Macron affronte les maires - Les questions SMS #cdanslair 23.11.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse partielle
Comment vivaient les maires avant les emplois aidés ?
- 0:44OuverteRéponse directe
Quand et à qui les maires devront-ils rendre des comptes sur leurs dépenses inutiles ou excessives ?
- 1:25RelanceRéponse directe
Le contrat, c'est de dire ?
- 1:39OuverteRéponse directe
Qu'en est-il des bâtiments démesurés, construits par des maires ?
- 2:12OuverteRéponse partielle
Qui pour régler ce problème ?
- 3:17OuverteRéponse partielle
Le tout nouveau président Macron a-t-il la moindre idée de la vie d'une commune au cœur de la France profonde ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10InvitéFait
« ils n'avaient pas eu 7 ans de baisse de dotation, donc ils vivaient forcément mieux »
- 0:19InvitéFait
« le problème, c'est que quand vous créez une possibilité d'emploi pas cher, d'emploi subventionné, eh bien, immédiatement, il y a une nécessité qui se fait sentir »
- 1:00InvitéFait
« pour les un peu plus de 300 collectivités les plus grosses, l'idée, c'est donc qu'on ne baisse pas de manière autoritaire et jacobine les dotations, mais qu'on signe un contrat »
- 1:29InvitéChiffre
« Le contrat, c'est d'avoir une trajectoire de dépenses. Vous savez, c'est la fameuse trajectoire des dépenses dont parle Édouard Philippe. En gros, c'est 1,2% par an pendant le quinquennat. »
- 3:27InvitéChiffre
« 74% qui disent, voilà, président, grandes études, parisien, et ne sait pas quelle est la réalité concrète de cette France profonde et immuable »
- 4:52InvitéChiffre
« les maires savaient tous que c'était l'année ou les deux ans où on pouvait avoir 60% de subventions si on faisait tel équipement »
- 6:31PrésentateurChiffre
« Pas 10 milliards, mais 13 milliards »
- 7:29InvitéChiffre
« L'intercommunalité qui est passée de 5 000 à 10 000 habitants »
- 7:35InvitéChiffre
« 98 ou 19% des citoyens appartiennent de fait à des intercommunalités ou à des syndicats intercommunaux »
Temps de parole
- Invité26 %
- Invité 225 %
- Invité 323 %
- Présentateur16 %
- Invité 410 %
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Comment vivaient les maires avant les emplois aidés ? Eh bien, d'abord, ils n'avaient pas eu 7 ans de baisse de dotation, donc ils vivaient forcément mieux, c'est déjà une petite réponse arithmétique. Et puis, c'est vrai que, et ça, c'est ce que disent notamment tous les rapports de la Cour des comptes, le problème, c'est que quand vous créez une possibilité d'emploi pas cher, d'emploi subventionné, eh bien, immédiatement, il y a une nécessité qui se fait sentir. Donc, il y a eu une espèce d'effet de crémaillère qui, in fine, aboutit à un vrai manque. Ça ne veut pas dire que ces emplois, aujourd'hui, ne sont pas indispensables dans les communes.
Mais simplement, quand il n'y avait pas cet effet d'aubaine, elle se débrouillait sans. Quand et à qui les maires devront-ils rendre des comptes sur leurs dépenses inutiles ou excessives ? Auprès de leurs électeurs. En général, c'est comme ça que ça se passe ? Sauf avec la contractualisation. Là, on n'a pas encore tout à fait les pures des choses. Mais l'idée générale, c'est donc, pour les un peu plus de 300 collectivités les plus grosses, l'idée, c'est donc qu'on ne baisse pas de manière autoritaire et jacobine les dotations, mais qu'on signe un contrat. Alors, François Barron, c'est un faux contrat.
