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interviewBFMTV — BFM Politique· 2 octobre 2022 43 min

Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France et fondateur de "Nous France" - 02/10

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

BFM politique avec Ève Roger pour le Parisien, Benjamin Duhamel. Nous recevons aujourd'hui Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France, fondateur de Nous France, ce nouveau mouvement sur lequel nous reviendrons évidemment au cours de cette émission. Monsieur Bertrand, je voudrais commencer avec les révélations de BFM TV hier soir. L'épouse d'Adrien Quatennens a déposé une deuxième main courante en raison de nombreux SMS envoyés par son mari. Elle précise qu'il n'était ni insultant ni menaçant, mais elle a tout de même ressenti le besoin d'aller au commissariat. Nouvelle main courante après celle pour les violences retenues par le député.

Ma question est simple, est-ce qu'il peut continuer de céger à l'Assemblée nationale ?

0:38
Xavier Bertrand

Et si on laissait faire les tribunaux judiciaires, avant les tribunaux médiatiques, avant les tribunaux politiques, c'est la première des choses. L'autre point sur lequel j'aurais dû dire un mot, je ne pensais absolument pas qu'on commencerait cette émission par cela, c'est penser aussi à cette femme, parce qu'elle a voulu dire en faisant cette main courante, et ça montre qu'il y a un sujet aujourd'hui sur lequel personne ne reviendra en arrière, c'est la question du respect des femmes, de l'égalité homme-femme, de l'intégrité des femmes. Ce sujet-là, aujourd'hui, celui qui pense qu'on reviendra en arrière, que cette parole pourrait être étouffée, il n'a rien compris.

Mais pour le reste, tribunaux judiciaires, c'est ça qui doit s'appliquer.

1:25
Présentateur

Les hommes politiques sont concernés différemment ces derniers temps par ces sujets. Vous parlez des violences faites aux femmes, c'est aussi la prise en considération de leurs paroles. Ce que je vous ai dit tout à l'heure. Et je voudrais parler d'un autre cas qui n'a rien à voir, mais qui concerne un responsable politique, c'est Julien Bayou. Lui, il est mis en cause pour des violences psychologiques, il s'en défend. C'est une cellule interne à son parti, Europe Écologie Les Verts, qui s'est saisie de cette affaire. Lui, il s'est mis en retrait de ses fonctions à la tête d'Europe Écologie Les Verts. Est-ce qu'une cellule interne, ça peut fonctionner ?

1:56
Xavier Bertrand

Je ne sais pas si ça peut fonctionner, mais je sais aussi une chose. Parce qu'on parle de quoi ? On parle de la NUPES. On parle de France Insoumise. On parle des Verts. Et d'honneur de leçons. Les grandes leçons de morale à la terre entière. Mais quand ils parlent notamment des femmes, ils sont beaucoup plus discrets quand il s'agit de dénoncer les pressions dont sont victimes les femmes dans certaines cités de la part des islamistes. Ça, ils n'en ont jamais parlé. Et donc, les donneurs de morale professionnels, que sont beaucoup de responsables de France Insoumise ou des Verts, devraient, dans ces conditions-là, s'appliquer les mêmes règles à tous niveaux et notamment dans les quartiers.

2:30
Présentateur

Vous ne pensez pas que ça dépasse les leçons de morale ?

2:35
Xavier Bertrand

On parle d'eux. Justement, si vous parlez notamment de la cause des femmes, je voudrais aussi les entendre. Quand les islamistes font pression pour que les femmes ne s'habillent pas en jupe, pour qu'elles ne sortent pas comme elles le voudraient. Est-ce que vous ne mélangez pas deux choses ? Non, pas du tout. C'est la même question. C'est le respect des femmes.

2:52
Invité

Si on en revient aux cellules, est-ce que vous pensez qu'il faudrait créer une cellule chez les LR, par exemple, comme il en existe, une maintenant à Renaissance, dirigée ?

3:00
Xavier Bertrand

De chaque formation politique. Et au moment où nous lançons aussi un nouveau mouvement politique, on pense à toutes ces questions-là, évidemment. Il y aura une cellule à récrer, nous. Mais rien ne remplacera, rien ne remplacera clairement les tribunaux.

3:13
Invité

Les cellules ne sont pas là pour remplacer la justice, la question. Est-ce qu'il en faut une de toutes façons en termes d'exemplarité ?

3:16
Xavier Bertrand

Vous avez fait cette formation hier, c'est votre rôle. Mais pour le reste, que le débat politique vienne là-dessus, à la place, du débat judiciaire, ça n'est pas le bon.

3:26
Invité

Oui, le temps de la justice n'est pas le temps des cellules. Exactement.

3:29
Présentateur

Pourquoi ces cellules sont créées, M. Bertrand, aussi, dans les partis ? Vous répondrez à la question de Benjamin dans un instant. Vous me direz ce que vous comptez faire dans votre propre mouvement. Mais ces cellules sont créées parce que la justice est parfois beaucoup trop lente que la prise en compte de la parole des femmes n'est sans doute pas suffisamment importante.

3:45
Xavier Bertrand

Je découvre dire que la justice intervient assez rapidement. Certains peuvent dire d'ailleurs que ça crée des interférences avec la politique. Donc, à partir du moment où la justice est saisie, on a aussi des développements qui peuvent être beaucoup plus rapides que quelques années. C'est une chose. Après, chacun fait en fonction de sa conception. Il est évident que M. Bayou, mais pour des raisons, on le voit bien aussi. Mais c'est pour ça, attendez, il y a ce sujet central, le respect des femmes. Central. L'intégrité des femmes. La parole des femmes. Mais pour le reste, regardez comment les choses se passent. On voit bien le règlement de compte qu'il y a à l'intérieur des verts.

Et vous voudriez qu'on rentre dans ce débat-là ? Non. La place des femmes. Le respect des femmes. L'action judiciaire.

4:23
Invité

Et cellule ou pas cellule, alors, au sein des LR ?

4:25
Xavier Bertrand

Oui, bien évidemment, pour veiller à faire attention. Mais là, attendez, moi, je vous parle de Nous France. Et sur toutes ces questions-là, nous sommes très attachés. Cette question de la place des femmes. En l'occurrence, est-ce qu'à Nous France, il y a une... Je viens de vous dire à l'instant, pour la deuxième fois, M. Duhamel, pour la deuxième fois, parce qu'on veut aussi veiller à faire très attention à cela. J'ai avec moi un certain nombre de responsables de Nous France qui sont avec moi. Et nous veillons justement à ce qu'il n'y ait pas seulement cette question de l'égalité homme-femme, mais du respect.

4:51
Présentateur

Juste pour clore sur ce sujet, vous estimez-vous que les moyens mis en place pour la prise en compte de la parole des femmes, pour l'accompagnement contre les violences sexuelles et sexistes, ils sont suffisants, aujourd'hui ? Non. Dans notre pays, non. Bien sûr.

5:02
Xavier Bertrand

Bien sûr. Mais là, encore une fois, là où nous devons absolument sortir des discours, des motions, des pétitions de principe, ce que veulent les Français sur toutes ces questions, ce n'est pas que je m'exprime là-dessus, c'est de savoir s'il y a des résultats. Le soutien, par exemple, qu'apporte la région des Hauts-de-France sur cette question des violences faites aux femmes, tout ça doit encore être développé. Ça fait partie des points sur lesquels je me suis engagé l'an dernier, on va continuer à travailler. Et le gouvernement n'est pas à la hauteur sur ces sujets ? Vous voyez, on va être tout de suite à dire, ils ne font pas ci, ils ne font pas ça.

