Vote de confiance : François-Xavier Bellamy réfute toute division au sein de LR
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France Inter Nous sommes à 24h de ce qui pourrait être une première dans la Vème République. Depuis 1958, l'article 49.1, celui qui mène au vote de confiance, a été utilisé à 41 reprises. Jamais il n'a provoqué la chute d'un gouvernement. A 15h ce lundi, François Bayrou prononcera une déclaration de politique générale, sans aucun doute sur le risque de surendettement et cet effort qu'il exige d'une quarantaine de milliards d'économies. Puis discussion, vote, particularité du 49.1, seuls les suffrages exprimés, les pour et les contre seront comptabilisés. Les blancs, les nuls, les abstentions n'auront aucun poids.
Si la majorité n'est pas favorable, François Bayrou devra remettre sa démission à Emmanuel Macron, le chef de l'État qui, en réalité, est déjà à la recherche du successeur du Béarnet. Alors, qui à Matignon ? Les socialistes se disent près, le RN et Jordan Bardella caracolent en tête des sondages. Et pour les Républicains, voici revenir le moment des questions existentielles. La rentrée de la droite à Port-Marie devait être synonyme de grande réconciliation. Elle est percutée par ce vote de confiance. Les LR qui avaient enfin repris des couleurs en revenant aux affaires avec des ministres poids lourds ont été incapables cette semaine d'afficher une ligne claire et unitaire.
Sans doute toujours la peur de l'effacement car ce lundi, il se joue beaucoup de l'avenir du pays et du futur du parti. On en parle avec François-Xavier Bellamy, le vice-président des Républicains et dans Questions Politiques, en direct et jusqu'à 13h. France Inter. Questions Politiques. Alexandra Bensaï. Bonjour et bienvenue François-Xavier Bellamy. Merci d'avoir accepté notre invitation.
Merci de votre invitation.
Vous êtes le numéro 2 des Républicains. Vous êtes également eurodéputée. A mes côtés pour vous interviewer mes consœurs que je salue. Alix Bouillaguet de France Télévisions. Hello Alix. Bonjour Alexandra. Bonjour à tous. Et Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes et tous. Première question François-Xavier Bellamy. Vous n'êtes pas député sur le sol national. Vous êtes député européen, je l'ai dit. Mais si demain vous étiez dans l'hémicycle à Paris, après la déclaration de politique générale, après la discussion, ça va être l'heure du vote de confiance. Pour ou contre, quel serait votre choix ?
D'abord je voudrais rappeler que ce n'est pas un vote de confiance. Dans les institutions de la Ve République, c'est le Premier ministre qui engage la responsabilité de son gouvernement sur cette déclaration qu'il va prononcer demain. Ce n'était pas notre choix. Tout le monde reconnaît que le Premier ministre a surpris, y compris le gouvernement, en décidant de ce moment politique qu'il a lui-même provoqué. Mais le fait est que cette déclaration, nous le savons, vous l'avez dit, elle va porter sur une question très simple. La France est-elle dans une situation de risque budgétaire majeur ?
Et à cette question, nous ne pouvons que répondre oui, parce que c'est l'alerte que nous partageons depuis des années maintenant. Nous sommes la seule famille politique à n'avoir jamais varié sur cette question fondamentale. Depuis des années, nous disons que la France est au bord de la faillite et que cette faillite, elle pèserait sur tous les Français, en particulier sur les plus modestes.
François-Xavier Ménamie, je vous entends. Nous ne pouvons pas, c'est ce que vous allez dire.
Nous ne pouvons pas nous déjuger. En tous les cas, c'est ce qui nous réunit tous. Et vous commencez en disant que nous étions très divisés, mais ça n'est pas le cas. Sur le fond, le constat, il est unanime chez nous.
Laurent Wauquiez, le chef de file des députés dans l'hémicycle, dit lui-même que sans doute il y aura un député sur deux qui ne votera pas la confiance. Qui va dire qu'il n'est pas en capacité de dire « Ok, il y a un constat et je le partage ».
Vous êtes divisés. Ce qui est certain, c'est que ce vote, écoutez, ce serait dramatique de passer toute notre émission à parler de ce vote. On en a déjà trop parlé parce qu'en réalité, l'issue, elle est déjà jouée.
Je voudrais bien vous entendre, vous êtes en train d'éviter la question. C'est très fort. Vous dites « on ne peut pas », c'est notre ligne, on a toujours défendu ça.
Mais aucun parlementaire, les Républicains, ni à l'Assemblée, ni au Sénat, ni au Parlement européen n'a une ligne divergente sur le constat fondamental dont il est question aujourd'hui. Oui, la France est dans une situation de risque budgétaire majeur. Maintenant, faut-il voter ou non pour soutenir ce choix qu'a fait le Premier ministre d'engager la responsabilité de son gouvernement ? Objectivement, je comprends, Bruno Retailleau l'a dit dès le début, nous comprenons tous que pour les députés qui sont à l'Assemblée nationale, ce soit difficile en effet de se sentir otage de cette initiative qui a été prise sans concerter personne. Donc c'est la méthode ?
Il a choisi sa sortie, c'est ça que vous êtes en train de dire ?
Et là encore, cette méthode-là, bien sûr, on est tous unanimes pour dire qu'au moins, elle pose un problème de fond dans la solidarité gouvernementale qui aurait pu prévaloir dans un moment comme celui-là. Maintenant, ce qui compte, c'est pas qu'on parle indéfiniment de ce vote de demain. Ce qui compte, c'est qu'on parle de la réalité du problème de la dette, la réalité des solutions que nous voulons porter et que là encore, nous sommes unis pour porter.
Nous avons été à Matignon dans les consultations qu'organisait le Premier ministre avec Bruno Retailleau, avec Laurent Wauquiez, avec Mathieu Darnot, président des sénateurs LR et moi-même, et nous avons parlé d'une seule voix pour dire cette chose très simple, pour sortir de la crise budgétaire que la France traverse aujourd'hui, on ne peut pas demander toujours à la France qui paye déjà beaucoup, à la France qui travaille et qui cotise, de payer encore plus. C'est pour ça que ces deux jours fériés sont pour nous un symbole qui va dans le mauvais sens.
Ce qui compte, c'est de faire en sorte que ceux qui pourraient travailler, ceux qui pourraient contribuer, ceux qui pourraient cotiser, soient reconduits vers l'emploi. Et c'est un enjeu existentiel pour la France.
François-Xavier Bellamy, on va bien sûr parler du fond, mais quand même encore quelques questions sur ce... Vous dites, on va parler de l'après et des solutions. Il faudra bien quelqu'un à Matignon, il faudra bien une équipe, il faudra bien, car personne n'a la majorité des coalitions, des compromis. Alors, le chef de l'État, on le sait déjà, à la recherche du successeur, de François Bayrou, jeudi, Laurent Wauquiez, encore lui, a dit que la droite ne censurera pas un gouvernement socialiste. Cela, au nom de la stabilité politique, ça a été le tollé dans votre famille. Est-ce que vous, vous êtes tombé de votre chaise, quand vous avez entendu ces propos ?
Pour nous, là encore, les choses sont très claires.
Vous, François-Xavier Bellamy ?
Ce qui compte, c'est le contenu. Ce que Laurent Wauquiez a voulu dire, c'est que nous ne sommes pas les artificiers de l'instabilité gouvernementale. Mais sur le fond, il est très clair que nous ne laisserons pas faire un gouvernement qui enverrait la France au tapis. Si nous sommes rentrés au gouvernement il y a un an, si nous avons accepté ce choix qui était tout sauf une évidence, ce n'est pas parce que nous sommes devenus macronistes, nous ne le sommes toujours pas aujourd'hui. Ce n'est pas parce que nous avions envie de postes ou de places pour nous-mêmes. Si nous sommes rentrés dans ce gouvernement, c'est pour une seule et unique raison.
C'est parce qu'après la dissolution, si nous ne faisions pas ce choix, c'était le nouveau Front populaire qui arrivait au pouvoir. Et cela, nous ne pouvions pas l'accepter. Et les électeurs qui nous ont fait confiance, et qui ont fait que, grâce aux députés courageux qui se sont engagés dans cette élection législative après la dissolution, nous avons toujours un groupe fort à l'Assemblée Nationale, eh bien, nos électeurs ne pouvaient pas imaginer que nous laisserions la gauche prendre le pouvoir. Mais aujourd'hui, ça n'a pas changé.
