urgences à régler donc là je trouve que M. Bérou s'enlise est-ce qu'éventuellement vous regrettez

23:05
Présentateur

d'avoir censuré

23:05
Invité

Michel Barnier on ne peut pas regretter d'avoir censuré M. Barnier qui présentait un très mauvais budget un budget de casse sociale de matraquage fiscal qui ne réglait pas du tout la question du déficit même qu'il aggravait donc en fait en votant la censure nous avons protégé les français maintenant je souhaite que M. Bérou retienne cette leçon là il faut qu'il aille vite et surtout qu'il prenne en considération nos lignes rouges très sincèrement on ne demande pas la lune on demande juste que le pouvoir d'achat des français soit respecté que les entreprises puissent évoluer qu'il y ait une baisse du déficit en gros qu'il y ait la chasse aux mauvaises dépenses

23:41
Locuteur 8

mais ça ce que vous souhaitez c'est dans une situation où la France se porte bien où il n'y a pas de déficit à réduire est-ce que vu la situation actuelle le fait que les déficits plus on attend plus ils se creusent plus la dette se creuse est-ce que vous revoyez un peu votre copie budgétaire est-ce que vous dites on va peut-être demander un peu moins d'allègements d'impôts et on va être un peu plus nous-mêmes sérieux comment vous voulez

24:04
Invité

comment vous réappréhendez cette situation nous avons été très sérieux nous avons dès le début indiqué que nous serions constructifs nous avons été responsables nous avons présenté un contre-budget sur nos 57 mesures de contre-budget nous en avons retenu 10 que nous avons soumise à monsieur Barnier il n'a pas souhaité nous entendre maintenant la bataille pour le pouvoir d'achat des retraités

24:30
Locuteur 8

alors qu'on sait qu'il y a quand même un gros déséquilibre entre les actifs et les retraités le fait que par exemple vous vous battiez pour qu'on remette les remboursements de médicaments alors qu'on est en déficit de l'assurance maladie est-ce qu'à un moment il n'y a pas à se dire il y a un minimum d'efforts à fournir pour l'intérêt du pays quitte à ce que ça aille mieux après mais est-ce que vous n'êtes pas face à cette falaise vous-même en disant on n'arrive pas à sortir de notre comportement qui consiste à dire en fait il en faut toujours plus

25:02
Invité

non il n'en faut pas toujours plus mais je voudrais juste rappeler que s'il y a bien un parti politique qui n'a aucune responsabilité dans la gravité du déficit que nous connaissons actuellement c'est le Rassemblement National et je voudrais même juste vous dire du coup on s'organise c'est-à-dire les autres font n'importe quoi et maintenant c'est à nous le RN de trouver une solution donc oui des solutions nous en avons proposé et je veux même vous dire que l'année dernière quand nous avions décelé les mensonges de Bruno Le Maire nous avons été les seuls à proposer un projet de loi de finances rectificative justement pour éviter l'aggravation de la situation ils n'ont pas pris au sérieux notre demande ils l'ont clairement rejetée et donc là aujourd'hui oui c'est à eux de se mettre très très très rapidement au travail d'ouvrir l'Assemblée Nationale dès maintenant pour faire passer des lois qui sont attendues par nos compatriotes et puis mince enfin je veux dire par exemple le coût de l'immigration je veux dire là on peut quand même c'est sans arrêt avec le coût de l'immigration bah oui mais non mais vous me demandez mais c'est toujours un fait l'oméga ça résout toujours non mais c'est peut-être attendez attendez juste pour vous dire c'est peut-être parce qu'ils ne prennent pas en considération nos demandes sur la baisse de la dotation à l'Union Européenne sur la baisse de la dotation aux agences sur la baisse de la dotation aux aides au développement sur la baisse du coût de l'immigration c'est peut-être parce qu'ils ne mettent pas en oeuvre toutes nos demandes qu'on se retrouve dans cette situation qui ne cessent de s'aggraver c'est juste ça que je veux vous dire c'est que nous on répète les mêmes choses parce qu'en fait eux maintiennent les mêmes politiques qui nous amènent aux mêmes résultats vous savez également que l'équation qui est baisse de l'immigration égale plus de déficit n'est pas exacte je voulais juste vous demander quand vous considérez que ça traîne avec le gouvernement Bayon quand vous voyez l'interview de ce matin longue longue quatre pages dans le JDD de Bruno Retailleau qui en gros reprend à peu près tout ce que vous demandez ou alors il y a des trucs qui m'ont échappé vous ne vous dites pas ben finalement on a un représentant au gouvernement c'est la même politique en plus ils n'ont même pas ils font plein d'efforts ils n'ont même pas votre connaissance moi je trouve qu'ils font zéro effort en tout cas sinon ils ne devraient pas proposer un budget qui aggravaient les difficultés ils veulent supprimer l'AME ils sont sur les mêmes alors non ils n'ont rien supprimé du tout sur l'AME je vous rappelle que c'était une Bruno Retailleau vous l'appele oui l'année dernière donc il y a un an pile poil madame Borne promettait d'ouvrir un débat sur l'aide médicale d'état au premier trimestre 2024 nous sommes dans les tout derniers jours de 2024 il n'y a eu aucune avancée en la matière maintenant monsieur Retailleau vous dit qu'il parle comme nous tant mieux qu'il parle comme nous je dis qu'il apporte des solutions vous dites même que c'est un représentant du rassemblement national et ben non je vais vous dire pourquoi parce que le 31 octobre c'était le jour de la niche parlementaire du rassemblement national j'ai eu l'honneur d'être rapporteur d'un texte visant à faciliter l'expulsion des délinquants étrangers et bien le ministre envoyé par monsieur Retailleau a voté contre notre proposition de loi donc vous voyez monsieur Retailleau c'est beaucoup de paroles mais très peu d'actes et une situation migratoire qui s'aggrave et donc je ne lui fais plus confiance

