Jeux Olympiques : "C'est un accélérateur de particules", juge Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen-s
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La banlieue a-t-elle déjà gagné la médaille d'or des Jeux Olympiques ? A cinq jours de l'ouverture de Paris 2024, la Seine-Saint-Denis est plus que prête à se lancer dans la compétition. Le 93 département le plus pauvre d'Hexagone accueille des épreuves, décide d'entraitement et l'immense village olympique. Alors est-ce une chance ou un mirage éphémère ? On avait envie d'entendre ce matin les élus de ces territoires. Ils sont trois. Bonjour Stéphane Troussel. Bonjour. Vous êtes le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Karim Mouamran. Bonjour.
Bonjour Mouamran.
Mouamran, oui. Mère PS de Saint-Ouen et à distance avec nous Mathieu Annotin. Bonjour. Bonjour. Mère PS de Saint-Denis. Alors tous les projecteurs sont braqués sur vous. Karim Mouamran, même le New York Times a parlé de vous. Vous avez eu le droit à votre portrait en une du journal américain. Ce maire français a déjà tout gagné, a dit le New York Times. Vous êtes d'accord ? Vous avez tout gagné déjà ?
On a tout gagné. C'est un accélérateur de particules, que ce soit Saint-Ouen, Saint-Denis ou l'ensemble du département, en termes d'héritage, en termes d'infrastructures, en termes de qualité de vie, en termes de fierté. En termes d'améliorer concrètement la vie des gens, ça a été vraiment important.
On va détailler tout ça, mais sur l'image, sur le rayonnement international.
Pendant longtemps, ça a été un département qui était soit méconnu, soit stigmatisé, pour des raisons qui n'étaient pas forcément florissantes. Et là, le fait qu'on puisse faire la une du New York Times, il y a une reconnaissance, mais il y a aussi surtout un continuum de tout ce qu'on fait depuis des années et des années. Et c'est intéressant que ce soit un média étranger qui fasse la une. On aurait souhaité que ce soit un média français. Bon, ça a été les Américains et ça a donné lieu à d'autres médias ensuite plus locaux, plus nationaux. Mais c'est une fierté et c'est surtout une reconnaissance de toutes celles et ceux qui s'impliquent chaque jour.
Et au bout d'un moment, lorsqu'on voit l'amorosité ambiante, c'est une bouffée d'air frais. C'est bien. Ça nous donne énormément d'espoir et d'espérance.
Mathieu Annotin, la flamme olympique va terminer son périple chez vous à Saint-Denis, avant la cérémonie sur la Seine. L'enjeu d'image, il est crucial également ?
Oui, mais comme le disait Karim, effectivement, pour nous, l'enjeu de changement finalement, de l'image projetée, du regard des autres sur la Seine-Saint-Denis, il est absolument crucial. Parce que, disons-le, les choses sont en train de bouger. Et depuis quelques années déjà, et notamment du fait d'un certain nombre de décisions politiques que les uns et les autres, nous sommes en mesure de prendre. Mais les Jeux Olympiques et Paralympiques peuvent nous aider massivement à servir de révélateurs sur ce que nous sommes réellement. Et de ce point de vue-là, je mettrai non pas un bémol, mais quand vous dites « nous avons déjà tout gagné », assurément…
C'est le New York Times qui le dit. Je vous demande si vous êtes d'accord, justement, avec cette rendue-là.
Je suis d'accord sur le fait que nous avons déjà gagné, puisque l'héritage matériel pour les habitants de la Seine-Saint-Denis, pour les habitants de Saint-Denis, de Saint-Ouen, de pleine commune en particulier, il est évidemment colossal. Mais nous n'avons pas encore tout gagné, puisque l'histoire est en train de s'écrire. Et c'est aussi ça l'enjeu des jours qui viennent. Karim Boimran parlait à l'instant de fierté. Oui, nous avons besoin de retrouver cette fierté pour nos habitants d'habiter ici, de le clamer haut et fort, mais aussi pour, finalement, en provoquant ce révélateur que j'évoquais de changement d'image, de donner envie.
