Peut-on être de gauche et CEO ? Eva Sadoun (LITA.co) répond aux questions de Paul Moisson
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Vous avez déjà pris des pressions ? Oui. Ouais.
L'ITA a connu des périodes très difficiles euh d'un point de vue économique euh parce que quand on touche à l'argent là d'un coup on est on est un pion euh qu'il faut voilà qu'il faut faire tomber quoi. Dans ce deuxième épisode de CEO, on a le plaisir de recevoir Eva Sadun, fondatrice de l'A. Le principe est simple, une plateforme qui permet à n'importe qui d'investir son argent dans des entreprises à impact positif sur l'environnement, la société ou l'économie locale.
Et ça marche. 250000 personnes ont déjà investi plusieurs centaines de millions d'euros dans ces entreprises. Evaun veut remettre le soin et l'attention aux autres au cœur du système économique.
Elle en a écrit un livre, elle a lancé un podcast. Alors, mêlé, argent, impact et conviction, est-ce vraiment compatible ? Est-ce qu'on peut changer l'économie de l'intérieur ?
Et au fait, c'est quoi être entrepreneur dans la France de 2026 ? Et Vas Sadun a accepté de s'asseoir dans le fauteuil de CEO pour répondre à toutes ces questions. OK.
CEO 2e. Bonjour Eva Sadoun, merci d'être venu, merci d'être dans cette émission CEO sur YouTube. Alors, est-ce que dans les yeux des investisseurs des clients, vous vous êtes déjà senti comme la militante plutôt que la chef d'entreprise ?
Oui oui oui. Bah d'ailleurs souvent les articles écrit entrepreneur militante enfin donc en fait à partir du moment où on a une vision sociale, on est militant mais on est militant parce qu'on est militant dans un monde qui qui fonctionne selon les mauvaises règles. Donc forcément on est militant parce qu'on est en dissance avec la manière dont fonctionne l'économie aujourd'hui.
Et vous vous sentez plus militante cette entreprise au quotidien. Moi je me sens en fait je enfin je me sens militante. Je me sens militante, je me sens économie.
Je me sens entrepreneur, je me sens artiste à des endroits aussi parce que j'ai maintenant des projets artistiques. Euh, je défends une vision à travers mon podcast, à travers les livres. En fait, je sais, je sais pas, je je saurais pas trop me définir ce qui me pose pas mal de problèmes pour gagner ma vie, mais au contraire.
Alors, on va revenir là, c'est la première partie de l'interview, on va revenir sur un peu votre parcours d'entrepreneur. Le tout premier pitch que vous avez fait de l'ITA, alors à l'époque ça s'appelait 100 impact. Vous le referiez aujourd'hui ?
Vous préférez qu'on enterre ça ? Le premier pit, j'avoue, je me souviendrai même pas. Je sais juste que j'avais dessiné des horribles euh un horrible mécanisme.
J'avais fait la one page de mon site sur PowerPoint. vraiment ça allit pas du tout pourtant on a démarré comme ça. Ah non non non mais bon en fait c'est ça qui est beau dans l'entrepreneuriat je trouve c'est qu'on est quand on est hyper jeune et qu'on a pas les moyens et qu'on crée à partir de vraiment rien en vérité je trouvais ça même plus beau à l'époque.
Vous avez lancé l'A juste après votre école de commerce même à l'intérieur. Ouais. Ouais.
Vous avez jamais eu envie d'être salarié ? C'était Non non c'est pas possible. Pourquoi ?
Euh normalement on commence par les stages. On commence par les alternances. J'ai fait un premier stage dans une grosse banque.
En plus, c'était intéressant. C'était pour travailler sur les désinvestissements dans le secteur du nucléaire, de l'armement de l'huile de palme pour arrêter la déforestation par l'huile de Palme et tout. Donc c'était cool en soit comme mission parce que ça pouvait avoir des beaux impacts.
