Mercosur : la France a-t-elle vraiment les moyens de s'y opposer ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La France a-t-elle les moyens de s'opposer à cet accord avec l'épis du Mercosur ? On en débat avec Vincent Louau. Bonsoir, bienvenue.
Vous êtes sénateur horizon de l'Indré de Lindré Loire et vous-même agriculteur Richard Verli bonsoir et bienvenue. Vous êtes correspondant France Europe du média suisse Blic et vous publiez cette Amérique qui nous déteste cette édition Nvigata. Elvire Fabri, bonsoir, bienvenue, heureux de vous accueillir, directrice du programme commerce et sécurité économique de l'Institut Jacques Deor.
Et puis je signale cette infographie à découvrir sur le le site de l'Institut l'accord commercial UECur à l'heure de la diversification des échanges parce qu'on ne parle pas que d'agriculture dans cet accord, il faut pas l'oublier. J'accueille également Michael Darmont. Bonsoir Michael, éditorialiste pour Sens Public.
Ce soir, Vincent Lou, le premier ministre Sébastien Lecnu, il a repris la main réunion de crise à Matignon pour tenter d'éteindre cette incendie, cette crise de la dermatose nodulaire contagieuse, la DNC. Est-ce qu'elle a été mal gérée par la ministre de l'agriculture ? Je l'ai dit pendant le débat du budget.
En fait, envoyer les chars contre les agriculteurs a été une erreur. On avait on était pas pressé à 2 jours pour abattre ce troupeau. On a on a voulu montrer un coup de force pour mettre fin de façon assez impressionnante à la mobilisation des agriculteurs qui sont traumatisés par ce ces abattages d'urgence en fait. et et euh et j'avais appelé la la conseillers de la ministre quelques heures avant en en disant "Fait attention, la salle est chauffée à blanc, les agriculteurs sont à bout.
Euh euh c'était le seul secteur qui rapportait encore un peu d'argent dans ce dans cette zone. La céréale ne rapporte plus rien parce que le prix du blé à 160 € la tonne et et 45 € sous le coût de production. euh la viticulture quand il y en a sur certains secteurs en ce moment ils sont en faillite quasi généralisée.
Donc vous avez un élevage qui se porte plutôt bien avec des prix de vente euh on n' jamais connu ça depuis 20 ans où on reprenait un peu d'oxygène. Moi j'ai lève moi-même des vaches et je peux vous dire quand quand le broutard était à 700 800 € et qu'aujourd'hui il vaut 1500 € ça change la donne. On reprenait envie d'être d'être éleveur.
Donc un secteur qui allait mieux qu' a le sentiment qu'on tape sur la tête. Voilà et et on tape sur la tête. ta maladie est très violente et et on n pas eu le temps de laisser comprendre en fait euh le tuer un troupeau comme ça de façon en 24 heures, c'est c'est c'est dingue parce que en fait c'est comme si je vous cramis votre voiture et votre maison en disant bah les assurances vont payer quoi.
C'est c'est d'une violence extrême. Donc les agriculteurs ont pas compris. Ils essaient de se se rebifer sûrement un peu manipulé. ministreult gauche.
Bon, faut pas tomber dans les extrêmes non plus. Moi je j'aime pas ces effets de manche en fait parce que vous avez des agriculteurs qui sont au bout du rouleau. Oui.
Alors on va on va avoir le temps hein de détailler tout ça mais enfin il y a quand même deux syndicats qui sont en première ligne. Il y a coordination rurale réputée plutôt proche de l'extrême droite, la confédération paysane plutôt classée à gauche. Est-ce que cette crise elle se complique Vir Fabri par ce bras de fer entre syndicat parce que la FNSEA était plutôt plutôt derrière le gouvernement.
On on voit bien qu'il y a des enjeux politiques. On se souvient déjà que au moment des élections des chambres agricoles, il y avait eu déjà pas mal d'agitation parce qu'il s'agissait de se positionner. Et ce qui était assez troublant quand même, c'est que au sein même de la FNSEA, euh on entend finalement une prise de position très homogène alors qu'il y a des intérêts qui sont quand même assez divergents sur sur le dossier du Mercosour en l'occurrence.
Et là, on voit bien que là en une semaine, 15 jours, on a une sorte de superposition de trois enjeux qui sont trois enjeux différents qui sont le premier, comment on gère cette épidémie ou et là j'aurais tendance à écouter d'abord les vétérinaires. Le deuxième qui est euh la les les difficultés que rencontre cette filière et et qui sont d'abord d à une concurrence intraeuropéenne avant d'être liée à la concurrence extra hors Union européenne et puis le dossier du Mercosour qui lui est beaucoup plus vaste. auquel on va consacrer les de tiers de ce débat parce que c'est assez passionnant.
Il y a beaucoup de tiroirs à ouvrir quand on parle du mercur mais restons sur cette première crise et peut-être votre avis Richard Verli peut-être que je fantasme un peu. Est-ce que ce conflit il est en partie vicié par des enjeux politiques à 3 mois des municipales ? Mais d'abord, il y a des éléments que je comprends pas sur cette dermatose nodulaire parce que j'ai regardé, vous savez, la Suisse a des frontières avec la France et il y a eu des cas de dermatoses nodulaire qui ont été repérés dans l'un et dans le Jura, donc à la frontière suisse et j'ai regardé ce que les autorités suisses ont fait.
Il y a pas eu d'abattage, il y a une vaccination des troupeaux. Il y a des zones de surveillance qui ont été mis en place de manière étroite dans les cantons de Genève et de Vaau. Donc je me dis comment se fait-il que euh côté Suisse alors que c'est la même maladie, c'est les mêmes problèmes, on a une approche semble-t-il beaucoup plus prudente et mesurée sous surveillance vétérinaire et qu'en France on procède à ce type d'abattage qui est quand même quelque chose de très brutal.
