Mort de Quentin Deranque : « Les anti fascistes proclamés se comportent comme d'authentiques fascistes » estime Aquilino Morelle
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:10OuverteRéponse directe
Quel regard portez-vous sur les conséquences pour la gauche de la mort de Quentin de Ranque à Lyon ?
- 1:48RelanceRéponse directe
Vous dites que c'est un lynchage. On va en parler. Vous estimez qu'il y a une certaine désinvolture chez Jean-Luc Mélenchon à qualifier cet événement de bataille de rue ?
- 2:15OuverteRéponse partielle
Un socialiste, Jérôme Guedj, a dit qu'il voterait Mélenchon au second tour face à Bardella. Cela invalide-t-il l'idée d'écarter la France insoumise ?
- 3:13ComplaisanteRéponse directe
On va parler de votre livre, La France au miroir de l'Amérique. Pourquoi ce titre ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Pourquoi les démocrates américains ont-ils échoué selon vous ?
- 5:16OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui a pris aux démocrates pour adopter cette idéologie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« c'est un lynchage. »
- 1:16Invité politiqueFait
« les antifascistes, en fait, les autofascistes, les antifascistes proclamés, se comportent comme d'authentiques fascistes. »
- 3:51Invité politiqueFait
« Donald Trump a été élu une première fois en 2016. »
- 4:22Invité politiqueFait
« Ont-ils essayé de comprendre les raisons qui avaient conduit à la première élection de Trump ? »
- 4:50Invité politiqueFait
« ils ont dérivé vers un wokisme et un wokisme radicalisé selon lequel chacun est assigné à résidence dans son identité. »
- 5:35Invité politiqueFait
« les intellectuels, la classe intellectuelle américaine, les grands professeurs d'universités, se sont détournés du peuple, des classes populaires considérées de plus en plus comme des masses ignares et dangereuses. »
- 6:12Invité politiqueFait
« ils ont fait preuve, en l'occurrence, de ce que Bourdieu appelait un racisme de l'intelligence. »
- 7:54Invité politiqueFait
« « Le trumpisme est le miroir déformé des idées qui furent autrefois centrales de la gauche américaine. » »
- 8:04Invité politiqueFait
« Trump n'a pas été élu comme un républicain ordinaire. Trump n'est pas Bush ou Romney ou Cheney. »
- 8:22Invité politiqueFait
« défense du travail, du pouvoir d'achat, maîtrise de l'immigration, lutte contre Wall Street, etc. »
- 12:22Invité politiqueChiffre
« Barack Obama a expulsé hors des États-Unis 3 millions de clandestins. »
- 13:04Invité politiqueChiffre
« il a laissé entrer aux États-Unis 9 millions d'immigrants. »
Temps de parole
- Invité politique69 %
- Présentateur31 %
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– Aquilino Morel, bonjour. – Bonjour David Epiquet. – Bienvenue au micro de Radio Classique, on va parler de votre livre. Mais avant cela, j'aimerais connaître votre regard sur les conséquences pour la gauche de ce qui s'est passé à Lyon, la mort de Quentin de Ranque. Pensez-vous que désormais, à cause de ce lynchage, les deux gauches sont définitivement irréconciliables ?
– C'est probable. En tout cas, ce qui est certain, c'est que ce qui s'est passé à Lyon est d'une très grande gravité, c'est d'une certaine manière une forme de tournant. Parce que contrairement à ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas une bataille de rue qui aurait mal tourné. – J'allais vous poser la question. – Non, c'est pour utiliser un vocable qui nous vient précisément des Etats-Unis d'Amérique, c'est un lynchage. On peut comprendre que des jeunes gens, à un moment donné, s'affrontent, c'est dans la nature humaine et dans la nature de la politique, qui est une forme, elle aussi, de violence contenue, mais de violence.
Mais lorsque un homme tombe à terre, qu'il est sans défense, lui administrer la mort de manière sauvage, ignominieuse, en le piétinant, en le massacrant, ce n'est pas une rixe ou une bataille de rue, c'est un lynchage. Et c'est se comporter, en l'occurrence, précisément comme ce que ces gens prétendent combattre, c'est-à-dire comme un fasciste. C'est-à-dire qu'on arrive dans la situation où les antifascistes, en fait, les autofascistes, les antifascistes proclamés, se comportent comme d'authentiques fascistes. Et c'est ça qui est très grave. Vous dites fasciste. Le comportement, en l'occurrence, oui.
