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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 7 novembre 2023 23 min

Critiques contre Jean-Luc Mélenchon à LFI : Clémentine Autain "atterrée" par la sanction contre Raquel Garrido

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Il est 8h23. France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-10 la députée LFI NUP de Seine-Saint-Denis. Questions et réactions, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'application France Inter. Clément Tilotin, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro. Nous sommes le 7 novembre, soit un mois jour pour jour après les attaques les plus meurtrières commises par le Hamas contre l'État d'Israël. De ce mois qui vient de s'écouler, Clément Tilotin, quels mots, quelles images vous ont le plus marquées ?

0:44
Invité

Plusieurs images, il faut être honnête. La première, ce sont évidemment les actes perpétrés par le Hamas le 7 octobre. Ces actes terroristes absolument terrifiants puisqu'il y a eu un changement de stratégie du Hamas qui, jusqu'ici, avait fait des attentats suicides, avait fait des tirs de roquettes. Et là, on est passé à un changement total de stratégie avec ces images d'enfants brûlés, de ces kiboutts qui ont été détruits, des gens qui ont été tués, je dirais, en regardant droit dans les yeux, celles et ceux qu'ils ont voulu meurtrir. Donc, ce sont des images qui sont absolument atroces. Et évidemment, la réplique d'Israël, ça a été de se lancer dans une vengeance aveugle.

Et cette vengeance aveugle, elle est aussi terrifiante parce que ce qui me marque depuis 30 jours, c'est que les Gazaouis vivent sous les bombes à Gaza, dans une situation qui est angoissante absolument, où il n'y a plus d'eau, il n'y a pas d'électricité, il n'y a pas de quoi se nourrir, et des enfants qui meurent à la pelle. Des enfants qui meurent à la pelle, c'est important de se le dire, parce que ce qui m'a frappée, vous me demandez, depuis 30 jours, c'est de voir tous les enfants qui sont morts. Et j'ai cette chanson qui me hante, de Barbara dans la tête, vous la connaissez sans doute, c'est Perlin Pimpin.

Car un enfant qui meurt, qu'il soit de n'importe où, est un enfant qui meurt, que c'est abominable d'avoir à choisir entre deux innocences, que c'est abominable d'avoir pour ennemis les rires de l'enfance. Parce que ce qui me frappe aussi, vous me demandez, c'est l'hémiplégie qu'il peut y avoir dans le débat public. Comme s'il y avait, d'un côté, ceux qui sont sensibles, trouvent les mots pour parler du 7 octobre, d'un côté, et de l'autre côté, ceux qui sont sensibles à la réintroduction dans l'histoire longue, indispensable, du conflit israélo-palestinien.

2:44
Clémentine Autain

Mais l'hémiplégie, on vous entend et on entend votre émotion ce matin. L'hémiplégie, vous parlez de votre parti, notamment de votre famille politique, qui a été, et on lui a reproché, hémiplégique sur cette affaire-là, à avoir du mal à condamner les attentats du 7 octobre, et à avoir du mal à dire que le Hamas, c'était une organisation terroriste. Oui, Léa Salamé, je ne suis pas d'accord avec...

3:03
Invité

A parler pour certains d'un acte de résistance. Je ne suis pas d'accord avec le mot « n'a pas voulu condamner ». Que le premier communiqué de la France insoumise n'ait pas été correct, c'est l'évidence. Vous avez même dit que ce premier communiqué était une honte pour vous. Une faute politique, je l'ai dit, effectivement, que nous ayons un désaccord sur l'utilisation du terme « terroriste ». Moi, je pense que le Hamas est une organisation terroriste et qui a pour projet politique la destruction de l'État d'Israël.

3:30
Clémentine Autain

Oui, sauf que la ligne du parti n'est pas la vôtre, Clémentine Autain. C'est celle de Jean-Luc Mélenchon, c'est celle de Mathilde Panneau, c'est pas la vôtre.