J'ai pas la réponse donc je ne tranche pas. Mais le fait est que de part et l'autre de la frontière, on n'a pas la même manière de gérer ce type de problème. Après sur ce que vous disiez, c'estàd je pense que le le monde paysan est chauffé à bloc en France.
Euh ça c'est une réalité. Est-ce qu'il est instrumentalisé ? Je crois qu'il a pas besoin d'être instrumentalisé pour être chauffé à bloc parce que tout simplement il y a une paupérisation, on se souvient des manifestations qui avaient eu lieu il y a un an ou un peu plus d'un an, il y a une paupérisation générale qui est très difficilement acceptable pour le monde paysan et surtout il y a il y a alors il y avait la lumière des ventes, vous disiez de l'augmentation du prix des Vaau, c'était la lumière dans le tunnel mais cette lumière elle est en train de s'éteindre et à part ça, vous avez très peu de lumière dans le tunnel alors que l'agriculture, je le rappelle quand même, c'est indispensable pour la souveraineté alimentaire et la souveraineté de l'UR.
Bien sûr, bien sûr. La souveraineté alimentaire, cette guerre alimentaire dont parle la ministre Aline Genevard, on y on en parlera aussi dans dans ce débat. Quand quand on regarde nos nos confrères des chaînes d'information euh en continu euh euh Michel d'Armon, il il y a tous les ingrédients d'une crise médiatique et politique, c'est spectaculaire, ça ça fait des heures d'antenne.
Bref, euh on aimerait pas être à la place du Premier ministre qui essaie de de déminer ce soir. Et alors que cela concerne une partie infime sur le plan statistique des éleveurs, il y a 16 millions de beauvains en France et ça concerne une toute petite partie. simplement, il faut pas minorer effectivement les mois.
Justement, il est d'autant plus symbolique parce que ce conflit une fois de plus vient toucher le nerf vital de euh de l'agriculture française et de son malaise qui dépasse bien largement le ce gouvernement, bien largement cette euh cette mesure-là et c'est d'autant plus symbolique que regardez la mesure le le terme qui est employé même par les agriculteurs eux-mêmes pour l'abattage, ils disent le dépeuplement. Non, c'est pas les a en réalité, c'est en tout cas l'administration, mais c'est un terme que eux-mêmes aussi maintenant ont intégré. Ce qui veut dire que en réalité, lorsqueon abat euh les troupeaux, ils ont le sentiment qu'on les abat eux et les les les pays et c'est en ça que c'était moi la perception psychologique par c est beaucoup plus important égard eu égard à la à l'aspect numérique quand même de de cette épidémie qui touche pas beaucoup à l'intérieur du troupeau français. elle va quand même laisser des traces cette crise notamment dans la relation avec les vétérinaires qui sont notamment chargés évidemment des abattages cibles des de pour certains de violence et de menace.
On écoute le président du conseil national de l'ordre des vétérinaires. Ce qui se joue aujourd'hui si la finalement la pression l'hystérisation que nous connaissons aujourd'hui des débats ne se calme pas. C'est un un divorce, je dirais euh sur le long terme, une défiance sur le long terme entre vétérinaire et éleveur.
Et là, je sais pas comment les choses peuvent aboutir, mais très clairement, nous aurons des conséquences. La défiance, elle se traduira aussi par une volonté, un un retrait s'il le faut, une clause de retrait des vétérinaires, que ça soit pour le développement, que ça soit aussi pour aller vacciner ou que ça soit aussi pour aller soigner les animaux dans les fermes. On ne peut pas on ne peut pas exercer son métier en étant entouré par la force publique.
C'est pas possible. On n pas fait ça pour ça. Vincent Louis, est-ce qu'il y a des certains agriculteurs qui sont trompés de cible en s'en prenant vétérinaire ?
La la colère est tellement forte que là ça dérape et et je le regrette parce que les vétéritaires, ils sont avec nous tout au long de l'année. Oui. Et là ils menacent, ils disent "Attention, ils ont raison parce que euh vous savez euh moi je suis élu, je représente un petit peu l'État tout le temps euh et parfois aussi on on passe à la moulinette comme ça où faut tous les virer.
Certains parlent de virer la ministre de l'agriculture. Faut arrêter avec ce bashing permanent et prendre juste un petit peu de recul. On peut avoir des une vision différente comme vous le dites pour la suite, avoir la Suisse, avoir des doutes, avoir des remises en cause, avoir une volonté dissonnante par rapport à la volonté politique du moment de respecter la science française et européenne.
Parce que là, on est bien sur un règlement. C'est pour ça que ce dossier, il est il est également intéressant parce que la ministre, elle justifie les décisions par la science, par ce que les vétérinaires, les scientifiques lui disent. Alors, la ministre, elle est très embêtée parce que on a un règlement européen qui s'applique pour la la reconnaissance d'une maladie au démarrage.
Par contre, c'est vrai que comme en à la Réunion, comme en Italie, quand la vague est passée, que vous avez 7000, 8000, 10000 élevages, vous pouvez plus faire d'abattage systématique. Vous êtes obligé de vacciner en masse et ne tuer que les animaux qui sont malades. Mais c'est la différence.
La vague est déjà tombée. C'est comme si la Bretagne s'était enflammée et on avait 100000, 200000 300000 cas. Vous imaginez bien qu'on pas abattre techniquement 300000 animaux.
Donc automatiquement, c'est ce qui s'est passé dans les pays euh qui sont pris la vague de submersion avec les mouches qui ont fait leur boulot et et une maladie qui mou les moustiques qui transmettent la maladie. La maladie s'ouvre devant la devant les pouvoirs publics en contamination totale et là il est trop tard et là vous êtes obligé de vacciner et ne tuer que les animaux qui sont malades. Donc ça veut dire qu'on n pas dans le bon tempo.