C'est un contrat léonin, a-t-il dit cet après-midi dans son discours, parce que finalement, on est quand même obligé de le signer. Certes, mais ça change de la méthode précédente. Et le contrat, c'est de dire ? Le contrat, c'est d'avoir une trajectoire de dépenses. Vous savez, c'est la fameuse trajectoire des dépenses dont parle Édouard Philippe. En gros, c'est 1,2% par an pendant le quinquennat. Sur les dépenses de fonctionnement. Sur les dépenses de fonctionnement, oui. Tout à fait. Qu'en est-il des bâtiments démesurés, construits par des maires ?
Ça, ça a été les grosses erreurs des années fastes. Et certains essayent de revendre. Je pense notamment au conseil général des Hauts-de-Seine, où ils vont vendre leurs grands bâtiments pour s'installer ailleurs. Mais ça fait partie, effectivement, des grandes dépenses somptueurs qu'il faudrait arrêter.
Les dépenses somptueurs ont été davantage au niveau départemental et encore plus régional qu'au niveau commune. Moi-même élu, je trouve qu'on travaille souvent sans méthode, étude en double coûteuse et inutile. Qui pour régler ce problème ? Alors ça, c'est une dimension sur laquelle je trouve Macron a ouvert une fenêtre qui est très, très intéressante. Mais il est resté assez abstrait. C'est l'idée que l'État a pour vocation d'être le facilitateur. Parce que c'est vrai que c'est extrêmement compliqué de gérer les communes. Le code administratif est d'une complexité diabolique, sans compter les normes, les menaces sur les panneaux de basket, etc.
L'organisation, les implications européennes, les problèmes de sécurité, tout ça finit pour des communes qui n'ont pas de moyens techniques, pas de technocrates capables de maîtriser tous ces dossiers. L'État, là, de ce point de vue-là, a un rôle considérable à jouer. Et je trouve que là, il a ouvert une porte et il n'est pas allé dans la précision. Mais je pense que c'est ça, aujourd'hui. N'oubliez pas que l'État en France, le système départemental et préfectoral, il a été créé par la Convention pour tenir le pays. Je pense qu'il faut qu'il change de logique et que le système préfectoral doit avoir pour but d'aider le pays, maintenant.
Il l'aura dit, le rôle de l'Étrat, ce sera de vous accompagner. Le tout nouveau président Macron a-t-il la moindre idée de la vie d'une commune au cœur de la France profonde ? Je pense que le téléspectateur qui pose la question a déjà sa réponse. C'est le sondage que vous avez montré tout à l'heure, 74% qui disent, voilà, président, grandes études, parisien, et ne sait pas quelle est la réalité concrète de cette France profonde et immuable. Et donc, c'est aussi un élément qu'il avait à cœur de renverser ou de démontrer, en prouvant qu'il était parfaitement au fait de tous ces aspects de cette vie de maire d'une petite commune. Un millier d'élus locaux a dîné hier soir à l'Élysée.
Elle commence quand exactement les économies ? Alors, combien ça a coûté cette réception ?
Oui, mais là, moi, ça ne m'a pas choquée parce que quand vous entendiez, alors, ils n'ont pas eu leur discours, ils étaient un peu frustrés, mais les maires, ils étaient quand même très contents de venir dans le patrimoine. C'est-à-dire, voilà, ils étaient contents et ça a été quand même un signe de considération. Et moi, je trouve que c'est plutôt bien ça.
Ce n'était pas un immense dîner fastueux.
Non, ce n'était pas un immense dîner fastueux. Et le fait de pouvoir rentrer à l'Élysée, d'aller voir le président de la République et de dire ça y est, il nous reconnaît, je pense que ça a été une étape importante.
Les maires ne sont-ils pas clientélistes et dépensiers ? Un État jacobin leur fera le plus grand bien. Mais c'était l'État jacobin qui les a rendus clientélistes et dépensiers. À une époque, tout à l'heure, on parlait des équipements somptuaires. Mais comment ça se passait avant la décentralisation relative ? Mais ça se passait qu'il y avait des modes qui étaient instillés par Paris. Les ronds-points ? Alors, par exemple, avant les ronds-points, vous avez eu les salles polyvalentes ou les piscines, etc. Et les maires savaient tous que c'était l'année ou les deux ans où on pouvait avoir 60% de subventions si on faisait tel équipement.