Piétiner quelqu'un qui est à terre, sans défense, immobile, inconscient, lui administrer des volets de coups de pied pour entraîner sa mort, c'est un lynchage. Et c'est un lynchage fasciste, oui, c'est simple.
L'inchage, vous dites que c'est un mot qui nous vient des Etats-Unis. On va évidemment en parler dans un instant. Vous estimez qu'il y a une certaine désinvolture chez Jean-Luc Mélenchon à expliquer qu'en 2027, on se souviendra de cet événement comme d'une bataille de rue.
Je pense que Jean-Luc Mélenchon ne fait jamais preuve de désinvolture. Il fait preuve d'analyse, de calcul, de stratégie, de cynisme, si vous le voulez, mais certainement pas de désinvolture. Il fait ce pari, et il fait le pari qu'en le disant, cela se produira, et que les gens en seront convaincus. Ma conviction, c'est l'inverse.
Vous discutiez avec Guillaume Tabard à l'instant d'un socialiste, Jérôme Guelch, qui a dit « Si au deuxième tour, il y a un deuxième tour, Jean-Luc Mélenchon, Jordan Bardella, je voterai pour Jean-Luc Mélenchon. » Ce qui veut dire que la gauche va se retrouver, quoi qu'il arrive, soit dans des deuxièmes tours au municipal, soit dans un hypothétique deuxième tour à l'élection présidentielle, s'il y a une personnalité de gauche au deuxième tour. Ça invalide l'idée qu'on puisse mettre à l'écart la France insoumise.
Mais là, vous parlez d'un responsable politique et vous parlez de la gauche qui est la gauche des partis. Mais elle compte peut-être. Mais ce qui compte, c'est d'abord la gauche des électeurs, s'il en reste. Il n'en reste plus beaucoup. Et cette gauche-là, qui est la plus importante, celle des citoyens, je ne pense pas qu'elle se laissera abuser par ses slogans, ses mots d'ordre ou ses analyses très hâtives.
On va reparler de la gauche, française, mais par un moyen détourné. Et ce moyen détourné, c'est votre livre. La France au miroir de l'Amérique, ça paraît chez Grasset. Vous revenez longuement sur les causes de la victoire de Donald Trump, la deuxième victoire, et vous les imputez en partie au renoncement des démocrates qui n'ont pas su parler au peuple américain et qui n'ont pas su parler aux électeurs qui leur étaient traditionnellement acquis, les électeurs du peuple, les travailleurs, que ce soit des travailleurs blancs, des travailleurs immigrés. Dites-nous pourquoi. Pourquoi ?
C'est une forme d'aveuglement, de déni de réalité, puis de folie idéologique qui a saisi les démocrates progressivement. Donald Trump a été élu une première fois en 2016. Lorsqu'il est arrivé à ce moment-là à la Maison-Blanche, on a considéré que c'était une espèce d'anomalie démocratique, une espèce d'apaxe politique historique, une chose qui ne se reproduirait plus jamais. Il a été battu en 2020 par Joe Biden, mais il a effectué un improbable comeback en 1824 contre tout le système, contre l'avis de tous les sondages, comme d'habitude, de toute la classe politique, notamment de gauche des démocrates américains. Il a réussi cette performance invraisemblable.
Mais pendant 8 ans, les démocrates, qu'ont-ils fait ? Ont-ils essayé de comprendre les raisons qui avaient conduit à la première élection de Trump ? Et ont-ils essayé de saisir quelles erreurs ils avaient commises ? Qu'est-ce qu'ils auraient pu changer dans leur approche de la politique ? Qu'est-ce qu'ils devaient entendre de la part des électeurs ? Je vais y venir puisque c'est votre question traditionnelle qui était les leurs, les ouvriers, les travailleurs manuels, blancs ou noirs, peu importe d'ailleurs, mais enfin, la working class. Non.
Ils ont progressivement, à partir de 2016, à partir de la campagne d'Hillary Clinton, ils ont dérivé vers un wokisme et un wokisme radicalisé selon lequel chacun est assigné à résidence dans son identité. Si vous êtes noir, vous voterez de telle manière, en l'occurrence démocrate, pensez-y, parce que vous êtes noir. Si vous êtes homosexuel, idem. Si vous êtes latino, pareil. Si vous êtes trans, c'est la même chose. Vous voterez pour nous parce que vous êtes une minorité et que nous, nous protégeons les minorités. Tout ça s'est effondré.
