Revalorisation du Smic, réforme des retraites, semaine en quatre jours... Le "8h30 franceinfo" d'Astrid Panosyan-Bouvet
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Bonjour Astrid Panosian-Bouvet. Bonjour. Revalorisation du SMIC de 2% au 1er novembre prochain en anticipation du mois de janvier. C'est ce qu'a annoncé hier Michel Barnier. Pourquoi maintenant ?
Pourquoi maintenant ? Parce qu'on s'approche très près des 2% desquels il y a une revalorisation. Il est probable d'ailleurs qu'on soit à 2% de hausse des prix à la fin de l'année. Et donc on s'est dit qu'on allait revaloriser. Ça fait 28 euros net par mois pour chaque titulaire du SMIC. Donc c'est déjà quelque chose.
Si il y a effectivement le SMIC à 1426 euros net, on est bien d'accord, c'est une anticipation. Ça veut dire qu'il n'y aura rien au mois de janvier.
C'est une anticipation, tout à fait. Mais par contre, ça ne nous interdit pas, et c'est aussi ce qu'a dit le Premier ministre hier, de commencer à regarder maintenant très sérieusement la question des bas salaires. On voit bien, et ça a été documenté, qu'on a au fil des années constitué des trappes à bas salaire, parce qu'on voulait aussi favoriser le coût du travail. Et très concrètement, aujourd'hui, quand on est au SMIC, pour un employeur, ça lui coûte 500 euros quand il veut augmenter quelqu'un au SMIC de 100 euros.
On va en parler, mais pour terminer sur le SMIC, on est très loin des 200 euros promis par le nouveau Front populaire. On ne pouvait pas aller plus loin ?
Non, parce qu'il faut, non, d'abord parce qu'il faut, le vrai sujet, c'est la question des trappes à bas salaire. Le sujet aujourd'hui, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui sont scotchés au SMIC à vie. La SMIC ardisation, c'est ce qu'on dit. La SMIC ardisation, le SMIC, ça doit être un salaire d'entrée, mais certainement pas un SMIC à vie. Le sujet, c'est le temps partiel subi également, qui concerne 80% des femmes qui sont, voilà, ça c'est ce sujet-là. Et donc moi, je pense que c'est ces sujets-là qu'il faut remettre pour redynamiser les négociations salariales au niveau des branches et au niveau des entreprises.
Vous dites que ça coûte trop cher, en fait, pour l'employeur d'augmenter les salariés à partir d'un certain niveau. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous préparez un big bang des allégements de charges ?
Il y a un rapport qui va être rendu jeudi, qui, à la demande de la première ministre Elisabeth Borne, qui à l'époque avait demandé justement de regarder les implications de ces allégements de charges qui avaient été construits au fur et à mesure, pour voir comment on construit aujourd'hui des bas salaires et puis surtout des effets de seuil majeurs. Donc, notamment celui-ci, c'est-à-dire qu'il n'y a aucune incitation et pour le travailleur de se former ou d'accepter une promotion et pour l'employeur de vouloir progresser dans la grille salariale.
Mais vous entendez aussi ce que disent déjà les syndicats. Ils disent que les employeurs sont biberonnés aux aides publiques. Et donc, dans ces cas-là, est-ce que l'objectif dans les futurs mois, les futures semaines, ce sera de diminuer l'aide de l'État ? C'est ce qu'on va regarder, justement.
Après, il faut faire attention à des mesures trop brusques parce qu'il ne faut pas non plus pénaliser l'emploi. Mais c'est ce qu'on va précisément regarder sans aucun tabou. C'est-à-dire à la fois les trappes à bas salaire sur les très bas salaires et puis un lissage pour éviter ces effets de seuil qui fait que, voilà, à 1,6 SMIC, eh bien, vous n'avez tout simplement pas intérêt et en tant que salarié et sur votre salaire net et en tant qu'employeur à augmenter. Il y a un autre sujet aussi. C'est-à-dire que comme on indexe le SMIC et c'est une bonne chose sur l'inflation, il y a un vrai tassement de la grille des salaires vers le bas. Et donc, vous arrivez à des classifications.