Maintenant la structure, enfin ça moi ça me convenait pas. Moi je sais que je fonctionne pas dans la norme mais c'est à cause de mon attipie neuronale probablement. Et en fait, je suis capable de faire des trucs super quand je suis dans les libres, mais je suis incapable de de faire des trucs de base si je suis dans une structure trop normée quoi.
Donc voilà. Est-ce que vous vous considérez de gauche ? Je crois que je peux le dire.
Oui, oui, clairement. Oui, oui. On on va pas mentir.
Je pense que personne se doute du contraire. Clement, très bien. Dans un monde de la finance qui est plutôt à droite globalement, est-ce que le fait d'être de gauche, ça freine ?
Est-ce que c'est un frein ? L'enjeu de base que j'avais dans la finance, c'était justement de gauchiser la finance, disons. Donc c'était de lui donner une une éthique que la finance va pas diriger uniquement vers vers le profil et s'intéresse aux questions environnementales, sociales et cetera.
De le faire dans une entreprise qui incarne pas l'entreprise en tant que telle, qui est hyper collective. Là, on a la semaine de 4 jours, enfin voilà qui est dans une vision vraiment de Ouais. Ouais.
Ouais. chez l'ITA il y a la semaine de 4 jours. En fait, l'ITA essaie d'incarner ce que serait une entreprise à gauche.
Et quand j'ai réalisé que c'était possible, c'est là que j'ai voulu effectivement euh rejoindre le mouvement des entrepreneurs sociaux qui que dont j'ai pris la présidence qui est devenu le mouvement impact France parce que je me suis dit bah si j'arrive à gauchiser ma boîte et créer mon utopie, je suis sûre qu'on peut le faire au niveau de la société. Mouvement Impacte France c'est un syndicat qui s'est un peu construit pour ils ont contrecarré le discours du MEDF. Ouais.
Ben alors en fait à l'origine c'était effectivement un mouvement d'entrepreneurs sociaux et moi j'y suis arrivé et on a voulu un peu voilà débunker le discours du MEDF. Le MEDF lui il a une vision très caricaturale de du développement de l'entreprise en disant que elle doit être dans des marchés libres qu'elle on peut pas fixer une norme à une entreprise sin on lui permet pas de se développer et tout. Et à côté, il y a les syndicats salariés qui essayent de militer tant bien que mal pour des plus de droits ou pour même protéger euh les droits humains.
Et euh derrière, il y a aussi les activistes, les scientifiques qui essayent de militer pour des normes écologiques, mais au milieu, il y avait personne. Donc, on a voulu incarner en fait une vision économique qui prend en compte les enjeux écologiques et socials et qui apporte beaucoup de bien-être. Sur le projet de l'ITA, qui a été le premier à vous dire franchement ça marchera jamais ?
Il y a bien quelqu'un qui vous a dit ça ? Ouais, ouais, bien sûr. Toutes les personnes qu'on est allé voir au début nous ont dit ça marchera pas.
Pourquoi ? Parce que alors nous on propose au particulier du coup aux citoyens de faire l'investissement que normalement c'est l'élite qui fait ce type d'investissement. Ça veut dire d'investir directement dans des entreprises et cette vision que les citoyens puissent détenir du capital des entreprises déjà c'était bah c'était trop de gauche.
Ensuite on défendait une vision de l'économie qui fonctionnait selon des critères écologiques sociaux en 2000 13 2012. Aujourd'hui maintenant tout le monde parle d'impact et cetera, c'est fashion. à l'époque voilà mes potes d'école de commerce il me disaient va elle fait des on enfin il comprenaient même pas ce que j'étais vraiment en train de faire j'éis une alternative comme aujourd'hui avec mon projet de musique les gens ils pensent que je suis folle bah à l'époque il pensaiit un peu que j'étais folle aussi sur sur cette vision là et est-ce que un moment ça vous a fait douter est-ce que vous avez déjà regretté d'avoir mélangé philo, politique business ?
Non parce que c'était c'était inhérent à ma personnalité. Quand j'ai monté ma boîte avec Julien mon associé c'était très clair que lui il voulait diriger monter une boîte. Moi je voulais développer des idées.