Qu'est-ce qu'il leur a pris ? Qu'est-ce qu'il leur a pris ? Non seulement de faire ce pari des minorités, mais de toute l'idéologie qui va avec jusqu'à irriguer les administrations, les entreprises et à nous déverser ça en Europe aussi.
Parce que ce mouvement qu'Hillary Clinton a porté à son paroxysme et qu'elle a injecté dans le Parti démocrate vient d'un peu plus loin, des années 70, où à un moment donné, les intellectuels, la classe intellectuelle américaine, les grands professeurs d'universités, se sont détournés du peuple, des classes populaires considérées de plus en plus comme des masses ignares et dangereuses pour leur privilégier, ce qu'ils appelaient la classe professionnelle, c'est-à-dire la classe des Américains ayant obtenu un diplôme à l'université, un degree, un college degree, c'est-à-dire une licence ou un master, en disant seuls ceux-là ont les compétences qui les rendent capables d'exercer la démocratie.
Or, la démocratie, c'est la compétence de ceux qui n'ont pas de compétence. Et ils ont fait preuve, en l'occurrence, de ce que Bourdieu appelait un racisme de l'intelligence. C'est-à-dire, j'ai fait des études, soit dit en passant, ils confondent allègrement niveau de diplôme et intelligence. Il y a bien des gens qui sont très intelligents et qui n'ont fait aucune étude pour des raisons tenantes à leur vie.
Et ils se sont dit, voilà, ils ont proclamé et fait passer l'idée qu'en fin de compte, il fallait se méfier des masses populaires et que seuls les gens qui avaient un diplôme étaient en mesure d'exercer le pouvoir démocratique et qu'il fallait qu'ils s'intéressent aux minorités, c'est-à-dire aux personnes supposées être ou qui sont d'ailleurs dominées, oppressées.
On est passé, et ça c'est un mouvement qui n'est pas qu'américain, d'une image de la gauche se bat pour les classes laborieuses, les classes populaires, les travailleurs, le prolétariat, pour le dire avec un vocable désormais un peu vieillot et on se rabat sur les nouveaux opprimés qui sont les personnes qui appartiennent aux minorités
dites dominées. Et ça n'a pas suffi pour faire élire Kamala Harris en 2024. Alors, pendant que les démocrates se fourvoyaient, vous expliquez dans le livre que Trump a su s'inspirer d'une figure politique de gauche, charismatique, ancienne, à savoir Roosevelt. Et là, c'est là que votre livre est assez intrépide dans l'analyse, vous dites qu'en fait Trump a récupéré un certain nombre de valeurs, de discours, de promesses qu'autrefois les démocrates dans la figure de Franklin Roosevelt avaient faites au peuple américain.
Oui, il faut expliquer ça. Dans la figure de Franklin, d'Elon Rousset, ou d'autres avant ou d'autres après, je pense à Lyndon Johnson, à Obama, etc. Naomi Klein, la philosophe canadienne, la sociologue canadienne qui est l'icône de la gauche mondiale, a écrit très justement, c'est pour ça que mon titre, j'ai choisi ce titre, elle a écrit « Le trumpisme est le miroir déformé des idées qui furent autrefois centrales de la gauche américaine. » Mais bien entendu, qu'est-ce qu'a fait Trump ? Trump n'a pas été élu comme un républicain ordinaire. Trump n'est pas Bush ou Romney ou Cheney. Il n'appartient pas à cette élite du parti républicain.
Il s'est saisi du parti républicain pour le transformer en autre chose, en MAGA, « Make America Great Again » et ça, il l'a fait en se saisissant de toutes les idées populistes, défense du travail, du pouvoir d'achat, maîtrise de l'immigration, lutte contre Wall Street, etc., en disant « C'est à moi et je le porte désormais puisque les démocrates me l'ont abandonné. »
C'est-à-dire que les démocrates se sont plantés quand ils ont vu Trump au volant d'un camion poubelle, ils ont dit « démagogue » et en fait, Trump faisait du Roosevelt, il faisait une communication vis-à-vis de la classe ouvrière.
