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speechyoutube.com· 16 octobre 2023 36 min

Lancement du mouvement Les Écologistes : discours de Marine Tondelier

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Chers amis, nous avions prévu de longues dates de nous retrouver ce week-end et nous nous apprêtions à vivre un moment particulier pour les écologistes, celui du lancement de notre nouveau mouvement. Cette semaine a effectivement été particulière, mais de bien d'autres manières, parce que la violence du monde refait surface dans des proportions terrifiantes. Hier à Arras, alors que notre pays s'apprêtait à commémorer la mort tragique de Samuel Paty que nous avons tous en tête, un autre professeur, Dominique Bernard, a été victime d'une attaque terroriste, tuée dans son lycée pour avoir tenté de protéger ses élèves. Deux autres agents ont été gravement blessés.

C'est un choc terrible et c'est le temps du recueillement. Le temps de l'Union Nationale aussi. Et ensemble, cet après-midi, nous adressons nos pensées émues à la communauté éducative de ce pays, à nouveau terriblement éprouvée, aux élèves et aux parents d'élèves du lycée Gambetta d'Arras et à toutes celles et ceux qui s'en sentent aujourd'hui proches et solidaires. L'école, c'est le cœur de notre République. Là où est formée notre jeunesse, là où on apprend, où l'on grandit, où l'on devient citoyen. L'école devrait être un endroit. Les enseignants et toute la communauté éducative devraient être intouchables.

C'est dire que notre société va mal quand on attaque ses lieux, quand la haine cible notre jeunesse et celles et ceux qui l'éduquent. Notre tristesse est immense. Je vous propose que nous vous observions tous ensemble une minute de silence pour Dominique Bernard. Je vous remercie. Ce drame est intervenu six jours après des attaques terroristes en Israël, qui ont stupéfait par leur ampleur et par leur cruauté. Les images que chacun a pu voir montrent l'horreur absolue de l'attaque menée par le Hamas samedi dernier. Les témoignages reçus depuis révèlent toute l'ampleur de ces abominations.

Des familles assassinées au réveil, égorgées, alignées contre des murs et abattues froidement, des actes qui rappellent les pires heures de l'histoire de l'humanité. Plus de 1300 morts et 3000 blessés. Notre solidarité avec le peuple israélien doit être totale. La société israélienne, dans son intégralité, est traumatisée et cela la ramène à des cauchemars profondément ancrés en son sien. Oui, les événements de samedi dernier s'apparentent à des pogroms. Imaginez ce que cela peut provoquer dans une société dont font encore partie des survivants de la Shoah. Comment ne pas transformer cette douleur profonde en rage ?

Ce sera un enjeu majeur des années à venir et nous écologistes serons présents à côté du peuple israélien. Nous sommes aussi terriblement choqués de ce que subissent en retour les Palestiniens. Les 2,5 millions d'habitants de Gaza entassés dans une prison à ciel ouvert de 360 km² sont passés d'une situation de blocus qui les éprouve durement depuis déjà 16 ans à une situation de siège. Les bombardements sont d'une intensité rare. Les hôpitaux devraient cesser de fonctionner dans les heures qui viennent, faute de carburant pour leur groupe électrogène et ne plus être en mesure d'apporter secours aux civils qui n'ont ni eau, ni nourriture, ni médicaments.

C'est un drame humain d'une ampleur rare qui se dessine. A ce titre, la demande d'hier d'évacuer toute la partie nord de Gaza est un signal particulièrement effrayant. Une autre caractéristique de ce conflit, un aspect assez unique, c'est en effet l'impossibilité de fuir pour les civils palestiniens. Il faut se représenter ce que cela signifie d'être bombardé, mais de n'avoir nulle part où se réfugier. Nous devrions réfléchir collectivement à ce qu'implique, humainement, politiquement, juridiquement, cette impossibilité de fuir un conflit. C'est un immense terreau à radicalisation que Gaza vit maintenant depuis plus de 15 ans. Oui, il y a urgence. Urgence à la libération des otages.

