Mette Frederiksen, la dame de fer danoise 4/4 : La scandinave qui redessine l’Europe
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« Le Danemark a été soumis ces derniers jours à des attaques hybrides. »
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« Cher Danemark, je suis incroyablement heureuse et fière. »
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« Le Danemark a passé la 2e, 3e et 4e vitesse pour se réarmer. »
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« C'est sans doute proportionnellement le pays qui a envoyé le plus de moyens et le plus d'armes. »
- 3:45Invité politiquePromesse
« Je pense que nous devons changer notre manière de penser. »
- 7:28InvitéFait
« Mette Frédéric Senne a profité de cette fonction pour pousser sa vision des choses sur l'immigration. »
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Le Danemark a été soumis ces derniers jours à des attaques hybrides. A déclaré la première ministre Metz et Frederiksen. A partir du 1er juillet, toutes les Danoises devront s'enregistrer pour le service militaire et participer à un tirage au sort.
Cher Danemark, je suis incroyablement heureuse et fière.
Une nouvelle incursion de drones a une fois de plus perturbé l'aéroport Dolbor au Danemark ce jeudi.
Nous serons du côté de nos amis ukrainiens autant de temps qu'il le faudra.
Le Danemark a passé la 2e, 3e et 4e vitesse pour se réarmer. Pas moins de 6,8 milliards d'euros de dépenses supplémentaires pour la défense danoise. Les visages de l'actu. Metz et Frederiksen. Épisode 4. La Scandinave qui redessine l'Europe. Chef de gouvernement d'un petit pays, Metz et Frederiksen s'est imposé comme une voie qui compte en Europe. Fidèle alliée des Etats-Unis, désormais convaincue de la nécessité d'une autonomie stratégique européenne, elle incarne une social-démocratie qui se présente comme réaliste face aux menaces contemporaines, la guerre, la dépendance militaire, la crise migratoire.
Cet épisode expose la politique étrangère du Danemark et au-delà, ce que devrait être, selon elle, la politique étrangère de la gauche européenne. Mais avant cela, qu'est-ce qui caractérise la politique étrangère de Metz et Frederiksen ? Le Danemark s'est toujours présenté comme le meilleur allié européen des Etats-Unis au sein de l'OTAN. André Gatelin, ancien sénateur des Hauts-de-Seine, chercheur indépendant. Au point où d'ailleurs ces aéroports militaires sont totalement ouverts, ça a été encore renforcé l'an passé, avant les attaques de Trump, la possibilité quasiment de tous les avions de chasse américains de pouvoir partir ou atterrir depuis les aéroports dans la métropole.
On ne parle pas du Groenland ou des îles Ferroé. Donc, une politique traditionnellement très pro-américaine, avec, il faut bien dire, une économie aussi très dépendante de ses exportations, notamment vers les Etats-Unis. Les Etats-Unis sont le troisième plus gros client, tout de suite après l'Europe, et pas très loin derrière la Chine, du Danemark. Alors, sur le plan de la politique internationale, outre pendant longtemps cette politique réticente vis-à-vis de la souveraineté européenne, avec les politiques de retrait, dits d'opt-out sur la monnaie, sur la non-adoption de l'euro, mais aussi sur la politique de sécurité et de défense commune, le Danemark s'est mis longtemps en réserve.
Et depuis l'arrivée de Mettey Fredricksen, et surtout depuis, je dirais, les tensions avec la guerre en Ukraine, et les tensions avec les Etats-Unis sur le Groenland, et la présidence qui s'achève de l'Union européenne, du Conseil de l'Union européenne par le Danemark, on a plutôt vu une évolution pro-européenne assez forte. Sur la question de l'Ukraine, l'engagement des Danois est considérable. C'est sans doute proportionnellement le pays qui a envoyé le plus de moyens et le plus d'armes. Ils se sont quasiment déshabillés de tous leurs stocks, je dirais d'obus, mais aussi de matériel d'aviation militaire, en solidarité.
Mettez Fredricksen à propos de l'Ukraine lors d'une conférence de presse donnée en juillet 2025.