C'est une communication de l'âge des réseaux sociaux à laquelle moi je n'appartiens pas. Mais peu importe, pour des millions d'Américains, c'est l'univers dans lequel ils sont immergés. Mais oui ! C'est l'homme au travail. Mais de même, lorsqu'il fait raisonner, lorsqu'il entre en scène « It's a man's man's word » de James Brown, qu'est-ce que disent les démocrates ? C'est un masculiniste. Mais en fait, il adresse un message aux hommes noirs en leur disant « En fait, moi, j'écoute James Brown, j'aime James Brown et je suis comme vous. Et d'ailleurs, et d'ailleurs, électoralement, sans faire des résultats mirobolants, il a progressé dans l'électorat noir masculin. »
Et il n'a fait que progresser d'une élection à l'autre. En 2016, en 2024, il prend des millions et des millions de devoirs. Alors, quelle leçon la gauche française peut tirer du parcours de Trump et de la déconfiture des démocrates ? Parce que, pour le coup, la gauche française et notamment la France insoumise mais le Parti Socialiste qui est dans sa roue, si j'ose dire, depuis de nombreux mois,
s'adresse aux minorités. Oui, elle a tendance à le faire. La situation en France n'est pas aussi grave, aussi prononcée qu'elle l'est aux Etats-Unis. Mais enfin, il existe une tentation réelle dans la gauche française d'abandonner les classes populaires. Ça, c'est déjà fait, malheureusement, et ça explique les déboires politiques, moraux et électoraux de la gauche française, mais aussi de s'adresser de plus en plus vers une addition de minorités. Si la gauche française succombait à cette tentation mortifère, eh bien, elle connaîtrait le sort des démocrates.
C'est-à-dire qu'elle serait battue, elle l'est déjà d'ailleurs, vous me direz, puisqu'elle n'est plus en situation d'approcher le pouvoir depuis maintenant très longtemps. Mais elle serait définitivement marginalisée ou cantonnée dans un rôle qu'elle semble apprécier d'ailleurs, de présider des régions, présider des départements, diriger des grandes communes, peupler de gens qui vivent bien et qui n'ont pas beaucoup de difficultés. Mais tout ça, vous pouvez être maire de grandes villes et présider de grandes régions. Ça ne vous approche pas du pouvoir d'État.
Or, la seule chose qui compte en politique, c'est d'exercer le pouvoir d'État pour pouvoir transformer la réalité dans le sens qui est le vôtre.
Aquilino Morel, est-ce que tout cela vient de la fameuse note de Terra Nova, le think tank de gauche qui avait dit maintenant, il faut se focaliser sur les électeurs de la diversité, les minorités, etc. La classe ouvrière est morte. C'était un résumé un peu succinct,
mais il y avait de ça. C'était un très bon résumé, David Abiquia. Cette note du 10 mai 2011, elle a été produite parce qu'une délégation de Terra Nova a été envoyée par le Parti Socialiste précisément s'inspirer de ce qui se passait aux États-Unis. Mais aux États-Unis, on a formalisé cette coalition, cette coalition formée de l'addition de minorités, ce qu'on appelait la coalition Obama. Mais en réalité, Obama, lorsqu'il a été élu en 2008 et en 2012, il s'est bien gardé d'appliquer cette théorie ou cette doctrine.
Il s'est adressé très classiquement à tout électorat ouvrier, toute la working class, qu'elle soit noire ou blanche, obtenant d'ailleurs des résultats énormes dans toute la Rust Belt et toutes les zones traditionnelles ouvrières. Donc, il a obtenu ça. Il ne s'est pas du tout comporté comme un wokiste, il s'est comporté comme un populiste.
On a eu un regard un peu déformé sur Obama, nous les Européens. On s'est dit, il est noir, il va être wokiste et sa femme fait pousser des légumes à la Maison Blanche, elle est wokiste et végane. Exactement. On a fait des résumés.
Il est devenu une icône progressiste parce qu'il a été le premier président noir, ce qui était en soi un résultat magnifique, en oubliant qu'il s'est fait élire sur un programme populiste et qu'il a appliqué un programme populiste et oubliant aussi un point central, ce que durant ces huit années de présidence, Barack Obama a expulsé hors des Etats-Unis 3 millions de clandestins et il ne les appelait pas des sans-papiers, il les appelait des personnes, des travailleurs clandestins. 3 millions de clandestins expulsés par Barack Obama. Oui, et dans le même temps...
Trump a fait moins pour l'instant.
