Russie / Ukraine: une guerre sans fin?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00Sébastien GobertChiffre
« 65 % des Ukrainiens sont prêts à une guerre longue et seulement 14 % sont prêts à céder aux conditions imposées par la Russie. »
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On se moque beaucoup et a raison de Donald Trump qui avait promis de mettre fin à la guerre russe contre l'Ukraine en 24 heures, en 100 jours, en 3 mois, en 6 mois et ainsi de suite et ainsi de suite. Mais aujourd'hui forcé de constater que l'Ukraine semble bien plus loin d'une éventuelle paix que à aucun moment des trois dernières années et demi. Donald Trump ne le formule pas comme ça évidemment, mais lui aussi reconnaît qu'il a échoué et d'ailleurs est conduit par Vladimir Poutine comme une adolescente frustrée.
Il a clairement baissé les bras sur le sujet et ce qui fait que aujourd'hui tout converge vers un scénario d'une guerre longue, une guerre d'attrition qui s'éterniserait dans le temps. Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette vidéo. Très heureux de vous retrouver après une petite pause.
J'ai fait quelques jours de déconnexion en septembre parce que j'avais pas vraiment eu d'été à cause de pas mal de différents projets. Et d'ailleurs, j'en profite pour vous recommander de faire une déconnexion en septembre si vous en avez la possibilité puisque pendant que tout le monde repart au boulot, c'est quand même assez jouissif de prendre quelques jours de vacances. Bref, en tout cas pour cette première vidéo de ma rentrée, je me suis dit que j'allais prendre un peu de recul et dresser une liste des éléments de ce scénario d'une guerre longue.
Et ça se base évidemment sur le constat d'une situation bloquée, évidemment sur le front, mais ça je vais revenir dans la deuxième partie de la vidéo, mais dans un premier temps, on peut parler d'éléments politiques et géopolitiques. D'abord, on peut partir du constat que la Russie de Vladimir Poutin n'est plus intéressée par un arrêt des combats comme elle a pu l'être éventuellement juste après l'élection de Donald Trump. Là, on voit que non seulement elle ne bouge pas d'un Yota sur ses ambitions maximalistes, mais que en plus pour elle, tout est réuni pour qu'elle continue sa guerre contre l'Ukraine.
De leur côté, les Ukrainiens ont eux démontré leur volonté de faire des concessions sur un certain nombre de sujets, par exemple sur l'adhésion à l'OTAN ou sur la renonciation des facto à certains territoires, donc des factos et pas déuré. Mais en même temps, ils ont fait montre de leur détermination à ne pas tous aider à la Russie, que ce soit dans des négociations diplomatiques ou sur le front. De son côté, Donald Trump a clairement exposé la vacuité de la politique de son administration, le manque d'orientation stratégique et de pensé de long terme.
Il a multiplié les concessions sans conditions faites à Vladimir Poutine et ce faisant, il a affaibli non seulement la position des États-Unis mais aussi de ce que on appelait il y a encore récemment l'Occident. Affaiblir l'Occident, ça ne veut pas dire laisser gagner la Russie puisque on voit que les Européens, de concert avec les Canadiens, les Australiens, les Japonais et encore d'autres continuent de soutenir l'Ukraine. Mais par contre, ça veut dire prolonger la guerre puisque des questions essentielles comme les approvisionnements militaires, le soutien logistique, le partage de renseignement ou encore évidemment le soutien financier sont remis en question régulièrement.
Et aussi, on peut noter que Donald Trump a affaibli la position occidentale puisque le filet des sanctions internationales est beaucoup moins étanche qu'auparavant. Et on voit que Vladimir Poutine capitalise là-dessus sur l'idée que Donald Trump ne va pas lui faire trop de mal. Et derrière la Russie, ce sont la Chine, l'Inde et encore d'autres qui sont ragaillard par cette inaction, par cette inefficience de l'administration Trump.
Et on a vu par exemple ces derniers temps les Chinois qui se sont permis d'afficher leur mépris pour les sanctions occidentales et leur contournement comme jamais auparavant. Les Russes, les Chinois et encore d'autres misent aussi sur les évolutions politiques internes à l'Europe et notamment des échéances électorales comme la présidentielle en France en 2027 qui pourraient encore une fois remettre en cause les questions de soutien à l'Ukraine ou encore d'autonomie stratégique européenne. Je termine ce constat politique et géopolitique en parlant de la question des sanctions.
