Gabriel Attal sur le déconfinement "progressif" : "Il n'y aura pas de grand soir des réouvertures"
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Bonjour, bonjour et merci d'être fidèle à Question Politique, le rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Une émission au terme d'une semaine d'épreuves. Hier, le président de la République se rendait auprès de la famille de la fonctionnaire de police du commissariat de Rambouillet. Cette femme tuée de plusieurs coups de couteau, un acte terroriste, encore un, commis par un homme passé sous les radars des services. Aujourd'hui, le ministre de l'Intérieur précise les contours d'un nouveau texte de loi antiterroriste dans la presse.
L'opposition, les Républicains, le Rassemblement National dénoncent une action, l'incompétence de l'exécutif pour lutter contre le terrorisme islamiste. En direct avec nous jusqu'à 13h pour nous expliquer le combat qu'il mène. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, il répondra aussi à nos questions sur la crise sanitaire, évidemment, et les modalités et le calendrier d'un retour à la vie normale pour intervenir le hashtag QuestionPol ou l'application mobile France Inter. France Inter, questions politiques, Alibadou. Bonjour Gabriel Attal. Bonjour. Et bienvenue, merci d'être avec nous pour vous interroger l'équipe de questions politiques.
Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions, bonjour Nathalie. Bonjour Ali, bonjour à tous. Françoise Fressoz du journal Le Monde, bonjour Françoise. Bonjour Ali, bonjour à tous. Et Laurence Perron de France Inter, bonjour Laurence. Bonjour. Le procureur du Parc national antiterroriste vient de tenir une conférence de presse. Elle s'est achevée il y a quelques minutes, Gabriel Attal. On en sait un peu plus sur le profil de ce terroriste de Rambouillet. Reste malgré tout des questions et notamment une grande question. Comment cet homme a-t-il pu passer sous les radars des services ? Un de plus, un autre terroriste qui n'a pas pu être repéré à temps avant son passage à l'acte.
Et comment a-t-il pu être régularisé en France ?
D'abord, moi je veux dire que ce qui s'est passé à Rambouillet est absolument ignoble et bouleversant pour tous les Français. Et je veux dire mes pensées pour la famille de la victime et pour l'ensemble des forces de l'ordre qui sont évidemment elles aussi bouleversées. C'est un nouvel acte terroriste dans notre pays qui fait suite à d'autres qui ont eu lieu et qui fait suite aussi et qui se fait dans un contexte de mobilisation absolue de nos services pour déjouer les projets d'attentats et pour lutter contre celles et ceux qui ont ce projet de s'en prendre aux valeurs de la République, aux femmes et aux hommes qui incarnent la République.
Mais encore un homme qui est passé sous les radars, je le disais, des services ?
Il y a une enquête qui est en cours. Ce qui est certain, c'est que ce qu'on constate, c'est qu'on a aujourd'hui à faire face à un phénomène où, à côté des grands projets d'attentats qu'on a connus, qui étaient organisés, bien souvent pilotés depuis l'étranger, qui mobilisaient plusieurs personnes, on a un phénomène avec ce qu'on appelle parfois des loups solitaires, en tout cas des individus qui se radicalisent souvent en entrée de temps et souvent via les réseaux sociaux, via Internet, et qui passent à l'acte de manière isolée des individus qui, parfois, étaient en dehors de tout radar des services de renseignement.
Et donc, évidemment, ça veut dire qu'il faut continuer à renforcer notre arsenal, à être plus efficace. C'est l'objet de notre action au quotidien. Moi, je veux saluer. On ne le fait pas souvent parce que...
On n'est pas impuissant, on n'est pas impuissant, Gabriel Attal, face à ce type de terroriste-là ?
Ce qui est certain, c'est que c'est un type de terroriste qui est beaucoup plus difficile à appréhender. Mais moi, ce que je veux dire, c'est qu'on a des services de renseignement, des policiers qui agissent dans l'ombre et qui font un travail exceptionnel. C'est très difficile de parler de ce qu'ils font parce que, par définition, ça nécessite une confidentialité pour être efficace. Mais je vais vous donner un chiffre. Depuis 2017, ces 36 projets d'attentats qui ont été déjoués par nos services, c'est un projet toutes les 6 semaines. Ce sont autant de projets qui, s'ils avaient abouti, auraient coûté la mort à nos concitoyens. Et donc, je veux aussi saluer cette action-là.
Évidemment, il faut qu'on continue à resserrer les mailles du filet. C'est l'objet, notamment, du texte qui va être présenté mercredi prochain en Conseil des ministres.
Juste une question. Un certain nombre de leaders de l'opposition, de Marine Le Pen à Valérie Pécresse, qui en général est plus mesurée, y compris ce matin, dit carrément qu'il y a un lien entre l'immigration et le terrorisme et qu'il faut faire ce lien et donc prendre un certain nombre d'usures. Je rappelle que l'agresseur était tunisien et avait obtenu l'autorisation de travailler en France.
Gabriel Attal.
C'est un fait que l'agresseur est issu de l'immigration, qu'il est entré dans notre pays clandestinement et qu'il a été régularisé. Moi, ce que je refuserais toujours, c'est de tirer un trait entre immigration et terrorisme. Je vois très bien que certains ont ce projet politique-là. Mais c'est plus que un projet, c'est-à-dire que c'est carrément dit. Que c'est un discours qui consiste à dire qu'immigrer égale terrorisme. Je refuserais toujours ce discours-là, qui vise à dresser les gens les uns contre les autres, qui vise à attiser la haine dans notre pays et qui, au final, ne sert pas l'intérêt et la protection des Français et ne sert pas la République.
Mais est-ce que vous n'êtes pas du coup accusé d'un certain angélisme sur cette question de l'immigration ? Je ne crois pas. On a toujours dit les choses extrêmement clairement. Si on prend le sujet de l'immigration, je parle là de l'immigration, On a voté une loi, les parlementaires ont voté un projet de loi que le gouvernement a présenté en 2018 sur l'asile et l'immigration, qui vise précisément à faire respecter nos règles. C'est-à-dire que celles et ceux qui n'ont pas vocation à rester dans notre pays doivent être reconduits à la frontière.
Et ceux qui ont vocation parce qu'ils sont réfugiés, parce qu'ils peuvent être réfugiés, parce qu'ils sont persécutés dans leur pays, doivent être non seulement accueillis, mais intégrés. C'est ça le cœur de cette loi. Et toute la mobilisation qui est la nôtre en ce moment, c'est que cette loi soit appliquée avec des résultats, avec une augmentation de 20% entre 2018 et 2019, des reconduites à la frontière. Mais je vous parle ici du sujet de l'immigration.
Et on va parler évidemment du terrorisme pour le coup.
Alors il y a ceux qui, à droite, vous taxent d'angélisme ou de naïveté. Et à gauche, ceux qui vous reprochent de ne pas avoir assez fait pour les policiers, notamment la police de proximité. C'est vrai que c'est la 17e fois qu'un policier est attaqué. Est-ce que le fait que la police soit prise pour cible vous interroge aussi ?
On est en démocratie. J'entends toutes les critiques, les contestations politiques. Elles sont évidemment normales et légitimes. Mais entendre des leçons sur la protection des policiers, de la part de personnalités politiques, qui quand on a présenté le projet de loi de finances qui a permis de recruter 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires, ne l'ont pas voté. Qui quand on a mis en place des mesures qui nous ont permis de renouveler le parc automobile des policiers, de renforcer la protection des commissariats, ne nous ont pas soutenus. A qui vous faites allusion ?
On constate qu'à l'Assemblée nationale, les oppositions sont rarement en soutien des projets du gouvernement, quels qu'ils soient, y compris quand c'est des projets aussi centraux que ceux-là. Donc moi j'entends les critiques, et on peut toujours s'améliorer. Mais que celles et ceux qui critiquent reconnaissent aussi qu'on a pris un certain nombre de mesures pour renforcer la protection de nos forces de l'ordre, que bien souvent ils n'ont pas été au rendez-vous pour les soutenir, et donc ça appelle je crois un peu d'humilité.
Alors justement, parlons de l'efficacité de l'action antiterroriste. Gérald Darmanin, dans le journal du dimanche, précise aujourd'hui les contours d'une loi qui était déjà en préparation avant cet acte terroriste. Et voici ce qu'il dit, la loi doit nous permettre d'être plus efficace en nous renforçant sur le terrain de la technologie qu'utilisent les terroristes. Il faudra donc actualiser, pérenniser le recours aux algorithmes, c'est-à-dire le traitement automatisé des données de connexion par la DGSI. Comment est-ce que ça va se traduire dans les faits ?
