Avalanches : la gendarmerie de Savoie "déconseille vivement" le ski hors-piste "pour les prochains jours"
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- 0:32OuverteRéponse directe
Comment ces alertes sont répercutées dans les stations ?
- 1:51OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qui déclenche ces avalanches ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Et pour vous, quelles que soient les conditions, vous y allez, même si c'est dangereux aussi pour vous ?
- 2:53RelanceRéponse directe
Mais à aucun moment vous dites, là c'est trop dangereux, malheureusement on ne peut pas y aller ?
- 3:34OuverteÉludée
Oui, d'ailleurs, le maire de La Plagne, je ne sais pas si vous l'avez entendu sur notre antenne ou ailleurs ?
- 4:06OuverteRéponse directe
C'est quoi l'espérance de vie dans une avalanche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« 6 morts à cause d'avalanches dans les Alpes ce week-end, 5 en Savoie, 1 en Haute-Savoie, tous faisaient du hors-piste. »
- 0:27Invité politiqueFait
« Météo France avait prévenu un manteau neigeux instable, risque fort d'avalanche avec une alerte de niveau 4 sur 5. »
- 2:15Invité politiqueFait
« Il peut y avoir les deux phénomènes. Vraiment, le déclenchement spontané qui va se passer sur une surcharge du manteau, dû à une trop forte quantité de neige, un réchauffement. »
- 2:59Invité politiqueFait
« Les victimes d'avalanche, dans des situations risquées, comme celle d'hier, mettent en danger toute la chaîne de secours qui va venir leur porter assistance. »
- 4:16Invité politiquePromesse
« Il est vraiment important de savoir que le premier acteur de la sécurité, c'est avant tout le pratiquant, le skieur et son groupe. »
- 4:33Invité politiqueChiffre
« Pour survivre dans une avalanche à l'asphyxie notamment, il faut être sorti dans le premier quart d'heure, grosso modo, ce sont les statistiques. »
- 5:52Invité politiquePromesse
« Le risque va se maintenir dans les jours à venir, le soleil va continuer à être présent et il devrait y avoir un réchauffement également qui pourrait générer certains déclenchements spontanés. »
Temps de parole
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Il est 6h21, un week-end noir sur les pistes de ski, 6 morts à cause d'avalanches dans les Alpes ce week-end, 5 en Savoie, 1 en Haute-Savoie, tous faisaient du hors-piste. Bonjour Corentin Asseman.
Bonjour, bonjour à tous.
Vous êtes le commandant du PGHM 73, le peloton de gendarmerie de haute montagne de Savoie. Météo France avait prévenu un manteau neigeux instable, risque fort d'avalanche avec une alerte de niveau 4 sur 5. Comment ces alertes sont répercutées dans les stations ?
Pour ce qui est des stations, les services d'épices font un travail important déjà pour sécuriser les domaines, mais c'est leur travail avant tout de faire également de la prévention. Pour ce qui est de la communication qu'on fait au niveau global du département en lien avec la préfecture, c'est vraiment intervenir, comme je le fais dans les médias, sensibiliser autant les professionnels que les pratiquants par des messages diffusés en amont et puis ensuite, bien sûr, la diffusion des bulletins de Météo France.
Et le problème de la montagne, c'est que le danger ne se voit pas. Même quand il fait beau, il faut se méfier.
Et j'ai envie de dire même qui plus est quand il fait beau. En effet, après avoir eu en plus près d'un mois sans neige, forcément, lorsque la neige arrive, il y a une certaine impatience des pratiquants à sortir des domaines sécurisés. Et c'est bien ça tout le souci. C'est que dès l'instant où on quitte le domaine qui a été sécurisé, donc quand je dis sécurisé, c'est-à-dire que les pisteurs font un travail de déclenchement, avalanche de manière à assurer la sécurité sur leurs pistes. Et dès l'instant où on sort de ces pistes, où on s'engage sur des pistes fermées, des parties du domaine qui n'ont pas encore été sécurisées, on s'expose à un risque.
Qu'est-ce qui déclenche ces avalanches ? Ce sont des avalanches spontanées ou ce sont les skieurs eux-mêmes, à leur passage ?
Alors, pour ce qui est des accidents qui ont eu lieu, nous avons fait 13 interventions pour la journée d'hier, des enquêtes sont en cours. Donc, je ne peux pas vous le dire à l'heure où je vous parle. Toutefois, sur un risque dit 4, c'est quasiment le risque maximal pour la pratique des activités de montagne, il peut y avoir les deux phénomènes. Vraiment, le déclenchement spontané qui va se passer sur une surcharge du manteau, dû à une trop forte quantité de neige, un réchauffement, ou lors du passage d'un skieur, ce qu'on appelle un déclenchement provoqué, comme vous dites.
