Benoît Hamon : "La volonté de tourner la page est claire"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:11FerméeRéponse partielle
Savez-vous combien d'électeurs se sont déplacés hier ?
- 0:49RelanceRéponse directe
Ça risque de ne pas donner beaucoup de poids ou de légitimité aux vainqueurs de dimanche prochain ?
- 1:18ComplaisanteRéponse directe
« Tourner la page », c'est le titre du livre que vous avez publié il y a cinq ans, exactement.
- 1:22OuverteRéponse directe
Ça veut dire que c'est le quinquennat Hollande qui a été sanctionné hier.
- 2:00OuverteRéponse directe
Le futur proche ou le futur lointain ?
- 2:51OuverteRéponse directe
Ceux qui ont voté pour vous, pensez-vous, pensent que vous pouvez gagner l'élection présidentielle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:14Invité politiqueChiffre
« il y a une polémique ce matin entre 1,5 million et 2 millions. »
- 0:52Invité politiqueFait
« les électeurs m'ont placé en tête, ce qui n'était pas forcément ce qui était pronostiqué par les sondages »
- 1:04Invité politiqueFait
« la volonté de tourner la page est claire, qu'il s'agit de regarder vers le futur »
- 2:34Invité politiqueFait
« j'ai voulu donner une armature à ce projet qui repose sur un pilier social fort, le revenu universel, la réduction des intents de travail, le partage du travail, mais aussi un pilier écologique fort, la transition écologique »
- 2:56Invité politiquePromesse
« je le crois, en tout cas ceux qui ont voté pour moi, oui, je le crois »
- 3:00Invité politiqueChiffre
« je vais démarrer dans cette primaire à 7 ou 8% »
- 6:33Invité politiqueChiffre
« le revenu universel est aujourd'hui majoritaire dans l'opinion »
- 7:27guest_politiqueFait
« il n'y a aucune chance pour la gauche de l'emporter si elle n'a pas un projet politique qui propulse un imaginaire puissant face à une droite totale et une extrême droite dangereuse »
Temps de parole
- Benoît Hamon73 %
- Présentateur27 %
≈ 1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Le 7-9 de France Inter, première matinale de France, à suivre aussi en vidéo sur franceinter.fr.
Bonjour Benoît Hamon. Bonjour Patrick Cohen. Savez-vous combien d'électeurs se sont déplacés hier ?
Écoutez, je m'en tiens à ce qui avait été dit hier soir, mais apparemment il y a une polémique ce matin entre 1,5 million et 2 millions. Il y a surtout beaucoup d'incertitudes. Oui, bah écoutez, j'aimerais qu'elles soient levées assez rapidement, mais j'ai pas plus d'informations que vous. En tout cas, c'est pas beaucoup. C'est moins qu'attendu, c'est pas mal non plus, la gauche est affaiblie.
Elle a connu, elle connaît, une séquence qui est compliquée, à la fois parce qu'il y a une offre politique autour du Parti Socialiste, celle de Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jandot d'une part, celle d'Emmanuel Macron sur sa droite, d'autre part, qui ont pu donner à cette primaire un relief, en tout cas un visage un peu plus terne que ce qu'on imaginait.
Ça risque de ne pas donner beaucoup de poids ou de légitimité aux vainqueurs de dimanche prochain ?
En tout cas, il y a un message assez clair qui a été passé hier, à la fois parce que les électeurs m'ont placé en tête, ce qui n'était pas forcément ce qui était pronostiqué par les sondages, parce qu'ils ont donné aussi un score important à Arnaud Montebourg. Cela veut dire que la volonté de tourner la page est claire, qu'il s'agit de regarder vers le futur, et moi j'entends bien être le porteur de cette force-là.
« Tourner la page », c'est le titre du livre que vous avez publié il y a cinq ans, exactement. On pourra peut-être en reparler, parce qu'il y a des choses qui sont assez différentes de ce que vous dites aujourd'hui. Ça veut dire que c'est le quinquennat Hollande qui a été sanctionné hier.
Pour partie, mais je pense que François Hollande, finalement, en décidant de ne pas être candidat, a évité que cette primaire soit une forme d'inventaire ou de procès qui aura été long, interminable, et finalement difficile pour tout le monde, d'un quinquennat dans lequel il y a évidemment du bon. Il y a aussi des orientations qui ont été prises, notamment sur le plan économique, sur le plan social, et certainement sur les questions de valeur qui ont été largement critiquées par les électeurs de gauche. En faisant cela, il nous a permis de nous tourner vers le futur.