Il faut vraiment faire attention à tout ce qui sort de la bouche de Donald Trump. Et là, le fait qu'il parle de sanction à tort et à travers, ça ne veut absolument rien dire. puisque aujourd'hui il jure ses grand dieux que un paquet de sanctions très fortes très puissantes est prêt à être imposé contre la Russie mais que la condition c'est que les Européens doivent cesser leurs achats d'hydrocarbure russe.
Et effectivement l'argument est imparable puisque depuis 2022 les Européens ont dépensé plus pour acheter du pétrole et du gaz russe que pour soutenir l'Ukraine. Et ça c'est une incohérence de la position européenne. Mais à la fois la Commission à Bruxelles et les chancelleries européennes essayent d'y remédier tant bien que mal.
Mais c'est surtout que dans la bouche de Donald Trump, c'est un piège puisque cela fait 8 mois qu'il n'a absolument rien fait. On ne sait même pas si son paquet de sanction est effectivement prêt. Et par contre, le paquet de sanction qui est prêt au Sénat est porté par une majorité de sénateur à Washington, lui ne pose pas du tout comme condition préalable l'arrêt des achats d'hydrocarbure par les Européens.
Mais c'est seulement après les sommets en Alaska et en Chine que l'administration Trump s'est retrouvée confrontée à l'échec de sa diplomatie et a été contrainte de faire semblant de consentir à faire quelque chose, c'est-à-dire imposer des sanctions. Mais ils ont trouvé la parade parfaite, c'est-à-dire demander aux Européens d'arrêter leurs achats d'hydrocarbure. Et ça c'est une excuse parfaite pour ne rien faire puisque les Européens ne vont pas du jour au lendemain arrêter leurs approvisionnements en hydrocarbure russe.
Et donc Donald Trump a la possibilité pendant plusieurs mois voire plusieurs années de répéter que il est prêt à mettre en place des sanctions mais que les Européens continuent à acheter du pétrole et du gaz russe. Donc en fait c'est vraiment une excuse pour ne rien faire. Et donc je referme cette parenthèse des sanctions et j'en termine là pour ce constat politique et géopolitique de l'immobilisme et en tout cas de cette situation un peu bloquée et qui conduit donc à ce scénario de guerre longue.
Et ces logiques politiques et géopolitiques peuvent être appliquées au domaine militaire puisque on voit que à la fois la Russie mais aussi l'Ukraine intensifie leurs attaques aériennes l'une sur l'autre. Donc évidemment, les Russes visent les villes, les quartiers résidentiels ukrainiens, mais aussi toute une série de cibles stratégiques, des cibles militaires ou encore des usines stratégiques, tandis que les Ukrainiens n'en finissent pas de marteler le complexe pétrolier et notamment les raffineries de pétrole en Russie. Et face à cette intensification, les Ukrainiens souffrent, les Russes souffrent.
On voit que cette crise de la pénurie de sans plomb 958 en Russie, elle ne fait que s'aggraver. Mais ces frappe aériennes, ces frappes d'attrition n'ont pour l'instant fait plier ni l'une ni l'autre et il n'y a aucune raison que ce soit l'arme ultime qui nous fasse sortir de cette guerre. La même chose pour les économies nationales, soit-dit en passant.
À la fois, l'économie russe, mais aussi l'économie ukrainienne montre de sérieux signes de faiblesse, mais en même temps, elle ne montre aucun signe d'un effondrement dramatique dans un futur proche. Sur le front, c'est aussi la même logique puisque finalement à quoi on a assisté cet été ? Ce sont des succès russes localisés dans l'Oblast de Karkif autour de Kouiansk, de VO Chansk et de Liman et aussi dans les zones rural des oblastes de Zaporigia et de Nipropetrovsk mais qui ont été contrebalancé par des succès localisés ukrainiens au nord de Soumi et autour de Pokrovsk Dobropilia.
Il faudra évidemment faire une vidéo dédiée à cette situation militaire, à cette situation sur le front et qui portera notamment sur l'échec de la saison estivale pour la Russie. Mais là, j'inclus tout ça dans une vidéo plus générale, plus conceptuelle sur ce concept de guerre longue parce que en l'état, on voit que il n'y a pas un élément qui pourrait nous amener à une sortie de conflit dans un futur proche. Alors, comment est-ce que ça se traduit dans les faits ce scénario de guerre longue ?