28:01
Présentateur

Edwige Diaz on sent que et Marine Le Pen le dit sans cesse vous souhaitez la démission du président Macron vous êtes prêts vous la demandez vous êtes prêts Marine Le Pen à chaque fois qu'elle s'exprime aujourd'hui en parle vous êtes prêts pour une présidentielle et quand on dit vous êtes prêts vous êtes prêts comment ?

28:18
Invité

ben en fait on est prêts parce que parce que les français vous avez des meetings déjà prévus

28:23
Présentateur

vous avez des tracts vous avez des affiches vous avez une organisation

28:26
Invité

de campagne nous sommes en campagne permanente et d'ailleurs nous sommes le seul parti de France à organiser un meeting par mois partout en France dimanche dernier c'était en Normandie et le 1er février ce sera dans une autre région de France donc les français souhaitent que Marine Le Pen soit présidente de la république et les français souhaitent que Marine Le Pen soit candidate à l'élection présidentielle 97% des adhérents du rassemblement national souhaitent que Marine Le Pen soit candidate à l'élection présidentielle donc oui nous nous y préparons oui nous y sommes prêts vous savez Marine Le Pen c'est le combat de sa vie

29:02
Présentateur

sans avoir un hémicycle parce qu'on peut pas réorganiser des élections législatives oui

29:07
Invité

d'ici juillet oui donc tant qu'Emmanuel Macron démissionne comme le souhaite l'immense majorité des français que l'élection présidentielle soit organisée que le président soit élu on arrive à juillet ben voilà ben voilà on arrive rapidement c'est-à-dire que par rapport au verdict dans son procès du jugement qui doit tomber le 31 mars vous avez intérêt donc à ce que ce soit avant parce qu'autrement s'il y a l'inéligibilité vous êtes c'est ça qui explique un peu l'accélération du mouvement l'inéligibilité immédiate non non non alors Marine Le Pen moi j'ai l'honneur de travailler avec elle depuis plus de 10 ans maintenant c'est une femme politique qui s'intéresse à une chose c'est l'intérêt des français et jamais elle ne prendra de décision politique en fonction de son agenda à elle vous l'avez indiqué le 31 mars décision de justice nous nous considérons qu'elle est innocente nous pensons qu'elle sera t'innocentée et qu'elle sera en mesure de se présenter si elle ne l'est pas vous avez quand même l'intérêt est-ce que ça se passe avant on verra si elle ne l'est pas mais je préfère écarter cette hypothèse parce que je sais que nous sommes innocents dans cette affaire des assistants parlementaires

30:12
Présentateur

allez je voudrais qu'on revienne à présent sur la situation compliquée à Mayotte j'en parlais tout à l'heure en introduction depuis maintenant 9 jours le président Macron donc on en a parlé s'est rendu sur place cette semaine un extrait de son intervention sur Mayotte la première

30:25
Locuteur 2

le cyclone nous a rappelé qu'on fait courir un risque aux gens qu'on laisse dans ces situations et donc c'est pas vrai que c'est humain de laisser les gens dans des bidonvilles simplement ce qui est humain et juste c'est d'accueillir les gens qui sont en situation d'asile qu'on doit protéger mais c'est de reconduire les gens qui n'ont pas le droit d'être ici parce que sinon on ne pourra jamais rebâtir Mayotte donc priorité à l'humanitaire si je puis dire et à l'urgence sécurité pour que dans la reconstruction des bangas on n'aille pas voler dans les habitations des gens qui là ont tous leurs droits et puis intensification du travail de lutte contre l'immigration des retours et destruction des bidonvilles