Et la question qui se pose aujourd'hui, et qui s'est posée durant cette primaire, c'est quel est ce futur, et comment veut-on le construire ?
Le futur proche ou le futur lointain ? Eh bien, je pense les deux. Parce que le futur proche, c'est une élection présidentielle, et vous n'en parlez pas beaucoup, Benoît Hamon. Je ne parle que de ça.
Quand je parle de l'avenir de nos enfants, je ne parle que de ça. Quand je me reviens hier soir sur l'épisode de pollution atmosphérique qu'on connaît aujourd'hui, sur l'anniversaire de la mort de l'abbé Pierre et des questions de solidarité et de pauvreté, je pense que je ne parle que de ça. Je pense qu'il faut, au contraire, se saisir de la réalité telle qu'elle est vécue par nos compatriotes, difficile, compliqué, pour essayer de construire un vrai projet politique cohérent. Et j'insiste sur ce point.
Moi, j'ai voulu donner une armature à ce projet qui repose sur un pilier social fort, le revenu universel, la réduction des intents de travail, le partage du travail, mais aussi un pilier écologique fort, la transition écologique. Et ce n'est pas l'un sans l'autre, c'est l'un et l'autre, et c'est ce projet-là que je veux porter.
Ceux qui ont voté pour vous, pensez-vous, pensent que vous pouvez gagner l'élection présidentielle ?
Écoutez, je le crois, en tout cas ceux qui ont voté pour moi, oui, je le crois, mais je vais démarrer dans cette primaire à 7 ou 8%. Vous savez, ça apprend l'humilité, et ça devrait l'apprendre d'ailleurs à tout le monde. C'est qu'il faut regarder les débats politiques pour ce qu'ils sont, les dynamiques se construisent au fur et à mesure.
Ce qui me donne de la force, je vais vous dire, c'est que j'ai vu beaucoup, beaucoup, beaucoup de jeunes actifs s'emparer de cette élection et décider que ce qui va se fabriquer à l'occasion de l'élection présidentielle, ils voulaient peser dessus, parce qu'ils n'ont pas trop envie, et je les comprends, que les règles du jeu soient déterminées seulement par des générations qui ont connu le travail à une époque où il était facile d'avoir un emploi, où on connaissait des carrières linéaires, où on ne craignait pas que le réchauffement climatique mette en danger notre cadre de vie et la planète.
Je pense que ces femmes et ces hommes, plutôt jeunes, il n'y a pas qu'eux, mais ont décidé de peser sur cette élection présidentielle et je m'en réjouis.
A la façon des références que vous avez citées dans votre discours, il y en avait trois, Bernie Sanders aux Etats-Unis, Corbyn au Royaume-Uni et Podemos en Espagne. Oui, de belles références. Ils ont tous perdu.
Ils ont tous perdu, mais ça progresse. Aucun des deux pouvoirs. Ça ne m'a pas échappé, comme toutes les gauches libérales s'effondrent, Renzi et d'autres. Donc la question qui est posée, c'est aujourd'hui, quel est le chemin pour permettre à la gauche, demain, à la fois de gouverner, mais aussi de transformer, c'est-à-dire ne pas se contenter d'être là, posée, passive, et de commenter les événements en disant, bon, écoutez, on est là, c'est toujours mieux que si c'était la droite. Il me semble que ce discours-là est un discours d'impuissance avec lequel il faut justement en finir.
Et ce que je crois, c'est qu'aujourd'hui, il y a des dynamiques, un mouvement social, un mouvement citoyen, une aspiration à l'innovation sur le plan démocratique, sur le plan écologique, et qu'il faut s'appuyer sur cette France vivante. C'était le slogan de ma campagne, faire battre le cœur de la France. J'observe qu'il bat très fort partout en France. Il est peut-être temps maintenant que ce cœur-là gouverne.
Si vous gagnez, vous tenterez de dialoguer, comme vous l'avez dit, avec Emmanuel Macron et avec Jean-Luc Mélenchon ?
Je tenterai, oui, je ne suis pas dupe des portes closes auxquelles je risque de me cogner.
Des portes closes ou d'un dialogue ou d'une impasse ?
Sur le fond, le dialogue est possible. Il est parfaitement possible quand on parle de planification écologique, quand on parle de VIème République, quand on parle de République bienveillante. La question est, ceux-là veulent-ils parler ?
Ils veulent surtout la mort du PS les deux.
