Réseaux sociaux : "Les plateformes se fichent de bâtir un espace sécurisé pour les mineurs"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Vous recevez ce matin la députée EPR de la Marne, Lor Miller. Ouis. Ensemble pour la République, c'était Renaissance avant.
Bonjour Laur Miller, on s'y perd un peu dans les labels. Bienvenue sur Europe 1. Vous êtes la rapporteur de la commission d'enquête sur les effets de TikTok, le réseau social chinois sur la santé mentale des mineurs.
Il y avait eu 4 mois de travaux, près de 200 auditions. Vous en aviez présenté les conclusions en septembre et il y a quelques jours de cela, il y a de 2 semaines de tr semaines, vous avez déposé une proposition de loi pour lutter contre les effets dévastateurs. Ce sont vos mots, des écrans sur les plus jeunes.
Alors, il se trouve que l'Australie à compté d'aujourd'hui applique l'interdiction d'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Donc, c'est une première mondiale. Le monde entier va regarder si ça fonctionne.
Comment d'abord vont-ils s'y prendre les Australiens à l'or Miller, vous qui avez évidemment suivi ça avec intérêt, qui savaient comment ça marche. Ouais, j'ai regardé ça avec intérêt déjà ils ont mis un an pour mettre en œuvre la loi qu'ils ont voté donc en 2024. Donc je trouve ça déjà intéressant de prendre ce temps.
On peut faire des choses à la VAV vite. Là, ils ont ils ont pris un an notamment pour regarder deux choses. Un, qu'est-ce que quels sont les réseaux sociaux qui seront concernés par l'interdiction ?
Ça n'a pas été chose facile. La question chez les en Australie et ça la même question se posera chez nous, s'est posé de de savoir si YouTube devait être considéré comme un réseau social ou pas. WhatsApp, exactement, ils l'ont inclu dans l'interdiction.
WhatsApp, est-ce que c'est un réseau social ? Est-ce que ça ne l'est pas ? Donc on aura les mêmes questions qui vont être posées en France si lorsqu'on examinera la proposition de loi.
Et le deuxième élément c'était comment on vérifie l'âge à l'inscription sur les réseaux sociaux puisque c'est là le vrai sujet central. On peut poser une interdiction mais encore faut-il vérifier que l'interdiction est bien respectée. Donc ils sont donnés un an pour faire ça.
C'est sans doute imparfait. J'entends déjà voilà les commentaires que ça soit en Australie ou même à travers le monde sur cette loi là. Elle est sans doute imparfaite mais c'est une question de technique et la technique elle évolue très vite donc moi je suis assez optimiste quand même.
Alors vous dites voilà effectivement les les l'idée c'est les Australiens confi la responsabilité euh de de la sanction enfin en tout cas de la vérification aux plateformes qui elles vous disent "Bah oui mais le problème c'est que la vérification de l'âge ça pose plein de problèmes et objectivement c'est vrai qu'elles ont raison de le dire c'est facile à frauder d'abord il y a des tas d'exemples d'enfants qui ont mis la photo de leur maman évidemment ça s'est passé on a déjà essayé nous en Europe aussi de de le faire on a une loi marque de 2023 mais qui est inapplicable dans l'état actuel du droit en Europe et Puis les plateformes, elles sont pas très pour aussi leur mil. Est-ce qu'elles sont pas le principal obstacle quand même ? Ah bah bien sûr, aujourd'hui c'est le principal obstacle.
J'entends beaucoup, il faut mieux réguler, il faut pas interdire, il faut réguler. Je suis d'accord avec l'idée qu'il faille réguler les plateformes, mais on voit bien le temps que ça prend parce que c'est on a en face de nous un mur et des puissances qui sont considérables. Les plateformes, c'est des Américains, c'est les Chinois, donc c'est économiquement des poids lourds et donc on voit bien le temps que ça prend cette régulation.
On a mis déjà des années à faire le DSA. Vous savez, c'est le règlement européen piloté par Thierry Breton. qui est une formidable avancée mais ça a mis des années avant de voir le jour.
Aujourd'hui, ça n'est toujours pas appliqué. Honnêtement, l'article 28 du DSA qui prévoit que les plateformes doivent protéger finalement et doivent bâtir un espace sécurisé pour les mineurs, c'est pas du tout le cas. Donc ils n'appliquent pas le DSA, ils ne sont pas sanctionnés.
Elles s'en fiche. Elle s'en fiche. Je pense les Australiens, ils prévoient une amende de 28 millions d'euros en cas de non respect de la mesure. 28 millions d'euros, c'est 2 heures de revenu de Facebook, hein.
Bien sûr. Non, mais c'est bien sûr, mais je pense que aucune solution aujourd'hui, on on avance à Taton à l'échelle mondiale sur ce sujet-là. Donc, toute bonne solution ou toute solution, même imparfaite, aussi imparfaite qu'elle soit et bonne à prendre, il faut qu'on avance en fait parce que sinon on peut rester des années comme un lapin devant les phards d'une voiture à se dire qu'est-ce qu'on fait ?