Aujourd'hui, le Parti Socialiste fait des offres de service. Olivier Faure se voit à Matignon. Et il semble qu'avec LFI, ça n'aille plus aussi bien. Est-ce que Olivier Faure à Matignon, c'est sans la droite ? Mais est-ce que ça veut dire que la censure est automatique ?
Mais ce qui compte pour moi, c'est qu'Olivier Faure fait des propositions. Et moi, j'écoute ce qu'il dit. Et j'écoute le contre-budget qu'ont présenté les socialistes à leur congrès de Blois. Et ce contre-budget, c'est quoi ? C'est 30 milliards d'euros de dépenses publiques en plus, et 30 milliards d'euros de nouveaux impôts, dans le pays qui est déjà le champion de l'OCDE, en matière de dépenses publiques et en matière de fiscalité. Est-ce qu'on va s'en sortir en allant encore plus loin, dans tout ce qui est en train d'asphyxier la France aujourd'hui, et toutes les forces vives de la France ? C'est impossible. Moi, je crois que les socialistes français, manifestement, n'ont pas changé.
Et d'ailleurs, Olivier Faure n'a toujours pas exclu de repartir en campagne demain avec LFI, de repartir en campagne demain avec une extrême gauche qui a décidé de se faire, je cite Jean-Luc Mélenchon lui-même, le champion de l'organisation du bordel. Donc, on doit aujourd'hui ouvrir les yeux. Ce parti socialiste-là ne peut pas gouverner la France sans la mettre en danger mortel. Donc, oui, bien sûr, nous nous y opposerons.
Existe-t-il une autre figure ? Je vais vous citer des noms. Éric Lombard, Bernard Cazeneuve, Jean-Yves Le Drian, dans le casting. Est-ce que ça, c'est encore la gauche que vous ne voulez pas à Matignon ?
Tout ce qui compte, c'est le contenu. Si, encore une fois, c'est pour faire la taxe Zuckmann, de nouveaux impôts. Si, c'est pour faire la retraite à 62 ans, une dette supplémentaire, alors que toute l'Europe est déjà, y compris dans les pays gouvernés par des socialistes, en train de regarder, sidérer le délire des finances publiques françaises. Si, c'est pour faire ça, alors c'est absolument exclu. Et pardonnez-moi de le dire, mais je vois dans la liste des gens que vous citez, des personnes qui sont, me semble-t-il, déjà promises à la censure, y compris de la part de la gauche. Bernard Cazeneuve, qui a quitté le parti socialiste.
Encore une fois, je ne vois pas comment l'équation peut fonctionner. Encore une fois, pour nous, ceux qui comptent, sortons des spéculations qui intéressent trois arrondissements parisiens. Parlons de la France et des Français. Ce qui compte, c'est de sortir de cette spirale destructrice de l'impôt, des charges, des taxes, de la complexité, de la réglementation qui est en train d'étouffer ce pays. Et cela, c'est ce que nous voulons pour la France. C'est aussi, d'ailleurs, sur les questions de sécurité et d'immigration, que nous avons manifestement une divergence évidente avec le parti socialiste.
Question d'Alix Bouillaguet. François-Xavier Bellamy, je reviens quand même un petit peu à ce que vous avez dit. Vous avez dit qu'il n'y a aucune ligne divergente au sein des Républicains concernant la dette. Alors, expliquez-moi pourquoi, à l'Assemblée nationale, il y a 49 députés LR. Un tiers va voter contre la confiance ou s'abstenir. Bruno Retailleau, alors je vous fais dans le détail, c'est quand même des cadors, dit qu'il faut voter la confiance. Xavier Bertrand, il dit qu'il est contre. Pour Nicolas Sarkozy, alors c'est l'abstention, mais c'est aussi la dissolution. Et puis, David Lysnard, Pécresse, Copé, eux, c'est carrément la démission d'Emmanuel Macron.
C'est quand même le grand bazar au sein des Républicains.
Encore une fois, ce qui compte, c'est le contenu. Sur le contenu, nous sommes d'accord. La question de ce vote, qui, je le répète, n'est pas un vote de confiance. La question de ce vote, c'est qu'est-ce que nous devons répondre à la question posée par le Premier ministre demain. Ce vote, l'issue, tout le monde la connaît. Donc, il est inutile de spéculer trop longtemps dessus.
Mais comment vous expliquez ? Vous n'êtes pas d'accord ? Regardez, je vous dis, les Pécresse, les Nicolas Sarkozy, les Retailleau, les Bertrand.
Vous pouvez citer autant de mots que vous voulez. La vérité, c'est que, est-ce que toutes ces personnes, et je le répète, ce qui compte le plus, est-ce que tous nos électeurs, est-ce que tous nos militants, est-ce que les 135 000 adhérents qui nous ont rejoints, et qui sont aujourd'hui ceux qui font de notre parti le premier parti de France, est-ce que tous ceux-là sont d'accord sur le fond du constat, et sur ce que la France attend ? La réponse, c'est oui. La France est en situation de danger existentiel à cause de la dette qui s'accumule sur ses épaules.
Maintenant, la stratégie de François Bayrou, celle qu'il a choisie tout seul, elle suscite effectivement des divergences d'analyse sur la meilleure manière d'y répondre. Erreur historique ? Ça n'est vraiment pas dramatique. Laurent Wauquiez a dit qu'il voulait répondre oui à la question posée demain. Erreur historique, vous êtes philosophe, férus d'histoire.
Est-ce qu'aujourd'hui, François Bayrou, qui veut se mettre dans les pas de Pierre Mendès-France, fait une erreur historique ?
Mais nous, nous lui avons dit, encore une fois, je crois que la responsabilité d'un Premier ministre, la responsabilité d'un gouvernement, y compris dans la situation très complexe que nous vivons aujourd'hui, c'était sans aucun doute de tenter de mettre un budget sur la table, de porter ce budget jusqu'au bout, comme l'a fait Michel Barnier. Et si ce budget n'est pas accepté, et s'il est censuré, d'en tirer les conséquences, bien sûr. Mais effectivement, aujourd'hui, ce qui pose une vraie question pour nous, c'est qu'on a le sentiment que le Premier ministre a été à ce point de rupture avant même d'avoir essayé de construire les conditions d'un accord sur un budget.
Et la France, aujourd'hui, a besoin, bien sûr, d'un budget.
Françoise. Françoise Fressoz.
Vous essayez d'atténuer les tensions au sein de l'ER, mais est-ce qu'il n'y a pas quelque chose de fondamental, aujourd'hui, qui se joue entre deux lignes ? C'est la ligne dissolution qui peut amener, peut-être, le RN en tête d'une majorité extrême droite-droite, ou la ligne, on essaye de consolider pour éviter ce basculement ? Est-ce que ce n'est pas ça le fond du problème ? Et comment vous, vous réagissez par rapport à ça ? Quand vous écoutez Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, qui a bataillé en 2007 pour essayer de contenir le RN, qui dit, maintenant, c'est la dissolution, et si jamais, oui, il y a l'hypothèse RN, on y va, est-ce que vous n'êtes pas extrêmement interloqué,
ou en tout cas, envie de nous expliquer ce qui se passe ? Mais sur la question de la dissolution, ça tombe bien, le choix, il appartient institutionnellement au président de la République. Donc on peut spéculer, là encore, autant qu'on veut, sur y aura-t-il ou non demain une dissolution. Ce qui nous importe pour nous, comme famille politique, c'est de nous y préparer, et d'être prêts si cette dissolution intervient. Maintenant, la question de savoir si elle doit intervenir, elle ne nous appartient pas.
Mais vous la souhaitez, la question de François de Frécieux ? Est-ce que vous, François-Xavier Bellamy, numéro 2, DLR, vous la souhaitez, la dissolution ?