Je veux dire, moi, je me rappelle encore de cette discussion que j'avais eue il y a un an sur la question des aides à domicile en Loire-Atlantique où quand vous êtes aide-ménagère et que vous devenez auxiliaire de vie, donc après une formation, le gain, il n'est que de 7,55 euros brut par mois. Donc, c'est aussi ces sujets-là qu'il faut regarder. Et quand on voit que 65% de nos branches n'ont pas retoilété leur classification depuis 5 ans, ce sont des choses qu'il faut regarder parce que ça participe de la progressivité.
Mais alors, comment on fait ça ? Comment on met la pression, justement, aux employeurs pour qu'ils mettent un coup de pouce sur la revalorisation salariale ?
Eh bien, il y a des pressions qui sont aujourd'hui dans les mains. Aujourd'hui, notamment sur le sujet des minimas conventionnels. On a une quinzaine de branches aujourd'hui qui ont un certain nombre de minimas conventionnels en dessous du SMIC. Ça fait des mois qu'on en parle de ça. Eh bien, moi, je suis nommée depuis une semaine et je vous annonce que je vais regarder la chose très sérieusement et les convoquer avec la Direction Générale du Travail pour regarder ça et les inciter à maintenant avancer très, très sérieusement sur cette question parce que les choses ont tardé.
Pour revenir sur les trappes à bas salaire, beaucoup de nos auditeurs qui nous écoutent là, qui sont autour de 2 000 euros, se disent très bien, mais quand ? Et dans quel cadre est-ce que vous allez prendre ces décisions ? Est-ce que c'est par exemple dans le cadre du prochain budget de la Sécu ou on va regarder ?
Oui, mais moi, j'aimerais qu'on avance avec le Premier ministre aussi. Et puis, c'est aussi un sujet de compte public et de finances publiques. Mais j'aimerais qu'on avance assez rapidement pour pouvoir prendre en compte les recommandations de ce rapport Bozio-Vassmer dans les comptes de la Sécurité, dans les comptes. Donc, c'est cet automne, en fait, que les visions sont prises. C'est cet automne. Et c'est d'ailleurs pour cela, pour préparer la déclaration de politique générale, le Premier ministre et moi-même avons rencontré chacun des syndicats et des organisations patronales.
Et moi, dès demain, je vais revoir les organisations patronales et les organisations syndicales pour faire le suivi, notamment sur la question des bas salaires, mais pas simplement.
Justement, dialogue, écoute, respect, a dit à de multiples reprises le Premier ministre hier. Les liens se sont parfois distendus avec les partenaires sociaux. C'est ce que vous avez déploré, vous, pendant la passation. C'est un reproche en creux à la méthode jupitérienne d'Emmanuel Macron où le dialogue social, en fait, n'a pas fonctionné ?
Moi, je crois que le dialogue social, que l'écoute, la cohésion sociale, c'est à la fois un facteur de compétitivité des entreprises et c'est un facteur d'engagement, de fierté et de reconnaissance des salariés. Je le dis aussi en tant que femme d'entreprise que j'ai été jusqu'il y a encore quelques années. Donc, moi, je crois au dialogue social et c'est vrai, objectivement, que sur les différentes questions, que ce soit la réforme de l'assurance chômage, que ce soit le débat des retraites ou autres...
Mais les salaires dont on parlait à l'instant, il y aura une conférence sur les salaires, par exemple ?
Moi, j'aimerais qu'on mette ce sujet sur la table, effectivement. Une conférence sur les salaires, mais il y a déjà des choses sur lesquelles on peut avancer rapidement. C'est-à-dire qu'avant d'attendre la conférence sur les salaires, il y a peut-être des choses qu'on peut déjà ajuster lors des discussions budgétaires.
Alors, reprendre le dialogue aussi sur la réforme des retraites, c'est ce qu'a promis Michel Barnier. Reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux, mais pour parler de quoi ? De l'âge de départ à 64 ans ? Parce que vous savez ce qu'ils veulent, les syndicats.
