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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 13 décembre 2012 11 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheTravail & emploiÉconomie & entreprisesNumérique

Vincent Peillon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 10 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:08OuverteRéponse directe

    Avant d'aborder vos dossiers, votre plan pour le numérique à l'école, quelques mots sur le climat politique et le poison mitterrand qui continue de se diffuser au sein de la gauche et du gouvernement ?

  • 1:01RelanceÉludée

    Vincent Payon, vous avez siégé en Conseil des ministres hier matin au milieu de vos collègues avec une défiance évidente, éclatante entre Jean-Marc Ayrault et l'un de ses principaux ministres, Arnaud Montebourg. Alors, ça n'a aucun effet, ça ne suscite aucun commentaire de votre part ?

  • 1:52FerméeRéponse directe

    Un de vos collègues, donc Arnaud Montebourg, fait des commentaires. Il est silencieux depuis dix jours, mais il ne se répand auprès des journalistes. Le socialisme est en train de se faire coloniser par le réganisme, a-t-il lâché il y a trois jours à Bruxelles. C'est aussi votre sentiment ?

  • 2:30OuverteRéponse directe

    Et la France désindustrialise.

  • 3:19RelanceRéponse partielle

    Et vous alors, Vincent Payon, avez-vous été un ministre discipliné en évoquant une revalorisation du salaire des profs ? N'avez-vous pas, vous aussi, agité de faux espoirs ?

  • 7:04FerméeRéponse directe

    Donc, Vincent Payon, pardon pour devenir un peu concret et prosaïque, sur les salaires, la perspective s'éloigne. Il n'y a rien de prévu, de toute façon, au budget 2013 et rien non plus au budget 2014 ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31Invité politiqueFait
    « En tout cas, pour ce qui me concerne, la priorité gouvernementale, vous le savez, c'est l'éducation. »
  • 1:33Invité politiqueFait
    « Nous avons non seulement le besoin de recruter des dizaines de milliers d'enseignants, nous avons aussi à refaire, justement, une morale commune. »
  • 1:49Invité politiqueFait
    « Nous avons même, par rapport à la Turquie, un très grand retard. »
  • 2:26Invité politiqueChiffre
    « Il y a beaucoup de chômage en France, mais on bat le record du chômage des jeunes. »
  • 4:05Invité politiqueChiffre
    « 80% des Français estiment les professeurs. 78% des Français souhaiteraient que leurs enfants deviennent professeurs. »
  • 4:32Invité politiqueFait
    « La grande difficulté française, c'est quand vous prenez un jeune qui vient de faire ses études d'anglais ou d'histoire, vous le balancez devant une classe de CP, il ne doit apprendre, personne ne lui a enseigné. »
  • 5:36Invité politiqueChiffre
    « Si vous prenez d'autres modèles, par exemple le modèle allemand, qui est souvent pris, les professeurs sont payés 20% de plus qu'en France. »
  • 7:19Invité politiqueFait
    « Les salaires des professeurs ont déjà été revalorisés cette année parce qu'il faut, dans le fond, plutôt qu'être dans les commentaires, je le disais, dans les faits. »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « Nous allons payer les professeurs, vous le savez, pour être à mi-temps, à plein temps. »
  • 7:48Invité politiqueChiffre
    « On vient de remettre en place des pré-recrutements, entre guillemets, c'est ces emplois d'avenir professeur. 4000 postes seront ouverts en janvier. »
  • 8:34Invité politiqueFait
    « Ça va de le raccordement très haut débit des écoles rurales, ce qui suppose la mobilisation, et nous l'avons fait par exemple de la Caisse des dépôts et de Jean-Pierre Jouillet. »
  • 9:12Invité politiquePromesse
    « Il y aura un service public de l'aide aux devoirs pour les enfants de 6ème des zones en difficulté à partir de septembre 2013. »
  • 10:05Invité politiqueFait
    « Nous allons donc structurer une filière française pour le 21ème siècle, parce que c'est l'école du 21ème siècle que nous devons construire. »

Temps de parole

  • Vincent Peillon75 %
  • Présentateur25 %

4,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Vincent Peillon

France Inter, le 7-9 de Patrick Cohen.

0:06
Présentateur

Bonjour Vincent Payon. Bonjour. Avant d'aborder vos dossiers, votre plan pour le numérique à l'école, quelques mots sur le climat politique et le poison mital qui continue de se diffuser au sein de la gauche et du gouvernement, avec un ministre Arnaud Montebourg publiquement désavoué, quotidiennement humilié par un premier ministre qui répète que la nationalisation, expropriation de Florange était un projet irresponsable. Est-ce que ça peut durer longtemps ?