Ouais. Euh et on s dit qu'en le faisant ensemble, on arriverait à développer des idées mais montrer qu'elles sont réalistes ces idées et qu'elles existent dans le monde réel. Je pense que l'entrepreneur, il est censé façonner euh le monde dans lequel il existe et en tout cas montrer qu'il y a d'autres formes de société qui existent.
C'est ça qui est intéressant, je trouve, dans l'entrepreneuriat, c'est pas de reproduire euh le schéma de l'économie classique, sinon on a pas besoin des entrepreneurs, je veux dire, sinon il y a les grosses boîtes qui le font très très bien et très mal pour tout le monde. Donc euh donc voilà, l'entrepreneur, on a besoin de ça, qu'il soit à à au le premier wagon euh d'un d'un monde nouveau, quoi. Ben, on va en parler dans la deuxième partie de l'interview.
On va plus parler business, argent, concurrent, contradiction, finances. L'IT, c'est la finance qui avance dans le bon sens. C'est comme ça que c'est que c'est défini sur le site internet.
C'est votre slogan. Mais ça reste de la finance, du pur capitalisme. Est-ce que enfin c'est quoi votre ligne rouge ?
C'est pas du pur capitalisme. Le pur capitalisme c'est c'est du capital. C'est rentrer dans du capital de notre Oui, absolument.
Mais par exemple, je sais pas, il y a quelques mois, on a fait du RALEX en permettant aux salariés de reprendre possession de leur outil de production. Ça c'est pas c'est l'anticapitalisme quoi. Donc donc c'est vrai que la ligne rouge souvent c'est l'enjeu de la performance. les boîtes euh quel que soit leur sujet écologique ou social qui vont lever des centaines de milliers de millions.
Bah c'est pas le problème de lever des centaines de milliers de millions parce que tant mieux il y en a besoin. C'est plus que va attendre l'investisseur qui investit des centaines de millions, il va attendre un niveau de performance qui n'est pas digeste pour pour le pour l'impact social ou écologique que la boîte va avoir. qui a beaucoup d'effets rebonds et cetera à ces grosses levées de fond, que ce soit sur les personnes, les humains qui composent l'entreprise, que ce soit même sur l'utilité sociale ou écologique.
Si notre objectif c'est de maximiser euh notre impact financier, il faut que le problème social et écologique soit massif. Ouais. Donc on n pas d'intérêt à le résoudre.
C'est ça un peu notre ligne rouge, je pense. Et aussi dans l'incarnant. En fait, quand on investite dans une entreprise qui est assez jeune, il faut souvent se reposer sur la vision de l'entrepreneur et comprendre la vision de l'entrepreneur derrière euh son intégrité vis-à-vis des enjeux écologiques et socials qui défend et cetera.
Voilà. Après, on peut pas non plus faire du secteur pur de profit associatif. Donc, on est vraiment à une intersection un peu voilà pas toujours facile à à définir.
Ben justement, est-ce que défendre les personnes vulnérables, le climat dans ce système capitaliste, c'est un peu c'est pas mission impossible. Ah mais c'est extrêmement dur. C'est que nousmême enfin l'at a connu des périodes très difficiles d'un point de vue économique.
Parfois quand on est un peu seul dans un système qui ne nous qui n'a pas besoin de nous et qui ne nous veut pas, ça demande une énergie mais tellement importante. Vous avez déjà pris des pressions ? Oui.
Ouais. Ah moi j'ai pris des pressions. Alors le jour où j'ai pris la plus grosse pression c'était donc j'avais monté une autre boîte qui s'appelait Rift.
Ouais. Qui faisait l'évaluation de l'impact écologique et social des produits financiers. Et on avait monté une campagne contre un énergéticien. pour que à travers l'épargne des individus, on puisse demander un droit de vote contre un compte un projet d'expansion fossile.
