Ménopause, brisons le tabou !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation. La mutualité française présente [musique] et la santé ça va ? Bonjour et bienvenue dans Et la santé, ça va ? 17 millions de femmes qui sont concernées par la ménopause ou la périménopause, soit une femme sur deux en France.
Et avec l'allongement de la durée de la vie, on estime que cette période durera pendant 40 % de leur existence avec des symptômes parfois pénibles dans les premières années. Pourtant, malgré cette réalité physiologique, et bien la ménopause demeure un angle mort médical, un tabou social et un impensé politique. Question : tant de femmes se retrouvent-elles ainsi démunies quand survient la ménopause ?
Comment notre système de santé peut-il mieux accompagner cette transition de la vie ? Ménopause, brisons le tabou. C'est tout de suite.
Nos invités Dominique Verrian, vous êtes sénatrice de Lyon. Vous êtes président de la délégation au droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes. Vous avez piloté un rapport sur la santé des femmes au travail.
Anaroi, vous êtes sage-femme, vous êtes spécialiste de la santé des femmes. Votre livre, c'est ma ménopause. Le guide complet, rassurant et sans tabou, c'est aux éditions de l'iconoclast.
Et puis je signale également votre podcast sur la ménopause intitulé bouffer de chaleur. Merci de participer à cette émission. Alors, la ménopause intervient en moyenne à 51 ans.
Il y a également la périménopause qui peut débuter bien plus tôt, hein, parfois euh dès 40 ans. Euh, d'abord c'est quoi la périménopause et quels sont les symptômes à la fois de cette périménopause et la euh ménopause ? Donc, périménopause, c'est effectivement ce qui est avant.
On appelle ça aussi préménopause. Euh, il y a des femmes qui ont de la chance et ça va durer une à 2 années, parfois même un peu moins. Et puis il y a des femmes qui ont pas de chance et on l'a dit ça peut commencer dès l'âge de 40 ans.
En général, c'est dû à une insuffisance de progestérone et donc on va avoir une altération du sommeil, une fatigue, on peut voilà avoir des symptômes comme ça. Mais la ménopause, c'est là où les symptômes sont les plus bruyants. Et la ménopause, bah c'est des symptômes qu'on connaît bien.
Il y a enfin qu'on connaît bien, non pas tant que ça justement. Et c'est bien ça qui est embêtant. Euh évidemment bouffé de chaleur, évidemment suur nocturne évidemment al nocturnne, il peut y avoir des suurs nocturnes, il peut y avoir des altérations de la santé mentale.
En fait, il y a une altération de la santé mentale vraiment avec des des troubles anxieux, des dépressions qui sont majorées. Enfin, il y a énormément de symptômes. Et d'ailleurs, c'est ça qui est intéressant, c'est que comme la santé de la femme et est-ce qu'on fait le lien entre ces sur nocturnes qui vous tombent dessus et la ménopause ou est-ce que certaines femmes la plupart des femmes oui mais en fait pas tant que ça et c'est ça qui est très étonnant et c'est pas ça c'est qu'on découvre des symptômes presque tous les jours encore parce qu'autant la santé de la femme a été on a très investi par exemple la question de l'accouchement on a mis beaucoup d'argent enfin on s'est vraiment pas occupé de l'accouchement autant la femme quand elle est en ménopause elle intéressait pas ou peu la recherche médicale et scientifique parce qu'en fait elle avait donné ce qu'elle avait à donner la femme C'està-dire un enfant.
Mais donc il y a des périodes qui ont été délaissées comme ça. Il y a la ménopause, il y a le postpartum, il y a il y a d'autres questions comme ça. Est-ce que toutes les femmes sont touchées de façon la même façon ou bien est-ce qu'il y a beaucoup il y a beaucoup d'inégalité dans les symptômes ?
Alors ça c'est très intéressant et je vous remercie de poser la question parce que non, il y a pas une ménopause qui ressemble à l'autre. Il y a vraiment on on considère qu'il y a à peu près 25 % des femmes qui ont des symptômes très sévères. Ça fait beaucoup de femmes, ça fait 1 million enfin moi j'ai fait mes petits calculs mais ça fait 1 million de femmes par an en France qui sont très handicapées par la ménopause.