Est-ce que les mécanismes de surveillance vont se limiter à ce qu'un terroriste ou quelqu'un qui envisage de passer à l'action fait sur les réseaux sociaux de manière publique ou est-ce que ça peut aller jusqu'à ces correspondances privées par exemple ?
Gérald Darmanin aura l'occasion de présenter le projet de loi mercredi et de revenir en détail sur ces mesures. Moi ce que je veux dire c'est qu'effectivement c'est un projet de loi qui a été préparé depuis plusieurs semaines, plusieurs mois. Parce que vous vous souvenez qu'en 2015, l'état d'urgence avait été décrété suite aux attentats de 2015 et que quand Emmanuel Macron a été élu, il a dit, et je pense à raison, qu'on ne pouvait pas vivre en permanence en état d'urgence et que donc il fallait adapter notre droit pour permettre de protéger plus efficacement les Français tout en sortant de l'état d'urgence.
C'est ce qui a été fait avec la loi Sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme en 2017.
Avec des dispositions qui ont été intégrées dans le droit ordinaire.
Dans le droit commun, notamment des mesures de surveillance administrative pour des personnes radicalisées, notamment la possibilité de fermer des lieux de culte où on prêche la haine. Ces mesures ont été mises en place. Un certain nombre de ces mesures ont été mises en place de manière temporaire et doivent s'achever à l'été. Et donc effectivement il y a un projet de loi qui vise à pérenniser un certain nombre de ces mesures, mais aussi à enrichir notre législation. Ça sera présenté mercredi.
Mais ce qu'a dit Gérald Darmanin, c'est qu'on a aujourd'hui une possibilité technologique à travers ce qu'on appelle les données de connexion, c'est-à-dire notamment les sites internet auxquels vous vous connectez, s'il y a des sites de propagande djihadistes qui appellent à connaître des attentats, potentiellement des messages que vous pouvez poster sur les réseaux sociaux. Il faut que nos services de renseignement aient la possibilité, via des algorithmes, de repérer une menace pour pouvoir mettre en place une surveillance et détecter potentiellement un projet d'attentat. On aura l'occasion de dire très concrètement ce que ça recouvre.
Ce n'est pas moi ici qui vais faire les annonces, mais évidemment...
Non, mais il parle par exemple dans le journal du dimanche, Gérald Darmanin, du profil de l'assassin du professeur Samuel Paty, qui avait notamment utilisé la messagerie d'Instagram, qui est un espace privé sur un réseau social public. C'est justement la très grande difficulté de partager ce qui relève du privé et ce qui relève du public, qui sera scruté non seulement par le Conseil d'État, mais aussi par le Conseil constitutionnel.
Évidemment, parce que c'est ce que j'allais dire, on est dans un État de droit, et donc évidemment, toutes les mesures que l'on prend, elles visent à protéger les Français contre la menace, mais elles se font dans le cadre de l'État de droit.
Est-ce que vous pouvez expliquer très concrètement à quoi serviraient les nouvelles dispositions votées ? Comment ça fonctionnerait et à quoi ça servirait ?
Ce que je vous dis, et j'entends les demandes et les questions qui sont posées, évidemment, c'est que le projet de loi va être présenté mercredi en Conseil des ministres, que Gérald Darmanin aura l'occasion de communiquer sur les mesures très concrètement. Il a une première expression dans le JDD, il ne rentre pas dans le détail, parce qu'il le fera mercredi, et ce n'est pas moi ici qui peux évidemment faire les annonces à sa place.
Non, en revanche, on peut se souvenir de ce qui s'est passé, par exemple, il y a eu la dernière loi antiterroriste, date du 20 août dernier, donc il y en aura de nouveau une, et il y a eu des dispositions que proposait celle qui est la présidente de la Commission des lois, à l'Assemblée, Mme Braun-Pivet, qui ont été censurées par le Conseil constitutionnel, justement parce qu'elle ne respectait pas les droits fondamentaux, c'est une manière de reformuler les choses pour contourner ce que pourrait censurer le Conseil constitutionnel ?
C'est une manière, effectivement, de tirer la conséquence de cette censure, et de faire en sorte que nous puissions être plus efficaces dans le suivi des personnes radicalisées, des personnes terroristes, lorsqu'elles sortent de prison. Il y a notamment, et il l'a annoncé dans le journal du dimanche, la volonté de pouvoir prendre des mesures individuelles de contrôle administratif sur ces personnes, dans un délai de deux ans après leur sortie de prison,
au lieu d'un an comme c'est prévu. Et il y aura aussi la question des visites domiciliaires, et là, pour le coup, c'est aussi une question qui pose problème, apparemment, au Conseil d'État.
Pour reprendre la question de Laurence et de Françoise, il n'y a pas un double angélisme. Pour revenir sur cette histoire de proposition de loi de Mme Braun-Pivet, c'est une évidence que quand quelqu'un s'est radicalisé en prison, il faut pouvoir le tenir à l'œil. Est-ce que vous ne trouvez pas que le Conseil d'État, parfois, ou le Conseil constitutionnel, sont des entraves à finalement pouvoir lutter contre le terrorisme ?
Je pense qu'on a un cadre d'État de droit et des institutions qui sont là pour garantir qu'on respecte la Constitution, les libertés des Français. Et je pense qu'on est capable, en politique, de trouver des dispositions qui nous permettent d'être efficaces tout en respectant ce qui nous est demandé par nos institutions. Je ne remets pas en cause des décisions, elles sont prises par le Conseil constitutionnel, en l'occurrence. Ça nous impose de trouver les moyens d'avoir un degré d'efficacité suffisant pour protéger les Français. Et c'est ce que nous faisons avec ce texte, et c'est ce qui sera annoncé par Gérald Darmanin.
Ce que vous décrivez, ce sont quand même des textes qui doivent être pris dans la dentelle, sur des situations très compliquées, puisque, comme vous dites, on a souvent affaire à des loups solitaires. Et on a l'impression qu'en matière de lutte contre le terrorisme, c'est quand même un certain consensus qui devrait primer. Or, depuis deux jours, on voit une surenchère, notamment à droite, à l'extrême droite, sans doute liée à la campagne électorale. Comment vous interprétez ça ? Et est-ce qu'au fond, ça ne rend pas inopérant tout ce que vous pouvez aujourd'hui annoncer, parce qu'il y a une polarisation de l'opinion assez forte ?
Gabriel Attal.
Moi, je dois dire que je suis sidéré par certaines interventions, qu'on a entendues à peine deux heures après que l'attaque ait été commise. C'est-à-dire qu'il y a encore une intervention sur la scène de crime. Parfois, quand les familles ne sont même pas encore informées.
Vous appelez les vautours en disant que ça...
Oui, il y a des réflexes que j'ai qualifiés de vautours. Marine Le Pen, par exemple. Attends, même pas deux heures pour aller sur les plateaux de télévision, pour tweeter pendant qu'il y a encore une intervention sur la scène de crime, pendant qu'on ne sait même pas encore si les familles ont été prévenues ou pas. Tout de suite, aller dans les médias, se répandre pour intervenir. Moi, je...
Vous parlez de Marine Le Pen ?
Oui, notamment. Je ne trouve pas ça décent. Je ne trouve pas ça décent. Et sur le fond, j'entends des interventions politiques, notamment à droite, chez les Républicains. Des personnes, là aussi, qui se précipitent dans les médias pour expliquer, finalement, que c'est de la faute du gouvernement. Si nous, on avait été aux responsabilités, on aurait fait différemment. C'est souvent les mêmes, c'est toujours les mêmes. Et on a entendu des interventions, de M. Ciotti, notamment, qui intervient souvent. Je veux dire, je... Je considère qu'on ne peut pas faire de la politique politicienne avec de tels drames.
C'est comme si moi, en tant que porte-parole du gouvernement, j'étais devant vous, aujourd'hui, à vous expliquer que cet attentat serait la responsabilité des Républicains parce que l'individu en question est entré clandestinement sur le sol français en 2009 quand ils étaient aux responsabilités. Ou que c'était la responsabilité de la gauche parce qu'il est resté clandestinement sur notre sol pendant qu'ils étaient aux responsabilités. Évidemment que je ne ferai jamais ça. Évidemment que ma conviction, c'est que toutes les majorités qui se sont succédées, et j'espère qu'ils se succéderont, elles auront toujours le même objectif qui est celui de protéger les Français contre le terrorisme.