Je pense que nous devons changer notre manière de penser. Au lieu de considérer, par exemple, l'envoi d'armes à l'Ukraine comme des dons, nous devons le voir comme une partie de notre propre réarmement. Car aujourd'hui, c'est l'armée ukrainienne qui protège l'Europe. Je ne vois donc pas cela comme quelque chose de séparé. Fournir des armes ou d'autres systèmes à l'Ukraine fait pleinement partie de la défense de l'Europe, et donc de celle du Danemark. Nous devons vraiment accélérer les capacités de production en Europe. Non pas à cause de ce qui se passe aux Etats-Unis, mais parce que nous devons être capables de nous protéger nous-mêmes.
Et on ne peut se protéger que si l'on dispose d'une industrie capable de fournir ce qui est nécessaire. L'Ukraine est un parfait exemple de cela. L'une des raisons pour lesquelles elle conserve encore des succès sur le champ de bataille, c'est l'existence de certaines lignes de production directement implantées en Ukraine. Nous devons donc accélérer. Je continue de croire que l'alliance transatlantique existera aussi à l'avenir. Mais quoi qu'il arrive aux Etats-Unis, au niveau européen, nous devons nous réarmer au plus tard, d'ici 2030. Et une partie de cela consiste à renforcer nos propres capacités de production.
On ne peut pas prendre la question de la défense et de la sécurité danoise isolément. Axel Gilden, grand reporter au service Monde de l'Express. C'est en fait toute la région du pourtour baltique qu'il faut regarder depuis l'invasion de l'Ukraine où la Finlande s'est réveillée instantanément. Elle était déjà éveillée, mais elle a choisi de franchir le pas et d'adhérer à l'OTAN, ainsi que la Suède.
Le Danemark, qui comme la Suède, a passé la deuxième, troisième et quatrième vitesse d'un coup pour se réarmer, en augmentant considérablement à la fois les dépenses militaires, aussi les exportations et l'aide à l'Ukraine, mais aussi en réinstaurant le service militaire dans tous ces pays, ainsi qu'un ministère de la Défense civile en Suède, mais aussi une instance comparable au Danemark. La Suède, de son côté, ayant développé son industrie de défense qui est considérable.
Et donc tout cet ensemble de pays, donc pays scandinaves plus Finlande, donc Danemark, Suède, Norvège et Finlande, coopèrent maintenant étroitement et ont l'intention de le faire de plus en plus afin de répondre à la menace russe. Et ce concert, on a déjà mis en place un quartier général commun situé en Norvège pour l'aviation, puisque tous ces pays sont des pays riches, ils sont peu peuplés, mais ils sont très riches, donc ils ont chacun une aviation assez considérable. Pour ce qui est de la Finlande, je crois que ça dépasse 100 F-35, ou ça les dépassera quand ils ont reçu leur dernière commande. La Suède, c'est pareil, ou peut-être un peu moins, je confie un tout petit peu les chiffres.
Mais enfin, pris ensemble, tous ces pays ont un avion de chasse composé de 300 avions environ. Donc voilà comment... Danemark n'étant pas très très fort dans ce domaine-là, il a beaucoup économisé sur ses dépenses militaires. Alors maintenant, il est passé à 2% très récemment de son PIB, il entend passer à 3%, mais entre le moment où les commandes sont passées, notamment avions de chasse américains, et le moment où ils les recevront, il va s'écouler quand même en aïe quelques années. Du 1er juillet au 31 décembre 2025, c'est le Danemark qui a assuré la présidence tournante de l'Union Européenne.
Mette Frédéric Senne a profité de cette fonction pour pousser sa vision des choses sur l'immigration. On l'écoute lors d'une conférence de presse donnée en juillet 2025.
La sécurité concerne aussi la question migratoire. Mais le système d'asile actuel est défaillant. Aujourd'hui, ce sont des passeurs cyniques qui ont le pouvoir de décider qui peut entrer en Europe et qui ne le peut pas. Et pendant ce temps, nous voyons les conséquences d'une immigration incontrôlée sur notre société. Nous devons bien sûr avoir le contrôle de nos propres frontières. qui peut entrer et rester dans notre pays, cela doit relever d'une décision démocratique. Et je vais être très franche. Des personnes venant de l'extérieur, qui commettent des crimes graves et ne respectent pas nos valeurs ni notre mode de vie, n'ont pas leur place en Europe et doivent être expulsés.