La société française doit progresser sur ces questions. La société française doit avancer, tout simplement parce que les actions ne peuvent pas reposer sur un discours présidentiel, sur le propos seulement d'un président de région, sur un plateau de télévision. C'est une action au quotidien, avec notamment, au-delà de la prise de conscience, toute une partie sur l'éducation, notamment sur les jeunes, sur les jeunes générations, et aussi par un véritable soutien de terrain à nombreuses associations. Nous, nous allons renforcer le soutien aux associations. Je vous donne un exemple concret, pour être très précis.

À Pont-Sainte-Maxence, le maire, Arnaud Dumontier, a réussi à trouver des locaux pour que des femmes qui ont été victimes de violences puissent justement trouver un lieu pour repartir, rebondir dans la vie. Le rôle de la région, quel est-il ? C'est de mettre en place des formations pour les aider à reprendre un emploi ou à retrouver un autre emploi.

6:22
Invité

Juste, vous parlez d'éducation, est-ce que c'est un bon signal, quand cette rentrée parlementaire, Adrien Quatennens, qui a donc admis avoir giflé sa femme, reste député et potentiellement siège de nouveau. Parlez d'éducation de symbole, est-ce que c'est un bon symbole ?

6:33
Xavier Bertrand

Je vous dis clairement que ces donneurs de leçons professionnelles qu'il y a à France Insoumise et chez les Verts devraient balayer devant leurs portes. Voilà ce qu'il y a.

6:41
Invité

Et donc quitter l'Assemblée ?

6:42
Xavier Bertrand

Et j'aimerais les entendre partout et tout le temps. Ça, on a entendu. Quand la place des femmes est remise en question, notamment dans les cités, ou parce qu'effectivement la proximité avec les islamistes a pu arranger M. Mélenchon au moment des préhentiels, là, ils ne disent rien.

6:56
Présentateur

Je voudrais que l'on se penche maintenant sur la réforme des retraites. Elle va intervenir en 2023, selon le Président de la République. L'exécutif a ouvert une période de concertation pour aboutir sur une réforme, quel que soit le véhicule. Par ailleurs, on va y revenir. La concertation d'abord, est-ce que ça vous va ? Indispensable.

7:11
Xavier Bertrand

Vous ne pouvez pas faire une réforme des retraites qui est une réforme essentielle sans qu'il y ait la concertation. Il y a plusieurs principes qui s'imposent pour cela. Les retraites, ce n'est pas n'importe quelle réforme. Parce que les retraites, c'est une partie intégrante du contrat social français. La retraite par répartition, c'est qu'il y a ce lien entre les générations. Les actifs, les retraités, c'est la retraite par répartition qui fonde ce lien. Vous savez, je crois qu'aujourd'hui, dans la société française, tout ce qui existe encore comme lien entre les générations, entre lien entre les Français, on a sacrément intérêt à les conserver.

La deuxième chose, c'est que ça touche votre projet de vie. Parler de la retraite, changer les règles de la retraite, ça veut dire que ce que vous aviez prévu dans votre vie va être modifié. Il faut comprendre les réactions de l'ensemble des Français. Maintenant, nous savons qu'on parle des retraites, pas pour faire plaisir à qui que ce soit. C'est tout simplement parce qu'il y a des règles évidentes. Nous vivons de plus en plus longtemps. Et si on vit de plus en plus longtemps, il y a de plus en plus de retraites à verser.

8:10
Présentateur

Non, je veux finir. Vous venez dire... Non, non, la pédagogie ne s'arrêtera pas au bout de 30 secondes. À qui que ce soit, il y a plein de gens qui sont mécontents et on va y revenir. Je vais juste finir. Justement, sur une question précise, M. Bertrand, sur le véhicule, quelle forme doit prendre cette réforme ? Est-ce que ce doit être un texte ad hoc, c'est-à-dire une loi propre, ou est-ce qu'il faut des amendements dans les textes budgétaires ?

8:27
Xavier Bertrand

Je vais vous répondre très précisément. Mais si vous voulez réformer les retraites, vous n'avez que trois recettes. Vous n'en avez pas quatre, vous n'en avez que trois. Soit vous touchez moins de retraites. Et c'est impossible quand vous voyez le niveau des salaires, notamment pour les catégories populaires et les classes moyennes. Deuxième possibilité, c'est que vous travaillez un peu plus longtemps. Troisième possibilité, c'est que vous payez plus. Quand on voit le niveau des cotisations et des impôts en France, cette troisième voie, je le pense, est impossible.

C'est donc cette voie centrale qui est celle de travailler un peu plus longtemps, comme l'ont fait tous les pays, quelle que soit leur sensibilité politique. À partir du moment où vous demandez un effort, vous devez avoir à côté de la justice. Parce qu'il y a une inégalité profonde en matière de retraite. Vous allez dire, c'est le niveau des retraites, le montant des retraites. Oui, c'est vrai. Mais quand on n'a pas la même carrière, pas le même salaire, on ne s'attend pas à avoir la même retraite que quelqu'un.

9:17
Présentateur

Alors justement, on fait confiance,

9:17
Xavier Bertrand

un texte de loi global, M. Bertrand, où il y a tout dedans. Je finirai, je vais vous répondre. Parce que celles et ceux qui nous écoutent doivent aussi bien voir de quoi il s'agit. La justice. L'injustice française, c'est le temps qu'il vous reste à vivre en bonne santé quand vous prenez votre retraite. Et force est de constater, pardonnez-moi, je suis plus âgé que vous, mais quand vous prendrez votre retraite, vous n'aurez pas été usé de la même façon que quelqu'un qui est derrière un marteau-piqueur toute la journée, quelle que soit la météo. Par quelqu'un qui est posté, c'est-à-dire qu'une semaine sur trois, qui travaille avec des horaires décalés. Et ceux-là doivent partir plus tôt.

Voilà ce qu'est la justice. Et le deuxième point de justice, c'est que public, privé, régime spéciaux, les mêmes règles. Mais Xavier Bertrand, donc du coup on teste à doc alors. Bien sûr. Xavier Bertrand, votre discours,

10:03
Présentateur

c'est pas d'amendement des projets budgétaires ? J'avais dit que je répondrais complètement.

10:07
Xavier Bertrand

Ça ne peut pas être un passage en force, ça ne peut pas être un vote à la sauvette, ça ne peut pas être avec un 49-3, une réforme comme celle-ci, parce qu'autrement, dès le départ, vous n'aurez pas l'adhésion des Français. Ils savent que c'est déjà plié. Donc moi, pour ma part, je suis prêt à soutenir une réforme des retraites qui contiendra des efforts, parce qu'il faut assurer l'équilibre du régime pour payer les retraites, pas pour faire les écureuils et faire des économies, pour payer les retraites, mais il faut clairement de la justice

10:35
Invité

et un vrai texte à doc. Mais sur ces éléments de justice, le gouvernement a annoncé, tant sur la question du minimum contributif que de la pénibilité, qu'il irait sur ses chantiers et qu'il négocierait avec les syndicats. Ça veut donc dire, quand on vous écoute, on se dit, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille à papier à cigarette entre ce que dit le gouvernement sur la réforme des retraites et ce que vous dites, Xavier Bertrand. Donc, c'est un soutien affiché, franc et massif que vous apportez au gouvernement sur ce sujet. Vu votre sourire, vous savez qu'il y a encore

11:00
Xavier Bertrand

un certain nombre de points qui sont à régler.

11:02
Invité

Lesquels ?