D'accord. Et cétait intéressant parce que cette campagne, je l'avais monté avec des ONG, des influenceurs et cetera et j'étais la seule à avoir reçu un courrier parce que quand on toucha à l'argent là d'un coup, on est on est un pion qu'il faut voilà qu'il faut faire tomber quoi. Et ça vous a pas démotivé ?
Bah justement, je me suis dit "Ah, c'est dire que je suis au bon endroit." Si je suis la seule qui reçu mon courrier, j'ai une petite angoisse comme tout le monde parce que je suis pas invincible. Mais je me suis dit si je suis la seule à recevoir le courrier, c'est que finalement je suis peut-être à un endroit euh où là il y a le pouvoir à contester.
Je voulais revenir sous la super histoire d'Euralex quand même. Euh d'un point de vue extérieur dualex c'est pas une boîte à impact, c'est une industrie, tout ce qu'il y a de plus classique en France et historique. Pourquoi du RAL Alex ?
Alors, c'est un pact à partir du moment où déjà euh la boîte disparaît à cause de la d'un mondialisme. Ça veut dire que elle disparaît parce que c'est possible de produire moins cher avec un impact écologique négatif euh dans des conditions de travail pas possibles en fait. Et ça déjà ça rend le sujet impact pour commencer.
Et deuxième chose parce qu'il y a un enjeu de détention du capital par les salariés. C'est ça qui est hyper intéressant, c'est comment l'outil de production il appartient au salariés. Vous êtes fier d'avoir sauvé du Ah ouais ouais.
Après j'ai pas j'ai sauvé du ce serait de la false mais mais oui oui. Non non bien sûr bien sûr sûr. Non non franchement on ça on en est très bien.
Ça pour le coup je pense qu'on a eu un impact hyper fort et derrière on a voulu l'avoir pour d'autres industries qu'on a pas réussi à sauver parce que les tribunaux sont tout aussi conservateurs parfois de commerce que voilà. Donc on n pas réussi à à aller sur d'autres deals mais j'espère qu'on va en refaire plein parce qu'en fait on s'est rendu compte avec le deal du que c'était fou. C'estàd que les particuliers ont la capacité de sauver les usines mais le monde financier non.
Alors que les particuliers ont pas de moyens et le monde financier en a beaucoup. Donc ça c'était un peu une révolution politique. Et à ce moment-là l'État nous a entendu et derrière même le gouvernement Ber et cetera nous a sollicité sur d'autres deals.
Donc là je pense qu'ils sont en train de se rendre compte. Bah ils nous ont sollicité sur pour pour travailler sur Brand et cetera. Malheureusement le tribunal a refusé l'offre qui avait été déposé et cetera.
Mais donc l' va peut-être sauver le tissu industriel français. Écoutez, c'est pas moi qui le dit. C'est la start-up qui est de l'industrie finalement.
Oui oui oui. Et à quel moment l'impact est devenu un vrai argument marketing ? Il y a eu un moment Ouais.
Il y a eu un switch. Ouais. Ça s'est fait quand ?
Euh je nous ça s'est fait au 5 6 ans après qu'on soit monté et on l'a vu, on l'a vu que d'un coup en fait sur les sites de tous les acteurs réfidenciers même conso, enfin tout il commençait à parler d'impact. Bon, à ce moment-là, on s'est dit c'est une opportunité et c'est avec Impact France aussi on s'est créé. À ce moment-là, on s'est dit il y a une potentiel que que le secteur économique veuille aller vers ces idées de valeur.
Donc, on va les politiser ces valeurs là parce qu'il faut pas que ça reste que du marketing, faut que ça nous permette de défendre de nouvelles normes et cetera. Et c'est pour ça que maintenant, je pense que le nouveau secteur à développer, enfin moi la PAC, j'adore mais j'en parle plus. Je parle vraiment de soins et de career parce que je pense que c'est là qu'il y a un enjeu vraiment qui démonte notre système capitaliste parce que notre système capitaliste, il est quand même fondé sur une des règles un peu absurdes et notamment qui ont qui font que un trader dans le système capitaliste, il crée de la valeur mais une infirmière c'est un coût alors que qui apporte le plus d'utilité à la société ?