On voit bien qu'il y a un sujet, on voit bien que nos jeunes ont des comportements différents. Tous les profs interpellent sur la question de la concentration, de l'attention, mais aussi sur toutes les tous les vidéos inappropriées que nos jeunes voient sur les réseaux sociaux. Ça, tout ça, on l'a ce constat.
Donc, il y a une espèce de prise de conscience qui est là, mais on n pas encore fait le pas en avant qui nous permet bah de corriger cela. Et donc moi, je suis favorable à l'interdiction parce que je pense qu'il y a pas aujourd'hui d'autres solutions pour protéger immédiatement nos enfants. Alors, on va rentrer dans le dur parce que vous voulez-vous des sanctions à l'égard des réseaux sociaux qui ne respecteraient pas les mesures si on la traduisait en France.
Mais alors vous visez aussi les parents parce que vous êtes favorable à la création d'un délit de négligence numérique pour les parents qui laisseraient trop qui abandonneraient leurs enfants devant les écrans ou les réseaux sociaux. Alors ça, il faut dédramatiser cette cette Non non non, dédramatisons pas c'est défendez votre idée parce que c'est extrêmement culpabilisant d'une part et on a très hâte de vous entendre leur mur. Comment vous faites-vous pour réguler vos enfants ?
Ouais oui bien sûr. Alors moi ils sont jeunes donc ils ont pas les écrans de façon vous avez vu les chiffres vous l'avez dit c'est 2 tiers des moins de 10 ans on accès intern sûr et on le voit tous au quotidien. Euh j'ai encore vu moi cette semaine euh un enfant qui était dans une poussette, donc il y avait de toute évidence moins de 3 ans et qui était collé un smartphone euh dans sa poussette.
Et ça, on le voit tous, même les jeunes eux-mêmes que je vais voir dans des collèges, des lycées chez moi me disent que ça les choque et le voit dans le métro, dans le tramouet, euh dans dans le bus. Donc c'est quand même une réalité ça. Et d'ailleurs les parents sont pas forcément conscients que c'est mauvais pour leur enfant.
Donc il y a un vrai sujet et moi cette proposition de loi, il existe déjà un délit de maltraitance de négligence parentale dans le code pénal. il a été mis en place par la gauche en 9 entre parenthèses. Donc c'est voilà, il y a pas de sujet làdessus c'est un délit qui est très difficile à caractériser parce que en effet on n pas dans la famille aujourd'hui quelqu'un qui est mal alimenté ou qui est pas mis en sécurité par ses parents, c'est très difficile de le percevoir le spectacle aussi quotidien de la la justice dépassée des sanctions inappliquées et cetera.
J'ignore pas tout ça mais simplement ça ça ça pose le sujet sur la table et ça permet à tout le moins de sensibiliser le grand public. C'estàdire, voyez, on en parle et donc ça permet peut-être aussi culpabiliser, c'est sensibilisé. Vous pensez ?
C'est pas culpabilisé, c'est informé. C'est-à-dire aujourd'hui, les neurologues nous le disent, les pédopsychiatres nous le disent, mettre un enfant devant des écrans avant 3 ans, c'est fondamentalement mauvais parce que le cerveau des enfants est en pleine construction et donc ça a un désimpact sur le langage, sur la capacité de langage, sur les les apprentissages cognitifs de l'enfant qui sont parmi mais donc ce délit de négligence vous le vous le visez pour vraiment pour les très jeunes jeunes. Bien sûr, ça ça vise en effet les très jeunes.
C'est précisé dans la proposition de loi. Ça vise les très jeunes. ne vise pas forcément les réseaux sociaux mais les écrans de manière générale parce qu'aujourd'hui il est avéré que c'est très mauvais pour les enfants et que ça a un impact sur leur cerveau.
Et donc l'idée c'est vraiment de faire passer ce message le plus possible pour que les parents au moins soient au courant. Ce délit, je le prévois en tout cas la la proposition loi le prévoit dans 3 ans, c'est-à-dire après une information, une sensibilisation massive que je souhaite en tout cas massive, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui. On a une un rapport qui a été rendu au président de la République l'année dernière de madame Servane Mouton, de monsieur Amine Benjamina sur les écrans qui alertait sur le fait qu'avant 3 ans, c'était extrêmement problématique.
Aujourd'hui, il devrait irriguer tous les plans de notre administration partout. C'est pas du tout le cas, ni dans l'éducation nationale, ni dans la santé. Donc moi, je pense qu'il faut une sensibilisation massive sur le sujet.
En tout cas, c'est un sujet de préoccupation euh de tous les parents qui nous écoutent ce matin sur Europin. Merci d'être venu nous en parler, Miller et à mon avis votre proposition de lo on va en reparler. Bonne journée à vous.
Laure Miller