11:02
Xavier Bertrand

Et ces points lesquels ? La pénibilité, comment on la prend en compte ? Comment ils veulent faire ? Et sur l'équité, c'est-à-dire les mêmes règles, régimes spéciaux, public-privé, ça va vraiment être les mêmes règles ? J'attends justement les confirmations. Et n'oubliez pas aussi une chose, il n'y a pas que le minimum contributif, c'est autre chose. C'est la pension minimum. Les artisans, les commerçants, les agriculteurs ont des retraites qui ne sont pas à la hauteur du minimum vieillesse. Est-ce que là, l'effort sera fait aussi ? Et les femmes ? Les femmes n'ont pas la même carrière aujourd'hui que les hommes, pas les mêmes salaires, elles n'ont pas les mêmes retraites.

Il faut qu'il y ait cette compensation. Mais si ces points sont respectés, on est d'accord que vous soutiendrez

11:39
Invité

et que vous appellerez les députés,

11:41
Xavier Bertrand

les républicains, à voter cette réforme. Je viens de vous le dire, s'il y a clairement à la fois de l'effort et de la justice. Mais la justice, pour l'instant, c'est la marque de fabrique de ce gouvernement et ce depuis maintenant plus de cinq ans. Xavier Bertrand ? Pardonnez-moi, la clarté, ça n'a pas été leur marque de fabrique. Rappelez-vous pourquoi le premier essai sur la réforme des retraites a échoué ? C'est tout simplement parce qu'on n'avait rien compris, sinon que comme le dit quelqu'un de chez moi de la région, quand c'est flou, c'est qu'il y a un huit.

12:11
Invité

La clarté des LR qui ne veulent pas soutenir une réforme alors qu'ils promettaient exactement la même chose pendant la campagne présentielle,

12:15
Xavier Bertrand

vous êtes à peu près clair. D'autres ne le sont pas. Je viens d'être clair, j'attends de savoir quelle sera la réforme qui sera proposée et puis si je peux me permettre, je suis d'autant plus clair que c'est la droite qui a fait les réformes des retraites jusqu'à l'heure.

12:28
Invité

Xavier Bertrand, Laurent Berger a dit ce matin dans le journal du dimanche Niette a 65 ans. Alors est-ce que vous craignez le blocage justement de cette réforme éventuellement dans le bloc du pays ?

12:37
Xavier Bertrand

Laurent Berger, je n'ai pas lu son interview mais il ne dit pas 65 ans et puis c'est tout. Il est prêt à la concertation parce qu'une réforme, c'est aussi progressif. Je vous ai parlé du projet de vie de chacun. Quand vous avez prévu de partir par exemple à 62 ans, on vous dit ça va être 3 ans de plus. Quand vous êtes cabossé par le travail, on vous dit 3 ans de plus. C'est impossible.

12:56
Invité

Est-ce que vous craignez des blocages dans le pays ? Des grèves ?

12:58
Xavier Bertrand

Ce n'est pas une fatalité mais c'est au gouvernement de faire aussi les efforts nécessaires. Vous pouvez avoir à un moment donné une contestation. En 2003, j'étais rapporteur du texte pour les retraites. Ça me rajeunit de revenir à cette période-là. Mais nous avions réussi à faire passer la réforme. C'était Jacques Chirac qui l'avait voulu. François Fillon qui portait cette réforme, j'étais rapporteur. Et on avait réussi, on mettait public, privé, même durée de cotisation. Ce n'est pas simple. Il y a eu du monde dans la rue. Mais on a eu le soutien de syndicats. Pourquoi ? Parce que c'est nous qui avions mis en place à l'époque déjà la justice les carrières longues.

C'est-à-dire que celles et ceux qui avaient commencé à travailler à 14 ans, à 15 ans, à 16 ans pouvaient partir plus tôt. Ça n'a pas été facile. Vous savez pourquoi ? Parce qu'il y avait des conseillers, notamment issus de Bercy, tout ça, c'est que pendant ma campagne à l'époque, un monsieur, un salarié agricole m'avait dit si vous êtes élu, Chirac veut faire la réforme des retraites, j'ai le dos broyé, monsieur. Je ne sais pas comment j'irai jusqu'au bout. Donc si vous rallongez, moi je ne pourrais pas y aller. Et plutôt qu'il soit en invalidité, c'était mieux qu'il soit en retraite. Provenant 2022. Cette réforme intervient dans un contexte particulier, monsieur Bertrand.

Parce que ce qui était vrai en 2023 reste valable en 2022. S'il n'y a pas de justice, les Français ne peuvent pas agérer. Monsieur Bertrand, cette réforme intervient dans un contexte particulier qui est une majorité relative à l'Assemblée pour la majorité de ces classes moyennes. Monsieur Bertrand,

14:16
Présentateur

le président de la République, lui, il agite la menace de la dissolution. Donc si une motion de censure est votée à l'Assemblée nationale, lui, il dit c'est simple, c'est clair, c'est net, je dissous. C'est du chantage ?

14:29
Xavier Bertrand

Il n'y a pas eu que ça dans ce dîner-là. J'ai vu que vous faisiez bientôt une émission ou un podcast pour raconter ce dîner. Le président de la République aurait dit que cette retraite, c'était c'est son autorité qui était en question. Et ce n'est pas une question d'égo la réforme des retraites. Ce n'est pas la question de l'autorité de M. Macron. C'est de savoir comment les gens vont toucher une retraite digne de ce nom. C'est beaucoup plus important le contrat social que l'autorité de M. Macron. Donc sur toutes ces questions, je pense qu'il est certainement de mauvaise humeur parce que certains des membres de sa majorité l'ont obligé à faire marche arrière.

Mais ça, ça ne nous regarde pas par rapport aux problèmes que connaît le pays.

15:04
Invité

Donc c'est du chantage ? Mais il y a une question entre eux. Il y a une question précise sur cette motion de censure. Pour ceux qui nous regardent, ceux qui pourraient faire basculer une motion de censure et faire en sorte qu'elle soit votée, ce sont les députés et les républicains qui pourraient donc s'associer.

15:15
Xavier Bertrand

Mais pourquoi vous parlez de motion de censure ?

15:17
Invité

Parce que c'est dans le débat et parce que le président de la République

15:19
Xavier Bertrand

s'il y en avait une qui était votée. Mais ce qui est sur le débat dans le débat aujourd'hui, est-ce qu'il faut une réforme des retraites ? Oui. Est-ce qu'un gouvernement...

15:29
Invité

Est-ce qu'il faut un amendement

15:33
Xavier Bertrand

dans leur PLFSS pour moi, c'est inadmissible ? Est-ce qu'il y a un texte, un vrai texte sur lequel on met les éléments sur la table et est-ce qu'on peut trouver un accord ?

15:42
Invité

Est-ce que les républicains pourraient s'associer au RN et à la NUPES

15:44
Xavier Bertrand

et voter une motion de censure ? S'associer au RN et à la NUPES, ça, ce n'est pas notre genre. Ça, ce n'est pas notre genre. Question-réponse. Maintenant, je veux aussi vous dire une chose. Si à un moment ou à un autre, nous estimons que le gouvernement franchit une ligne rouge et que le gouvernement, clairement, ne prend pas en compte ces impératifs de justice, je ne sais pas quel sera le texte. Vous le savez, vous, non plus.

16:05
Présentateur

Non, mais pardonnez-moi, vous dites s'il franchit une ligne rouge, je vous demande qu'elle serait une ligne rouge pour vous.

16:09
Xavier Bertrand

Si à un moment donné, sur un vote, ce qui nous est proposé, il y a justement une injustice flagrante dans un texte. Vous croyez qu'on va voter ? Certainement pas. Et vous déposeriez une motion de censure

16:18
Invité

dans ce cas-là ? Oui, de voter ou pas voter.