Voilà, mais je pense que vouloir la mort du PS, ça ne fait pas un projet politique.
Bon, dialoguer donc pour aboutir à quoi ? Le retrait d'un ou deux candidats ? C'est ça la finalité pour gagner la présidentielle ?
Poser le rassemblement, c'est prendre les choses dans l'ordre. Et ce que ceux qui nous ont précédés ont fait auparavant, c'est identifier les points sur lesquels un projet politique peut se construire. Il me semble aujourd'hui qu'au regard de l'urgence écologique et sociale, il y a matière à construire ensemble ce programme commun, peut-être même beaucoup plus facilement que cela ne l'était il y a de cela 20 ou 30 ans. Donc on verra. Moi, j'aspire à cela. En tout cas, si je suis choisi comme candidat dimanche, j'aurais la légitimité démocratique d'un vote du peuple de gauche.
D'un vote du peuple de gauche, c'est une légitimité démocratique, dites-vous. Donc, ça veut dire que vous irez forcément au bout ? Que vous serez à coup sûr candidat à la présidentielle ? Écoutez, en tout cas, si on doit comparer les légitimités,
il y a la légitimité des appareils, ceux qui sont désignés par leur appareil et ceux qui sont désignés par les électeurs. Alors, moi, je me suis mis en situation de gagner comme de perdre, de confronter mes idées à la réalité, d'observer aujourd'hui que les Français me mettent en tête à raison des choix politiques que j'ai faits, qui n'étaient pas simples. Je me souviens encore, on m'a dit, tous les sujets que vous défendez sont minoritaires. Ce n'est plus vrai, le revenu universel est aujourd'hui majoritaire dans l'opinion. C'est compliqué, je reconnais. Et c'est en marchant qu'on apprend à marcher.
Sur une partie de ces solutions, on construit, on fabrique aujourd'hui des réponses à des solidarités qui sont manquantes. Eh bien, moi, je sors de cette élection avec davantage de force et de conviction que l'on peut gagner qu'avant.
C'est assez normal puisque je suis aujourd'hui en tête. Benoît Hamon, candidat à la présidentielle, c'est la défaite assurée d'Emmanuel Valls.
Tout ça, c'est de la vieille politique. Si c'est ce genre d'argument qui est utilisé, je les lui laisse. Moi, je ne pense pas que... Je n'ai pas dénigré qui que ce soit dans cette campagne. Je ne procède pas par Oukaz. Je suis ravi de débattre avec lui. J'espère qu'il aura un deuxième argument.
Vous pensez donc, vous, au contraire de Manuel Valls, vous pensez pouvoir battre et Fillon, et Le Pen, et Macron, et l'instancer Mélenchon ?
Je pense qu'il n'y a aucune chance pour la gauche de l'emporter si elle n'a pas un projet politique qui propulse un imaginaire puissant face à une droite totale et une extrême droite dangereuse. Je l'ai dit et répété, et aujourd'hui, je veux porter cet imaginaire politique puissant. Il articule questions sociales et questions écologiques. Je le dis, ce ne sera plus l'un sans l'autre. La volonté du partage du travail, l'objectif de la conversion écologique de notre économie, l'aspiration à faire respirer la démocratie, tout ça est dans mon projet politique. Il est de nature à rassembler bien au-delà du Parti Socialiste. Il rassemble déjà bien au-delà du Parti Socialiste.
Manuel Valls n'est pas le seul à avoir tenu ce genre de raisonnement ces derniers jours à faire de la vieille politique, comme vous dites. Arnaud Montebourg, il y a quelques jours encore, se présenter devant François Fillon en proposant le revenu universel et la légalisation du cannabis, c'est risqué d'être renvoyé dans les poubelles de l'histoire, disait Arnaud Montebourg avant le scrutin d'hier et son ralliement, enfin l'annonce de son vote en votre faveur dimanche prochain.
On avait deux points de désaccord cela, ce qui explique sans doute qu'on était candidat tous les deux. et ce n'est pas illogique, il insiste sur ce qui faisait nos désaccords, mais au-delà de ça, il a retenu hier soir ce qui nous rassemblait plus fort, et je le remercie de son soutien, parce qu'il sera précieux pour moi dans cette dernière ligne droite, et plus jusqu'en mai.
Benoît Hamon, on vous retrouve dans quelques minutes avec les questions, les appels des auditeurs d'Inter, 01-45-24-7000, il est 8h30. C'est parti, c'est parti, c'est parti, c'est parti.
Benoît Hamon