Et il y a évidemment beaucoup d'éléments qu'on peut voir d'une part, c'est que les livraisons d'armement se structurent désormais dans des programmes pluriannuels et non plus des programmes ponctuels, mensuels ou annuels. Et ça c'est vrai notamment au niveau européen. Mais on le voit aussi au travers du programme Pearl donc ce programme d'achat d'armes américaines par des Étatsmembres de l'OTAN pour que ensuite elle soit livrée à l'Ukraine.
L'industrie de l'armement ukrainienne se projette aussi dans le long terme en diversifiant ses sources de financement, en cherchant de plus en plus à attirer des capitaux étrangers et en se projetant vers l'exportation afin d'obtenir des débouchés supplémentaires, de pouvoir monter les productions à l'échelle et évidemment obtenir des sources de financement supplémentaire. Toujours sur des questions de financement, le financement au niveau macro de l'État ukrainien. On voit que le FMI est en train de revoir à la hausse ses projections de soutien à l'Ukraine.
On voit aussi que les Européens sont en train de réfléchir de plus en plus sérieusement à l'utilisation des actifs russes gelés. Et en effet, ces derniers temps, on voit la Commission européenne, le gouvernement allemand ou encore le gouvernement britannique explorer des pistes pour utiliser les 220 milliards d'actifs de la Banque centrale russe qui ont été gelés en Europe à partir de 2022. Là aussi, il faudrait faire une vidéo à part puisque l'idée ce ne serait pas d'utiliser directement les fonds, mais de faire en sorte que cet argent devienne un espèce de fond d'emprunt pour l'Ukraine.
L'Ukraine pourrait emprunter cet argent et en fait, elle ne devrait le rembourser qu'une fois que la Russie lui aurait payé des réparations de guerre. Ce qui serait donc un tour de pass-p juridique pour utiliser cet argent sans se l'approprier légalement. On verra évidemment si ça aboutit.
Il y a quand même pas mal d'obstacles à la fois juridiques mais aussi évidemment politiques. Mais en tout cas, ça montre que les Européens sont en train de réfléchir à des solution qu'il n'avaiit pas envisagé ces trois dernières années. Il y a encore un élément très concret qui montre que l'on se projette dans un scénario de guerre longue, c'est que les autorités ukrainiennes, donc à la fois au niveau national, mais aussi au niveau de l'Union européenne, travaillent sérieusement à la fin de la protection temporaire pour les millions de réfugiés ukrainiens dispersés à travers les pays européens.
Et ça que ce soit à travers la mise en place de programmes d'aide au retour ou de programmes d'intégration parce que tout le monde comprend que cette situation va durer et que on ne peut pas rester avec des modes de protection temporaires. En Ukraine, selon un récent sondage de l'Institut international de sociologie de Kiev, 65 % des Ukrainiens sont prêts à une guerre longue et seulement 14 % sont prêts à céder aux conditions imposées par la Russie. En Ukraine, on ne parle plus d'organiser des élections en ce moment.
Le régime de loi martiale n'est pas remis en cause et les Ukrainiens dans leur grande majorité se projettent donc dans ce scénario d'une guerre qui va durer avant que l'un ou l'autre des paramètres du conflit change. Donc que ce soit l'attitude des États-Unis ou des Européens, les équilibres internes à l'Ukraine ou à la Russie ou alors une innovation technologique qui viendrait bousculer le rapport de force sur le terrain ou alors une bascule démographique dans l'une ou l'autre des armées, ou encore une intervention directe des Européens en Ukraine. Donc pas forcément à travers des contingents au sol, mais peut-être à travers l'initiative Skyshield.
Mais étant donné que toutes ces évolutions ne sont pour l'instant que des hypothèses, nous voilà contraint et forcé de réfléchir à ce scénario de guerre longue, donc de guerre d'attrition jusqu'à ce que quelque chose change. Nous sommes dans la 12e année de la guerre russe contre l'Ukraine, donc depuis 2014 et nous sommes dans la 4e année de l'invasion généralisée, donc depuis 2022. Et visiblement toutes ces années n'ont pas encore suffi à apporter une solution définitive à cette guerre qui peu à peu déborde des frontières de l'Ukraine.
Voilà, je voulais prendre un peu de perspective sur la tendance lourde du conflit à l'heure actuelle. Avant évidemment de vous proposer des vidéos un peu plus thématiques. Je vous remercie d'avoir regardé jusqu'au bout.
Je file et je vous retrouve très vite.