Moi, je crois profondément que le moment démocratique qui décidera de la véritable alternance profonde dont le pays a besoin, ce sera l'élection présidentielle. Et je crois que notre devoir, d'ailleurs, au-delà de la situation de grande confusion que nous connaissons aujourd'hui, qui consiste à tenter de faire au mieux dans un moment où nous n'avons pas de majorité à l'Assemblée Nationale, notre devoir, c'est surtout de préparer cette alternance. Parce que la France a besoin d'un changement profond.
Et nous sommes aujourd'hui, c'est vrai, nous sommes au gouvernement, Bruno Retailleau est ministre de l'Intérieur, mais sans avoir de majorité à l'Assemblée Nationale, il est parfaitement clair, et tous les Français le savent bien, qu'il fait tout ce qu'il peut, mais qu'il ne fait pas tout ce qu'il veut et tout ce qu'il voudrait faire pour que le pays puisse demain retrouver la maîtrise de ses frontières, retrouver la sécurité pour la France. On aura besoin pour ça d'une élection présidentielle et on aura besoin d'une majorité claire.
Mais est-ce que vous appelez à une présidentielle anticipée comme Jean-François Copé ou Valérie Pécresse ?
Et là encore, cette décision, elle n'appartient qu'à une seule personne qui est le président de la République.
Mais vous la souhaitez ?
Moi, je crois que cette élection présidentielle, dans tous les cas, qu'elle soit dans deux ans ou qu'elle soit plus tôt que cela, elle sera le moment de vérité dont la France a besoin. Maintenant, le président de la République à lui de tirer les conséquences de ce qu'il voit dans la vie démocratique. Charles de Gaulle avait démissionné après un référendum manqué sur la régionalisation en 1969. Voilà, d'autres présidents n'ont pas fait le même choix. François Mitterrand, Jacques Chirac sont devenus minoritaires dans le pays sans pour autant démissionner. Ils ont connu des moments de cohabitation.
Je crois que ce qui serait délétère, c'est d'organiser une pression sur le président de la République parce que je crois que la force de nos institutions tient à ce que chacun soit respecté dans son rôle. que ça n'enlève rien au fait que, évidemment, la question est évidemment posée et qu'elle existe pour lui. Elle lui appartient.
Vous souhaitez une élection présidentielle qui réglera les problèmes mais quand on voit l'état de division de LR qui rebondit, là on voit de nouveau la guerre Retailleau-Wauquiez, on voit un parti complètement faibli qui n'a pas de stratégie, est-ce que vous ne dites pas non, non, mais c'est extrêmement risqué pour nous ? Comment vous restez positif et optimiste pour votre propre famille politique dans l'environnement actuel ?
Je serais très heureux de vous proposer de venir avec moi après cette émission. On file à Port-Marly où je vais retrouver tous les adhérents qui sont réunis pour notre congrès. Nous adoptons nos nouveaux statuts. Nous avons 3000 personnes qui participent à ce grand événement de rentrée. Je peux vous garantir que l'ambiance est à l'unité et la vérité, c'est que ça n'est pas le vote provoqué par François Bayrou qui va suffire à nous diviser sur le fond, sur le constat, sur le diagnostic de ce que la France vit aujourd'hui, sur les remèdes dont elle a besoin. Nous sommes unis, sans doute, comme la droite l'a rarement été dans son histoire.
Et la vérité, c'est que notre responsabilité, c'est maintenant de faire de cette unité l'occasion de préparer l'alternance. Après, vous pouvez raconter indéfiniment le spectacle des divisions parce que oui, c'est vrai, nous ne sommes pas un parti caporaliste et que dans cette famille politique...
Vous l'avez été, François-Xavier Bellamy. Non, non. La droite, en général, c'est un chef et des gens qui suivent. Non, non.
La droite, c'est le goût de la liberté et c'est le fait que chacun peut apporter à la discussion ce qu'il veut donner pour éclairer la situation. On a compris tout à l'heure
votre positionnement par rapport à la gauche. Moi, ce qui m'intéresse, c'est par rapport au Rassemblement National. Vous êtes un proche, un ami même de Marion Maréchal. Vous connaissez aussi très bien... Alors, je ne sais pas
si vous avez suivi la dernière élection européenne. Je ne crois pas particulièrement que Marion Maréchal ait été particulièrement bienveillante à l'égard de la liste que je conduisais.
Mais regardons devant.
Je défends...
Les Républicains... Est-ce que les Républicains vont devoir, à un moment, en fonction des circonstances politiques, devoir tendre la main au Rassemblement National ? Est-ce que c'est la logique de l'histoire ? Ce matin, Laurent Wauquiez disait que l'union des droites, c'est souhaitable. Est-ce que vous la souhaitez, vous ?
Mais moi, je souhaite l'union de tous les électeurs de droite derrière la famille politique dont la mission est de les représenter pour apporter cette alternance dont la France a besoin. Les Républicains... Et moi, je suis rentré dans cette famille politique en 2019 et je n'ai jamais varié. J'y suis rentré pour réussir à reconstruire de l'intérieur cette famille. Parce que les Républicains, c'est historiquement la formation politique dont la mission est d'incarner la droite en France. Et aujourd'hui, notre devoir, c'est de reconstruire ce pilier de notre vie démocratique. Je n'ai jamais été macroniste parce que je n'ai jamais cru en même temps. Je n'ai jamais cru à la fin des clivages.
Je ne crois pas qu'on puisse être en même temps de droite et de gauche. Mais est-ce qu'il pourrait y avoir des ministres républicains
dans un gouvernement rassemblement national ?
Dans toutes les grandes démocraties du monde, il y a une droite et une gauche. Et oui, c'est vrai, on a pu croire ces dernières années à l'effacement de ce clivage par la dévitalisation des vieux partis qui incarnaient la droite et la gauche. François, Vous ne répondez pas la question d'Alexandra. Je vais au bout de la logique.
Concrètement, là on va parler vrai concrètement, vous rentrez ou pas. Jordan Bardella est à Matignon demain. Est-ce que vous dites si on vous propose un poste de ministre, vous dites OK ?
Écoutez, Éric Ciotti est rentré au Rassemblement National. Est-ce qu'il a été suivi par les cadres des Républicains ? Aujourd'hui, notre devoir, c'est de reconstruire la droite et le Rassemblement National refuse d'assumer le rôle d'un parti de droite. D'ailleurs, Marine Le Pen dit la même chose qu'Emmanuel Macron sur ce point. Elle dit le clivage gauche-droite, ça n'existe pas. C'est un désaccord fondamental entre nous. Elle a le droit de le penser. Moi, je pense le contraire. Et ce que je vois en Europe, ce que je vois dans tous les pays européens, c'est le retour de la droite. Pas les amis de M. Macron.
Le groupe Renew, qui était le troisième groupe au Parlement européen, est devenu le cinquième et n'a quasiment plus aucun gouvernement en Europe. Pas les amis de Mme Le Pen. La force politique qui gagne partout en Europe, c'est la droite européenne. Mais vous n'avez pas la question Nigel Farage,
Georgia Meloni, non, c'est pas... Mais Georgia Meloni, pardon,
elle se définit comme étant de centre droit et elle gouverne avec Forza Italia. C'est ainsi qu'elle se définit.
L'histoire de son parti n'est pas tout à fait celle-ci.
La vérité, c'est qu'aujourd'hui, si vous regardez, quand j'ai été élu en 2019 pour la première fois au Parlement européen, il y avait 7 gouvernements de droite sur 28. Aujourd'hui, il y a 15 gouvernements dirigés par la droite sur 27. Et donc, ce mouvement de fond, il n'y a aucune raison que la France ne le rejoigne pas demain. Et ma conviction profonde, c'est que la seule force politique qui peut assurer l'alternance dont la France a besoin, c'est la droite de gouvernement. Vous avez 49 députés, je le rappelle,
répondez à la question. Jordan Bardet-Lamatignon, est-ce que vous êtes ministre, vous ou d'autres républicains ?
Mais je ne vais pas partir du principe que ce n'est pas nous qui pouvons relever la tête.
Mais regardez les sondages et regardez même la conclusion de Nicolas Sarkozy qui dit qu'il n'y aura peut-être pas de majorité absolue dans une éventuelle prochaine Assemblée nationale, mais on ne peut pas exclure que le Rassemblement national soit en tête.