De donner envie, d'abord, à des gens de venir habiter, ça existait déjà, mais aussi à des gens de venir investir, et finalement, de nous permettre de créer une sorte de mouvement de progrès qui, demain, continuera de bénéficier aux habitants et aux habitantes.
Mathieu, à noter, la flamme, elle termine son périple à Saint-Denis, devant la basilique. Qui seront les trois derniers porteurs de la flamme ? Vous pouvez nous le dire ?
Je ne vais pas vous le dire.
Parce que c'est un visage de la France que vous allez présenter, j'imagine. Ça doit être très symbolique.
Ce qu'on a voulu, ce qu'on a travaillé avec, notamment, toutes les équipes de Paris Nobles 24, c'est pour qu'effectivement, ce moment, il soit symboliquement extrêmement fort. Et j'allais dire, c'est pour moi particulièrement important dans le contexte politique national que nous vivons, pour ne pas dire que nous subissons tous et toutes. Je pense que, plus que jamais, nous avons besoin de messages de rassemblement et de concordes républicaines. Finalement, Saint-Denis, à travers le changement que j'évoquais préalablement, c'est aussi ça le message qu'on veut porter et qu'on veut finalement apporter à la République.
de montrer que, oui, une société cosmopolite, une société de toutes les diversités, eh bien, elle peut bien vivre, bien sûr, mais elle peut demain devenir désirable. Et ça, c'est pour nous le meilleur antidote aux différentes passions tristes. Alors, ce que je peux vous dire, c'est que sur le 26...
Je ne vais pas nous donner les noms. Je ne vais pas vous donner les noms.
Mais on va faire quelque chose qui va être vraiment assez exceptionnel. Ça a été annoncé. Il y aura le chanteur Slimane qui sera là pour un dernier concert, juste avant, effectivement, le... Pardon, juste avant le démarrage de la cérémonie d'ouverture. Et ce qu'on visait avec nos trois derniers relayeurs, parce qu'il y en aura toute la journée des relayeurs qui vont être certains très connus. Qui vont traverser tout le département. Et puis, tout autour du Stade de France, du centre aquatique. D'autres qui seront aussi des relayeurs avec beaucoup de sens au niveau local, des acteurs investis, des acteurs et actrices, par exemple, du territoire très investis.
Mais les trois derniers, il y en a... L'idée, c'est qu'il y en ait un qui incarne vraiment Saint-Denis et un parcours de réussite absolument incroyable. Un ou une autre qui incarne, évidemment, notre prix, la France et toutes nos valeurs républicaines. Et puis, un qui incarne notre ouverture au monde. Et pourquoi pas, on pourrait imaginer qu'il incarne ce pont avec nos amis de Los Angeles avec lesquels on travaille déjà pour, eux, préparer leur prochain Olympiad.
Il y a des indices. Ok. Le défi en termes d'image, on a compris. Il y a aussi un défi en termes d'héritage matériel. Stéphane Troussel, la Seine-Saint-Denis, votre département, a perçu 80% des investissements publics, c'est ça, des Jeux Olympiques ?
Exactement. Quand nous nous sommes investis tous ensemble dans cette candidature de Paris 2024, finalement, la préoccupation qui était la nôtre, en particulier les élus de Seine-Saint-Denis, c'était à la fois, bien sûr, de participer à cette grande fête, à ce plus grand événement sportif international, mais c'était d'abord de penser l'après-jeu. C'était de penser les logements, les gymnases, les piscines, les...
Ça se chiffre en milliards d'euros ?
Oui, puisque par exemple, le budget de la Solidéo, l'entité qui a été chargée de construire les équipements durables, eh bien, c'est un budget d'à peu près 4 milliards, et 80% de ce budget de la Solidéo se déploie en Seine-Saint-Denis. Et donc, oui, c'est colossal. Et j'ai l'habitude de dire, d'une formule, que quand la flamme sera éteinte, et quand un touriste, dans 5, 10, 15 ans, se dira qu'est-ce qu'ont été les Jeux de Paris 2024, c'est pas sous la Tour Eiffel qu'ils viendront voir la trace des Jeux.