C'est ça. Ouais. On est dans le tempo où comme on surveille beaucoup nos animaux en France et qu'on est plutôt excellent avec un système de de surveillance qui marche bien, on détecte le début tous les tout débuts des animaux et on fait de l'abattage total parce que c'est la règle européenne qui a été décidée par des scientifiques.
Et une fois qu'on a fait cette règle d'abattage, si la maladie continue, là on peut activer la deuxième partie de l'article 12 qui dit là la dérogation est possible à l'abattage à l'abattage totale. Mais on n'est pas en Suisse. et c'est pas l'Union européenne et c'est pas l'Union européenne.
Donc bienvenue dans le monde de la réalité pour la ministre de l'agriculture. Mais à force, il va falloir qu'elle lâche, vous savez, moi je le sens venir euh parce que pour que le feuilleton médiatique dont on parlait s'arrête quoi. Mais non, en fait c'est soit la maladie s'éteint tout de suite tout seul parce qu'il y a pas il y a plus de mouche.
Il va faire peut-être plus froid dans dans 15 jours et la maladie va s'arrêter toute seule grâce à la vaccination du territoire et elle va s'éteindre. Soit elle va réexploser dans trois qu coins de la France et on tiendra plus la salle et on sera obligé de considérer que la moitié de la France sera en obligation de vaccinal obligatoire. On parle du Mercosur dans un instant et on va se plonger dans le calendrier avec Alexandre Poussard vraiment dans dans une minute.
Mais votre avis sur le rapport à la science quand même Elvir Fabri, je trouve que c'est un des un des éléments intéressants aussi de de de cette crise agricole. Bah, il devrait faire autorité parce que là là vous évoquez en effet un règlement européen. Donc on on voit bien déjà la défiance qui peut y avoir vis-à-vis d'une décision qui serait macro.
Et alors quand on prend si on parle du du cas suisse, on peut peut-être revenir à la question de la température. Peut-être que la température, on est quand même en altitude et ces fameuses mouches et moustique, peut-être que ils sont le ça ça a un impact sur le traitement, ça reste à voir. On n'est pas non plus sur les mêmes types de Non mais parce qu'on est quand même, pardon nous interrompre mais dans dans une période de remise en cause de la science, il y a pas que dans cette crise là, il y a des vérités scientifiques, si on parle de des questions de réchauffement climatique, il y a des vérités scientifiques qui sont régulièrement batttu en brèche.
Donc est-ce qu'on est est-ce que on est un peu dans cette dans cette tendance là d'après vous ? Oui. Et elle est un peu facile parce que de la défiance vis-à-vis de le l'expertise scientifique a l'expertise plus large et qui instruit normalement la décision politique, en tout cas qui pèse beaucoup sur la décision politique.
Donc euh on s'affranchit d'un maillon qui est très important et euh et rien ne justifie la prise à partie des vétérinaires tel que ça a lieu. On comprend bien le le le drame comme vous le disiez qui est très identitaire même de voir se procéder ses avattages. Mais ça n'a ça c'est c'est inadmissible.
Mich l'affrontement effectivement auquel on assiste, c'est celui qui existe entre les décideurs qui sont repoussés par par ceux qui subissent les décisions effectivement parce que à la fois l'institution de la FNSEA est critiquée pour être du côté du gouvernement, la Fédération nationale bovine qui est du côté du gouvernement est critiqué également et les injonctions qui viennent d'en haut sont repoussées parce que il y a effectivement une défiance à l'égard de la science mais quand il y aura vaccination quelque part il y aura peut-être un peu un peu plus d'acceptation de la part de de la part de des agriculteurs, mais l'injonction qui consiste à dire voilà, on va faire une méthode d'abattage général, la verticalité de la décision la verticalité qui remonte jusqu'en Europe quoi jusqu'à jusqu'à exement et par définition qui en plus nourrit du sentiment anti-européen tellement facile. Allez, un mot rapide là-dessus. C'est tellement facile.
Là, il faut qu'on avance, qu'on trouve des solutions. Après, il faut prendre le temps de parler avec les les agriculteurs. Il faut aller les voir, leur laisser un peu de temps.
Encore une fois, on n'est pas à 2 jours pour abattre un élevage. Il faut mettre en place une discussion avec les vétérinaires. C'est pas la même chose d'arriver avec 200 CRS que d'arriver avec les vétérinaires qui vont faire leur boulot.
Et je pense pas qu'il y a pas un agriculteur un peu cérébré qui va porter atteinte à des vétérinaires. Là, on est sur un bat de trip où euh je l'ai dit mais bien sûr parce que là on est dans le paranormal. On est dans le paranormal.
On est dans le paranormal d'une instrumentalisation où les réseaux sociaux font un désastre. Alors attendez, vous avez la vie en live des abus, des mensonges, des fake news euh dramatique en fait. Donc là, on est dans le somum de ce que peut arriver en fait demain, ce que sera demain pour la population qui remet en cause notamment les les les vérités scientifiques dont on parle et les nous équ mais on connait ça pour tout un tas de sujets qui sont la médecine, qui sont l'agriculture, qui sont les marchands de tisane voilà, les marchisant de tisane ont encore de bon jours devant eux et il va falloir qu'on s'en occupe un peu sérieusement de nous le législateur.
Et ben vous savez c'est aussi l'un des l'un des chapitres de notre second débat sur les élections municipales. On va voir le rôle que la désinformation va pouvoir jouer dans cette campagne et dans le trimestre qui s'ouvre. Mais là, comme promis, on va ouvrir ce grand chapitre consacré au Merco sur cet accord passé avec les pays d'Amérique du Sud et c'est donc Alexandre Poussard qui nous rejoint pour nous détailler le le calendrier.
Bonsoir Alexandre, bienvenue, bienvenue à vous. Semaine cruciale pour l'adoption de ce texte. Quel est le calendrier ?
