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speechyoutube.com· 4 janvier 2017 13 min

Discours de Monsieur Xavier Bertrand

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Xavier Bertrand

Ceux qui me connaissent depuis maintenant un certain nombre d'années savent que, quelles que soient les fonctions publiques que je peux exercer, c'est en tant qu'amis d'Israël, amis du CRIF, que je m'exprimerai ce soir. Les fonctions ne changent rien à mes convictions et ne changent rien à mon expression. Alors peut-être certains pourraient me reprocher un manque d'objectivité, je l'assume totalement et complètement.

Plutôt d'ailleurs, la seule exception à ma présence au dîner du CRIF depuis maintenant une quinzaine d'années fut l'an dernier en raison d'une campagne électorale qui m'avait retenu tous les soirs, sans exception dans la région, plutôt que de vous rejoindre à Paris comme j'ai l'habitude de le faire et comme j'aurai plaisir à le faire également, si je ne me trompe pas, à la fin du mois de février prochain. Pour le reste, plutôt que de faire un long développement, je voudrais répondre non pas aux interpellations, mais à un certain nombre de positions que vous avez exprimées les uns et les autres, le président Bensoussan, que ce soit Charles, que ce soit Francis également.

Et je voudrais revenir sur un certain nombre de points en saluant tout particulièrement madame l'ambassadrice. J'ai eu plaisir, madame l'ambassadrice, ce matin, à vous accueillir à Saint-Quentin, dans la région des Hauts-de-France, pour un événement, le salon robot numérique, qui avait surtout cette année un invité d'honneur, l'ambassadrice d'Israël, et avec un partenariat que nous voulons développer dans ce secteur avec l'État d'Israël. Et nous nous sommes entretenus de sujets pas seulement économiques, mais aussi sensibles. Vous avez pu constater, vos prédécesseurs avaient pu vous le dire, quel était mon attachement à la sécurité d'Israël, à l'intégrité d'Israël.

Je l'ai dit devant vous, je le redis en public ce soir, et sur toutes ces questions-là, sur tous ces sujets-là, je ne changerai pas. Nous avons échangé sur l'actualité internationale, et je fais partie de ceux qui ne baisseront jamais la garde et n'abaisseront jamais leur niveau de vigilance vis-à-vis de l'Iran, parce que je sais qu'Israël a besoin d'être conforté, notamment vis-à-vis de tels voisins.

Pour le reste, vous avez évoqué ce matin la possibilité d'un voyage, d'un déplacement, président de région que je suis, en Israël, et nous sommes convenus qu'au mois de mars, nous pourrions faire un tel déplacement avec une finalité économique, mais je vous proposerai bien d'ici là, madame l'ambassadrice, que nous puissions réfléchir à un partenariat renforcé. Certains diront un jumelage, oui, un jumelage, s'il n'a pas qu'une valeur symbolique, mais s'il a une valeur très concrète. Je suis tout à fait désireux de m'engager dans cette voie.

Je sais que le différentiel de population entre la grande région des Hauts-de-France et l'État d'Israël n'est pas si importante, mais par contre, vous nous faites rêver et vous donnez aussi d'autres envies à Pierre de Saint-Ignon, qui pourtant était l'origine d'Eura Technologie, quand on voit le nombre de start-up qu'il y a en Israël, la vitalité qu'il y a en Israël, et si nous pouvons développer de tels partenariats, bien évidemment, madame l'ambassadrice, je suis preneur. Ensuite, Charles m'a interpellé sur la question d'un musée, dans le bassin minier, à Lens, autour notamment de l'histoire, du judaïsme, de l'arrivée des juifs dans le bassin minier.

Tout à l'heure, nous nous sommes levés, j'en ai profité avec madame l'administratrice pour faire non pas une première réunion, mais pour voir quels partenariats nous pouvons tisser. Je le redis très clairement, si d'autres collectivités y vont, la région ira. Si nous sommes bien dans une logique culturelle, où nous sommes effectivement légitimes pour intervenir, nous sommes prêts à regarder, mais de vrais partenariats peuvent justement s'ébaucher, notamment sur la numérisation des ouvrages, et je suis en la matière prêt à discuter sur un tel sujet qui notamment recouvre, dans le bassin minier, une véritable dimension culturelle.