C'est à Saint-Ouen, à Saint-Denis, à Lille-Saint-Denis, à Duny, au Bourget, à la Courneuve et ailleurs, où il y a des logements, encore une fois, il y a des espaces verts agrandis, il y a des ponts, des passerelles...
Mais c'est ça, il n'y a pas que des équipements sportifs, en fait ?
Non, non, il y a...
Il y a eu beaucoup de budget mis sur les pistes cyclables, les routes...
Les pistes cyclables, les routes, l'enfouissement de... Enfin, imaginez que...
Karim Ouadou Boindran, sur votre territoire ?
Imaginez que, par exemple, juste, je termine par ça, imaginez qu'à Lille-Saint-Denis, donc, une ville en pleine zone dense, il y avait encore des pylônes avec des lignes à haute tension. Eh bien, grâce au Jeux, elles sont enfouies.
On a pu enfouir ça.
Des murs anti-bruits, des passerelles et des ponts sur l'autoroute ou sur la Seine, la reconquête des berges de la Seine, en Seine-Saint-Denis, alors que le fleuve a été longtemps tourné vers l'activité économique. Grâce au Jeux, les habitants, les territoires vont pouvoir en faire des lieux de promenade, de loisirs, de détente. Et ça, ça change, oui, concrètement la vie des gens.
À Saint-Ouen aussi, on va bénéficier de nouvelles infrastructures ?
Déjà, déjà. Vous avez, par exemple, pas que sportives, vous avez l'aspect culturel. On a une aréna qui s'appelle Lille-des-Vannes, qui a été conçue en 1971, et qui a eu la chance de recevoir Bruce Springsteen, le boss dans les années 80, Pink Floyd, Dead Zeppelin, et évidemment, Georges Marchais, le leader communiste. Et qui a été un autre style, plus cultural, une voix un peu plus posée, plus passionnée.
Un investissement à la hauteur de 14 millions, on a des crèches, une école, et ce qu'on appelle le village olympique, qui va recevoir des milliers et des milliers d'athlètes, qui va se traduire par ce qu'on appelle une réversibilité, c'est-à-dire qu'on va avoir mille logements, avec une partie de logements sociaux, pour pallier une partie de la crise logements. On a également un élément qui est fondamental, et qui est consubstantiel à toute ville, et que l'arrivée des commerces, avec diversité en termes de commerce.
Vous le sentez, ça, dès aujourd'hui ? Une attractivité ?
Évidemment, l'attractivité, on l'a vu encore il y a 15 jours, avec l'arrivée du commerce de Thierry Marx, où on a ouvert un bouillon, on a ouvert un commerce avec Olivier Bertrand, on a rénové, avec l'aide de Pleine Commune, qui est présidée par Mathieu Annotin, toute la place de la République, et l'aide également de la région. Ça a été vraiment un accélérateur de particules, et on a pu, indirectement, bénéficier de l'aide de l'État pour pouvoir rénover nos logements sociaux, 1 700 logements sociaux, grâce à un dispositif très simple qui s'appelle l'ANRU.
Et s'il n'y avait pas eu en amont les Jeux Olympiques, on n'aurait pas pu avoir des éléments de négociation avec l'État, comme ce que j'appelle souvent un accélérateur de particules. Donc, il y a des aides directes, mais c'est indirect, donc que ce soit au niveau logement, au niveau culture, au niveau sportif, au niveau santé, on a un campus hospitalier qui va s'installer, la santé est un élément important, avec le pouvoir d'achat pour les Françaises et les Français, on a 12 000 exigences. Proximité des services publics. Exactement, donc améliorer très concrètement la vie des gens. Et surtout, un élément qui est fondamental, les transports.
On a inauguré, il y a quelques semaines, la ligne 14 avec le président de la République, la gare Carrefour-Pleyel, qui va nous donner la possibilité de mettre vraiment la Seine-Saint-Denis au centre de la métropole, avec des villes comme Saint-Ouen-Saint-Denis, où on a développé le barycentre. Donc, sur le plan économique, sur le plan culturel, sur le plan socio-culturel, sur le plan aussi existentiel, parce qu'il y a encore une fois une fierté. Je dis souvent Paris est devenu la banlieue de Saint-Ouen et Paris est devenu la banlieue de la Seine-Saint-Denis.