Regardons en effet les sondages, François Fressos. Qu'est-ce qu'ils disent les sondages ? 30% pour le RN. Et que disent les sondages quand on demande aux Français quel est le Premier ministre qu'ils veulent ? Il répond dans lequel Jordan Bardet-Lat, 36% et le deuxième ? Bruno Retailleau, 33%, 3 points derrière. Vous voyez, dire que c'est une fatalité et que la droite est condamnée à l'échec. Pour être un peu
en capacité, comme on dit, en situation d'avoir ma opinion.
Notre travail, c'est ça, c'est de gagner les prochaines présidentielles pour pouvoir gagner les législatives qui suivront et redonner à la France la majorité dont elle a besoin pour pouvoir garantir la politique cohérente qui sortira le pays de l'ornir. C'est ça, notre travail. C'est ça. Alors, je veux bien que vous expliquiez que c'est perdu d'avance mais tout semble prouver le contraire et depuis un an en particulier parce que vous l'aurez constaté depuis un an, effectivement, les Français reviennent vers nous. Nous sommes redevenus le premier parti de France en nombre d'adhérents. Nous étions le premier parti de France en nombre d'élus locaux.
Nous avons gagné toutes les élections partielles depuis un an. toutes et nous allons gagner d'ailleurs sans aucun doute la prochaine élection qui aura lieu dans la deuxième circonscription de Paris. Donc, nous aurons un député LR supplémentaire avec Michel Barnier. La vérité, c'est que vous pouvez expliquer que c'est perdu. Moi, je crois exactement l'inverse et je crois que notre devoir, c'est de montrer que cette vision cohérente que la droite est seule, a porté seule parce qu'encore une fois, je le redis sur la vision qu'il porte pour le pays, le Rassemblement National refuse cette cohérence-là. C'est bien sûr l'ordre dans la rue, mais c'est aussi l'ordre dans les comptes.
Et sans ça, on n'y arrivera pas. Cette vision cohérente, nous sommes les seuls à la défendre et je crois qu'elle gagnera. Question politique sur France Inter.
Cette crise politique, François-Xavier Bellamy, elle s'accompagne d'une gronne sociale qui monte avec la date du 10 septembre et le mouvement Bloquons Tous a démarré sur les réseaux sociaux à la mi-juillet. C'était juste après l'annonce des 44 milliards d'économies. Et ces derniers jours sur le terrain, il y a eu des assemblées générales de citoyens qui partagent leurs exaspérations. C'était encore le cas cette semaine à Rennes.
On sait très bien que peu importe le gouvernement, les questions des quartiers populaires, des gens qui travaillent, etc., ne seront jamais prises en compte. Nous, en tout cas, c'est une chose qu'on comporte et que du coup, on sait qu'il faut s'organiser directement. En fait, on concentre toutes les difficultés
et toutes les précarités qui existent. Et là, on nous demande de faire des efforts alors qu'on est... Alors qu'on est... On n'a pas eu la fin du sonore. Déjà à l'os, ça doit être ça. Ça doit être ça. Merci, Alex Bouillaguet. Comment est-ce que vous le regardez, ce mouvement qui est inédit quand même, François-Xavier Bellamy, Bloquons Tout, à quoi vous attendez ? Comment vous l'analysez ?
Moi, je comprends profondément la colère qui traverse le pays aujourd'hui. Je ne crois pas que le blocage soit la réponse à lui apporter. Je ne crois pas en particulier que rejoindre un mouvement qui semble être désormais directement instrumentalisé par Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise soit la meilleure façon de répondre aux aspirations très légitimes que le pays est en train d'exprimer. Le fait est qu'aujourd'hui, nous vivons notre pays et tous les Français connaissent un appauvrissement sans précédent.
Si vous regardez l'évolution du niveau de vie des Français par rapport à leurs voisins allemands, par rapport aux Etats-Unis, si nous regardons la trajectoire de notre pays, nous constatons, nous touchons du doigt la réalité de cet appauvrissement. Et donc, maintenant, la question, c'est comment on passe de ce constat à la réponse indispensable ?
Alors, justement, tout le discours a consisté du Président de la République, du Premier ministre, a consisté à dire oui, il y a sans doute risque d'appauvrissement, en tout cas, il y a risque de ne plus pouvoir financer le modèle social tel qu'il existe et donc, il faut produire plus. Il n'y a aucun, absolument aucun consensus sur ce sujet. On voit bien que sur la question des retraites, l'allongement de l'âge de la retraite, ça est premier mouvement social. Quand vous essayez d'élargir et de dire aux Français il faut travailler plus, ça ne marche pas, est-ce qu'on est aujourd'hui dans une crise politique, institutionnelle, sociale, sociétale ?
Et pourquoi vous pourriez prétendre avoir la solution alors qu'on voit que personne n'est d'accord sur la solution à venir ?
D'abord, parce qu'il faudrait commencer par ouvrir lucidement les yeux sur le constat. Et là, c'est notre responsabilité collective. Ah ben,
François Bayrou l'a quand même fait sur la dette.
Revenons sur la dette, je pense que le constat, il est absolument inévitable. et malheureusement, je suis sidéré de voir qu'il y a encore en France, à gauche, un camp du déni qui refuse de regarder en face la réalité du danger que représente notre trajectoire budgétaire. Et encore une fois, je le redis, les Européens, y compris les socialistes européens, ont beaucoup de mal à comprendre l'ampleur de cet aveuglement. Mais si on regarde la réalité du constat, est-ce que la France travaille assez pour produire ce dont elle a besoin ? La réponse est évidemment non.
Parce que, et le C2 l'a encore rappelé il y a quelques jours, dans une enquête qui vient de paraître, la réalité c'est que la France c'est le pays de l'OCDE où sur une vie on travaille le moins par habitant en moyenne. Mais maintenant, pourquoi est-ce qu'il y a un malentendu ? C'est parce qu'en effet, la question est qui doit travailler plus ? Et le grand drame, c'est là où nous divergeons profondément avec la réponse qu'a apportée François Bayrou à cette question. Le grand drame, c'est qu'on demande à la France qui travaille déjà de travailler encore plus.
Derrière cette moyenne, derrière le fait qu'en moyenne on travaille le moins par habitant sur une vie en France, il y a en fait une immense inégalité qui est une immense injustice. Il y a dans ce pays des gens qui bossent et qui bossent beaucoup et qui travaillent très dur et qui ont du mal à s'en sortir, même en travaillant très dur, qui ont du mal à joindre les deux bouts. Et il y a malheureusement dans notre pays, et c'est ça la réalité du problème, beaucoup de gens qui devraient pouvoir être en emploi et qui n'y sont pas. Ça se concentre sur les deux grandes parties de la vie que sont d'une part la jeunesse, et là on a un immense sujet sur l'emploi des jeunes.
Et je le dis comme professeur, on parlera peut-être de l'école tout à l'heure, mais j'étais professeur pendant dix ans, je crois que la crise de l'école c'est le sujet qui devrait tous nous empêcher de dormir. Chaque année, le système scolaire perd 150 000 jeunes. On a 150 000 jeunes par génération qui sont ce qu'on appelle des nids, qui ne sont ni dans un emploi, ni dans une formation, ni dans un stage. Ces jeunes-là, ce sont autant de jeunes qui sont d'abord privés de la capacité de s'accomplir dans leur vie professionnelle, dans leur talent, dans leur existence, mais ce sont aussi autant de jeunes qui ne contribuent pas à la vie de la société.
Ces jeunes, si on reste sur les jeunes, donc les jeunes et les plus vieux, en effet, ils n'ont pas la capacité d'avoir un emploi, ils n'ont pas accès à l'emploi. Est-ce que ce que vous leur proposez...
Les plus vieux, ce n'est pas la même chose, c'est que là, on a aussi une divergence majeure manifestement sur la façon de la retraite.
Est-ce qu'on prie à l'air qu'au moment où il fallait voter la réforme des retraites, une partie a été adoptée ?
Parce que c'est devenu
votre clientelectorat, je suis les retraités.
Cette réforme, elle a été adoptée parce qu'elle a l'air à la soutenue, ce qui était objectivement extrêmement difficile. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle n'était pas parfaite. Mais il fallait faire cette réforme des retraites, il faudra encore y revenir pour plus de justice et pour plus d'efficacité. Le fait est qu'aujourd'hui, on a un problème majeur, en effet, sur cette partie de la vie.