Ce qu'a dit... Qu'est-ce que nous ont dit le débat sur les retraites, d'abord ? C'est qu'il y a des sujets d'anxiété, du travail, ici et maintenant. C'est la question de la place des seniors. C'est vrai que de dire qu'on allonge deux années pour des questions d'équilibre des régimes par répartition absolument indispensables que le Premier ministre a rappelé hier, c'est anxiogène quand on a le sentiment, et c'est vrai depuis 40 ans, 50 ans dans notre pays, que passé 50 ans, passé 55 ans, on n'a plus tout à fait sa place dans le monde du travail. Qu'est-ce que nous ont dit aussi les débats sur les retraites ? C'est la question de la pénibilité.
Il y a un rapport de France Stratégie qui est sorti au printemps dernier qui a dit quand même quelque chose de très révélateur. C'est qu'un tiers des personnes qui sont aujourd'hui entre 51 et 59 ans exercent des métiers qu'on dit pénibles. Et qu'il y a aujourd'hui presque un tiers des ouvriers dans la manutention et dans le BTP qui partent pour des raisons de santé et d'inaptitude professionnelle entre 51 et 59 ans. 25% des auxiliaires de vie.
Donc il est question de parler de la pénibilité, du travail des seniors ?
Contre 5% dans les banques et les assurances. Voilà, ça ce sont des sujets. Et puis il y a la question des femmes, effectivement, qui pour des raisons de carrière hachées, j'ai parlé du temps partiel, ont aussi des sujets d'anxiété. Et donc c'est ces sujets que le Premier ministre a souhaité, suite aux différentes consultations que nous avons eues, revoir, mais dans le contexte très contraint des finances publiques. Mais vous en dites quoi ? Du coup, les syndicats, ils vous ont dit
« Oui, on reviendra autour de la table, même si on ne parle pas de 64 ans ? »
Dans le contexte très contraint des finances publiques que nous connaissons. Voyons, voyons si on peut, sur ces sujets-là, améliorer les choses. Moi, je pense que c'est extrêmement important, d'où la volonté, c'est ce qui a été annoncé par le Premier ministre hier, de remettre aussi sur la table la question de la négociation des seigneurs au travail.
Et ce que vont vous dire les partenaires sociaux, c'est que tout ce que vous nous dites là, la pénibilité, les carrières des femmes, les carrières longues, tout ça, c'est important, mais c'est à la marge par rapport à la question des 64 ans ?
Moi, je ne sais pas. Moi, je les revois à partir de demain, suite à la déclaration de la politique générale. Donc je verrai ce qu'ils me disent. Mais moi, j'ai envie de remettre sur la table, comme ça a été dit hier dans la déclaration de la politique générale, la question de l'assurance chômage, la question des seigneurs, la question des retraites progressives. Il y a moins d'un pour cent des gens dans notre pays qui bénéficient de retraites progressives quand c'est quelque chose de beaucoup plus important. Donc dans les pays du Nord, qui justement ont réussi le défi du travail des seigneurs, voilà les sujets dont on doit regarder.
Donc pas question de toucher aux 64 ans, la durée de cotisation, c'est ce que vous nous dites aujourd'hui. Pourtant, vous le savez, l'ERN comme la gauche ont prévu de déposer des textes pour abroger la réforme des retraites. Vu l'état des forces à l'Assemblée, ça va arriver tôt ou tard ?
Moi, j'ai envie de travailler sur le dialogue social. Donc moi, j'ai envie de regarder d'abord les organisations syndicales, les organisations patronales, pour voir comment avancer. Parce que les propositions de loi, il faut aussi regarder le cheminement, le passage au Sénat. Vous n'y croyez pas, vous, à l'abrogation ? Moi, je veux d'abord regarder les changements ici et maintenant. Si on peut améliorer l'insertion professionnelle des seigneurs, qu'ils puissent rester, se maintenir en emploi, en bonne santé, regarder le sujet des carrières pénibles, eh bien moi, je suis preneuse et je ferai tout pour pouvoir aider à avoir un accord et un compromis.