Mais il y en a d'autres qui vont avoir une ménopause absolument géniale, quasi sans symptômes et qui vont très bien le vivre. Et puis on a une géniale, c'est-à-dire qu'il va rien se passer. Oui.
Elles sont même contentes et ça il faut le dire aussi, il faut que cette parole existe. Il y a des femmes qui disent "Ouais, super, je suis en ménopause, j'ai pas de symptômes, je me sens hyper bien dans ma vie, je me sens affranchi plein de trucs et qui vont super bien." On nend jamais ce discours là.
La ménopause, ça peut être ça aussi. Alors euh madame la sénatrice Anoi disait à l'instant, "On ne les connaît pas tant que ça les symptômes liés à la ménopause." Pourquoi ?
Parce que c'est un sujet tabou. Je vous donne livre cette statistique. 50 % des Françaises disent se sentir angoissé à l'idée d'en parler.
Oui, parce que ça va être considéré comme des problèmes de bonne femme et du coup on n parlera pas. Alors effectivement la grossesse, on peut en parler parce que c'est noble, on va avoir un enfant et cetera, mais la dépression postpartom, on en parle pas parce que dépression postpartom alors c'est quand on est dépressive après avoir eu un enfance qui est quelque chose de courant mais dont on ne parle pas parce que quand même on doit être heureuse d'accueillir cet enfant, c'est la plus belle chose qui doit vous arriver dans votre vie. Donc on n'ose pas le dire.
Et la ménopause c'est un peu différent. C'est là on est un peu âgé à ce moment-là. Bon, on va pas aller se plaindre.
Puis en plus, les femmes ont tendance à pas forcément aller se plaindre effectivement, ne pas savoir que c'est la ménopause qui leur arrive. Elles ont des sueurs. Bon ben voilà, c'est des petits désagréments mais finalement tous les mois quand on a ses règles, on a aussi des petits désagréments et donc on s'habitue ce qui fait qu'on en parle peu.
On en parle entre femmes mais on en parle peu à l'extérieur. Entre femmes, c'est-à-dire que au fond la médecine appartient aux hommes qui peuvent d'ailleurs considérer parfois que les femmes souffrent lors de l'accouchement, lors de la ménopause et tout ça est bien normal. Bah jusqu'à présent, c'était un peu le cas.
Vous le savez, sur les maladies cardio-vasculaires, on on n'enseigne pas aux médecins les différences de symptômes entre la maladie cardio-vasculaire de la femme et la maladie cardio-vasculaire de l'homme. Or, la ménopause par exemple, bah qu'il l' pas, elle n'est pas genrée, elle est masculine. Ouais.
Donc on aimerait qu'elle soit genrée. C'estàd qu'on considère, enfin personnellement, je considère que c'est pas parce que un homme n'aura jamais de cancer du col de l'utérus qu'il faut pas le soigner. C'est pas parce qu'on aura pas de cancer de la prostate qu'il faut pas la soigner, qu'il faut pas le soigner.
Alors, je vous propose pour accompagner notre conversation de faire connaissance avec Rosa qui a 55 ans et comme beaucoup de françaises et bien lorsque la ménopause est arrivée, elle s'est retrouvée décontenancée par ses symptômes. Reportage [musique] vieille église en Yveline. Alors, comment ça a été cette nuit [musique] ?
Tu as bien dormi ? C'est là qu'habite Rosa, 55 ans. Tiens, je vais prendre mon aide ménopause.
Depuis 2 ans, elle pourrait presque devenir à apothicaire. Puis le magnésium, tu peux en prendre le matin et le soir. Ça t'empêche pas de dormir, bien au contraire, ça te détend pour Rosa est incollable sur toutes les vitamines et autres compléments alimentaires qui peuvent soulager les effets de sa ménopause.
Les cout de ton corps, quand je mange pas assez de poisson gras, de l'oméga 3 parce que c'est bon pour le cœur. Ensuite, je prends de la vitamine D. Alors ça c'est tous les jours parce que ben pour les eaux c'est super important puis on a pas assez de soleil chez nous.
La vitamine C ça ça dépend des journées, ça dépend comment je me sens, je crois ou pas quand je dors pas comme là cette nuit. Rosa a une vie bien remplie. Trois enfants, un travail prenant de commercial dans le bâtiment, de la danse et du yoga.
