49.3, budget..La prise de parole intégrale de Marine Le Pen après sa réunion avec Sébastien Lecornu
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bien, donc l'ultime rendez-vous avec le nouveau Premier ministre. Nous avons un peu le sentiment depuis quelques mois de vivre un jour sans fin. Bon, j'en ressors. On va avoir une vision extrêmement précise de ce que M. Lecornu souhaite faire, ce qui est assez inquiétant, à quelques jours du discours de politique générale. Donc on ne peut qu'espérer que le discours de politique générale soit plus clair et soit capable de marquer une vision. Nos exigences, vous le savez, sont toujours les mêmes. C'est arrêter avec la folie dépensière d'une immigration absolument dérégulée.
Alléger, si c'est possible, la pression fiscale et notamment sur les classes moyennes qui, depuis des années, voient la pression fiscale sur eux s'aggraver. C'est évidemment commencé le combat contre la fraude, les fraudes, qui sont un vol organisé des Français. C'est retrouver de la sagesse dans la contribution à l'Union européenne, dont je rappelle que la contribution nette a augmenté dans des proportions qui sont inadmissibles, puisqu'on a assisté à un doublement en l'espace de quelques années. Donc j'ai réitéré au Premier ministre les exigences qui sont celles des électeurs du Rassemblement national. Et nous attendrons lundi pour voir s'il prend en considération ces éléments.
J'ai pris connaissance de l'annonce de ne pas utiliser le 49-3, ce que je trouve pour le coup plutôt respectueux de la Constitution, car je rappelle que le 49-3 a vocation à contraindre sa propre majorité. Et le Premier ministre n'a pas de majorité. Il semble quand même, dans les derniers premiers ministres, être celui qui en a conscience. On en a fait un pas, car manifestement, tant M. Barnier que M. Bayrou n'avaient pas pris conscience qu'ils n'avaient pas de majorité. Donc cette annonce que le Premier ministre n'utilisera pas le 49-3 m'apparaît plus respectueux de la démocratie que ce qui a pu être fait dans les années précédentes.
Maintenant, nous restons dans l'attente, encore une fois, de ce discours de politique générale qui devra être beaucoup plus clair que ce que j'ai pu entendre ce matin pour convaincre le Rassemblement national de participer, à tout le moins, aux travaux du budget.
Est-ce qu'à ce stade, vous allez vers la censure, Marine Le Pen ?
Donc en fait, vous aviez prévu votre question. Vous n'avez pas écouté ce que j'ai dit. Et donc vous posez la question à laquelle je viens de répondre. Mais avec les deux, ça ne change pas fondamentalement les choses. Non, ça ne change pas fondamentalement les choses. Mais ça veut dire qu'en réalité, le Premier ministre accepte l'idée qu'il doit trouver dans les différents secteurs du budget une majorité à l'Assemblée nationale. Donc je suis obligé, évidemment, d'en conclure que le Rassemblement national aurait ainsi un pouvoir supplémentaire à celui qu'il aurait si le 49-3 était utilisé. Puisque par définition, nous sommes, je le rappelle, le premier groupe de l'Assemblée nationale.
— Et pour l'instant, on est quand même au moment de la rupture qui a été promise par... Il évoque beaucoup la rupture. Mais est-ce que...
— Ah oui, merci. On pense donc la même chose. Je ne vois pas bien la rupture avec le macronisme. Mais encore une fois, comme je suis d'un naturel optimiste, j'attends le début de la semaine prochaine où, semble-t-il, se déroulera le discours de politique générale. Car c'est celui, en réalité, qui est attendu. Il vous a pas échappé que personne n'attend les ministres. Ce qui est d'ailleurs un véritable problème. Dans une démocratie, on se dit qu'il y a une sorte d'intérêt. Il faut savoir qui va être ministre. Là, personne n'a aucun intérêt. Et personne ne ressent le moindre suspense sur la nomination potentielle des ministres.
Donc c'est ce discours de politique générale qui, évidemment, permettra de voir s'il existe une rupture ou pas, étant entendu, et vous le savez, je le répète, que pour le Rassemblement national, c'est la rupture ou la censure.