Pardon d'insister, mais vous l'avez forcément en tête ce scénario où, au bout du compte, puisque c'est l'Assemblée nationale qui a le dernier mot et qui a actuellement probablement une majorité de députés qui pourrait voter l'abrogation de la retraite à 64 ans. Qu'est-ce que vous faites dans ce cas ?
C'est une proposition de loi. Donc, elle doit aussi suivre le cheminement.
Oui, mais précisément, l'aboutissement du cheminement, c'est l'Assemblée qui a le dernier mot.
Oui, enfin, elle doit quand même... Oui, mais c'est la droite. Comment ? Et puis, il ne faut pas oublier non plus que dans la réforme qui a été votée, il y a aussi des améliorations sur les petites retraites parce qu'on parle beaucoup de... Mais parlons-en aussi, c'est un des plus 50 euros pour les petites retraites qui se sont vues dès septembre dernier.
Autre sujet d'importance pour ceux qui nous écoutent, la réforme de l'assurance chômage qui était prévue avant la dissolution et qui visait à resserrer les critères d'accès à l'indemnisation. Elle est morte et enterrée ou alors elle est encore sur la table ?
Ce que le Premier ministre a dit, c'est qu'il souhaite réouvrir la négociation et ce serait plutôt sur la base de l'accord de novembre 2023 qui avait été votée par... acceptée, signée par trois des organisations syndicales et par le patronat et de voir comment est-ce qu'on peut avancer là-dessus sachant qu'il faut que, en parallèle et en complément, on travaille sur la question du travail des seniors et également de l'aménagement des retraites. Donc, on l'oublie. À moins que... On oublie ce qui était prévu avant les élections. Mais en tout cas, la base de travail, ce sera celle qui avait eu l'agrément le plus large de la part des partenaires sociaux.
Vous nous dites l'importance, c'est le travail des seniors puisqu'effectivement, on rame à ce sujet. Comment, vous, vous voulez inciter les employeurs à garder les seniors en emploi et même à les recruter ? Oui. D'abord, ce n'est pas une fatalité. Lorsque vous êtes députée, vous avez parlé d'un CDI senior,
par exemple. Alors, ce n'est pas une fatalité. La Finlande, la Suède, la Norvège ont réussi le pari il y a 20 ans et ont maintenant des taux d'activité deux fois supérieurs aux nôtres sur les seniors, en particulier de 60 à 64 ans. Il faut mettre tout sur la table. Il y a la question des retraites progressives, il y a la question des CDI senior, il y a la question, en fait, de la capacité à anticiper en milieu de carrière pour que tous se disent comment je me projette dans ma deuxième partie de carrière. Il y a la question des reconversions professionnelles, il y a la question de la formation professionnelle.
Quand on a plus de 55 ans, on a deux fois moins de chances d'avoir une formation que quand on est plus jeune. Il y a la question, mais il faudra en parler, des discriminations. Quand vous avez plus de 55 ans dans notre pays, vous avez trois fois moins de chances d'être convoqué à un entretien d'embauche. Donc, il y a un travail
à faire auprès des employés aussi ?
Des employeurs ? Des employeurs et des employés. Un travail majeur. Renforcer peut-être aussi la négociation pour que ce sujet arrive sur la table chaque année dans les entreprises pour que ce soit suivi. Parce que ça doit être un sujet majeur comme ça l'a été dans les pays du Nord qui ont réussi à faire face à ce défi.
Astrid Panosian-Bouvé, la nouvelle ministre du Travail et de l'Emploi, est avec nous jusqu'à 9h sur France Info. On vous retrouve juste après le fil Info, 8h46, Claire Chekaglini.
L'Iran avait l'intention de tuer des milliers d'Israéliens, affirme sur France Info ce matin. Le colonel Rafovitz, le porte-parole de l'armée de l'État hébreu, a aussi confirmé que son pays se préparait à une riposte après l'attaque par Téhéran hier soir. Des missiles hypersoniques ont été pour la première fois utilisés par le régime d'Emola. Michel Barnier est un premier ministre très esselé selon Boris Vallaud. Le patron des députés socialistes, l'élu des Landes, estime que le chef du gouvernement n'a pas été beaucoup applaudi par la majorité qui est censée être la sienne lors du discours de politique générale du chef du gouvernement hier.
