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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 25 mai 2025 13 min

Loi Duplomb : "Nous sommes les boucs émissaires du chaos politique", dénonce Luc Smessaert

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il risque d'y avoir des tracteurs sur les routes demain, des tracteurs devant l'Assemblée nationale et pour cause l'Assemblée nationale et les députés donc examinent dès demain la proposition de loi du plomb un projet de loi visant à alléger la la réglementation les contraintes qui pèsent sur les agriculteurs qui ont déjà un quotidien extrêmement difficile. Figurez-vous qu'il y a des des dizaines des dizaines et des dizaines d'amendements qui ont été déposés par des députés de gauche et des filles écologiste Lux Messart, bonjour, merci d'être avec nous. Bonsoir.

D'ailleurs, 19h16, vous êtes vice-président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles. Bonsoir. Vous savez que dans le studio, on a peine à comprendre pourquoi je sais pas, peut-être que vous avez un un début d'explication pourquoi ces députés veulent, pardonnez-moi l'expression, vous pourrir la vie.

Alors que là, elle était censée euh vous cette proposition de loi est censée vous simplifier la vie. Est-ce que est-ce que vous vous comprenez déjà vous ? Ah ben clairement aujourd'hui euh il y a une colère, il y a une même esprit de trahison hein parce que euh les mêmes voilà l'ensemble des groupes que qui nous avait dit le cœur sur la main, il faut produire, ils ont voté euh la la loi d'orientation agricole euh en disant que il fallait garder notre souveraineté alimentaire, il fallait produire chez nous.

Je rappelle hein, on produit à ce jour que 50 % de notre alimentation. le reste on l'importe et de chaque année on importe un peu plus. Donc il était urgent de réagir.

Cette loi d'orientation, elle avait besoin d'une caisse à outil. Euh pour produire, on a besoin de l'eau. On a l'année dernière eu l'année la plus vie.

Euh et on n jamais stocké 1 m c d'eau en plus. On a besoin de bâtiments quand on veut faire de la volaille ou du port. Euh je le je le répète hein, on importe aujourd'hui 60 % de la volaille qu'on consomme, surtout celle qu'on consomme en produits transformés comme les nuggets.

Et euh aujourd'hui, la ministre disait, il nous faudrait 500 bâtiments par an pendant 5 ans pour enfin être autonome. Et là, ce texte va juste nous mettre aux normes européennes. On a besoin euh aussi de pouvoir protéger nos plantes.

On a retiré euh la majorité des des produits phytosanitaires et aujourd'hui, on est sans solution. Ouais. On arrête les productions de ceris, on arrête les productions de certains légumes et on va importer avec dans des pays qui produisent avec des méthodes où on interdit chez nous.

C'est ça qui est incroyable. C'està-dire que mange-nous français. Non mais vous avez raison.

Après je je reviendrai sur ma question de départ mais c'est vrai qu'on va manger des cerises qui viennent de l'étranger qui n'ont pas du tout normes sanitaires environnemental bien plus basse qu'en France. Bien plus basse qu'en France et vous on vous interdit d'en produire. C'est quand même hallucinant cette histoire.

Je vous raconte même pas le prix des cerises. Moi je suis allé faire mon marché. Vous savez combien ça ?

Non mais vous savez, je les ai pas acheté. Kil 8 € 8 € le kil mais vous plaisantez. Mais on est plutôt et je pense au contrôle Lux Messart.

Moi j'ai vu des cerises 250 g de ceris 25 €. Non je l'ai vu je l'ai pas acheté au marché. Non mais vous êtes d'accord parisienne ?

Mais non pas la grande épicerie du tout. Au marché je vous dis luxe messard. J'ai raison.

C'est un truc de dingue. Non non, c'est ça. Aujourd'hui, le kilot de cerise en France, il est il est plutôt entre 15 et 30 € alors que au producteur, on l'achète à peine 5 6 € le kilo.

Voilà. Exactement. Mais c'est c'est quand même une aberration.

