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interviewFrance Inter — L'invité de 6h20· 1 juillet 2024 10 min

Virginie Duby-Muller (LR) : "Notre image a été abîmée à cause d'Éric Ciotti"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

France Inter, Mathilde Munoz, le 5-7.

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Virginie Duby-Muller

Il est 6h17, les législatives vues de la droite à présent. Bonjour Virginie Duby-Muller. Bonjour. Vous êtes membre des Républicains, députée sortante et de nouveau candidate en Haute-Savoie. Vous êtes au second tour, mais on ne parlera pas de votre circonscription pour respecter les règles de l'ARCOM sur le temps de parole. Au niveau national, donc, votre parti arrive en quatrième position avec environ 10% des suffrages, selon le dernier décompte du ministère de l'Intérieur, qui prend en compte d'ailleurs les candidats aussi d'hiver droite. C'est un échec, 10% ?

0:40
Présentateur

Je crois que ce n'est pas un échec. Au regard des sondages qui nous donnaient 6% et qui veulent, au fond, ne pas dire grand-chose. Ce qui a primé, c'est l'équation personnelle. Et aujourd'hui, finalement, c'est quasiment le même nombre de députés sortants qui risquent d'être élus. En tout cas, c'est ce que je souhaite. Et ce qui a payé, au fond, c'est l'ancrage. C'est notre notoriété, c'est notre travail sur le terrain. Et les citoyens ont décorrélé, j'ai envie de dire, le national, du local, pour donner une prime à nos sortants, qui ont porté fièrement nos valeurs.

Et je tiens à dire qu'ils ont très rapidement dénoncé le ralliement qui a été opéré par Éric Ciotti seul à l'endroit du Rassemblement national. Je rappelle au final qu'ils sont partis à deux députés, mais que très majoritairement, les députés LR sont restés droits dans leurs bottes, ont tenu dans leurs convictions et ont refusé de transiger avec le Rassemblement national, comme l'a fait Éric Ciotti.

1:32
Virginie Duby-Muller

Alors lui, Éric Ciotti, il est super content. Visiblement, hier soir, il saluait les résultats, les bons résultats, notamment dans son département. Vous, vous n'avez aucun regret de ne pas l'avoir suivi dans son alliance avec le RN ?

1:44
Présentateur

Non, pour ma part, je crois qu'au contraire, c'est la solidité de nos convictions qui a payé. Évidemment, on se serait passé de cet épisode, de ce psychodrame. Les gens étaient complètement déboussolés. Et moi, très majoritairement, ils ont dénoncé, ils ont regretté ce rapprochement entre LR et le Rassemblement national. C'était vraiment une aventure personnelle de la part d'Éric Ciotti. Et très globalement, les gens, en tout cas, ont été choqués, évidemment, par cette décision. Donc finalement, ça va opérer, je crois, une clarification en interne au sein des LR. Il y a ceux qui étaient pour l'Union des Drates, eh bien qu'ils partent.

Et puis, nous reconstruirons, je pense, chez les LR, un nouveau parti. On voit que notre image a été abîmée aujourd'hui à cause d'Éric Ciotti. Et je pense qu'il y a toujours un espace politique pour une droite républicaine aujourd'hui.

2:33
Virginie Duby-Muller

Mais donc, vous vous contentez de 10%. Votre parti a fait tellement plus par le passé. Pourquoi pas plus de 10% ?

2:41
Présentateur

Écoutez, je crois qu'on a vu lors des dernières élections, quand même, et notamment les Européennes, qu'on avait un socle, quand même, qui avait diminué. Il nous faut retrouver, je crois, un nouveau leader, parce que nous sommes un parti qui a l'habitude de s'incarner au sein d'une personne. Vous aimeriez que ce soit qui ? Écoutez, ce n'est pas encore la question, mais on a besoin d'incarnation. Nous sommes un parti légitimiste. Il y a un espace, en tout cas, pour notre famille politique, pour nos idées. Je rappelle que le programme de l'extrême droite est un programme économique de gauche. Beaucoup de gens l'ont vu en matière d'assistanat.

