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interviewBFM TV (sur YouTube)· 16 octobre 2025

Censure, union des droites…L’interview d’Éric Ciotti (UDR) en intégralité

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Il est 8h28, 8h28 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Éric Ciotti. Bonjour.

Éric Ciotti, vous êtes aujourd'hui le président de l'UDR, vous êtes député des Alpes-Maritimes, vous aviez été le président des Républicains, vous êtes l'ancien président des Républicains, aujourd'hui vous êtes allié régulier à Marine Le Pen et vous appelez à l'Union des Droites. On va y revenir dans un instant puisque vous espérez entraîner au moins une poignée de députés LR, vous l'avez peut-être même déjà fait en coulisses, on va essayer de mieux comprendre. Mais c'est dans une demi-heure tout pile désormais que les censures, les motions de censure vont être examinées à l'Assemblée.

Vous voterez les deux motions de censure ? Oui, je voterai les deux motions de censure. Ce qui compte c'est le résultat.

Le résultat c'est que M. Macron arrête de faire des dégâts dans le pays, que ce gouvernement tombe et que les Français se prononcent. Nous sommes dans une crise d'une violence inédite, d'une crise politique, une crise de régime quasiment.

Depuis le début de la Vème République, nous sommes aussi dans une crise budgétaire. Le FMI vient de le rappeler hier. Nous sommes dans une crise sécuritaire, migratoire.

Ceux qui nous gouvernent depuis 2012, M. Hollande et M. Macron, ont mis le pays dans cet État.

Il faut qu'ils s'arrêtent. Ça s'appelait UMPS et désormais vous appelez ça Hollande-Macron. Oui, c'est Hollande-Macron.

Finalement, le macronisme revient à sa source. L'expression utilisée, c'était UMPS, mais désormais, pour vous, c'est une continuité. M.

Macron, rappelons-nous quand même, était le ministre de M. Hollande. Et aujourd'hui, c'est M.

Hollande qui reprend le pouvoir, puisque les socialistes ont fait plier ce gouvernement improbable, qui n'a que pour seule ligne de conduite de durée, de se maintenir, de garder des sièges, des Marocains et tout ce qui va avec. C'est assez pitoyable. Donc il faut que ça s'arrête.

Et nous serons efficaces, nous voterons les deux motions. Au moment où on se parle, Éric Ciotti, d'après les derniers comptes, a priori, la censure sera rejetée. Quand je dis a priori, c'est parce que ça se joue à quelques voix près.

Et si une poignée de députés, soit socialistes, soit LR, finissaient par voter la motion de censure, alors le gouvernement tomberait. Est-ce que vous croyez à ce scénario de dernière minute ? Je n'y crois pas trop, mais je l'espère.

Et je lance un appel, notamment aux députés républicains. Je leur dis d'écouter leur conscience et de ne pas être guidés par la peur. Ils savent ce que veulent leurs électeurs.

Ils savent où est l'intérêt des Français. L'intérêt des Français, c'est d'arrêter avec le macronisme. Et encore plus, d'éviter de tomber dans le socialisme, ce qui est le cas aujourd'hui.

Mais la peur de quoi alors ? Ils ont la peur de perdre leur siège, tout simplement. Ils ont la peur de l'élection.

Je peux l'entendre, mais on n'est pas guidés par la peur. C'est uniquement pour ça, aujourd'hui, d'après vous, que les députés LR...

Regardez l'attitude de Laurent Wauquiez, quand même. Il y a une semaine, il invitait Bruno Retailleau et tous les ministres LR à sortir du gouvernement, disant que vous n'avez rien à faire dans ce gouvernement, compte tenu de sa politique, compte tenu de ses résultats, compte tenu de ses lâchetés. Puis quelques jours plus tard, il invite les mêmes à rester au gouvernement, parce que Bruno Retailleau est sorti.

On est dans l'incohérence totale. Donc je dis à mes collègues députés républicains...

Attendez, on va s'arrêter un instant sur ce que vous venez de dire sur Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau. D'abord, je n'oublie pas quand même qu'il y a un an, vous étiez le bras droit de Laurent Wauquiez. Vous étiez inséparables tous les deux.