Et c'est ça la vraie folie
que représente la retraite à 62 ans.
Peut-être que sur les jeunes, c'est vrai. Sur les jeunes, vous leur proposez quoi pour aller vers le travail ?
Mais d'abord, il faut repenser complètement. Il faut d'abord reconstruire notre éducation nationale. On en parlera qui traversent une crise. Ça, on en parlera. Mais l'enjeu, il est absolument majeur. Et ensuite, la meilleure des choses à faire pour reconduire vers le travail ceux qui n'y sont pas aujourd'hui, c'est de libérer le travail. C'est de faire en sorte que le travail paye. C'est de faire en sorte que le travail soit mieux rémunéré. Je le disais à l'instant, il y a beaucoup de gens qui bossent beaucoup, qui ont du mal à s'en sortir. Et dans beaucoup de situations, il est préférable, dans notre pays, de ne pas travailler que de retourner vers l'emploi. Vous voulez une réforme
de l'assurance chômage ?
La folie, absolue. C'est pour ça qu'il faut absolument qu'on arrive à créer cette allocation sociale unique qui agrègera toutes les allocations reçues aujourd'hui au titre des différents dispositifs de ce maquis social qui a fini d'être construit et qu'on plafonne toutes les aides sociales à 70% du SMIC Pourquoi ? Parce que c'est absolument intolérable que dans notre pays, il soit parfois mieux rémunéré de ne pas travailler que de travailler. C'est ça la folie dans laquelle on est.
Question d'Alex Bouillac. Si on se situe dans l'enveloppe globale, c'est-à-dire le budget, et si on se situe aussi dans l'après-Bayrou, vous dites quoi ? Face à cette crise sociale et politique, vous dites est-ce qu'il faut s'entendre ? C'est-à-dire trouver un compromis, sans doute faire un pas vers le parti socialiste, comme le dit le chef de l'État, ça veut dire enterrer les jours fériés, taxer quand même un peu plus les grands patrimoines, réduire le montant global des économies à réaliser. François Bayrou en veut 44, la gauche en veut 22, est-ce qu'on peut se mettre d'accord sur, je ne sais pas, 30 ? Est-ce que vous dites ce ne sera pas le budget parfait de la droite ?
Donc, il faut faire un compromis.
Ah non, mais ça c'est sûr que dans les deux ans qui viennent, je le redis, avant une élection présidentielle, nous ne pourrons pas faire tout ce que nous voudrions pour le pays. Et notre premier devoir, c'est de préparer l'alternance. Mais en attendant, on ne va quand même pas faire le contraire de ce qu'on pense nécessaire pour le pays. Alors, c'est quoi les lignes rouges ? Et le contraire de ce qui est nécessaire pour le pays, c'est de rajouter des dépenses publiques et de rajouter des impôts. Je le répète. Alors, attendez, soyons précis.
Il y en a deux en même temps.
Françoise Fresseuse. Soyons précis. Sur les impôts, s'il y a une taxation des hauts patrimoines, qui ne sera peut-être pas forte, c'est finalement la taxe Juckman, mais qui peut ressembler à ça, est-ce que vous dites non ? C'est sans nous ? Sans participation ? Sans soutien ?
Est-ce qu'il y a un pays, Françoise Fresseuse, où les impôts, où la part de taxation sur le PIB est plus importante qu'en France, dans le monde, dans l'OCDE aujourd'hui, dans le monde, des pays développés ?
Là, on parle des ultra-riches. Françoise Fresseuse vous questionne sur les ultra-riches. C'est ça, la taxe Juckman ?
Vous savez très bien, je rajoute juste, et après vous répondrez, que les ultra-riches, ils échappent quand même beaucoup plus à l'impôt que les classes moyennes, les classes supérieures. Il y a l'optimisation, il y a la transmission du patrimoine par l'héritage. Est-ce qu'il n'y a pas quand même quelque chose à faire ?
Mais vous savez, ça fait... Alors, d'abord, la suppression de l'ISF, ça a coûté à la France quelques milliards, de l'ISF ornifié. Aujourd'hui, la réalité de la dette publique, c'est 3 000 milliards. Donc, on peut fantasmer autant qu'on veut sur le patrimoine des ultra-riches. Vous pouvez prendre à Arnaud et Pinault la totalité de ce qu'ils possèdent. À la fin, ça ne résout pas votre problème. Et on a plutôt intérêt à garder en France des gens dont la richesse permet de créer des emplois. On a plutôt intérêt à faire en sorte qu'on évite de perdre définitivement les capacités productives qui restent encore dans ce pays.
Maintenant, le sujet de fond, encore une fois, c'est plutôt que de désigner des boucs émissaires, de chercher des coupables, de trouver les grands méchants auxquels il faudrait faire les poches, le vrai grand sujet, c'est d'aller résoudre structurellement le problème de la dépense.
Oui, mais voyez bien, la deuxième bonne présidentielle...
Aujourd'hui, ceux qui crèvent du poids des impôts, ce n'est pas les ultra-riches, en effet. Ceux qui crèvent du poids des impôts dans ce pays, c'est les classes moyennes qui bossent et qui ne s'en sortent plus. C'est ça, la réalité de la France. Et donc, quand on arrive avec un programme qui consiste à dire on va faire des taxes en plus, moi, je dis que c'est l'exact inverse.
Donc, c'est votre ligne rouge et en même temps, vous entendez aussi cette espèce de besoin de justice sociale de dire si on nous demande des efforts à nous, ce n'est pas normal que les plus riches s'en exonèrent. Ça, vous ne l'entendez pas ?
Vous savez, quand je vais partout dans le pays, le besoin de justice sociale, je l'entends surtout de la part des Français qui m'expliquent qu'aujourd'hui, ils payent des impôts pour beaucoup de gens qui n'en payent pas. Comment est-ce que ça se fait qu'effectivement, aujourd'hui...
Qui ça ? Qui n'en payent pas ?
Mais par exemple, quand vous arrivez tout juste en France, que vous êtes immigré, y compris de manière irrégulière, que vous arrivez sur le seul Français, vous avez droit, par exemple, dans le cadre de l'AME, à des soins, à des médicaments que les Français vont devoir payer plus cher parce que les franchises augmentent. Moi, j'entends ça de la part des Français. Est-ce que c'est un justice ? Là, on l'entend aussi chez France Inter. Là non plus, vous n'allez pas résoudre le problème de... Mais c'est quand même important de l'expliquer.
On entend tout sur France Inter, qui est le service public.
J'ai l'impression que ça va un peu dans le même sens. Pour l'instant, on parle surtout des ultra-riches. Moi, ce que me disent les Français que je rencontre tous les jours, ce que nous dit la France des honnêtes gens que nous défendons avec Bruno Retailleau, la France des gens qui bossent et qui essayent de s'en sortir, c'est d'abord que peut-être il faudrait que tous ceux qui, dans ce pays, bénéficient de prestations commencent par y contribuer. Que tout le monde puisse faire en sorte de justice sociale absolument indispensable.
François-Xavier Bellamy, je voudrais vous faire réagir à cette déclaration de François Bayrou qui est de nouveau sur un plateau ce dimanche. Il dénonce des forces politiques, je cite, en guerre civile les unes avec les autres depuis trois ans à l'Assemblée qui vont s'allier ensemble pour abattre le gouvernement. Des forces politiques en guerre civile les unes avec les autres. En fait, c'est votre irresponsabilité qui... L'irresponsabilité, vous avez dit... Je ne pense pas tellement qu'il parle de nous.
C'est l'irresponsabilité du monde politique. Ce qu'il désigne, c'est d'un côté le Rassemblement National, de l'autre côté la France Insoumise qui vont voter ensemble pour faire tomber le gouvernement comme ils ont voté ensemble pour faire tomber Michel Barnier.
Et la moitié des Républicains qui ne va pas voter la confiance.