Et bien, il y a déjà eu un vote important aujourd'hui au Parlement européen sur cet accord de libre échange avec le Mercosour. Les eurodéputés ont adopté des mesure de protection des agriculteurs. Autrement dit, si des produits comme le bœuf, la volaille, le sucre voi leur prix chuter avec l'arrivée des concurrents d'Amérique du Sud, et bien l'Union européenne pourra remettre en place des droits de douanes afin de protéger ces filières agricoles et de stabiliser le marché.
Alors, dès demain, il y aura une négociation entre, d'un côté, le Parlement européen, les Étatsmembres euh de l'Union européenne et puis la Commission européenne pour se mettre d'accord sur une rédaction finale euh de cet accord avec le Mercosour en incluant ces mesures de protection des agriculteurs. Et puis alors, il y a une date importante, c'est jeudi, les les choses sérieuses en quelque sorte commencent entre chefs d'État européens. Oui, dès jeudi, les chefs les chefs d'État et les chefs de gouvernement des 27 Étatsmembres de l'Union européenne se réunissent en sommet à Bruxelles et normalement devrait voter sur cet accord de libre échange avec le Mercosour.
Alors, pour que ce texte soit adopté, c'est un accord commercial, donc il faut une majorité qualifiée, c'est-à-dire au moins le vote pour de 15 États membres sur 27 qui représente euh 65 % euh de la population européenne. Mais attention, il peut y avoir aussi ce qu'on appelle une minorité de blocage, c'est-à-dire au moins quatre pays qui votent contre et qui représentent 35 % de la population européenne. Alors, on sait déjà que la Hongrie, la Pologne vont voter contre.
La France qui demande le report de l'examen de ce texte pourrait également voter contre et tente de convaincre l'Italie de faire de même pour constituer cette minorité de pays bloquant l'accord avec le Mercosour. Mais si la France n'y arrive pas à former cette minorité de blocage, et bien l'accord commercial sera adopté par les Étatsmembres et la présidente de la Commission européenne Ursoua Vanderleyen sera autorisée à aller samedi au Brésil pour signer au nom de l'Union européenne cet accord de libre échange avec les pays d'Amérique du Sud. Et là, on se dit c'est la fin de l'histoire.
Mais non. Et bien non. Et bien non.
L'histoire ne sera pas finie car les parlementaires qui sont opposés à cet accord de libre échange avec le Mercosour veulent saisir la cour de justice de l'Union européenne pour voir si ce texte est compatible avec les traités européens. D'ailleurs, le Sénat français a voté aujourd'hui une résolution qui appelle à cette saisine de la Cour de justice de l'Union européenne. Et si la justice européenne s'empare du dossier, cela pourrait prendre plusieurs années avant d'avoir une décision et cela reporterait l'application de cet accord avec le Mercosour.
On parle d'un report d'ici l'été 2027, c'est-à-dire 18 mois supplémentaires. On rappelle Thomas que cela fait 25 ans que les Européens discutent avec le Mercosour sur cet accord. Oui, c'est assez vertigineux.
Merci beaucoup Alexandre Poussa. Richard Verli, est-ce que vous pensez que cet accord pourrait ne pas être signé, ne pas voir le jour ? J'ai beaucoup de peine à l'imaginer.
On va voir si les efforts de la France pour aller l'Italie notamment sont payants. Mais rappelons quand même une chose, c'est que une majorité d'États européens veulent cet accord, que les milieux économiques veulent cet accord et que surtout ils en ont besoin parce qu'il faut trouver de nouveaux marchés. Donc il y a une cohérence à avoir cet accord du Merco après la difficulté et il faut quand même le redire mais ça nous ramène au sujet précédent que on a tendance aujourd'hui à oublier que chaque pays a des spécificités et la ruralité française le monde paysan français l'agriculture française c'est une spécificité et donc moi mon interrogation alors bien sûr je suis un peu biaisé sur ce sujet compte tenu du fait que je représente un média suisse mais je me demande si l'avenir sur ce type d'accord va pas être sur des formules O out, c'est-à-dire la capacité pour certains Étatsmembres de se retirer d'un accord commercial en estimant que il ne correspond pas à la spécificité économique du pays.
Je ne vois pas comment, je vais au-delà du mercour, je ne vois pas comment dans le contexte de polarisation actuelle politiquement explosif, on peut continuer, même si un accord a des vertus, à l'imposer à des populations qui ont le sentiment qu'il n'est pas dans leur intérêt. À mon avis, si on continue comme ça, on va dans le mur. Ouais.
Alors, on l'a vu, on va déjà rester dans la cuisine un peu européenne, on a vu que l'Italie de Georgia Méloni avait un rôle important. Elvir Fabri, est-ce que vous vous l'imaginez suivre la France et et rentrer dans cette minorité de blocage ? Bah, on a entendu en Italie également du côté de l'agriculture déjà même le ministre de l'agriculture il y a un an dire comme d'autres ministres de l'agriculture en Europe dire, on a un problème avec cet accord.
Euh, il n'a jamais été suivi jusqu'à présent d'une position officielle de Georgia Mélenyoni qui allait en contre de l'accord du Mercosour. Pourquoi ? D'abord parce que quand on parle d'agriculture euh ça n'est pas un bloc.
On a des filières qui ont des intérêts défensifs. On a des filières qui n'attendent qu'une chose, c'est cet accord en commençant par les vins spiritueux et ils sont très importants en Italie. ils subissent le même coût euh de la la baisse de la consommation de vin, de l'augmentation des droits de douane aux États-Unis, de et en France en particulier aussi des sanctions chinoises pour pour le cognac et l'Armaniaque.
Il y a aussi la filière laitière, c'est 40 % de la filière laitière qui exporte euh qui exporte sa production vers le reste du monde. Si on n pas ce marché du Mercosour pour diversifier les les exportations, le maître mot de ce dossier aujourd'hui sur le mercour, c'est diversification. Oui.