Vous le défendiez, je me souviens même de vous avoir plusieurs fois interrogé, en vous disant quand même que c'est étrange cette attitude de Laurent Wauquiez qui restait dans sa région, qui ne répondait pas aux interviews pendant plusieurs années. Et à chaque fois, vous disiez, mais non, c'est une bonne technique, c'est une bonne façon de faire. Et aujourd'hui, vous nous dites exactement l'inverse.

Vous êtes fait avoir par sa personnalité, par sa stratégie ? Sûrement, je me suis trompé. On se trompe sur des gens, sur leur personnalité, sur leur courage, sur la stature.

Dans cette crise comme dans d'autres que j'ai connues, notamment au moment des retraites, Laurent Wauquiez ne s'est pas montré un homme d'État. Il a une posture politicienne. Donc ses convictions sont variables en fonction de ses intérêts et pas des intérêts de la France.

Je ne mets pas Bruno Retailleau dans la même catégorie. Donc aujourd'hui, j'ai une affection, j'ai un lien particulier avec les héritiers de la famille gaulliste. Mon parti, celui que j'ai créé l'année dernière, porte le nom du dernier parti du général de Gaulle.

Donc je dirais, mais je regarde les Républicains avec tristesse et aussi avec l'envie de dire « sauvez-vous de ce naufrage ». Venez avec nous, bâtissez cette grande alliance pour sauver la France. Ce qui nous ressemble, ce qui nous réunit est tellement plus fort que ce qui nous sépare.

Vous leur dites ici à ce micro, mais est-ce que vous leur dites également aux uns et aux autres directement ? J'ai pu échanger, j'échange avec beaucoup à l'Assemblée nationale depuis longtemps. J'ai conservé avec nos nombreux députés des liens de proximité, amicaux, notamment dans mon département.

Je vois leur malaise et leur mal-être dans cette posture aujourd'hui. Ils ne sont pas macronistes pour la plupart, mais ils sont prisonniers d'un système, celui qui m'a, l'année dernière, qui s'est opposé à moi. Quand j'ai franchi cette rive, quand j'ai cassé ce mur du politiquement correct, quand j'ai coupé ce cordon sanitaire érigé par M.

Mitterrand il y a 40 ans pour diviser, fracturer la droite et l'empêcher de gagner, alors que la gauche s'autorise toutes les alliances avec LFI, avec le Parti communiste, la droite. C'est votre modèle maintenant ça ? Elle ne peut pas se réunir.

Donc moi je souhaite que tous ceux qui ont des convictions similaires, qui croient en la nécessité de restaurer l'autorité, l'ordre dans les comptes, qui défendent la liberté économique, qui défendent une certaine identité et un héritage culturel. Mais ça veut dire quand, Eric Ciotti, que vous prenez presque exemple, vous prenez presque modèle sur la gauche qui est capable de se réunir entre PS et LFI. C'est ça le modèle ?

Le modèle c'est qu'on sauve le pays. Aujourd'hui, objectivement, regardons l'état de la France, on est la risée internationale, on a perdu de la crédibilité partout, le chef de l'État ne compte plus, il s'agite, il fait des moulinets, il brasse du vent, mais qui l'écoute ? Et qu'est-ce qui se passe dans notre pays ?

On a fixé pour la dette, les impôts, nos services publics ne marchent plus, il y a de la violence dans la rue, un homme a été jeté dans la Seine parce qu'il a été agressé il y a deux jours, c'est le lot quotidien de notre pays, et on continue comme si rien ne se passait. On a accueilli 530 000 étrangers légaux l'année dernière, et tout ça ne trouve aucune réponse. Attendez, Éric Ciotti, on va prendre les choses une par une.

D'abord, vous avez dit, j'invite, j'appelle solennellement les Républicains à faire en gros le même geste que moi j'ai fait. Pour l'instant, on est bien d'accord, c'est non. Ils vous répondent tous non.

Vous avez même écrit à Bruno Retailleau, vous a-t-il répondu ? Non, il ne m'a pas répondu. Nous verrons, mais j'ai lu son communiqué.

Bruno Retailleau, il a bougé les derniers jours. D'abord, il y a eu une législative partielle. Dans le Tarn-et-Garonne, votre candidat a gagné.

D'un député de l'UDR, avec bien sûr le soutien du Rassemblement National de Jordan Bardella et de Marine Le Pen. Et c'est notre alliance qui a gagné. Mais il y a eu un message que je salue de Bruno Retailleau, qui était pas...