Mais encore une fois, le fait est que la question pourrait se poser de notre responsabilité dans ce sujet si le Rassemblement National et la France Insoumise, si le Parti Socialiste, les Verts, le Parti Communiste décidaient tous de soutenir avec enthousiasme François Bayrou. À partir du moment où ils se sont tous associés pour dire qu'ils allaient voter contre. De toute façon, l'issue du vote elle est déjà connue.
Une question, on avance dans l'actualité, une question sur l'international. Vous êtes eurodéputé. L'Ukraine a subi la nuit dernière la plus grande attaque aérienne depuis le début du conflit. Plus de 800 missiles russes. Le siège du gouvernement a été incendié. Qu'est-ce qu'on retient, François-Xavier Bellamy, de cette réunion de la coalition des volontaires jeudi à Paris et des garanties de sécurité promises à l'Ukraine ? Est-ce qu'on va envoyer des milliers de militaires en Ukraine ?
Le travail déterminant qui attend l'Europe c'est de réussir à surmonter la réalité de sa vulnérabilité d'aujourd'hui. Pourquoi est-ce que nous sommes incapables d'apporter à l'Ukraine des garanties de sécurité solides, y compris aujourd'hui dans ce moment de conflit qui ne cesse pas, vous le rappeliez à l'instant, parce que tout simplement les Européens ont vécu pendant trop longtemps dans l'idée qu'ils pouvaient goûter les dividendes de la paix et que notre continent s'est désarmé. Et ce désarmement, il faudra des années pour y faire face.
C'est le sujet sur lequel je travaille au Parlement européen aujourd'hui, parce que nous sommes en train d'aboutir dans les négociations sur le programme pour l'industrie de défense européenne. Moi, je crois que c'est là que l'Europe peut contribuer le plus, pas en créant une armée européenne qui serait une chimère, mais en faisant en sorte que notre industrie de défense reçoive enfin les moyens nécessaires pour recommencer à produire massivement sur notre sol ce dont nous avons besoin pour équiper nos forces armées. Vous êtes plutôt optimiste
sur ce qui se passe ? Parce qu'en fait, il y a de lectures. Soit cette coalition se dit, il y a quand même un sursaut européen, on ne laisse pas Poutine prendre l'Ukraine, mais est-ce qu'on est capable là, actuellement, de se ressaisir sur la défense ?
Mais le grand problème, c'est la question de la temporalité. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, oui, la prise de conscience elle est claire et les Européens ont compris qu'ils avaient devant eux l'urgente obligation de sortir de leur dépendance à l'égard des Etats-Unis. Mais pour pouvoir y parvenir, il va falloir quelques années à minima. On ne reconstruit pas à partir de rien un outil militaire, un outil d'industrie de défense qui s'est si profondément fragilisé au cours des dernières années. Et donc, la grande difficulté, ça va être de gérer cette temporalité. Et dans l'immédiat, il ne faut pas se mentir, il faut regarder en face la réalité.
Dans l'immédiat, il est très clair que les pays européens ne sont pas capables d'assurer tout seuls, y compris leur propre sécurité. La France fait certainement exception dans l'Union européenne parce que grâce à la dissuasion nucléaire, grâce à cette armée d'intervention que nous avons gardée, nous avons encore une capacité d'agir et de maîtriser de manière souveraine les conditions fondamentales de notre sécurité. Mais même nous avons un effort à faire, un effort à continuer et dans le contexte de tensions budgétaires que nous vivons aujourd'hui. Il faudra que cela reste absolument une priorité.
François-Xavier Bellamy, vous êtes l'invité de Questions politiques, vous êtes un homme discret. On va essayer de mieux vous connaître aujourd'hui. Mais voici maintenant
que je m'en vais, Athénien,
et nous nous quittons, moi pour mourir et vous pour vivre. Mais qui de nous a le meilleur sort ? Seul le Dieu le sait. Un extrait de vos seules en scène, les soirées philo au théâtre ?
C'était sur la scène de l'Olympia d'ailleurs.
C'était le 9 octobre 2023. Celle qui dévoile nos invités, qui fouillent dans leur bio, c'est Alix Bouillaguet.
Alors justement, sur cet extrait, effectivement, on vous entend, on vous voit repenter la scène de l'Olympia. Je le rappelle, vous êtes agrégé de philosophie et donc vous organisez régulièrement comme ça des soirées philo au théâtre. Est-il fou d'être toujours sage ? C'était la question d'une de vos soirées l'année dernière où vous plaidiez pour une dose de folie alors qu'on vous regarde, vous avez vraiment le physique d'un gendre idéal, vous êtes courtois, vous êtes policé, bref, vous donnez vraiment l'impression d'être toujours sage. Quelle a été votre dernière folie ?
Peut-être le grain de folie, c'est de continuer les soirées de la philo en effet, qui est une sorte de respiration un peu surprenante dans le paysage politique. Je m'oblige à continuer ce cycle de conférences à Paris parce que d'abord c'est un bonheur absolu de retrouver le public
au théâtre Antoine.
On reprend le 22 septembre, vous me permettez de faire cette proposition à tous ceux qui nous écoutent et je fais ça bénévolement à la tête de la structure que j'ai créée pour pouvoir partager cela mais parce que je crois qu'aujourd'hui, c'est donc pas pour un intérêt matériel mais parce qu'aujourd'hui on a un besoin profond de revenir à la source, de revenir au sens de ce qui fait nos engagements et il me semble que ce qui est le plus dévastateur dans le spectacle que la vie politique donne aujourd'hui, c'est ce sentiment de l'absurde, ce sentiment de vacuité absolue que les Français doivent percevoir parfois, remettre les questions essentielles au cœur de la vie politique, c'est aussi ce que j'essaie de vivre à travers les soirées de la philo.
Vous n'étiez absolument pas programmé pour faire de la politique, je rappelle, vous avez été enseignant, philosophe, c'est Philippe Devilliers qui souffle votre nom à Laurent Wauquiez pour prendre la tête de liste des Européennes en 2019, à l'époque, qu'est-ce qu'on entend ? On dit que vous êtes trop tendre, pas assez offensif, que vous aurez du mal à survivre, que vous détestez les polémiques, est-ce que vous êtes taillé vraiment pour la rudesse du combat politique ?
Mais je ne crois pas que parce qu'on essaye d'être à la hauteur des enjeux, on puisse pour autant être moins combatif. Et je pense que personne ne contestera que je n'ai pas varié, que j'ai affronté bien souvent l'adversité, y compris dans les deux campagnes européennes que j'ai menées en 2019 et en 2024, et que c'est à chaque fois d'ailleurs, dans ces contextes extrêmement complexes, à travers ces campagnes, que la droite a pu commencer de retrouver le nouvel élan dont elle avait besoin, y compris, encore une fois, parfois dans des confrontations assez rudes, comme celles que j'ai pu vivre face au macronisme à l'époque triomphant, face à l'extrême gauche.
Mais vous avez aussi horreur du conflit. Alors comment on peut survivre chez Le Républicain coincé entre Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau ?
Non, non, j'ai horreur des conflits absurdes. Je n'ai pas horreur du combat quand il est nécessaire pour défendre des idées qui sont, je crois, indispensables à l'avenir de notre pays. Ce qui compte, c'est que le conflit ne devienne pas la vanité d'une guerre d'égo ou l'artifice...
Ça l'est un petit peu quand même. Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez,
la guerre d'égo,
elle est là.
Je connais les deux depuis longtemps et je pense qu'on peut leur reconnaître d'être animés, là encore, par des lignes qui n'ont jamais varié. Et Bruno Retailleau, je l'ai soutenu... Laurent Wauquiez
a souvent varié quand même en termes de lignes.
Bruno Retailleau, je l'ai soutenu il y a trois ans quand il était candidat pour la présidence du parti. Je l'ai soutenu à nouveau il y a quelques mois au moment où il a gagné. Je ne l'ai jamais vu varier sur les sujets essentiels pour l'avenir de notre pays. On peut être ou pas d'accord avec lui mais c'est quelqu'un dont la constance et dont la clarté font qu'il est aujourd'hui la clé de la confiance retrouvée par beaucoup de Français envers notre famille politique.