3:36
Invité

Je vais vous dire une chose, c'est qu'en réalité, et ce n'est pas simplement avec la France insoumise, c'est aussi à l'intérieur de la NUPES, où on a beaucoup entendu un déchirement autour de ce moment. Quand vous regardez les prises de position, y compris au lendemain du 7 octobre, les quatre questions d'actualité de nos quatre présidents de groupe, la vérité, c'est que nous sommes tous pour un cessez-le-feu immédiat. C'est que nous sommes tous pour la libération des 241 otages. C'est que nous sommes tous pour la fin du blocus, pour l'arrêt des hostilités, que nous sommes tous pour la reconnaissance de deux États. Donc il n'y a pas de problème ? Vous pensez tous pareil ?

Non, je ne dis pas qu'il n'y a pas de problème, je dis que ce n'est pas insurmontable, et que quand on parle d'hémiplégie, je pense à tous ceux aussi qui ont dit, y compris à la tribune de l'Assemblée nationale, qu'on devait avoir un soutien indéfectible à Israël. Inconditionnel, vous parlez d'Yahel Brond-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, qui est venue s'expliquer à ce micro. Elle n'est pas la seule, beaucoup, beaucoup, on dit cela. Or, ne pas comprendre qu'il n'y aura pas de paix pour les Israéliens et pour les Palestiniens, tant que nous ne serons pas capables de reconnaître aux Palestiniens le droit d'avoir un État.

C'est assez simple, Léa Salamé, vous savez, il se trouve que le peuple israélien existe. C'est simple, mais c'est complexe depuis 70 ans, et vous le savez. Je suis d'accord. Mais le peuple israélien existe, il a droit à un État. Le peuple palestinien existe, il doit avoir droit à un État. Et c'est la condition de la paix, et c'est la condition de la sécurité pour les Palestiniens et les Israéliens, et de la paix dans l'ensemble de la région. Et donc, qu'est-ce qui m'a aussi frappée depuis un mois ? C'est la parole de la France. Mais j'ai presque honte pour mon pays.

5:13
Clémentine Autain

Pourquoi vous avez honte de votre pays ?

5:15
Invité

Parce que le président de la République, Emmanuel Macron, et puis ses différents porte-parole. On parlait d'Yahel Brunpivier, qui est quand même parti en Israël, bras-dessus, bras-dessous, avec Meyer Habib. Elle dit qu'elle a proposé à la gauche de venir y aller. En tout cas, elle a accepté d'y aller avec Meyer Habib, qui est quand même le représentant et le défenseur de ce gouvernement d'extrême droite de Netanyahou, qui est un danger absolu public.

5:39
Clémentine Autain

Mais sur la position d'Emmanuel Macron, qui demande, je vous rappelle la position aujourd'hui de la France, à l'heure où nous parlons, c'est de demander une trêve humanitaire qui doit aller vers un cessez-le-feu. Ce sont les mots de Catherine Colonna.

5:49
Invité

Je l'ai entendu, mais vous voyez bien que depuis un mois, c'est très erratique, ça n'est pas d'une clarté limpide, et je pense que la France s'honorerait à retrouver un discours clair, fort, qui aussi, parce qu'on sait bien que c'est Joe Biden qui a une grande responsabilité dans cette affaire aujourd'hui. Mais la France, elle a une parole, elle est au Conseil de sécurité de l'ONU, elle doit faire entendre sa voix, et cette voix doit être clairement celle de la paix. Pas le soutien inconditionnel au gouvernement de Netanyahou. Jamais. Ça, c'est dramatique, vous voyez. C'est absolument dramatique.

Or, dans le débat public, je trouve qu'il y a une complaisance à l'égard de ces discours, et qui sont des discours qui mettent en danger tout le monde. Moi, je suis d'un seul camp, c'est le camp de la paix, et pour qu'il y ait de la paix, il faut qu'Israël arrête de bombarder tous azimuts. Vous avez vu la manière dont ils bombardent ? Vous demandez un cessez-le-feu immédiat.

6:45
Présentateur

Sous condition ou sans condition ?