Alors, il n'a pas appelé à voter pour votre candidat. Vous avez raison. Il a dit entre eux, puisqu'il a dit pas une voix pour, en l'occurrence, la candidate socialiste.

On peut prendre la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine. Une partie du chemin a été faite. Donc, je l'invite...

Une partie du chemin a été faite pour vous ? Je l'invite à faire l'autre partie. De dire, mais non, on est plus proche ensemble que tu n'es proche des macronistes.

Voilà. Bruno Retailleau, il sort de Beauvau avec un bilan qui n'est pas glorieux. Les visas algériens qui ont augmenté alors qu'il avait montré un discours de fermeté après la prise à notage de Boilem sans salle.

L'immigration qui a continué à augmenter. Les homicides, les tentatives d'homicide. Le narcotrafic.

Son bilan à Beauvau, il est...

Allez, on va dire, il est extrêmement négatif. Pourquoi ? Parce qu'il était...

C'est pas comme ça que vous avez le séduire. Il était otage. Il a eu un discours qui a plu, quelque part, au français.

Mais il a été enfermé dans le système. Mais alors, Éric Ciotti, allons jusqu'au bout. Il évite à casser les chaînes, à se libérer.

Et je dis ce matin...

Si vous lui proposez quoi, de l'autre côté ? Je dis ce matin aux députés, soit LR, soit ils censurent, soit demain ils seront censurés par le peuple français. Mais Éric Ciotti, ça vous le dites en votre nom.

Vous le dites en votre nom. Mais vous l'avez bien vu, Bruno Retailleau, il a été la cible d'attaques, voire même d'injures. Le mot salaud a été quand même prononcé dans la bouche d'un des piliers du RN qui l'ont, qui ont quand même ciblé toutes leurs attaques sur Bruno Retailleau.

Vous pensez sincèrement que cela peut être dépassé ? Ce qui a été dénoncé, c'est le bilan. Le bilan, il n'est pas positif, je le dis.

Mais aujourd'hui, regardons l'avenir. Mais l'avenir, attendez, non, non, non, l'avenir, vous ne l'écrivez pas tout seul. Vous ne l'écrivez pas tout seul, vous l'écrivez aussi avec Marine Le Pen.

Est-ce que Marine Le Pen a envie de cette alliance ? Marine Le Pen a envie de redresser la France. Elle est candidate à l'élection présidentielle.

Parce que vous dites, il faut que j'arrive à convaincre LR, mais arriverez-vous à convaincre le RN ? Elle parle à tous les Français. Jordan Bardella a lancé le même appel.

Il a dit, ma main est tendue. Il a encore dit hier soir, donc nous sommes clairs, nous, nous voulons nous adresser à tous ceux qui veulent, qui partagent globalement les mêmes valeurs. Allez, des valeurs d'attachement à la France, de redressement national, de liberté, de sécurité, d'autorité, d'ordre, de restauration du pouvoir d'achat, de baisse des impôts.

Tout cela, nous le partageons. Alors après, la réponse, elle ne m'appartient pas. Moi, j'ai fait un choix personnel que je considère comme courageux l'année dernière.

J'ai ouvert ce chemin. Beaucoup de militants LR m'ont suivi. Les chapeaux à plumes, les cadres.

Il y a ce sondage commandé par Valeurs Actuelles auprès de l'Institut de sondage IFOP, qui dit que 52% des Français seraient pour une coalition des droites, et que 82% des sympathisants LR, j'imagine que c'est là-dessus que vous vous appuyez. Donc les électeurs, ils nous le demandent. Moi, dans mes rues niçoises à Nice, c'est ce qu'on me le dit.

Que dit Marine Le Pen ? Elle affirme qu'elle n'est pas de droite. Marine Le Pen, elle est candidate à l'élection présidentielle.

Elle a une posture gaullienne. C'est quand même assez étonnant aujourd'hui que ceux qui défendent les institutions de la Ve République, ce ne sont pas ceux qui gouvernent, ceux qui sont aux manettes. C'est l'opposition, c'est le Rassemblement national, c'est l'UDR.

Nous, elle a la posture qui est légitime de dire « Je suis candidate à l'élection présidentielle, je m'adresse à tous les Français et je veux les rassembler. » Vous l'avez lu, la motion de censure LFI que vous vous apprêtez à signer ? Non, je ne l'ai pas lu.