0:31
Vincent Peillon

En tout cas, pour ce qui me concerne, la priorité gouvernementale, vous le savez, c'est l'éducation. C'est une tâche considérable.

0:39
Présentateur

Vous ne pouvez pas vous en tirer comme ça.

0:40
Vincent Peillon

Si, je vais m'en tirer comme ça et je vais m'y tenir. Parce que c'est difficile dans ce pays de parler d'école. On vient d'avoir... On a jusqu'à 9h45 pour en parler. Eh bien, c'est fort bien. Et donc, on vient d'avoir, vous le savez, une évaluation très dure encore sur l'école française qui montre que nos enfants sont en grande difficulté pour lire, pour les apprentissages fondamentaux.

1:01
Présentateur

Vincent Payon, vous avez siégé en Conseil des ministres hier matin au milieu de vos collègues avec une défiance évidente, éclatante entre Jean-Marc Ayrault et l'un de ses principaux ministres, Arnaud Montebourg. Alors, ça n'a aucun effet, ça ne suscite aucun commentaire de votre part ?

1:17
Vincent Peillon

Si, un commentaire. C'est précisément que je ne suis pas là pour faire des commentaires. J'ai la chance d'avoir à conduire une action qui me semble fondamentale et dont on a voulu qu'elle soit la première pour le pays. Elle concerne l'ensemble de nos enfants. Et donc, je tiens à en parler. Et au Conseil des ministres, cette semaine, vous l'avez vu, nous avons non seulement le besoin de recruter des dizaines de milliers d'enseignants, nous avons aussi à refaire, justement, une morale commune. Et nous avons aujourd'hui à présenter une stratégie numérique, car on parlait de la Turquie à l'instant. Nous avons même, par rapport à la Turquie, un très grand retard.

1:51
Présentateur

On va en parler. Un de vos collègues, donc Arnaud Montebourg, fait des commentaires. Il est silencieux depuis dix jours, mais il ne se répand auprès des journalistes. Le socialisme est en train de se faire coloniser par le réganisme, a-t-il lâché il y a trois jours à Bruxelles. C'est aussi votre sentiment ? Non, ce n'est pas mon sentiment. Le socialisme, donc, n'est pas colonisé par le réganisme.

2:09
Vincent Peillon

Non, mon sentiment est que nous avons une tâche qui est ardue, qui est de redresser le pays. Et que dans cette tâche, la mission, et vous voyez que c'est difficile, qui est cette priorité à notre jeunesse, complètement abandonnée. Vous avez vu les questions sur la pauvreté cette semaine, l'augmentation de cette pauvreté, le chômage des jeunes. Il y a beaucoup de chômage en France, mais on bat le record du chômage des jeunes. Et donc, c'est ça notre travail.

2:30
Présentateur

Et la France désindustrialise.

2:32
Vincent Peillon

Ça fait un moment et elle doit se réindustrialiser.

2:34
Présentateur

Et les salariés de Florence sont en plein désarroi parce qu'ils ont cru à Arnaud Montebourg. Écoutez, c'est votre commentaire.

2:40
Vincent Peillon

Moi, il me semble qu'il est à son dossier, il est à sa tâche. Il y a eu, et on le voit bien, difficile sur... On l'entend plus. Il est à sa tâche. Mais bien sûr que si, on l'entend. Et encore ce matin sur Yotinto. Donc, on l'entend. Je suis allé moi-même il y a quelque temps. Il me semble que...

2:54
Présentateur

Il a fait un communiqué de démentis sur le dossier Yotinto.

2:56
Vincent Peillon

Il me semble que ce qu'il faut, c'est plutôt, et puis c'est dans le fond pour l'ensemble du pays, plutôt que de commenter en permanence, y compris d'ailleurs ce qui ne va pas, je voyais ce matin sur l'enfer pour les professeurs dans le Parisien, il faut essayer de se mobiliser pour réussir. Et par rapport à une jeunesse, où on a quand même un certain exemple à donner, je pense que c'est utile de montrer qu'on a de l'énergie,

3:17
Présentateur

de l'optimisme, de la volonté. Et vous alors, Vincent Payon, avez-vous été un ministre discipliné en évoquant une revalorisation du salaire des profs ? N'avez-vous pas, vous aussi, agité de faux espoirs ?