31:04
Présentateur

alors on va parler de la question migratoire bien sûr une question d'abord qui préoccupe beaucoup les français c'est pourquoi l'état ne parvient pas à donner un vrai bilan chiffré avec le nombre de blessés côté français côté étranger est-ce que les députés sont mieux informés que les français est-ce que vous avez des choses à nous dire vous avez une députée mahoraise au groupe RN est-ce qu'elle a

31:30
Invité

des informations supplémentaires à nous donner non malheureusement nous n'avons pas d'informations supplémentaires à communiquer vous comprenez ce qui se passe ce qui se passe oui c'est que Mayotte a été littéralement abandonné par l'état français depuis des décennies là j'entendais dans le passage que vous venez de diffuser d'Emmanuel Macron qui dit qu'il faut se saisir de la question de l'immigration en fait il fait précisément le constat de son échec l'opération Wambushu menée par monsieur Darmanin en grande pompe visait précisément à faciliter l'expulsion des clandestins et aussi à démanteler les binonvilles qui font vivre des êtres humains dans des conditions catastrophiques bon finalement l'opération n'a débouché sur rien du tout et je dis à Emmanuel Macron mais ça pose une question de récemment on peut refuser d'avoir en masse des retours il ne faut quand même pas simplement considérer qu'ils ont fait n'importe quoi pour envoyer des gens chez eux il faut qu'ils aient un chez eux et que chez eux acceptent de les prendre c'est le même cas pour les OQTF oui vous avez raison l'expulsion alors on est à 22 000 à 22 000 expulsions par an Emmanuel Macron a situé à 40 45 000 la possibilité mais on ne peut pas les renvoyer de force ou les jeter dans la mer alors absolument pas personne ne veut jeter qui que ce soit dans la mer en tout cas certainement pas au rassemblement national mais si mais la question que pose Attali elle est intéressante parce que du coup c'est une question c'est une crise sociale ou c'est une crise migratoire c'est les deux c'est aussi une crise diplomatique les trois en fait même parce que vous voyez les Comores qui ne souhaitent pas reprendre leurs ressortissants ça pose quand même un problème en matière oui alors tout à fait non seulement il épouse vers Mayotte en plus il refuse de les reprendre mais alors quelle est votre solution parce qu'en fait on ne voit pas

33:16
Locuteur 8

que ça peut évoluer sans un accord global

33:18
Invité

avec le président comorien mais tout à fait quelle est la solution je vais vous la donner et c'est pour ça que je vous parlais de crise diplomatique Emmanuel Macron a été incapable de taper du point sur la table vis-à-vis de l'état comorien qui envoie ses ressortissants et qui ne souhaite pas les reprendre et bien vous voyez je vais vous donner deux chiffres en 2019 la France a accordé une aide de 150 millions d'euros aux comores en 2014 c'est 100 millions d'euros aux comores que la France a attribué peut-être qu'Emmanuel Macron pourrait conditionner l'aide très généreuse que nous accordons aux comores à l'acceptation du retour de ses ressortissants vous voyez en fait c'est ça parce que là ça marche dans un seul sens c'est les comores prennent notre argent et nous envoient leurs ressortissants et à côté de ça vous avez Mayotte qui est en train de vivre une crise multisectorielle donc voilà donc Emmanuel Macron a une responsabilité évidente là-dedans Emmanuel Macron c'est tous les gouvernements qui sont confrontés à une situation et je veux juste dire Mayotte a choisi d'être français parce que c'est très important dans l'archipel mais oui tout à fait et nous nous souhaitons qu'il reste français et juste un dernier point pour la culpabilité d'Emmanuel Macron qui a perdu énormément de temps et aujourd'hui ce qui se passe c'est atroce mais il aurait pu éviter cela vous voyez en 2018 Marine Le Pen avait déposé une proposition de loi pour mettre en place quelque part des mesures d'urgence à Mayotte notamment en matière de restauration d'ordre de public et de lutte contre l'immigration pourquoi depuis 2018 le gouvernement les gouvernements macronistes n'ont pas décidé de mettre cette loi à l'ordre du jour franchement je m'interroge et donc aujourd'hui tous viennent pleurer sur la situation dramatique des Mahorais mais oui je le dis c'est leur incurie qui a aggravé la situation à Mayotte vis-à-vis du chef de l'Etat ça c'est très très net c'est-à-dire en gros il est responsable de tout c'est-à-dire qu'un cyclone c'est lui non alors je vous ai dit tout à l'heure qu'il n'était pas responsable du cyclone par contre s'il avait mieux anticipé le cyclone n'aurait pas fait autant de dégâts vous voyez