Je pense que c'est assez clair et donc il faut repenser effectivement notre économie sur la base de ce qui apporte de la valeur à la société et c'est pour ça que je pense que le soin c'est la valeur de la société post capitaliste inch. Alors just les préoccupations sociales et écologiques dans la finance, ça été effectivement c'est fashion. Il y a eu un effet de mode mais est-ce qu'on n pas en train de subir un sérieux backlash ?
Est-ce que c'est pas devenu compliqué aujourd'hui ? 5 ans é f aujour'hui on a l'impression que c'est plus difficile de vendre du de l'impact qu' a 5 ans justement il y a un gros backlash réglementaire ça c'est certain le fait que l'Europe elle est reculé sur les normes écologiques à 5 minutes de la mise en place et de la mise en pratique alors que toutes les boîtes avaient déjà intégré les trucs ça a eu un impact fort en fait parce que le monde économique traditionnel s'est dit ah ben en fait avant on était obligé on devait commencer à à aller comprendre les entrepreneurs impact parce que ils avaient peut-être la solution Mais maintenant qu'on nous norme plus, qu'on nous oblige plus, on va se décentrer, on va se désintéresser. Euh aujourd'hui, est-ce que vous faites quelque chose que la vous étudiante aurait trouvé trop capitaliste ?
Non mais moi je suis en train de devenir une troubadour en fait. Là je suis j'ai arrivé à un niveau où j'aurais pu comme pas dire de devenir ministre mais pas loin je déconne. Où j'aurais pu en tout cas gagner beaucoup d'argent et tout ça.
En fait moi je suis une éternelle missfit. Ça veut dire que je ne supporte pas être dans la norme. Donc en fait, j'ai je me suis décalée et aujourd'hui, je fais de la musique, je fais du podcast.
J'écris sur les l'économie du C, personne n'a rien à faire à part les militants. Voilà. Et donc là, vous étud elle dit "Bravo en fait, elle dit bravo." Tu ne t'es pas dénaturé.
Voilà, tu n'es pas devenu droite. On va passer dans une troisème partie d'interview plus sympa. Vie au bureau quotidien, petite manie.
D'accord. Donc effectivement, vous avez une ville bureau en ce moment qui est un peu Ouais, c'est ça. Vous faites plein de choses en même temps.
Vous me répondez comme vous avez envie de me répondre. Vous êtes plutôt Slack à 23h ou coupure totale après 19h ? Je n'ai pas Slack.
Non non, je n'ai pas Slack. J'ai teams que sur mon ordinateur pour pouvoir parler avec Ita mais non, je ne supporte pas. Ça ça me crée des des crises d'angoisse en fait.
Ça me rend épileptique. Ah non, je peux pas être sollicité en permanence par des messages et tout. Enfin, vous y arrivez ?
Mais bien sûr, bien sûr. Ah oui, non mais moi j'arrive à segmenter déjà maintenant je travaille quasiment seul. Je travaille en lien avec tous les projets.
Je travaille en lien avec l'Ag, je travaille en lien avec euh mon projet de musique que j'ai monté, avec euh les la boîte avec laquelle je travaille sur mon podcast. Euh j'écris donc en fait je suis très autonome, je suis très isolée finalement aujourd'hui. Euh parfois chez moi, parfois dans des cafés, parfois dans une résidence dans le 11e qui a un bureau complètement destroy très sympa.
à l'intérieur parfois dans les bureaux de l'avac parce que c'est toujours important de garder une prise sur le concret et cetera. Ce sera le projet de l'entreprise je pense avec le seul avec lequel je vais travailler dans ma vie enfin parce que c'est une utopie même plus une entreprise ce truc et c'était quoi la question ? Non ben rien, c'est m répondu que ah oui slack team.