Les premiers arrivés auront les meilleurs tarifs si vous devez voyager par le train à Noël. Les billets pour les vacances de fin d'année sont en vente depuis 6h ce matin. Le PSG a bu la tasse à Arsenal 2 à 0 pour le deuxième match de Ligue des champions. Expoit en revanche pour les footballeurs brestois à Salzbourg. Les finistériens ont humilié les autrichiens 4 à 0. France Info Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Salia Braclia
Astrid Panosian-Bouvet ministre du Travail et de l'Emploi dans ce gouvernement de Michel Barnier le Premier ministre qui a donc fait cette déclaration de politique générale hier à l'Assemblée vous étiez présente de faire beaucoup avec peu c'est son message il a cité le général de Gaulle il y a les impôts mais les deux tiers de l'effort budgétaire en 2025 se passeront par des baisses de dépenses est-ce que ça veut dire que le budget de vos services ministère du travail mission sur l'emploi va baisser ?
Oui je pense que tous les ministères doivent contribuer à l'effort à l'exception de ceux qui sont sanctuarisés par des lois de programmation notamment les ministères régaliens qui avaient besoin d'un vrai effort de rattrapage donc l'emploi et la formation sera aussi touché par cette enfin devra participer mais il faut mettre les choses en perspective quand je suis arrivée au ministère du coup j'ai regardé un petit peu l'historique des budgets en 2019 on était à 12 milliards d'euros de budget emploi formation on est aujourd'hui à 20 milliards de budget donc ça veut dire que c'est une augmentation de 65% pour donner d'ailleurs un ordre de grandeur
on parle beaucoup du budget de la justice en ce moment c'est 10 milliards
voilà et donc en 2019 le budget emploi formation représentait presque 2,5% du budget total aujourd'hui on parle de 5% du budget total donc il y a quand même eu un effort considérable et je pense que vu l'état aujourd'hui des finances publiques et de l'urgence de retrouver une trajectoire scène et bien chacun doit participer et je crois qu'il y a vraiment les moyens de participer sans toucher à la dynamique positive que l'on a vu depuis ces dernières années et toutes les personnes qui travaillent
pour ces missions dans vos services quand ces personnes vous écoutent elles doivent se dire la ministre elle ne nous défend pas
alors moi je veux qu'on arrête de se dire qu'un bon ministre c'est un ministre qui se définit par la hausse de ses crédits ou par une loi qui porte son nom je pense qu'un bon ministre c'est les résultats non mais je vous le dis en plus avec beaucoup d'unité mais donc les résultats c'est à dire de pouvoir continuer et moi j'ai vraiment deux batailles qui est de continuer l'insertion professionnelle des jeunes parce qu'on a on a un taux d'activité des jeunes qui est des plus élevés depuis les années 80 mais qui reste quand même en deçà de la moyenne européenne et la question des seniors je pense qu'on peut faire comme le disait le premier ministre plus avec un petit peu moins
c'est mieux avec moins c'est ça
mais je pense que c'est possible justement à Street Panos-Jean-Bouvet il y a des craintes visiblement dans votre secteur sur les coupes budgétaires à venir parmi les pistes envisagées dans la lettre au plafond qui avait été envoyée il y a quelques semaines la réduction de la prime à l'embauche des apprentis notamment pour les niveaux licences et masters dans les entreprises de plus de 250 salariés pour le MEDEF c'est une très très mauvaise idée écoutez Patrick Martin
c'est formidable dans ce pays qu'on remet en cause des dispositifs qui marchent on avait 350 000 apprentis il y a 5 ans on en a 1 million maintenant je cite un chiffre là aussi il y a 30% des apprentis dans les grandes entreprises et à ce niveau de formation licences et plus qui disent qu'ils n'auraient pas poursuivi leurs études s'il n'y avait pas eu les aides à l'apprentissage et j'ajoute que les entreprises payent les apprentis forment les apprentis