35:23
Présentateur

alors vous comment je pourrais dire vous en général vous appuyez sur le droit du sol également vous parliez de 2018 en 2018 le droit du sol il a été durci sur cette île à Mayotte quand on regarde le nombre d'accouchements sur place de femmes étrangères dans ce département ces durcissements n'ont absolument rien donné au contraire deux chiffres 7300 accouchements en 2014 2018 donc on durcit on durcit ce droit du sol et on arrive en 2022 à 11 000 accouchements donc est-ce que le renforcement du droit du sol voire le supprimer est toujours une solution pour le Rassemblement National ?

35:58
Invité

Oui mais c'est pas la seule solution en fait c'est ce que je vous disais tout à l'heure pour lutter contre l'immigration clandestine il y a tout un un panel de mesures qu'il faut de manière complémentaire mettre en oeuvre et c'est la raison pour laquelle nous avons dit le jour où nous arriverons au pouvoir nous proposerons aux français un référendum justement sur l'immigration pour que pour que tous les aspects de l'immigration soient traités et je pense notamment donc à l'aide médicale d'état je vous en ai parlé mais aussi aux prestations le sujet général partout bah non parce que en fait Mayotte étant la France les Comoriens qui arrivent à Mayotte ils arrivent en France et ils bénéficient de l'aide médicale d'état ils bénéficient des prestations sociales toutes les pompes aspirantes qu'il faut couper et donc c'est pour ça que nous proposons nous ce référendum constitutionnel pour revoir la question migratoire en France parce que là comme vous venez de le démontrer une seule petite mesure qui serait instaurée de manière isolée n'aurait pas les effets escomptés et vous voyez bien que les gens qui sont aux Comores ont un revenu qui est tellement inférieur à ce qu'il y a à Mayotte que vous pourrez faire tout toutes les choses anti-immigration de la Terre c'est pour ça que je disais que c'est une crise sociale ce sera très compliqué de les dissuader on voit ils risquent leur vie ils arrivent là et accessoirement quand vous parlez de l'aide que vous trouvez excessive même si elle a décru pour les Comores l'idée étant d'améliorer les infrastructures des Comores pour ne pas être qu'ils ne soient tous tentés de venir à Mayotte donc il y a une logique derrière tout ça

37:26
Présentateur

non mais attendez juste je précise parce que c'est très intéressant ce que vient de dire Nathalie les chiffres le PIB par habitant à Mayotte c'est 9000 euros le PIB par habitant aux Comores vous savez combien c'est ? allez-y 700 on ne peut pas lutter contre ça c'est d'abord une crise sociale avant d'être une crise migratoire non comment on fait là ?

37:42
Invité

si je vous écoute rien n'est possible c'est à la France de donner l'aide au développement et que vous aurez les mêmes difficultés alors avant de dire qu'on aura les mêmes difficultés peut-être laissons-nous essayer nos mesures avant de tirer les enseignements de mesures que nous n'avons pas regardez les visas les visas touristiques vis-à-vis du Maroc ont été interrompus ça n'a strictement rien changé mais c'est ce que je vous dis il faut juste éviter les solutions à l'emporte-pièce et expliquer justement c'est pas ce qu'on a nos solutions ce ne sont pas des solutions à l'emporte-pièce qu'on a c'est pour ça que je vous parle quand même d'un référendum constitutionnel là ce ne sont pas des mesures-êtes ce ne sont pas des mesures à l'emporte-pièce c'est une vision globale pour réformer la question de l'immigration dans notre pays Edwige Diaz vice-présidente

38:25
Présentateur

du Rassemblement National un mot aussi sur ce qui se passe en Syrie on vous entend peu les députés du Rassemblement National sur ce qui vient de s'y passer le renversement du dictateur Bachar Al-Assad c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle

38:38
Invité

pour l'ERN ?

alors pour l'ERN c'est ni l'un ni l'autre pour les Syriens je ne sais pas parce que là en fait on a quand même un dictateur sanguinaire qui s'en est pris à son peuple qui est remplacé par des islamistes tout autant sanguinaires donc moi j'ai quand même beaucoup d'inquiétudes oui enfin je veux dire les islamistes sont quand même des adeptes de la charia moi j'ai quand même beaucoup d'inquiétudes quant au sort qui pourrait être réservé aux minorités donc je pense aux chrétiens d'Orient mais je pense aussi aux femmes je veux dire on ne peut pas dire que les islamistes radicaux sont les meilleurs amis des droits des femmes vous voyez donc j'attends de voir ce que cela va donner mais en tout cas vous allez très vite sur l'Allemagne