On avait vu au moment du texte, vous savez, sur les 15 heures en contrepartie du RSA, le RN avait voté contre. Donc, il faut que les gens ouvrent les yeux sur le programme économique et sur le danger que représente ce parti en matière d'isolement du pays. Et à fortiori, dans le contexte de tensions géopolitiques actuelles que nous vivons,

3:31
Virginie Duby-Muller

au regard de sa proximité avec la Russie. Mais justement, le RN a encore progressé, par exemple, dans la ruralité, qui étaient pourtant vos bastions avant.

3:39
Présentateur

Alors, c'est là que je crois qu'il faut que nous existions davantage sur les propositions et notamment les questions sécuritaires. Moi, pendant cette campagne, j'ai beaucoup entendu nos citoyens extrêmement inquiets sur l'insécurité qui baisse. Et finalement, je crois que ce n'est pas tant nos forces de l'ordre qu'il faut incriminer, mais davantage la justice. Il faut davantage de fermeté au niveau de la justice. 50% des délinquants sont des récidivistes. On voit ce qui se passe aussi avec la question des mineurs. Quand vous voyez que vous avez des mineurs de 12 ans qui violent des jeunes filles, c'est absolument scandaleux. Il faut davantage de fermeté, une impunité contre les délinquants.

Et je crois que c'est ce qui ressort, en tout cas, au niveau de la ruralité. De la même façon, c'est l'impuissance de l'État, un sentiment de déclassement, le fait d'avoir moins de services publics. Et là-dessus, il faut que les Républicains aient aussi un certain nombre de propositions à formuler et qu'on pèse davantage pour retrouver l'électorat qui était traditionnellement le nôtre. On voit aussi que finalement, ça n'a pas été un vote d'adhésion à l'égard du RN, mais c'était aussi un rejet de Macron. Le premier tour, d'ailleurs, était un référendum anti-Macron des Européennes. Et je pense qu'il y a encore une fois un espace politique pour nous.

4:54
Virginie Duby-Muller

Virginie Duby-Muller, les responsables de votre parti, ont publié un communiqué hier soir pour dire qu'il ne donnerait pas de consigne de vote pour le second tour. Vous êtes sur la même ligne ?

5:03
Présentateur

Écoutez, c'est une décision d'appareil. Moi, localement... Oui, mais vous avez le droit d'avoir votre propre avis. Voilà, quand il y a eu des présidentielles et le RN face à Emmanuel Macron, j'avais pris en responsabilité... Voilà, j'avais dit clairement que je voterais Emmanuel Macron. Ce qui importe aussi en politique, c'est la clarté et la cohérence des convictions. Donc personnellement, je recrète, je dirais, cette absence de choix. D'autant qu'il y a des LR qui vont peut-être sauver leur siège grâce au désistement de candidats de gauche. Voilà, et c'est le cas dans ma circonscription.

5:34
Virginie Duby-Muller

On ne va pas parler de leur circonscription, non. Je vous coupe tout de suite. On n'en parle pas, s'il vous plaît. On va rester sur des considérations nationales.

5:40
Présentateur

Donc voilà, effectivement, au niveau national, il y a eu davantage de clarté dans d'autres partis politiques. Et personnellement, je ne comprends pas pourquoi notre famille politique n'a pas fait ce choix au niveau des états-majors.

5:53
Virginie Duby-Muller

Pour vous, le danger, c'est quoi ? Je vous pose la question, parce que pour François-Xavier Bellamy, qui est de votre parti, il dit que le danger, c'est l'extrême-gauche.

5:58
Présentateur

Moi, je rappelle qu'il y a quand même une proximité, je vous le disais, de manière économique, sur les programmes économiques entre l'extrême-gauche et l'extrême-droite. On l'a vu sur les retraites, on l'a vu sur le RSA et d'autres sujets. Qu'est-ce que vous appelez de l'extrême-gauche ? Les mêmes amendements, notamment LFI. En réalité, l'extrême-gauche, il faut aussi faire attention à cette alliance contre nature du nouveau Front populaire, où vous aviez une alliance de François Hollande jusqu'à Nouvelle-Garde, en passant par le NPA. Et on voit qu'entre eux, d'ailleurs, ils étaient d'accord sur pas grand-chose.