Urgence à l'aide humanitaire. Urgence aussi à ce que la France demande publiquement aux gouvernements israéliens de réagir de façon proportionnée et tente de décourager une attaque terrestre dont les conséquences seraient dévastatrices pour les civils à Gaza et pourraient conduire à une escalade régionale. C'est d'ailleurs ce que, au fond, espère le Hamas. Oui, les Israéliens ont le droit légitime de se défendre pour assurer leur sécurité. Ils doivent aussi éviter l'esprit de revanche qui conduit souvent au pire. Notre boussole doit être le droit international et ces opérations du gouvernement israélien y contreviennent objectivement.

Après l'effroi du 11 septembre 2001, les États-Unis ont orchestré une réponse sortant du cadre posé par le droit international et par le droit international humanitaire. De Guantanamo à l'invasion de l'Irak et d'une voie forte, la France avait su prévenir des dangers de telles actions en entrant ainsi dans l'histoire. Le Moyen-Orient, mais plus largement le monde entier, subissent encore les conséquences de ces représailles illégales. L'urgence est donc, oui, que la France assume un rôle exemplaire et retrouve la voie singulière qu'elle a supportée dans le passé.

Une voie juste qu'elle doit utiliser pour refuser de donner un blanc-seing au gouvernement israélien et être du côté du droit, de nos valeurs de justice, ultime rempart pour nous protéger de la violence et de sa spirale tragique. Ce qui se passe depuis samedi démontre à quel point le conflit israélo-palestinien est et restera central et structurant pour la paix, la sécurité de la région, et en réalité, nous le savons plus largement que ça. Sa résolution doit devenir une priorité centrale pour la diplomatie française, pour la diplomatie européenne. La seule garantie de sécurité, pour le long terme, repose sur une solution politique fondée en droit.

La France et l'Union européenne doivent s'atteler à la faire émerger, s'emparer du volet politique du processus de paix, en plus d'assumer pleinement son rôle de bailleur financier et humanitaire pour les 2,5 millions d'habitants de Gaza qui n'ont ni ressources, ni espoir. Laissez-moi partager rapidement un sentiment et une idée importante qui me tient particulièrement à cœur. Si les intentions de ceux qui provoquent la mort de ces civils diffèrent, nous devons fermement rappeler, en tant qu'humanistes, en tant qu'écologistes et en tant que pacifistes, que toutes les vies ont la même valeur.

Celle du civil israélien, qui est assassiné par un terroriste du Hamas dans un kibbutz, et celle d'un civil palestinien, qui est victime d'un bombardement à Gaza. Cette reconnaissance est nécessaire pour retrouver la possibilité même d'une conversation politique au sens noble du terme. Face à ces horreurs et à ce que nous ressentons dans notre chair, je vous propose une minute de silence pour nous recouillir pour toutes les victimes innocentes d'un conflit qui n'a que trop duré, pour le peuple israélien, pour le peuple palestinien, et je sais que cette valeur résonne particulièrement chez vous, pour la paix. Je vous remercie. L'actualité est atroce.

En tant que responsable politique, nous avons deux devoirs. D'abord, trouver les mots pour décrire la violence, puis trouver les moyens de construire une société qui, non seulement la refuse, mais lui propose aussi et surtout une alternative. Cela doit être notre ambition. Nous l'avions prévu de longue date, et nous vous remercions d'être là. Aujourd'hui devait être un moment joyeux, généreux, pour vivre ensemble notre lancement, le lancement de notre nouveau mouvement et cette nouvelle étape de l'écologie politique. Évidemment que toute la semaine, nous nous sommes posés la question de maintenir ou non. Lancer un nouveau mouvement, était-ce bien le moment ?