Mais en 2023, quasiment du jour au lendemain, la ménopause lui tombe dessus. Ce bouleversement hormonal, elle en parle ouvertement avec sa fille Lili Rose. C'est vrai que moi je l'ai remarqué direct sur toi quoi.
Ça se voyait tu avais beaucoup de saut d'humeur, tu changeais directement, tu passais d'une émotion à une autre. C'est vrai que ça se voyait beaucoup que tu étais fatigué donc oui, tu es petitte cernes mais ça se voit pas. Nous on le voit pas mais c'est vrai que ça a l'air de te Ouais.
Mais je pose problème. Ouais. Puis tous les symptômes là, ça a l'air d'être assez dur à vivre quoi.
Pourtant quoi, ça se voit quoi. Ce qui l'empêche de dormir correctement, ce sont les classiques bouffées de chaleur qui concernent 70 % des femmes ménopausées. Mais très vite, Rosa a été confrontée à d'autres symptômes plus inattendus les uns que les autres.
L'art de se nourrir en été. Mesdames, bienvenue dans la grande aventure de la ménopause. D'un coup d'un seul en 6 mois, la totale.
Alors euh c'est euh la peau qui détend, c'est alors ça c'est les cheveux qui tombent, la moustache qui pousse. Alors là, on se dit "Mais c'est pas possible, on a plus de cheveux mais on a la moustache qui pousse." OK, d'accord.
Dans tout ce que je vous ai raconté, je vous ai pas parlé des migraines, mais quand vous vous levez un matin, que vous avez une migraine à vomir et que vous pouvez même pas poser un pied par terre, c'est quand même violent de se dire "Oh, je vais être couché toute la journée, c'est l'horreur, je fais de la taquicardie à un moment donné, j'ai même eu peur de faire une crise cardiaque." Et alors le pire aussi par rapport à mon travail, le brouillard cérébral. C'est-à-dire qu'en fait, vous avez des moments, vous cherchez vos mots, bah je savais le dire, je sais plus le dire, qu'est-ce qui se passe ? "Ça y est, j'ai Alzheimer".
En fait euh on a l'impression au fur et à mesure des symptômes que ben on a toutes les maladies de la terre. [musique] En quête d'aide face au tsunami intérieur qu'elle ressent, Rosa consulte "J'ai tellement trouvé bien que je l'ai offert". Mais ne trouve pas de réponse à ces questions du côté du corps médical, ce qui renforce son sentiment d'isolement face à sa ménopause. [musique] Un médecin général, ce que j'adore, c'est une femme extraordinaire, exceptionnelle, mais elle est jeune et en fait nos médecins ne sont pas formés.
Donc elle elle va me dire "Ah ben non mais je vous donne pas de traitement hormonal, ça donne le cancer." Bon ok. Ah bah vous faites une petite déprime, allez hop, on va vous donner des antidépresseur, vous dormez pas, on va vous donner des somnifères.
En fait, on vous donne que du chimique pour régler indépendamment chaque symptôme et en fait bah il y a pas d'écoute et que c'est à nous de nous débrouiller pour aller trouver les solutions. Bon Anna Roage, je vous voyais sursauter lorsque la jeune la femme disait "Je vous donne pas le enfin cita sa son médecin disant je vous donne pas de traitement hormonal parce que ça donne le cancer." C'est vrai que il y a quand même, pardon, mais en fait, il y a eu une étude du World's Health Study qui a montré qui a parler de surrisque de cancer ou de maladie cardio-vasculaire, ce qui fait que le la prescription de traitement hormonal s'est effondrée en France.
On était passé dans les années 2000. Voilà, on est passé de 50 % des femmes concernées à 2,5 % en ce moment. Et ça reste incrusté dans la tête des soignants.
C'est une catastrophe parce que c'est on a la tête farcie de cette étude qui date d' il y a plus de 20 ans. Maintenant c'est vraiment dommage pour les femmes. C'est là quand on entend cette femme, on se dit mais zut enfin c'est quel euh ça consiste en quoi évidemment ça consiste en quoi et en quoi est-ce que c'est efficace le traitement hormonal de la ménopause l'idée c'est d'aller redonner des hormones progestérone estrogène sous forme de médicaments pour palier le manque si vous voulez que qu'on a au moment de la ménopause.