Alors ça on on y reviendra. Mais sur l'Italie, est-ce qu'il y a aussi dans dans les liens entre Georgia Meloni et par exemple le président argentin Javier Miley, une part de de l'explication, c'est aussi de la géopolitique ou de la géoéconomie. Ça pèse, ça pèse forcément.
Ça pèse forcément. Et dans le contexte actuel, je ne vois encore moins Georgia Méloni, je me trompe peut-être, mais tourner le dos à Rabier Miley euh qui a toujours été son allié politique, son miroir politique en en Amérique latine. Euh et si euh et si Georgia Meloni joue une carte européenne, que ce soit vis-à-vis de l'Ukraine, vis-à-vis de euh des enjeux d'investissement aussi dans l'Union européenne, en l'occurrence euh là, elle a quand même une corde de rappel très importante qui est que euh elle a elle a cet axe euh politique très fort avec Rab Rab Miley et je encore une fois je je ne la vois pas tourner le dos ou avec une industrie italienne qui elle-même soutient beaucoup l'accord.
Oui, effectivement. Alors, on en parlera de l'aspect global de de cet accord. Mais alors sur le volet agricole Vincent Lou, il y a quelque chose que je comprends pas.
Il y a des clauses de sauvegarde, on l'a expliqué avec Alexandre Possard à l'instant. Elles sont pas suffisantes. C'est enfin ça devrait rassurer les agriculteurs.
Les agriculteurs de 1 déjà comprennent pas tout ce qui se passe parce que c'est extrêmement compliqué. Ils se disent de toute façon on va se faire avoir à la fin c'est la banque qui va gagner. Donc déjà, ils en sont, c'est une certitude parce qu'ils estiment que l'agriculture sert de monnaie d'échange et qui sont pas dupes et qui se disent on représente 4- 5 % de l'accord donc euh on sait bien qu'à la fin le train va finir par arriver à la gare.
Donc ils sont très froids là-dessus. Et puis les agriculteurs, on on et puis nos habitants, on leur explique jamais vraiment qu'en fait la seule politique qui est européenne dans ce pays, c'est pas la politique agricole commune, c'est la politique du commerce qui date de 1968 où on applique des directives directement, qu'on n pas de code des de de du commerce et que tout se passe par l'Europe et que l'exception de dire bah moi je veux pas un accord, ça marche pas comme ça en Europe du tout parce que vous dédoinez vous dédouinez en en Hollande et après you c'est parti pour tout le restant du du pays. des clauses de sauvegarde.
Bon, on va être poli parce que on fait tous le le jeu et puis on est tous des gentils garçons. Mais c'est du pipo. Les clauses de sauvegarde, vous pouvez en parler au producteurs de tomates cerise notamment activer des clauses de sauvegarde qui sont tellement complexes à activer ne sont jamais activées.
Donc moi, je veux bien qu'on me D'accord. Donc soit-disant dit, on a des clauses de sauvegarde, ça va vous protéger si les cours les cours de vos produits baissent trop. Mais il faut tellement sur des cours mondiaux et des marchés de référence qui sont très dur à les clauses de sauvegarde les états peuvent demander les activations de claes de sauvegarde.
La commission est pas du tout obligée de suivre les demandes des États parce que c'est quand même sa compétence propre et ils font aussi des échanges mais sur le marché de la tomate avec le Maroc, jamais ils ont voulu activer les clauses de sauvegarde, elles sont pas activables donc premier point. Et puis les mesures miroirs, je suis désolé de le dire mais faut expliquer en quelques mots ce que c'est. Ai les mesures miroirs, c'est nous on lave plus blanc que blanc en France donc on va imposer enfin on on on considère que les produits qui doivent rentrer chez nous doivent être lavés aussi blanc que blanc.
Oui. Notamment sur les enjeux environnementaux. Oui.
Et sur les enjeux environnementaux. Donc bienvenue dans le dans la dans dans la réalité du commerce. C'est-à-dire que on a pu faire un moratoire sur les OGM parce queon a il y avait une suspicion en fait de dire ça va perturber les écosystèmes et puis peut-être filer le cancer à tout le monde.
Seulement 20 ans après, on s'aperçoit qu'il y a rien de tout ça et les et les États commencent à nous attaquer à l'OMC parce que c'est pas justifié. Vous pouvez refuser un produit en importation s'il y a une mise en danger de la population de votre population européen à prouver. Bah bien sûr.
Moi le le le le l'ambassadeur du Canada, il me dit "Moi, j'adore le bœuf aux hormones. H foutez-moi la paix." Oui.
Alors, je je Non, mais c'est très intéressant. Elvire Fabrique sur sur ces clauses sur ces clauses de sauvegarde clause mir, c'est deux choses différentes. Mais est-ce que moi ce que je comprends de ce que vient de nous dire monsieur le sénateur, c'est que je vais reprendre expression, c'est du pipo.
Est-ce qu'elles peuvent vraiment s'appliquer ou pas ces clauses qui sont censées protéger ? Là, je reste sur les agriculteurs parce qu'on va simplifier un peu. Alors, d'abord, je voulais préciser que le Parlement vient de voter donc des des pas c'est c'est pas le Parlement qui a défendu le fait d'introduire des clauses de sauvegarde, elles étaient déjà prévues.
Simplement, le Parlement a voté des conditions qui facilitent l'activation de ces clauses de sauvegarde histoire de pourrait être un peu plus facilement activé. Oui, ça pourrait être c'estàd qu'au lieu que ce soit une augmentation de 10 % du prix ou du volume des importations, ce serait 5 % et puis une durée d'enquête raccourci justement pour être plus agile, plus réactif. Et en effet, ça va ça va dans le bon sens.