Et pour vous, quelles que soient les conditions, vous y allez, même si c'est dangereux aussi pour vous ?
Alors, mes personnels s'entraînent au quotidien de manière à être opérationnelle sur tout type d'intervention, l'été comme l'hiver. Et nous devons, en fonction du risque de suravalanche, mettre en place des mesures de manière à pouvoir intervenir en s'engageant, en s'engageant réellement pour porter secours.
Mais à aucun moment vous dites, là c'est trop dangereux, malheureusement on ne peut pas y aller ? Vous y allez forcément ?
Nous devons, et je dois aussi assurer la sécurité de mes secouristes, bien entendu. Toutefois, nous n'avons pas rencontré la situation hier, mais elle peut effectivement se présenter, parce que, je rebondis sur votre intervention, les victimes d'avalanche, dans des situations risquées, comme celle d'hier, mettent en danger toute la chaîne de secours qui va venir leur porter assistance, dépisteurs jusqu'aux secouristes en montagne.
Oui, d'ailleurs, le maire de La Plagne, je ne sais pas si vous l'avez entendu sur notre antenne ou ailleurs, il regrette que ces skieurs mettent en danger la vie des secouristes. Ça vous agace parfois, vous ?
Non, je ne vais pas se dire que ça m'agace. Toutefois, j'aimerais que les messages passent mieux, alors je pense que nous devons continuer notre travail de prévention, également le diffuser de manière à toucher un public étranger, afin d'arriver à plus de responsabilités pour les pratiquants.
C'est quoi l'espérance de vie dans une avalanche ? Si on intervient vite, on peut sauver des vies ?
Alors, il est vraiment important de savoir que le premier acteur de la sécurité, c'est avant tout le pratiquant, le skieur et son groupe. Puisqu'en effet, comme vous le dites, pour survivre dans une avalanche à l'asphyxie notamment, il faut être sorti dans le premier quart d'heure, grosso modo, ce sont les statistiques. Et toutefois, il y a d'autres décès qui sont liés au traumatisme, et à ce moment-là, il n'y a pas de durée de vie estimée.
Et pour que vous puissiez intervenir le plus vite possible, il y a ce qu'on appelle des DVA, les détecteurs victimes d'avalanches. C'est des balises, c'est ça, des sortes de GPS, et même sous la neige, ça passe. Vous pouvez, comme ça, localiser les victimes.
Alors, comme je le disais, les pratiquants sont les premiers acteurs du secours. Ils doivent être équipés de ce qu'on appelle le triptyque, pelle, sonde et DVA, et savoir s'en servir. Le DVA, c'est un émetteur d'ondes, et du coup, on peut le basculer en mode réception. Ce n'est pas vraiment le même principe qu'un GPS, mais la longueur d'onde est suffisamment adaptée de manière à passer le mentonnégeux, quelle que soit la profondeur. Et donc, c'est bien pour ça que dans ce premier quart d'heure, le temps qu'on reçoive l'alerte et qu'on intervienne, même chose pour les camarades pisteurs, il y a un certain laps de temps où c'est le groupe qui doit assurer sa propre survie.
Et de votre expérience, les gens qui font du hors-piste, généralement, sont dotés de ces balises ou pas, la plupart du temps ?
Pour l'ensemble des interventions qu'on a rencontrées, notamment dans la journée d'hier, c'est assez hétérogène. Il y a des groupes qui sont équipés et d'autres qui n'en sont pas.
Pour les prochains jours, le risque d'avalanche reste élevé ?
Tout à fait, le risque va se maintenir dans les jours à venir, le soleil va continuer à être présent et il devrait y avoir un réchauffement également qui pourrait générer certains déclenchements spontanés.
Donc, vous déconseillez vivement le hors-piste dans les prochains jours, en Savoie et en Haute-Savoie, pour que les choses soient très claires ?
Tout à fait, pour les prochains jours, que ce soit clair, on déconseille vivement le ski, en dehors des espaces sécurisés, par les stations, et pour ceux qui souhaitent aller au-delà, j'encourage vivement à se renseigner auprès des professionnels, voire à engager des guides ou des moniteurs.
Corentin Asmane, commandant du peloton de gendarmerie de Haute-Montagne de Savoie, merci infiniment d'avoir pris le temps d'être en direct avec nous sur France Inter ce matin. C'est parti !