16:20
Xavier Bertrand

Et maintenant, on va aller jusqu'au bout. Le gouvernement, de toute façon, doit savoir les choses. s'il y a l'Assemblée nationale et au Sénat, il veut faire passer un texte, il a besoin des Républicains. Voilà, c'est aussi simple que ça. Et ça, on le sait depuis le début. Mais qui ne sont pas prêts à faire tomber le gouvernement Elisabeth Borne. Mais ce qui est vrai aussi, c'est que quand vous avez fait les textes de l'été, tout le monde était content, il n'y a pas eu de blocage. Ah oui, quand vous faites un texte de 25 milliards d'euros, le seul risque que vous avez, c'est de vous trouver confronté avec les extrêmes à M. Plus ou Mme Différemment. Voilà.

Mais pour le reste, qui est-ce qui a permis aujourd'hui que les Français payent moins cher leur carburant ? Ah, ce n'est pas M. Le Maire, il n'a pas envie. C'est les députés LR, c'est les sénateurs LR qui leur ont tordu le bras. Toutes celles et ceux qui ont fait la queue aux pompes chez Total et chez d'autres, c'est grâce aux Républicains qu'on a pu obtenir ça. Parce que c'est une mesure de pouvoir d'achat. Et c'était ce que nous réclamions depuis bien longtemps. Et donc, très clairement, sur tous ces sujets-là, le gouvernement sait pertinemment, au moins qu'il veuille faire avec les extrêmes, CLR qui peut permettre.

Mais là, seule chose, c'est qu'il ne s'agit pas pour nous d'être écoutés de temps en temps. C'est la vocation de nous, France. C'est-à-dire qu'on va venir, nous, avec des solutions. On va revenir sur votre nouveau moment. Avec des solutions, ce serait bien que je vous expliquiez. Mais je pense qu'on parle de ce matin. On parle de ces sujets qui sont intéressants, il me semble aussi, M. Bertrand. Oui, mais moi, je veux être hyper concret.

17:32
Invité

Justement, on va l'être. La France fait face à une crise énergétique et doit faire des efforts pour passer l'hiver. Est-ce que vous aussi, vous porterez des cols roulés et arrêterez d'utiliser votre sèche-linge ? C'est notamment ce qu'ont expliqué le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire et Gilles Le Gendre. Dans la majorité, on voit Bruno Le Maire avec un col roulé dans son bureau à Bercy. La situation ne serait pas tragique,

17:55
Xavier Bertrand

ce serait comique, leur histoire. Entre le président de la République qui vient vous faire une allocution officielle pour dire qu'il faut régler son chauffage à 19 degrés ou maintenant, les membres du gouvernement vous recommandent la doudoune, c'est le dernier chic. Ou la porte. Le sèche-linge et le col roulé. Non mais attendez, où on est là ? C'est des conseils concrets. C'est de la communication à deux balles. C'est devenu ça la politique. La septième puissance mondiale, les principaux ministres viennent à la télévision pour vous dire comment vous devez vous habiller ou à combien vous devez régler votre chauffage.

18:27
Invité

Et quand Emmanuel Macron parle de la fin de l'abondance, vous dites que ce n'est pas concret, il faut dire précisément en français comment faire les économies énergées. D'accord.

18:33
Xavier Bertrand

Ce qui est concret, à quel moment on dépose un texte de loi pour dire quand est-ce qu'ils sont construits les EPR ? Parce qu'on en parle depuis des mois. Il n'y a toujours pas de texte déposé. Voilà. On est capable de dire maintenant qu'on va diviser par deux les délais pour installer des éoliennes qui défigurent le paysage français et le littoral. Mais ça, par contre, pour réouvrir des centrales nucléaires, ça va être plus compliqué. Non mais au bout d'un moment, attendez, je voudrais juste finir. On parle de quoi ? La politique, c'est là pour aider les gens. La politique, elle est là pour régler des problèmes.

Et quand la politique a failli, parce que si on a fermé Fessenheim, c'est à cause à l'époque de l'accord politique.

19:09
Invité

Oui, mais on ne va pas réécrire l'histoire sur le nucléaire, ça fait des mois très durs. Madame, c'est important pour bien expliquer les choses. Je sais pertinemment

19:14
Xavier Bertrand

que la pédagogie peut peut-être moins intéresser sur ce plateau, mais je crois qu'elle peut intéresser les gens qui nous écoutent. On en a parlé souvent

19:20
Invité

de ce qui s'est passé au sein de DF. Maintenant, la question c'est vous êtes contre les éoliennes. Est-ce que vraiment, vous pensez que pour garantir la souveraineté énergétique du pays, il ne faut pas multiplier les sources d'électricité et d'énergie ? Si vous pensez

19:34
Xavier Bertrand

que les éoliennes vont remplacer le nucléaire, ça ne marchera pas.

19:36
Invité

Ça ne remplacera pas. Merci de le dire. C'est une accumulation et une diversification.

19:40
Xavier Bertrand

Je vais juste poser un point. Je ne vais pas passer tout mon temps à vous rappeler ce qui s'est passé, mais quand même. La France a toujours eu son indépendance parce qu'à l'époque on avait fait le choix du nucléaire. Ça s'est arrêté à un moment donné parce qu'il y a eu un accord politicard entre les socialistes.

19:56
Invité

Oui, mais regardons l'avenir maintenant.

19:57
Xavier Bertrand

Madame, on a besoin de réexpliquer pour que ça ne se reproduise plus.

20:00
Invité

Il y a 6 EPR de deuxième génération qui vont être nancés.

20:03
Xavier Bertrand

Pour que ça ne se reproduise plus. Un accord politicard

20:06
Invité

50 parcs éoliens.

20:07
Xavier Bertrand

Un accord politicard qui nous a aujourd'hui amenés dans cette situation de fragilité. Monsieur Macron n'a pas voulu empêcher la fermeture de fait cela. Je ne vais pas passer tout mon temps de parole à vous dire ce qui s'est passé. Maintenant, ça pose aussi une chose. S'il nous faut des EPR, il faut que le texte soit déposé maintenant. Oui, c'est prévu début d'année prochaine. Mais ça fait quand même maintenant un bon moment. Et il a fallu à l'époque, pardonnez-moi, de le rappeler, que ce soit à l'occasion des débats des Républicains que je propose moi-même d'aller beaucoup plus loin sur la réouverture pour qu'ils changent de position. Ça montre qu'on est utile et utile pour les Français.

Ensuite, autre chose, il n'y a pas que les éoliennes. Moi, je suis dans une région, le territoire des Hauts-de-France, 6% du territoire national de toute la France. J'ai 26% des éoliennes chez moi. Vous comprenez pourquoi je suis contre les éoliennes ? Parce que chez moi, j'ai une saturation. Des amis qui sont si on avait moins chez vous, plus ailleurs, ça irait. Pardon ? Si on avait moins chez vous, plus ailleurs, ça vous irait mieux. J'en ai quatre fois plus que la moyenne. Vous trouvez ça normal ? Non, merci de le reconnaître. Non, je ne reconnais rien. Si on avait ailleurs que chez vous, donc moins chez vous, plus ailleurs, ça vous irait mieux.

Si vous respectez les populations et si vous ne détruisez pas les paysages français, vous m'avez parlé des parcs comme genre.

21:17
Invité

50 parcs éoliens, oui.

21:19
Xavier Bertrand

Vous avez vu la baie de la Bôle ?

21:20
Invité

Oui. 80 éoliennes. Vous ne trouvez pas

21:23
Xavier Bertrand

que je les figure le littoral ? Et demain, on va nous faire la même chose à Saint-Brieuc et nous faire la même chose au Tréport. C'est pas votre région, en fait.