vous le rassurez ce matin Patrick Martin il n'y aura pas de coupe chez les apprentis
alors il n'y aura pas de il y aura des ajustements de la prime à l'apprentissage ça il faut quand même parce que ça représente 14 milliards du budget sur les 20 enfin 4 milliards les primes à l'apprentissage par contre moi je suis très sensible à ce que dit Patrick Martin qui est que d'abord la révolution culturelle à l'apprentissage on disait ça marche en Suisse ça marche en Allemagne pourquoi pas chez nous et je suis sensible aussi au fait que il faut éviter les fausses bonnes réponses notamment sur couper les apprentis de Master 2 parce que précisément ça a à la fois permis à certaines personnes et à un tiers des étudiants d'accéder à ce niveau d'études grâce à l'apprentissage et ça a permis à beaucoup d'entreprises notamment les TPE les PME de pouvoir recruter ce type de profil et donc d'augmenter le niveau de qualité de l'emploi pour tous donc moi je serais extrêmement rigoureuse et précise sur les ajustements à faire pour éviter les effets de bord
Il y a un sujet très grand public qui n'a pas été abordé par Michel Barnier hier qui avait été évoqué par le gouvernement précédent la semaine différenciée la semaine en 4 jours qui doit permettre par exemple aux parents divorcés de travailler moins la semaine où ils ont la charge de leurs enfants c'est encore sur la table ou pas ?
Alors je sais qu'il y a une mission d'évaluation par mon ancien collègue de la commission d'affaires sociales Stéphane Viry là-dessus parce qu'il y a la semaine de 4 jours en 4 jours sur 4 jours il y a plein de variantes donc mettons les choses sur la table après moi je souhaite que ça ne cache pas ce ne soit pas l'arbre qui cache la forêt sur la question de l'organisation du travail et moi je souhaiterais mais ça c'est pourquoi pas à l'image de ce qu'avait proposé Jean-Dominique Sénard le patron de Renault et Sophie Thierry qui préside la commission travail-emploi du CESE de proposer pourquoi pas une cop-travail pour pouvoir précisément réfléchir sur ces sujets mais si on devait avancer moi il y a une chose sur laquelle je suis certaine c'est qu'il ne faut pas une loi uniforme c'est vraiment des choses qui doivent se décider et avancer au niveau des entreprises et pas branches au plus près de la réalité des entreprises
donc permettre aux entreprises de basculer dans la semaine différenciée ou la semaine de 4 jours pour qu'elles soient beaucoup plus libres d'organiser leur travail un autre sujet qui n'a pas été abordé effectivement par le premier ministre vu le contexte des finances publiques du côté de la sécurité sociale on cherche aussi des économies du côté des arrêts de travail notamment car leur coût a explosé 7 milliards d'euros 16 milliards pardon d'euros par an comment vous l'expliquez d'abord
plusieurs choses il y a à la fois le vieillissement de la population il y a un sujet autour de la santé au travail et il y a peut-être un sujet d'abus et d'aléas morales donc il faut regarder
d'aléas morales
d'aléas morales c'est-à-dire que ça devient plus facile parce que ça a vraiment augmenté post-Covid voilà donc je pense que ça c'est des sujets qu'il faut regarder parce que ces milliards que vous évoquez c'est en moins par rapport à la fois à la trajectoire des finances publiques et par rapport à ce qu'on pourrait faire sur d'autres sujets de prise en charge notamment en assurance maladie donc il faut aussi se rendre compte des arbitrages qu'on doit faire
et donc est-ce qu'il faut réfléchir mettre sur la table le débat sur la réflexion d'ajouter un ou deux jours de carence
moi je suis il faut regarder il faut regarder ça c'est précisément des choses qu'il faut regarder parce que là on est sur des dérives qui sont quand même très fortes et qui sont in fine portées et par les finances publiques mais aussi par les entreprises parce que ces accords il y a aussi des accords conventionnels donc c'est aussi derrière la masse salariale des entreprises qui coûtent au détriment on en a parlé en début de la capacité à faire progresser les salaires