6:47
Clémentine Autain

Sous condition de la libération des otages ? Il faut la libération des otages, et il faut le cessez-le-feu. Israël, vous savez ce qu'ils répondent, ils disent qu'on arrêtera le feu

6:53
Invité

quand vous libérez les otages ? Écoutez, il faut en tout cas que ça s'arrête. Et la parole de la France, c'est d'arrêter et de chercher la voie de la solution politique. Si vous pensez qu'en continuant comme ça, on va régler la situation, c'est une erreur tragique. Et dans le droit d'Israël à se défendre, il y a l'idée qu'au fond, au nom des atrocités commises par Hamas, on a le droit de bombarder n'importe comment et d'éradiquer un peuple. Ça, ça n'est pas acceptable. Et ça, c'est une voie qui est une voie dangereuse, encore une fois, non seulement pour les Israéliens et les Palestiniens, mais pour l'ensemble de la région.

7:26
Présentateur

En un mois également, Clémentine Autain, une flambée d'actes antisémites en France. Plusieurs voix, Gérald Darmanin, Édouard Philippe, accusent les Insoumis, l'extrême gauche, d'avoir une forme de responsabilité dans l'explosion du nombre d'actes antisémites ce dernier mois, d'avoir décapsulé l'antisémitisme, dit Édouard Philippe. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?

7:48
Invité

Je suis assez sidérée de voir qu'il y a un changement historique absolument fou, comme si on avait oublié l'histoire, d'où vient l'antisémitisme, qu'il a théorisé. Les théoriciens de l'antisémitisme, que ce soit Drummond, que ce soit Maurras, d'autres, ils viennent de l'extrême droite.

8:09
Clémentine Autain

Aujourd'hui, vous pensez que l'antisémitisme vient principalement aujourd'hui, en 2023, de l'extrême droite ? Je pense que l'antisémitisme,

8:15
Invité

malheureusement, est un fait qui imprègne la société française, toute la société française. Voilà. Et que nous ne devons jamais baisser de vigilance pour lutter contre l'antisémitisme. Et qu'aujourd'hui, ce qui se passe est tragique, puisqu'il y a une recrudescence des actes antisémites. Je voyais une étude de 2022 de la Fondation de l'Innovation Politique qui nous disait qu'un Français sur trois pense que les Juifs sont plus riches que la moyenne. Et 26% des Français pensent qu'ils ont plus de pouvoir économique et financier. Donc, vous voyez, ça veut dire que les stéréotypes effrayants antisémites hantent notre pays.

Donc, nous, à gauche, nous devons avoir cette responsabilité de ne pas mettre sur le côté cette question-là.

9:01
Clémentine Autain

Vous trouvez que vous la mettez, parfois ? Que vous avez tendance à ne pas la souligner, parfois ? Je pense que nous devons

9:06
Invité

être au rendez-vous. Certains disent pour des raisons électoralistes. Non, ça, c'est atroce. Ça, c'est atroce. Franchement, c'est atroce. Non, je vous pose la question. En tout cas, moi, je trouve ça atroce. Je pense que nous devons être au rendez-vous de ce combat qui est un combat, encore une fois, d'actualité, que cette recrudescence est inquiétante.

Et quand je vois la propre sœur de ma filleule qui, prenant simplement le métro par délit au faciès, se fait entendre dire « sale juive », quand je sais que des juifs s'interrogent pour enlever la mésouza de leur porte devant chez eux tellement ils sont dans l'angoisse et la peur, la responsabilité de la gauche et, historiquement, il faut quand même être clair, historiquement, nous avons porté... Est-ce que vous êtes au niveau depuis un mois ? Nous devons l'être. Et je vous dis... Ce n'est pas ma question.

Non, j'entends bien, mais je peux vous assurer que pour les militants, les sympathisants insoumis qui entendent parfois sur certaines chaînes sans cesse que, au fond, même carrément, nous, nous serions des nazis, on l'a vu sur ces news, ils se disent que c'est délirant. Comment imaginer que le combat contre l'antisémitisme ne soit pas un combat de la gauche ?

10:17
Présentateur

C'est impensable.

10:18
Invité

Vous voyez ce que je veux dire ? C'est impensable.

10:20
Présentateur

Olivier Faure a appelé un grand rassemblement de tous les partis, RN compris d'abord, avant de revenir sur ce point, contre l'antisémitisme. Qu'en pensez-vous ? Est-ce une bonne idée ?