39:29
Présentateur

vous allez très vite en fait en termes de jugement mais là par contre pour la Syrie il vous faut du temps pour jauger les choses c'est deux poids deux mesures là on est d'accord non voilà c'est deux sujets qui sont différents si vous voulez Nathalie vous avez vu une question sur Thierry Mariani Nicolas Bay

39:43
Invité

alors si je résume mais de toute façon totalement qu'il y avait effectivement un dictateur sanguinaire au pouvoir Bachar el-Assad ça on le sait et les découvertes qu'il y a eu dans la prison sont une évidence vous dites que vous attendez de voir parce qu'effectivement les preuves pour l'instant des islamistes ne sont pas un certificat de bonne conduite est-ce que ça veut dire que dans l'hypothèse d'une victoire du rassemblement national des gens comme Thierry Mariani qui se sont allés fréquemment en Syrie qui se sont même posés à côté de Nicolas Bay alors vous allez me dire que Nicolas Bay il n'est plus chez vous et que ce n'est pas le problème avec une bouteille de je ne sais pas quoi Rhône peut-être à côté de la prison pour montrer que l'embargo finalement ce n'était pas le sujet puisqu'on pouvait envoyer nos bouteilles de vin là-bas est-ce que ça veut dire que c'est son par exemple Thierry Mariani il est disqualifié puisqu'on avait parlé de lui pour peut-être ministre des Affaires étrangères ou je ne sais pas quoi dans un gouvernement après des choses pareilles dans un gouvernement

40:33
Présentateur

rassemblement national

40:33
Invité

les dictateurs sanguinaires on a l'impression quand même que là ce sont des fautes graves en fait les époques sont différentes mais en l'occurrence Bachar Al-Assad quand il était président de son pays c'est normal qu'on ait des échanges institutionnels avec ceux qui sont au pouvoir ça ne veut pas dire que vous saluez leur comportement mais bon en fait ils sont au pouvoir ils ont été élus par leur peuple ou pas élus dans certains cas des dictatures mais en tout cas demain avec un gouvernement rassemblement national et Marine Le Pen présidente de la république et bien oui en fait on ne va pas faire de l'ingérence dans les pays on va travailler avec tous les présidents des pays du monde de vos membres quand on demandait quels étaient les ministrables au sein du RN alors je rappelle aux auditeurs que cette photo remonte à août 2019 pas forcément à la période où Jacques Chirac et tout le monde fréquentaient le père, le fils est-ce que ça veut dire que Thierry Mariani alors après on va voir qui a gagné quoi qui a reçu des cadeaux ça c'est en cours de traitement mais est-ce que ça veut dire que ça n'est pas possible on ne peut pas porter l'image de la France la voix de la France elle est négociée pour la France quand on a accepté il y a une symbolique la photo elle est prise à quelques centaines de mètres de la prison est-ce que c'est

41:50
Présentateur

oui non c'est possible vous êtes gêné

41:53
Invité

par cette photo vous avez assez de gens au Rassemblement national pour alors je vous dis deux choses déjà la vision est un peu anachronique parce que vous commentez une image qui a été prise en 2019 nous sommes en 2024 il s'est passé des choses entre temps 2019 c'est pas non plus 2022 là où nous aurions pu avoir un gouvernement RN et c'est pas non plus 2024 où nous aurions aussi pu avoir un gouvernement RN et en ce qui concerne les ministrables vous êtes peut-être mieux informés que moi mais à part Jean-Paul Garraud à la justice je n'ai pas entendu de nom de cadre du Rassemblement national susceptible d'être ministre

42:25
Présentateur

Edwige Diaz on va parler un instant du Rassemblement national de votre parti donc qui a donc envoyé pardonnez-moi le livre de Jordan Bardella ce que je cherche à tous les adhérents qui ont récemment fait un don de 50 euros ou plus au parti c'est ce qu'a révélé le cadre enchaîné cette semaine pourquoi cette décision est-ce qu'il fallait gonfler les ventes du livre de Jordan Bardella alors je précise qu'il perd un peu de vitesse du coup j'ai regardé il a longtemps été à la deuxième place dans les ventes il serait passé dixième si j'en crois les estimations du site de vente Edistat est-ce qu'il est en train de perdre du terrain est-ce qu'il fallait réveiller