Est-ce que vous je voudrais revenir sur la question que je vous posais tout à l'heure. Pourquoi les députés de gauche, les députés d'fi, les écologistes vous mettent des bâtons dans les roues ? Expliquez-nous. parce que on est finalement les victimes du bouqu émissaire de de ce chaos politique où chaque groupe voilà pour des raison d'existence peut-être existentielle sont en train de s'opposer alors que je peux vous dire que quand on est écologiste, on devrait justement éviter d'importer notamment puisque tous ces gens-là ont voté contre le Mercossur mais finalement c'est c'est ni plus ni moins que ce qui va se passer.

Euh après, moi je pense qu'on a aussi beaucoup de députés euh les vous parliez de LFI et et euh les écologistes là c'est 2500 amendements d'obstruction parlementaire pour ne pas que le texte avance. Ils veulent la décroissance, ils veulent qu'on arrête de produire chez nous mais qu'ils le disent clairement. Ça veut dire que derrière ils sont en train de tuer, de de saboter euh l'agriculture qui fait plutôt le fleuron de la France.

Parce que derrière l'économie, il y a des hommes, il y a des femmes, mais il y a aussi derrière un vrai travail sur l'environnement. Euh vous avez vu récemment euh tout ce ce scandale là sur le compté, c'était les mêmes qui disaient qu'il faut qu'on arrête de faire du compté dans le dou et dans le jura. Moi je suis désolé, j'y suis allé il y a un mois.

Euh le jour où on enlèvera l'élevage euh dans le dou et dans le jura, il y aura ce département n'aura plus la même euh attractivité pour notamment le tourisme en été. Donc un moment donné, il faut juste que ces gens-là qui sont en sol euh bah que la la France peut-être se réveille un peu plus euh que tous les finalement la France de qui était plutôt des gens du travail, il se disent on en a marre d'être gouverné par des gens qui sont aujourd'hui en train de tuer l'essentiel, c'est-à-dire produire notre alimentation. Bon, c'est-à-dire ces députés, vous avez le sentiment vous trahisse, on est bien d'accord.

Ah c'est la trahison. Et puis je peux vous dire que les agriculteurs aujourd'hui ne comprennent plus rien. En plus de ça, du coup demain les tractations politiques nous disent que on va avoir certainement une motion de rejet du bloc central parce que pour justement pour que ce texte puisse continuer aller faire comprendre un agriculteur que il faut voter une motion de rejet pour que nous ce qu'on veut aujourd'hui et c'est clair le message de la FNSE et des jeunes agriculteurs, on veut un texte, on veut un texte avant la moisson aujourd'hui au gouvernement de prendre ses responsabilités.

On voit bien qu'il y a un peu aussi euh sa chahut au sein du gouvernement. Il faut juste que s'il y a un patron, un premier ministre, un président de la République, on met les points sur les I et on donne aux agriculteurs le moyen de répondre à cette souveraineté alimentaire et le fait de produire. Il y aurait pas le salon de l'agriculture où tout le monde défile, tout le monde est d'accord avec nous et puis qu'après 51 une semaine, on nous laisse nous dépatouiller avec des boulés au pieds.

Voilà, c'est de la comise les agriculteurs pour faire sa come personnelle. Euh une chose hein, Lux Messard, peut-être aussi que vous n'êtes pas l'électorat de des LFI des écologistes et c'est peut-être aussi pour cette raison qu'il vous mettent des bâtons dans les roues. Oui.

Après moi je pense que moi j'appelle tous ces gens-là à la raison. Euh nous on a on n pas envie la France quand même aujourd'hui des fois notamment la France économique a plutôt un genou à terre. Il on n pas question de faire le chaos.