Alors justement, sur cet échange de population, Mathieu Annotin, les appartements qui sont aujourd'hui le village olympique, qui vont se vendre après, ils ne se vendent pas très très bien apparemment. Est-ce que les prix ne sont pas trop chers ? Est-ce qu'on ne vise pas des populations hors 93 ? Est-ce qu'on ne vise pas faire venir, par exemple, des Parisiens dans le 93 ? Au détriment des populations qui y sont aujourd'hui installées.
Alors, vous savez d'abord que nous ne sommes pas une république autonome.
Absolument. Non, mais je veux dire,
c'est important de le préciser, c'est qu'il y a quand même une crise de l'immobilier partout en France et elle touche également le territoire de Saint-Denis, nos villes, de manière similaire. quand l'accès au crédit bancaire avec l'accès du logement est extrêmement compliqué. Il l'est aussi pour nos habitants et pour les gens qui souhaitent venir vivre à Saint-Denis. Mais là, on a dit
que les prix de départ étaient un peu trop élevés. D'ailleurs, les prix ont baissé après pour vendre ces appartements.
C'est ça, c'est l'avantage de la confrontation entre la réalité d'un souhait et la réalité d'un marché. Donc moi, je l'ai dit aux promoteurs, effectivement, je pensais que leur prix était trop élevé. Ils ont, pour un certain nombre d'entre eux, souhaité quand même s'y confronter et puis la réalité a repris le dessus. De toute façon, s'il n'y a personne pour acheter, c'est que le prix est trop élevé.
Il y a un procès en gentrification, vous l'entendez aujourd'hui ? Je l'entendais,
voilà, j'attendais que vous le traduisez parce que ce n'était pas très clair dans votre question d'origine. Moi, je... Comment dire ? Ce procès est complètement farfelu en gentrification. D'abord parce qu'on n'a pas attendu le village olympique pour construire des logements, qu'on est en zone dense et qu'effectivement, il n'y a pas besoin de passeport pour venir à Saint-Denis. Donc les... Comment dire ? Les habitants de la région parisienne à la recherche d'une solution de logement, ils viennent déjà depuis de nombreuses années. Notre défi est plutôt de réussir à suffisamment changer nos villes pour leur donner envie de rester plutôt que de leur donner envie de venir.
puisque l'attractivité foncière de Saint-Denis, de Saint-Ouen, elle est déjà depuis de nombreuses années une réalité. En changeant le climat quotidien dans nos villes, on permet aux gens de se projeter et donc de ne pas venir juste pour 3-4 ans et après revendre.
Donc le but, c'est que ça profite quand même aux populations du 93 ?
Bien sûr, mais ce que je voulais vous dire, c'est quoi les populations du 93 ? Qu'est-ce qui fait qu'on est communauté locale ? Eh bien, une communauté locale, c'est des gens qui choisissent justement un destin commun, ceux qui choisissent de venir pour habiter sur un territoire. Et nous, nous voulons et nous continuons de travailler, Karim Boimorin l'évoquait à l'instant, avec l'ANRU pour l'amélioration de tous nos logements sociaux. On continue effectivement à construire à la fois des nouveaux mais aussi à les rénover. Mais nous souhaitons également pouvoir à la fois, enfin pouvoir diversifier notre offre de logement.
Parce que ce n'est pas dans une logique de séparatisme social à l'échelle de l'Île-de-France, qui est quand même celle qu'on connaît depuis 30-40 ans, qu'on construira des solutions pérennes.
Karim Boimorin veut réagir à ce que vous...
La question que vous posez et la question, effectivement, lorsqu'il y a développement, lorsqu'il y a progrès, est-ce qu'il est partagé ou est-ce qu'il est privatisé ? Et la première question, c'est le logement. Et effectivement, des villes comme les nôtres avec des transports, avec un dynamisme économique, engendre l'attractivité.