Je pense qu'il faut euh il faut remettre ça dans un contexte, il y a l'historique, l'application des clauses de sauvegarde, mais aussi dans le contexte actuel où on fait face aussi à une arrivée euh massive de produits chinois à très bas coût. Et donc la question de l'activation des clauses de sauvegarde, elle se pose, je dirais, à un niveau plus beaucoup plus général, pas simplement pour le mercosour. Et il faut que l'Union européenne ait des moyens de de réaction beaucoup plus rapide.
Est-ce que les clauses antidumping, est-ce que les clauses de sauvegarde sont suffisantes ou pas ? Là, il y a un débat qui est presque plus large, mais en en plus de ces de ces précautions qui sont prises sur les clauses de sauvegarde, il faut quand même revenir sur la question des contingents tarifaire. C'est-à-dire que l'abaissement des droits douanes qui a été négocié très durement par la Commission pour donner un petit accès au marché européen, euh il faut rappeler que ne serait-ce que pour la viande bovine, c'est l'équivalent à peu près de 1,5 % de la consommation de l'Union européenne.
Donc c'est très peu de viande de bœuf qui rentrerait. C'est ça. Ben à bas à à coût réduit, c'estàdire que ça déjà sauf que ça tombe pas bien.
C'est on dit ça au moment où on est en train d'abattre des des troupeaux de de beauovin en France à cause de les agriculteurs quand tu parles avec eux c'est des commerçants, c'est des chefs d'entreprise qui considèrent que presque le Mercure est un bon accord et ils discuteraient même pas s'ils étaient en bonne santé. Là, on paye cash le fait que notre agriculture franco-française dévisse complètement déjà en Europe et encore pire dans le monde. Et c'est notre responsabilité française.
On l' on l'a fait dans des rapports sénatoriaux, on l'a toujours dit. Mais ce grand décrochage de l'agriculture, les pour les agriculteurs qui aimeraient euh croire dans le commerce et qui et qui et qui pour les viticulteurs exporte pour les les producteurs laitiers exporte des fromages, ils savent très bien tout ça. Alors bah tiens, je je je on va continuer là-dessus et je vais rester avec vous Vincent Lou parce que je propose d'entendre un un agriculteur, il est céréalier, il membre du bureau des jeunes agriculteurs de Haute Garon et et il dit attention, vous allez remplacer notre agriculture par une autre d'une certaine façon. veut pas disparaître parce qu'on la terre est faite pour nourrir les hommes.
On est on est on a une population à nourrir et ça c'est l'enjeu de demain. Et aujourd'hui ce que les politiques font c'est de vouloir voilà aujourd'hui on envoie des CRS chez chez des éleveurs et en contrepartie on signe Mercure où on va emporter des bêtes de l'autre bout de la terre. Grosso modo, aujourd'hui ce qui prépare c'est c'est c'est le remplacement de notre agriculture par une autre agriculture à l'opposé du à l'opposé quoi.
Donc ça c'est pas entendable. Bon donc moi moi j'entends cet argument mais alors on l'a dit Fabri nous l'a dit tout à l'heure vous commenciez à en parler il y a aussi des filières qui l'attendent cet accord sur le mercur les les producteurs laitiers les viticulteurs qui se font face à une baisse de la consommation mondiale il y a des arrachages de vigne un peu partout en France et pourquoi on on les entend pas l'agriculture c'est du PIB et vous rajoutez 1,5 % avec l'agroalimentaire vous avez 3 % c'est le poids de l'agroalimentaire et de l'agriculture. présente Pinot.
Euh l'économie sociale et solidaire, c'est 8 9 % de mémoire. Euh on représente plus rien. Pourquoi les autres disent rien ?
Parce que c'est la terreur en fait. Ils nous ont fait le coup au CTA. Donc le CTA c'était l'accord avec le Canada.
C'est l'accord avec le Canada où la FNSEA euh en background me disent "Ah non mais nous on a rien contre l'accord mais on peut pas le dire." Et en plus il demande au J de monter au front parce que la FNSA ne dit jamais en face ce qu'elle a envie de dire. Elle demande au JA de dire ce qu'elle a pas le courage de dire.
Ça marche comme ça euh dans notre Non, mais je le dis euh à un moment c'est une réalité. Euh aujourd'hu Mais d'ailleurs l'accord l'accord avec le Canada, vous y étiez favorable ou ? Ah non mais j'étais le seul.
Euh on était très peu. Euh on était pas nombreux. Mon groupe a voté pour mon groupe a voté pour la motion de renvoi du du CTA.
Mais encore une fois, j'ai envie de dire je suis pas le débile de libéral de libéral euh qu'on va me reprocher. Demain, je vais aller sur la sur la barricade la barricade dans le Sud-Ouest. euh je vais me faire prendre par les pieds.
Mais euh ce que j'ai envie de dire, les agriculteurs, ils peuvent comprendre tout ça, ils veulent pas trop servir de monnaie d'échange et aujourd'hui ils n'en peuvent plus parce qu'ils ont perdu toute leur compétitivité de la ferme France. Et ça, ils ont sa ils sont sacrément en colère. Et ce que je dis à tout le monde dans dans l'hémicycle et à mes collègues, je dis les gars et l'agriculture c'est demain le commerce, l'industrie avec Shim, avec tout ce qui va arriver.
Donc il faut traiter l'agriculture, il faut que l'Europe se réveille. Quand quand Trump fait 10 décrets par jour et que les Chinois font pareil, ils font de l'intox. Nous on réfléchit pendant 4 mois.
On parle des hésitations, on va dire ça comme ça d'Emel Macron dans dans un instant. Mais une petite question Elvir Fabri sur ce contexte géopolitique quand même. On on est-ce que l'Europe aujourd'hui et peut-être certains agriculteurs ou certains autres secteurs de l'économie française peuvent se passer d'un accord avec les pays sud-américains ?