10:30
Invité

Moi, je pense que c'est une idée juste de se rassembler pour manifester en effet notre révolte contre les actes antisémites. Alors, après, il faut être clair et net, jamais avec l'extrême droite. Jamais avec l'extrême droite. Et je tiens à ce micro vraiment à insister. C'est que, y compris dans le débat journalistique, les questions qui sont posées, la tonalité générale, je trouve qu'il y a une banalisation de cette histoire. D'où vient le rassemblement national ? Il a été créé par des gens qui viennent de... Clémentine Hotein, Olivier Faure, il a fait une faute en disant,

11:07
Clémentine Autain

y compris le RN, c'est ça ? Pour vous, Olivier Faure a fait une faute en disant, y compris le RN ? Écoutez, oui.

11:12
Invité

Avant de rétropédaler ? Il a rétropédalé. Donc, je veux retenir ce matin le rétropédalage. Mais vous imaginez bien qu'on ne va pas lutter contre l'antisémitisme avec l'extrême droite. Et je veux que les choses soient extrêmement claires de ce point de vue. Et j'aimerais bien que tout le monde l'entende bien parce qu'il y a une bascule, une banalisation dans ce pays de l'extrême droite. On est en train d'inverser les valeurs. Nous sommes, nous sommes les tenants historiques de l'émancipation humaine. Normalement, le combat contre tous les racismes et contre l'antisémitisme, nous devons le porter. Alors, soyons à la hauteur de notre histoire, ça c'est clair.

Mais attention à toutes celles et ceux qui instrumentalisent tout ça pour inverser le champ des valeurs.

11:51
Clémentine Autain

Clémentine Hotein, vous avez invité avant ce qui s'est passé dans votre bureau politique hier soir. La sanction de Raquel Garrido. Raquel Garrido, députée France Insoumise comme vous, s'est montrée très critique à l'encontre de Jean-Luc Mélenchon ces derniers jours, l'accusant de n'avoir fait que nuire au mouvement ces dix derniers mois. Elle a été convoquée hier, elle a été sanctionnée, elle ne pourra plus être oratrice pour le groupe à l'Assemblée nationale pendant quatre mois.

Lui sont reprochées, je cite, une accumulation d'agissements et de propos répétés qui nuisent au bon fonctionnement collectif, la diffusion de fausses informations dans la presse à propos du groupe ou de ses membres, la mise en cause et le dénigrement ad hominem de plusieurs membres du groupe. Cette sanction, quatre mois donc, vous semble-t-elle juste ? Moi je suis atterrée,

12:31
Invité

atterrée par cette sanction, atterrée par cette sanction parce que je pense qu'on ne règle pas des divergences politiques par des sanctions bureaucratiques. Ça c'est pas possible. Et je suis aussi atterrée parce que quatre mois c'est exactement le nombre de mois de la sanction qui a été ordonnée contre notre collègue Adrien Quatennens qui je le rappelle a été condamnée pour violences conjugales et que dans le même temps Symboliquement vous trouvez que... Oui je pense que symboliquement on va dire que c'est malheureux. On va dire que c'est malheureux. Voilà.

Et que dans le même temps quand d'autres, je pense par exemple à Daniel Obono qui a pu tenir des propos sur le Hamas qui ne sont pas en correspondance avec la position de groupe, je pense à ce que nous avons pu entendre ou lire sur Sofia Chikirou qui méritait, me semble-t-il, au moins d'être entendue pour qu'elle puisse s'expliquer devant nous. Tout cela n'a pas été fait. Quand on nous dit en réunion de groupe ou sur nos listes barrez-vous, cassez-vous, il n'y a aucun rappel à l'ordre. Donc oui, j'estime qu'il y a un deux poids deux mesures qui est absolument injuste. Et quand on est un mouvement qui est à vocation majoritaire, moi c'est ça que je veux construire.

13:41
Présentateur

Et pourquoi ce deux poids deux mesures ?