S'il y a un enjeu qui peut et qui doit nous rassembler et rassembler très largement politiquement, c'est celui-là. Après, il peut y avoir un débat sur les moyens qui sont mis en œuvre. Et moi, je vous le dis, je considère que cette majorité, ce gouvernement, n'a pas à rougir des moyens qui sont mis en œuvre. On a créé 1700 postes de plus pour nos services de renseignement. Le budget a été doublé. On a mis en place une coordination pour que les services travaillent mieux ensemble. Je vous redis ce que je disais tout à l'heure. 36 projets d'attentat. On ne parle pas de volonté individuelle d'attentat.
On parle de projets qui étaient en cours pour réaliser des attaques parfois d'ampleur sur notre sol, qui ont été déjouées toutes les six semaines. Il y a ce travail extraordinaire. Malheureusement, on a des drames qui surviennent encore dans notre pays. Et celui-ci en est un absolument bouleversant. Et ça doit évidemment toujours nous interroger sur la manière d'être plus efficace. Et c'est ce qu'on fait. Mais je pense que ça doit se faire dans un cadre digne démocratiquement.
Laurence Perron.
Une double question. Comme vous le dites, on est face à un loup solitaire ou face à un kamikaze. D'une certaine manière, on est face à un commissariat qui était neuf avec un sas de sécurité. Donc, il y avait toutes les procédures pour que cet acte n'intervienne pas. On est a priori, l'enquête le dira, mais pas face à quelqu'un qui était dans un grand réseau. Comment on peut, même avec toutes les lois antiterroristes du monde, empêcher ça ? C'est la première question. Et la deuxième, je voulais revenir sur les policiers pris pour cible. Le président de la République, la semaine dernière encore, dit je veux du bleu partout.
Je veux absolument qu'on fasse attention aux policiers et on va d'ailleurs créer des postes de police. Et de facto, ils sont pris pour cible.
Oui, les policiers se sont pris pour cible dans notre pays. Ils le sont aussi à travers... Et pas que par le terrorisme, d'ailleurs. C'est ce que j'allais dire, à travers la délinquance du quotidien. C'est pour ça qu'on renforce les moyens pour leur permettre d'être protégés.
Quand on renforce leurs moyens concrets, matériels, je vous parlais tout à l'heure, ça peut paraître anecdotique pour certains, mais quand on dit qu'on va renouveler la moitié du parc automobile des policiers sur ce quinquennat, alors qu'en moyenne, avant, c'était 9 ans pour renouveler une voiture, quand vous êtes un policier qui est pris pour cible, que vous rentrez dans votre voiture et qu'elle ne démarre pas, vous pouvez difficilement vous protéger.
Quand on renforce leurs moyens aussi, matériels, très concrets, de protection, quand on renforce la sécurité des commissariats dans le plan de relance, on met plusieurs milliards d'euros pour la rénovation des bâtiments et notamment des commissariats. Quand on fait dans la proposition de loi sécurité globale la fin des réductions automatiques de peine pour celles et ceux qui s'en prennent à nos policiers, là, c'est une mesure pénale. C'est du concret pour les protéger.
Mais retisser le lien avec la population et faire en sorte, justement, qu'il ne soit plus des cibles.
Évidemment que c'est aussi un enjeu. C'est notamment l'enjeu du Beauvau de la sécurité qui est actuellement piloté par Gérald Darmanin qui travaille sur différents chantiers dont celui-là, du lien police-population.
Nathalie Saint-Cricain.
Le chef de l'État s'est prononcé en faveur d'une modification de la loi afin que la personne qui a tué Sarah Halimi puisse être éventuellement jugée et non pas déclarée responsable. Je voudrais savoir quelles pourraient être les modifications justement permettant que ce jugement ait lieu et non pas que dès lors qu'on avait pris du cannabis, on considère qu'on est finalement irresponsable.
Gabriel Attal. Il faut parler des faits. Une femme qui a été tuée parce que juive, après avoir été rouée de coup pendant 20 minutes, est défenestrée. Un auteur de ce crime odieux qui, c'est les experts qui l'ont dit, était dans une bouffée délirante aiguë. Il n'y a pas les mêmes visions des experts. Il y a deux types d'experts. Du fait de la consommation de cannabis, ce crime ne fera pas l'objet d'un procès parce qu'en raison de cette bouffée délirante aiguë, l'auteur a été déclaré irresponsable par la Cour de cassation et avec une explication de Molins sur cette décision.
Ce que nous disons, c'est qu'il y a un débat à avoir et il faut adapter la loi pour que l'irresponsabilité du fait de la prise volontaire de stupéfiants, ça pourrait être d'ailleurs aussi l'alcool, n'entraîne pas une déclaration d'irresponsabilité pénale. Et sur ce point-là, je vous renvoie à ce qu'a dit l'avocate générale de la Cour de cassation. La Cour de cassation elle-même, dans ses commentaires sur la décision, dit que la loi est ambiguë aujourd'hui, que la loi ne précise pas que l'irresponsabilité pénale ne peut pas être déclarée quand elle est, entre guillemets, du fait de la personne qui s'est mise elle-même dans un état d'être irresponsable.
Mais est-ce que vous entendez ce que dit le procureur général près de la Cour de cassation, François Molins, lorsqu'il dit que rien ne permet d'affirmer que la justice serait laxiste et qu'en l'occurrence, en aucun cas la justice ne délivre un permis de tuer, comme on l'a beaucoup entendu ces derniers temps. Est-ce qu'il n'y a pas justement à clarifier les choses et est-ce que c'est possible pour un gouvernement dans une situation d'immenses émotions, comme c'est le cas aujourd'hui en France, tout simplement de dire ces paroles-là ?
Je pense qu'il faut être clair et on l'a toujours été, le président de la République l'a été dans son interview, moi-même je l'ai été, j'ai employé cette expression en disant la drogue ne peut pas être un permis de tuer. Et ce que j'ai dit d'ailleurs quand j'ai employé cette expression, c'est que ça n'est pas ici la justice ou la Cour de cassation qui est en cause. La justice, la Cour de cassation, elle dit le droit, elle dit la loi. Donc c'est la loi
qu'il faut changer. Donc il y a un engagement à changer la loi qui est prise en tant que porte-parole du gouvernement,
qui est prise par vous. Oui, le garde des Sceaux fera des annonces sur ce sujet. Il se trouve qu'il y a une mission qui avait été confiée à deux personnalités, deux anciens présidents de la commission des lois de l'Assemblée nationale, M. Rimbourg, M. Houillon, qui travaillent depuis l'an dernier sur cette question de l'irresponsabilité pénale. Et je crois qu'ils doivent rencontrer le garde des Sceaux dans les prochains jours et que le garde des Sceaux aura l'occasion de faire des annonces sur la manière dont la loi pourra évoluer. Françoise Fréceuse.
Une petite précision à propos des drogues et notamment du débat que vous souhaitez ouvrir autour de la consommation du cannabis. Donc il y a un débat public qui va se lancer et en même temps, le président de la République ferme la porte en disant on exclut la dépénalisation. Or peut-être que la dépénalisation peut être un moyen de sortir de la situation actuelle. Pourquoi vous fermez la porte tout de suite ?
Gabriel Attal.
D'abord, c'est toujours bien de débattre et d'échanger.
Et notamment parce que je crois que personne...
Mais pourquoi fixer les termes du débat
avant qu'il se... Parce que d'abord, je crois que personne aujourd'hui ne considère que la situation est acceptable. On est un des pays les plus répressifs et en même temps un des pays où la consommation est la plus importante. C'est bien qu'il y a un problème quelque part.
Que la répression ne fonctionne pas.
C'est qu'il y a un problème quelque part. D'où la question de la dépénalisation peut-être. C'est peut-être aussi qu'il n'y a pas suffisamment de prévention. C'est peut-être aussi qu'on n'en fait pas suffisamment sur ce volet-là. Moi, je vais vous dire. Je constate que la consommation de cannabis, elle est responsable aujourd'hui d'accidents de la route. Elle est responsable parfois de violences. Moi, je connais des personnes, j'ai des amis qui ont consommé très jeune du cannabis, qui en ont consommé beaucoup, qui se sont retrouvés dans des situations pas possibles.
Bien sûr, Gabriel Attal. Mais souvenons-nous, souvenons-nous, c'était dans ce studio en pleine campagne présidentielle. C'était en septembre 2016 et le candidat Emmanuel Macron était à votre place et il disait qu'on voit bien que la légalisation du cannabis a un intérêt et une forme d'efficacité pour lutter contre le financement de réseaux occultes et la délinquance.