Non. D'abord, on voit que beaucoup de nos exportations ont souffert de la baisse de la consommation en Chine et du fait que la Chine n'ouvre pas d'avantage sur le marché aussi dans les secteurs des services par exemple où on est bon aussi. On parle là de l'industrie, de l'agriculture mais il y a aussi les services et on sait diocèse si on elle pèse dans le dans le PIB français.
Euh les États-Unis sont donc moins accessibles et là ce sont tous les pays du du reste du monde qui cherchent aussi eux-mêmes des débouchés. Donc c'est une concurrence forte. Euh la Chine elle-même euh a énormément augmenté ses parts d'exportation vers les pays d'Amérique latine ces dernières années.
La place qu'on n'a pas prise avec des années de négociation et même depuis 2017 euh bah là c'est la Chine qui l'a prise qui est devenu le premier partenaire. qu'on est en train de se priver de déboucher pour beaucoup de secteurs d'activité de l'économie européenne et donc aussi française. Oui.
Et et il faut même insister sur le fait qu'il y a encore quelques jours, les États-Unis ont publié une stratégie de sécurité nationale très offensive vis-à-vis de l'Union européenne et qui rappelle que l'Amérique latine est un peu leur chasse gardé. euh et que ce ne sont pas aux puissances étrangères le reste du monde de venir finalement à la fois renforcer leur présence économique et politique. Alors, il pensent évidemment d'abord à la Chine mais il pensent aussi à l'Union européenne.
Et donc là, le signal qu'on enverrait en plus en ratifiant cet accord aujourd'hui, c'est un signal fort. C'est un signal de confiance. C'est pas un signal euh j'ai là, l'Union européenne avec cet accord, elle affiche un un signal offensif euh de stabilisation de son économie et à un moment où on est quand même beaucoup en défiance.
Ouais. Et c'est vrai qu'on a un peu de mal, on va dire ça comme ça, Michael, à suivre les prises de position du président français Emmanuel Macron qui donne un peu le sentiment de naviguer à vue. J'entends votre question mais on pourrait s'inspirer de la fameuse tirade du nez de Sirano.
C'est un peu court monsieur la vie vu. Disons revirement, disons plutôt nuance opportune et même voir formule ambigue. Bref, Macron et le mercur sour, c'est l'histoire du grand art et du grand écart politique.
Alors si vous avez raté le début en 2019 on s'en souvient les élus macronises dans les campagnes vivent un été très difficile parce que la lutte contre le Mercosour mobilise un monde rural qui est déjà secoué par la révolte des des gilets jaunes des mois plus tôt. Un accord global devient tout d'un coup un motif de lutte sur le terrain. La guerre contre le glocal est déclaré.
En réaction, Emmanuel Macron s'érige, il s'oppose, il dénonce un texte incompatible avec les engagements climatiques de l'accord de Paris. Et voilà que la déforestation en Amazonnie, la politique du président brésilien de l'époque Bolsonaro sont des lignes rouges morales environnementales et Macron devient le grand défenseur des agriculteurs français et de toute la planète. Oui, mais alors les années passent et les gouvernements ils changent.
En Amérique du Sud aussi, le discours évolue. Exactement. Et sans vraiment le dire et bien sans vraiment soutenir frontalement le Mercosour, on voit Emmanuel Macron qui commence à assouplir sa position.
Alors là, il ne s'agit plus de rejeter l'accord mais de le réécrire, de l'amender, de l'encadrer. Bon, traduire en français, la France n'est plus contre du tout contre l'accord en soi, seulement contre sa version actuelle. C'est la nuance qui ouvre la porte à toutes les interprétations et finalement on est au cœur de du en même temps euh dont vous nous parlez souvent d'ailleurs.
Oui, l'en même tempisme, moi j'appelle ça effectivement. On le décrit régulièrement et bien ce glissement une fois de plus n'est pas anodin. Il réflète les tensions internes au cœur de la diplomatie macronienne.
À la fois défendre les intérêts agricoles, nationaux et en même temps préserver la crédibilité européenne de la France. afficher l'ambition climatique en soutenant la stratégie commerciale et en même temps être offensif face à la Chine aux États-Unis. Bref, un discours qui rassure à Paris et qui en même temps n' réussi jamais à bloquer définitivement donc à Bruxelles.org.
On s'en souvient au Brésil récemment, le président de la République annonçait euh Urb et Torbi qu'il avait trouvé un accord. Il y avait des assurances reçues de la part donc des des des présidents, ses homémologues pour dire ben voilà, les agriculteurs français seront rassurés. Résultat des courses, aujourd'hui, on demande un peu en panique donc le report de la Corp signe que la France n'a aucun levier en réalité pour empêcher sa signature.
Résultat des cours, cette posture dure en même temps, a bien atteint ses limites et à vouloir trop ménager tous les camps, on finit finalement par ne convaincre personne. Merci beaucoup Michel. Richard Verli, est-ce qu'il déplaît vraiment à Emmanuel Macron cet accord de de libre échange ou est-ce que au contraire ça ça correspond pas un peu à son à je sais pas sa colonne vertébrale économique ou politique ?
Moi je suis convaincu qu'au fond Emmanuel Macron est depuis le début pour cet accord. Cet accord correspond à sa vision du monde à la vision qu'il a du commerce international aussi à une certaine même une réelle méconnaissance du monde rural français. ilis de cune desés qu'on sent bien c'est qu'il est pas à l'aise avec il il aurait bien aimé le signer il aurait bien aimé que ça aille pu vit ce n'a été que des reculades forcés ce n'est jamais lui qui a reculé j'allais dire de son plein gré il a jamais anticipé des reculades il a fallu toujours le le faire reculer.