Et c'est vrai qu'il y a beaucoup de patientes qui disent "Mais c'est miraculeux". Littéralement, c'est vrai qu'il y a des contre-indications et qu'il y a des femmes qui n'auront pas le droit, ça c'est certain. Mais en tout cas, quand tu as le droit et quand une femme en a envie, zut, il faut qu'elle puisse l'avir.
Sur le cas de Rosa et les symptômes qu'elle présentent, est-ce que c'est typiquement ce que vous entendez encore tout à C'est exactement ça. C'est des femmes qui Non mais il y en a qui se disent "Ça y est, j'ai une maladie grave, enfin qui imaginent des choses." Et puis on a, j'en ai pas parlé tout à l'heure, mais les troupes du sommeil par exemple qui concernent 40 à 60 % des femmes à cette période là de leur vie, ça leur cache la vie vraiment.
Ça peut être très très dur. Alors Dominique Verrian, il y a autre chose aussi dont parle Rosa, c'est cette espèce d'érance médicale. Comment y remédier ?
Est-ce que d'ailleurs il y a des inégalités territoriales qu'il faut qu'il faut souligner ? Alors des inégalités territoriales, il y en a parce que il y a des endroits où on n pas de médecin. Donc de fait il y a des inégalités territoriales.
Mais après, il y a aussi ce problème de formation où effectivement les médecins les médecins généralistes devraient être mieux formés. Euh quand je parle de il y a pas de médecin, il y a pas non plus de gynécologue médicaux par exemple. Heureusement qu'il y a des sages-femmes qui maillent mieux le territoire que les gynécologues médicaux.
Mais vous savez, pendant 19 ans, entre 84 et euh et 2003, on a arrêté de former des gynécologues médicaux. C'est-àdire pas les obstétriciens, pas ceux qui s'occupent de l'accouchement, mais les autres qui s'occupent de la santé gynécologique de la femme qui va en fait de bah de je sais pas c'est 12 à c'est à sa mort. Et bien on avait arrêté de les former et il y a il y a 14 départements qui en ont zéro.
Lyon en fait partie. On n pas de gynécologue médical dans les femmes et bien on a des sages-femmes. Heureusement heureusement qu'on a des pas même métier.
Ça c'est important de le dire mais c'est pas le même métier. Et donc on pourrait palier en formant mieux les professionnels, les les médecins généralistes. Mais on ne le fait pas.
C'est ce que je vous disais. Sur les maladies cardio-vasculaires. Déjà on ne le fait pas.
Alors autant vous dire que sur la ménopause on ne le fait pas non plus. Et c'est dommage parce qu'effectivement, on va voir son médecin et on dit "Mais j'arrive plus à dormir." Euh et ils font pas le lien, ils se posent pas la question "Mais vous avez quel âge ? "Mais qu'est-ce pas ?
Mais est-ce que vous êtes encore réglé ou pas ?" On pose pas ces questions-là. Alors du coup, que fait-on ? faute de gynécologue et faute de généralistes.
Non mais les sages-femmes sont bonnes dans la prise en charge de la ménopause he elles sont les dé maillage de sagfemme ça ça mais le problème des sages-femmes c'est que par exemple si vous avez une pathologie gynécologique en plus je sais pas si vous avez des fibromes un cancer et cetera, là notre nos prérogatives s'arrêtent donc là on est obligé de passer la main un gyncologue médical. Alors en tous les cas avec les difficultés de l'accès aux soins, du coup Café Rosa, elle est elle s'est renseignée sur les réseaux sociaux. Bah regarder ce qu'il y a à trouver.
Les informations sur la ménopause, Rosa est allé les chercher par ses propres moyens. Étant donné qu'on quand on est en [musique] ménopause, on perd énormément de masse musculaire. C'est la première chose que l'on perd.
Il faut refaire de la masse musculaire, [musique] les étirements de yoga à la fois pour les muscles et les os, c'est extraordinaire. Elle a puisé dans des livres mais surtout sur les réseaux sociaux. On a effectivement une espérance de vie plus importante chez la femme et malheureusement nous allons avec lui de façon médicale et sous son contrôle parler de la ménopause.
Bonsoir Michel, bonsoir Avine. De plus en plus de comptes de célébrités ose aborder franchement cette étape de la vie des femmes. On a à peu près 14 millions de femmes qui sont ménopausées et chaque une libération de la parole salutaire qui réconforte Rosa de ce qu'on appelle la ménopause.