Mais la réalité, c'est que jamais le monde n'a eu autant besoin de politique, jamais le monde n'a eu autant besoin d'échange, et surtout, en cette période troublée et troublante, quelle plus belle idée que celle de se retrouver pour faire face, ensemble. Oui, nous avons besoin, la société a besoin de refaire de la politique, et d'en faire bien, d'en faire mieux. Il se trouve que nous pensons, depuis 50 ans, que les réponses qui permettent réellement de construire la paix sont les mêmes qui permettront d'éviter la destruction du vivant et de garantir la justice sociale. Le projet écologiste est construit sur des valeurs fortes.

Ce sont précisément ces valeurs qui permettent de répondre à la violence, l'ouverture, l'humilité, le respect, la solidarité, la justice et la lucidité, même quand elle n'est pas confortable. L'engagement aussi, car c'est par lui que l'on peut sortir de la stupéfaction et de l'anxiété face aux défis qui sont devant nous. Et cette question de l'engagement était justement au cœur de nos états généraux de l'écologie. Car on ne s'engage plus aujourd'hui comme il y a 40 ans, on ne prend plus sa carte dans un parti, comme on entrerait en religion, épousant en même temps sa cause, tous ses codes, et l'ensemble de ses militants, évidemment, avec qui il faudrait passer tout son temps libre.

Évidemment, certains, certaines, dans cette salle même, je le sais, se dédient intégralement à la cause. Ils sont les piliers indispensables de notre action, et nous les en remercions infiniment. Mais beaucoup ont aussi l'écologie dans un coin de leur tête, tout en éprouvant une appréhension à l'idée de devenir militant. L'étude que nous avons menée avec Harris Interactive et dont Jean-Daniel Lévy vous a présenté tout à l'heure, repose sur des groupes d'entretien menés par une psychologue sur le peuple de l'écologie au sens large. Elle nous montre la même chose que vos questionnaires et vos doléances.

Bien que l'envie, et je dirais même le besoin d'écologie, soient de plus en plus présents dans la société française, la marge de l'engagement reste très haute, voire elle fait peur. La criminalisation des écologistes, le sentiment d'impuissance, le fait de ne pas trop savoir par où commencer, vers qui se tourner, le sentiment d'illégitimité, tout cela a un impact fort. Mais vous connaissez les écologistes, ils ne se résignent jamais. Ils s'adaptent, ils consultent, ils cherchent des solutions et ils cherchent surtout, évidemment, à les mettre en œuvre.

Alors nous nous sommes retroussés les manches et nous avons travaillé avec la plus belle des méthodes, la démocratie, ouverte et participative. Cette façon de faire est d'ailleurs celle avec laquelle les maires écologistes ont gagné leurs élections municipales. C'est aussi de cette manière qu'ils gouvernent et conduisent le changement au quotidien. Cette méthode a fait ses preuves. Nous en sommes très largement inspirés et je remercie Léonore Monconduit, maire de Poitiers et garante de tout notre processus de refondation, qui y a trop de contribuer en première ligne. Merci pour elle.

Un comité de pilotage de la démarche, composé à plus de la moitié de membres de la société civile qui sont avec nous aujourd'hui, est ouvert à titre d'observateur indépendant à l'ONG Démocratie Ouverte, qui fait référence en la matière. 150 jours d'écoute, 25 000 questionnaires remplis en ligne, des centaines de cahiers de doléances, 250 ateliers organisés sur tout le territoire et dans tous les types de territoires, 180 structures de la société civile écologiste consultée, des plus grosses que toutes et tous vous connaissez, et jusqu'à de toutes petites associations locales, représentant en tout 2 millions d'adhérents.

Nous nous sommes-tu, pour entendre ce que les écologistes de ce pays avaient à nous dire. Pendant cette grande enquête, oui, nous nous sommes-tu, et nous avons écouté. Puis nous avons analysé tout l'été. Chaque doléance a été lue. Les résultats des questionnaires, des enquêtes, les remontées des ateliers ont été compilés, décryptés et présentés. Puis à la rentrée, le travail pour passer au concret a commencé.