21:29
Invité

RTE explique qu'on ne peut s'en sortir que si on a à la fois du nucléaire et qu'on pousse les feux sur le renouvelable et notamment l'éolienne. En fait, on a le sentiment que vous n'avez absolument pas bougé, pas appris de ce qui s'est passé pendant la campagne présentielle sur la question de l'éolien. Si vous ne me laissez pas finir, oui, vous pourrez penser ça.

21:44
Xavier Bertrand

Si vous me laissez finir, je vous expliquez. Il va falloir terminer rapidement parce qu'on est en retard. Non, non, très bien. Si je peux vous expliquer, je vous assure que... Faites le rapidement, c'est bon, M. Bertrand. L'éolien offshore, d'accord, mais de l'invisible. Et l'invisible, c'est du flottant, comme ils le font dans tous les pays d'Europe de Nure. Vous savez pourquoi les énergéticiens ne sont pas très chauds ? Parce que ça leur coûte un peu plus cher. Je me moque de leur rendement sur quelques années si on est capable d'avoir des énergies renouvelables et de l'éolien offshore invisibles, très loin des côtes. Deuxièmement, la méthanisation.

L'État change tout le temps les règles du jeu. On pourrait développer la méthanisation. Troisième sujet, le photovoltaïque. Y compris dans les Hauts-de-France, on pousse les feux sur le photovoltaïque. Dans mes lycées, également sur des bâtiments, sur des friches industrielles. Et ce que je souhaiterais, c'est que tous les bâtiments que nous avons, notamment sur la logistique, on puisse en faire une priorité d'action. On s'arrête là, s'il vous plaît. On reprend cette émission dans un instant. On n'est pas du tout fermé, mais la seule chose, c'est qu'on n'est pas obligé de faire...

22:37
Présentateur

On revient en direct dans un instant. Dans quelques secondes, c'est une nouveauté cette saison. Je vous montre trois photos. D'ailleurs, chaque photo, il y a une question. Ce sera juste après la pub. C'est la suite de BFM Politique avec Xavier Bertrand, qui est notre invité ce midi. Monsieur Bertrand, nouveauté cette saison, je vous montre trois photos. D'ailleurs, chaque photo se cache une question d'actualité. Vous allez pouvoir en choisir deux. Vous allez voir apparaître ici le trophée de la Coupe du Monde de football, le portrait de l'imam Ickyoussen et vous-même en train de jouer au football. Quelle première question ?

Je ne suis pas qualifié pour la Coupe du Monde, en ce qui me concerne.

23:08
Xavier Bertrand

Pas encore. Quelle première question est-ce que vous choisissez ? Je me jouerai cet après-midi encore au foot, toutes les semaines, mais pour le reste, non.

23:14
Présentateur

Quelle photo choisissez-vous, monsieur Bertrand ?

23:15
Xavier Bertrand

Pourquoi vous m'avez mis en photo ?

23:18
Présentateur

Si vous voulez savoir, dites-le moi. Sérieusement, celle du milieu. L'imam Ickyoussen, il a été arrêté en Belgique et Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, dit une place lui réservait en centre de détention. Il s'est soustrait à une décision d'expulsion. Il va finalement revenir en France pour être expulsé. Est-ce que c'est la fin du feuilleton ?

23:38
Xavier Bertrand

Je le souhaite, mais pas la fin du combat qu'on doit mener contre les islamistes. On a voté un texte, un texte qui était en retrait par rapport au discours important de M. Macron au Mureau, à l'époque. Et ça montre bien que ce texte ne donne pas encore toutes les possibilités de mettre hors d'état de nuire tous les prédicateurs de haine. Tous ceux qui, par dissimulation, justement, attaquent la France, veulent affaiblir, veulent remettre en cause notre civilisation. Et je suis convaincu que si on veut fermer tout de suite les mosquées islamistes, si on veut pouvoir expulser tout de suite les prédicateurs de haine, dans ces conditions-là, il faut renforcer notre dispositif législatif.

Il faut aussi aller au-delà. Je ne sais pas si vous avez vu ce qui est en train de se passer sur les réseaux sociaux, notamment à l'école, pour justement dire à des jeunes qu'il faut mettre de nouvelles tenues religieuses. C'est une note des services de renseignement qu'il est Christophe Nommet. Justement, il y a une loi, une très belle loi qui avait été voulue par Jacques Chirac à l'époque. Il faut veiller à ce que cette loi soit appliquée. Le ministre de l'Éducation nationale doit veiller à ce que tout ceci soit bel et bien considéré comme des signes religieux ostentatoires et que bon ordre

24:49
Présentateur

y soit mis. Il nous reste deux photos, M. Bertrand. Le trophée de la Coupe du Monde est donc vous-même en train de jouer au football. Coupe du Monde ? La mère de Lille, Martine Aubry, a annoncé qu'elle ne va diffuser aucun match du Mondial de foot parce qu'il est organisé au Qatar et qu'elle désapprouve son organisation. Est-ce qu'elle a raison ?

25:06
Xavier Bertrand

Il faut laisser le foot, le sport, les Jeux Olympiques, les Coupes du Monde en dehors des débats politiques parce que je pense que c'est encore ce qui permet à des peuples de se rencontrer même si c'est autour du foot. Chacun fait à sa façon mais en ce qui me concerne, je vois bien ce qu'il y a derrière. Est-ce qu'il faut boycotter la Coupe du Monde ? Pour moi, la réponse est non.

25:25
Invité

Donc les pouvoirs publics doivent aller au Qatar soutenir l'équipe de France. Oui.

25:30
Présentateur

Monsieur Bertrand, dans quelques instants on va se pencher sur votre nouveau mouvement. Et la troisième on ne commande pas donc. Non, vous n'avez pas fait le choix. Votre mouvement Nous France, nous y reviendrons dans un instant. Juste avant ça, une question au sujet de la présidence des Républicains. La campagne est ouverte. Il y a plusieurs candidats. Aurélien Pradié, Éric Ciotti, Bruno Rotaillot. Pourquoi est-ce que vous, vous n'êtes pas candidat à la présidence des Républicains ?

25:50
Xavier Bertrand

Parce que mon ambition, ça n'est plus de diriger cette famille politique. Je l'ai fait.

25:54
Invité

Et Virginie Calmes ce matin a décidé qu'elle n'irait pas. Elle dit que les ficelles sont tirées en faveur d'Éric Ciotti. Un homme tire les ficelles en faveur d'Éric Ciotti. Qu'est-ce que vous en pensez ?

26:05
Xavier Bertrand

Je l'ai dit hier. Nous France ne rentrera pas dans l'élection à la présidence de LR. Je dirai moi-même le moment venu pour qui je voterai. Mais pour le reste, le mouvement politique que j'ai lancé hier ne rentrera pas dans ce qu'est une élection interne.

26:19
Invité

On va en parler, mais pourquoi ne pas dire tout de suite qui vous soutiendrait ? On voit bien dans vos soutiens. Il y a beaucoup de soutien d'Aurélien Pradié, un des candidats. On dit aussi que c'est un de vos proches. Est-ce qu'il n'y aurait pas une forme de clarté ? Vous dites par ailleurs « Moi, je ne veux pas d'une droite identitaire ». Droite identitaire, on comprend que c'est plutôt Éric Ciotti. Bruno Retailleau n'est pas non plus un centriste. Pourquoi ne pas être franc et y aller et dire « Moi, ce sera Aurélien Pradié ? » Vous voulez que je vous dise pourquoi ? Oui. Parce que parti comme ça, on ne va pas parler de Nous France.