Vous m'avez aussi, d'une certaine façon, sollicité sur l'actualité politique. Je ne reviendrai pas sur ce que vous avez sollicité, fait comme remarque sur le gouvernement, sur le président, je laisserai madame le maire de Lille intervenir sur ce sujet. Mais en revanche, concernant ma famille politique, je sais, monsieur le président du CRIF, je sais quelle est la teneur de la conversation que vous avez eue avec l'un des candidats à la primaire, et je tiens à vous le dire, après cette interview d'enis ce matin, j'approuve totalement, Francis, la position qui a été celle du CRIF en la matière. Je l'ai dit en privé, je le dis en public.

Nous avons un certain nombre de choses à faire, notamment en ce qui concerne la région, et aussi le CRIF. Parce que vous avez parlé de prévention, cette prévention à tous les âges, la prévention de l'antisémitisme, de ce fléau sans pareil. Nous pouvons agir parce que la région n'a certainement pas compétence sur la pédagogie dans les lycées, mais elle a une compétence sur les lycées.

Et si nous pouvons développer, par des actions de sensibilisation, tout ce qui sera de nature à faire refluer ce fléau terrible, nous sommes bien évidemment partie prenante, je le dis notamment avec Nicolas Lebas, mon vice-président chargé de l'enseignement supérieur, nous sommes tout à fait disposés à travailler dans cette direction. Cela fait bien longtemps que je crois qu'il est temps de mener une véritable offensive républicaine.

L'offensive républicaine, elle passe, nous le savons bien, et nous partageons cette conviction, les élus ici, quelle que soit leur sensibilité politique, c'est par de l'emploi tout d'abord, c'est vrai, par de l'éducation, de l'éducation populaire, par la culture, mais aussi en donnant un contenu précis à cette devise républicaine qui nous protège et qui doit continuer à nous protéger. Pendant bien longtemps, trop longtemps, on a détourné la tête, on a laissé faire. Et je crois qu'aujourd'hui, cette offensive républicaine, elle est devenue indispensable.

Et ce n'est pas parce qu'on a le sentiment, parfois, qu'on va nous laisser quelques répits, que les attentats n'ont pas vus, n'ont pas commis, les drames que l'on a connus, notamment à Nice. Non, nous ne devons pas baisser la garde parce qu'eux ne baisseront pas la garde. Je l'ai dit à différentes reprises, ça sera eux ou nous, alors il nous faut défendre notre façon de vivre, il nous faut défendre notre république. Et nous devons être très clairement intraitables en la matière. Je sais que, bien souvent, certains se disent que les Juifs de France sont les premiers à être touchés. Non, vous n'êtes pas les premiers.

Nous sommes tous touchés de la même façon, au même degré, à partir du moment où l'un d'entre nous est tout simplement concerné. J'aime beaucoup cette image, Rahim Korsia, qui donne cette image du canari qui accompagnait les mineurs. Ce canari qui, le premier, sentait l'accident qui allait arriver. Ce canari qui les prévenait, d'une certaine façon, cette image. Les grands rabbins, je veux la reprendre à mon compte. Et surtout dans cette région, où bas le cœur de cette histoire, qui attend à apporter à la région des Hauts-de-France, vous êtes, peut-être parfois, les premiers, pensez-vous.

Non, vous êtes celles et ceux qui font bien comprendre que la situation de chaque Français importe et qu'en protégeant les Juifs de France, on protège tous les Français. Ce point doit être partagé par toute la communauté nationale. Dans les points sur lesquels je voudrais revenir, j'ai aimé les propos tout à l'heure de Tolérance Zéro dans une offensive républicaine qui mérite son nom. Oui, il y a une Tolérance Zéro. par rapport à tous les actes, quelle que soit leur forme, quel que soit l'âge de ceux qui peuvent proférer de telles attaques, de telles agressions.

Mais je voudrais aussi indiquer que vous n'êtes pas seul et quand vous avez des personnalités politiques que vous invitez, à qui vous donnez la parole, il faut bien comprendre que ce ne sont pas seulement des propos de tribune, des propos d'estrade. C'est une conviction profonde qui nous anime, une conviction ancienne. Et je suis intimement convaincu que l'histoire, d'ailleurs l'histoire même du CRIF. Le CRIF est une institution qui est partie prenante de la République et depuis bien longtemps et après des heures si tragiques que vous avez évoquées les uns et les autres. C'est cette histoire commune qui nous permet aussi d'aborder des défis communs.