En fait, dans les personnes que je suis sur Insta, j'ai par exemple Adeline Blondio qui a été actrice, euh j'ai Veralbri qui a été donc animatrice, j'adore Maitena Braaben, je crois que c'est comme ça qu'elle s'appelle. Bah toutes ces femmes parlent ouvertement de leur ménopause, de leurs symptômes et aujourd'hui c'est grâce à ell que on arrive à avoir aussi des informations de se dire bah finalement euh on n'est pas toute seule et c'est grâce à ces gens que on va enfin pouvoir s'emparer du sujet et de pouvoir effectivement trouver des solutions et aider les femmes qui pour certaines à mon avis c'est encore pire que pour d'autres les pauvres c'est voilà. Alors Anaroi, ça participe à la libération de la parole ?
C'est oui, on critique beaucoup les réseaux sociaux mais de fait les réseaux sociaux sont un formidable levier. Ils l'ont été pour le postpartom, ils l'ont été pour plein de choses et ils le sont aujourd'hui pour la ménopause. Mais à la différence des autres sujets, je trouve qu'il n'y a pas assez de femmes qui parlent de ménopause.
Il faudrait plus de professionnels de santé, plus de femmes qui parlent ouvertement de la ménopause vraiment. Et votre podcast, par exemple, est-ce que vous avez des retours en disant c'est formidable ? Ah bah c'est extraordinaire.
Oui, j'ai énormément de retour mais c'est pas suffisant. Il en faudrait plein. Il faudrait plein de podcast, plein de beaucoup plus de ressources.
C'est culturel. Et c'est culturel parce que j'étais en septembre au Canada pour rencontrer des parlementaires canadiennes euh et qui étaient dans l'âge de la ménopause. Elles en parlaient toutes très ouvertement.
Mais alors, attendez, à la télévision, vous avez euh des Ça veut dire quoi en parler ouvertement ? Ça veut dire ça veut dire qu'il y a des En France, ça reste un tabou. Ah bah oui, en France, on va pas au moment d'une réunion dire "Oh là là, il faut ouvrir la fenêtre là parce que moi ma ménopause, j'ai chaud là." Euh non, c'est une blague de mec.
On va voilà par exemple, mais dans ces cas-là, faut s'en s'attendre à avoir un petit retour sur la prostate, mais euh mais effectivement, on n'ose pas en parler. Non, mais franchement, on n'ose pas trop en parler ou pas de façon aussi ouverte. Au Canada, il y avait aucun problème quoi.
C'était assez amusant. Est-ce que ça peut aussi venir dès dès euh dès le collège et je veux dire, est-ce que les jeunes filles à l'école devraient être davantage sensibilisées, éduqué à ces questions de alors comment vous dire ? Il y a un truc qui s'appelle les Vars, j'arrête pas d'en parler, éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle qui permet de savoir quel est mon corps mais de garçons comme de filles, qu'est-ce que c'est que le respect hein ? puisque bon, c'est évidemment pas apprendre la sexualité au petits de la maternelle puisque là c'est simplement mon corps et mon corps mais progressivement apprendre parce que vous savez qu'il y a des filles qui arrivent et qui ont leurs règles et elles ne savent pas ce que c'est parce qu'on en a pas parlé dans la famille et qu'il y a bien quelqu'un qui doit le dire parce que c'est effrayant la première fois si on n'est pas un peu prévenu et de la même façon si on nous apprenait toutes les étapes de la vie, tout ce qui peut arriver, le fait d'avoir une grossesse, qu'est-ce que ça provoque, qu'est-ce que c'est qu'une dépression pas et qu'est-ce que c'est que la ménopause, ce serait plutôt bien et mais apprendre de la même façon aux garçons, toutes les tous les bouleversements qui vont vivre dans leur corps, ça paraît effectivement une bonne chose parce que les familles ne le font pas forcément, certaines le font mais pas toutes.
Anaroi, vous le constatez, il y a un un manque d'information, un besoin d'information. Du coup, d'ailleurs certaines jeunes filles vont sur les réseaux sociaux où on trouve est-ce qu'on trouve forcé de un peu de tout d'ailleurs, est-ce qu'on trouve aussi news ? Oui.