13:44
Invité

Moi je vais vous dire, je pense que notre responsabilité aujourd'hui c'est de construire un mouvement qui soit capable de gouverner notre pays en 2027 ou avant s'il y avait des élections anticipées. C'est pourquoi il faut chérir la NUPES, c'est pourquoi il faut que la France Insoumise soit capable de fonctionner démocratiquement, de faire vivre son pluralisme. C'est la condition pour grandir.

14:06
Clémentine Autain

Le parti ne se rendit pas en s'épurant, c'est ce que vous dites ce matin.

14:15
Invité

Il y a eu une épuration là ? Non, je prends cette expression parce que je pense que la logique qui sous-tend tout cela c'est l'idée que le clan irait avant le mouvement. C'est qui le clan ? C'est qui le clan ? C'est aujourd'hui celles et ceux qui dirigent ce mouvement et qui, à mon sens, c'est dès le démarrage. Vous savez, j'avais un désaccord sur la manière J'ai retrouvé

14:37
Clémentine Autain

ce que vous disiez il y a un an après. Vous parliez d'un parti qui est noyauté par un petit noyau de dirigeants dont la clé de voûte c'est Jean-Luc Mélenchon. Vous dénonciez déjà la direction collégiale qui n'a pas été élue.

14:56
Invité

Je pense que quand on défend la 6ème République, Léa Salamé, quand on veut être crédible aux yeux des Français pour dire que nous sommes l'alternative d'émancipation, face à l'extrême droite qui menace de prendre le pouvoir, face à Emmanuel Macron dont nous voyons bien qu'il dirige à coup de 49-3, à coup de pénalisation des mouvements sociaux, de mise en cause des droits et des libertés, quand on veut être crédible en face de tout cela et efficace, parce que la démocratie c'est être efficace, ça n'est pas une perte de temps, ça n'est pas... Vous voyez ce que je veux dire ? Mais pourquoi vous restez ?

Parce que c'est ma famille politique, Léa Salamé, et parce que je n'ai pas la conviction d'être minoritaire au sein des militants insoumis et des sympathisants insoumis.

15:37
Clémentine Autain

Est-ce que la ligne de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chiquiru, n'est pas majoritaire aujourd'hui ? Je n'ai pas... C'est lui qui est à 22%, c'est lui qui a la présidentielle, il peut dire, c'est moi le chef, et d'ailleurs il le dit.

15:48
Invité

Je l'ai soutenu à trois présidentielles et le candidat... Ce n'est pas cohérent de son point de vue. Et j'ai été pleinement d'accord avec le candidat Mélenchon durant sa campagne jusqu'à ses 22%. Voilà. Après, est-ce que vous êtes sûr que chez les insoumis, tout le monde était d'accord sur l'attitude que nous avons collectivement adoptée sur Adrien Quatennens au démarrage ? Ce n'est pas certain. Est-ce que vous êtes sûr que tous les militants insoumis sont d'accord pour ce fonctionnement gazeux ? Ce n'est pas sûr. Êtes-vous d'accord que tout le monde était OK pour que sur l'article 7 sur les retraites, il fallait ne pas y aller ? Ne pas dire que le Hamas est une organisation terroriste ?

Est-ce que vous êtes sûr que tous les sympathisants et militants insoumis sont en désaccord avec l'utilisation du terme terroriste ? Bon, mais écoutez, moi je n'accepte pas... C'est ce que vous pensez que vous êtes majoritaire ? Je dis que je ne le sais pas et que je n'ai aucun moyen de le prouver. Voilà. Je dis que je ne le sais pas et que je n'ai pas de moyen de le prouver. Et que l'enjeu dont nous parlons aujourd'hui, c'est de savoir si en 2027, nous aurons, oui ou non, un candidat non seulement capable d'aller au deuxième tour, mais capable d'aller vers les 50%. Ça fait deux présidentielles que la gauche n'est pas au second tour.

Donc ça ne doit pas être avec Jean-Luc Mélenchon si je vous écoute ce matin ? Non, c'est pas ce que je suis en train de vous dire. Je ne suis pas en train de vous parler de personne. Je suis en train de vous parler d'un profil politique. Je suis en train de vous parler de la façon de remettre sur pied la nupesse et de faire grandir la France insoumise qui en est le fer de lance. Nous sommes le fer de lance de cette histoire. Donc nous avons une responsabilité historique. Et cette responsabilité historique, je le dis un peu avec mes tripes, mais parce que là, ça devient quand même très grave.