Ah oui non slack et de toute façon maintenant je dois aller chercher ma fille en fait le soir. Donc là je suis là exceptionnellement mais donc souvent à partir de 18h je suis à la crèche. C'est ce que j'allais dire.
Est-ce que bosser à 23h c'est de gauche ? Parce que là il est loin de 21h 22h. Est-ce que bosser à 21h 22h c'est de gauche ?
Pour faire un concert comme je fais la semaine prochaine, c'est de gauche. Mais non non non. Être au bureau sur son hôtel c'est c'est pas de gauche.
C'est pas de gauche. C'est pas de gauche. C'est pas de gauche du tout.
Et faire bosser ses équipes après 21h. Ah non, bien sûr que non. Non, bien sûr que non.
À part encouragita. Ah non, pas du tout, pas du tout. On est scène de 4 jours et tout.
Nous, on est Non. Être une patronne de gauche, ça veut dire quoi dans le dans le manager ? Vous êtes plus patronne effectivement, mais genre avoir fondé une entreprise et participer à le développement d'une entreprise de gauche, ça veut dire quoi dans le management ?
Euh ça veut dire avoir un management, je pense pas descendant mais pas non plus euh euh spend de 4 jours. Ouais. En fait, repenser la valeur du travail, ça veut dire qu'il y a cette espèce de mythe dans la start-up qu'en fait la start-up, ça peut endre à trop cool.
Les gens veulent s'épanouir. Non non, il y a le milieu du travail, il y a le milieu perso. Si tu veux faire du soin, si tu veux faire de l'épanouissement personnel, dire en fait tu vas le faire par ton travail dans la mesure où on a un vision sociale écologique forte, mais on va pas essayer de remplacer l'espace privé.
En fait, la start-up même un peu cool, un peu sociale, elle veut remplacer l'espace privé parce qu'elle veut que le le travail soit tout pour la vie de la personne quoi. Et nous, on considère qu'il y a une vraie séparation à avoir pour l'épanoumissement personnel et parce qu'en fait le soin, il peut pas être mercantile. Donc, il faut qu'il y ait des espaces de plus de jours qui est libéré pour le soin quoi puis tes enfants, tes parents soi-même, faire de l'art, faire ce qu'on veut quoi.
Donc voilà. Donc semaine de 4 jours semaines de 4 jours toujours 35 he non 32. 32.
Ah bah oui, pas une semaine de 4 jours. C'est c'est bien bosser Chilita. Beaucoup aimerai le faire.
Malheureusement nous peut-être dans une autre économie nous pourrons être plus gros mais là on peut être que 30. Au bureau, on a plutôt peur de vous ou on vient vous raconter ses doutes ? Et ben, je pense qu'il y a une un changement.
Je vais être tout à fait honnête avec vous. C'estàd que je pense qu'il y a eu un gros changement. Voilà, il y a eu un gros changement il y a 3 ans.
D'accord. C'était la fin de mon mandage chez Impacte France. Euh, j'ai fini ma levée de fourchita.
Je me suis un peu un peu déconnectée du monde économique, politique et cetera. J'ai voulu un peu prendre du recul. J'ai une grosse fatigue aussi parce que en fait on n'est pas même dans le milieux durable, écologique et cetera, on doit quand même répondre à un enjeu de performance hyper important.
Sur un plateau à 7h, gérer sa boîte jusqu'à 20h, aller parler, serrer les mains qu'il faut, faire aller dans un dans une ville pour faire un truc d'activiste et cetera. Donc en fait, c'est extrêmement épuisant en consommateur d'énergie, en nous enfin voilà et même en culpabilis dès qu'on le fait pas. Enfin bref, donc il y a un truc un peu donc j'ai été très fatiguée à ce moment-là, je vais pas mentir, très angoissée, très voilà, j'étais très fière de tout ce que j'ai fait pendant 10 ans, mais j'ai dû correspondre à un voilà un mythe un peu de la performance qui me convenait pas et même ça, il y a une transformation physique, c'est-à-dire qu'avant j'avais les cheveux tout liss tout plaqué comme ça.
