Incarcération de Nicolas Sarkozy: l'interview de Christophe Ingrain, son avocat
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
trêve hivernale près de 4 millions de foyers sont concernés l'invité du 20 heures bfm et l'avocat nicolas sarkozy incarcéré depuis une semaine maintenant bonsoir maître ingrain merci beaucoup d'être d'être là vous n'avez rien dit des conditions de détention de nicolas sarkozy depuis mardi dernier depuis qu'il est incarcéré à la santé on va en parler avec vous ce soir mais pour commencer je voulais si vous vous voulez bien que vous répondiez au début de polémique qui a fait jour aujourd'hui qu'est ce que vous répondez à ceux qui disent que nicolas sarkozy bénéficie en prison d'un traitement de faveur je leur dis que c'est totalement faux nicolas Sarkozy est à l'isolement, en détention. Vous savez, l'isolement, c'est pas rien. L'isolement, c'est réservé aux détenus les plus dangereux.
C'est là qu'on met les détenus qui causent ou qui sont menaçants pour le reste de la détention. Nicolas Sarkozy, c'est tout à fait autre chose. On l'a mis là pour le protéger du reste de la détention.
Et ce n'est pas un fantasme. Il y a eu, il y a quelques jours, un dossier des menaces de mort qui ont été proférées contre lui. Il y a une audience qui s'est tenue vendredi. – Et il y aura un procès en décembre. – Et il y aura un procès en décembre.
Donc, les conditions de détention de Nicolas Sarkozy, elles sont dures. C'est dur la détention. C'est dur la détention, c'est dur la détention quand on est innocent et c'est dur la détention quand on est à l'isolement.
On ne voit personne, personne. La cellule est fermée tout le temps, ils ne croisent personne, ils ne voient personne. Alors même si les surveillants font tout à fait leur boulot de manière très respectueuse et qu'ils voient de temps en temps, le plus souvent possible, ses avocats et parfois sa famille.
C'est des conditions qui sont extrêmement dures, extrêmement dures. Donc imaginer et entendre qu'on parle de régime dérogatoire ou de régime de faveur, mais c'est vraiment ne jamais avoir mis les pieds là-bas. Cette question concernait notamment les parloirs dont on a beaucoup parlé ces dernières heures où on sait, d'après nos informations, que votre client bénéficie de 4 parloirs par semaine, notamment pour voir sa femme Carla Bruni, alors qu'on sait qu'à la santé, au vu de la surpopulation carcérale, c'est plutôt 3 pour les détenus.
Encore une fois, il est à l'isolement. Il ne voit personne. Donc il n'y a rien de choquant à ce que ces parloirs soient 3, 4...
Et c'est surtout prévu par la loi. La loi dit au moins 3 ? Au moins 3.
Donc l'administration pénitentiaire, parce que c'est l'administration pénitentiaire qui décide de tout. Nous, on ne demande rien. C'est l'administration pénitentiaire.
On décide de rien. C'est l'administration qui décide. Lorsqu'elle peut lui accorder un 4e parloir, elle le fait.
Si la semaine prochaine, l'administration pénitentiaire dit 2 parloirs, on n'a pas le choix. Ça sera 2 parloirs, c'est en fonction des disponibilités de l'administration pénitentiaire. Et encore une fois, l'administration dans ces cas-là prend en compte le fait que le détenu est à l'isolement.
J'insiste parce que c'est important, c'est ne parler à personne dans la journée, ils ne croisent personne. Votre client Nicolas Sarkozy depuis une semaine ne croise personne dans la journée ? Absolument, personne.
Même pas les surveillants aussi ? Il voit les surveillants mais il ne croise personne et il voit les surveillants au moment où il sort de sa cellule, par exemple pour avoir son parloir avocat. Mais il n'y a pas de discussion.
C'est j'ouvre la porte, je salue et je rentre dans la salle pour rencontrer mon avocat. Il n'y a pas de discussion. Il y a la possibilité d'une promenade une heure par jour.
Est-ce qu'il y va encore ? À ma connaissance, il n'utilise pas cette promenade. Pourquoi ?
Parce que c'est encore une fois des conditions qui sont difficiles, c'est la détention, mais ce sont des conditions qui sont très difficiles. C'est un tout petit endroit dehors où on ne voit pas le ciel. Donc ça n'a pas d'intérêt.
Quand il était sur le point d'entrer en prison, il avait expliqué dans des interviews qu'il rentrait la tête haute. On a beaucoup parlé à ce moment-là du choc carcéral que ça pouvait représenter, du choc que c'est de se retrouver enfermé 24h sur 24 ou 23h sur 24 dans une cellule de prison. Est-ce que votre client a ressenti ça ?