Qu'est-ce qui a changé entre les propos du candidat et le discours très ferme aujourd'hui qu'il tient sur la question non pas seulement de la dépénalisation mais de la légalisation du cannabis comme elle peut avoir cours aux Etats-Unis où de plus en plus d'États décident de légaliser le cannabis même dans des Etats républicains ?
D'abord, vous le rappelez Inix Tinsot, il faisait le lien avec le financement de la délinquance. C'est vrai qu'aujourd'hui, on le sait, les trafics de drogue ils alimentent financièrement des réseaux qui sont responsables de délinquance voire de crimes parfois même de terrorisme. Et donc, ce qu'on a fait depuis 2017 c'est qu'on est beaucoup plus efficace dans la lutte contre ces réseaux et contre ces trafiquants. On démantèle un point de deal par jour je crois. On démantèle des réseaux. On a créé un office national de lutte contre la drogue. Donc, on a cette action résolue contre les trafiquants et contre ceux qui financent des réseaux de délinquance à travers l'argent issu des trafics.
Pour ce qui est
de la dépénalisation, justement, il y a des pays qui l'ont expérimenté, des pays européens. Le Portugal, par exemple, depuis 2000, donc on a pu voir ce qui se passait, ça fait plus de 20 ans qu'on ne criminalise plus les gens qui prennent même des drogues dures de l'héroïne, de la cocaïne. Et on a vu qu'aujourd'hui, ils ont des résultats bien meilleurs que les nôtres. Le trafic a baissé, la consommation de toutes les drogues a baissé. C'est-à-dire que, pour vous donner un chiffre, par exemple, qui a été rappelé par le journal du dimanche, les 15-34 ans consomment, ils sont 8% à consommer. En France, les 15-34 ans sont à 22% des consommateurs de drogues.
Je redis ce que je disais tout à l'heure. Dans une situation en France, on a un niveau de consommation important et un cadre répressif aussi très important. Et il y a un vrai débat.
Même chez vous, d'ailleurs. Les jeunes macroniens sont plutôt favorables à cette mesure.
Y compris chez nous. Et je veux dire, y compris les arguments que les uns et les autres ont pu utiliser peuvent être retournés. Je vous disais tout à l'heure qu'il y avait des accidents de la route liés à la consommation de cannabis et donc il est interdit. Il y a aussi des accidents de la route liés à la consommation d'alcool qui n'est pas interdit. Je veux dire, c'est pas un sujet facile. C'est loin d'être un sujet évident. C'est un sujet qui mérite un débat. Ce que je vous dis, c'est qu'aujourd'hui, la position du gouvernement n'est pas d'aller vers une dépénalisation, une légalisation, mais que ça mérite un débat de toute façon parce qu'on doit être plus efficace.
Bientôt midi et demi, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal et l'invité de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. La crise sanitaire est toujours là et nous continuons à être soumis à des mesures de restriction, Gabriel Attal. Quel sentiment ressentez-vous lorsque vous voyez les images de la vie retrouvée à Tel Aviv, par exemple, en Israël, lorsque vous voyez les images des pubs à Londres et de personnes qui sont presque, presque revenus à la vie d'avant ? Vous ne vous dites pas pourquoi pas nous ? Qu'est-ce qu'on n'a pas fait ? Qu'est-ce qu'on a raté pour que nous n'en soyons pas là en France ?
Évidemment, je ne vais pas vous le cacher, je ressens de l'envie. J'aimerais effectivement être à leur place ou qu'on soit dans cette situation de pouvoir rouvrir massivement des lieux en France.
Mais vous n'êtes pas que spectateur, vous êtes aussi responsable politique.
Mais je vais vous dire, tout comme j'étais envieux de voir un certain nombre de pays ces derniers mois qui avaient rouvert des lieux ou qui ne les avaient pas fermés, notamment au mois de décembre, le Portugal, où beaucoup de choses avaient été, beaucoup de lieux avaient été rouverts, les terrasses, les restaurants, etc., qui ont dû être refermés en catastrophe quelques semaines plus tard dans une situation dramatique qu'ils ont vécue.
Ils n'avaient pas été vaccinés.
C'est un virus qui fonctionne par vague. Certes, ils n'avaient pas été vaccinés.
Ce qui est le cas des Israéliens et d'une très grande partie de la population britannique. C'est pour ça qu'on accélère,
qu'on fait au maximum pour être les plus efficaces sur la vaccination. On progresse. On a franchi les 14 millions de personnes qui ont reçu une première injection dans notre pays. C'est beaucoup. On continue à vacciner très rapidement. Je crois que c'est près de 400 000 injections par jour qui sont faites. On tiendra nos objectifs de 20 millions de personnes ayant reçu une première injection à la mi-mai, 30 millions à la mi-juin et tous les Français qui l'auront souhaité à la fin de l'été. Ce qui va nous permettre
progressivement... Juste d'un mot, Gabriel Attal, qu'on comprenne parce que c'est vrai que c'est un objectif et c'est un calendrier qu'avait fixé le Premier ministre Jean Castex. Mais pour le dire très simplement, quand est-ce qu'on pourra retourner comme à Londres, comme en Israël, sur une terrasse, démasquer, retrouver nos amis, nos proches et la vie d'avant ?
Ce qu'a dit le Président de la République dans son allocution du 31 mars, c'est que nous allions progressivement alléger les restrictions qui pèsent aujourd'hui sur les Français et quand je dis aujourd'hui, c'est en réalité depuis de nombreux mois. Ça va se faire progressivement. Demain, les établissements scolaires vont rouvrir. Oui, bien sûr, on va en parler. Mais quand ? A quel horizon ? Ensuite, la semaine suivante, les collèges et les lycées et puis à la mi-mai, on pourra commencer à rouvrir un certain nombre de lieux et le Président de la République a dit notamment certaines terrasses et certains lieux de culture.
Mais à quelle horizon ?
À la mi-mai, certaines terrasses,
certaines lieux de culture. On a entendu ça mais on a entendu après vers la mi-mai et puis après on a entendu si la situation le permet, vous prenez quand même un engagement que ce vers la mi-mai ne devienne pas la fin mai ou le début du début. Encore une fois, le Président de la République a été clair dans son avis là-dessus. Est-ce qu'on devrait avoir
des éléments la semaine prochaine ? Il a semé le trouble sur CBS en donnant une interview et où il disait que les terrasses pourraient rouvrir début mai.
Je crois qu'il a dit que des mesures de restrictions commenceraient à être allégées début mai et c'est notamment le cas des restrictions de déplacement. Aujourd'hui, la limitation à 10 km à côté du domicile et l'attestation. Donc ça va se faire progressivement. Je vais vous dire les choses, je ne vais pas vous mentir, il n'y aura pas de grand soir des réouvertures. Tout ne va pas se faire d'un coup. Ça sera progressif. Mais il y aura quand même un petit peu quelque chose aux alentours du 15 ou du 17. Oui, c'est ce qui a été dit encore une fois par le Président de la République autour de la mi-mai. Nous allons commencer à rouvrir certains lieux mais ça se fera progressivement.
Comment convaincre de vous croire puisque ces calendriers ont été plusieurs fois annoncés et qu'ils n'ont pas été toujours respectés ? Et j'ajoute,
j'ajoute, en fait, on ne comprend pas très bien la stratégie sanitaire parce qu'au fond, les objectifs au fil des mois ont changé. Peut-être parce qu'il y a les nouveaux variants qui compliquent le tout mais du coup, on n'arrive pas à avoir d'horizon et savoir si au fond, votre politique, ce n'est pas une succession de paris qui peuvent réussir mais qui peuvent aussi échouer. Donc ça rend l'avenir très incertain au moment où d'autres pays ouvrent au contraire. Donc comment vous utilisez votre stratégie aujourd'hui ?
Face à une épidémie et un virus nouveau, il y a toujours une part d'incertitude par principe et on l'a vu depuis un an et tous les pays du monde l'ont vu depuis un an. Je vais répondre à la question d'Ali Badou sur des échéances qui avaient été annoncées précédemment et qui n'ont pas été tenues. Pour moi, il y a une vraie différence entre ce qu'on a vécu à l'automne dernier et en décembre dernier et aujourd'hui. À l'automne dernier, quand il y a eu le deuxième confinement, qu'on a annoncé un certain nombre d'échéances souhaitées pour des réouvertures, on n'avait qu'un seul critère, qu'une seule bout de sol qui permettait de se projeter, c'était le nombre de contaminations.