Et et c'est ça qui est très malheureux. Vous avez plein de gens qui s'autoproclament je sais pas quoi spécialiste en santé. Non mais c'est une catastrophe. et comme il y a pas de régulation, on entend tout et n'importe quoi ou que la ménopause, il suffit de prendre un peu de feuilles et de se de feuilles de je sais pas quoi, de se la mettre au-dessus de la tête et ça ira beaucoup mieux et c'est dommage.
Alors, je propose de retrouver Rosa, donc toujours 55 ans qui après des années d'érance médicale et d'incompréhension par rapport à ces symptômes, et bien Rosa a trouvé un atelier d'information gratuit et ouvert à toutes les femmes. C'est à l'hôpital Saint-Joseph à Paris. Reportage. [musique] Au fil de ses recherches en ligne, Rosa a trouvé une nouvelle solution.
À l'hôpital Saint-Joseph, ménopaosé [musique] de fraîches dates ou au seuil du grand Big Bang, elles sont une dizaine à suivre un atelier pour les aider à mieux comprendre et à surmonter les symptômes subis ou à venir. Donc la ménopause, ça se définit par 1 an sans règle à l'âge de la ménopause, donc autour de 50 ans. Si j'ai 25 ans que j'ai pas mes règles pendant 1 an, c'est pas normal, il faut consulter.
Dans la majorité des cas, ça va être des symptômes temporaires. Et puis il y a des femmes, je vous ai dit, hein, 10 15 %, même des fois jusqu'à 20 % selon les enquêtes qui vont avoir zéro symptômes. Faut pas les oublier celles-là hein, elles existent, d'accord ?
Il sont pas là aujourd'hui mais elles existent. Pendant 4 heures, les ateliers s'enchaînent sur l'impact de la ménopause sur les eaux, sur le poids. On est sur 500 g maximum de viande rouge par semaine et [musique] sur la vie sexuelle.
L'arrivée de la ménopause dans la vie d'une femme et dans la vie d'un couple peut venir un petit peu perturber quelque chose qui fonctionnait bien. Donc du coup, c'est la raison pour laquelle on a décidé de d'aborder le sujet de la sexualité dans cette période autour de la ménopause. [musique] Depuis son lancement en 2021, 800 femmes ont pu bénéficier de ce parcours [musique] intégralement pris en charge.
À l'origine de cette demi-journée, Justine Hugon Rodin, gynécologue. [musique] Elle souhaite apporter du temps et une approche globale aux femmes. Je me sentais vraiment frustré en consultation, même si on a plutôt des consultations longues de 30 minutes avec les femmes.
C'était à mon sens pas suffisant pour évoquer tout ce qui a à évoquer au moment de la ménopause. Et aussi, j'ai découvert euh finalement cette interaction, cet échange entre les femmes et finalement cet exercice de groupe est très enrichissant. Elles vont euh libérer la parole, elles vont pas forcément oser parler d'un symptôme, mais comme la voisine l'a fait et ben finalement dire "Ah bah moi aussi alors oui et je ne suis pas toute seule." Et puis euh cette interaction voilà c'est chans, c'est très riche.
Un cadre intimiste qui permet également de battre en brèche certaines idées reçues comme celles sur le traitement hormonal longtemps associé à un risque accru de développer un cancer. Aujourd'hui, les hormones qu'on utilise en France, elles sont extrêmement rassurantes et les données montrent qu'il y a très peu d'augmentation des risques. Pourtant, le traitement reste sous-utilisé.
C'est une minorité de femmes qui ont des contre-indications au traitement hormonal. Donc, probablement qu'on peut faire mieux. Il s'agit pas de le donner à 100 % des femmes, mais ça serait bien qu'on fasse mieux que quelques pourcents d'utilisation.
Ben moi, j'ai très envie de tester ce traitement hormonal français puisque c'était bien précisé partout à la façon française et que bah ça m'a permis de voir qu'effectivement par rapport à ce que je sais déjà de moi ben je pense que je vais pouvoir le tester. Anna Roi, votre ressenti sur ces témoignages qui montre que la ménopause ça impacte différents différentes facettes de la vie d'une femme. Ah oui oui.
Ça peut vraiment bouleverser, ça peut modifier la trajectoire professionnelle, ça peut on va dire enfin ça peut vraiment avoir un gros impact même la trajectoire d'un couple. Enfin, ça peut faire beaucoup de choses. Et là, ce qui est intéressant, c'est quand même génial ce genre de structure.