60 personnes tirées au sort parmi les participants au processus, pour moitié adhérents d'Europe Écologie-Les Verts, pour moitié non adhérents, se sont concentrées sur 3 sujets, en plusieurs séances de travail, physiques et en ligne, l'accueil et l'inclusion, l'engagement et l'organisation, l'utilité et la confiance. Le but de tout cela, dessiner ce nouveau mouvement, un nouveau mouvement où on ne se dit jamais « Je ne suis pas suffisamment écolo, je ne suis pas suffisamment parfait, et donc je n'y ai pas forcément ma place. » La vérité, c'est qu'il est difficile, voire impossible, d'être un écologiste parfait dans une société qui ne l'est pas.

Alors, venez comme vous êtes et changeons-la ensemble, cette société. En octobre, et dans des délais, je l'admets, un peu serrés, nous avons travaillé et concerté la feuille de route de notre nouveau mouvement. Elle a été adoptée cette nuit, après 3 jours de vote en ligne, bloc par bloc. À 84,4%, vous avez voté pour deux changements, et donc confirmé. La confiance dans le processus est dans ce que nous allons faire aussi. Oui, ce vote dit une chose simple, nous sommes entrés dans l'âge de la maturité. Nous savons instaurer entre nous l'esprit de coalition que nous souhaitons pour le pays. Soyons fiers de cette transformation.

Elle est fidèle, parfaitement fidèle, à ce que nous ont demandé les 30 000 participants des états généraux de l'écologie. Nous nous sommes engagés à le faire. Nous sommes déjà en train de le faire. On change. C'est donc le moment de répondre à la question qu'on me pose beaucoup en ce moment. Mais qu'est-ce qui va changer ? Tout va changer. L'ambition change. Les écologistes, c'est un mouvement qui aura pour objectif de mettre en lien et en action celles et ceux qui dans ce pays se sentent écologistes. Tout simplement. Les écologistes, ce sera donc bien plus qu'un parti politique. La manière de s'engager change aussi.

Les écologistes, c'est un mouvement large, divers, ouvert, qui permet un engagement à la carte. Qu'un écologiste souhaite juste se former, s'informer, participer à une action, participer à des travaux programmatiques, bénéficier de conseils pour limiter son impact sur l'environnement ou encore préparer les élections municipales dans sa ville, même sans pour autant prendre sa carte, comme on dit, il sera le bienvenu. Mais celles et ceux qui souhaitent aller plus loin pourront évidemment aussi adhérer officiellement et participer ainsi aux décisions structurantes, très structurantes, du mouvement. Comme vous, cette nuit, pour ceux qui ont suivi le vote d'avant.

Venez comme vous êtes, mais aussi et surtout, venez où vous voulez et comme vous voulez. La forme change aussi. Les écologistes combinent l'ouverture et la flexibilité des modalités d'engagement permis par le format mouvement. Mais sans pour autant s'affranchir des règles d'organisation et de régulation démocratique, ce à quoi cette forme sert malheureusement trop souvent de prétexte dans d'autres familles politiques. Nous réaffirmons le principe d'une démocratie interne vivace, efficace, solide, comme l'un des fondamentaux de l'écologie, l'indispensable à une structure politique durable, transparente et saine.

Maintenant que tout le monde est rassuré sur ce point, je peux vous dire que les outils aussi vont changer. Tout au long de la journée, nous vous les ferons découvrir. Tout au long des prochaines semaines, vous pourrez commencer à vous en servir. Nouveau site internet, plateforme de mobilisation en ligne, application smartphone ouberte à tous les écologistes de ce pays. École ! Je vois que certains l'ont déjà téléchargée. École de formation C'est bon, vous êtes tous inscrits. Mélissa a pris les noms. Les cours commencent lundi.