26:40
Xavier Bertrand

On ne va pas parler du rassemblement de plus de 1000 personnes qui sont venues pour trouver des solutions pour les Français. Non mais, je connais par cœur, comme je vois le début de l'émission, si vous avez besoin des punchlines à commentateurs, je ne suis pas le bon client. Je viens parler du fond. Monsieur Bertrand, on va parler de la première partie

26:56
Présentateur

d'émission, nous allons parler de violences faites aux femmes, de réforme des retraites. Je pense que ce sont des sujets de fond, il me semble. Et nous, vous allons parler de votre mouvement dans un instant. Mais il a fallu que je me batte pour pouvoir aller jusqu'au bout et faire preuve de pédagogie.

27:07
Xavier Bertrand

Il n'y a aucun problème. Moi, je ne suis pas là pour répondre en 30 secondes à des sujets aussi importants. D'ailleurs, on n'est pas allé jusqu'au bout tout à l'heure. Parce que vous me disiez les pulls, col roulé et tout ça. Là, on est un peu sur autre chose. Non, non, je vais aussi vous expliquer pourquoi. Qu'est-ce que j'attends, moi, des ministres ? C'est qu'ils aillent à Bruxelles et qu'à Bruxelles, ils obtiennent une dérogation qui nous permette d'avoir la possibilité que nos entreprises saines ne mettent pas la clé sous la porte avec le tarif de l'énergie. Vous voulez que je sois concret ? Je suis concret. Voilà, moi, ce que je propose. Voilà les solutions que nous proposons.

On va juste essayer de suivre un ordre qui fait qu'on pose les questions et que vous essayez de répondre.

27:43
Invité

Et si vous ne voulez pas répondre, vous ne répondez pas. Quand vous dites je ne veux pas d'une droite identitaire, ça veut donc dire que vous excluez, par exemple, la possibilité de voter ou de soutenir Éric Ciotti. On est d'accord. Monsieur Duhamel,

27:53
Xavier Bertrand

je prendrai position prochainement. Quand ? Je dirai très clairement. À chaque fois qu'il y a eu une élection, j'ai toujours dit pour qui je votais. Ça serait plus simple de dire maintenant. Notamment au deuxième tour des élections présidentielles, ce qui n'a pas été le cas de tout le monde. Je l'ai toujours dit. Je ne suis pas du genre à me planquer pour dire les choses. Je le dirai. Mais pour l'instant, quand je vois la situation qu'il y a dans le pays, si je crée Nous France, c'est pour apporter des solutions aux Français. Et c'est ça, aujourd'hui, qui me mobilise et qui me motive également pour venir vous voir.

28:20
Invité

Nicolas Sarkozy, on a appris qu'il ne voterait pas. Est-ce que la rupture est définitive entre Nicolas Sarkozy et son mouvement ?

28:26
Xavier Bertrand

Posez-lui la question. J'ai été porte-parole de Nicolas Sarkozy. C'était en 2007. J'étais très heureux comme porte-parole. Je ne suis plus.

28:32
Invité

Oui, mais vous vous mettez dans sa tradition parce qu'hier, vous avez dit Gérald De Gaulle, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Donc, vous avez peut-être une idée, quand même.

28:39
Xavier Bertrand

Vous vous rappelez pourquoi ? Parce qu'ils ont toujours combattu l'extrême droite. Toujours. Ils ont aussi été combattus par l'extrême droite. Et quand vous parlez, justement, des trois, c'est aussi parce que l'ADN de Nous France est très clair. C'est le refus

28:54
Invité

de toute union de la droite avec l'extrême droite. Juste là, pardon, c'est un peu de langue de voix. Est-ce qu'ils disent Nicolas Sarkozy, on ne veut plus en entendre parler compte tenu de ce qu'il a fait subir à Valérie Pécresse pendant la campagne et du deal qu'il a, semble-t-il, souhaité avec Emmanuel Macron ? Est-ce que Nicolas Sarkozy a encore un rôle à jouer dans votre famille politique ? Elle est simple, la question. Mais vous n'énervez pas. Je ne m'énerve pas. Je n'énerve pas. Je suis juste un peu, quand même. Je vous connais parfois plus détendu à l'antenne.

29:19
Xavier Bertrand

Je ne sais pas ce qui vous arrive aujourd'hui. Mais elle est juste de l'énergie. Oui, c'est un peu plus que ça. Clairement, ça fait longtemps cohérent. Voilà, avec ce qu'il a dit. Point à la ligne. Je vous l'ai dit, je ne suis pas porte-parole. Je n'ai pas de réponse. Mais je viens de vous le dire à l'instant. Dites-moi quelle réponse vous ferait plaisir. Non, mais je vais tuer de noter. Non, mais dites-moi. Alors avançons. Je vais juste au bout. Sur la question de l'ADN, c'est beaucoup plus important.

29:43
Invité

On y arrive, on y arrive. Moi, je refuse.

29:45
Xavier Bertrand

Monsieur, définitivement. Nous allons y revenir. Clairement, toute ambiguïté en la matière. Et celles et ceux qui voudraient à un moment ou à un autre tendre la main au Front National passé en Italie avec M. Berlusconi et Mme Mélanie. C'est ce que je refuse. Et en ce qui concerne l'ADN de Nous France, il est très clair. Apporter des solutions aux Français qui sont dans la colère, qui sont dans la misère et qui votent aussi pour les extrêmes ou qui vont dans l'abstention, ça, c'est aussi notre vocation. Mais il faut être très clair dans la vie politique. Je le suis depuis bien longtemps et on va continuer à être clair. Alors justement,

30:20
Présentateur

certains de vos camarades des Républicains vous reprochent sur votre manque de clarté. Regardez, écoutez. Éric Ciotti qui tweet ça, il dit j'ai du mal à comprendre ce que fait Xavier Bertrand, il s'en va, il revient et donc il met cette chanson de Claude François. Et vous voulez que je polémique avec M. Ciotti ? Non, je vous demande, pardonnez-moi, c'est quand même pas neutre. Cet homme est candidat à la présidence des Républicains, vous êtes un personnage en responsable important du même parti, vous étiez candidat au congrès de ce parti, c'est quand même pas neutre.

30:57
Invité

Même pour nous, c'est pas très clair en réalité.

30:59
Xavier Bertrand

Mais madame, je suis adhérent des Républicains, mais un parti politique, il parle à ses adhérents. Je veux parler à tous les Français. Un parti politique, il est focalisé sur les élections à venir. Moi, je veux qu'on travaille avant les élections et on ne présentera pas de candidats aux sénatoriales, aux européennes, parce qu'on va se concentrer sur à la fois un nouveau projet de société, ma République des Territoires, la République des Territoires, et aussi pour apporter des solutions aux Français. Le bouclier tarifaire énergétique, c'est une solution pour tout de suite. Et j'aimerais que le gouvernement reprenne cette idée.

31:28
Invité

Ce que dit Éric Ciotti, c'est en 2017, vous décidez de quitter votre famille politique. Vous dites, moi, je ne veux plus avoir rien à voir avec les Républicains parce que ce n'est pas maligne et de toute façon, il faut dépasser tout ça. Pendant le Congrès, vous dites, en fait, finalement, je reviens parce que je vais participer à une primaire dont je ne voulais pas quelques mois auparavant. Et puis là, après la campagne présidentielle, après avoir été défait au Congrès, vous dites, en fait, LR ne suffit pas, donc je vais créer Nous France. Vous comprenez qu'un peu, les gens se disent, mais attendez, il habite où ? Il a un pied républicain, un pied à Nous France ?

