"Le gouvernement a mis du sien pour que les médecins se révoltent" : JP Hamon
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Sud Radio, le grand matin [musique] weekend, Frédéric Brindel. C'est l'un des thèmes forts de ce dimanche matin sur Sud Radio. La grève annoncée dès demain par les médecins libéraux.
C'est une question d'ailleurs que nous vous posons sur le compte X. Soutenez-vous la grève des médecins libéraux ? Pour l'instant, vous dites oui à 55 %.
Mais attention, le contexte est particulier. On a tous un petit peu la grippe, un petit peu le Covid, un petit peu la la crève. Euh explication avec nous, Jean-Paul Amont, médecin généraliste et président d'honneur de la Fédération des médecins de France.
Bonjour Jean-Paul et bonne année à vous. Bonjour, bonne année à vous. Alors dès demain la grève et en plus ça va être très suivi, he vous nous le confirmez.
Oui, absolument. Mais mais c'est vrai que le le gouvernement a mis du sien pour que les médecins se révoltent. Vous savez, on fait pas on fait pas facilement la grève quand on est médecin parce que on pense à nos patients, on s'organise, on fait en sorte que justement les personnes fragiles, celles qui sont isolées soient soient toujours surveillées et et en plus là cette fois-ci, vous savez, il y a il y a la grève des médecins, mais il y a aussi les infirmiers qui se préparent à faire grève, à faire à faire une manifestation avec nous euh samedi.
Donc incontestablement là de depuis depuis une cette année, on voit que que la médecine de proximité est celle qui justement permet aux hôpitaux d'éviter les hospitalisations, de raccourcir les hospitalisations. On voit qu'elle est fragilisée et elle est considérée comme une quantité négligeable. On l'avait vu pendant le Covid où on avait été absolument complètement négligé, humilié et cetera.
Et là de de depuis vraiment 3 ans là, ils mettent le paquet. C'est-à-dire que euh il il considère comme des délinquants, il considèrent qu'on qu'on ne fait que creuser le déficit de la sécurité sociale. Il ne se rend pas de compte du rôle essentiel de la médecine de proximité et et franchement c'est ça nous a mis non seulement ça nous a mis en colère mais mais ça nous désespère de voir que qu'il ne comprennent pas ça.
Et ce qui déclenche ce mouvement, Jean-Paul Amont incontestablement, c'est le projet de loi de financement de la sécurité sociale, le fameux PLFSS qui déclenche votre révolte. C'est ça qui a qui a tout fait basculer. Mais absolument parce que là jusqu'ici en Courbelle d'Aô, on se dit c'est pas possible qu'il réalise pas l'importance mais là euh c'est des amendes à tous les étages.
On nous colle, on veut nous coller une amende jusqu'à 10000 € si on ne consulte pas le dossier médical personnel. Vous savez, c'est space tenté. qui est en fait un coup absolument euh absolument sans indexation où une où une poule ne retrouverait pas assez petit si vous voulez et donc au maximum par an euh on veut nous coller une amende 4000 € refuse d'aller consulter 2 jours par mois dans les déserts médicaux c'est une négation de de ce que peut représenter la la coordination des soins, la continuité des soins.
Les étudiants en médecine là pour les médecins généralistes, on vient de leur coller une 10e année et ils avaient signé pour 9 ans et on vient on vient de le coller une 10e année et et franchement on se dit mais que sans sans aucune incitation hein. C'est veut dire que là on a prévu une vague rémunération pour des gens qui on qui ont des responsabilités telles que pendant leurs études, il faut quand même le rappeler hein, ils ont un il y a un suicide tous les 18 jours. Ah oui, à ce point-là, bien ces gens-là, ces gens-là, on vient de on vient de leur coller une 10e année.
Euh, avec une rémunération telle queon se dit que ça a été pondu par un techno sous acide, c'est pas possible de de de voir ça. Et quand il y a quelques mois, j' je je je j'avais sollicité le le conseiller de Matignan pour dire "Mais écoutez, bac + 10, ils sont des responsabilités telles, on pourrait faire en sorte que ce soit vraiment incitatif. On pourrait les inciter à aller dans les déserts médicaux mais dans des bonnes conditions.
C'est-à-dire que on pourrait leur garantir qu'ils aient à peu près 60 consultations par semaine, ce qui n'est pas colossal quand vous savez que la moyenne d'un médecin généraliste c'est c'est 100 ou 120 consultations par semaine. Ou oui, il aurait un secrétariat présentiel si il serait logé et et il pourra assurer sa pratique alors que ce sont des vrais docteurs. He bon c'est c'est c'est clair.
C'est clair. Ouais. Ou c'est c'est dissuasif.
C'est c'est terriblement dissuasif. Ouais. il pourrait avoir il pourrait avoir un m de stageable au téléphone au moins que ce soit incitatif et bien il m'avait répondu doublez le salaire comme vous y allez et je lui dis mais attendez monsieur je dis mais doublez le salaire quand vous êtes à bac + 10 et des responsabilités telles qu'il y a un suicide tous les 18 jours et dans le contexte de certification que la France connaît se priver d'avoir 3500 médecins généralistes de plus excusez-moi je suis choqué de votre réaction et bien voilà les gens qu'on a en face de nous voilà les gens qu'on a en face de nous qui ne savent que coller des amendes à tous les étages et comment voulez-vous que les médecins ne soient pas en colère et et et c'est assez euh finalement flagrant le parallèle qu'on peut faire hier à cette même heure.
Nous parlions avec les agriculteurs qui regrettaient évidemment ce manque d'échange avec les gens le plus concernés, c'est-à-dire des gens de terrain et ça ressemble à ça. Christine Bertin Bot, vice-présidente de l'URPS et secrétaire général du syndicat des médecins libéraux, disait "On n'est pas salarié, on n'est pas les employés de la sécurité ni ceux des assureurs et si on ne veut pas nous entendre, on va leur faire comprendre." Juste un mot, Jean-Paul, inquiétude quand même parce qu'il y a la grippe en ce moment qui est forte, qui est dure, il y a le Covid.
Ça veut dire que les malades vont rester euh vont rester seuls face à leur problématiques. Vous faites bien de parler des paysans parce que j'ai un collègue qui a acheté qui a acheté 200 bonnets jaunes pour bien montrer que ceux qui nourrissent les Français et ceux qui les soignent sont dans le même bateau et il y aura des bonnets jaunes dans la manifestation de samedi. Mais bien évidemment les maisons de garde sont les maisons de garde sont ouvertes.
On a notre secrétariat sont ouverts. On fait attention justement à ce que justement on ne passe pas. On veut surtout pas qu' qu'il y ait de de de gros problèmes.
Il y aura sûrement des hôpitaux qui vont être qui vont être débordés à cause de ça. Mais on est on est extrêmement attentif et et on va faire attention que il y ait des consultations qui soient quand même ouvertes pour les personnes qui ont vraiment besoin de consulter. Oui, merci.
C'est rassurant un minimum quand même. Jean-Paul Amont, merci pour cet éclairage et bon courage à tous nos médecins généralistes qui donc du 5 janvier jusqu'au peut-être 15 janvier, on verra la suite du mouvement en tout cas, vont faire grève. Prenez vos dispositions vous si vous avez ben comme certains une petite gripeunette ou un petit Covid.
Voilà pour ce point d'actualité haut combi important sur lequel bien sûr nous reviendrons.