École de formation alliant écologie populaire, apprentissage des savoirs militants et formation des cadres pour celles et ceux qui prendront des responsabilités dans le nouveau mouvement et pour celles et ceux qui souhaiteront préparer les élections. Toutes ces idées, nous les avions depuis longtemps et nous y sommes. Ils vont être de puissants outils d'information, d'organisation, de formation et de mobilisation. Et puis le corps de notre mouvement, le corps social de notre mouvement aussi va devoir changer, chers amis. Nous sommes aujourd'hui le premier parti des centres-villes. Les dernières élections européennes et municipales l'ont montré et c'est déjà très bien.

Mais nous voulons aussi devenir le premier parti des ruralités. Nous allons devenir le premier parti des ruralités parce que l'écologie, c'est pour tout le monde, pour toutes les classes sociales, pour tous les territoires. L'écologie, c'est la justice sociale et la justice environnementale et ça marche partout. Nous allons faciliter aussi l'engagement des classes populaires et des habitants des quartiers populaires. Un travail spécifique sur le sujet débutera dès la semaine prochaine et j'ai cru comprendre qu'il y aurait aussi beaucoup de participants et c'est tant mieux. Et puis enfin, mais ça vous l'aviez déjà compris, le nom change.

ELV s'ouvre et laissera progressivement la place à les écologistes. Vous avez sûrement en tête l'adage de Nicolas Boileau. Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément. Simplicité, accessibilité, on le dit, on le fait. J'en suis, si vous voulez, j'en suis très consciente. Cela fait beaucoup de changements, beaucoup d'un coup. Mais c'est ce qui nous était demandé et c'est la promesse que nous avions faite. Alors un merci sincère et reconnaissant à toutes celles et ceux qui l'ont rendu possible, chacun à son poste. Les salariés d'Europe Écologie Les Verts, qui comme vous le savez, c'est votre fan club.

Les salariés d'Europe Écologie Les Verts, qui comme vous le savez, sont bien trop peu nombreux, mais toujours à la hauteur du défi permanent qui est la vie d'un parti, d'une autre en particulier. Le bureau exécutif, solide et solidaire, dont la cohésion a permis de relever le pari de ses premiers mois, demanda autant d'applaudissements. Les secrétaires régionaux, les responsables de groupes locaux, qui ont fait vivre la démarche partout en France. On voit qu'on a beaucoup de groupes locaux, et donc de responsables de groupes locaux. Vous avez fait vivre la démarche partout en France, et vous serez à la base de son déploiement.

Donc je vous en remercie, et puis surtout, vous qui avez suivi de près ou de loin, vous qui avez été intrigués, curieux, motivés au premier instant, vous qui avez pris le temps de vous laisser convaincre par la démarche, vous qui avez consacré de l'attention, du temps, de l'énergie, merci ! Ce qu'on est là pour tous dire, je sais qu'il y a des inquiétudes, et c'est normal. Vous le savez, et si vous ne le savez pas, vous le saurez à présent, ma nature n'est pas de passer en force. Je n'aime pas cela, ma nature c'est de convaincre. Mais ce n'est pas une question de nature, c'est aussi une conviction politique.

Je crois, et nous croyons chez les écologistes, que c'est en convaincant que l'on peut avancer collectivement, ce qui est indispensable à la réussite de notre projet, et c'est donc ce que nous ferons. Cette feuille de route, évidemment, ce n'est qu'un début. Cette journée marque le lancement d'un nouveau mouvement, d'un nouvel état d'esprit, de nouveaux outils, d'une nouvelle aventure. Mais à nous, avec toutes celles et ceux qui nous rejoindront, de le dessiner, de l'animer, de le faire connaître, de le faire grandir, de le faire gagner. Son avenir, son succès, s'écriront ensemble, dans le même état d'esprit que celui qui a animé les états généraux de l'écologie.