43:00
Invité

tout ça qu'est-ce qui s'est passé non pas du tout le livre de Jordan Bardella ce que je cherche rencontre un succès fulgurant puisque je crois qu'on a dépassé les 140 000 ventes vous voyez bien qu'à chaque fois qu'il fait une séance de dédicaces il y a des centaines et des centaines de mètres de fil d'attente pourquoi avoir un processif les ventes se portent bien et tant mieux l'idée qui a été la nôtre de proposer l'envoi du livre de Jordan pour tout don supérieur à 50 euros c'est simplement parce qu'en fait les adhérents nous l'ont demandé maintenant le canard enchaîné dévoile ce que vous venez d'indiquer écoutez nous avons saisi nos avocats fiscalistes qui feront une réponse à la commission nationale il faut préciser ça on ne l'a pas encore dit que chaque don est défiscalisé et c'est ça en fait que soulève le cas c'est pour ça que nous allons saisir nos avocats fiscalistes mais en tout cas le livre de Jordan les ventes se portent très très bien et d'ailleurs j'ai bien l'intention moi aussi de le lire pendant les vacances parce que je n'ai pas encore eu le temps de le faire

43:58
Présentateur

Edwige Diaz vous restez avec nous merci beaucoup l'émission se poursuit avec notre second invité

44:05
Locuteur 4

France Inter question politique Karine Bécard

44:15
Présentateur

bonjour Julien Campagny

44:17
Locuteur 4

bonjour

44:18
Présentateur

merci de nous avoir rejoints sur le plateau de questions politiques vous pouvez mettre le micro en face de votre bouche je pense que ça plus simple sinon vous allez prendre un torticolis je serai embêté pour vous on a décidé de respirer un peu ce dimanche pour la dernière émission de l'année avec vous vous êtes comédien vous sortez du conservatoire supérieur d'art dramatique vous faites notamment partie de la troupe du nouveau théâtre populaire et vous êtes l'auteur et l'interprète d'une pièce de théâtre absolument géniale sur la vie et la mort de Jacques Chirac roi des français c'est le titre de la pièce que vous avez co-écrite donc avec le metteur en scène Léo Cohen-Papperman en réalité vous vous êtes lancés tous les deux dans l'écriture de 8 pièces de théâtre sur nos 8 présidents de la 5ème république et vous en avez déjà écrit à peu près la moitié parce qu'il y a aussi Génération Mitterrand et puis dîner chez les français avec VGE expliquez-nous cette idée cette envie d'écrire sur des présidents au moment où les français n'aiment plus leurs élus au moment où les français n'aiment plus la politique cette idée saugrenue vous est venue comment ?

45:19
Locuteur 3

Alors l'idée elle est venue du metteur en scène Léo Cohen-Papperman qui pendant des années j'en faisais partie montait des Shakespeare et notamment des pièces de Shakespeare sur les rois et on sait que Shakespeare a écrit La Guerre des Roses qui est une grande épopée une grande série théâtrale qui raconte de Richard II à Richard III toute la vie des rois d'Angleterre qui précède sa propre époque et donc qu'il a inventé comme ça cette mythologie théâtrale et collective pour les Anglais et Léo a eu cette idée un peu cocasse un jour à dire pourquoi on ne ferait pas la même chose avec nos propres rois à nous pourquoi ces présidents

45:55
Présentateur

vous les voyez comme des rois parce qu'effectivement le titre c'est Jacques Chirac roi des français alors elle est ambiguë notre 5ème république d'accord mais

46:02
Locuteur 3

il y a plusieurs raisons à ça déjà il y a cette phrase de De Gaulle quand il arrive en 58 et qui dit j'ai résolu une querelle vieille de 169 ans sous-entendu j'ai résolu la contradiction entre la monarchie et la république et cette 5ème république cette monarchie constitutionnelle comme certains la voient on trouvait ça fertile théâtralement de la pensée comme une histoire de roi et ensuite on voit bien que tous les présidents qu'on a eu jusqu'à maintenant se posent cette question peut-être parce qu'ils sont tous héritiers de De Gaulle cette question des deux corps du roi jusqu'à Emmanuel Macron qui citait le livre quand il est arrivé au pouvoir et nous théâtralement ça nous intéresse parce que les deux corps du roi tout simplement c'est comment transformer un personnage public donc un corps qui est un corps collectif

46:57
Présentateur

qui n'appartient plus à lui

46:58
Locuteur 3

qui n'appartient plus en corps mortel c'est-à-dire quelque chose que nous avons tous en partage pour engager une catharsis avec les spectateurs

47:05
Présentateur

alors c'est ces 8 spectacles je le redis il y en a 4 qui sont écrits pour l'instant vous avez commencé avec Jacques Chirac ce qui peut paraître surprenant vous auriez pu commencer vous en avez parlé avec le général De Gaulle pour respecter la chronologie pourquoi Chirac en premier ? c'est celui qui vous a le plus inspiré ?