Nous avons donc besoin de nouvelles solutions pour réduire les arrivées de migrants en Europe. J'attache beaucoup d'importance à notre coopération étroite avec la Commission sur ces questions et nous avons désormais des propositions concrètes sur la table. Des propositions qui pourraient aussi ouvrir la voie à des centres de retour et à des procédures d'asile en dehors de l'Union européenne. C'est une étape importante qui va dans la bonne direction.
Mette Frédéric Seine a besoin aussi du soutien des autres pays de l'Union européenne.
Christelle Meillant, économiste, chercheuse à l'Institut de recherche économique et sociale.
Pour asseoir cette politique restrictive anti-immigration. Et donc on le voit depuis qu'elle est à la présidence, on voit qu'elle s'allie avec notamment la première ministre italienne pour critiquer la Cour européenne des droits de l'homme en justifiant en fait une politique migratoire beaucoup plus forte et beaucoup plus restrictive. Et donc effectivement, la présidence danoise lui permet en fait d'avoir cette tribune et d'aller sur ces nouvelles solutions en fait pour réduire l'immigration. Je pense qu'en fait la politique migratoire danoise elle se heurte quand même aux besoins de l'économie danoise.
Et donc ça, jusqu'à présent, elle ne le dit pas ouvertement mais ça se passe dans le pays en fait.
Voilà. Si on veut faire un bilan de la présidence qui s'achève du Conseil de l'Union européenne par le Danemark, ce n'est pas très brillant. Andrie Gatolin. Déjà, elle a beaucoup de mal à convaincre sur le corps de son sujet qui est celui d'immigration mais celui du dossier de l'élargissement. Où est-ce qu'on en est ? Il ne s'est rien passé. Sur celui de la défense des questions environnementales et elle a poussé son pays à aller bien au-delà dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre au niveau européen. On est plutôt en régression totale. Donc, aujourd'hui, ce n'est pas de sa faute.
C'est la réalité du temps politique mais ça montre quand même qu'un petit pays à la tête d'une présidence a moins de latitude d'action qu'un plus gros pays. Et la chose finalement sur laquelle il y a le plus d'évolution c'est le fait qu'elle rejoigne l'idée d'une autonomie stratégique de l'Europe. C'est-à-dire convertie par Emmanuel Macron à l'idée qu'effectivement l'Europe doit entre guillemets s'indépendant ici un petit peu. A mon avis, le bilan de Mettey Frederiksen et de la présidence danoise n'est pas si mauvais loin de là. Axel Gilden. D'abord, on n'a jamais autant parlé du Danemark.
Et surtout, elle a fait quelque chose de très danois c'est qu'elle met le sujet sur la table en mettant vraiment les deux pieds en sautant à pieds joints sur le sujet et l'éléphant dans la pièce qui est le grand sujet qui fâche et qui divise la gauche en particulier en Europe. Et après, on en pense ce qu'on veut. mais en tout cas elle n'a pas froid aux yeux et les Danois n'ont jamais eu peur d'un débat et c'est quand même une vertu. Un dernier mot Christelle Meillant
à votre conclusion. Un dernier mot peut-être en dehors de tout ça le Danemark met en place une volonté en fait d'intégration des personnes. Quand elles arrivent au Danemark il y a une volonté que ces personnes s'intègrent par des cours de langue des activités professionnelles etc. Et là c'est les municipalités qui prennent le pouvoir. Donc en fait tout ce qui se passe au niveau politique au Danemark peut être aussi un peu modéré ou du moins allégé par les politiques municipales et régionales qui sont souvent en fait beaucoup plus à l'écoute des besoins à la fois des entreprises et à la fois des besoins humains.
Mété Frédéric Sen n'offre évidemment pas de modèle clé en main. Elle propose une méthode assumer les conflits par les vrais dit-elle gouvernés sans renoncer à l'état providence. En ce sens elle est devenue une figure incontournable pour la gauche européenne. Contestée parfois isolée mais écoutez elle incarne le dilemme de la gauche l'avenir de la gauche explique-t-elle ne se jouera ni dans la pureté idéologique ni dans la nostalgie mais dans la capacité à exercer le pouvoir sans se dérober sera-t-elle suivie ?
Les visages de l'actu ont été produits par Juliette Deveau réalisés par Colin Gruel avec à la technique Noé Chaban Jordan Fuentes Jean-Guylain Meij la collaboration de Lustboule et la coordination de Camille Renard.