Ouverture, démocratie, convivialité, coopération, envie de fédérer, objectif de gagner la bataille du vivant sur tous les terrains où nous avons à la mener, du local au national, jusqu'aux échelons européens et internationaux, évidemment, car nous sommes et nous resterons membres des Global Greens et du Parti Vert européen. Ça y est, nous y sommes. Vous vous êtes réveillés écologistes ce matin, comme d'habitude, et vous vous coucherez ce soir écologistes et membres des écologistes. Oui, aujourd'hui, plus que jamais, nous sommes... Bravo ! Nous sommes les écologistes. Nous sommes parents, grands-parents, inquiets pour leurs enfants. Nous sommes...

Nous sommes la jeunesse lucide, déterminée, qui se mobilise et ne comprend pas que nous ne paniquions pas. Nous sommes les promeneurs émus quand on se balade en forêt, les amoureuses de la faune qui se réveillent devant les documentaires et qui en rêvent, qui en rêvent, oui, de cette vie sauvage. Nous sommes... Nous sommes les malades de l'environnement, les familles d'enfants asthmatiques, les victimes de cancers pédiatriques et leurs proches. Nous sommes...

27:22
Locuteur

Écologistes.

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Présentateur

Nous sommes les personnes en situation de handicap qui souhaitent construire une société et un mouvement réellement accessible. Nous sommes...

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Locuteur

Écologistes.

27:31
Présentateur

Nous sommes les ouvriers, les artisans, inquiets de leurs conditions de travail, de la menace permanente de délocalisation et aussi de leur santé et des risques industriels. Nous sommes...

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Locuteur

Écologistes.

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Présentateur

Nous sommes les personnes en situation de précarité qui réalisent, oui, que la solution durable à leurs problèmes nécessite un changement radical de modèle et un nouveau pacte social juste et partagé. Nous sommes...

27:57
Locuteur

Écologistes.

27:58
Présentateur

Nous sommes entrepreneurs conscients des limites planétaires, de la nécessité d'une nouvelle relation au travail qui invente de nouvelles façons de faire. Nous sommes...

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Locuteur

Écologistes.

28:08
Présentateur

Nous sommes les aidants, les soignants, les enseignants qui connaissent la valeur du soin, la coopération, du partage qui contribue à la société de lien. Nous sommes... Écologistes. Nous sommes les simples citoyens, les citoyennes, conscients de l'importance du convivialisme et qui veulent refaire société. Nous sommes...

28:27
Locuteur

Écologistes.

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Présentateur

Nous sommes aussi les ultramarins qui se battent contre les ravages du chlordécone et des sargasses en Antilles, contre l'exploitation du nickel en Nouvelle-Calédonie, contre les conséquences des essais nucléaires en Polynésie, contre les mines d'or et l'orpaillage clandestin en Guyane, pour le tram-train à La Réunion et pour l'accès aux soins à Mayotte. Nous sommes...

28:48
Locuteur

Écologistes.

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Présentateur

Nous sommes les écologistes. Écologistes. Écologistes. Écologistes. Écologistes.

29:43
Locuteur

Écologistes.

29:43
Présentateur

Et nous ne répondrons pas, non jamais, à la brutalité du monde par de la brutalité. Nous ne répondrons pas, non jamais, à la brutalité politique par de la brutalité. Et ne croyez pas que ce soit de la faiblesse. C'est même tout le contraire. Ce sont nos valeurs. C'est notre priorité donnée à la douceur, chère Marie. Loin du bruit, nous on apaise, on protège et on construit. Nous sommes les écologistes. Nous sommes des millions, oui je dis bien des millions dans ce pays, à nous sentir impuissants face au crise climatique. Nous serons bientôt des millions à nous tenir debout, ensemble, pour le vivant et pour la justice. Parce que oui, nous sommes.

Nous sommes forts de nos valeurs, de notre projet, de notre combat, des leçons tirées de nos échecs et des enseignements tirés de nos victoires. Nous sommes les écologistes. Et je terminerai par là, oui, nous sommes forts de notre histoire. Cette histoire politique débute notamment avec la candidature de René Dumont à l'élection présidentielle de 1974. La première, la première, la première candidature écologiste à la présidentielle. Je ne sais pas vous, mais moi je pense souvent à lui, très souvent. à ce qu'il a posé dans le débat public, avec courage et sous les moqueries. Vous vous rappelez ? À votre santé. Cette eau, elle est de plus en plus précieuse.