Il en faudrait plus sur le territoire. Et moi, je suis un peu triste de voir qu'il faille aller que donc elle l'aille ailleurs que chez à côté de chez elle pour avoir un traitement hormonal de la ménopause. C'est quand même un peu h euh Dominique Verriant, euh ça 50 % pour rebondir sur ce que disait Anna Roi, 50 % des femmes considèrent que la ménopause a des conséquences sur le travail.
Est-ce que là aussi dans le monde du travail, alors vous allez me dire aussi que c'est un monde finalement bah l'image de la société où les managers où la la ménopause est un tabou et finalement ça n'est pas assez prise en compte ou intégré dans le monde du travail ? C'est c'est pire que ça. C'est pire que ça.
En fait le la différence homme-femme n'est pas prise en compte dans le monde du travail du début jusqu'à la fin de la vie de travail. Euh dans l'industrie, les postes de travail sont pas forcément adaptés, les gants sont pas adaptés. J'ai découvert des choses effectivement sur en faisant ce rapport et donc la ménopause fait partie des sujets que l'on aborde pas.
Les patrons ont peur de discriminer quand ils différencient alors que depuis août 2014, ils sont obligés de faire un document de prévention des risques genré. C'est parce que prévention des risques pour les hommes, c'est pas la même chose que prévention des risques pour les femmes. Les hommes vont prendre plus de risques et donc là, il faut peut-être mieux les former sur le non prise de risque et les femmes vont avoir d'autres problèmes.
Vous savez que 60 % des troubles musculosqueltiques sont les femmes qui les ont. Et donc voilà, donc il y a vraiment faut faire des pré une prévention euh séparée homme femme et les entreprises ne le font pas de peur de discriminer. Or différencier n'est pas discriminé.
Il faut vraiment étudier. Et sur la ménopause, nous on propose notamment sur les tenues de travail. Bah les tenues de travail, si c'est des tenues qui donnent chaud, ben quand on a des bouffées de chaleur, c'est pas possible.
Donc il faut pouvoir adapter les tenues de travail. Mais ça n'est pas pensé et c'est dommage parce que c'est un coût énorme. On a vu le rapport de Stéphanie Rist qui est très intéressant, ministre de la santé qui aujourd'hui est ministre de la santé mais qui lorsqu'elle a été députée a fait un rapport justement sur la ménopause.
Elle le dit, le nombre de jours de travail perdu se compte en en mil en dizaines de milliers. le l'argent perdu se compte en millions d'euros en en en avec des personnes qui des femmes qui se font porter pâles ou bien en perte de productivité parce qu'elles ont beaucoup de mal à travailler avec. On a des arrêts maladies qu'on pourrait éviter, on a une baisse de productivité, on a des femmes qui refusent de prendre un poste supérieur ou de nouvelles activités de peur de pas pouvoir les mener à bien.
Parce que quand on a ce problème de brouillard cérébral et cetera, si c'est pas pris en charge et ben on se sent plus apte à faire son travail. On a des femmes qui quittent leur travail, on a des femmes qui changent leur travail pour pouvoir aller vers quelque chose qui sera plus simple et qu'elles pourront mieux appréhender. Donc les patron ou les managers devraient prendre en compte euh ces ces difficultés, faire des postes adaptés.
Tout à fait. Tout à fait. Et ce serait un problème à la fois de santé publique parce que ces arrêts de travail ont un coût mais à la fois de productivité pour les entreprises parce qu'on perd énormément d'argent avec ces c surtout que c'est un problème transitoire.
Il faut pas oublier que c'est transitoire. Vous avez une période de flottement et puis après voilà et après ça ça va très bien. Donc on a tout intérêt.
Oui. Anarois, est-ce que on découvre la Lune quand la mairie de Strasbourg a voulu mettre en place un congé gynécologique de 13 jours pour les salariés souffrants de douleurs menstruelles, endométriose et les symptômes liés à la ménopause ? Bah ce congé a été retoqué par le tribunal administratif faute de cadre légal.
Mais c'est ce vers quoi il faudrait aller. Alors oui, moi je pense qu'il faut inventer quelque chose, mais c'est vrai qu'une femme qui ne dort pas toutes les nuits, c'est pas possible qu'elle prenne son poste comme si rien ne se passait. Encore une fois, c'est transitoire.