47:21
Locuteur 3

c'est venu comme ça et je pense que si c'est venu comme ça c'est parce que c'est le président de notre enfance et de notre adolescence c'est le président de notre réveil politique je pense que moi les premières manifestations que j'ai faites c'était contre la guerre en Irak que la première élection enfin le premier vote auquel j'ai participé c'était pour dire non au référendum de 2005 et donc il y a voilà je pense que c'est il y a quelque chose de générationnel et au-delà de ça Chirac a lui tout seul pour les gens d'aujourd'hui de 2024 ils racontent quand même au moins 50 ans de vie politique et ils permettent de rassembler plusieurs générations

47:53
Locuteur 8

est-ce que la monarchie est en danger aujourd'hui ?

47:57
Locuteur 3

je ne sais pas si j'aurai les capacités à répondre à cette question mais je ne sais pas

48:03
Présentateur

vous espérez ?

48:04
Locuteur 3

je ne sais pas

48:05
Présentateur

vous ne savez pas je ne sais pas

48:07
Invité

alors justement vous avez je ne veux pas faire de col comme ma camarade parce que vous considérez que le fait qu'on considère les choses comme une monarchie ça vient des monarques ou ça ne vient pas des français qui ont besoin d'être en extase devant leur président quand on voit les meetings avec des gens qui s'arrachent les vêtements en entendant des gens qui vocifèrent ce n'est pas totalement naturel ?

48:27
Locuteur 3

il y a plusieurs théories là-dessus moi je crois assez à celle qui dit qu'en France particulièrement en France les gens attendent toujours une figure providentielle pour ensuite la transformer en bouc émissaire et ça c'est vraiment la trajectoire d'écriture de chaque spectacle c'est ce que Martel le metteur en scène à chaque fois c'est que les gens attendent une forme de sauveur

48:47
Invité

ils veulent qu'on leur monte presque

48:49
Locuteur 3

oui je crois

48:50
Invité

on peut les faire se réveiller

48:51
Locuteur 3

vouloir qu'on nous monte peut-être que c'est un désir de théâtralité donc peut-être qu'il y a un désir comme ça alors en tout cas

48:57
Présentateur

elles sont très réactives comme le public effectivement vous sollicitez beaucoup pendant la pièce de théâtre il y a un moment qui est super bluffant vous parlez avec des gens du public et vous leur demandez leur date de naissance et à partir de la date de naissance vous êtes tellement dans ce personnage dans ce Jacques Chirac que vous connaissez par coeur que la moindre date vous êtes capable de dire précisément ce que Chirac faisait dans ce moment là j'ai envie de vous donner ma date à moi de naissance je me déshabille 1975 Jacques Chirac c'était quoi à ce moment là ?

49:29
Locuteur 3

1975 il est premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing ça se passe c'est très dur ça se passe pas très bien ça se passe pas très bien la relation avec Giscard 1975 oui c'est vraiment le Chirac ce qu'on appelle le Chirac conquérant le Chirac qui développe un peu son personnage à la fois gourmand et coincé libre et contraint voilà il y a 1975 on est en pleine crise pétrolière on est en pleine crise économique il y a le fléau du chômage et il va comme ça lancer le grand plan de relance de 1 milliard de francs

50:00
Présentateur

donc ça va mais c'est marrant parce que quand on vous entend parler oui vous avez une bonne note vous pourriez remporter le concours de l'ENA quand on vous entend parler on entend quasiment le ton de la voix de Jacques Chirac on a l'impression que c'était facile pour vous de réussir à parler comme lui et pendant tout le spectacle vous parlez comme lui et on s'y méprend

50:22
Locuteur 3

oui il y a ce désir d'incarnation c'est à dire qu'il a été tellement caricaturé

50:26
Présentateur

et il est facile en fait

50:27
Locuteur 3

je ne sais pas si c'est facile vous savez quand on travaille un rôle et surtout quand c'est un personnage réel d'abord on fait un grand chemin vers le rôle on se documente on s'intoxique on s'obsessionne et puis il y a un moment je ne sais pas trop comment ça rentre dans l'inconscient et le rôle vient plus à nous qu'on va vers lui et il y a un moment où il était là voilà je ne sais pas trop et en tout cas je ne sais pas si c'était Chirac lui-même mais en tout cas le personnage que nous avons

50:47
Présentateur

parce que pareil quand vous discutez avec les gens dans la salle vous parlez comme Chirac vous vous exprimez comme lui vous faites des phrases magnifiquement creuses c'est la perception que vous avez du politique les politiques sont toujours d'accord avec la personne qu'ils ont en face d'eux et ils ne disent pas grand chose

51:03
Locuteur 3

il y a vraiment là en l'occurrence c'est vraiment Chirac et Chirac je trouve qu'il a l'art de l'interaction de la sympathie de la chaleur humaine et en effet d'être capable de déployer des torrents de phrases qui sont