Mais je pense que quand on a des gens qui manifestent pour travailler, il y a des gens qui manifestent pour pouvoir justement euh vivre du prix de son travail et notamment euh le fait de produire son alimentation, je pense que c'est un enjeu, c'est stratégique, c'est essentiel et donc je pense que moi, surtout à tous ces gens dans tous nos départements, euh il y a aussi plein de jeunes qui veulent faire ce métier, il faut nous donner les moyens et je peux vous dire que notamment ce débat sur les produits phytosanitaires, c'est comme si on fermait la moitié de la la pharmacie Si vous avez une bonne grippe, on vous dit b on va vous donner un aspirine ça et vous vous débrouillez avec ça. Alors que dans les pays voisins, quand on a aujourd'hui 26 pays sur 27 quient certaines certains médicaments de la plante et nous on nous les interdit en France, là je pense que franchement il faut qu'on arrête parce que sinon on va décourager tous ces jeunes à faire ce beau métier. Vous avez raison.

Vous avez raison Sarm. Oui, pour LI et les écolos radicaux en tout cas pour ceux de l'Assemblée nationale, je pense qu'il y a une opposition primaire et assez bête où ils oppose l'agriculture et l'écologie. Donc par principe, il vole contre et c'est purement idéologique.

Après Emmanuel Macron avait fait beaucoup de promesses quand il était au salon de l'agriculture. Il avait enlevé la veste, il avait vraiment fait beaucoup de promesses aux agriculteurs. Gabriel Atal aussi me semble-t-il qu'il était allé sur des bottes de foin.

Et ce qu'on retient c'est que rien ne s'est passé entre les annonces et les écolos à la limite, j'ai pas beaucoup d'attentes. Je me doute bien que madame Rousseau va pas voter pour. Enfin, je veux dire, je m'y attends mais Emmanuel Macron, le bloc central, ils n'ont rien fait parce que c'est facile de dire toujours c'est Bruxelles, on peut rien faire.

Au bout d'un moment, les agriculteurs pour le coup sont vraiment coincés, ne peuvent pas travailler dignement. C'est insupportable. Oui.

Donc non, mais moi j'avais une peut-être une question à poser à monsieur Smessard, c'est sur vos revendications. Euh ce que vous demandez finalement et qui moi me paraîtrait de bon sens, ce serait que vous ayez moins de normes pour pouvoir produire davantage et que la France soit non seulement compétitive, mais puisse être souveraine. Donc ces normes-là, c'est à l'État que vous demandez de mettre moins de normes sur les agriculteurs ?

Alors, c'est pour ça qu'on a besoin de texte législatif. Euh c'est pour ça qu'on a besoin d'avancer au niveau européen sur une harmonisation. Euh je suis pas sûr qu'on arrivera à la l'harmonisation totale, mais que la majorité euh de de des moyens de production soient identiques.

Euh sur l'eau, par exemple, aujourd'hui euh on stock à peine 5 % de la pluie qui tombe euh pour la restituer justement pour l'alimentation humaine et euh pour l'agriculture. Euh en Espagne, on est à 50 % et donc je crois qu'il faut juste être capable quand l'eau qui tombe en excès, la capacité de la retenir. J'étais j'étais en Ardèche il y a 3 jours.

Je peux vous dire que ces gens-là qui ont su faire il y a il y a une trentaine d'années, il nous disaient ça serait aujourd'hui, ce serait pas possible. un ensemble de petites retenues et qui permet aujourd'hui de maintenir des exploitations euh de de l'ordre de de 10 20 30 hectares. C'est c'est de la serise, c'est de l'abricot, euh c'est c'est le poulailler, c'est c'est de l'élevage.

Et si aujourd'hui on est on n'est pas capable de mettre ça sur l'ensemble du territoire, euh bah parce que le changement climatique, il est là, on le voit bien, on a fait 15 mois avec un excès d'eau et là par exemple dans le nord de la France, on est en état de sécheresse depuis le début du printemps. Donc il nous faut aussi nous donner des outils, des moyens. On peut pas nous donner aujourd'hui la capacité.

Puis on voit bien aussi que dans partout dans le monde ailleurs, on se sert de l'agriculture de la en terme de géopolitique. On voit ce que fait les États-Unis, ce que font l'Ukraine et la Russie aujourd'hui aussi parce qu'ils ont besoin d'argent et qui sont en train d'inonder le marché français et européen de céréales, de poulet, euh de sucre. Et je pense qu'aujourd'hui, il est grand temps de réagir.