Donc il s'agit de période transitoire, c'est mieux que soit arrêtée ou mise en mise en thérapeutique ou je ne sais pas quoi plutôt que de quitter son emploi. vraiment dommage ou qu'elle ne prennent pas un poste plus voilà ou pour celles qu'ils peuvent avoir du télétravail ponctuellement tout peut s'adapter et encore une fois c'est pas je on parle pas de la majorité des femmes, on parle de 25 % des femmes qui ont des symptômes sévères de la ménopause et qui durent quoi 1 à 2 ans. Alors ça peut être plus long, ça peut être 3 4 ans he Ouais.
Euh Dominique Verriant, vous nous donnez vous nous parliez tout à l'heure de l'exemple du Québec où la parole est plus libérée, où les choses sont dites, hein, elles ne sont pas Est-ce que il y a des exemples à l'étranger qui pourraient nous inspirer ? Je vous je vous lis cette statistique. Je je ne sais qu'en penser au Royaume-Uni, une femme sur 5 a pris des jours de congé à cause de ces symptômes.
Alors, tout ça, justement Stéphanie Rist le liste dans son dans son rapport parce que bah à l'étranger, on se pose la question et donc on va faire une étude ce qu'on ne fait pas chez nous. Voilà, ce qu'on ne fait pas chez nous. Donc, on sait pas quel est l'impact chez nous.
Mais le Japon, ils ont pourtant compté en millions d'euros. Enfin, l'équivalent c'est en millions de yennes, mais c'est traduit en dizaines de millions d'euros. Le manque à gagner pour les entreprises d'arrêt malgré tout pour ou de baisse de productivité pour ces femmes.
Donc partout dans le monde en fait, on voit une baisse de productivité qu'on pourrait essayer d'accompagner parce que on se rend compte que dans des entreprises de toute façon où il y a de la diversité, elles réussissent mieux. Donc il faut garder les femmes en plus c'est on a besoin de tout le monde au travail. En ce moment Anaroi, est-ce que les choses malgré tout avancent ?
Le fait qu'on en parle ici même prouve que la la société est mure pour avancer sur ces sur ce dossier et et qu'est-ce qu'on pourrait faire concrètement si vous aviez une ou deux mesures ou un point important sur lequel on trouve que ça avance quand même assez lentement. Lentement. Oui.
À l'indifférence le postpartum où il y a vraiment une explosion. Là j'ai été un peu faire de lance pour le postpartum. Là je suis aussi dans l'histoire de la ménopause.
C'est beaucoup plus lent difficile. Alors ouais il y a plein de choses à faire des choses qui évoluent. Juste, il y a des choses qui évoluent parce que là la haute autorité de santé remet un rapport en 2020 en 2027.
Vous allez me dire, ils prennent le temps d'étudier. Mais pour l'étudier, pour de vrai, il y a le congé, le le la visite, il y a une visite régulière, je sais plus comment s'appelle, en gros de prévention et l'idée c'est de d'intégrer dans la visite 45 50 ans des questions, un questionnaire un peu plus poussé sur la ménopause pour savoir justement s'il y a à prendre en charge ou pas. Donc les choses commencent à infuser et moi je dirais que s'il y avait deux gros choses à faire, c'est formation des professionnels plus plus en urgence et c'est facile.
Et la deuxième chose c'est de piloter des énormes études à la fois ménopause et travail, ménopause et vie de couple, ménopause et cetera. Il y aura des assises nationales de la ménopause qui ont été annoncé par la ministre de la santé. Ce sera le 18 octobre 2026.
On peut aussi en en attendre peut-être des avancé. Absolument. Peut-être que le rapport de la HAS qui est prévu pour début pour le 1er trimestre 2027, ils vont le faire un peu plus vite et le rendre à cette occasion-là.
Et je précise pour conclure euh qu'il existe un ménoscore. C'est un outil d'autoévaluation pour mieux comprendre ces symptômes et faciliter euh le dialogue avec les professionnels de santé. Merci de nous avoir éclairé, d'avoir participé à cette émission et la santé, ça va, c'est terminé.
Merci de nous avoir suivi. Vous pouvez réécouter cette émission sur la plateforme publicsena.fr fr et à bientôt pour une prochaine émission.
Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation. C'était et la santé ça va avec la mutualité française.
Dominique Verien