Vous auriez peut-être dû, parce que dedans, il y a par exemple marqué, écrit noir sur blanc, que cette motion de censure dénonce la remise en cause de l'AME, par exemple. Vous allez voter ça ? La fin, aujourd'hui, justifie les moyens.

La fin, c'est quoi ? C'est l'arrêt du macronisme. C'est la dissolution, c'est l'élection législative.

Le gouvernement et M. Macron lui-même, je crois qu'il l'a dit au Conseil des ministres, il a dit « Voter la motion de censure, c'est voter une motion de dissolution ». Ça veut dire que ce matin, si la motion de censure est votée, il y aura dans trois semaines ou un mois des élections législatives.

Et c'est ce que je souhaite. C'est ce que je souhaite du fond du cœur, parce qu'on ne sortira de ce chaos que par l'élection. Et je ne comprends pas que des démocrates aient peur de la démocratie, aient peur de l'élection.

Comment continuer pendant presque deux ans, dans ce scénario du pire, où ce qui va être fait sera catastrophique, où désormais on va être sous la dictée de M. Hollande, qui va à nouveau gouverner le pays ? Et là, je reviens dans le message à mes amis LR.

Est-ce qu'ils peuvent accepter ? Ils ont déjà accepté, ce qui pour moi est une humiliation et une faute, d'être dans une coalition macroniste. Désormais, cette coalition, elle s'élargit au Parti Socialiste.

Mais ce n'est pas possible. Vous avez tenté de convaincre un par un les députés, de parler avec des députés LR, de leur dire de vous rejoindre. Je n'ai pas fait du débauchage ou du démarchage.

Je n'ai pas fait du débauchage, mais vous parlez avec les uns et les autres, eux-mêmes le disent. Quand je croise des collègues, on parle. D'abord, première question, est-ce qu'il y en a un qui vous laisse entendre qu'effectivement, s'il y avait dissolution et à nouveau élection, lors d'une campagne, ils pourraient s'associer à vous ?

Oui. Combien ? Je n'ai pas de chiffres à donner.

Vous savez, l'année dernière, il y en avait beaucoup qui ont voulu s'associer, puis au final, le conservatisme a dominé. Donc je ne me hasarderai pas à donner des...

Quand vous arriveriez à quoi ? 3, 5, 10 ? Je ne me hasarderai pas à donner des chiffres, mais ça dépend le contexte.

En tout cas, moi, je leur dis...

En tout cas, il y en a. Il y en a. Ma main est tendue.

Ils ont un choix décisif. Autre question, autre question. Très concrète.

Pour la France. Éric Ciotti, s'ils vous rejoignent, est-ce que vous vous engagez à ce qu'il n'est pas ? Est-ce que vous leur dites, et est-ce que ça fait partie, évidemment, de vos arguments pour les convaincre, qu'ils n'auraient pas de candidats RN face à eux lors d'une législative ?

S'ils rejoignent l'UDR, naturellement. Naturellement. Puisque nous sommes dans une coalition et que, d'ailleurs, cette alliance, elle est solide, elle est forte, elle est loyale.

Et moi, je le dis parce que, tout à l'heure, vous avez dit, vous avez rejoint l'URN. Non, j'ai bâti une alliance. J'ai bâti une alliance et je suis fier de cette alliance et je suis très heureux de la qualité de cette alliance parce qu'il y a un respect de la parole donnée et c'est de bonne augure sur la capacité demain à gouverner le pays dans le respect de la parole donnée.

Éric Ciotti, combien de circonscriptions...

Il y a tellement de trahisons aujourd'hui, de revirements, qui dégoûtent les Français. J'avoue que c'est assez cocasse de vous entendre vous dénoncer les revirements et les trahisons. Vous, dont on se souvient bien de ce moment où vous avez donné à tous vos amis de LR le sentiment que vous étiez le traître en chef.

Je ne crois pas. Vous en étiez le président du parti et vous êtes parti quasiment seul. Je crois avoir été un précurseur de ce mouvement qui prend de plus en plus de force.

Je crois que j'ai eu raison avant tous les autres. Cette alliance, elle est indispensable et cette alliance, elle va gagner. Et elle est au cœur du débat.