Est-ce que Nicolas Sarkozy a ressenti ce choc carcéral ? Il a dit qu'il rentrait la tête haute, il est toujours la tête haute. Je vous le disais, c'est dur, c'est très dur.
Mais il fait face, il fait vraiment en face, il est combatif, il se projette. On a une demande de mise en liberté qui, on espère, sera rapidement examinée par la Cour d'appel. Il y a un appel tout court qui va passer qui aura lieu, si je comprends bien, au mois de mars.
Il y a un dossier sur lequel il était condamné, trois infractions sur quatre qui se sont effondrées. Il en reste une quatrième qui était vraiment l'infraction de rechange, l'infraction fourre-tout. On a essayé de sauver les meubles en le condamnant là-dessus.
On travaille. Et oui, c'est dur. Vous dites que c'est dur, les journées sont très longues.
À quoi est-ce qu'il occupe ses journées ? Je ne vais pas rentrer dans les détails parce que moi, je ne viens pas pour nourrir la chronique qui est une chronique, entre nous, tout à fait indécente de sa détention. Qu'est-ce qu'il fait ?
Qu'est-ce qu'il mange ? Quand est-ce qu'il dort ? Ça ajoute à l'humiliation de cette situation.
Je le disais tout à l'heure en commençant. Il est en détention alors qu'il est innocent. C'est insupportable.
Je suis obligé de rappeler qu'il est présumé innocent et qu'il a été condamné en première instance. On y reviendra. Oui, il est innocent.
Juridiquement, il est innocent. On peut rappeler tout ce qu'on veut, il est innocent. Et il l'est en droit et il l'est en fait.
Corruption, il n'y en a plus. Du financement de la campagne, il n'y en a plus. Donc si vous voulez, tout ça, c'est quand même pas rien dans le paysage, compte tenu des 12 ans qui se sont écoulés.
Donc il travaille. Il travaille, ça veut dire quoi ? Il avait prévu d'écrire, il écrit ?
Je crois, oui. Mais il écrit quoi et avec quoi en tête ? Alors là pour le coup, vous le réinviterez quand il sortira et il vous racontera ce qu'il écrit.
Moi je ne veux pas décrire sa vie quotidienne, c'est pas mon rôle, moi je suis son avocat, je le vois tous les jours ou quasiment tous les jours pour qu'on On travaille ensemble. Ce qu'il fait en dehors, ça lui appartient. Et il a encore le droit, même en détention, même avec toutes les questions que tout le monde se pose, il a encore le droit à ce respect de sa vie privée et de ce qu'il fait quand il est seul.
Mais vous parliez tout à l'heure de ces hommes qui seront jugés, de ces autres détenus qui seront jugés au mois de décembre pour avoir proféré un certain nombre de menaces, pour s'être filmé dans la prison et on entendait sur les vidéos, on a vu, c'est ces vidéos où il hurlait le nom de votre client, le nom de Nicolas Sarkozy dans la prison avec un certain nombre de menaces. Est-ce que c'est ça le quotidien aujourd'hui ? Quand vous, vous y allez, est-ce que c'est ce que vous entendez ?
Est-ce que c'est ce que Nicolas Sarkozy entend en prison ? La détention, c'est toujours très bruyant. Beaucoup, beaucoup de bruit, c'est connu pour ça et il suffit de mettre un pied dans n'importe quelle maison d'arrêt ou centre pénitentiaire comme à la santé, c'est extrêmement bruyant.
Ce qui compte dans cette affaire, dans ce sujet de menaces de mort, c'est qu'on a fait beaucoup de polémiques sur le fait qu'il y avait des officiers de sécurité avec lui. Parce que le danger, le risque, il existe bien. Là encore, ce ne sont pas ses avocats qui ont fait cette évaluation, c'est le ministère de l'Intérieur, la sécurité d'un ancien président de la République au sein d'une prison, ça relève d'une évaluation du ministère de l'Intérieur.
Et en effet, c'est dangereux. Une prison, par hypothèse, c'est un endroit qui est Il se sent lui-même en danger dans cette prison ? Il n'en a jamais fait état.
Ce n'est pas à lui de faire cette évaluation, c'est au ministère de l'Intérieur. Yves. – Maître, comment on prépare un dossier en appel ?
Est-ce qu'on part sur les mêmes arguments alors que la condamnation, une partie de la condamnation est tombée, enfin des accusations sont tombées, des griefs sont tombés. Comment vous changez de pied par rapport à la première instance ? Alors on essaye d'analyser ce qui a justifié cette condamnation en première instance.