Le spectacle, quand vous êtes un sympathisant de gauche ou un militant et que vous allumez votre télé ou que vous écoutez votre radio, vous n'êtes pas fiers. On est embourbés dans des polémiques, dans des... Vous voyez, dans de s'attacher sur un mot, à savoir qui attend au chien de faïence que va dire l'autre pour le mettre en faute, ça ne va pas du tout. Alors que nous devrions avoir un collectif soudé, à la fois pluriel, divers, mais soudé et capable de tenir tête à la Macronie et d'empêcher l'extrême droite de grandir. C'est ça notre responsabilité. Angelo,

17:52
Clémentine Autain

sur l'application de France Inter, avez-vous conscience que certaines de vos positions et de vos attitudes contribuent à faire monter le Rassemblement National ? Et on le voit dans les sondages, dans les derniers sondages, que ce soit des sondages de personnalité où Marine Le Pen monte et Jean-Luc Mélenchon baisse ou ce soit des sondages pour les européennes où c'est l'explosion du Rassemblement National ? Écoutez, il faut s'interroger

18:10
Invité

sur notre profil politique. C'est l'évidence. Il faut s'interroger sur notre profil politique depuis un an. Nous aurions dû monter en régime. Il y a eu le mouvement sur les retraites. Quand vous regardez les positions qui sont les positions des Français sur de très nombreuses mesures, de très nombreuses mesures, vous rendez compte que nous ne sommes pas en décalage avec les aspirations des Français. Les Français sont d'accord pour qu'on en finisse avec les grandes largesses qui sont données aux hyper-riches et aux grands groupes. Les Français sont d'accord pour qu'il y ait plus de démocratie. Les Français sont d'accord pour la planification écologique.

Les Français, les auditeurs, alors il y a une question politique qui nous est posée pour savoir comment cet accord sur le fond peut se traduire par une adhésion politique.

18:50
Présentateur

Jean-Noël, bonjour. Oui, bonjour. On vous écoute. Soyez les bienvenus.

18:55
Invité

Merci beaucoup et merci à votre émission. Clémentine, je vous écoute et je vous apprécie beaucoup mais je voudrais qu'on aille un petit peu plus loin sur... Moi, je suis militant de la lutte dans le 9e arrondissement de Paris. Je le défends, etc. Mais c'est vrai que ce n'est plus possible aujourd'hui et par rapport à tout ce que vous dites, la montée de l'extrême droite possible, etc. Quand est-ce qu'on voit bien que ce n'est plus possible aujourd'hui avec les positions qui ont été prises par LFI, comment est-ce que des gens comme vous qui sont responsables, qui sont pour une vraie république, etc.

Quand est-ce que vous allez prendre le chemin de dire on construit autre chose et on est plein de militants à être prêts à suivre un mouvement qui sorte ? Parce qu'aujourd'hui, c'est tout ce que vous venez de dire, on voit bien qu'il y a un décalage. Mais il faut qu'il y ait un mouvement qui sorte de la France insoumise pour revenir vers une vraie démocratie.

19:47
Présentateur

Sortir de la France insoumise pour recréer quelque chose ailleurs. Merci Jean-Noël. Clémentine Autain vous répond.

19:56
Invité

Moi, ce que je recherche, c'est le rassemblement de toutes les gauches et des écologistes pour 2027. Donc, l'idée, ce n'est pas de se passer de la force qui est en tête aujourd'hui à gauche. Parce que si on dit on va faire sans les insoumis, c'est une absurdité du point de vue du rassemblement nécessaire encore une fois pour être capable de gagner dans ce pays. Donc moi, ce que je cherche, c'est à rassembler. Et je pense que les conditions concrètement sont possibles.