31:52
Xavier Bertrand

Je reste adhérent de LR, mais je pense aujourd'hui de nouvelles méthodes. Sans candidat ? Avec des antennes, avec des antennes notamment qui seront dans toutes les régions avec beaucoup, beaucoup d'autonomie. Nous France, ça sera aussi Nous Haute-France, Nous Corse, Nous Nouvelle-Aquitaine, Nous Grand-Est. C'est ça que je veux. Mais pourquoi rester à LR ? Quelque chose de foncièrement nouveau.

32:16
Invité

Pourquoi rester à LR dans ces cas-là ?

32:17
Xavier Bertrand

Parce que c'est la famille politique dans laquelle je continuerai à faire valoir ce que je vous ai dit. Mais alors qu'est-ce qui fait que je veux ? Je veux la clarification de l'ADN des Républicains. Parce que, regardez la présidentielle, pourquoi on s'est planté ? Hier, à Saint-Quentin, devant un millier de personnes, nous avions Gilles Finkenstein, un homme de gauche, patron de la Fondation Jean Jaurès, qui est venu répondre à cette carte blanche qui était animée par Valérie Debord, par François Durevray. Pourquoi on se plante à chaque fois ? Et c'était intéressant d'avoir un homme de gauche qui nous donnait ce regard.

Il ne s'agissait pas de faire une sorte de droit d'inventaire ou autre, mais d'avoir son regard. Il était intéressant. Il nous explique aussi que nous ne parlons plus à tous les Français depuis longtemps. Je veux parler aux jeunes. Et moi, vous le savez, c'est dans mon ADN. C'est mon histoire familiale. C'est mon histoire personnelle. Parce que nous ne parlons plus à personne aujourd'hui. Et moi, je veux qu'on parle aussi aux catégories populaires, aux classes moyennes. Je veux parler à tout le monde. Vous vous rappelez de cette phrase de Malraux sur le gaullisme, le métro, aux heures de pointe. Il faut parler aux chefs d'entreprise.

Mais à ceux qui travaillent, à ceux qui servent du travail. Parce que déjà, aussi, la fois dernière, nous avons tous suivi les sirènes. Zemmour, ou les sirènes de l'extrême droite, et on s'est joué. Vous aussi, vous avez suivi ces sirènes-là ? La primaire était celle-ci. Et la primaire, je ne regrette pas de l'avoir faite. C'était la seule façon d'essayer d'avoir un seul candidat pour pouvoir l'emporter. Je n'ai pas réussi à l'époque à convaincre les autres candidats que je pouvais les faire gagner. Vous aviez dit, je vais arrêter. Je veux juste terminer. Et après, je vous réponds. Je vous promets, c'est important.

C'est que derrière, je n'ai pas réussi à convaincre les adhérents, les seuls adhérents. Beaucoup de Français me disent mais on aurait voté pour voir la présidentielle, mais on n'était pas adhérents de LR, on n'a pas voulu aller voter. Et je pense qu'aujourd'hui, le combat pour les classes moyennes, si moi je ne le défends pas, il ne sera pas défendu dans le débat politique. La valeur travail, j'y crois sincèrement, ce n'est pas seulement à M. Roussel de temps en temps d'aller parler de la valeur travail pour défendre cela par rapport au droit à la paresse de Mme Rousseau. C'est à moi de porter ça. La voie des territoires, c'est aussi à moi de le faire.

Et j'estime encore une fois parce que c'est chez moi, c'est ce que j'ai au plus profond de moi-même, c'est mon histoire, j'ai envie de continuer à porter ces idées-là. Donc c'est pour ça

34:19
Présentateur

que vous êtes revenus. Vous parliez de clarté par rapport aux électeurs tout à l'heure. Voilà ce que vous disiez en décembre 2021.

34:26
Xavier Bertrand

Ça n'a pas suffi, je n'ai pas réussi à convaincre pour pouvoir figurer au second tour et pour l'emporter.

34:31
Présentateur

M. Bermond, est-ce que c'est la fin de vos ambitions nationales ?

34:34
Xavier Bertrand

Oui, je l'ai dit, je l'avais déjà dit auparavant. J'ai une belle région, une grande région de 6 millions d'habitants que je dois diriger et qu'à partir de maintenant, c'est ma région. Pourquoi avez-vous changé d'avis ? Alors, deux choses. Je continue à diriger ma région avec passion et la journaliste, je vais parler d'une autre antenne, la journaliste de Quotidia qui était hier à Saint-Quentin et qui m'a reposé cette question, c'est elle qui me la pose. Vous avez vu à quel moment on est là ? Je me supprime, donc l'hum, le ciel sur la tête, je suis sous le choc. Et je pense aussi que Valérie Pécresse va l'emporter.

Et si Valérie Pécresse l'emporte, pardonnez-moi, c'en est fini, mes ambitions nationales, c'est normal. Présidente, toute légitimité, c'est elle et c'est terminé. Mais on a perdu, il me semble. On a perdu et tout est à reconstruire à droite.

35:21
Invité

Vous comprenez que les gens, on parle beaucoup du crédit de la parole politique. Là, on a une personnalité qui, pour le coup, a un discours assez courageux. Après, sans aucune ambiguïté, mon ambition nationale, c'est fini. Et, quoi, neuf mois, dix mois plus tard, en fait, non, je lance un parti et je regarde 2027. Vous comprenez que les Français se disent mais comment est-ce qu'on peut le croire ?

35:40
Xavier Bertrand

Et tiens, vous n'avez jamais posé la question à Mélenchon quand il vient sur le plateau après la tarte qui s'est prise à la présidentielle et vous ne posez pas la question.

35:45
Invité

Il n'a jamais dit ça de façon aussi claire que vous l'avez dit.

35:48
Xavier Bertrand

Et vous ne posez pas la question à Le Pen, Madame Le Pen. Elle dit sauf circonstances exceptionnelles. Elle lui pose la question, honnêtement. Alors, je vais vous dire une chose. Moi, je vous l'ai dit. Oui, sur le coup, je pense sincèrement qu'on va gagner et que c'est terminé. Mais il s'avère non seulement qu'on a perdu avec moins de 5% et que ça vaut la peine de continuer à se battre parce que moi, je crois à la droite républicaine. Et pour le reste, M. Duhamel, plus que vous, c'est les Français qui décideront si je suis crédible pour porter ces thèmes et si ces solutions... Et avant 2026... Parlons-nous.

36:15
Invité

Non, mais parlons-nous clairement. Il n'y a pas de langue de bois, je suis très calme, j'ai de l'énergie, je vous pose la question. Si vous faites tout ça, c'est pour être candidat à l'élection présidentielle en 2027. Et à l'époque, pour 2022,

36:25
Xavier Bertrand

j'étais motivé comme ce n'est pas possible, préparé certainement plus que d'autres. Et pourtant, je ne suis pas allé au bout. Donc ça montre une chose, c'est que la détermination et l'ambition, ça ne suffit pas. Il faut savoir si vous apportez clairement les solutions pour les Français. Mais avant 2027, Nous France va se rendre sacrément utile, comme je l'ai fait par le passé. Vous vous rappelez certainement la fameuse prime Macron, comment elle est née. C'est moi-même, au cœur de la crise des gilets jaunes, qui avait proposé cette prime de 1 000 euros et le gouvernement l'a reprise. Je ne peux pas dire qu'ils n'étaient pas en panne de solutions à l'époque. Je suis fier que cette solution...