Première instance, donc c'est l'association de malfaiteurs et en gros, ce qu'il lui est reproché c'est d'avoir de ne pas avoir empêché des proches d'envisager un financement d'envisager un financement Alors oui, ce n'est pas simple. Parce que se défendre de ne pas avoir empêché quelque chose qu'on ne connaissait pas et qui ne s'est jamais réalisé, c'est compliqué. Je vous l'accorde.
On est vraiment dans du conditionnel de conditionnels. Alors Alors il faut travailler là-dessus, puisque pas de financement, des rencontres qui ont eu lieu mais dont il n'était pas informé, et un tribunal qui dit qu'il n'était pas informé. Mais le soin que prennent ces deux anciens collaborateurs à dire qu'ils n'étaient pas informés, c'est la preuve qu'il était informé.
Alors c'est compliqué de se défendre dans ces cas-là. Vous savez, c'est très compliqué, mais on va quand même se battre. On l'a fait.
Il y a plusieurs rendez-vous, vous lisez en mars, il y a l'appel. Avant ça, il y a la demande de remise en liberté que vous avez déposée le jour même où il est entré en prison Nicolas Sarkozy. Est-ce que vous savez quand elle sera étudiée cette demande ?
On n'a pas encore. On n'a pas encore de date d'audience. En revanche, ce qu'on sait, c'est que les raisons pour lesquelles un détenu peut rester en détention dans sa situation, on ne les a pas dans son dossier.
Il a toutes les garanties de représentation, il va me se sauver. Renouvellement des faits, à ma connaissance, il n'envisage pas de se présenter à la présidence de la République. Destruction des preuves, c'est bien tout le sujet, il n'y a pas de preuve dans ce dossier.
Des pressions sur les témoins, on imagine mal qu'il aille discuter avec des témoins qui d'ailleurs ont été complètement mis de côté par le tribunal. Tous les témoignages des dignitaires libyens ont été repoussés par le tribunal. Concertation avec d'autres personnes, il y a eu 12 ans d'instruction.
S'il y avait eu une concertation ou déconcertation, elles auraient déjà eu lieu. Donc on espère, nous espérons et c'est ce que nous plaiderons devant la cour d'appel qu'aucune des raisons pour lesquelles on maintient normalement quelqu'un en détention ne trouve à s'appliquer pour Nicolas Mais vous vous souvenez, maître des mots, la présidente du tribunal au moment du jugement et de la condamnation. Elle l'expliquait et que ce qui commandait la carcération notamment, c'était la gravité des faits.
Je rappelle que Nicolas Sarkozy était condamné pour association de malfaiteurs, que deux de ses collaborateurs sont allés parler avec un dirigeant libyen condamné pour un attentat qui a tué à l'époque 170 personnes dans 54 Français. Est-ce que vous n'avez pas peur que cet argument-là pèse aussi la gravité de ces faits-là pèse aussi au moment de la demande de remise en liberté. La gravité des faits ne peut pas être prise en compte par un tribunal ou en l'espèce par une cour d'appel pour décider du maintien ou non en détention.
La présidente l'a utilisé pour le placer en détention, mais à partir du moment où vous êtes en détention, que vous avez fait appel de votre jugement, c'est un autre texte qui trouve à s'appliquer. Et la gravité des faits et l'ordre public, puisque c'était ce qu ce qu'elle indiquait, ne peut pas être utilisé comme un moyen pour maintenir. Quand espérez-vous voir Nicolas Sarkozy ressortir de prison ?
Nous avons fait une demande de mise en liberté le jour de son incarcération. Le délai moyen, pour que la Cour d'appel examine une demande de mise en liberté à Paris, c'est trois semaines. On a une semaine qui s'est écoulée, vous l'avez rappelé tout à l'heure.
Il nous reste 15 jours. Nous espérons qu'au moins dans 15 jours, il y aura cette audience au cours de laquelle nous pourrons faire valoir tout ce que je viens de vous expliquer. On sait qu'un autre prévenu dans cette affaire qui était incarcéré, l'ex-banquier Wahim Nasser, 81 ans, a été remis en liberté aujourd'hui après un mois de détention lui.
Pour vous, ça c'est un motif d'espérer ? Au revoir Nicolas Sarkozy sortir de Moi je suis très prudent sur ce qui se passe dans le dossier, c'est deux cas différents. Ce que je sais c'est que pour le cas de Nicolas Sarkozy, les règles qui justifient un maintien je ne sais pas s'ils ont tenté de voir mon client, j'en ai aucune idée.
Ce que je sais et ce que je regrette c'est que la détention c'est vraiment trop grave et trop dure pour qu'on en fasse un instrument de communication. Et c'est pour ça que je suis là ce soir, c'est que entendre ou lire qu'on bénéficie d'un régime dérogatoire favorable, que X ou Y veulent le dénoncer, c'est pas acceptable. C'est très dur. – Eux – Il dit ce qu'il voulait, non pas aller voir Nicolas Sarkozy, mais aller voir effectivement les conditions de détention à l'isolement notamment, voire aussi éventuellement ce qui se passe.