En contrepartie du non-usage du 49.3, le Premier ministre appelle à des compromis. Est-ce qu'il peut y avoir, aujourd'hui, des compromis entre le gouvernement et le Rassemblement national ?
Par définition, le Rassemblement national, s'il n'y a pas de 49.3, va soit, à l'issue du discours de politique générale, décider de censurer, parce que, véritablement, il n'y aura aucun élément qui pourra sauver ce gouvernement, ou alors prendra la décision de participer aux travaux parlementaires, c'est-à-dire avancer les options qui sont importantes pour nos électeurs en cherchant à les faire voter. Car je rappelle quand même que, dans les dernières semaines, c'est le Rassemblement national qui a fait voter la loi du plan, c'est le Rassemblement national qui a fait voter le texte modifiant très profondément la programmation pluriannuelle de l'énergie.
C'est le Rassemblement national qui a permis le vote de la loi simplification. Donc, nous avons eu un rôle absolument essentiel dans l'amélioration de l'avenir des Français dans les dernières semaines. Bon. Donc, nous verrons si nous avons la possibilité de faire cela. Mais, encore faut-il, encore une fois, que le discours de politique générale marque une véritable rupture. Et permettez-moi, au moment où on se parle, d'en douter.
Ça veut dire que, ce matin, le Premier ministre n'a rien évoqué en termes de pistes. Il a sorti plusieurs éléments cette semaine, des baisses d'impôts pour les personnes les plus modestes. On a aussi reparlé de la CSG. Vous êtes dans le flou, à l'issue de cet entretien, ce matin, avec Sébastien Lecornu ?
Oui. J'avoue que les éléments qui ont été fournis par M. Lecornu m'apparaissent encore extrêmement vagues, quand ils ne sont pas mal calibrés. Il n'a eu plus aucune concession.
Il n'a fait aucune concession à votre parti, à votre programme ?
Non, mais je n'étais pas venue pour réclamer des concessions. Je suis venue pour exprimer la voix des 11 millions d'électeurs du Rassemblement national. Après, soit il en tient compte dans son discours de politique générale, soit il n'en tient pas compte. Il n'y a pas d'accords qui peuvent se dérouler dans le secret des bureaux. Ce n'est pas comme ça que ça se passe en démocratie.
Madame Lecorn, justement, on voit une meilleure représentation du Rassemblement national au bureau de l'Assemblée nationale. Hier, la gauche a dénoncé un pacte de secret, de non-censure entre le RN et la Macronie. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
Il faut qu'ils arrêtent le complotisme. Je trouve que c'est un peu grave. Je rappelle que les vice-présidents de LFI ont été aussi élus, en quelque sorte, avec les voix du Rassemblement national. Ils n'ont pas pour autant démissionné. C'est-à-dire qu'il y avait une liste de 6 vice-présidents, 2 du socle commun, 2 de LFI, 2 du Rassemblement national. Et c'est normal, parce que le règlement intérieur de l'Assemblée nationale exige que le bureau soit constitué en se rapprochant le plus des poids des différentes formations politiques. Donc on voit d'ailleurs que la gauche s'éloigne de plus en plus du fonctionnement démocratique, puisqu'ils contestent cela.
Ils le contestent, mais quand c'est à leur avantage, tout de même, ils oublient d'en tirer les conséquences. Bon, donc c'est normal. Nous sommes revenus à une normalité. Nous n'avons rien obtenu, rien d'ailleurs demandé. Je pense que le socle commun s'est rendu compte de lui-même que l'année où il avait, dans des conditions scandaleuses, écarté avec la gauche de la Rassemblement nationale de toute représentation, eh bien, leur avait coûté cher. Et donc ils sont revenus au respect du règlement de l'Assemblée nationale. Je ne vais pas leur dire merci, vous voyez. Je ne vais pas dire merci pour ce qui m'apparaît être la normalité du fonctionnement démocratique de notre Assemblée.
— Qu'est-ce qui change ? — Merci. Ben, je vous l'ai dit, il n'y a pas grand-chose, là. Bonne journée. — Merci. — Merci.
Marine Le Pen