Je reviens à vous, vous êtes jeune, vous avez 40 ans, vous êtes engagé, vous êtes aussi un gros bosseur, c'est ce qui se dit au Parlement européen. Pourquoi depuis Michel Barnier vous n'avez jamais été ministre ? Qu'est-ce qui cloche chez vous ? Est-ce que c'est parce que c'est vos convictions qui vous freinent ? Vous êtes catholique contre le mariage pour tous, contre l'IVG ? Est-ce que vous êtes trop conservateur ?
J'ai droit à tout le...
Est-ce que vous êtes trop conservateur pour l'époque ? Dites-nous si c'est faux. Dites-nous si... Je me suis exprimé sur ce sujet des milliers de fois. Est-ce que c'est ça qui peut vous freiner ?
Écoutez, je ne crois pas encore une fois.
Si les Républicains m'ont confié deux fois la tête de leur liste pour l'élection européenne, si je suis aujourd'hui le premier vice-président de ce parti, si j'ai le grand honneur de pouvoir jouer ce rôle important au sein de notre famille politique, c'est parce que, j'imagine, on ne m'a pas considéré comme étant trop marginal et peut-être que par le travail que je fais tous les jours au Parlement européen et qui a permis de gagner des victoires majeures sur les questions d'énergie, la lutte pour remettre le nucléaire au cœur du mix politique européen, pour l'industrie, pour défendre notre capacité de production en Europe, pour les agriculteurs qui sont aujourd'hui si éprouvés pour les pêcheurs de fond.
C'est ça, les combats que je mène tous les jours et peut-être en premier lieu le combat pour l'école parce que nous en avons tellement besoin. Eh bien, si j'ai mené tous ces combats-là, c'est peut-être que je ne correspond pas tout à fait à la caricature que certains essayent de donner de moi.
On y arrive à l'école. Ça fait plusieurs fois que vous le prononcez. Ce mot vous a demandé de choisir un thème et le prof que vous êtes a choisi l'éducation nationale. La rentrée, commençons avec ce drame, les obsèques de Caroline Grand-Jean-Pacou. Elles ont eu lieu cette semaine, ce jeudi. Cette directrice d'école dans le Cantal s'est suicidée le jour de la rentrée scolaire. Maria a une femme. Elle était victime d'injures homophobes et de menaces. Aujourd'hui, nombre de professionnels de l'éducation dénoncent un échec de l'institution et disent que cette homosexualité est un sujet tabou dans l'éducation nationale. Qu'en pensez-vous ?
Je pense que le problème est plus large. Cette directrice d'école, elle a été effectivement insultée à plusieurs reprises de manière très publique. elle a fait état de la situation à sa hiérarchie. Elle a dit son mal-être profond. Elle a dit le danger dans lequel elle se sentait. Et au fond, on lui a demandé ce que l'éducation nationale fait avec tant de professeurs depuis si longtemps. On lui a demandé surtout de ne rien dire. On lui a demandé d'étouffer l'affaire. On lui a demandé de faire comme si tout allait bien. Mais l'affaire de quoi ?
Des menaces ou de son orientation sexuelle ? Qu'est-ce qu'on lui demande de taire dans vos propos ?
Mais c'était son orientation sexuelle qui était ici en jeu. mais d'autres professeurs ont vécu tellement d'autres situations similaires, parfois pour d'autres raisons. Je pense à cette professeure d'un collège d'Ile-de-France que j'ai été rencontrer. J'ai été rencontrer ses collègues dans une petite manifestation qu'ils organisaient il y a quelques semaines de cela, juste avant l'été, après avoir écrit plusieurs courriers à l'éducation nationale. Cette professeure qui reçoit des menaces de mort et qui dit sa détresse devant le risque dans lequel elle se trouve et à qui on explique que non finalement tout va bien et qu'il n'y a pas de raison de s'inquiéter alors qu'en fait...
Qu'aurait-il fallu faire ?
Mais il faut sortir de la culture qui aujourd'hui gangrène l'éducation nationale qui est la culture du pas de vague. Tous les professeurs de France connaissent cette culture et malheureusement Samuel Paty en est mort. Pas de vague. faire comme si tout allait bien. Pas de vague face à l'islamisme. Pas de vague face à l'insécurité. Pas de vague face à la crise éducative dont les effets se font sentir tous les jours et qui fait qu'aujourd'hui pour beaucoup d'enseignants qui ont repris
les semaines de classe... Il y a eu quand même des ministres qui sont arrivés avec l'intention de... En tout cas un affichage, un discours qui n'était pas pas de vague.
Je ne conteste pas l'intention mais la réalité c'est que ça n'a pas changé aujourd'hui. Et la réalité c'est que dans l'éducation nationale nous vivons l'effondrement d'un service public l'effondrement silencieux de la mission la plus fondamentale pour notre société. Malgré le dévouement des professeurs qui se donnent tous les jours dans des conditions souvent extrêmement difficiles notre école est en train de s'effondrer sur elle-même. Comme l'hôpital public sans aucun doute dont on parle parfois un peu plus dans une forme de silence qui me paraît extrêmement dangereux pour l'avenir de notre pays.
Jean-Michel Blanquer avait essayé de changer en profondeur l'éducation nationale est-ce que vous vous pensez qu'au fond dans les structures actuelles c'est plus possible et qu'il faut changer entièrement de modèle ?
Il faut changer de modèle en tous les cas il faut tout reprendre du début. Regardez encore une fois simplement la réalité du constat repartons des chiffres nos élèves sont c'est ce que montre l'enquête Teams qui est une enquête internationale que personne ne conteste pour son sérieux nos élèves sont les derniers d'Europe en mathématiques les derniers. L'enquête publiée par le ministère de l'éducation nationale lui-même
Mais vous qu'est-ce que vous feriez ?
Le constat il est très important parce que malheureusement on fait l'impasse bien trop souvent.
L'enquête publiée par le ministère de l'éducation nationale après la journée de défense citoyenneté qui permet de faire un test de lecture à tous les jeunes français à 18 ans un jeune français sur 5 à 18 ans a des difficultés majeures pour lire le français correctement un jeune français sur 5 20% des jeunes français et nous avons le système scolaire le plus inégalitaire de l'OCDE Une fois qu'on a posé ça on voit la réalité du changement complet qu'il va falloir vivre au sein de l'éducation nationale et ça ça suppose encore une fois de mettre en oeuvre une politique très très ambitieuse mon regret c'est que depuis des années finalement quelles que soient les majorités qui se sont succédées depuis finalement en particulier François Hollande et ses ministres on n'a jamais cessé de faire toujours la même chose moins d'heures de cours moins de cours sur les matières fondamentales toujours plus de dispersion des savoirs toujours moins de transmission et d'une certaine manière toujours moins de concentration de l'école sur ce qui est le coeur de sa mission c'est-à-dire enseigner et instruire
Une dernière question très très rapide sur ce sujet qui peut sembler plus anecdotique mais il y a de nombreux profs qui témoignent aujourd'hui de l'irruption de l'intelligence artificielle dans leur quotidien notamment les copies rendues par les élèves avec souvent du copier-coller comment on fait avec l'IA ?
D'abord comment on fait avec le numérique ? Beaucoup de professeurs témoignent c'est Camille Desjardins qui a publié un livre magnifique qui s'appelle Pour sauver l'école républicaine qui parle du danger majeur que représente aujourd'hui l'irruption des écrans dans les salles de classe et le fait que l'écran fait concurrence directement au travail de l'enseignement on voit bien qu'il y a là un enjeu majeur et moi je le dis depuis très longtemps j'ai publié un livre en 2014
j'ai publié un livre
en 2014 sur ce sujet dans lequel je disais l'avenir de l'école c'est l'école sans écran l'avenir de l'enfance c'est l'enfance sans écran et peut-être que ça m'a valu à l'époque d'être traité d'horrible conservateur rétrograde mais vous verrez qu'on y viendra pourquoi ?