Vous avez vous-même parlé de ces deux policiers qui sont là pour protéger Nicolas Sarkozy. Comment ça se passe ? Qu'est-ce qu'ils font ?
Où est-ce qu'ils sont ? Ils sont à côté de Lui, on explique qu'il y a la cellule de Nicolas Sarkozy. Visiblement pour des raisons de sécurité, deux cellules, je ne sais pas si vous confirmez ça, qui sont vides d'un côté et de l'autre, plus une cellule utilisée par ces officiers de sécurité.
Ça voudrait dire quatre cellules à l'isolement sur les quinze de l'isolement qui seraient dédiés, je veux dire, à Nicolas Sarkozy, entre guillemets ? – Bon, encore une fois, les sujets de sécurité de Nicolas Sarkozy, ça n'est pas nous qui sommes en charge de ce sujet, c'est le ministère de l intérieure, avec l'administration pénitentiaire. Donc tout ce qui a pu être décidé, et ce que vous décrivez n'est pas tout à fait le cas, tout ce qui a pu être décidé, je ne vais pas vous faire un dessin de qui est à côté de quoi, mais en tout cas, tout a été fait pour le protéger, en effet, parce qu'il y a une évaluation qui dit que selon laquelle il y a un danger en détention, c'est naturel.
Ce danger s'est confirmé avec l'épisode des menaces de mort. Il y a des officiers de sécurité, c'est le ministère de l'Intérieur qui l'a décidé. Les officiers de sécurité sont présents au cas où il y aurait un incident.
Encore une fois, lui, il est en détention pour pour être protégé. Donc il n'y a rien d'incohérent à ce qu'il y ait des officiers de sécurité qui participent à sa protection. Mais le fait qu'il y ait des cellules vides en plus, qu'il y ait ces officiers de sécurité et des moyens déployés, est-ce que pour vous, ça en fait un argument pour dire Nicolas Sarkozy n'a pas sa place à cet endroit-là, en prison.
Que la Sarkozy n'a pas sa place en prison tout court. Il est innocent. Donc on n'a pas sa place en prison quand on est innocent.
Il n'a pas sa place en prison aujourd'hui parce qu'au terme du code de procédure pénale, rien ne justifie qu'il soit en détention et ces aspects très pratiques ne rentrent pas en ligne de compte. C'est un principe qui ne doit pas être en détention. Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, avait annoncé qu'il irait voir Nicolas Sarkozy en prison, est-ce qu'il l'a fait ? – Je n'ai pas connaissance de ces visites. – Vous le voyez votre client tous les jours et vous l'aurait dit ? – Pour le coup, je ne suis pas en charge de cet aspect ministère de la Justice.
Moi, c'est comme pour le reste, je ne suis pas choqué que celui qui est à la tête de l'administration pénitentiaire aille s'assurer, si c'est son souhait, je ne sais pas ce qu'il fera, s'il le fera, que les conditions de sécurité sont bien assurées. On a un ancien président de la République en détention à la santé, il y a eu des évaluations sur sa sécurité, il y a eu des menaces de mort, que le ministre de la Justice aille voir si en effet tout est en place pour éviter un incident, je je ne vois vraiment pas où est le problème. Quand vous lisez ce soir les informations qui sont données par notre confrère Laurent Valigué dans Marianne, qui cite des surveillants qui disent par exemple Nicolas Sarkozy gamelle, c'est-à-dire qu'il prend ce qu'on lui donne comme repas contrairement à un certain nombre de détenus qui le refuse.
Est-ce que c'est des informations par exemple que vous confirmez ce soir ? Alors là on est typiquement dans ce dans quoi je ne veux pas rentrer, c'est-à-dire je ne veux pas rentrer dans cette chronique quotidienne de ce qu'il vit. Ça le regarde, un peu de respect. – Et une dernière question, vous parlez de Gérald Darmanin, est-ce que Nicolas Sarkozy souhaite que le ministre vienne lui rendre visite ?
Je vous pose la question parce que la dernière fois, on avait Pierre Bauton en invité, ancien d'études de la santé, qui disait peut-être -être que quand on est en prison, on n'a pas envie que même ses amis les plus proches viennent nous voir. Est-ce que vous en avez parlé, ça, avec Nicolas Sarkozy ? Non ?
Non. Merci Maître Ingrain. Merci à vous.
Merci d'avoir été notre invité ce soir dans ce 20h On vient de parler avec vous de la détention de Nicolas Sarkozy.
Nicolas Sarkozy