Il y a des fractures internes sur le nucléaire, sur un certain nombre de sujets, qui vont réapparaître sitôt les élections terminées. Donc, moi, je ne souhaite pas comparer les deux extrêmes, mais je vois qu'il y a quand même un risque, et notamment d'un point de vue économique, et qu'ils se retrouvent, finalement, sur leur programme économique, à la fois d'assistanat, à la fois de hausse d'impôts. Et il faut que les Français ouvrent les yeux, notamment sur le Rassemblement national.

6:58
Virginie Duby-Muller

Et vous, chez les Républicains, de qui êtes-vous le plus proche, politiquement ? Avec qui avez-vous le plus de points communs au niveau des programmes ?

7:05
Présentateur

Écoutez, moi, on a beaucoup de figures au sein des LR, qu'il s'agisse de Laurent Wauquiez, de David Lissnard, d'Aurélien Pradié. Donc, on verra, effectivement, après cette élection, comment se reconfigure notre famille politique. Mais, voilà, beaucoup de Français attendent, en tout cas, que les LR existent à nouveau dans le débat politique. Et je pense sincèrement qu'il y a un espace politique pour nous,

7:28
Virginie Duby-Muller

avec la fin du macronisme. Donc, les LR ne sont pas morts, contrairement à ce que dit votre collègue Aurélien Pradié ?

7:33
Présentateur

Le parti, le non, je pense qu'il y aura, voilà, des débats internes pour recréer quelque chose. Mais qu'il y a, encore une fois, un socle qui reste fidèle, qui croit en nous, et qui attend des propositions sur les sujets évoqués, sur l'écologie aussi, sur laquelle on ne nous entend pas suffisamment. Il y a un espace aussi pour une écologie de droite. Et donc, je pense que nous serons nombreux, qui avons résisté, encore une fois, pendant cette vague qui était très puissante, cette lame de fond en faveur du Rassemblement national, a porté très haut nos idées et nos convictions.

8:06
Virginie Duby-Muller

Dans la dernière Assemblée, LR avait un rôle central. C'était la force qui était recherchée par la majorité relative pour partenir à des compromis. Comment voyez-vous votre rôle à l'avenir ? Est-ce que LR va faire des coalitions sur certains projets, avec la gauche, avec les macronistes ? Comment vous voyez les choses ?

8:24
Présentateur

Eh bien, écoutez, je pense que nous aurons à nouveau un rôle pivot. Il faudra attendre de voir la cartographie de la considération officielle de l'Assemblée nationale. Parce qu'encore une fois, les sondages que l'on a entendus ces dernières semaines ne tenaient pas compte des équations personnelles. Donc, il faut évidemment en prendre compte. Et à partir, je dirais, de cette carte définitive, on verra quel sera notre rôle. Mais moi, je pense qu'il faudra un bloc de gens qui seront pragmatiques et qui regarderont au cas par cas les textes pour éviter qu'on ait n'importe quoi dans notre pays.

On a vu que, pendant cette campagne, certains avaient fait des propositions absolument démagogues, populistes. Et dans le contexte actuel, vous avez vu les hausses d'impôts, le SMIC à 1 600 euros, les 32 heures hebdomadaires. C'est absolument irréaliste. Ce sont des mesures qui ne sont pas finançables. On ne peut pas travailler moins pour gagner plus. C'est juste du bon sens. Et je pense que les Français sont responsables sur ces sujets. De même façon, les sujets de double frontière, les propositions du RN sur les binationaux, ce sont des choses qui sont discriminantes.

9:32
Virginie Duby-Muller

Et personnellement, évidemment, je me battrai contre ces propositions. Donc, l'avenir, à court terme en tout cas, pour votre parti, c'est d'être une force pivot. C'est bien ça ? Absolument. Merci Virginie Duby-Muller, membre des Républicains et candidate au second tour en Haute-Savoie. Vous étiez l'invité du 5-7. Merci.

9:51
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.