Bon là, j'ai une natte mais voilà, sinon j'ai les cheveux très bouclés. Je me suis un peu voilà recentrée et cetera. Hm hm.
Et quand j'ai fait des universités d'Impact France que j'ai quasiment cofondé là il y a 1 an, il y a une fille qui est venue me voir et qui m'a dit "Ah bah avant tu nous faisais peur et maintenant tu nous fais rire et c'est plus agréable d'être en ta présence même si on te respectait quand même." Donc c'est vrai que je pense que à une période j'ai incarné un peu ce truc girl boss du milieu social écologique et maintenant j'essaie d'aller vers quelque chose de plus voilà plus authentique plus calme. Votre petit rituel avant une grosse décision.
Maintenant je prends le temps de la décision. Avant, j'étais très très intuitive. Euh enfin, je réfléchissais en parlant, je parlais en réfléchissant et cetera.
Et maintenant, je pense que j'ai une plus de la maturité qui parfois même dans la création de projet peut être même problématique parce que je trouve que dans l'entrepreneuriat, il faut une forme d'insolence quand même et je pense qu'avec les années, j'ai perdu cette insolence là. Donc j'essaie de trouver quand même toujours ce truc, ce feu euh de je peux créer, je peux faire, je peux débquer le monde qu'il existe alors que je sais le feu de l'entrepreneur quoi. Ouais.
Le feu de l'entrepreneur qui me permettait de dire quand même sur internet, j'ai créé la révolution, l'alternative écologique et sociale au MEDF où je suis capable de débunquer le système financier. Enfin, faut quand même une insolence folle pour dire ça, mais c'est ce qui m'a permis de faire tout ça derrière. Donc, il faut retrouver ça en un côté fake it you make it quoi.
J'aurais pas dit ça mais voilà, c'est un truc comme ça quoi où faut se vendre quoi. Ouais. Ouais.
En tout cas, il faut faut se dire qu'on est capable en fait de transformer le monde. Alors que quand on grandit, on est plus confronté à la réalité du monde. On devient un peu plus voilà, un peu froid vis-à-vis de ce qui se passe et on a plus envie de se retourner vers ses proches, essayer déjà de vivre une belle vie quoi.
Mais mais tout en il faut faut garder ce feu quoi. Faut que je le retrouve. Vous allez le retrouver.
Est-ce que vous avez un plan épargne action ? Un PEA. Non, j'ai pas de PE.
Non, vous avez pas de PEA. que après j'ai été entrepreneur toute ma vie donc j'ai pas de droit au chômage, j'ai pas je cise pas pour la retraite et tout donc j'ai dû effectivement avoir une épin de retraite quand même. D'accord.
Mais est-ce que vous avez uniquement de l'épargne de retraite et sinon de l'éparne uniquement dans des boîtes à impact quoi Ouais. Pas de Bitcoin, pas de crypto. Ah non rien.
W non pas du tout. Pas d'action bourse, enfin pas de détention d'action directe et mes plans assurance vie par retraite c'est truc sans fossile, c'est le plus durable possible. J'ai une conseill en gestion de patrimoine qui une meuf tatouée dur sur la finance durable et tout.
Donc voilà. Non, il y a un milieu qui existe Ouais. Ouais, je suis après j'ai quand même une assurance vie quoi.
Mais mais oui oui. Non, moi je reste Ouais. très fidèle à mes convictions au quotidien quoi.
Ce qui fait même que bah parfois j'ai même du mal à à même grossir dans l'endroit d'où je suis parce qu'à partir moment où on dépasse un certain niveau et ben on est obligé de rentrer dans le système et je peux pas faire ça. J'arrive pas. La phrase que votre équipe vous entend répéter tout le temps.
Je dis tout le temps c'est le mec. Je jamais je me moube c'est le destin pardon. Jamais je pleurnnie sur une décision.