Ça va faire venir des Parisiens ?
Ça fait venir automatiquement des Parisiens. La question, c'est comment nous, responsables politiques locaux, on arrive à agir directement sur les questions du logement. Donc, il faut vraiment travailler sur une politique de logement en direction de l'existant. Donc, faire en sorte que le turnover, le renouvellement puisse bénéficier surtout à celles et ceux qui y vivent, les jeunes, celles et ceux qui vivent, qui sont fragilisés, qui sont précarisés en Ile-de-France. Et Mathieu Adotin l'évoquait, on a quasiment 8 millions de mal logés ou de précarisés sur les questions de logement. Donc ça, c'est le premier point.
Et surtout, lorsqu'on construit, impliquer, appliquer de façon très claire un pourcentage de logements sociaux. Et logements sociaux, ça ne veut pas dire guéterisation ethnique, sociale ou religieuse. Ça signifie qu'à partir du moment où on n'a pas forcément un salaire extrêmement confortable, on puisse bénéficier d'une politique de service public.
Donc, le levier et le logement. Stéphane Troussel ?
Oui, bien sûr. Vous savez, on est très engagés tous les trois ensemble et on partage cette même vision de ce que doit être le développement de notre territoire. Et après les Jeux, la Seine-Saint-Denis restera en Ile-de-France et même, je pense, en France métropolitaine, le département qui aura le pourcentage de logements sociaux le plus élevé. Et parce que c'est notre histoire, parce que depuis toujours, j'ai envie de dire, y compris par-delà les alternances politiques, oui, il y a un souhait d'avoir un territoire équilibré qui permet à chacun de pouvoir s'y retrouver. Ce n'est pas tellement à la Seine-Saint-Denis qu'il faut faire le reproche de la gentrification et de la séparation.
Parce que la réalité, c'est plutôt une réalité de l'Ile-de-France qui reste très fracturée socialement. En dépit des évolutions de la Seine-Saint-Denis, en dépit de ses programmes de logement, vous avez un déséquilibre Ouest-Est qui reste très fort avec une faiblesse du nombre de logements sociaux dans d'autres territoires de l'Ile-de-France. J'ai envie de dire que chacun de ces territoires doit contribuer justement à la solidarité, à l'équilibre de l'Ile-de-France.
Et oui, en Seine-Saint-Denis, il faut continuer d'agir pour à la fois diversifier l'habitat, mais permettre qu'il y ait tout type de solution qui permette à chacun, chacun, quelle que soit sa situation, de pouvoir choisir la Seine-Saint-Denis, de pouvoir choisir d'y rester, y compris parce que c'est souvent l'argument qui par le passé nous a été opposé quand il y avait des volontés de diversifier l'habitat. Eh bien, il y a des gens qui ont vu leur situation évoluer et qui n'ont pas trouvé en Seine-Saint-Denis les moyens d'y rester et sont partis. Et donc, nous, ce que nous voulons, c'est de la mixité, de la diversité et de l'équilibre.
Et je veux dire autre chose, c'est que finalement, les jeux, à la fois Karim et Mathieu le disaient, c'est un révélateur, c'est un accélérateur de ce qui est en train de se passer sur ce territoire. Il y a des transformations qui vont se poursuivre à la fois avec les transports mais aussi avec de multiples projets. Centre hospitalier universitaire à Saint-Ouen, campus Condorcet à Aubervilliers, grande direction du ministère de l'Intérieur qui vont s'y installer, atelier Médicis à Clichy-sous-Bois. Finalement, on a 10 ans de transformation devant nous.
Alors, l'actualité politique des dernières semaines a percuté les derniers préparatifs des JO. Est-ce que la dissolution a gâché la fête ?
En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on voyait depuis Marseille la ferveur populaire en train de se développer.
Quand la flamme olympique est arrivée, du BNM.