Et c'est très dur, plusieurs semaines, voire plusieurs mois à l'avance, de savoir quel sera le niveau des contaminations. Mais il n'y a pas de vaccin ? Aujourd'hui, on a la vaccination, justement. Et la vaccination, elle nous permet de nous projeter avec davantage d'assurance dans l'avenir puisqu'on sait que chaque personne qui est vaccinée, c'est une personne qui est protégée du risque de faire une forme grave et c'est donc une personne qui est protégée de devoir être hospitalisée et on sait aujourd'hui que notre grand critère, c'est évidemment la saturation de nos services hospitaliers.
Donc quand on sait qu'on va pouvoir vacciner 20 millions de personnes à la mi-mai, 30 millions de personnes à la mi-juin, ça nous permet d'avoir une certaine assurance que la situation épidémique sera protégée grâce à la vaccination, ce qu'on voit d'ailleurs dans les pays qui ont vacciné massivement. Et donc ça permet de se projeter. Mais je le dis, j'entends les doutes qui peuvent exister parce que ces réouvertures, on les a souhaitées, on les a espérées, quand je dis on, c'est y compris le gouvernement, à plusieurs reprises depuis un an.
Mais là, parce qu'on va faire un calendrier progressif, encore une fois, rien ne serait pire de tout rouvrir trop rapidement pour devoir refermer quelques semaines plus tard. Ce qu'on a vu ces dernières semaines en Italie et en Allemagne, où un certain nombre de lieux ont été rouverts très rapidement, parfois massivement, et où ils ont dû refermer quelques jours ou quelques semaines après. Et donc c'est pour ça qu'on va faire un calendrier très progressif.
Et pour répondre sur la question de la stratégie, aujourd'hui, je pense que ce qu'il faut se figurer, c'est que d'un côté les efforts qu'on fait pour réduire nos interactions, pour respecter les gestes barrières, et de l'autre côté la vaccination, le virus il est entre le marteau et l'enclume. Avec ces deux éléments-là, on doit pouvoir contraindre le virus.
Mais en même temps, vous avez des nouveaux variants qui à chaque fois ont prévu le temps. Bien sûr, mais c'est d'ailleurs la raison pour laquelle... C'est plutôt le virus qui continue à n'en faire qu'à sa tête. Et à imposer son calendrier.
Ce qu'on constate ces dernières semaines, c'est que le virus régresse dans notre pays. Trop doucement. Ça va un peu mieux, mais ça ne va pas assez bien pour être serein. Il diminue de l'ordre de 15 à 20 % par semaine, c'est-à-dire à peu près deux fois moins qu'au mois de novembre quand on avait pris des mesures. Et à l'époque, les écoles n'avaient pas été fermées. Pourquoi ? Parce que vous l'avez dit, il y a un variant, le variant britannique, qui est plus contagieux et qui donc rend plus difficile. Mais ça baisse, il faut que ça continue à baisser.
C'est pour ça qu'il ne faut surtout pas baisser la garde et qu'il faut continuer nos efforts encore dans les prochaines semaines pour que cette baisse soit notable et qu'elle nous permette d'être plus serein. Comment réussissez-vous
au fait qu'un certain nombre de personnes ne veulent pas se faire vacciner à la AstraZeneca ou au Janssen parce que c'est moins bien, disent-ils, que le Pfizer ? Est-ce que vous allez faire une campagne massive ? Est-ce que vous allez forcer certaines personnes ? Est-ce qu'on va voir tout le gouvernement se faire vacciner quel que soit leur âge ? Est-ce que vous allez faire quelque chose ? Parce qu'on comptait quand même beaucoup sur ces deux vaccins, notamment pour la période mai. Je crois que c'était 20 % du deuxième trimestre 2021. Qu'est-ce que vous allez faire ?
On compte toujours beaucoup sur ces vaccins. Pour moi, une des premières conditions de la confiance, c'est la transparence. On a toujours été parfaitement transparents sur les données scientifiques dont on dispose et dont on disposait sur ces vaccins. Mais pourquoi ça ne marche pas chez nous ?
En Angleterre, ils ne se demandent pas, ils se font tous vacciner
à la AstraZeneca.
Vous avez raison de le dire. La moitié des vaccinés, oui, en Royaume-Uni, sont vaccinés à la AstraZeneca.
En Angleterre, ont été vaccinés avec AstraZeneca. C'est important de le dire, vous avez raison. Je crois qu'il y a 40 millions de personnes qui ont été vaccinées avec AstraZeneca dans le monde. Alors, pourquoi ça marche pas ? Il y a eu quelques dizaines de cas de trombos.
Parce qu'on a une mauvaise communication du gouvernement. Il y a une espagno-runachée qui dit qu'on va peut-être pouvoir s'en passer après. Ou un manque de confiance de la population à l'égard du gouvernement. Très clairement.
Ce qui est certain, et moi c'est pour ça que je peux entendre qu'il y ait des doutes et qu'il y a en tout cas une confiance à retisser. Parce qu'y compris les avis scientifiques ont pu évoluer. Au départ, on disait que ce vaccin devait être réservé aux plus jeunes. Et puis aujourd'hui, il est réservé aux plus âgés. On a maintenant une littérature scientifique et des autorités sanitaires indépendantes qui se sont succédées et qui garantissent aujourd'hui que pour les plus de 55 ans, ce vaccin AstraZeneca il est sûr et efficace.
Pourquoi Gabriel Attal, pourquoi le commissaire européen Thierry Breton ne renouvellera pas le contrat de l'Union Européenne avec AstraZeneca ?
D'abord, je ne suis pas sûr qu'il y ait des annonces définitives qui ont été faites sur ce sujet-là. Il y a des discussions sur les contrats pour les années, je crois, 2022, 2023, 2024. Et ce n'est pas moi qui mène ces négociations-là. Je pense que la commission aura à s'exprimer ou ma collègue Agnès Pannier-Runacher. Mais je comprenais du coup que ça met les citoyens
dans une position de doute et de suspicion.
Je l'entends, mais dans les réflexions, il me semble que dans les critères qui sont gardés, il y a notamment la capacité des laboratoires à tenir leurs engagements. On ne peut pas dire qu'en termes de livraison, le laboratoire AstraZeneca a été au rendez-vous parfaitement de ses engagements ces derniers mois. Il y a d'autres laboratoires qui ont eu des problèmes de livraison. Ils les ont toujours rattrapés, notamment le laboratoire Pfizer. Il a toujours compensé les retards de livraison.
Et deuxième chose, on sait que dans les commandes qu'on fait, dans les contrats qu'on conclut pour les années qui viennent, il y a notamment la possibilité d'avoir des vaccins qu'on peut rapidement adapter, notamment aux variants ou à des nouvelles souches du virus, et que peut-être que la technologie ARN messager le rend plus facile. Pour que les gens puissent s'en vacciner,
pourquoi on n'envisage pas ce que certaines personnes disent de faire sauter la priorisation et de dire si on a des gens dans la rue, des jeunes, des vieux, qui veulent se faire vacciner, y compris avec AstraZeneca, qui veulent prendre le risque, pourquoi ne pas
les laisser le faire ? Parce que si on veut vacciner des plus jeunes aujourd'hui, on doit le faire avec des vaccins Pfizer, Moderna qui eux n'ont pas de limitation d'âge.
On a des doses d'AstraZeneca qui vont dormir.
J'entends Nathalie Saint-Cricq, mais vous ne pouvez pas d'un côté me dire qu'il y a un problème de défiance ou un manque de confiance des Français vis-à-vis de ce vaccin et en même temps ne pas respecter ce que sont les recommandations des autorités sanitaires indépendantes qui nous disent qu'il faut réserver ce vaccin aux plus de 55 ans, que c'est un vaccin sûr et efficace pour les plus de 55 ans. Olivier Véran a donné une image que j'ai trouvée assez parlante. Il a dit vous avez 50 fois plus de risque de faire une thrombose quand vous prenez l'avion pour aller à New York en vous faisant vacciner avec AstraZeneca.
J'entendais un médecin je crois anglais qui disait quand vous allez vous faire vacciner avec AstraZeneca le plus grand risque que vous prenez c'est de prendre votre voiture pour aller vous faire vacciner. Voilà c'est important de dire tout ça aussi.
Vous savez que ça n'empêchera pas les gens d'avoir peur en montant dans un avion même si on sait qu'il y a moins de risques que l'avion s'écrase que quand on prend la voiture.