Vous allez pousser

37:01
Présentateur

dans le débat public ces idées pour encore plus de décentralisation, encore plus de pouvoir

37:04
Xavier Bertrand

aux autorités locaux ? Et d'apporter une solution pour que nos entreprises, notamment industrielles, mais pas seulement des restaurants, ne mettent pas la clé sous la porte dans les mois qui viennent parce qu'ils ne peuvent pas payer leur énergie. Le gouvernement ne bouge pas assez sur ces questions. Je veux le pousser avec mes élus, avec les parlementaires de Nous France pour que ça bouge. Pourquoi ? Ça sera la décision du gouvernement après, mais en attendant, ça fera du bien aux Français, ça fera du bien aux entreprises. Je veux montrer qu'on est utile. Nous avions, tous n'étaient pas là, mais nous avions plusieurs dizaines de parlementaires qui étaient à 50 ans.

37:33
Invité

Sur l'organisation des territoires, le Parisien publie ce matin une note des services de l'État qui dit finalement, les élus locaux, ils pleurent un peu des larmes de crocodile, ils ont beaucoup plus d'argent qu'il n'y paraît.

37:44
Xavier Bertrand

Ils sont sérieux ces gens-là ? Ils ne veulent pas sortir de leur bureau ?

37:46
Invité

C'est 4 milliards, 4 de l'excédent. Pourquoi tout ça ? Grâce à la TVA ?

37:51
Xavier Bertrand

Non, c'est de l'enfumage à deux balles.

37:53
Invité

Comment ça ?

37:53
Xavier Bertrand

Tout simplement pour nous serrer le kiki dans les mois qui viennent. Le gouvernement n'est pas capable de faire un budget en faisant des économies. Alors, ils vont dire dans les mois qui viennent qu'on va en faire sur les collectivités locales. Mais il vient d'où cet excédent

38:04
Invité

que décrit cette note des services de l'État ? C'est la situation d'avant. 2023, c'est 1,5 milliard de plus.

38:10
Xavier Bertrand

Je vais vous prendre un exemple. Je ne vais pas parler de ma région par exemple parce que nous, les économies, on sait les faire.

38:15
Invité

Donc, votre région va bien et elle n'est pas exsangue ?

38:18
Xavier Bertrand

Madame, Madame, les économies, on sait les faire et on les a faites. Quand j'ai pris mes responsabilités à la tête de la région, on a fait plus de 100 millions d'euros d'économies parce que j'avais besoin de le faire. Bien. L'année prochaine, l'année prochaine, avec le coût de l'énergie, avec le coût de l'énergie, je vais devoir payer 82 millions d'euros de plus pour chauffer mes lycées et électricité, chauffage. Je vais avoir 30 millions d'euros de plus à donner pour les transports scolaires qui sont gratuits dans ma région. 30 millions.

38:47
Invité

Combien de recettes TVA vous aurez en plus ?

38:49
Xavier Bertrand

Eh bien, pas la somme. 30 millions d'euros de plus pour la SNCF avec le seul coût de l'inflation. Et la remontée des taux d'intérêt va me faire 21 millions d'euros de plus. C'est quoi le chantier principal pour les régions ? Et pour le reste, nous avons aussi le relèvement du point d'indice. Ça fait du bien à nos fonctionnaires. Mais c'est nous qui payons sans compensation. Le compte n'y est jamais. Pourquoi je veux cette République des territoires ? Je veux qu'il y ait une autonomie fiscale, que les élus locaux puissent justement, clairement, assumer leurs responsabilités au vu et au su de tout le monde. C'est ça, ce changement institutionnel que je veux.

39:23
Invité

C'est ça votre sentiment ?

39:23
Xavier Bertrand

Depuis des années, bien évidemment. C'est quoi l'autonomie fiscale pour être concret ? C'est-à-dire de pouvoir moduler des impôts ? Il y a déjà une partie des impositions qui sont décidées localement. Quasimment rien. Moi, j'ai un budget de 3,4 milliards, j'ai juste le droit de fixer le montant de la vignette. Avec ça, vous allez loin quand même. On est aujourd'hui sous dépendance de l'État. Et je pense qu'il faut aller jusqu'au bout de l'intuition géniale qu'avait eu le général de Gaulle à l'époque de la territorialisation. Lui, c'était la régionalisation et la participation. Il faut aller jusqu'au bout. Regardez, regardez. Regardez l'État. L'État aujourd'hui est à bout de souffle.

Il faut refaire l'État. Vous avez vu la gestion des masques au moment de la crise Covid ? Vous avez vu aussi la gestion de la sécurité ? Vous avez vu la gestion de l'immigration qui n'est plus aujourd'hui maîtrisée ? Quand vous voyez la façon dont on laisse s'appauvrir les classes moyennes ? Notre système de santé est en train de tomber. Moi, je ne veux pas d'une médecine pour les riches et pour les pauvres. Je veux d'un système de santé qui se tienne. L'État fait trop de choses. Il faut qu'il en fasse moins, mais bien. C'est cette clarification, la République des territoires. C'est une nouvelle République.

40:20
Présentateur

Il nous reste à peine deux minutes. On ne peut pas être en retard. On a une minute trente même. Je voudrais vous poser cette question. Vous avez été candidat à l'élection présidentielle via le Congrès. Vous avez des aspirations nationales. La Russie, vous l'avez suivi a annexé quatre territoires ukrainiens. Les combats sont en cours. Ils évoluent quotidiennement.

40:34
Xavier Bertrand

Impossible pour la communauté internationale, pour la France, d'avaliser ça. Ça a été condamné par tout le monde.

40:42
Présentateur

Ma question n'est pas celle-là. Est-ce que vous soutenez la demande d'adhésion accélérée de l'Ukraine à l'OTAN ?

40:47
Xavier Bertrand

Sur toutes ces questions, il faut montrer à la Russie que de toute façon, il n'est plus question aujourd'hui d'avoir des visées expansionnistes et de faire la guerre comme ils l'ont fait. Il y a déjà la première des choses, c'est l'adhésion accélérée au sein de l'Union européenne. Ce qui nous amènera d'ailleurs à revoir le projet européen. Et très clairement derrière sur la question de l'OTAN, vous savez quoi ? Il faut l'unanimité pour ces règles. Donc, même si la France donne son accord, il faut que l'ensemble des pays soient au clair. Et votre proposition ?

Je viens de vous le dire, si vous voulez clairement adresser un message à la Russie, il faut qu'il y ait ces messages qui ne sont pas des messages symboliques, mais des messages politiques très forts. Ça veut dire entrer en guerre avec la Russie. Je peux terminer sur un point ? Il y a la question aussi de la Turquie et de sa position. Parce qu'il y a d'autres pays que l'Ukraine qui ont demandé et la Turquie s'y oppose. On a donc besoin de cette clarification. Et pour le reste, je vois notamment toutes les avancées de l'armée ukrainienne et aujourd'hui, très franchement, c'est vraiment très encourageant.

Mais une chose est certaine, je pense que la voie diplomatique doit encore et encore être encouragée pour mettre un terme à ce conflit qui risque non seulement de générer encore des victimes et des victimes, mais de durer des mois et des mois. Et vous avez raison de le dire, il y a la question européenne qui est clé, mais il y a aussi la question de la place de la France dans le monde. C'est aussi l'un des sujets sur lesquels nous, nous allons travailler. On fera une convention sur l'Europe en début d'année parce que parler des sujets qui sont ceux des Français au quotidien, l'énergie, oui, mais derrière, on a clairement l'influence de la France.

Une France forte et respectée, c'est aussi ce que nous voulons. Merci beaucoup,

42:17
Présentateur

Xavier Bertrand, d'avoir été avec nous ce midi dans BFM Poétique. Merci beaucoup, Eve, Benjamin. Voici Philippe Godin, Dominique Rizet, cette affaire suivante. Je vous retrouve à 18h pour BFM TVSD. A tout à l'heure.