Vous me posez cette question, vous la posez à tout le monde, vous la posez à Bruno Retailleau. S'il m'avait écouté l'année dernière, le groupe LR aujourd'hui aurait 120 députés. Nous gouvernerions la France et surtout, et surtout, avec le RN, on aurait engagé la remise en ordre dans les comptes, dans la rue.

On aurait arrêté l'immigration. Aujourd'hui, on a perdu un temps extrêmement précieux par ceux qui m'ont empêché de réaliser, de consommer cette alliance. Laurent Nunez, sur ces questions-là, par exemple, sur les questions d'immigration, il était hier soir sur BFM TV.

Il a dit « je serais intraitable avec tous ceux qui ne respectent pas les valeurs de la République ». Il s'est dit favorable à l'armement des polices municipales. Enfin bref, sur tous ces dossiers de sécurité ou d'immigration, il est globalement sur une ligne qui n'est pas extrêmement éloignée de la vôtre.

J'ai entendu qu'il réécusait le terme de submersion migratoire. Tout à fait. Il dit « on ne peut pas utiliser le terme de submersion migratoire ».

La seule question qui vaille, c'est le respect des valeurs de la République. Oui, voilà, tout ça, ça ne veut rien dire. Quand on ne voit pas les vrais problèmes, quand on refuse de les nommer, quand on refuse de nommer le mal, c'est qu'on aura quelque part une difficulté à le combat.

Mais ça veut dire que c'est quoi le problème pour vous ? C'est la couleur de peau ou c'est le respect des valeurs ? Quand on commence par la frilosité sémantique, on ne peut pas avoir de l'efficacité programmatique.

Naturellement, la difficulté, c'est aujourd'hui qu'il y ait 530 000 personnes en situation légale. Quand il dit « l'important, c'est le respect des valeurs de la République », vous ne signez pas ? Bien sûr, mais qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça fait des années qu'on nous dit le respect des valeurs de la République, bien sûr. Mais est-ce que violer les lois de la République en franchissant des frontières illégalement, c'est respecter les valeurs de la République ? Est-ce que commettre des délits et des crimes quand on est étranger, c'est respecter les valeurs de la République ?

Donc une fois qu'on a dit ça, qu'est-ce qu'on fait ? On expulse ou on n'expulse pas les délinquants ? On les renvoie chez eux ?

Mais vous pourriez, vous ? On arrête de donner des...

Moi, si j'étais aujourd'hui...

Regardez Bruno Retailleau qui était dans le même état d'esprit que vous là-dessus. Mais quand il parle de ce qu'il s'est passé, par exemple, à Mulhouse, et qu'il dit au fond, nous n'avions pas les laissé passer donnés par les pays d'origine, vous ne pourriez pas faire mieux ? Vous vous rappelez que le terroriste de Mulhouse était un Algérien qui avait bénéficié de plusieurs OQTF et qui n'avait pas été expulsé parce que l'Algérie a refusé de le récupérer.

Mais l'Algérie ne l'aurait pas accepté pour vous alors qu'elle ne l'a pas accepté pour lui. Mais bien sûr, nous, ce que nous ferions si nous étions au pouvoir avec Jordan Bardella, c'est que si l'Algérie ne reprend pas ses délinquants, ses criminels et ses étrangers illégaux, nous coupons immédiatement tous les visas. Regardez ce qui s'est passé.

Il y a 15 jours, c'était ahurissant. Le ministère des Affaires étrangères, M. Barrault, qui est toujours ministre, se réjouit qu'on ait donné 1000 visas étudiants de plus à l'Algérie. 8 941 et ils disent « Coucou Rico, on en a donné 1000 de plus que l'année dernière ».

Mais on croit rêver. C'est ça la fermeté ? Eh bien, nous, si on était au pouvoir, je peux vous le garantir.

Les yeux dans les yeux, il n'y aurait plus de visa si on n'a pas de réciprocité. Et il faut le faire partout pareil. Regardez ce que fait Trump quand on le défie.

Eh bien, c'est un rapport de force, la diplomatie. Ce n'est pas de la soumission. Et c'est comme ça qu'il faut gouverner le pays.

Merci Eric Ciotti, président de l'UDR et député des Alpes-Maritimes, d'avoir répondu à mes questions. On l'a bien compris. Vous voterez la censure et vous espérez convaincre une partie des Républicains de vous rejoindre.

Il est 8h47 sur AMC BFM TV.