Dans un autre élément de la confiance je pense que c'est important de dire aussi qu'il y a beaucoup de Français qui se font vacciner avec AstraZeneca. Je crois qu'on est entre 40 000 75 000 personnes par jour. Il me semble que en tout cas la semaine dernière c'est l'information que nous avait donnée Olivier Véran on avait consommé 75% des livraisons d'AstraZeneca qu'on avait reçues donc il y a aussi beaucoup de Français et moi je crois aussi beaucoup à la valeur de l'exemple y compris au niveau individuel.
Je pense que moi je rencontre des Français qui me disent j'étais pas totalement confiant et puis ma soeur mon ami s'est fait vacciner avec AstraZeneca je vois que ça s'est bien passé j'y vais je vais me faire vacciner avec AstraZeneca.
Et Tony Blair au micro de France Inter demandait à Boris Johnson de rendre publiques les données sur le vaccin d'avoir une politique beaucoup plus transparente pour justement pouvoir convaincre le public de ne pas rejeter d'emblée le vaccin AstraZeneca.
Deux questions très concrètes qu'est-ce que deviennent les doses d'AstraZeneca quand les Français ne veulent pas se faire vacciner avec est-ce que vous les jetez qu'est-ce que ça devient ?
D'abord évidemment les doses elles sont conservées autant que possible il y a des possibilités de conservation puis je vous disais tout à l'heure que les doses elles sont massivement consommées on a un fonctionnement en France une organisation qui fait qu'on vaccine à flux tendu à chaque fois qu'un stock de doses arrive au niveau et livré par les laboratoires au niveau national il est immédiatement réparti partout sur le territoire soit dans les 1700 centres de vaccination qui sont mis en place soit chez les pharmaciens les médecins les infirmiers
on ne les jette pas parce que les Français n'en veulent pas évidemment
la demande qui est faite c'est de toujours d'ailleurs on a tous des exemples autour de nous je pense de médecins parfois ou de pharmaciens ou même parfois de centres de vaccination qui disent voilà à la fin de la journée il nous reste des doses on passe des coups de fil on propose à des personnes qui sont dans la cible de se faire vacciner mais on a aussi vu
le vaccinodrome de Nice le week-end dernier avec des milliers de personnes qui n'ont pas voulu se faire vacciner avec ce produit-là en particulier là pour le coup on se demande oui
spécifiquement c'est le week-end dernier vous le savez on a mis en place des créneaux de vaccination pour des publics prioritaires et des personnes qui ont des professions plus exposées notamment la semaine dernière les enseignants et les forces de l'ordre ça a été mis en place rapidement je pense qu'il n'y a pas eu beaucoup de communication autour de cette initiative d'ailleurs il n'y a pas qu'à Nice que les créneaux n'ont pas été n'ont pas trouvé preneur on va dire je pense que là ce week-end il y a davantage de personnes qui y vont je n'ai pas encore les chiffres évidemment on verra à l'issue du week-end on a aussi élargi les professions qui peuvent avoir droit à la vaccination de manière prioritaire dans ces centres aux personnes qui sont exposées par exemple les chauffeurs les salariés des abattoirs
deuxième question vous envisagez une campagne de communication pour accélérer la vaccination est-ce que vous la lancez comment elle va être voilà comment elle va être incarnée c'était la question Nathalie Saint-Cin désolé aussi de ne pas avoir répondu
tout à l'heure donc il y a ce que je disais tout à l'heure sur la transparence puis il y a effectivement le fait d'avoir des exemples de personnes
aux Etats-Unis on a vu tous les présidents vivants se faire vacciner
mais en France vous avez vu Jean Castex qui s'est vacciné avec AstraZeneca devant les caméras
et alors Sheila la question est ça non mais il n'y a pas eu
que Jean Castex il y a eu aussi Sophie Cluzel ma collègue secrétaire d'Etat aux personnes handicapées qui l'a fait cette semaine il y a eu Jean-Michel Blanquer qui l'a fait hier aussi moi je crois beaucoup aussi mais est-ce que vous lancez
un appel aux deep people
que ce soit je ne sais pas quoi non mais il y avait Sheila qui avait été lancé qui a connu il y a eu une rumeur dans la presse et voilà elle n'a pas été contactée elle est d'ailleurs déjà vaccinée c'est elle qui l'a dit hier soir dans une émission de télévision sur France 2 donc ce n'est pas une révélation que je fais ici
mais elle a été indignée que Jean Castex ait pu évoquer son nom de personnes
à mettre en avant elle l'a dit d'ailleurs hier soir elle a été médusée par la rumeur qui s'est répandue dans la presse Jean Castex n'a jamais fait de déclaration en disant je demande à Sheila de se faire vacciner ou Sheila va se faire vacciner il y a des articles de presse qui ont évoqué cette piste là et puis il y a eu une forme d'emballement autour de ça mais évidemment vous savez moi mercredi j'ai été interrogé à l'issue du conseil des ministres dans mon point presse hebdomadaire on m'a demandé des noms de personnalités qui pourraient se faire vacciner et j'ai dit je ne vais pas vous donner de noms parce que ce n'est évidemment pas à moi ou au gouvernement d'annoncer le nom de personnes qui vont se faire vacciner
mais il y aurait une campagne de pub vous avez un slogan ?
en tout cas ce que je peux vous dire c'est que
ça veut dire que oui et ce que je peux vous dire c'est que quel est le slogan retenu justement pour lancer cette campagne ? ce que je peux vous dire
c'est qu'on travaille effectivement à améliorer encore la communication autour de la vaccination et autour du vaccin Gabriel Attal je n'ai pas de slogan à annoncer ce matin mais je vais vous dire au-delà des slogans moi je pense que c'est important oui c'est important pour mobiliser mais je vais vous dire les français ils sont intelligents c'est pas un slogan qui va les convaincre de se faire vacciner c'est la transparence sur toutes les informations dont on dispose et c'est je crois aussi la valeur de l'exemple
je ne le connais pas
donc je ne peux pas vous répondre et vous auriez une idée si vous deviez en proposer un ? moi je trouve que les images comme celles qu'a donnée Olivier Véran dont je vous parlais tout à l'heure sont assez parlantes voilà donc il faut voir
parce que c'est Olivier Véran ?
non parce que c'est aussi des médecins qui les utilisent régulièrement
on sait aujourd'hui qu'il faudrait que plus de 90% de la population adulte soit vaccinée pour qu'on ait une chance de se débarrasser du virus et de revivre normalement le sujet aujourd'hui il est tabou mais est-ce qu'à un moment ne se posera pas la question de la vaccination obligatoire ?