parce qu'aujourd'hui ce qui fera la différence demain entre ceux qui seront capables de gouverner leur propre vie et ceux qui seront conduits à ne faire que la subir c'est le fait d'avoir grandi avec sa capacité d'attention sa capacité de concentration d'avoir pu contrôler sa propre attention et c'est ce qui est menacé aujourd'hui par une société qui donne des téléphones supposément intelligents à des enfants à partir de 8, 9, 10 ans parfois plus jeunes encore c'est ce qui fait que les réseaux sociaux sont devenus l'ennemi mortel de la liberté l'ennemi mortel de l'équilibre l'ennemi du développement et de la vie des enfants et les enfants qui auront grandi sans ces écrans seront les mieux à même de se servir de l'IA seront les mieux à même de se servir de tout ce qu'il y a dans le digital et de numérique de promesses pour réussir à servir l'humanité sans quoi nous vivrons une déshumanisation profonde de notre société
on avance
question politique sur France Inter
nous avançons car comme chaque semaine François-Xavier Bellamy Françoise Fresso interroge une question il y aura sans doute l'école mais il y en aura une autre qui sera au coeur du débat public et de la présidentielle c'est la question de l'immigration
oui vous disiez tout à l'heure que les partis conservateurs relèvent la tête en Europe mais on voit aussi en Europe l'extrême droite forte dans les sondages au Royaume-Uni en Allemagne en France des partis populistes qui travaillent les forces conservatrices sur le thème de l'immigration et c'est là dessus que je voudrais vous interpeller on a vu quand même LR la doctrine de LR en matière migratoire évoluer fortement vous demandez notamment une révision constitutionnelle pour essayer depuis très longtemps voilà pas depuis très longtemps
ah si si si
pas depuis très longtemps depuis quelques années pour dire au fond remettre aussi en cause certaines du droit européen contester la Cour européenne justice et donc c'est là dessus que je voulais vous interpeller c'est au fond est-ce que vous estimez comme le Rassemblement national que pour reprendre la main sur l'immigration il faut revenir à des politiques nationales il faut dire non à l'Europe et il faut complètement inverser le cours des choses aujourd'hui
ce que nous disons est très clair il faudra changer profondément de politique au plan européen comme au plan national et ça fait pas hier que nous disons ça je disais en 2019 que nous avions besoin d'une double frontière reconstruire la capacité de l'Europe à maîtriser ses frontières extérieures pour redonner à nos états membres la capacité de décider de leur politique migratoire de manière souveraine c'est la politique que nous voulons et c'est celle que nous défendons et c'est pas le Rassemblement national qui dit ça en l'occurrence sur le problème que représente la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne et de la Cour européenne des droits de l'homme on pourrait ajouter pour nous en France le Conseil constitutionnel on l'a vu encore cet été avec la décision qu'il a rendu c'est 12 états européens sur 27 qui ont signé un courrier pour demander qu'on sorte de cette jurisprudence affolante qui désarme aujourd'hui nos états quand le Conseil constitutionnel cet été censure la loi qui prévoyait qu'on pouvait retenir plus de 90 jours dans des centres de rétention des étrangers en situation irrégulière suspectés ou condamnés pour terrorisme pour terrorisme alors que la règle européenne c'est qu'on peut les garder pendant plusieurs mois la règle appliquée en Allemagne en Espagne dans la plupart des pays européens c'est parfois qu'on peut les retenir jusqu'à 2 ans le Conseil constitutionnel interdit aux législateurs français détendre au-delà de 90 jours mais c'est une folie comment vous voulez que les Français comprennent ça ?
Oui mais ce qu'on comprend aussi c'est qu'au fond
vous vous dites il faut changer je peux comprendre votre réflexion mais ce que je ne comprends pas c'est où elle aboutit c'est-à-dire que première chose que vous faites c'est vous engager un bras de fer avec le Conseil constitutionnel avec les institutions européennes et vous dites non non mais on reste quand même dans l'Europe mais en fait c'est explosif vous remettez en cause un certain nombre de règles européennes de valeurs européennes et vous dites non tout va très bien se passer
Qu'est-ce que vous appelez ces valeurs européennes ? Est-ce que l'impuissance est une valeur européenne ? Non c'est
C'est la sauvegarde des libertés fondamentales c'est une sauvegarde de ce qu'on appelle les droits de l'homme donc jusqu'où vous le remettez en cause et au nom de quoi
vous le remettez en cause ?
C'est un droit de l'homme de pouvoir immigrer illégalement n'importe où dans le monde quand on veut et quand on en a envie ça ne l'est pas et François Sressos pour vous montrer que je crois que l'Europe doit jouer son rôle sur ce sujet je suis rapporteur sur le règlement européen sur les retours c'est le règlement qui détermine la manière dont les expulsions doivent s'organiser aujourd'hui nous avons une directive sur ce sujet qui en fait est une directive anti-retour qui empêche les états membres d'agir il faut changer la logique et demain et c'est un combat que nous portons avec la majorité des états membres de l'Union Européenne demain nous allons faire en sorte qu'effectivement quelqu'un qui rentre illégalement sur le sol européen soit certain de ne pas y rester aujourd'hui comme vous le savez quelqu'un qui a été débouté du droit d'asile une fois deux fois trois fois après cinq recours est sûr ou presque sûr de ne jamais être expulsé donc le droit d'asile il est contourné tous les jours dans notre pays est-ce que ça s'appelle les droits de l'homme moi je crois exactement le contraire
l'immigré essaye de forcer vos portes pour l'immigré il est peut-être là aussi parce qu'il vit des choses épouvantables parce qu'il va y avoir dans le monde des réchauffements climatiques des choses on va sortir
des fantasmes abstraits la réalité est très simple quelqu'un est soit éligible soit n'est pas éligible au droit d'asile quelqu'un qui est éligible au droit d'asile il doit pouvoir demander l'asile en dehors des frontières européennes et ensuite être accueilli et moi je crois qu'effectivement la France même parfois a refusé l'asile à des gens auxquels elle aurait dû le donner je pense aux interprètes afghans qui ont travaillé pour l'armée française qui n'ont jamais pu être accueilli en France et dont on sait malheureusement le sort terrible qu'ils ont eu au retour des talibans maintenant aujourd'hui la réalité elle est très loin de ça la réalité c'est que des gens qui ne sont pas éligibles à l'asile et qui ont présenté leur demande qui ont été déboutés qui ont fait un recours qui ont été déboutés un deuxième recours débouté également à la fin reste sur le sol français indéfiniment et ça pour ma part je crois que ça n'est pas les droits de l'homme que c'est un dévoiement total des droits de l'homme et que c'est même un dévoiement total du droit et que ce dévoiement du droit nous devons y mettre fin et nous allons le faire parce que oui nous organiserons en France quand nous aurons gagné l'élection présidentielle un référendum qui permettra aux français de décider souverainement de leur politique migratoire ce n'est pas le conseil constitutionnel vous savez qui est en dernier ressort à la souveraineté sur cette question
l'émission touche à sa force François-Xavier Bellamy et on voudrait inaugurer avec vous une nouvelle petite séquence je pose des questions tous azimuts tous azimuts vous répondez d'un mot vrai ou faux ça va vite est-ce que vous voyez ministre de l'économie de l'éducation vrai ou faux François-Xavier Bellamy vous vous voyez bien vous verriez bien ministre de l'éducation vrai ou faux
faux c'est une mission infiniment difficile ce qui compte c'est qu'on reconstruise l'école mais la question
avec la garantie donnée par Bruxelles la France devrait donner son feu vert à l'accord commercial du Mercosur
faux parce que cette garantie ne semble pas opérationnelle pour l'instant
il faudrait revenir au septennat mais un septennat unique vrai ou faux
pas forcément unique mais en tous les cas je crois qu'il faudrait revenir au septennat
il y a beaucoup de mixité sociale aux soirées de la philosophie que vous organisez au théâtre Antoine
vrai je serais heureux d'y accueillir France Inter
vous avez déjà voté Rassemblement National
vrai ou faux
ça vous laisse perplexe ça vous laisse perplexe
je crois qu'il y a un isoloir en France et sans doute pour de bonnes raisons la vérité c'est que mon travail c'est de reconstruire la droite et je vous explique pourquoi le Rassemblement National refusait de l'incarner aujourd'hui
j'ai pas de réponse pas de vrai ou faux merci merci beaucoup François-Xavier Bellamy d'avoir été l'invité de questions politiques auditeurs téléspectateurs nous vous souhaitons un excellent dimanche on se retrouve la semaine prochaine Sous-titrage Société Radio-Canada
François-Xavier Bellamy