Mais ça c'est un truc qui compose ma personnalité quoi. Je suis jamais triste de quelque chose qui m'arrive en fait. J'ai très peur de de de la noirceur, du chaos et tout ça.
Donc je préfère tout de suite me dire "Non mais c'est pas grave, c'est le mec, c'est le mec, on va c'est pour nous amener là et là et là". Et j'ai toujours vécu ma vie comme ça. Donc donc voilà, c'était une phrase que entendu dire mon équipe.
Vous avez ramené un objet ramené, vous avez demandé, vous avez demandé de ramener un objet. C'est pas vous qui l'avez ramené. C'est moi qui juste ramené mon frère.
Alors je me demande ce que c'est même si vous m'avez expliqué juste avant. Alors je vous laisse m'expliquer ce que c'est que ce truc. Écoutez c'est ça s'appelle un mouche bébé.
D'accord. Donc c'est une petite création pleine de technologie ou on appuie, ça fait un bruit de fou. Ouais.
Qui a pour objectif d'aspirer les crottes données d'un enfant. D'accord. Voilà.
Qui ne fonctionne absolument pas. Ouais. On reste des heures parce que en fait le fait quand vous allez avoir un enfant Ouais. un jour euh et ben vous verrez que un des traumas des parents, c'est le fait que son bébé soit enrumé parce qu'en fait ça peut l'empêcher de respirer sur le dos.
Ça génère tout plein de maladies, des bronchites et cetera. Donc le mouchage est un sujet extrêmement important. Donc on passe des plateaux télés à parler de mouchage aujourd'hui.
C'est tout à fait le fait d'être une merde dans ce secteur là parce que ça incarne. Et donc voilà ce que je trouve intéressant c'est que c'est un un en fait c'est l'économie capitaliste qui capitalise sur la vulnérabilité des jeunes parents et qui leur vend des trucs très technologiques qui ne servent strictement à rien. D'accord.
Et puis ça nous ramène ça sert strictement à rien. Voilà. C'est vraiment passe des heures, ça fait du bruit au bébé.
Il est là il est comme ça pour aspirer une mini crotte de nez. quand on a fait une crotte donné, on est genre trop content. Voilà, donc c'était juste pour incarner voilà l'absurdité finalement de cette vie de jeunes parents et du fait que voilà, il ne faut pas capitaliser sur la vulnérabilité des gens mais il faut vraiment protéger la vulnérabilité.
Et en soirée, est-ce que vous vous assumiez de dire je travaille dans la finance ? Mais je sais pas si je travaille Bah quand vous travaillez dans la finance avant. Oui oui oui.
Voulaz dire ouais ouais. Ben en fait très tôt j'étais déjà dans l'économie sociale. Enfin j'étais déjà Donc vous disiez pas que je vous travaillez dans la fin.
Si si si si si. Enfin je disais quoi ? Je disais oui oui oui non mais même mes potes il me chait va la finance solidaire.
C'est une blague quoi. Ouais c'est ça. Oui oui.
Non mais c'est plus on se foutait plus de ma gueule d'être la bisonce de la finance et de gagner rien alors que les gens dans la finance gagné une tonne. Vous avez l'impression d'avoir pris votre revanche ? Absolument.
J'ai j'ai pris ma revanche parce que maintenant ils sont tous là à faire de la enfin voilà à intégrer à réfléchir à ces questions dans leur secteur. Maintenant est-ce que j'ai vraiment gagné ma revanche dans la mesure où ils ont quatre apparts et moi je je n'ai pas appartement donc je voilà je mais c'est une are de revanche. Mais la revanche elle est quand même sur le fait que voilà les idé en pas mais ces idées là c'est les idées du futur et moi c'est ce que j'aime c'est ce que j'aime faire.
Voilà. Merci beaucoup et va c'est un plaisir de vous avoir d'avoir discuté avec vous. Euh je me permets de faire le youtubeur.
Si vous avez aimé ce format, n'hésitez pas à vous abonner parce qu'il y en aura d'autres. À bientôt.
Xavier Bertrand