Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewEurope 1 (sur YouTube)· 18 janvier 2026 7 min

Face à la menace américaine, Macron riposte : "passer aux actes est le plus dur"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir général Jean-Paul Palomeros. Bonsoir. Vous êtes ancien commandant suprême de l'OTAN pour la transformation, ancien chef d'étatmajor de l'armée de l'air.

J'imagine que vous observez avec énormément d'attention ce qui est en train de se produire, se dérouler sous nos yeux. On a si je le disais un changement clair et rapide, assez inédit de l'ordre mondial. Globalement, quel est votre regard sur ces bouleversements mon général ?

Il y a une accélération des choses. Alors, il y avait des prémisses. On sentait que les organisations internationales, on pense en premier lieu aux Nations- Unies, étaiit dévalorisé, démonétisé en quelque sorte et qui plusait depuis l'agression russe contre l'Ukraine.

Euh, ça c'était un premier élément. On a vu des tas traités qui étaient là pour peut-être essayer de limiter justement les risques. Ça sortait de la guerre froide, foulé au pied et et on oublie en quelque sorte les leçons de cet après-guerre.

C'est c'est ça qui et puis euh il y a il y a des des éléments factuels comme la technologie qui c'est un peu d'égaliseur qui donne aussi des chances à des pays aujourd'hui qui n'osaient peut-être pas se lancer dans des aventures pour reprendre des territoires. Il y a il y a des tas de bonnes raisons aujourd'hui de se faire la guerre entre guillemets et on peut avoir peur que effectivement l'avenir s'écrive toujours un peu, si vous m'excusez cette expression en lettre de sang. Et c'est ce qu'il faut éviter absolument. vous l'avenir en lettre de sang, vous en tant que militaire professionnel, grand observateur de ces questions, est-ce que vous pensez que qu'une guerre serait probable ?

Parce que c'est vrai qu'on parle au français, on a peur. Il y a eu cette déclaration qu'on a beaucoup commandé commenté pardon de du général Fabien Mandon évidemment. Euh est-ce que vous êtes sur cette ligne là ?

Il faudrait être prêt à perdre des enfants, avait-il dit. il faut se préparer à faire la guerre dans tous les domaines. Ça commence évidemment par une mobilisation de la société.

Nous sommes des démocraties. Nous sommes une démocratie. C'est c'est ça je pense l'enjeu.

Il faut qu'on poursuive sur cette voie qui est celle de la liberté de des valeurs de nos valeurs. Qu'on se batte pour nos valeurs en respectant nos valeurs. Et c'est pas simple dans le monde complètement désorienté et dissymétrique si je puis dire qui existe aujourd'hui.

Et et c'est ça l'enjeu et pour se faire, on a effectivement euh derrière nous quand même l'héritage d'un côté évidemment de de l'Alliance Atlantique et on en reparlera sans doute bien sûr. de l'autre côté quand même d'une Union européenne qui sans être parfaite a quand même garanti quelque part une prospérité commune autour de valeurs commune globalement et euh et ça serait dommage de de gâcher tout ça et de ne pas se souvenir de et et et de de de de ce bel héritage qui qui n'est pas un acquis qui est un héritage qu'il faut faire fructifier et c'est ça qu'il faut faire comprendre aux Français aux Européens c'est qu'il y a un prix à payer le prix de la liberté en quelque sorte et oui le prix de la liberté je vous entendais parler de nos valeurs certes, mais comment respecter nos valeurs d'européens quand en face on a certains États qui eux ne respecte pas forcément l'état de droit ? Si vous voulez, c'est évidemment les il y a un moment donné où ce sont les muscles alors que ce soit des muscles guerriers ou des muscles économiques.

Et là dans le deuxième domaine en tout cas l'Europe a ce qu'il faut si si elle reste solidaire ça c'est et qu'elle arrive à solidariser avec elle d'autres pays comme la Grande-Bretagne qui tout en étant sorti s'est rapproché quelque part ces derniers temps. On voit la coalition des volontaires pour l'Ukraine. On voit plutôt la réaction là sur ce qui se passe au Groenland.

On a la chance d'avoir la Grande-Bretagne qui est plutôt proche de nous. Profitons-en. C'est des alliés qui sont précieux.

Oui, mais c'est pas beaucoup. Justement, vous parlez de la coalition des des volontaires en Ukraine. Bon bah, il y a il y a le président ukrainien, il y a K Starmer et il y a Emmanuel Macron.

C'est tout. pas tout à fait parce que les Allemands sont présents. Alors, ils sont en train de faire un effort considérable d'ailleurs.

Oui. De réarmement bien sûr. Évidemment, la question est savoir si euh si si ces efforts sont soutenus et c'est un peu le débat et on a entendu les discours de notre président de la République.

Je crois que la société française en les sondages il veulent ce qu'ils veulent mais est prête à à entendre ce discours non pas de guerre enant que ça mais de préparation à la guerre. Si tu veux la paix, prépare la guerre. C'est vrai aujourd'hui plus que jamais.

Justement, on va écouter Emmanuel Macron sur cette fameuse phrase. C'était lors des vœux aux armées. Notre effort de défense va continuer ici comme dans les autres garnisons de France.

Oui, il va continuer parce que comme je vous l'ai annoncé le 13 juillet dernier, l'accélération des périls commande d'accélérer le réarmement de la France. Pour rester libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant.

Et pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort. Cela suppose que la nation consente des efforts à la mesure de notre rue d'époque. Votre réaction, mon général, mais j'y étais assez vœux.

Je crois que c'est c'est assez ce discours est légitime et évidemment la difficulté c'est après d'aller aux actes parce que parce que on sait que notre budget malheureusement d'abord il est pas encore voté. J'avais prédit qu'on passerait par une voix plus directe. Je suis satisfait de voir que c'est la voie qu'on va prendre parce que sinon là c'était la Qatar enfin dans de nombreux domaines mais en particulier pour la défense parce que cette année vous avez des informations que j'ai pas ordonnance au 493 c'est ça moi j'ai dit 493 mais j'aurais pu dire [rires] mais peu importe en tout cas le fait qu'on qu' qu'on que le gouvernement a fait voter une motion en quelque sorte soutenant la défense un peu avant la fin de l'année c'était quand même un signe que c'était quand même un des 100 jeux c'est pas le seul bien bien entendu un des enjeux critiques de la de la construction budgétaire qui prévoit cette année deux marchés.

Alors, ils ont appelé ça une surmarche, peu importe. Mais en tout cas euh si on regarde bien le le l'augmentation par rapport au budget précédent, c'est quand même plus de 6 milliards. Alors on n'est pas prêt de les avoir en caisse dans un côté et d'autre part de les avoir dépensé, hein.

Il y a toujours la magie de la gestion financière àquelle j'étais lourdement confronté quand j'étais chef d'étatmajor et même avant. Euh je connais les les tours de pass-p qu'on peut faire, mais enfin le signe est là quand même. Et et et et le président demande beaucoup et en particulier à l'industrie.

Là, il a été très ferme. L'industrie fait ce qu'elle peut. Encore faut-il qu'on lui passe des commandes.

Il faut il faut quand même il faut quand même être juste. Euh notre industrie, elle est très bonne, elle fonctionne. Voilà, il faut il faut que les deux parties s'accordent sur sur des objectifs clairs, ambitieux mais concrets.