C'est pour ça que la détermination, elle est encore plus forte. euh qui a 15 mois, les agriculteurs vont se mobiliser, vous l'avez dit, il y aura des tracteurs devant l'Assemblée nationale. Donc forcément ça, vous allez vous allez arriver à Paris vers quelle heure ? très tôt le matin.

Alors, les premiers tracteurs vont arriver assez tôt pour justement éviter d'embêter ceux qui vont bosser, hein, ceux qui vont travailler. Il y aura forcément des petites perturbations. Et puis là, ce que notre réseau est en train de nous dire, c'est qu'il y aura aussi des mobilisations spontanées dans pas mal de départements dès demain puisque cette obstruction parlementaire a voilà a tisé les bresses de la colère.

Bon et vous vous n'allez pas en rester là, c'estàdire que vous serez devant l'Assemblée nationale mais vous allez continuer. Vous ne lâcherez rien ou c'estàd que si demain soir il y a motion de rejet de ce texte pour aller dans une commission mixparitaire, là c'est très technique, nous on veut la date de cette commission, on veut la date du passage solennel dans les deux assemblées et on le l'affirme clairement. Il faut que ça se fasse avant 15 juin parce qu'après on sera aussi dans la période des moissons, des périodes très importantes.

Donc aujourd'hui le mouvement va être différent d'il y a 15 mois en janvier là on a déjà démarré les récoltes de foin. On a déjà on a énormément de travail aussi dans les premières récoltes fruits et légumes. Mais par contre il y a une détermination totale parce que les paroles les agriculteurs n'y croient plus. les engagements, il nous faut du concret, il nous faut des choses courts de ferme pour que les agriculteurs puissent enfin travailler et bien sûr cette compétitivité c'est aussi permettre un vrai revenu à nos agriculteurs.

Mais oui, mais bien sûr. Un an c'était les mêmes revendications et c'est tout à fait normal. Et là, on entend exactement le même discours parce que rien n'a été fait.

Rien n'a été fait, rien. On vous a fait des des promesses non tenues en permanence mais ça effectivement il y a du monde au salon de l'agriculture. C'est c'est uneadmissible.

C'est très compliqué. Puis après, il y a aussi effectivement, je veux pas tout mettre sur la faute de Bruxelles, mais il y a aussi de la part de l'Europe, enfin toute cette histoire, la ferme à la fourchette, tout ce Green Deal et cetera qu'il y a eu avec des normes environnementales à non plus finir. Je dis pas que évidemment que l'écologiste important et nos agriculteurs sont les premiers écologistes de ce pays.

Et pour les technocrates de Bruxelles, si vous voulez, il vaut mieux aller calibrer les légumes, aller embêter les gens sur les rétentions d'eau, sur les bassines, aller embêter les gens sur l'usage d'un certain nombre de d'engrais chimiques ou de pesticides plutôt que de mettre en place un vrai outil de production agricole qui soit souverain et qui permette, comme disait très justement notre interlocuteur, d'être compétitif par rapport aux Américains, aux asiatiques, un certain nombre de pays d'Afrique du Nord qui sont très concurrents aussi sur un certain nombre de produits agricoles. que c'est ça l'enjeu mais mais j'ai l'impression que l'Europe est toujours une espèce de naïveté. L'Europe fait une norme et une nouvelle réglementation avant d'avoir une nouvelle idée.

Donc si vous voulez à chaque fois c'est les consommateurs aussi qui vont payer. Faut bien qu'on comprenne que c'est pas qu'un sujet pour les agriculteurs, c'est un sujet pour tout le monde. C'est exactement parce qu'on a envie de manger français.

On n pas envie d'avoir du poulet qui vient de je ne sais où. On n pas envie d'avoir des des cerises qui viennent de du Chili. Enfin, on veut on veut manger français de la viande d'Amérique du Sud.

On veut manger français. Merci infiniment Luc Smessard d'avoir été en direct avec nous sur Europin, vice-président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles la FNSEA. Demain, les tracteurs seront devant l'Assemblée nationale.

Merci à vous. Belle soirée. Les 19h29.