3:29
Vincent Peillon

Non, parce que je n'ai pas fait ça, vous voyez, c'est la réduction du débat. Moi, je suis chargé de faire... Ah si, vous l'avez fait. Mais je vais vous dire... Vous avez évoqué l'éventualité. Si vous me permettez, j'ai même écrit un livre sur cette question, donc je vais vous dire ce qu'il y a dedans. Nous devons recruter des professeurs, nous n'en avons plus, pour accueillir vos enfants, pour les former, pour faire en sorte qu'ils apprennent à lire, pour accompagner ceux qui sont le plus en difficulté. Pour recruter des professeurs, c'est ce que nous faisons actuellement, avec une grande campagne, c'est des gens qui sont formés à Bac plus 5.

Il faut répondre à un certain nombre de leurs attentes. Il y en a trois. La première attente, c'est la considération. Il faut que l'on dise tous, nous considérons les professeurs. J'ai fait faire une étude, elle va vous intéresser, parce qu'elle est en contradiction avec le discours public tenu par certains sur les professeurs. 80% des Français estiment les professeurs. 78% des Français souhaiteraient que leurs enfants deviennent professeurs. Et pensent que c'est un métier d'avenir. Nous avons besoin de dire aux professeurs, ce que vous faites, c'est ce qu'a fait d'ailleurs le Président de la République devant le monument Jules Ferry, c'est le plus important. Ça, c'est la première chose.

Deuxièmement, qu'est-ce que demandent les professeurs ? Ils demandent à être formés. La grande difficulté française, c'est quand vous prenez un jeune qui vient de faire ses études d'anglais ou d'histoire, vous le balancez devant une classe de CP, il ne doit apprendre, personne ne lui a enseigné.

4:40
Présentateur

Et troisièmement, le niveau de salaire.

4:42
Vincent Peillon

Les conditions d'exercice du métier, par exemple les rapprochements de conjoints, je viens de passer un accord dans le ministère pour que, c'est la première fois, soit faciliter les rapprochements de conjoints. Et bien entendu, la qualité du métier. Alors souvent, les journalistes disent « Oh là là, mais ce métier, pensons que l'argent est le premier motif ». Or, ça n'est pas le premier motif, y compris d'ailleurs pour exercer une profession comme la vôtre. Il y a précisément le dévouement, l'intérêt, la considération, la tâche démocratique qu'on exerce. Mais cette question doit être posée. C'est en réalité ce que j'ai dit.

Je veux ouvrir une discussion, j'ai d'ailleurs commencé de le faire, pour vous le dire avec les professeurs des écoles, sur le métier d'enseignant. Aujourd'hui, le métier a changé. Quand on va dans une zone en difficulté, est-ce que c'est la même chose d'être dans un collège, d'une banlieue difficile, qu'au collège Henri IV ? Évidemment non. Est-ce que l'on doit se former dans un monde qui va très vite ? On va parler de l'Internet. En permanence, la formation continue. Il faut en parler pour les services des enseignants. Et j'ai dit, si vous prenez d'autres modèles, par exemple le modèle allemand, qui est souvent pris, les professeurs sont payés 20% de plus qu'en France.

Mais ils ont 25 heures de cours. Et les chefs d'établissement doivent enseigner. Et les professeurs sont bivalents. Ils font deux disciplines. Donc il n'y aura pas de discussion salariale à proprement parler ? Il y aura une discussion, qui peut prendre un an, deux ans, trois ans, comme ces grandes réformes que je veux pour changer l'école française, sur le métier d'enseignant. C'est comme sur le temps scolaire. C'est comme sur l'Internet. C'est comme sur la priorité aux primaires. Ce sont des affaires extrêmement sérieuses. Il peut y avoir des conséquences salariales d'un changement des obligations de service.

Mais d'abord, il faut penser comment on exerce ce métier au mieux et comment on arrive quand même à faire réussir nos enfants. La priorité, je l'ai dit, je serai le ministre des élèves, c'est que la France réussisse et que nos enfants réussissent. Ça n'est plus le cas. C'est un sujet quand même, pour la nation toute entière, extrêmement troublant. Et vous vous êtes amusé, je le comprends, en disant, il commence par les résultats de Peirce.

Mais quand même, pour tout républicain, pour tout père de famille, voir que les résultats de la France dégringolent comme ça, c'est des enfants de CM1, qu'on est vraiment en train de devenir les derniers de la classe, que nos petites filles, qui allaient mieux que nos petits garçons, sont en train de les rattraper, que nos élites baissent et qu'en même temps, ceux qui sont en échec baissent aussi. Et que derrière, on dit, nos enfants de France sont ceux qui ont le moins de confiance en eux par rapport à tous les autres enfants. Ils interrompent les exercices et ils ne vont pas jusqu'au bout des épreuves. Dès qu'une question est compliquée, ils arrêtent.