Et donc, l'État jacobin n'a pas du tout aidé de ce point de vue. Il a une part de responsabilité. Ça fait partie du débat sur la taxe d'habitation parce que, précisément, si les électeurs payent, c'est une façon de responsabiliser l'élu. C'est qu'ils rencontrent en face de lui dans la rue, tous les jours, les gens qui ont payé leurs impôts. S'ils ne payent plus, c'est ce que disent les maires. S'il n'y a plus de pacte fiscal entre l'électeur et l'élu, à ce moment-là, on risque d'entrer dans l'irresponsabilité. Les maires de droite sont-ils totalement hypocrites ? Le programme de Fillon n'était-il pas encore plus dur ?
Oui, et c'est la raison pour laquelle le rêve qu'ont eu certains dirigeants de droite de créer une immense jacquerie, de lever l'armée des maires contre le pouvoir n'avait aucune chance de réussir parce que les sacrifices, ils ont commencé sous Fillon. Et ils savent parfaitement que gauche ou droite, ils n'ont pas vu tellement de différence. La vie, ça continue à se serrer encore plus. Et que si Fillon avait été président de la République, la purge aurait été bien plus dure. Donc c'est très difficile de leur dire, suivez-nous et avec nous, le temps des vastes grâces va revenir.
On l'a vu sur les emplois aidés, quand la droite essayait de dire, il faut défendre les emplois aidés, ils étaient complètement à contre-emploi par rapport à ce qu'avait été la campagne de François Fillon. Et puis on leur sortait des vieilles images, vous disiez qu'ils étaient contre. Bah bien sûr. Allez, pourquoi cette fronde ? Puisque Macron avait annoncé qu'il y aurait des économies à faire. Il l'a redit à plusieurs reprises dans son discours. Je ne vous ai pas menti, je vais faire ce que j'ai dit.
Oui, mais regardez le film de l'été, il commence par dire, je vais faire un pacte jacobin. Et puis au plein cœur de l'été, vous avez à Girona, pardon. Et au plein cœur de l'été, vous avez tout d'un coup la baisse des emplois aidés, la baisse des aides au logement, la baisse des dotations. Pas 10 milliards, mais 13 milliards. Et alors là, les élus ont dit, mais ils se fichent de nous. Et je pense qu'il y a eu là, une sorte de panique budgétaire. Comment est-ce qu'on va arriver à boucler le premier budget pour respecter les normes bruxelloises, sachant qu'il y avait un peu de dérapage par rapport à ce qu'on attendait ?
Donc il y a eu ce moment de panique, et je pense que c'est pour ça qu'on a été obligé de faire tout ce cérémonial. C'était pour faire oublier toute cette période qui a été très mauvaise.
Et il y a eu un mea culpa, comme le rappelait Claude Veil, du président de la République. Et il y a eu le travail d'un homme dont on ne sait pas encore s'il sera un très grand premier ministre, mais dont il est acté, qu'il a été un grand-maire, qui est Édouard Philippe. Qui a joué le rôle de démineur ? Bien sûr. Dix ronds-points sur une vingtaine de kilomètres, est-ce une folie exclusivement bretonne ? Non, c'est une folie française. Une folie française. Mais assez présente en montagne, c'est vrai. Un maire pour des communes de moins de 100 habitants, pourquoi ne pas créer un super-maire et regrouper les communes ? C'est l'intercommunalité qui est passée de 5 000 à 10 000 habitants.
98 ou 19% des citoyens appartiennent de fait à des intercommunalités ou à des syndicats intercommunaux. Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h25. Demain, votre et Bruce Toussaint. Pour un nouveau C'est dans l'air tout de suite, c'est à vous. Belle soirée sur France 5. Sous-titrage Société Radio-Canada