d'abord ce qu'il faut effectivement c'est qu'il y ait un consensus scientifique qui s'établisse autour de la part de la population qu'il convient d'avoir protégée immunisée pour mettre le virus derrière nous c'est vrai qu'au départ on entendait 60% 70% et aujourd'hui on entend certains exprimer les chiffres que vous évoquez donc nécessairement le débat il existe il existera d'ailleurs partout dans le monde et donc voilà mais la priorité aujourd'hui je le dis c'est de permettre à tous ceux qui veulent se faire vacciner de se faire vacciner et aujourd'hui vous avez quand même
beaucoup de français à ceux qui ont plus de 55 ans
oui non mais je vous dis notre priorité aujourd'hui jusqu'à l'été quand vous dites tout le monde
ça exclut quand même beaucoup de personnes
mais c'est pour ça je vous dis la priorité c'est de permettre à ceux qui veulent se faire vacciner de se faire vacciner aujourd'hui on doit limiter à certaines catégories d'âge et certaines pathologies parce qu'on n'a pas suffisamment de doses mais en France comme partout dans le monde pour ouvrir la vaccination à tous mais ça va se faire progressivement par étapes le Premier ministre et le Président ont annoncé les étapes et c'est ça la grande priorité aujourd'hui
rentrée scolaire demain Gabriel Attal en tout cas pour les plus petits dans les écoles il y a eu la question des cantines qui a été posée comme si c'était un espace au sein des établissements scolaires qu'il était impossible de sanctuariser ou en tout cas un espace où il était extrêmement difficile de respecter les mesures sanitaires et les règles de précaution c'est un risque que vous prenez malgré tout
c'est un risque qu'on peut limiter la cantine c'est effectivement un endroit où par définition on enlève son masque pour manger où il peut y avoir du brassage donc c'est un endroit effectivement un moment le moment de la prise de repas à l'école est un moment plus à risque et donc on cherche à limiter les risques il y a un protocole sanitaire je me suis rendu vendredi dans une école primaire justement une école élémentaire pour aller regarder la manière dont ça se fait moi je veux vraiment saluer le travail de la communauté éducative des enseignants des personnels administratifs des établissements parce que honnêtement c'est un travail titanesque en l'occurrence dans l'école où je me suis rendu il y a un plan de table qui est fait sur chaque table avec le nom des enfants qui déjeunent toujours à côté du même élève il y a une distance qui est très importante entre les élèves il y a et ils ne vont pas jouer
avec la nourriture
il y a une organisation qui se fait dans quel monde
existent ces enfants qui ne jouent pas avec la nourriture à la cantine
je ne sais pas s'ils ne jouent pas avec la nourriture en tout cas je peux vous dire qu'il y a vraiment une grande mobilisation pour éviter le brassage pour aérer aussi parce que c'est très important Jean-Michel Blancard a eu l'occasion de dire que si des familles ont la possibilité de faire déjeuner leurs enfants à la maison c'est bien qu'elles le fassent parce que ça permet qu'il y ait moins de monde dans les cantines évidemment ce n'est pas une obligation il faudra toujours que la cantine soit ouverte pour les enfants qui en ont besoin mais voilà on met beaucoup de moyens pour limiter les risques au maximum
Alors parmi les grandes victimes
de la Covid il y a notamment la culture le secteur culturel il y a 100 théâtres enfin plus de 100 théâtres une centaine de théâtres qui sont occupés depuis le 6 mars des intermittents du spectacle qui s'inquiètent aussi pour leur statut avec l'arrivée de la future réforme de l'assurance chômage est-ce que cette assurance chômage cette réforme est toujours sur le métier de cette façon là est-ce qu'il y a peut-être une sortie de crise pour la culture à moyenne échéance
c'est deux sujets différents
c'est bien deux sujets différents mais c'est les deux qui les animent
il y a la réforme de l'assurance chômage on peut avoir des débats politiques sur cette réforme il y a la situation de la culture et des intermittents et moi ce que je constate c'est que parfois certains syndicats qui représentent les personnels de la culture ont par ailleurs des revendications contre des réformes de l'assurance chômage alors même que le sujet des intermittents c'est les droits des intermittents il y a des expressions sur des réformes qui ne sont pas immédiatement celles qui concernent les intermittents du spectacle et je vous dis sur les intermittents dès le début de cette crise le président de la république a pris une mesure quand même extrêmement forte c'est l'année blanche c'est à dire la prolongation des droits des intermittents mais il y a tous ceux qui ne les avaient pas ces droits indépendamment de la possibilité de faire leurs heures il y a un rapport qui a été commandé par Roselyne Bachelot et Elisabeth Borne à monsieur Goron qui vient de leur être remis pour garantir qu'il n'y ait pas de trou dans la raquette on a renforcé les droits des intermittents aussi il y a quelques semaines j'étais en réunion avec Roselyne Bachelot Jean Castex et la CGT Spectacle notamment parce qu'on a annoncé des mesures pour renforcer la protection maladie des intermittents et les droits à la maternité des intermittents dans le contexte donc on fait tout pour protéger notre secteur culturel 9 milliards d'euros qui ont été obtenus par Roselyne Bachelot qui ont été mis en place pour que notre secteur y tienne
et reste malgré tout pour qu'il rouvre la question du pass sanitaire puisque ça concernerait peut-être les salles de spectacle mais d'autres espaces aussi est-ce que cette idée
finalement elle ne fait pas son chemin du pass sanitaire que ça ne serait pas plus simple y compris pour pouvoir aller au musée pour pouvoir aller au restaurant
au spectacle
on a peut-être pas forcément assez de vaccins pour pouvoir ça pénaliserait les jeunes de fait qu'ils ne pourraient plus bouger mais est-ce que finalement on va arriver assez rapidement à ça à voir sur son iPhone si on a été vacciné ou si on est immunisé
d'abord c'est une idée qui fait son chemin et qui devient concrète au niveau européen pour les déplacements à l'international puisque vous savez que le parlement je crois examinera en juin la proposition qui a été faite nous le combat de la France ça a été évidemment de pouvoir mettre en place des dispositifs qui permettent de protéger vis-à-vis de l'épidémie mais que au moins dans un premier temps le pass ne soit pas vaccinal mais sanitaire parce qu'on ne peut pas être dans une situation où on empêche les gens qui ne sont pas vaccinés de faire un certain nombre de choses si ces mêmes personnes qui voudraient se faire vacciner ne peuvent pas le faire faute de doses et en sacrifilé j'ai dans l'occurrence quand on dit pass sanitaire c'est effectivement le fait de pouvoir attester qu'on a été vacciné mais c'est aussi par exemple le fait de pouvoir attester qu'on a fait un test PCR négatif récent ou de pouvoir attester qu'on est immunisé parce qu'on a des anticorps qui nous protègent naturellement de l'épidémie donc ça ça avance au niveau européen et pour les déplacements internationaux ensuite se pose la question du cadre dans lequel vont se faire les réouvertures au niveau national l'accès à certains lieux ou à certains événements c'est précisément ce sur quoi on est en train de travailler ça sera dit et annoncé au moment où on annoncera le calendrier de réouverture ce qu'il faut c'est qu'on ait des mesures
ce qu'il faut
c'est qu'on ait des mesures qui soient suffisamment protectrices vis-à-vis de l'épidémie mais qui soient faisables concrètement faisables vous demandez d'aller faire un test PCR pour aller boire un café en bas de chez vous potentiellement en terrasse voilà je ne sais pas si on a besoin d'aller jusque là c'est ce qu'on est en train de regarder il y a des systèmes évidemment de jauges qui seront mis en place mais il ne faudrait pas rater ce train là on a pris ce train là puisqu'on y travaille et qu'on prendra toutes les mesures qui sont à la fois efficaces et sûres
le président de la république s'exprimera-t-il la semaine prochaine publiquement sur la situation sanitaire et sur un calendrier de retour à la vie normale
alors il s'exprimera prochainement je ne peux pas vous annoncer on avait dit avant la fin du mois je ne peux pas vous annoncer de date ce qu'il a dit dans son allocution du 31 mars c'est qu'il reviendrait devant les français
il avait promis de revenir avec des perspectives et donc un calendrier prochainement
et donc je vous dis ça sera prochainement on est à la fois conscient d'abord que les français ont envie de savoir ensuite que les secteurs qui ont été fermés et qui vont pouvoir ouvrir progressivement ont besoin de visibilité pour organiser leur réouverture donc évidemment on a tout ça en tête donc c'est prochainement
ou très prochainement ? c'est bien prochainement ça va être avant la fin du mois
donc la fin du mois
pas tout le monde en même temps bon oui la fin du mois elle approche à grands pas puisque nous sommes le 25 donc c'est la semaine prochaine
le président avait dit prochainement il n'avait pas parlé d'avant la fin du mois je ne veux pas prendre des engagements ici de date et revenir la prochaine fois où vous me direz sages précautions voilà sages précautions 2022
on est à un an de la présidentielle et on voit qu'au fond dans tous les sondages Marine Le Pen est très haute est-ce que vous le vivez comme un échec parce qu'au fond c'était le pari d'Emmanuel Macron c'était au fond de mener le combat des progressistes contre les nationalistes et notamment contre Marine Le Pen comment vous interprétez ce chiffre et est-ce que vous dites on a failli quelque part