7:03
Présentateur

C'est insensé. Donc, Vincent Payon, pardon pour devenir un peu concret et prosaïque, sur les salaires, la perspective s'éloigne. Il n'y a rien de prévu, de toute façon, au budget 2013 et rien non plus au budget 2014 puisqu'il y a un document qui s'appelle le budget triennal et dans lequel rien n'est acté. Alors,

7:19
Vincent Peillon

les salaires des professeurs ont déjà été revalorisés cette année parce qu'il faut, dans le fond, plutôt qu'être dans les commentaires, je le disais, dans les faits. Quand on donne une année de formation, ce que nous faisons là, nous la restaurons, nous allons payer les professeurs, vous le savez, pour être à mi-temps, à plein temps. Et donc, il y a une revalorisation substantielle de plusieurs centaines de millions d'euros qui vient d'être faite pour les professeurs. Il faudrait le dire. Deuxièmement, dans ce pays, il n'était plus possible pour un étudiant de milieu modeste de devenir professeur parce qu'il faut aller jusqu'à Bac plus 5 et qu'on n'avait pas d'aide.

On vient de remettre en place des pré-recrutements, entre guillemets, c'est ces emplois d'avenir professeur. 4000 postes seront ouverts en janvier et donc, nous allons permettre à des étudiants à partir de la deuxième année d'être payés pour devenir professeur. C'est une revalorisation. Donc, la revalorisation, elle a lieu, mais elle a lieu sur des objectifs pédagogiques et si les professeurs veulent avec moi parler du métier, changer le métier, eh bien, nous ouvrirons cette grande discussion.

8:15
Présentateur

En quelques mots, on va y revenir dans la deuxième partie. Au budget 2013, il y a donc 10 millions d'euros prévus pour le développement du numérique à l'école. Qu'est-ce que ça va permettre de donner davantage de tablettes numériques aux enfants dans les classes ?

8:29
Vincent Peillon

Non, c'est une stratégie globale que nous mettons en place pour le numérique.

Alors, ça va de le raccordement très haut débit des écoles rurales, ce qui suppose la mobilisation, et nous l'avons fait par exemple de la Caisse des dépôts et de Jean-Pierre Jouillet, ça va de l'équipement, effectivement, et il y avait un sujet tout à l'heure, c'est-à-dire qu'il faut fournir des ordinateurs ou des tablettes, mais ça, ce sont souvent les collectivités locales, la maintenance, je l'entendais, et dans la loi que je présente, nous avons clarifié ces questions de maintenance, mais la grande difficulté française, parce qu'il y a eu une quinzaine de plans, c'était très bien dit dans le sujet d'ailleurs, c'est plutôt les usages du numérique, et donc on a deux choses à faire, des ressources numériques accessibles pour tous, c'est ce que nous sommes en train de faire, par exemple, il y aura un service public de l'aide aux devoirs pour les enfants de 6ème des zones en difficulté à partir de septembre 2013, et puis deuxièmement, la formation des enseignants, puisque les enseignants utilisent le numérique chez eux pour préparer les cours, ils l'utilisent maintenant souvent pour être en relation avec les parents, mais ils ne peuvent pas l'utiliser dans la classe car on ne les a pas formés à le faire, et le grand retard français est là.

Et donc la stratégie numérique que nous proposons qui est globale, elle s'adressera d'ailleurs aux parents, aux élèves et aux professeurs, elle part du très haut débit pour la zone rurale, et elle va jusqu'à la production et la formation des usages numériques. Enfin, il manque en France, et sinon on va être soumis dans le fond à la pression anglo-saxonne, une production pédagogique de logiciels numériques.

J'ai demandé à Louis Gallois de bien vouloir sur les investissements d'avenir consacrés de l'argent à aider cette filière à produire ses logiciels numériques, il l'a accepté, et nous allons donc structurer une filière française pour le 21ème siècle, parce que c'est l'école du 21ème siècle que nous devons construire, et donc on va de A à Z.

10:15
Présentateur

Vincent Péillon qui répond volontiers aux questions d'éducation et rien du tout sur les autres, et notre invité ce matin jusqu'à 9h30-5h, je ne suis pas malheureux, je fais juste ce constat dans un instant dans la rue de presse. Sous-titrage Société Radio-Canada

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