J'aimais la façon dont les uns et les autres, vous avez évoqué un sujet que j'ai évoqué avec vous cet après-midi à l'hôtel de région. Sur les sujets d'avenir, vous avez dit tout à l'heure, je crois que c'est Charles, qu'il y a les sujets comme l'économie collaborative et le transhumanisme. Je le dis solennellement devant vous, la question du transhumanisme est une question que je trouve primordiale et qui me préoccupe au plus haut point. Je le dis d'autant plus ce soir qu'il y a ici, et je les remercie de leur présence, de très nombreux représentants des confessions. Et il est grand temps, j'en suis convaincu, que les religions se penchent sur cette question du transhumanisme.

Nous avons décidé à la région de prendre nos responsabilités. Cet après-midi même en commission permanente, nous avons décidé de financer une chaire, certainement l'une des toutes premières au monde, sur le transhumanisme et plutôt sur les dangers du transhumanisme. Parce qu'il y a de par le monde et notamment aux Amériques, de grandes sociétés, des multinationales qui sous couvert de faire reculer la maladie, de faire reculer l'âge de la mort en nous promettant l'immortalité, ceux-là sont en train de faire basculer notre monde.

Et dans un monde qui est déjà incertain pour nos enfants, nous ne pouvons pas laisser certains se prendre pour Dieu ou pour des visions certainement mercantiles avec une puissance financière sans pareil, nous ne pouvons pas les laisser changer la nature du monde. Le transhumanisme est un danger sans pareil. Je suis intimement convaincu qu'il est de la responsabilité des pouvoirs publics, des pouvoirs politiques, mais aussi du pouvoir religieux de prendre ses responsabilités en la matière.

Et comme je vis très clairement une très grande société multinationale dont le nom commence par un G qui s'appelle Google, je le dis plutôt que d'aller sur ses travaux, il ferait mieux sur leurs réseaux sociaux à eux et sur leur réseau, veiller à ce que l'antisémitisme n'est pas droit de cité régulièrement comme c'est le cas aujourd'hui. Alors je suis à votre disposition en la matière pour avancer sur ces différents sujets. Je voudrais juste dire pour terminer et revenir sur les propos que nous avons échangés, Madame l'ambassadrice, ce matin. La sécurité d'Israël n'est pas négociable de quelque façon que ce soit.

Et je m'opposerai de toutes mes forces publiquement comme je le fais ce soir pour m'opposer également à toutes les manœuvres de déstabilisation de ces nouvelles formes d'antisémitisme, d'antisémitisme. Je le dis clairement, non au boycott d'Israël, non au boycott des produits d'Israël et les républicains doivent s'élever contre ces manœuvres qui sont une nouvelle forme d'antisémitisme. La République française, je le dis aussi plus particulièrement pour la région des Hauts-de-France, elle ne peut pas se concevoir sans les Juifs de France, sans les Juifs des Hauts-de-France. La République, elle a progressé avec vous sur les chemins de la liberté, de l'égalité, de la fraternité.

Et elle a sombré, la République. Elle a sombré quand elle vous a manqué, quand elle a failli envers vous. Et je suis intimement convaincu, au-delà des propos, que c'est par notre action résolue, une action au quotidien, mais une action tournée vers l'avenir, que nous pouvons faire en sorte que vous ayez la confiance et que vous puissiez aller transmettre. J'avais l'occasion de le dire aux CRIF, aux amis du CRIF, à Grenoble, voilà ça quelque temps, ce que j'aime chez vous, quelles que soient les épreuves que vous avez su endurer, ce que j'aime chez vous, c'est aussi votre enthousiasme, votre joie, votre soif de vivre.

Et vous avez en vous un optimisme qui ne doit jamais disparaître, que ce soit en France, que ce soit dans la région de Haute-France, que ce soit partout dans le monde. Et je suis persuadé que c'est en s'appuyant sur ce qui fait aussi votre force, la force de votre communauté, que la République sera plus forte. C'est unie, c'est solidaire que l'on peut réussir. C'est tout simplement ce message que je voulais partager ce soir avec vous, en tant qu'amis d'Israël et en tant qu'amis du CRIF. Merci à vous. Merci.

13:01
Locuteur

Merci. Merci. Merci.

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