51:17
Présentateur

par exemple vous voulez que je parle

51:19
Locuteur 3

vraiment comme lui quand je n'ai pas le costume je suis un petit peu plus réservé mais en tout cas dans sa manière de parler il y a quelque chose qui me fascine qui est de l'ordre du c'est à la fois sensuel chaleureux et en même temps toujours quelque chose d'un petit peu pudique masqué réservé contraint et c'est cette contradiction à la fois libre et prisonnière convenable exactement et ça c'est assez fascinant pour un acteur d'être au coeur d'une forme de contradiction et après c'est savoureux de voir comment il étire plus que de raison les voyelles ça vous le faites super bien plus que de raison les consonne

51:58
Présentateur

c'est un vrai personnage de théâtre Jacques Chirac jusqu'à la caricature

52:03
Locuteur 3

moi je trouve que les plus grands personnages de théâtre c'est ceux qui sont les plus mystérieux qui sont les plus incertains qui sont le plus sur le fil et lui je pense qu'il a épousé tous les masques aussi bien d'un point de vue idéologique que d'un point de vue de l'incarnation et pour un acteur c'est fascinant moi quand je le vois bouger par exemple je suis à la fois mort de rire et fasciné il y a quelque chose que chez lui on dirait un grand oiseau surpuissant mais qui n'arrive jamais à décoller ça c'est passionnant à incarner

52:28
Invité

et à la maison chez vous quand vous étiez petit on parlait politique beaucoup ? pas forcément parce que honnêtement on se passionne pour des choses pareilles nous c'est notre cas mais on n'est pas totalement normal ou normaux parce qu'il y a quelque chose de dingue à prendre par cœur la vie de Chirac vous pourriez faire du marivaud ou je ne sais pas quoi des trucs plus pourquoi vous avez chopé ça ?

52:52
Locuteur 3

encore une fois c'est venu vraiment de Léo Cohen-Paperman qui lui a baigné par son père Philippe Cohen dans une famille de journalisme politique moi je suis plutôt j'ai plutôt le goût de l'incarnation et le goût des défis un petit peu à l'américaine qu'est-ce que c'est que de se transformer et donc après

53:09
Présentateur

c'est la performance qui vous plaît vous n'avez pas un rapport particulier à la politique

53:14
Locuteur 3

bien sûr que si bien sûr que si je suis passionné par ce qui nous réunit par ce qui nous rassemble et je suis passionné par le théâtre politique alors pas par le théâtre militant ça c'est une vaste question il nous faudrait plus de temps pour y répondre mais moi je fais partie de ce collectif qui s'appelle le nouveau théâtre populaire et qui se pose la question justement de je pense que le théâtre est fondamentalement interactif et fondamentalement démocratique donc à partir de là on se pose la question politique et les figures politiques et la vie politique en elle-même est une quintessence de la vie politique moi je vois plutôt d'une famille de professeurs et je pense que parfois il y a plus de vie politique dans une salle de classe que dans un conseil des ministres

53:50
Présentateur

Est-ce François que vous avez 5 secondes ?

53:52
Locuteur 3

Je l'aime je n'aime pas Jacques Chirac j'aime le personnage que j'ai créé en fait je pense que quand on est acteur on a un peu ce devoir de se mettre par empathie dans la logique de l'autre donc c'est une forme d'amour mais je pense que c'est de l'amour qui n'est pas respectueux

54:07
Présentateur

Merci infiniment Julien

54:09
Locuteur 3

Sarkozy Hollande en même temps

54:10
Présentateur

Exactement Julien Campagny alors je commence par rappeler le titre de la pièce qui est en train d'être jouée co-écrite donc par Léo Cohen-Popperman La vie et la mort de Jacques Chirac Croix des Français c'est jusqu'au 28 décembre Théâtre de la Porte Saint-Martin Courez-y parce que vraiment moi j'ai adoré bientôt effectivement Nicolas Sarkozy François Hollande et puis à Avignon cet été vous rejoirez a priori Mitterrand

54:31
Locuteur 3

et le dîner chez les Français de Valérie Jusquard

54:33
Présentateur

Merci également Edwige Diaz d'être venu sur le plateau de Questions Politiques Merci à toute l'équipe de Questions Politiques Fabienne Lemoyle à la rédaction en chef à Maury Bauchet à la programmation sans oublier toute l'équipe technique je vous souhaite de très très belles fêtes de fin d'année je vous dis à la semaine prochaine le 5 janvier Bonne fête

54:49
Locuteur 8

tout de suite

54:51
Locuteur

à lareso