c'est une préoccupation évidemment de se dire que le rassemblement national peut gagner du terrain aujourd'hui en France c'est vrai qu'on s'est engagé en 2017 non pas contre un parti politique mais pour réduire les fractures dans notre pays réduire les peurs dans notre pays c'est un travail qui ne se fait pas en quelques mois ou en quelques années c'est un travail de fond on peut dire aussi qu'il y a eu un certain nombre d'événements dans ce quinquennat qui ont été très difficiles ce qu'on se demande
c'est est-ce que la pandémie n'est pas en train de ne pas tuer le macronisme parce qu'au fond elle vous prie complètement de perspective aujourd'hui de comment vous pouvez vendre un avenir radio
au français je vais vous dire d'abord
moi ce que je constate
c'est que le rassemblement national il a aussi prospéré sur ce sentiment et cette idée qu'il n'y aurait plus de pouvoir au niveau national et que finalement le pouvoir serait parti à Bruxelles ou se serait dilué dans la mondialisation et pour moi cette pandémie elle montre aussi que quand on fait des choix au niveau national ça a un impact sur la vie des gens et je pense que les français ont mesuré qu'il valait mieux traverser cette crise en France qu'au Brésil par exemple parce qu'il y a eu des choix politiques qui ont été faits que la France est un pays
mais il y a eu aussi des ratés
mais évidemment qu'il y a eu des erreurs mais il y en a eu partout dans le monde mais que la France est un pays qui a gardé ses écoles ouvertes deux fois ou trois fois plus que ses voisins aussi par choix politique et donc moi j'essaye toujours d'être optimiste je pense aussi que cette pandémie elle va nous permettre de montrer sur ces sujets-là mais sur le sujet du quoi qu'il en coûte aussi on n'a pas eu d'effondrement de notre économie de nos artisans de nos commerçants de nos entreprises parce qu'on a mis les moyens parce que le président de la République a décidé de le faire avec le quoi qu'il en coûte
parce que la BCE a mis les moyens
parce que le président de la République a pris une décision qui fait qu'aujourd'hui on est le pays d'Europe qui a mis le plus de moyens pour protéger ses salariés et le secteur économique
Laurence Perron
on le voit dans les prises de position des différents ministres et des attaques qui peuvent être faites contre la gauche contre les verts qualifiés d'indigénistes justement par Marlène Schiappa qui a vraiment un déplacement du barycentre du macronisme vers la droite est-ce que c'est une bonne stratégie alors que souvent on le dit on préfère l'original à la copie et donc est-ce que Marine Le Pen et Xavier Bertrand éventuellement ne vont pas profiter de cette stratégie et le macronisme se trouver vidé des gens de gauche qui comme vous avaient rallié Emmanuel Macron d'abord
moi je pense que le combat contre l'indigénisme ou l'islamisme n'est pas un combat de droite contre la gauche il y a des personnes et heureusement d'ailleurs beaucoup de personnes à gauche qui s'engagent aussi autour de ces questions-là ensuite j'entends dire certains et c'est depuis le début de ce quinquennat il y a une forme de caricature dans laquelle des oppositions cherchent à nous enfermer qu'il y aurait un déplacement vers la droite moi je vais vous dire je viens du PS tendance réformiste certes mais du PS quand même et je suis très à l'aise avec ce qu'on fait dans cette majorité et je peux vous dire la gestion de la crise sanitaire
vous n'êtes pas très nombreux quand on lit la grande étude qu'a publiée Le Monde menée par la fondation Jean Jaurès le Cévi-Pof et opéré par Ipsos montre que le centre de gravité du macronisme s'est clairement déplacé à droite dans l'esprit en tout cas des électeurs et des citoyens
je pense qu'il s'est élargi moi je vois aussi des études qui disent que 4 électeurs sur 5 d'Emmanuel Macron en 2017 disent qu'il pourrait revoter pour lui je vois des études une étude de l'IFOP notamment qui dit que si l'élection avait lieu dimanche 4 électeurs sur 10 de Benoît Hamon voudrait pour Emmanuel Macron ça montre pour moi aussi un élargissement des deux côtés
il reste très peu de temps et il y avait une question sur Marlène Schiappa justement après les états généraux
qui est totalement anecdotique quand on entend que Marlène Schiappa soit très éventuellement que le débat de l'entre-deux-tours soit animé notamment par Cyril Hanouna on vous cherche ou quoi vous cherchez quoi vous y seriez favorable c'est une manière
d'essayer de dire qu'on va faire large non c'est une manière pour
question intéressée de Nathalie Saint-Cric qui a quand même arbitré le dernier débat présidentiel j'étais en train de l'imaginer dès qu'on remplace Nathalie par Cyril Hanouna
non mais j'étais en train d'imaginer le duo que cela donnerait à voir aux téléspectateurs non c'est une manière de dire je crois de la part de Marlène qu'aujourd'hui c'est vrai qu'avec ces émissions Cyril Hanouna aborde des enjeux politiques des enjeux de société qu'il y a beaucoup de français qui regardent moi j'ai eu l'occasion de participer à ces émissions non mais c'est pas pour discrétiser les émissions j'ai jamais eu à m'en plaindre c'est une manière de dire qu'il s'est aussi d'une certaine manière installée dans le paysage médiatique et politique
mais d'autres également c'est étonnant que ce soit ce nom là qui soit mis en avant par la ministre de la citoyenneté vous auriez pu penser à quelqu'un d'autre
mais je pense qu'elle pense elle même à beaucoup d'autres personnes possiblement on a passé
la moitié de l'émission sur les problèmes de sécurité comment éviter en 2022 qu'au fond on n'assiste pas à une surenchère et que le débat présentiel ne se limite pas à une surenchère entre la république en marche la droite et l'extrême droite sur la question sécurité comment est-ce que vous pouvez relancer les débats relancer l'espoir sur quoi vous allez faire campagne concrètement
Gabriel Attal
d'abord sur la sécurité il faut être efficace et il faut agir on a augmenté d'un milliard 700 millions d'euros le budget de la sécurité depuis 2017 on recrute 10 000 policiers gendarmes forces de sécurité là où la droite que vous évoquiez quand elle était aux responsabilités sous Nicolas Sarkozy a supprimé des postes comment faire en sorte que le débat
ne se focalise pas complètement sur la sécurité qu'est-ce que vous allez porter comme thème d'avenir alors que là
l'horizon est complètement bouché premièrement je ne rejette pas ce débat là je ne suis pas là à me dire il ne faut pas qu'on parle de ce sujet là c'est un sujet dont on doit parler c'est un sujet de préoccupation pour les français donc qu'il y ait un débat politique autour de ça c'est pas le premier légitime ensuite
il est derrière l'environnement par exemple
c'est un sujet de préoccupation
mais c'est vous qui l'avez mis en avant c'est vous qui avez imposé cet agenda
non je pense que c'est aussi un certain nombre de situations qui sont inacceptables pour les français de polémiques qu'on a vu naître et de choses que vivent un certain nombre de français dans beaucoup de territoires où il y a une insécurité de personnes qui ne se sentent pas en sécurité dans certains territoires de la république et que ça explique aussi qu'il y ait cette préoccupation et donc moi je pense qu'il faut y répondre la deuxième chose vous parlez du débat de la présidentielle moi j'entends que dans les oppositions un grand nombre d'entre elles sont focalisées déjà sur cette échéance là c'est pas notre cas à nous aujourd'hui ça viendra à un moment mais c'est pas notre cas parce que la priorité c'est la gestion de la crise sanitaire et la relance économique du pays et je vais vous dire même si c'était notre cas je trouve extraordinairement difficile de se projeter sur ce que seront les termes du débat dans un an alors même qu'on est encore en pleine pandémie qu'on ne sait pas
le président de la république ne pense pas à 2022 personne à la république en marche ou au gouvernement ne pense à 2022 je ne vais pas vous faire
la langue de bois vous dire on n'y pense pas
vous venez d'en donner un jeu il y est exemple
je ne vais pas vous dire évidemment qu'on y pense c'est des échéances mais ce que je vous dis c'est qu'aujourd'hui le coeur de notre travail et la très grande majorité la quasi-totalité de notre bande passante notre énergie elle est consacrée à lutter contre l'épidémie de Covid-19 et à relancer économiquement le pays
il reste une minute en l'occurrence vous pouvez nous dire où en sont les préparatifs des commémorations du bicentenaire de la mort de Napoléon
alors il y a des préparatifs je crois que c'est le 5 mai qu'a lieu le bicentenaire
à quoi ça va ressembler
je ne peux pas vous le dire ce que je peux vous dire c'est qu'il y aura une expression à cette occasion du président de la république mais je ne peux pas vous dire très concrètement comment les choses vont s'organiser et le 28 mai pour la fin de la semaine sur le bloc de la commune
et on va terminer l'émission
ça je n'ai pas d'informations sur ce sujet là
et juste pour faire la publicité pour le service public je voulais juste dire qu'il y avait un formidable documentaire stupéfiant sur Napoléon qui est passé sur la 5 vendredi soir on apprend plein de choses étonnantes
et il est disponible en replay
disponible en replay son cheval s'appelait Marengo on a des extraits du film d'Albert Gans j'ai appris des tonnes et c'était le roi de la communication politique bon un des premiers je regarderai regardez vous pouvez prendre absolument des leçons
merci d'avoir été notre invité Gabriel Attal bon dimanche l'émission se termine merci à toutes les trois merci à vous de nous avoir suivis un grand merci à Alexandre Gillardy et à toute l'équipe technique de Question Paul on se retrouve dimanche prochain et à toute l'équipe
Gabriel Attal