Trump a fait moins pour l'instant, mais il n'a pas encore huit années de mandat à son compteur. Mais si vous prenez celui qui est juste avant Donald Trump, c'est-à-dire Joe Biden, le président qu'il a précédé, démocrate, qui lui avait abandonné cette théorie de maîtrise de l'immigration pour protéger les emplois américains, leur niveau de salaire et leur qualité. Qu'est-ce qu'a fait Biden ? Pendant les 3 premières années de son mandat, puisque la 4ème année il a tenté de faire marche arrière et il était trop tard, il a laissé entrer aux Etats-Unis 9 millions d'immigrants. 6 illégaux, 3 légaux.
Et ça, tout en le faisant, les démocrates ont nié, en disant ça n'est pas vrai, c'est saisonnier, ça va disparaître. Et ça, ça a été un des moteurs les plus puissants du vote Trump.
Revenons en France, est-ce que vous feriez la même analogie entre le Rassemblement National et Trump, en clair, avoir siphonné évidemment des électeurs de la gauche, mais également d'un Rassemblement National qui reviendrait aux promesses originelles de la gauche qu'elle a abandonnées ?
qu'elle les a abandonnées et donc le Rassemblement National s'en est saisi. Ce qui est une forme de perversion, mais la politique est faite aussi de cela. Le Rassemblement National n'a pas eu à arracher les thèmes de l'emploi, de la sécurité sociale, de la laïcité, de la République, de la maîtrise de l'immigration. Pas du tout. Pas du tout. La gauche, singulièrement l'EPS, les lui a abandonnées. Il s'en est saisi parce que, comme Trump, le RN a compris que pour gagner en France, il faut être capable de traiter les deux plaies du pays qui sont certes la question identitaire mais qui sont d'abord et avant tout la question sociale.
Et seul quelqu'un qui serait capable de traiter les deux questions en même temps, de les embrasser et d'amener avec lui l'ensemble des citoyens. Bref, un nouveau Roosevelt. Un Roosevelt français. Un Roosevelt français. C'est ça qui me paraît utile et pourquoi je plaide. S'il n'y a pas un Roosevelt français, alors on prend vraiment le risque que le RN l'emporte l'année prochaine.
Et alors, Aquilino Morel, ce livre, La France au miroir de l'Amérique quand les progressistes font triompher le populisme, vous l'avez envoyé à vos collègues du Parti Socialiste ou en tout cas vos anciens collègues du Parti Socialiste. Silence, radio, aucun intérêt de la part de vos anciens copains de gauche, ça dort tranquillement, ils n'ont pas du tout envie ni de débattre ni de réfléchir à ce que serait le portrait robot d'un vainqueur de gauche de la présidentielle. Alors, je vais vous faire une confidence. Qu'est-ce qui se passe ?
Je vais vous faire une confidence. Je l'ai envoyé à deux ou trois personnes qui sont des amis et qui ont été autrefois socialistes, je ne sais pas s'ils le sont encore aujourd'hui, un peu comme moi. Ceux-là m'ont répondu. Mais aux autres, non, je ne l'ai pas fait. Pourquoi ? Parce que les fois précédentes, pour mes livres précédents, c'est le quatrième livre que j'écris chez Grasset.
Où vous essayez de trouver un chemin pour la vie. J'essaye de trouver
un chemin, à la modeste mesure, mais j'essaye de le faire, en tout cas de réfléchir et de le faire seul. Je n'ai jamais eu de réponse, jamais. Qu'est-ce qui se passe ? Ils n'ont pas envie de réfléchir ? Ils n'ont pas envie d'être mis dans une situation inconfortable. Ils n'ont pas envie de repenser l'héritage mutterrandien. Ils n'ont pas envie de faire le travail d'introspection, l'examen de conscience sans lequel, pourtant, toute perspective de renouer confiance avec les citoyens français et éventuellement d'accès des prévois est totalement vaine.
Pour qui vous voterez au deuxième tour de l'élection présidentielle si vous avez un candidat du Rassemblement national et puis un autre d'extrême gauche ? Le vote, comme vous le savez, Charles David est personnel et secret. Aquilino Morel au micro de Radio Classique La France au miroir de l'Amérique. Absolument passionnant parce que vous allez revisiter toute l'histoire de l'Amérique, toute l'histoire du walkie, faire un détour chez Franklin Roosevelt, comprendre que Trump a pour le moment reconduit à la frontière moins de sans-papier que Barack Obama, la star des walkistes français mais qui ne l'était pas lui-même. Ça sort chez Grasset. Merci Aquilino Morel. Merci beaucoup.
À suivre le rappel des titres à la revue de presse d'Havé Gaténaud et notre esprit libre du jour, Luc Ferry, Radio Classique.