Moi ce qui m'inquiète quand même dans ce que dit Elvir et j'ai bien compris son plaidoyer pour le Mercosour, c'est qu'à force d'attendre, on risque d'avoir un accord complètement à cont-temps. Et ça, je trouve que là, il faudrait vraiment s'interroger parce qu'un accord qui sera signé maintenant dans le contexte qu'Elvir a très bien décrit à savoir Trump qui se réapproprie l'Amérique latine, les Chinois qui investissent ce marché d'Amérique latine, on va se retrouver avec un accord quand je dis on c'est l'Union européenne avec un accord qui n'aura que des contraintes dans un marché qui sera devenu qui sera devenu beaucoup plus concurrentiel qu'il ne l'était il y a 5 ou il y a 6 ans quand il aurait fallu le conclure. Or, les accords à cont-temps, c'est un vrai problème parce que ça vous paralyse.
Ça vous paralyse et ça n'est pas adapté à la donne du moment. Un mot de réponse et Fabri après je reviens vers vous. Ça me donne envie de de répondre au terme de crédibilité.
C'estàd que actuellement la France est en train de se décrédibiliser aux yeux du reste de l'Union européenne parce que déjà on l'avait vu avec le CTA quand on avait vu une opposition à part quelques sénateurs mais une opposition massive à un accord dont on tire que des bénéfices avec le Canada pardon simplement sur la question de la viande bovine pour le Canada les Canadiens n'ont utilisé que 2 % de leur quota alloué à à droite douine réduit donc c'était pas la peine de de de pousser des cris d'or frais sur ce qu'allait être une une montagne de de d'arrivée d'importation française enfin dans en France. Il faut euh là la France est en train de se décrédibiliser et finalement le vote au Sénat il y a 2 ans était anachronique sur le CTA et là le rejet actuel a une a quelque chose de relativement anachronique et en effet il faut plutôt se dépêcher de d'entrer de de d'appliquer cet accord, de se donner les moyens de l'appliquer et puis surtout aller au-delà parce qu'il nous faut bien plus que cet accord. Ça n'est que ça, on il ne faut ni exagérer les craintes ni d'ailleurs les bénéfices qu'on peut en tirer.
Parce qu'en terme de PIB, c'est de d'augmentation de PIB, c'est pas colossal. C'est juste un maillon d'une stratégie pour pour soutenir la l'économie européenne avec un un enjeu. Alors, je reviens aux enjeux purement agricoles de souveraineté alimentaire.
C'est ce que rappelait la sénatrice des Alpes maritimes, sénatrice LR Dominique Estros Sasson en séance cet après-midi. Comme dans la confection où les sacs buitons ne peuvent pas cacher que la quasi-ttalité de nos vêtements viennent de l'étranger et désormais de Chine, la volaille de Bresse ne cache plus que la moitié des poulets que nous mangeons est importé. Le mercur ne fera qu'aggraver les choses.
La montée en gamme de notre agriculture n'est pas la solution si c'est l'arbre qui cache la forêt de la perte de la souveraineté alimentaire. Les normes vertueuses mais anti-productives et les contraintes les plus variées que subissent nos agriculteurs n'ont aucun sens dès lors que l'on ouvre grand nos portes à des produits qui ne les respectent pas. Cette hypocrisie propre au en même temps macroniste, nos agriculteurs et les Français n'en peuvent plus.
La ministre de l'agriculture parle de guerre alimentaire, mais est-ce que elle est pas d'abord interne à l'Europe ? Sans nouveau, c'està-dire la concurence des effets de manche, les grandes paroles. Une ministre de l'agriculture qui parle de guerre alimentaire alors qu'elle avait même pas de cartouche dans sa dans ses poches pour aller à la guerre.
Laissez-moi rigoler, tous les agriculteurs le savent. On a enlevé 210 millions sur le budget de l'agriculture il y a 3 jours. Donc vous savez l'épreuv d'amour et les grandes déclarations d'amour, de souveraineté, nous les agriculteurs, alors je peux vous dire, je sais même pas comment je vais me pointer au salon de l'agriculture au mois de février euh avec cor de quasi libre échange en Ukraine, on en a pas parlé, mais qui est 100 fois plus mortifère que l'accord du Mercur parce que là c'est massif et ça déséquilibre toute l'organisation de de notre marché aujourd'hui.
C'est ça ce que craint la Pologne. Mais bien sûr, ce que craint la Pologne mais même nous parce que aujourd'hui vous avez des œufs, du poulet qui arrive d'Ukraine euh il y a aucune norme en Ukraine et c'est la mafia ukrainienne qui gère ça. Ça marche aux hormones, ça marche aux antibiotiques, ça marche à tout ce que vous voulez, sauf ce qui est prévu dans les dans les textes.
On est très loin des clauses miroirs, mais ça arrange le business parce que aujourd'hui, dernier mot, on est à 43 % de maïs importé. Il y a pas eu toujours pas eu le mercossure. Il y a aucun patriotisme européen dans ce pays des acheteurs de céréales.
Ils font aucun effort. Ils préfèrent acheter au cours du plus bas et ils écrasent le prix français et d'Euronex pour toujours écraser le prix pour avoir encore moins cher. Même les grands groupes coopératifs ne jouent pas le jeu de la préférence communautaire.
Donc à un moment à un moment, il faut aussi qu'on balaye tous un petit peu devant notre porte et qu'on se qu'on se réveille pour se mettre en force de marche pour retrouver euh une compétitivité sur l'agriculture avec des acheteurs qui jouent réellement leur jeu. Merci beaucoup. Merci à tous.
Euh je rappelle Richard Verli le titre de votre livre, cette Amérique qui nous déteste. On y avait consacré un un débat entier ici cette édition Nevigata. Et puis je renvoie sur le site de l'Institut Jacques Delor pour découvrir cette infographie qui est ultra complète vraiment pour bien comprendre cet accord. euh Mercosour et ce qui pourrait euh apporter à notre économie, à l'économie euh européenne.
Je vous dis à bientôt sur Publ.
Emmanuel Macron