Je vais vous dire une chose qui va peut-être vous étonner par rapport au climat, c'est qu'en réalité, si on prend un peu de profondeur sur les dernières décennies, la gauche et les écologistes n'ont jamais été aussi d'accord sur l'essentiel. D'accord pour remettre en cause les politiques qui sont au service des grands groupes et des hyper riches et qui cassent les services. Vous l'avez dit. D'accord sur la transition, la bifurcation écologique. Vous l'avez dit d'accord sur l'essentiel. On a beaucoup de questions, il reste deux minutes. Notamment, on voudrait donner la parole. Donc je vais envoyer un message d'espoir. Il y a beaucoup de leaders politiques qui sont... Autre l'espoir ce matin.

20:53
Présentateur

Voilà, Elodie est au standard.

20:55
Invité

Je voulais dire chez les auditeurs. Mais en tout cas, moi, j'ai vraiment

20:57
Présentateur

l'optimisme de la volonté. Elodie, bonjour.

21:01
Auditeur

Oui, bonjour. Merci de prendre ma question.

21:03
Présentateur

Je vous en prie.

21:04
Auditeur

Je suis de gauche. Je l'ai toujours été. Je suis à peu près de la même génération que les Nantines. Je suis entourée de gens de gauche qui votent à gauche depuis des années. Mais pour nous, Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas possible. Le problème, c'est Jean-Luc Mélenchon, le paternalisme, l'autoritarisme, le ceinture est bretelle. Moi, j'entends que c'est ma famille politique. Mais est-ce qu'une autre insoumission n'est pas possible ? Et est-ce que ce n'est pas le moment de voter une motion d'exclusion de Jean-Luc Mélenchon ?

21:29
Présentateur

Merci Elodie pour cette question, Clémentine Autain. Sans langue de bois, s'il vous plaît.

21:34
Invité

Sans langue de bois, moi, je ne suis pas pour exclure. Je suis pour inclure pour l'instant. Je suis pour qu'on arrive à faire ensemble.

21:39
Présentateur

La question est est-ce qu'il y a un problème Jean-Luc Mélenchon ? Voilà.

21:42
Invité

Mais je pense que c'est une erreur de focalisation. Je pense qu'il y a un problème de culture politique et d'incapacité. Ben si, bien sûr que oui. Et d'incapacité. Je vois Léa Salamé qui fait non. Non, non, non. On parlait à la régie. Il me dit que c'est fini. Ah, d'accord, d'accord. Donc, le problème depuis un an, c'est que la NUPES, il y a sans doute une crise des directions. C'est-à-dire que nous n'avons pas réussi à transformer l'essai alors que c'était formidable d'avoir créé la NUPES, que l'espoir a été là et qu'on a l'impression depuis un an qu'on n'est pas effectivement à niveau de la promesse qui s'était enclenchée avec la création de la NUPES.

Donc, là, normalement, nous devrions dire que les directions doivent se retrouver vite, ensemble et trouver des manières de fonctionner qui font vivre le pluralisme, qui font grandir notre cohérence politique.

22:29
Clémentine Autain

Jean-Luc Mélenchon, il m'a écouté peut-être sa radio ce matin et se dire c'est moi qui ai fait les 22%, tous les autres, il n'y a personne qui s'impose en dehors de moi, ce qui est vrai dans les sondages d'opinion. Je suis le seul et les autres n'ont qu'à me suivre. Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Aujourd'hui, quand on voit les sondages, même François Ruffin qui commence à émerger, il est très très loin derrière Jean-Luc Mélenchon.

22:47
Invité

La course au pouvoir pour 2027 n'est pas une course solitaire. Voilà. Ça, ça n'est pas possible. Donc, la question qui nous est posée, c'est comment nous mettons en place un dispositif qui permet de créer de la dynamique politique et de l'espoir. Et ça, je pense que c'est possible et en tout cas, moi, je vais mettre toute mon énergie dans les mois et les années qui viennent pour que nous aurions une réussition de ce pari indispensable.

23:10
Présentateur

Merci Clémentine. Notin, député LFINUP de Seine-Saint-Denis.

Critiques contre Jean-Luc Mélenchon à LFI : Clémentine Autain "atterrée" par la sanction contre Raquel Garrido — Clémentine Autain · Pourquijevote