Et la société française s'en rend désormais compte. Tard, très tard. On pense à toi, René. Tu t'en es pris des coups, et tous les autres après toi, à peu près. Être écologiste, c'est comme ça. Sans doute, après tout, est-il d'ailleurs normal que l'on prenne les premiers coups si l'on est en avance sur son temps. Longtemps, notre histoire aura été de nous battre pour être entendus, puis de nous battre pour être crus, puis de nous battre pour être suivis. Et nous avons gagné certaines batailles, et nous gagnerons les suivantes. On va finir par un peu de poésie, je sais que vous aimez ça. Paul Éluard écrivait qu'il n'y a pas de hasard, que des rendez-vous.

Il se trouve que le calendrier nous fait un joli clin d'œil, parce que le week-end de notre lancement correspond aux 40 ans de la marche pour l'égalité et contre le racisme. Le 15 octobre 1983, une trentaine de jeunes et des militants partaient du quartier de Lacayole, à Marseille. Ils entamaient une marche non-violente, jusque Paris, et après deux mois de marche, plus de 100 000 personnes se rassemblaient à la capitale. En Seine-Saint-Denis, où nous sommes rassemblés aujourd'hui, nous savons que ce combat n'a jamais cessé, que vous êtes nombreuses, nombreux dans cette salle à le mener.

Soyez assurés que nous continuerons à le mener avec vous, car sur ce combat, comme sur les autres, non, nous n'abandonnerons jamais. Je vous l'ai dit, il n'y a pas de hasard, que des rendez-vous. Et la vie nous avait déjà fait un joli clin d'œil le jour du lancement des états généraux de l'écologie, que l'actualité sociale chargée, vous vous rappelez, les retraites, du début d'année, nous avait amené à décaler plusieurs fois. Et en décalant plusieurs fois, nous étions tombés un peu par hasard, mais peut-être que dans la vie, il n'y a pas de hasard, et que des rendez-vous, sur le 9 février 2023.

La veille, un des intervenants de cette conférence de presse m'avait fait remarquer que ce lancement coïncidait jour pour jour avec le centième anniversaire de la naissance d'André Gorse, intellectuel, journaliste, critique économiste, et surtout, pionnier de l'écologie politique. Alors André nous avait accompagnés en pensée toute la journée, et s'il avait été là ce jour-là, s'il avait été là aujourd'hui, il nous aurait sûrement rappelé à cette occasion que c'est sur une vision de l'avenir que les sociétés règlent leurs projets. Et vu l'avenir sombre qui se dessine, tant d'un point de vue environnemental, démocratique et social, tant au plan national qu'international, commence à projeter.

Nous sommes en 2023. Personne ne peut garantir aux enfants qui naissent cette année que la planète sera encore habitable pour l'année de leurs 30 ans. Ce n'est pas nous qui le disons, c'est le GIEC, consensus scientifique inédit dans l'histoire de l'humanité. Alors on va continuer à se battre pour écrire une suite heureuse à cette histoire, continuer à avoir le courage d'être précurseur, quitte, oui, à prendre des coups, c'est pas grave. Continuer à dénoncer des absurdités qui sont souvent confortables, à expliquer sans donner de leçons, à mener les combats sans relâche, pour le vivant, pour le climat, pour l'emploi, pour la biodiversité, pour la justice, pour la santé, pour la paix.

C'est aussi pour les enfants d'Israël, pour les enfants de Gaza, pour les enfants du Haut-Karabakh. Oui, on continue, on continue et on continuera tant qu'il le faudra, parce qu'ensemble, nous avons le pouvoir d'écrire le futur, et vous savez quoi ? C'est exactement ce qu'on va faire. Merci beaucoup. Merci tout le monde.