Agnès Astrid Panosian c'est une ligne rouge de Michel Barnier le racisme l'antisémitisme hier on l'a entendu c'est l'un des rares moments d'ailleurs où quasiment tout l'hémicycle a applaudi les syndicats et le patronat expliquent assister aujourd'hui à une montée dans les entreprises des actes et des paroles racistes comment à votre niveau vous comptez vous y prendre lutter contre ce phénomène
alors moi je veux d'abord saluer effectivement l'initiative des partenaires sociaux de remettre la question dans le monde de l'entreprise du racisme et de l'antisémitisme parce que on l'a vu avec les différentes consultations les partenaires sociaux nous ont dit que la parole s'était vraiment libérée dans le monde de l'entreprise parallèlement on voit qu'il y a encore et c'est les études qui le montrent la défenseur des droits la DILCRA qu'il y a encore des discriminations majeures dans l'accès au travail et dans les formations 25% aujourd'hui des demandes qui sont faites à la défenseur des droits concernent l'emploi concernent effectivement l'emploi comment on agit il y a un arsenal juridique comme on fait souvent en France qui est très complet mais qui n'est pas véritablement effectif donc moi j'aimerais vraiment regarder ce qui se fait à l'étranger je vois qu'aux Pays-Bas je vois qu'en Grande-Bretagne il y a des choses on avait parlé on avait une proposition de loi qui était en cours qui était sur le testing mais qui n'était pas un testing généralisé mais il y a la capacité à faire et le testing ce n'est pas une fin en soi la question du testing c'est après ce qu'on en fait sur le suivi sur les sanctions sur la capacité d'amélioration
le testing pour être très clair c'est on regarde si une entreprise répond de la même manière à une personne selon son origine
voilà exactement sachant qu'il y a différentes formes de discrimination là il y a la discrimination sur le sexe il y a la discrimination sur les origines il y a la discrimination sur l'âge et donc il y a différentes manières de faire du testing il y a aussi donc ça c'est des choses qu'il faut faire mais encore une fois le testing ce n'est pas une fin en soi c'est qu'est-ce qu'on en fait et moi je suis vraiment prête à ouvrir cette discussion parce que ça fait partie on ne peut pas parler de promesses républicaines quand chaque jour on fait appel on ne fait face à des discriminations très concrètes dans la vie quotidienne que ce soit sur le travail mais que ce soit sur le logement
ou en boîte de nuit Astrid Panosian-Bouvé pour ceux qui ne vous connaissent pas vous êtes une marcheuse de la première heure vous étiez aux côtés d'Emmanuel Macron bien avant 2017 vous avez confondé en marche et aujourd'hui vous faites partie d'un gouvernement dans lequel un ministre macroniste lui aussi se fait recadrer par le premier ministre quand il considère que le RN ne fait pas partie de l'arc républicain est-ce que parfois vous êtes mal à l'aise ?
moi je serai toujours très ferme sur la lutte contre les idées du RN par contre je veux parler aux électeurs du RN je veux leur parler parce qu'il y a du ressentiment il y a un sentiment de déclassement et moi dans le portefeuille ministériel qui est le mien je pense qu'il y a des choses à faire pour les rassurer et pour leur montrer que les solutions et les réponses proposées par le RN ne sont pas les bonnes et sont même contre-productives et c'est pour ça que je suis très heureuse que les partenaires sociaux se saisissent par exemple de la question du racisme et de l'antisémitisme dans les entreprises c'est pour ça que je suis très heureuse qu'on se saisisse enfin de ces sujets d'anxiété qui nourrissent aussi les droits du RN quant à la question des salaires quant à la question des perspectives professionnelles
Astrid Panosian-Bouvet ministre du travail et de l'emploi merci d'avoir été avec nous pour cette première interview à la radio depuis votre prise de fonction au ministère du travail
Astrid Panosyan-Bouvet