Exactement. Et on a vu ça dans toutes les villes de France qui étaient traversées par la flamme. Et donc, cette annonce du président de la République, au-delà de l'annonce elle-même, mais surtout avec le risque qu'il a fait peser sur le pays d'une victoire de l'extrême droite, dont les valeurs sont totalement contraires non seulement à la République française, mais à l'olympisme, ce que représente ce grand événement qui rassemble les peuples. C'est ça qui, oui, à la fois a mis le pays dans un climat lourd, anxiogène, et a mis les jeux finalement un peu en arrière de l'actualité.
Donc on s'est mobilisés à la fois pour faire échec à l'extrême droite et puis à reprendre cette ferveur populaire et on est en train de l'augmenter aujourd'hui. Oui,
il y a un aspect anxiogène avec la crainte de la prise de pouvoir du RN et puis ça nous a attristés aussi, parce qu'effectivement on était en pleine dynamique, ça fait nous...
On n'a pas eu du tout la tête aux JO ces dernières semaines, c'est venu là il y a quelques jours.
Nous, c'est un rêve de gosse. Moi, je suis né à Saint-Ouen, le village olympique est en bas de là où j'ai grandi et du jour au lendemain, le 9 juin, on nous apprend qu'il y a une dissolution et que le RN peut prendre le pouvoir. Donc effectivement, ça nous a freiné. Mais là, bon, on a repris de l'énergie, là on est heureux.
Justement, justement.
Comme disent les Américains, on a repris du juice. Donc non, on a de l'espoir et puis la fête va être belle.
Mais pour parler de politique encore, est-ce que l'hypothèse d'un gouvernement nouveau front populaire s'éloigne aujourd'hui avec ces trois derniers jours, ce qui s'est passé à l'Assemblée ?
C'est un peu compliqué
là, cette histoire. En tout cas, moi, je ne le crois pas. On a une Assemblée
qui est complètement illisible.
On a une Assemblée qui est complètement illisible. En l'occurrence, ces élections, elles ont marqué quoi ? Le refus de l'extrême droite. Un front républicain qui a été très large pour faire échec à l'extrême droite. Et dans ce front républicain, la gauche et les écologistes sont arrivés en tête. Et donc, la logique politique voudrait que le président de la République appelle un Premier ministre issu de la gauche. A la gauche, ensuite, à l'Assemblée...
Les négociations vont repartir à gauche, là ? En tout cas, moi, je le souhaite.
Et à la gauche, ensuite, à l'Assemblée, de chercher des majorités, texte par texte, pour permettre d'apporter les réponses à la colère et au sentiment d'abandon qui s'est exprimé sur le pouvoir d'achat, sur la sécurité... Elle est dans la majorité ?
Elle est dans l'opposition ? Aujourd'hui, on n'arrive pas à comprendre ça. En tout cas,
à l'Assemblée nationale, elle est de fait dans l'opposition dès lors que la présidente a été réélue. Mais c'est au président de la République, maintenant, de nommer un Premier ministre.
Je pense qu'on est dans une situation digne de la Quatrième République. On aurait dû avoir, à mon sens, c'est des propos qui n'engagent que moi, un discours un peu plus clair en direction des Français et des Français, en disant qu'effectivement, le premier camp qu'a gagné, c'est toutes celles et ceux qui se sont exprimés, le camp républicain qui s'est exprimé contre le Rassemblement national. Et au sein de ce camp, c'est la gauche et les revendications de la gauche, le pouvoir d'achat, l'éducation, le logement. Et là, trouver une plateforme de projet commun pour éviter qu'il y ait blocage.
Donc, on espère qu'il va y avoir des blocages parce qu'effectivement, la gauche s'exprimait en tête avec énormément d'espoir et d'espérance.
Merci. Merci beaucoup d'avoir été en direct. Je ne voulais pas vous couper. avec nous ce matin. Mathieu Annotin, vous étiez à distance. Maire PS de Saint-Denis, Karim Bouamran, maire PS de Saint-Ouen et Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Je vais vous souhaiter de bons jeux. Je précise simplement qu'on va diffuser la cérémonie d'ouverture sur France Inter en intégralité vendredi prochain. Donc, ce sera à suivre sur notre antenne. Je vous souhaite une bonne journée et des très bons JO. Vive le service public. Merci. Merci.